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A ce point je ne me contentais plus de lire, je passais à la pratique! Mais les choses ne sont pas si simples, et certains de ceux qui étaient passés avant moi avaient laissé les lieux fort sales!
Pendant ces deux ans à Bordeaux, j’ai donc du me taper les gauchistes, les sectes, les zonards, le libertinage, et les chiottes à clapet.
Bon, j’ai aussi appris des choses intéressantes, que l’on verra. Si je n’étais pas encore «spirituel», j’ai retrouvé quelques bases de ce domaine, comme de guérir du racisme, les bases de l’harmonie et la dialectique Yin☯Yang.
«Juste» dommage que personne n’ait accepté mon partage. On comprendra donc que j’ai fini par fuir cette ambiance.
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Date de première publication: Dé,cembre 2025
Date de derniére addition: aucune
Ces textes sont un travail en cours, une entreprise de plusieurs années, aussi ils peuvent contenir des parties manquantes et des liens vers des cibles pas encore créées, je vous demande de la patience 🙂
(Permalien) Written in May 2020
Après mon relatif échec en Math Sup, et surtout le calamiteux conseil de ma prof principale de renoncer à mes aspirations scientifiques, il me restait àfaire un IUT, pour devenir technicien électronique. A l’époque, j’avais intériorisé ce dénigrement, et accepté ce choix. Je me consolais en pensant que, ayant visé haut dès le départ (polytechnique!), je retombais sur quelque chose de meilleur que si j'avais visé bas. En fait, si c'était à refaire, il m'aurait suffit de recommencer la filière à la faculté de sciences, avec déjà un bagage conséquent. Rien ne m'empêchait de le faire. Sauf le dénigrement.
Le choix de Bordeaux par contre n’a pas été le mien, mais celui de mes parents, qui me l’ont imposé. Leur argument était simple: Bordeaux était «plus près» que Toulouse. Faux en fait, le trajet en train était plus simple depuis Toulouse, avec encore à l’époque des trains directs par Auch (sabotés depuis), alors que le trajet depuis Bordeaux impliquait un changement à Morcenx. En fait une telle complexité pouvait aller pour les vacances, mais c’était un cauchemar pour un weekend, laissant bien peu de temps de libre… juste pour laver mon linge? Cela faisait cher de la machine… En fait j’ai fait le trajet une fois ou deux, puis y ai renoncé, à cause du temps perdu et de la fatigue.
Une fois encore, les parents ne devraient pas imposer de tels choix à leurs enfants. Mon début d’autonomie à Pau, et mes projets écolos, m’avaient donné des idées: je comptais bien rencontrer d’autres gens, et démarrer des activités en rapport avec mon projet d’un monde meilleur. En clair, je n’étais plus centré sur ma famille.
De fait, ce choix imposé a eu des conséquences délétères. Je connaissais un peu Bordeaux et Toulouse, pour y avoir passé plusieurs fois lors de mes différentes sorties avec les éclaireurs. Je m’étais donc fait une bonne attraction pour Toulouse, et un dégoût de Bordeaux, qui se sont avérés justifiés. Je pensais déjà que Toulouse la moderne se prêtait mieux à mes projets que Bordeaux la sale. Je pense que si j’étais allé à Toulouse, je n’aurais pas plongé si profond dans le milieu gauchiste-zonard, en tous cas je n’aurais pas rencontré certaines personnes nocives. Par contre j’aurais été en contact avec des milieux écolos absents de Bordeaux, mais déjà actifs sur Toulouse à l’époque. Un choix infiniment meilleur.
Bordeaux, entièrement réalisée en pierres brunes, a l’air sale, avec une mauvaise vibration. Et j’ai vite su que ce n’était pas que dans l’apparence: à l’époque, le tout à l’égout y était encore peu répandu, et toutes les baraques pourries du centre ville reposaient par-dessus des fosses d’aisances remplies d’un océan de matières puantes. Plus les bâtiments publics de la Place des Quinconces, bâtis avec l’argent de la traite des Noirs, suant l’arrogance d’une bourgeoisie très à droite, qui se serait construit son Versailles, avec les ors méprisants mais sans Vivaldi. Bordeaux, enfin, «bord de l’eau», la même étymologie que «bordel», évoquant tout un monde sale et pornographique, qui a effectivement existé, et dont il restait l’égrégore, amarré à toutes ces fosses d’aisance. Certains des zonards que j’ai rencontrés se réclamaient même ouvertement de ce passé peu glorieux.
Toulouse, en comparaison, était rose et verdoyante. Les vieilles briques de Toulouse parlent de poésie, de troubadours, d’amour courtois. Les pierres se rappellent, et elles ne mentent pas. En effet, Toulouse regorge d’hôtels particuliers, construits par des mécènes cultivés, enrichis avec les belles teintures du Pays de Cocagne juste voisin. L’âme de Toulouse a même un nom: Clémence Izaure. Aujourd’hui Toulouse est une ville moderne, centre de l’industrie aéronautique et spatiale, avec de nombreuses activités de haut niveau.
Bon, bien sûr, les deux ne sont pas si tranchés, et Toulouse avait aussi son lot de zonards et de vieilles baraques insalubres. Mais même aujourd’hui si je devais choisir je préférerais de loin Toulouse à Bordeaux, et à la plupart des autres grandes villes françaises. Même dans le monde, peu de villes m'attirent autant.
(Permalien) Ecrit en Mai 2020.
C’est ainsi que je me retrouvais sur le campus de Bordeaux Talence, une vaste pelouse avec l’IUT, les cités universitaires, les restaurants universitaires, et les différents bâtiments de la fac de sciences. Pour l’hébergement, la première année, 1973-74, je fus logé chez une habitante, dans un lotissement neuf et verdoyant, avec une mobylette neuve pour me déplacer.
Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour m’installer dans ma routine d’étudiant. Les études, le travail dans ma chambre. Le restaurant universitaire.
J’évitais donc le centre ville crasseux. Sauf que… si on voulait faire quelque chose, il fallait aller «en ville».
Il était encore difficile de manger bio, et à l’époque végétarien n’était pas encore dans mes objectifs. Je connaissais déjà la non-violence, mais il faut parfois du temps pour nouer tous les fils ensemble. Surtout quand la société les dénoue constamment. J’arrivais tout de même à m’organiser pour avoir régulièrement du pain complet et quelques autres ingrédients de ce style, dont de la «graisse végétale» (huile de palme) en alternative au beurre. Bien que à l’époque (1974) c’était assez fade, surtout en comparaison des beurres végétaux raffinés d’aujourd’hui (2020). Cela ressemblait au beurre de karité, en fait, et aussi peu appétissant. Au restaurant universitaire, j’arrivais donc avec mon pain complet et de la levure de bière pour ajouter à la salade.
Bien sûr il me fallait aller en ville pour trouver cela. Mais j’avais une autre raison: c’est là que je rencontrerais les «gens intéressants».
L’idée est que je n’étais plus le seul à souhaiter un monde meilleur. La «Gueule Ouverte», la seule revue écolo, donnait de nombreuses pistes. Toutefois j’ignorais encore que cette revue était fortement biaisée. En fait elle était plus proche des gauchistes et anarchistes que de l’écologie spirituelle et participative qui devrait être la norme. En particulier l’athéisme hyper-dualiste des deux Cabu débouchait sur une vision du monde désespérante, voyant des hypocrites et des récupérateurs partout. A les en croire, surtout Isabelle Cabu, eux seuls étaient des «écolos purs», et quiconque tentait de faire quelque chose hors de leur autorité était des récupérateurs ou des hypocrites. Cette énorme distorsion de l’écologie (dont les «Verts» ne sont pas encore guéris aujourd’hui) la menait à côtoyer les gauchistes. Et à Bordeaux les gauchistes attiraient aussi les zonards, des faux hippies crasseux, sans spiritualité ni morale, héritier des anciennes Cours des Miracles bordelaises, vivant de parasitisme et de larcins.
En fait, le problème était aussi dans mon propre esprit. J’étais athée moi-même, et encore très intolérant en ce qui concerne la religion (suite notamment a avoir été forcé d'aller à la messe dans ce centre de Nancy). Une névrose qui à l'époque me rendait totalement aveugle au biais matérialiste des Cabus. J’aurais pourtant eu de bien meilleurs pistes dans ce domaine, par exemple avec un centre Catholique pour les étudiants, à proximité immédiate du campus de Talence. Mon intérêt profond pour la spiritualité, même encore inconscient, m’avait conduit à visiter ce lieu une ou deux fois, et je me rappelle y avoir été bien mieux accueilli que dans n’importe lequel des groupes «alternatifs» que j’avais choisi de fréquenter à la place. Même une des femmes me regardait avec insistance, fort probablement elle aurait pu être une bien meilleure compagne que n’importe laquelle des gauchistes misandres, sales et hétérophobes que j’ai rencontrées.
Il y avait surtout «les Krishnas», L'association internationale pour la conscience de Krishna (International Society for Krishna Consciousness, ou ISKCON), que j’ai vu plusieurs fois installés devant le restaurant universitaire, récitant leur mantra, en répandant un parfum d’encens sublime, un soleil orange fruité de pêche, qui nous parlait de paradis et d’elfes avant la lettre. Je ne sais pas comment ils le fabriquaient, mais je n’ai jamais retrouvé aucun encens aussi lumineux et pur. On ne sentait même pas la fumée associée. Comme quoi notre première religion c’est comme le premier amour, on ne retrouve jamais vraiment la pareille. En fait j’étais attiré par les Krishnas; avec leurs robes oranges ils me paraissaient comme un souvenir familier et heureux. J'étais déjà profondément spirituel, sans le savoir! Et ça aurait été un bien meilleur début à ma vie, que le gauchisme. La seule chose qui m’a retenu a été l’apparente absurdité de répéter sans arrêt un mantra. Peut-être que si quelqu’un m’avait expliqué pourquoi...
Bien qu'ils n'aient jamais rien fait de mal, les Krishnas ont été vite qualifiés de «secte». Ils ont reçu beaucoup de moqueries, et ils ont eu à lutter pour éliminer de sérieux problèmes internes. Mais cet effort et la maturité acquise les ont finalement menés à être reconnus comme religion officielle par l’Inde. Rétrospectivement, j’en suis content pour eux. Bienvenue dans votre paradis de fleurs oranges et de pêches!
J’avais tout de même acheté de l’encens en blocs, je ne sais plus à qui. Quand je l’ai ramené à la maison, mon père a eu une réaction ridicule: il croyait que c’était de la drogue! Cela le terrifiait, et il s’est donné beaucoup de mal pour le faire disparaître...
Que se serait-il passé si je m’étais engagé dans la spiritualité à l’époque, au lieu des gauchistes? On peut penser que ce choix aurait été plus sympa, plus constructif.
En fait probablement pas. La première raison est que, à l’époque, la spiritualité était confondue avec la croyance religieuse, et encore très peu de gens percevaient la nécessité de transformer notre esprit. Personnellement, j'avais déjà compris cette nécessité, mais je n'avais pas fait le lien avec la religion ni avec les formes connues de spiritualité. Pire, très peu de gens savaient ce qu'est vraiment la spiritualité, ni à quoi elle sert. Les gens (y compris moi à l'époque) n’y voyaient que des opinions et des croyances, des clans et des idéologies, tous ce fatras inutile qui est exactement le contraire de la vraie spiritualité: des scories inutiles à éliminer, voire les cadavres malsains que la spiritualité laisse quand elle dégénère. Je n’avais donc absolument pas fait le rapprochement entre ma prise de conscience et la spiritualité, encore moins avec les religions.
Mais ce n’était pas le problème le plus grave. Mon époque a Bordeaux a été celle qui a vu éclater le scandale des sectes qui kidnappaient des jeunes gens comme moi. Ainsi mon propre binôme de travaux pratiques à l’IUT a tout plaqué en cours d’année, pour rejoindre la secte moon, et l’année suivante ce fut également ma binôme à Toulouse qui s’est faite embarquer par «la Famille»!
(aujourd’hui wikipédia ne mentionne même pas ces kidnappings, qui avaient pourtant fait un scandale public majeur à l’époque. Mon témoignage ci-dessus est donc mon devoir de mémoire, face à ce révisionnisme sournois et silencieux)
Inutile de dire que cela a aussi refroidi mon intérêt pour les Krishnas, qui ont du cesser de se manifester sur le campus, jetés avec l’eau du bain. Les sectes ont eu un tel succès parce qu'elles visaient précisément des gens comme moi, déjà sensibilisées à la perversion de la société, mais pas encore au courant des pièges de la fausse spiritualité. Si je n'avais pas été athée et allergique aux religions, je serais tombé à pieds joints dedans, comme des milliers d'autres au même moment. La chose n’est donc pas passé loin, et j’ai été aussi verni que mon père au même âge, quand une bombe est tombée à trois mètres de lui sans exploser. Et question dualité anti-société, moon c’est au moins aussi dangereux que les gauchistes (Aujourd'hui ils financent des partis anti-France comme le front national). Question crimes, on a vu jusqu’où ont pu aller la scientologie, l'ordre du temple solaire et la secte aum. J’ignore ce que sont devenus les adeptes moonistes trompés, embarqués dans un pays étranger dont ils ignoraient tout, mariés au hasard avec des inconnus, réduits en esclavage dans des usines, ou pour les plus chanceux rapatriés en France dans des conditions scabreuses, la misère, l’incompréhension, la suspicion, peut-être l’enfermement psychiatrique. Pour la secte aum, elle a même bénéficié de la complicité de la police, face aux adeptes qui tentaient d'en dénoncer les projets terroristes!
Ainsi mon choix d’un gauchisme «doux», dilettante et non-engagé, si il était loin d'être le meilleur, m’a épargné d’être kidnappé par ces gangsters. J’avais des choses à comprendre de toutes façons, et ce n’est pas en les évitant que je les aurait maîtrisées.
Aujourd'hui 2024, on voit déjà le négationnisme des sectes, avec Sarkozy qui voulait réhabiliter la scientologie (il a vite du se taire) et les médias qui parlent de manière neutre de la secte moon, un des principaux soutiens du front national. Le site libertarien Wikipédia mentionne tout juste les «appellations de secte», décrivant moon comme une «église Chrétienne» parmi d'autres, reconnaissant juste ses liens avec l'extrême-droite, et «oubliant» les kidnappings qui avaient tant fait scandale à l'époque (et dont j'ai donc été personnellement témoin. Devoir de mémoire...).
Wikipédia oublie donc fort opportunément que ce sont ces kidnappings, par moon précisément, qui avaient créé la notion de secte et la prise de conscience de leurs dangers. Ce n'est donc pas là que l'on pourra s'informer de la réinsertion de ses anciennes victimes en France. Dont un de mes anciens camarades, rappelons-le. Quant à l'UNADFI, ils reconnaissent même le titre de «gourou» au fondateur!! Forcément, des pseudo-Chrétiens n'allaient pas critiquer d'autres pseudo-Chrétiens…
Google soutenait aussi la scientologie, via addsense: quand je l’ai essayé, j’ai du retirer des pubs anti-psychiatrie de la sciento. Mais elles revenaient, bien que j’aie averti google. Aussi, à la troisième fois, j’ai retiré ce système dangereux de mon site.
(Permalien) Ecrit en Décembre 2025
Clochards ou SDF?
Il y a une course aux euphémismes en ce moment en France, d’appeler les clochard des «SDF» (Sans Domicile Fixe). Problème, c’est une grosse injure pour les SDF que de les assimiler à des clochards, et de les traiter comme tels. En cause, la fallacie marxiste comme quoi notre situation sociale déterminerait notre mentalité, ou bien le préjugé facho comme quoi ce serait notre apparence qui déterminerait cette mentalité. C’est une grave discrimination contre les SDFs, assimilés à des clochards, traités comme tels, voire parqués avec eux. Mais comme tous les non-idéologues savent, clochards et SDF ne sont pas du tout la même chose:
Un SDF l’est contre son gré, souvent suite à un coup du sort: licenciement, expulsion, divorce, maladie non-reconnue, etc. Il en souffre, et il saisit toute occasion de se rétablir. Ce dont un SDF a besoin et tout premier est d’absence de stigmatisation. Puis d’un logement d’urgence avec des toilettes propres, sans faune bruyante sale ou violente. Il a une capacité normale à s’insérer dans la société, et souvent un métier qu’il peut reprendre au pied levé.
Un clochard, à l’inverse, s’enfuira des conditions précédentes, incapable qu’il est d’assumer un rôle normal dans la société, et souvent même pas fichu de se servir d’outils aussi simples qu’une pelle.
C’est la mentalité qui crée l’état de clochard, jamais l’inverse.
J’illustre parfaitement mon propos, car j’ai plusieurs fois failli devenir SDF moi-même, suite à plusieurs trahisons que j’ai subies. Mais à chaque fois, un ami ou de la famille acceptait de m’héberger, ou un patron de m’embaucher. Parce que justement, tous ces gens savaient que je ne suis pas un clochard, que je ne profiterais pas d’être chez eux pour saccager leur logement, ou bien que je pourrais exercer un métier qualifié de manière stable. Je n’ai jamais trompé cette confiance.
Les beaufs
Ce sont des hommes imbus d’eux-mêmes, stupides, sexistes et réactionnaires, voire fachos. L’archétype moustachu et bedonnant a été créé par Cabu, de Charlie Hebdo. Présent dans tous les esprits, cet archétype a façonné notre compréhension du monde à l’époque: tout le mal venait des beaufs. Toutefois, on sait aujourd’hui que c’est un cas de simplification dualiste: Cabu a caricaturé à peu près tout le monde en beauf, jusqu’à des Lamas Tibétains! En bref tous ceux qui n’était pas d’accord avec ses opinions personnelles simplistes, gauchistes et matérialistes. Mais il suffit d’inverser ces valeurs pour obtenir des hommes imbus d’eux-mêmes, stupides, matérialistes et gauchistes, comme Cabu lui-même l’était, ha ha ha ha! Ouais, Cabu était un beauf, et ses accusations étaient des projections de lui-même. On verra la conclusion de cette histoire avec la fin des GARI.
Les zonards
C’étaient de faux Hippies et des vrais clochards. Dans les années 1970, ils squattaient brutalement les communauté Hippies, au point d’avoir rapidement fait échouer le mouvement. Les Hippies disparaissant, les zonards ont continué jusque vers la fin des années 1970 à squatter tout lieu alternatif, épuisant les ressources et menant une vie impossible aux occupants légitimes. Il était très difficile de les déloger. Seul le passage au mouvement crado-punk des années 1980 a mis fin à cette engeance.
Parfois l’endroit d’où viennent les zonards est appelé la zone: vieux quartiers pourris aux propriétaires trop permissifs, voire squats.
Les chiottes à clapet
Cet engin improbable est spécial à Bordeaux, à cause des fosses d’aisance. Au lieu du trou d’eau et du siphon, on a un clapet, donnant sur une obscurité ignoble. Ce truc est toujours sale, toujours bloqué, toujours fuiteux. L’image de chiottes bordelaises bouchées remplies d’excréments est ce qui dans mon esprit est resté associé avec Bordeaux et ses zonards. En plus, elles sont un vecteur de maladies, surtout pour les femmes. En effet, la fermeture du clapet peut envoyer d’innommables gouttelettes pile sur l’intimité de nos compagnes, causant cystites, vaginites et odeurs fétides. (En toute rigueur, les toilettes «normales» peuvent aussi propager des maladies, si on les utilise sans respecter les règles d'hygiéne de base. Mais elles restent fort préférables. Personellement, je me penche sans m'asseoir, et je met du papier au fond pour éviter les éclaboussures)
Pour se débarrasser de cette chose, il faudrait installer le tout-à-l’égout. Un coût astronomique, pour des vieilles baraques décrépites. Mais personne ne va investir dans des bâtiments sans tout-à-l’égout! C’est la raison pour laquelle ces vieux quartiers pourris sont toujours là, habités seulement par les plus pauvres et par les plus asociaux. Il vaudrait mieux démolir, et reconstruire en gardant les quelques façades de valeur. Ou parfois les municipalités rasent des quartiers entiers pour refaire du propre.
Les «marginaux»
C’étaient d’autres sortes de faux Hippies, mais pas des clochards: des gauchistes. Ainsi, le mouvement marginal a t-il créé de multiples communautés vers 1972-73, imitant les Hippies tout en rejetant leurs valeurs spirituelles et sociales.
Le nom même de ce mouvement a causé d’innombrables confusions, car le mot «marginal» est surtout utilisé pour désigner un clochard ou un délinquant. Ainsi, beaucoup se sont vu retirer leurs enfants par les services sociaux. Plus l'assimilation du mouvement à des clochards.
Les gauchistes, voir ce qui suit :
(Permalien) Ecrit en Mai 2020, revu et étendu en 2025.
En fait j’en ai fréquenté très peu, car il… y en avait très peu. Mais ils étaient partout, militant pour ceci, protestant contre cela, et surtout faisant un entrisme maniaque dans toutes les luttes sociales. Ce qui donnait l’impression qu’ils étaient nombreux. Nous les craignions plutôt, comme «les mecs durs»: discuter avec eux était épuisant, et aller à leurs manifs c’était la bagarre assurée.
Pures, leurs idées étaient assez répulsives, mais à l’époque, pour quiconque se sentait mal dans cette société cruelle, le marxisme était le seul cadre de pensée disponible!! Ce qui explique que ces concepts, même dilués et atténués, aient imprégné toute la génération. Au point que même les ennemis du progrès social continuent à utiliser des concepts marxistes comme celui de classe sociale! C’était vrai à l’époque et même encore en 2025.
Tous ces gens étaient effrayants et… fascinants, car ils osaient dire à voix haute ce que tout le monde pensait tout bas. Leur monopole de la critique d’une société pourrie expliquait leur influence, qui n’aurait jamais existé dans une société saine (Par exemple le gauchisme n’a pas pris au Bhoutan, parce que dans ce pays les citoyens sont écoutés du gouvernement, et entendus bien avant que les situations ne deviennent conflictuelles).
Par convention, sont appelés extrême-gauche ou gauchistes tous les marxistes autres que les Léninistes (le Parti Communiste Français et le Parti Communiste Soviétique).
Les gauchistes en France, et généralement en Europe et en Amérique, sont des Trotskystes, un courant dissident du Parti Communiste Soviétique. Ils donnent une présentation positive de Léon Trotsky, ministre de Lénine, pour s’être opposé à la nomination du tyran staline. Mais ils oublient de préciser que Trotsky avait aussi fondé le goulag et les tueurs fanatiques du NKVD, tous deux responsables d’une terreur sans nom! Le gauchisme à l’Occidentale n’est donc pas un jeu d’adolescents en manque de fessées, mais bien un courant dangereux, susceptible d’une révolution destructrice. Heureusement, ils sont toujours resté bien trop minoritaires pour faire du mal autrement qu’en embrouillant les idées.
Sauf sur un point: Lors de ma période gauchiste, en 1974 ou 1975, je les ai vu organiser le noyautage des services sociaux français, via leurs études de travailleur social à l’IUT de sciences sociales de Bordeaux. Ce qui explique les malversations et brimades que j’ai vu.
On trouvait aussi des spontanéistes, ou spontex, qui, contrairement aux Léninistes (les soviétiques), pensent que les masses peuvent faire la révolution sans avoir besoin d’un parti pour les encadrer. Ils sont moins visible que les précédents, car ils n’ont pas d’organisation formelle. Mais ils sont probablement à l’origine de nombreuses tentatives d’entrisme dans des mouvements neutres ou apolitiques, par exemple l’écologie. Si vous voyez des gens qui se prétendent «écolos» et de gauche mais qui ne sont pas non-violents, c’est des spontex. (Les «Verts» sont le résultat d’un entrisme par la Parti Socialiste, comme je l’ai vu en 1978)
Les anarchistes sont souvent ressentis comme de sympathiques défenseurs de la liberté. Ma propre expérience montrera ce qu’il en est, au prochain chapitre.
Les maoïstes sont en quelque sorte des «gauchistes d’extrême-droite». Ils sont peu nombreux en Europe, mais ils sont les principaux fauteurs de trouble au Népal, au Bhoutan, au Myanmar, etc.
En 2025 les Black Blocs enfin sont des individus violents, se réclamant d’un ou autre courant d’extrême gauche ou anarchiste, mais dont le seul but est la bagarre dans les manifs. Tout le monde soupçonne qu’ils seraient en fait contrôlés par le gouvernement ou par les médias, et j’ai vu un exemple troublant.
Aujourd’hui, les Trotskystes de Lutte Ouvrière (LO) et le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, anciennement Ligue Communiste, puis ligue Communiste Révolutionnaire) semblent bien plus bénins que le NKVD de triste mémoire. Mais on ne sait toujours pas ce qui se passerait si ils obtenaient suffisamment de pouvoir pour être capables de commettre des crimes sans être punis. Voulant en avoir une idée (Août 2021), j’ai fait une petite recherche d’un exemple sur Internet. J’ai trouvé ainsi une page du site de Lutte Ouvrière soutenant les opposants au pass santé et aux mesures anti-Covid (Des idées d’extrême-droite, soit dit en passant). Il y a donc bien déjà des morts réels, bien avant d’avoir un nouveau NKVD.
Et comme toute la gauche, dure ou molle, LO et le NPA soutiennent les terroristes du hamas dans leur projet de génocide des Juifs, avec les habitants de Gaza comme usine à clones et boucliers humains. Si vous n’aviez pas encore compris ce que sont vraiment les gauchistes, votre seul espoir est d’aller sur place à Gaza voir ce qui s’y passe vraiment. Prévoyez une réincarnation pour pouvoir lire la suite.
(Permalien) Ecrit en Mai 2020.
Ainsi, rejetant la spiritualité, à cause de la religion arrogante et hypocrite que j’avais connue étant enfant, et aussi à cause de l’influence sectaire des Cabu et de Charlie Hebdo, je choisissais plutôt de m’engager dans les luttes sociales. Non pas que ce fut un mauvais choix, mais à l’époque la lutte sociale était le quasi-monopole d’une extrême gauche hyper-dualiste rejetant la société en bloc, prenant toutes ses valeurs à contre-pied, jusqu’à la notion d’hygiène! Et ceci dans une société malsaine qui par ailleurs nous poussait lourdement dans cette voie, comme on le verra dans quelques sous-chapitres à propos de papon, ou des victimes de la DDASS.
Il y avait d’autres stands militants aux restaurants universitaires. Il était donc facile de trouver n’importe quoi à Bordeaux.
Je me rappelle surtout de deux:
Les «Pieds Nickelés superstars», en bref les PNSS, un fanzine (très petit) inspiré par la bédé de Louis Forton, mais uniquement crade et anti-social, sans le côté malicieux. En fait, ce fut mon ouverture sur le monde des zonards, héritiers des anciennes Cours des Miracles bordelaises, crasseux et magouilleurs, qui grouillaient à Bordeaux comme des vers à queue dans une fosse d’aisance. Ne pas savoir la différence avec les vrais Hippies aurait pu me coûter de graves ennuis.
Ajouté en 2022: la Cour des Miracles de Bordeaux existait encore en 1947: les Marais de Luze, urbanisés vers 1960 dans la Cité du Grand Parc. J'aurais pu avoir rencontré d'anciens «locataires». Brrr! De la proviennent vraisemblablement les nombreux mots d'argot que j'entendais spécialement à Bordeaux. Ce que l'on appelle historiquement l'argot a été la langue des clochards, et l'ensemble de ces mots ont été conçus par des gens répugnants pour associer une vibration sale aux parties du corps humain. Le genre de trucs crades qu'il vaut mieux oublier, aussi je ne rapporterai aucun de ces mots.
Je ne me souviens plus du nom du gars des PNSS, mais il fournissait une liste des mouvements alternatifs de Bordeaux, une vingtaine environ. J’en ai essayé deux ou trois, avant de réaliser le problème: le MLF (féministe), que je n’ai jamais trouvé ouvert, et quelques autres groupes minuscules ou inactifs. Les seuls à avoir une activité réelle étaient le MLAC et la Free Clinic, que nous verrons aussi un peu plus loin.
Un gars surnommé «Confucius», que nous appellerons en abrégé Conf, car il avait réputation d’être proche des Maoïstes. Pendant un temps il a représenté un idéal pour moi, mais forcément il avait peu d’adeptes, en voulant à pratiquement tout le monde. Il était une petite célébrité étudiante, connu pour harceler le CROUS (gestionnaire des cités et restaurants universitaires). Comme il tenait presque tous les jours un stand au restaurant universitaire, il avait toujours quelques gens avec lui, mais aucun ne restait bien longtemps, on va comprendre pourquoi un peu plus loin.
Cette première année à Bordeaux m’a permis de me faire quelques amis, en discutant au restaurant universitaire. La plupart étaient d’Amérique du Sud, car une fois que l’on connaît un Sud-Américain, l’amitié se propage naturellement à tous les autres, dans un monde de contacts spontanés. Je ne me souviens pas comment je les ai rencontrés, peut-être simplement à la table du restaurant universitaire.
Xavier et Miguel, du Vénézuela. Ils avaient quelque chose de très sensuel que j’adorais (en se rappelant que sensuel ne veut pas dire sexuel, et encore moins homosexuel: ni moi ni eux ne l’étaient). Cette immédiateté face à la vie, le «jouir sans entraves» de Mai 1968, une capacité rare à vivre dans le présent avec toute sa richesse émotionnelle, contrastait totalement avec ce retrait télévisuel maladif, cette peur panique des émotions qu’affichent la quasi-totalité des Français.
Ils me racontaient des histoires extraordinaires de leur pays, en particulier de leur père qui avait vécu chez les indiens Guajira. Il avait donc su gagner leur confiance. De là venait probablement la spontanéité joyeuse de Xavier, à qui sa mère offrait encore parfois le sein jusqu’à cinq ans, par tendresse. Aujourd’hui les Guajiras se méfient, et à ce que l’on dit, quiconque tente de renouveler les exploits amoureux de Papillon (Henri Charrière) disparaît sans laisser de traces.
Je garde une forte nostalgie de cette période heureuse. Mais je n’ai plus eu de nouvelles de Xavier après avoir quitté Bordeaux. C’était certainement mon meilleur ami avant que je ne découvre la spiritualité. J’ai retrouvé Miguel par Linkedin, il a créé une imprimerie écologique militante à San Francisco, Autumn Press. Mais il n'a pas redémarré de discussion.
Tonio, lui, était Péruvien, un Quetchuan, un pur descendant d’Inca donc, la peau brune et les cheveux noir frisés. Il était assez taciturne, mais de toutes nos réunions.
Roger, étudiant métis guadeloupéen, également de toutes nos soirées. Il m’a inspiré directement un des personnages de Naufragée Cosmique. Plusieurs chapitres de ce livre sont d’ailleurs assez autobiographiques, sur cette période de ma vie, à l’université puis à l’ATE.
Nous avons eu des moments fantastiques ensemble, de nombreuses soirées à chanter et à jouer de la musique. Xavier en particulier jouait du quatro, cette petite guitare vénézuélienne à quatre cordes qui accompagne souvent la chanson populaire.
Nous chantons par exemple «Gracias a la vida», une magnifique célébration de la vie et de l’amour, par Violeta Parra. Angel Parra était une autre de ces célébrités.
Bien entendu, quand on écoute cela sur Youtube aujourd’hui, ça paraît froid et abstrait, car dans ces enregistrements en studio il manque la chaleur humaine sud-Américaine, lors des soirées amicales. Ils ne savent pas faire semblant, et c’est ce qui les rend si authentiques. Pour qu’un chanteur Sud-américain exprime de la joie, il lui faut un public qui la lui renvoie! Juste devant un magnétophone, ça ne marche pas.
Mais il y manque aussi le contexte de violence anti-vie qui a en quelque sorte sanctifié cette musique. Un événement terrible, qui a durement affecté mes amis Sud-Américains:
Voir cette section, dans le fil sur les guerres ▶️
(Permalien) Ecrit en Mai 2020.
Certains y ont perdu de leurs amis. Tous y ont perdu des chanteurs très populaires, comme Victor Jara, torturé et tué par les malades, qui ont abandonné son corps mutilé dans la rue. Ce furent des mois de tristesse et de lutte, pour faire connaître en France ce qui se passait à l’autre bout du monde. Je crois que cette folie de régime meurtrier a contribué à éveiller un peu le peuple français: ces crimes et ces désordres étaient commis en notre nom! En effet, les sociopathes français, faute de pouvoir physiquement torturer en France, tentaient de nous faire culpabiliser en prétendant que le coup d’état servait à nous approvisionner en cuivre... Il y a de meilleures façons de concevoir l’économie, je pense. Et aujourd'hui, malgré la fin du coup, on n'a jamais manqué de cuivre.
Cette complicité de «la société» avec ces tarés meurtriers renforçait plutôt le dualisme gauchiste, donnant l'impression que nos gouvernements, nos entreprises et nos administrations étaient globalement un système pourri, n'utilisant la démocratie que comme une carotte pour mieux nous manipuler. Ou le bâton, quand ça ne suffit plus, comme au Chili. Nous pensions que cela pourrait arriver aussi en France (Et nous ne le savions pas encore à l'époque, mais c'était effectivement arrivé seulement 12 ans avant, avec le pogrom du 17 Octobre 1961 par papon. En Mai 68 on n'est pas passé loin, avec le SAC qui avait préparé des listes de personnes à arrêter, en cas de «clash», selon le mot des documents trouvés à l'époque)
Ainsi la joie de vivre Sud-Américaine de mes amis prenait-elle une profondeur incomparable, en s’inscrivant contre la perversion et la violence sociopathique qu’on leur faisait subir.
Les Chiliens n’ont jamais pardonné à pinochet et aux autres malades: ils ont enquêté sans relâche pour les retrouver, et leur infliger des peines de prison très lourdes. Un des fous avait enterré des cadavres, et construit sa maison par-dessus. Les enquêteurs ont donc démoli sa maison! Un autre barjot avait enterré ses victimes dans des terres salines… permettant aux enquêteurs de les retrouver intactes!! Un sacré contraste avec la France, qui n’a jamais inquiété ses propres tortionnaires d’Algérie, et a même finalement créé une loi spéciale pour amnistier papon, malgré son pogrom du 17 octobre 1961 qui a tué des dizaines de personnes en plein Paris.
Je me souviens avoir été à Paris manifester contre les fous (à la colère de mon père, probablement solidaire de ces sociopathes). A cette occasion j’ai ait une observation curieuse. Nous étions en train de remonter dans les cars, après la fin de la manif, quand un type bien chevelu s’est amené en courant «les CRS! Les CRS!» Les CRS, nous ne les avions pas vus dans cette manif assez citoyenne et fermée aux extrémistes. Curieusement, je n’ai pas eu peur, et effectivement, nous avons vu arriver quatre ou cinq CRS, qui courraient probablement après ce type. Mais, ne le voyant plus, ils ont abandonné, sans rien faire de mal. Ainsi «les flics» n’étaient-ils pas le mal absolu que les gauchistes décrivaient. Un fait que j'avais noté, mais qui ne s'est assemblé avec les autres pièces du puzzle que bien des années après.
Voir cette section, dans le fil sur les guerres ▶️
(Permalien) Ecrit en Mai 2020
Un autre lieu que j’ai fréquenté un mois ou deux a été la «Free Clinic», en principe un lieu de médecine gratuite et de contraception, pour les gens vivant hors du système de l'argent. Ce lieu s’inscrivait dans le mouvement des Free Clinics américaines, lancé par le docteur David E. Smith, fondateur de la «Haight Ashbury Free Clinics». C’était donc quelque chose de sérieux, tant par la pratique médicale qu’en s’inscrivant dans un mouvement humanitaire de grande ampleur. Son lieu d’origine le connecte aux Hippies, mais il n’avait nulle vocation de se limiter à eux.
La Free clinic bordelaise était rue Jules Guesde, en gros en face de l’actuelle mosquée. Le local se voulait accueillant, avec la salle d’attente entièrement occupée par un immense pouf bleu nuit avec des étoiles. Je trouvais ça mignon, et y voyait une indication que ce lieu devait attirer de nombreuses personnes intéressées par une vie meilleure, hippies ou similaires.
Hélas il n’y avait probablement pas un seul vrai Hippie à Bordeaux, mais des zonards, des drogués, des paumés incapables de se prendre en charge ou d’entreprendre quoi que ce soit de positif. Des petits groupes repliés sur eux-mêmes, vivant de combines et de larcins, comme ceux qui devaient squatter mon appart plus tard à Toulouse. Rien d’étonnant alors qu’en ce lieu je n’ai finalement trouvé personne avec qui lier conversation! J’ai même eu une ou deux agressions verbales, qui m'ont plus surpris que peiné.
C’est également là que j’ai découvert les toilettes à clapet! Cette horreur semblait aller très bien avec les zonards et toute la faune.
Après une dizaine de visites sans établir aucun contact, j’ai fini par ne plus fréquenter ce lieu, finalement sombre et peu accueillant. Des soirées tardives qui m'ont coûté une fatigue bien inutile. (Je ne remet pas en cause l’intention ni la qualité médicale du lieu. Juste que les visiteurs habituels n’avaient en fait aucune envie de participer à une meilleure société, restant tous centrés sur eux-mêmes)
Ajouté en Aout 2022: une petite recherche Internet trouve le CEID, descendant de la Free Clinic que j'avais visitée à Bordeaux, indiquant qu'elle visait surtout le public des drogués et autres cultivateurs de maladies sexuellement transmissibles. Pas étonnant alors que rien de positif n'ait résulté de mes visites!!
Et aujourd'hui, le CEID attire ses «clients» avec des tags, au lieu d'un charmant pouf bleu étoilé... Ce n'est pas seulement une époque différente, mais aussi un état d'esprit très différent : la crasse ne cherche plus à se cacher sous des idéaux élevés.
Ajouté en Novembre 2025: je suis tombé sur une page Internet révisionniste, contestant le «mythe» des Free Clinics. J’y oppose donc ces souvenirs que je décris, qui se passaient, rappelons-le, en automne 1973 à Bordeaux. Je ne sais pas qui payait pour la free clinic à l’époque, mais aujourd’hui c’est la sécu qui finance le CEID.
(Permalien) Ecrit en Aout 2019.
Le MLAC a été un mouvement prônant officiellement la liberté de la contraception, qui a existé entre 1973 et 1975. En réalité, ils réclamaient crûment le droit à l'avortement seulement, en organisant des voyages en Belgique pour des femmes qui assumaient publiquement leur acte (l'avortement étant déjà légal en Belgique, mais encore illégal en France). En théorie ils réclamaient aussi le droit à la contraception. A l'époque le droit à la contraception était déjà garanti par la loi Neuwirth, depuis 1967. Mais cette loi n'avait été appliquée qu'en 1972 en raison du sabotage par des administrations de malades sexuels. (Qu’il ait fallu «légaliser» un droit aussi fondamental indique à quel point de déliquescence morale cette société était descendue) Par exemple ma mère m'a eu droit à un stérilet que à partir de ce moment (et seulement après en avoir entendu parler par une amie Tunisienne, dont le pays était bien plus en avance que la France). Et encore, elle a eu à faire à des médecins pétainistes qui prétendaient que cela ne «marchait pas» pour des femmes ayant eu moins de trois enfants. En clair tout était encore à construire dans ce domaine aux mentalités bigotes, irresponsables et arriérées, et l'apparition d'un mouvement de citoyens était inéluctable. Et il aurait pu être fort utile, en faisant connaître les recherches sur la contraception, informant le public, etc. Ce que le MLAC n’a jamais fait, comme on va le voir. (Aujourd’hui 2025 on manque encore dramatiquement d’information sur des nouveautés fondamentales comme les étuis péniens et le sexe tantrique!).
Bon, aujourd'hui je ne me mêlerais certainement plus de défendre l'avortement. Mais à l'époque je débutais tout juste en politique, et, bien dans l'esprit de l'époque (1973), la liberté sexuelle me paraissait un objectif primordial. Ainsi je ne pouvais pas manquer les réunions du MLAC, à son apogée à cette date, et prétendant défendre cette liberté sexuelle en premier. En fait, je venais surtout pour la contraception. Je ne savais pas encore qu'ils n'avaient ajouté «contraception» à leur nom que comme un simple faire-valoir pour l’avortement. La preuve, le mouvement a été dissous juste après la loi Veil légalisant l'avortement (1975), alors qu’il restait tant à faire sur la contraception. Mon expérience dans ce milieu explique facilement cette incohérence, et on va voir pourquoi.
Ces réunions militantes ont été «ma première sortie» dans le vrai monde. Elles auraient dû être ma première occasion d'apprendre à m'exprimer en public. Et pour cela en finir avec la timidité héritée de toutes ces années de bizutage et harcèlement par des camarades d'école anormaux. Ce n'est pas exactement ce qui s'est passé.
Première réunion du MLAC où j'ose me pointer, un soir d'automne pluvieux: en majorité des couples, occupés à diverses choses, dont organiser leur voyage en bus jusqu'en Belgique. Soit dit en passant, des gens «comme tout le monde», pas de Hippies exubérants ni de gauchos militants. N'ayant pas grand-chose à apporter à ça, je me tiens tranquille dans mon coin, observant, apprenant, et guettant quelque occasion de me rendre utile. Jusqu'à ce que soudain quelqu'un me pointe du doigt, m'accusant présent tout le monde d'être «un flic venu les espionner»!! Ainsi, «même là», les sociopathes étaient capables de me repérer direct, dans un groupe d'une cinquantaine de personnes! Probablement passent-ils tout leur temps à chercher des victimes.
Bon, il y avait d'autres personnes plus normales qui ont tenté de réparer la situation. Mais trop tard, j'avais brusquement compris que militer pour la liberté sexuelle n'était pas suffisant pour être quelqu'un de bien. En tous cas ce n'était certainement pas là que je rencontrerais une compagne valable, lol
J'ai re-tenté une permanence du MLAC quelques semaines plus tard, espérant ne pas me taper à nouveau des barjots. Peine perdue: je tombais pile sur Méduse, cet ancien éclaireur de Mont de Marsan, le gauchiste masochiste qui cherchait toujours à m'infantiliser! (Il pensait que j’étais immature parce que je ne buvais pas de vin!!!) «Ici ce n'est pas un club» m'a t-il expliqué d'un ton condescendant. Je ne lui ai pas demandé ce qu'il entendait par «club» ni pourquoi il en pensait tant de mal. Mais il y avait quelque chose de choquant à voir une organisation se disant d'utilité citoyenne permettre à des gamins comme ça de s'improviser conseiller pour des femmes en difficulté. Peut-être était-ce simplement pour lui une autre façon de les dominer, comme dans ses horribles «totémisations» misogynes.
Après ça, je ne suis plus retourné au MLAC, sentant qu'il y avait quelque chose de malsain avec ce groupe. Aujourd'hui je sais quoi: certains de ses membres les plus bruyants, loin de rechercher une quelconque libération ou égalité des femmes, n'étaient que le reflet Yin☯Yang de la pudibonderie phallocrate classique. Et elles y mettaient autant de haine que les bigots malades qu'elles critiquaient. C'étaient juste les prémisses du mouvement suprématiste féminin, surfant sur le féminisme et sur la libération sexuelle. J’en ai eu la preuve un peu plus tard, lors d’une manif contre le viol à Toulouse: il n’y avait que des femmes! Comme si les hommes n’étaient pas concernés par le viol de leurs compagnes! (ni violés eux-mêmes, ça arrive aussi)(Si si, des hommes violés par des femmes, ça arrive aussi, j’ai connu un cas)
Merci donc mesdames les sociopathes infiltrées dans le MLAC, de m'avoir finalement évité d'engager mon karma dans la défense d'un truc tel que l'avortement.
Concernant les «flics infiltrés» dans les réunions militantes, j'en ai une bien bonne, qui se serait passée quelques années plus tard, à Toulouse. Comme d'hab, un groupe d'intellos marxistes tentait de reconstruire l'Internationale Ouvrière, pour, en attendant la Révolution, au moins avoir un local pour boire des bières en s'auto-congratulant. La réunion de constitution avait été annoncée publiquement... Ils arrivent à se mettre d'accord sur la ligne politique, les objectifs, etc. Vient le moment d'enregistrer les membres... Mais personne ne veut se taper ce... travail!! Exploitation!! Horreur! J'imagine que les animateurs devaient être gênés, et qu'ils ont insisté. Enfin un gars anodin a timidement levé la main, se portant volontaire pour enregistrer les membres. C'était le flic infiltré... qui gagnait ainsi le moyen idéal de connaître tous les membres du groupe! Ces histoires de flics infiltrés m'ont toujours fait rire. Bien sûr il n'y a aucune illusion à se faire: si ils veulent espionner quelque part, ils y arriveront toujours. Mais ils ne sont pas si faciles à repérer qu'un sociopathe puisse les identifier d'un seul coup d'oeil dans un groupe de cinquante personnes! En tous cas, la fliquette des Renseignements Généraux infiltrée à la réunion du MLAC a dû bien rigoler sous cape. Puis se rencogner sur sa chaise, contente pour moi de me voir quitter ce groupe malsain.
Concernant la liberté sexuelle, je n'ai pas eu trop souvent l'occasion de la pratiquer, et ma seule relation a mené à une catastrophe.
Pire, l’expression «liberté sexuelle» évoquait pour moi une recherche du «bonheur ensemble» à la façon Hippie, alors que en fait, les gens que je rencontrais étaient plutôt dans la liberté… de leur égo!!! Et, infoutus d’admettre que l’on puisse penser différemment d’eux, ils m’accusaient aussi de rechercher un plaisir égoïste! C’est à dire qu’ils m’accusaient d’être comme eux. Des gosses. Des gosses, des mineurs, des immatures, des gamins, même au lit, ha ha ha!
Mais je rigole rétrospectivement: apprendre à être multiorgasmique demande une énorme discipline. Mais le résultat est bien plus intéressant que de donner libre cours à des fantasmes répugnants.
Et surtout, avec l'apparition d'étuis péniens (rigides: «penis sheath» ou souples «penis sleeves», en vente sur amazon), toute excuse à l'avortement disparaît: 100% contraceptif, 100% sous contrôle pour l’homme (plus d'enfants otages à pension alimentaire), 100% efficace contre les maladies sexuellement transmissibles, prolongeant la prestation masculine et augmentant le plaisir féminin...
Voilà comment l'intelligence et la spiritualité font la libération sexuelle.
Je ne puis m’empêcher de penser à ces femmes sexistes pudibondes qui m’ont rejeté avec mépris: qu’est-ce que vous avez raté, ha ha ha ha!
(Permalien) Ecrit en Aout 2019.
Qui apprend l'histoire à la télévision se rappellera du «procès papon», dans les années 1980, et de la «polémique» sur son rôle pendant l'occupation, certains affirmant qu'il aurait contribué à des enlèvements de Juifs, «d'autres» affirmant qu'il en aurait au contraire sauvés. Et de garder le souvenir d'un acharnement judiciaire injuste contre un «gentil monsieur»...
La réalité est beaucoup moins jolie, et surtout sans aucun flou artistique pour l'édulcorer: lors de mon séjour à Bordeaux, de 1973 à 1975, bien avant le «débat» médiatique donc, tout le monde se rappelait très bien qu'il avait collaboré avec les nazis, y compris à des actes d'enlèvements racistes. Tout le monde voyait aussi très bien que malgré ce passé criminel, il avait continué à occuper des postes élevés au gouvernement: ministre, préfet de police, et même député!!
Ainsi ce «débat» médiatique était-il une pure invention, avec pour seul but de brouiller les cartes au tribunal. Wikipédia explique que le tribunal n'a pas retenu les charges de meurtre, prétendant qu'il n'y avait pas de preuve que papon savait ce que devenaient ses victimes. C'était à l'époque pour la Shoah comme aujourd'hui pour le changement climatique: tout le monde savait très bien, mais «personne n'avait de preuves».
Je l’ai même rencontré en personne, au commissariat central de Bordeaux, lors d'un «débriefing de manif». L'idée est «troublante» d'avoir été bizuté par la même main qui a envoyé des gens en camp nazi. Et il n’aurait pas hésité à m’y envoyer aussi, si il avait pu. Etonnez-vous que l’on se sentait mal dans cette société, avec des trucs comme ça. (wikipedia dit qu'il ne jouait aucun rôle à Bordeaux à ce moment. On peut se demander si c'est un faux souvenir... de wikipedia. C'est pour ça que j'écris mes mémoires, avant que ne restent que les faux souvenis de wikipedia.)
Je me souviens aussi du type qui était avec lui, le chef de la police de Bordeaux, un nain difforme nommé Cabot. Avec de tels racailles, habillés de la même couleur que leurs chiottes dégoûtantes sans PQ, on avait bien plus l'impression d'être dans une antre de la mafia ou de la milice, que dans quoi que ce soit qui ressemblât à la police d'un pays démocratique. Même la gestapo devait mieux se tenir.
Tout cela donnait une forte impression que nous étions gouvernés par un ramassis de crapules sans morale, prêtes à tous les crimes, mensonges et trahisons sous un vernis démocratique craquant à chaque geste. A l'époque, cela a certainement contribué à pousser beaucoup de gens vers les gauchistes et leurs idées violentes. C'est de cette ambiance pourrie que sont nés les groupes violents comme la bande à Baader ou les Brigades Rouges: du désespoir de vivre dans un monde aussi corrompu, où des ordures antisociales comme papon avaient le dessus sur nous, et se permettaient même de nous faire la police! A l'époque j'ai éprouvé le même ressentiment que tout le monde, et c'est ce qui m'avait poussé à fréquenter des gauchistes. Ce qui m'a protégé était que mon idéal était en quelque sorte non-miscible avec leurs vues dualistes et caricaturales. Mais je ne l'ai compris que un peu plus tard, à Toulouse, en 1976.
Aujourd'hui, il n'y a pas besoin de chercher bien longtemps sur le net pour trouver que papon a aussi organisé le pogrom du 17 octobre 1961 en plein Paris, massacre gratuit qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. Et là pas de polémique, pas de procès, pas de «témoins» prétendant que «marcel» avait sauvé des Arabes en secret. Juste un énorme silence honteux. Puis après, comme si de rien n’était, on l’a vu... à la tête de l'Aérospatiale, présentant le Concorde! Il est clair qu'il n'était qu'un mercenaire prêt à tout, totalement amoral, ne faisant pas de différence entre collaboration nazie et construction d'une Europe démocratique. Un «fonctionnaire idéal», donc, aux yeux de certains, ce qui expliquerait que finalement les gouvernements successifs l'aient gardé.
Sa libération de prison pour «raisons de santé» (dite «amnistie papon») pose un problème, non pas pour sa justification «humanitaire», mais du fait qu’il ait été le seul à bénéficier de cette loi faite exprès pour lui, quand tant d’autres sont malades et crèvent en prison.
Non, maurice papon n'était pas un gentil monsieur.
(Permalien) Ecrit en Juillet 2021
Cette partie, juste après papon, va montrer que j’étais tout de même mieux. Mais c’était pas difficile, vu son niveau abyssal.
Comme toutes les opinions, le racisme est une névrose. Bien entendu, le racisme est dangereux, car c’est une névrose de haine ou de peur, qui peut pousser les malades à des actes malsains ou criminels.
Mais le danger le plus vicieux des névroses est qu’elles distordent notre vision du monde. Les névroses de haine bien sûr, qui nous font halluciner des «ennemis» là où il n’y a que des gens qui vivent leur vie sans rien nous demander. Mais les névroses «positives», comme les opinions progressistes, ou ce que nous appelons «être amoureux», sont tout autant dangereuses de ce point de vue. Les névroses ne sont pas des maladies psychiatriques, et elles arrivent chez tout le monde, même avec des cerveaux parfaitement normaux, ou chez des gens très intelligents. Une névrose est une maladie psychologique, causée par une mauvaise programmation d’un réseau neuronal du cerveau. Une mauvaise habitude sur le façon de ressentir les choses, quoi. Un exemple de programmation d'un réseau neuronal est celui qui nous permet de conduire un vélo (automatiquement, sans y penser). Imaginons que nous ayons appris à conduire sur un vélo avec un guidon inversé: ce faux apprentissage est alors une névrose, qui nous fera nous casser la figure dès que l’on essaiera de conduire un vélo normal. On peut même créer un réseaux neuronal artificiel névrosé, par exemple le lamentable réseau raciste de Google qui étiquetait les Noirs comme «gorilles».
Bon d’habitude on parle plutôt de névrose pour des sentiments de haine, de peur, ou d’attraction inopportuns: peur des Arabes, haine sexiste des hommes, admiration béate pour un führer ou un chef de secte. Comme pour le «deep learning» (qui en est une imitation), la névrose étiquette les faits «vrai», «faux», «bon», «mauvais» en fonction des expériences positives ou négatives que nous avons eu d’eux. Ainsi une expérience malheureuse avec un Juif peut-elle entraîner la haine des Juifs, et nous faire voir des conspirateurs ou des profiteurs. Pour les névroses positives, un sein aperçu peut entraîner un désir amoureux de garder la personne près de nous. Le mal ici est que cette névrose nous fait alors idéaliser la personne et ignorer ses défauts.
De ressentir un sentiment sans raison réelle est déjà ennuyeux. Mais le plus grave est que la névrose filtre notre perception de la réalité, sans que l’on s’en rende compte de ce filtrage, supprimant automatiquement de notre conscience les faits qui vont à l’encontre de la névrose. Par exemple une personne «de gauche» ne verra que les défauts de la droite, et vice-versa une «de droite» verra seulement le mal de la gauche. Cette suppression est le plus souvent subtile, mais elle peut parfois être extraordinaire, comme une femme qui ne «voit pas» la main de son mari sous la robe d’une autre femme (J’ai personnellement vu un cas de ce calibre). C’est ce qui explique la soumission aux sectes, aux dictatures, à des époux abusifs, etc. même par des personnes normalement intelligentes, disposant de toutes les preuves de leur erreur. A l’inverse, une névrose de racisme fera voir un simple vêtement comme une «affirmation identitaire» terrifiante, et mener à des gesticulations politiques totalitaires ou à des meurtres. On peut alors parler d’hallucination névrotique, avec des conséquences aussi criminelles que les hallucinations psychiatriques, même si leur cause reste bénigne et commune (non-psychiatrique, engageant donc notre responsabilité pénale).
C’est ainsi qu’apparaissent opinions, croyances ou préjugés. Chez les animaux, cela ne posait pas trop de problèmes, mais dans la vie beaucoup plus complexe des Humains, opinions, croyances ou préjugés mènent rapidement au chaos et à de grandes souffrances. Et ces opinions et croyances apparaissent souvent au hasard de rencontres ou d’expériences positives ou négatives. C’est ainsi que les gens ramassent au hasard tout un tas d’opinions, de croyances, de préjugés, souvent contradictoires, comme une boule de glu qui agglutine tous les immondices en roulant.
D’une certaine façon, c’était inévitable: tout semble nous montrer par exemple que la Terre est plate, une croyance que seule la science a pu dissiper. De même, nous avons une tendance lourde à classer les gens comme «amis» ou «ennemis», en fonction de critères sans aucun rapport: race, religion, pays, famille, classe sociale, voire couleur des cheveux ou longueur du nez.
Dans mon cas, une «petite» névrose de racisme était apparue pendant mon séjour en Algérie. En effet, nous y sommes arrivés seulement deux ans après la guerre, et il y avait quelque esprit revanchard (chez mon père en particulier, je ne me souviens pas vraiment avoir entendu de remarques racistes ailleurs). Chez un gosse de onze ans sans expérience spirituelle, les mots et accusations racistes créent très facilement une névrose de racisme, contre «les Arabes» en l’occurrence. Ce fut malheureusement mon cas. Quel dommage de voir un aussi beau pays que l’Algérie, à travers un filtre aussi sale!
Dans mon cas c’était assez bénin. Toutefois une névrose vit sa propre vie, restant en sommeil pendant des années, puis réapparaissant ou croissant brusquement avec quelque révélateur apparemment bénin. Ainsi, pendant mon temps à Mont de Marsan, je ne pensais plus «aux Arabes», n’ayant de toutes façons pas d’occasions d’en rencontrer dans un bled aussi paumé et loin de tout. Mais l’ambiance particulièrement délétère et le racisme sournois de mes camarades au Collège Naval a fait croître ce sentiment, au point que je ressentais un malaise en voyant un Noir entrer dans la pièce où je me trouvais. C’était donc devenu grave, et chez une personne non-spirituelle (sans introspection), suffisant pour mener à des attitudes anti-sociales voire criminelles.
Mais j’avais eu entre temps, en 1969, des prises de conscience spirituelles concernant une meilleure société. Je commençais donc à me rendre compte que ce sentiment raciste, et les attitudes dangereuses qu’il ne manquerait pas de générer, était en totale contradiction avec mes projets et engagements. En plus, une contradiction socialement inacceptable dans le milieu gauchiste où je me trouvais à Bordeaux, qui ne tolèrent pas du tout ce genre de choses. C’est une des raisons pour laquelle je ne regrette finalement pas ce passage par le gauchisme.
Mais si j’avais fait des prises de conscience, par contre je ne disposais pratiquement d’aucune méthode pour résoudre le problème. La seule indication était cette phrase lue dans une revue de musique, comme quoi les Hippies «s'entrainaient» à vivre sans disputes. Je m’entraînais donc… Heureusement, à ce moment, ma capacité de visualisation m’a beaucoup aidé. Il me suffisait de visualiser des Arabes ou des Noirs, comme étant sympas, amicaux, sûrs, propres (si si, même que c'est ça le plus efficace). Le faire «en vrai» est certes utile et efficace, mais cela nous rend dépendant de rencontres fortuites, en plus dans des conditions pas toujours adéquates. Par contre, le faire en visualisation permet de le faire aussi souvent que l’on veut, avec toute la précision et l’intensité nécessaires. Je le faisais même en dessin, dans mes tentatives de bande dessinée à l’époque (Je ne le savais pas, mais un geste concret rend ce travail plus efficace). Les visualisations marchent, parce que les neurones ne savent pas si l’information qu’ils traitent est en rêve ou en vrai! Les mécanismes neuronaux mis en jeu lors d’une visualisation sont alors les mêmes que lors d’une rencontre réelle. Ainsi, la visualisation peut tout autant que la réalité corriger les réseaux neuronaux pervertis par la névrose, et reprogrammer ces derniers. On réapprend à conduire le vélo avec un guidon normal! C’est même plus sûr, car les situations réelles sont souvent plus complexes, et elles peuvent comporter des éléments qui perturbent le processus. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas parler de ces choses à quiconque d’autre que son maître spirituel ou son psychologue, voire à personne si on procède seul.
Seul procéder j’ai donc dû, car dans les années 1970 nous étions encore en Occident dans la préhistoire de la spiritualité, avec exactement zéro maîtres spirituels et des psychologues dangereux plus occupés à nous manipuler qu’à nous libérer.
Ce qui m’a finalement surpris fut que, même dans ces conditions extrêmes, la méthode est formidablement efficace.
Il ne m’a fallu que quelques mois pour totalement effacer la névrose, sans séquelles ni rechutes, et devenir capable de vivre normalement avec les gens de couleur.
Il est absolument fantastique qu’une méthode aussi simple permette à n’importe qui d’arrêter d’être con! On devrait en parler à la télé, l’enseigner à l’école, etc. Qu'ils ne l'aient jamais fait montre à quel point ces institutions sont totalement et fondamentalement opposées notre bonheur.
(En toute rigueur, une névrose peut réapparaître suite à de nouveaux incidents. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une rechute, mais d’une réinfestation. Et je savais exactement quoi faire dans ce cas, et depuis aucune nouvelle névrose de racisme n’a pu s’installer dans mon esprit).
Ajouté en Aout 2024: la spiritualité connaît des méditations ce ce genre depuis des millénaires, et aujourd’hui la psychologie s'en est inspirée pour la «visualisation dirigée», c'est à dire ce que je faisais.
Tant que j’y étais, je m’intéressait aussi au sexisme. Bon je n’ai jamais été vraiment sexiste ni phallocrate. Mais à force d’entendre des réflexions sexistes, elles finissent par apparaître comme «la façon normale d’aborder les femmes», voire qu’elles «aiment ça». C’est ce que ressentent ceux qui font ces réflexions, mais pas celles qui les reçoivent. Et je savais ce que ces cibles ressentent, pour en avoir été victime à l’école primaire, dans ce centre à Nancy, au Lycée Victor Duruy, au Collège Naval. J’utilisais donc la même méthode qu’avec le racisme, pour effacer aussi toute trace de sexisme.
Bien sûr je faisais miens les idéaux féministes d’égalité des sexes, pour être en cohérence avec mon idéal. Beaucoup de féministes ne reconnaissent pas le droit aux hommes de s’occuper de féminisme, disant prendre leurs affaires en main elles-mêmes. C’est bien, mais il y a une chose que seuls les hommes peuvent faire: se guérir de leurs propres névroses de sexisme masculin. Il faut leur reconnaître ce droit, et cette responsabilité, sans quoi le féminisme reste un de ces innombrables systèmes sadomasos où l’on prétend poursuivre un but, tout en se refusant les moyens de l’accomplir.
Malgré cela, mes camarades gauchistes continuaient à me traiter de phallocrate, ou bien d’être «possessif» (C’était clairement une projection, car pour moi l’amour a toujours été une recherche de bonheur ensemble, une offrande réciproque de l’un à l’autre. En plus à l’époque nous étions tous contre l’idée d’une relation de couple exclusive, comme dans le film «La Vallée», pensant que l'amour se partage en communauté.) J’ai mis longtemps à comprendre le pourquoi de ces accusations absurdes: mes camarades gauchistes, donc totalement dualistes, avaient allègrement dépassé le juste milieu pour tomber dans l’excès inverse: le suprématisme féminin. Et pour elles, les hommes étaient donc intrinsèquement des «ennemis de classe»!! Ce mouvement était encore très minoritaire à l’époque, mais il devient puissant aujourd’hui, avec des actions comme #metoo ou #balancetonporc, qui sont juridiquement des inquisitions (Une simple accusation vaut condamnation automatique, sans défense ni recours. De là vient cette floraison d’accusations contre des célébrités capables de payer de fortes rançons). Mon travail de psychoéducation à l’époque fut donc solitaire, mais je commençais à avoir l’habitude.
Un autre préjugé courant à l’époque était contre l’homosexualité. Non pas que j’aie jamais été réellement homophobe non plus, mais là aussi on faisait des blagues sur «les pédés» comme aujourd’hui sur les Belges ou sur les blondes. Jusqu’au jour où j’ai fait une réflexion de ce style présent un, qui m’a repris vertement. J‘ai donc eu à me corriger là aussi, mais après les deux autres cas ce ne fut qu’une formalité.
Aujourd’hui que l’homosexualité est valorisée, voire obligatoire, je me rend compte à quel point l’homophobie est encore profonde et puissante dans la population générale, bien plus encore que le sexisme ou le racisme. Pendant ma période à Mont de Marsan, je me souviens de camarades parlant de «chasses aux pédés» (agresser des hommes se servant des toilettes publiques). Bien sûr, l’affaire s’était terminée au tribunal, avec le juge qui se trouvait avoir été une de leurs victimes… Des fois le karma doit bien rigoler!
La montée du suprématisme féminin est aussi très inquiétante. Le seul remède clair que j’y vois est de rendre obligatoire l’enseignement à l’école de la non-dualité entre les extrêmes, par exemple avec le Hatha Yoga ou la dialectique Yin☯Yang. Plus bien sûr des méthodes spirituelles de visualisations pour corriger les névroses, en fait connues depuis des millénaires en spiritualité, et récemment redécouverte par certains psychologues. Ils appellent ces méthodes CBT, Thérapie Cognitive Comportementale, et mes visualisations de la «visualisation dirigée». Ne pas mettre ces choses dans les programmes scolaires est un soutient conscient et délibéré à l’extrémisme et aux discriminations. Et bien sûr au sectes, qui ont besoin de l'ignorance spirituelle pour exister. Les psys ont donc beaucoup avancés, rattrapant et dépassant largement des mouvements comme les Hippies. Mais ils sont encore assez puceaux pour ne pas avoir remarqué que l'expression «CBT» était déjà prise: fantasme d'une psy blonde avec des gros seins me faisant du CBT, ha ha ha ha!
En ce qui me concerne, plus tard je devais découvrir les véritables méthodes spirituelles pour guérir notre esprit. Elles m’étaient donc déjà familières, et je savais m’en servir. Mais il y aurait plusieurs étapes avant d’accéder à leur véritable but: la libération spirituelle. Nous le verrons ça dans d’autres chapitres.
(Permalien) Ecrit en Mai 2020.
Tous mes copains de Bordeaux se réunissaient au Foyer Saint Jean, dans une ruelle au 44°49'45.66"N 0°34'2.11"O près de la Place des Capucins. Plusieurs y habitaient, même.
Il s’agissait, en principe, d’un foyer pour étudiants, régi par une association loi de 1901, de ses propres résidents. Une forme d’autogestion, donc.
On y accédait par une ruelle où les voitures entraient tout juste. Le principal bâtiment avait plusieurs pièces communes au rez-de chaussée, dont une cuisine et une salle à manger. L’étage comprenait des chambres. Derrière se situait une cour bétonnée, avec ce qui avait probablement été un jardin, finalement empli par un autre bâtiment avec des chambres.
Si l’endroit était relativement propre, il souffrait aussi des toilettes à clapet, qui nous ont valu une ou deux inondations. En effet personne n’avait imaginé qu’elles n’étaient pas reliées au tout-à-l’égout, et nous l’avons appris à nos dépends, quand la fosse d’aisance a débordé. En temps «normal», elles fuyaient constamment, et étaient toujours sales, en particulier quand des visiteurs du Tiers-monde les utilisaient… posant leurs pieds sur l’abattant, pensant que c’étaient des toilettes à la turque. On comprend que dans mon esprit cette sensation globale de saleté reste attaché à Bordeaux en général, et aux zonards en particulier («la faune» comme on les appelle aujourd’hui).
Lors de ma première année à Bordeaux, je me rendais souvent au Foyer Saint Jean, car c’est là qu’habitaient plusieurs de mes amis sud-américains. Nous avons passé de nombreuses soirées ensemble, et c’est là que j’ai, pour la première fois de ma vie, expérimenté une ambiance normale, de gens s’amusant ensemble sans difficultés, et surtout sans ces moqueries et supériorité qui avaient toujours tout bloqué jusque là.
C'est pourquoi j'ai longtemps gardé une forte nostalgie de ces moments heureux, incapable de regarder les photos sans ressentir une grande tristesse. Mais j'ai perdu tout cela plus tard, suite à plusieurs déménagements.
Je pensais donc avoir trouvé mon lieu, et décidais de passer ma seconde année à Bordeaux, au Foyer Saint Jean, plutôt que chez l’habitant.
Cette décision trouva un curieux écho: Conf le gauchiste avait proposé de «prendre le pouvoir» au foyer!
A l’époque, le but me paraissait évident: garantir que l’ambiance resterait sympa et libre, comme nous l’avions connue. Aujourd’hui, je comprend mieux pourquoi cela n’a pas donné le résultat attendu: nous n’avions pas besoin de la violence sociale gauchiste pour garantir cette ambiance. Au contraire, cela a bloqué la dite ambiance. Pas tout de suite. Mais petit à petit, l’ambiance a dégénéré, et nos prétentions autogestionnaires sont devenues des corvées et des sources de disputes. Surtout la délicieuse ambiance de fête sud-américaine s’est progressivement délitée, avec le départ silencieux de la plupart d’entre eux.
Le plus gros problème toutefois a été que personne ne tenait plus vraiment le foyer, permettant à des zonards et à des délinquants de s’y installer, bien entendu sans payer le loyer. Mais il ne «fallait pas» les déloger, car cela aurait été «être des flics», voire «être racistes».
Cette seconde année à Bordeaux n’a pas été négative pour moi, finalement. Mais on comprend que, à la fin, j’ai du reconnaître l’échec de notre communauté urbaine du Foyer Saint Jean à apporter une ambiance vraiment agréable.
J’ai donc décidé de revenir à mon vrai projet: Toulouse.
En effet, toutes ces soirées tardives avaient négativement impacté mes études, et je devais redoubler ma seconde année d’IUT. Ce serait donc à Toulouse. Ayant effectué l’inscription moi-même, mes parents ont du simplement accepter le fait.
(Permalien) Ecrit en Septembre 2020.
L'époque Hippie et Mai 1968 en France avaient provoqué une fermentation d'idées nouvelles, et une forte envie sensuelle de vivre hors du béton. A l'époque toutefois, ces idées étaient brutalement rejetées par la société, ce qui supprimait nombre de possibilités d'action. La notion de communauté, lancée par les Hippies, s'imposait donc comme le seul moyen de faire quelque chose d’authentique: pour être libre, il fallait être hors du système, en marge donc. Les communautés étaient donc connues à l'époque comme «le mouvement marginal» et ses membres comme «les marginaux».
Cette expression «marginal» posait toutefois un sérieux problème: aujourd'hui elle désigne une personne incapable de s'intégrer à la société, comme un clochard, voire qui refuse globalement toute société, comme un délinquant ou un fachiste. On sera donc surpris qu'un mouvement politique ait choisi de s'appeler d'une façon aussi auto-diffamante. J'ignore en fait ce qui s'est vraiment passé:
-Soit ce nom n'avait pas de connotations péjoratives à l'époque (comme une note dans la marge d’un texte), et il a été rendu novlangue par les pouvoirs publics et les médias, comme plusieurs autres expressions depuis.
-Soit ces gens pensaient vraiment que clochards et délinquants étaient des alternatives positives à la société. (ou les zonards, en version années 1970). Une erreur en fait ancienne, en cherchant un peu on la trouverait dans des publications de la Commune de Paris en 1870, montrant des clochards militant pour la Commune. Mais une erreur colossale, qui a coûté la destruction du mouvement: nombre de groupes accueillaient clochards, drogués et délinquants à bras ouverts, malgré la violence, la crasse et les destructions qu’ils apportaient. La quasi-totalité des communauté ont coulé de cette façon! Il existe des livres écrits à l'époque par des participants. Je me rappelle d'un épisode où le nettoyage des lieux avait produit une tonne de bloudjines sales (oui, une tonne!), abandonnés par des «visiteurs» d'un jour, qui étaient repartis avec des vêtements neufs fournis par la communauté. Clairement ce n'était pas soutenable.
Qui qu'en soit le responsable, cette ambiguïté a aussi coûté l'intégration sociale de ce mouvement. Il a aussi coûté leurs parents à de nombreux enfants victimes de divorces, enquêtes sociales, etc. Et personne ne s’y est jamais trompé: il ne s’agissait pas de «protéger» ces enfants, mais bien de réprimer leurs parents. On a donc là un cas de répression sur les enfants des opinions politiques de leurs parents, qui continue d'ailleurs aujourd'hui. Et c'est en France, pas en Corée du Nord, hein?
A noter, les communautaires s'appelaient aussi «utopistes». Mais au moins tout le monde sait que ce mot a été créé dans un sens positif (par Thomas Moore). Dans ces conditions dénigrer les «utopistes» est clairement de la novlangue, et une manipulation mentale consciente et délibérée.
Une autre erreur spirituelle plus profonde, était le dualisme inhérent à cette démarche. A l'époque, dans une société dirigée par des ordures comme papon ou par des Tartuffes comme Giscard, cette erreur n’avait pas de conséquences vraiment visibles. Mais certains ont poussé volontairement dans cette erreur, par différentes attitudes extrémistes et anti-sociales, étiquetées «luttes de libération».
Mais surtout, en 1974, en France le mouvement Hippie de 1967 était bel et bien terminé. Qui étaient alors les communautaires en France? C'étaient en grande partie des... marxistes, occupés à une de leurs innombrables tentatives d'entrisme dans un mouvement qu'ils n'avaient pas créé, afin d'en détourner les énergies. Tentatives qui ratent toujours, à la Vil Coyote: quand les gens se rendent compte qu'ils ne sont plus maîtres de leur mouvement, ils le quittent, et les apprentis Lénine se retrouvent tout seuls à se tyranniser entre eux. En plus les marxistes sont chiants à vivre, avec une vibration noire qui fait le vide autour d'eux aussi sûrement qu'un conteneur de déchets nucléaires. Donc beaucoup des communautés restant en 1974 n'avaient de Hippie qu'un vernis superficiel. En particulier on était loin de la libération sexuelle des Hippies, au contraire les hommes y étaient considérés comme «phallocrates», c'est à dire... ennemis de classe! Voilà ce que le dualisme marxiste avait fait de la révolution sexuelle.
Ignorant encore tout cela, et pensant «mouvement hippie», je tentais donc, cet été 1974, de visiter plusieurs communautés, dans le but clair de m'intégrer à l'une d'elles, voire d'y rencontrer une compagne partageant ces idées. Ma démarche était de créer un «modèle» d'une meilleure société, afin de donner à d'autres envie d'en faire autant. Mais je tenais à finir d’abord mes études à l'IUT, soit pour pouvoir offrir une expertise technique, soit pour retomber sur mes pattes en cas d'échec. Une prudence fort curieusement récompensée: quand j'en ai eu fini avec les études, il ne restait plus de communautés. Je n’ai donc eu d’expériences avec le mouvement communautaire que pendant les vacances d'été en 1974, et assez peu par la suite, au plus tard 1980.
Le premier groupe que j'ai rencontré était le Planel du bis, dans une haute vallée près de Labastide de Sérou en Ariège (42°56'35.92"N 1°25'37.73"E, les habitants actuels n'ont rien à voir). C'est là que je me suis retrouvé, en descendant d'un bus qu'ils avaient affrété pour aller au rassemblement du Larzac, cet été 1974. Il y avait quelque chose d’étrange et fascinant de se retrouver soudain dans la nuit sans lumière électrique, dans ce monde de nature silencieuse, qui me rappelait l’Erloy de mon enfance.
Je suis resté trois jours là, dans une ancienne ferme forestière qu'ils avaient squattée. En fait, il y avait plusieurs groupe en plusieurs lieux (et déjà ennemis...): le Bosc, le Four, et le Planel du Bis. L'un se consacrait à retaper les ruines d'un hameau appelé Broucaillou, et je passais donc le plus clair des trois jours à charrier ciment et pierres pour ce faire. D'un côté il y avait la ferveur et l'enthousiasme des pionniers en train de rebâtir un nouveau monde... ce que nous pensions vraiment être en train de faire. Mais de l'autre il y avait aussi l'effroyable misère de gens avec des bébés dans une grange sale sans vitres... Et encore, c'était l'été. On comprend que la plupart de ces tentatives n'aient pas tenu plus d'une saison.
Le soir je rentrais au Planel, le seul endroit où l'on pouvait dormir sous un vrai toit (et encore, dans la paille, au dessus des inévitables chèvres). Là, dès le premier soir on m'a demandé d'assister à une réunion sur les... parasites. Dans ma naïveté de débutant, je n'avais même pas remarqué que cette réunion me visait personnellement! Et c'était bien sûr tard le soir, malgré ma fatigue, et malgré qu'ils ne fichaient rien de leur journée. Citadin tu es, citadin tu restes, même en pleine brousse. En fait, ces faux hippies du Planel se sont immédiatement mis à se moquer de moi, et bien sûr les femmes à me traiter de phallocrate. Il y avait une sorte de chef, Marc Sarassino, à qui j'ai demandé des explications sur ces comportements inattendus, dans un lieu qui se présentait comme un idéal social très supérieur à la société ambiante. Sa seule réponse a été qu'ils étaient causés par «les rapports de production». Je ne lui ai même pas demandé de quelle production il parlait (il n'y en avait aucune, ces gens ne fichaient rien de toute la journée). J'ai juste demandé «comment les rapports de production forcent-ils les gens à se moquer de moi?» Coincé, qu'il était, le Marc, face au vide de sens de son discours. Il a juste répondu qu'on ne pouvait pas discuter... En effet. J'ai donc conclu que ce groupe était une foutaise. En plus d’être des bigots sexistes, totalement à l'opposé des communautés Hippies dont ils se réclamaient.
En fait ces gens n'étaient que des gauchistes, occupés à une de leurs sempiternelles tentatives d'entrisme d'un mouvement qui ne leur appartenait pas, après en avoir découragé et chassés les membres légitimes. Bien des années après j'ai retrouvé la trace de Marc comme... candidat des «Verts» aux élections en Ariège! Vous comprenez donc pourquoi je me suis toujours tenu à l'écart de ce parti, malgré sa prétention de parler seul au nom de l'écologie. Quant aux gens du Planel, probablement m'avaient-ils étiqueté «bourgeois» dès qu'ils m'avaient vu, selon l’un ou l’autre de ces critères abscons que seuls les marxistes connaissent. Ou bien étaient-ils des sociopathes très ordinaires, qui m'avaient instantanément reconnu comme leur cible, sans besoin de se concerter.
Exit le Planel, donc, et les autres communautés du même style. Quelquefois en écoutant certaines belles musiques de l’époque comme «Close to the Edge» de Yes, il m'arrive d'éprouver une nostalgie de cette époque, cette sensuelle envie de vivre nu dans la nature, avec des amis, dans une maison fleurie au fond des bois. Nostalgie de quelque chose qui aurait pu être, mais qui n'a en fait jamais existé, qui est resté une promesse creuse, voire un appât. Au mieux ça avait existé, mais c'était déjà détruit bien avant que j'y arrive.
Je suis repassé au Planel du Bis plus tard, vers 1980. Il était déserté, sombre et triste comme toute maison abandonnée. Mais en montant, il y avait toujours une autre communauté, qui s'était aménagé son lieu en... champ d'ordures, et qui s'entraînait au... tir au fusil! Probablement leur «idéal» s'était rapproché de la Bande à Baader et autres groupes violents de l'époque. J'étais atterré, mais pas surpris, que leur projet ait dégénéré à ce point. Aujourd'hui 2023 les cartes Internet montrent que le Planel du Bis est toujours très sauvage, mais occupé. Quoique les occupants actuel n’ont probablement rien à voir.
Bonne surprise, en 2025 les cartes montrent aussi que Broucaillou est aujourd’hui habité et jardiné. Peut-être que le retour à la nature finit par se faire, mais sans tambours ni trompettes idéologiques.
J'ai donc quitté le Planel, en compagnie d'un autre type, vers une autre communauté qui, d'après Marc, «correspondait mieux à mes idées» (quelles idées, je ne lui avais rien dit. Méfiez-vous toujours des gusses qui connaissent mieux vos idées que vous). Ici se situe un incident, certes banal mais hautement symbolique pour moi. Le type avec qui j'étais, était sensé me servir de guide, pour un trajet de 40kms en partie en stop, en partie à pied, en coupant dans la montagne. Il «connaissait le trajet». Il a commencé très fort, en marchant à toute vitesse, au point que je me demandais comment je pourrais le suivre pendant 40kms. Nous devions rejoindre une route un peu plus haut sur la pente. Mais il restait à altitude constante, s'éloignant du but. Je lui ai alors fait remarquer qu'il suffisant de couper vers le haut. Il a maugréé quelque chose, et s'est mis à me suivre. Bon, un raidillon de 100 mètres, ça fait souffler, mais c'est pas un exploit. Je grimpe donc, cette fois en tête. Mais je le vois qui traîne de plus en plus (en vous rappelant que j'étais toujours le dernier en sport). Puis, à un moment, il redescend carrément! Je hausse les épaules, et continue, pour rejoindre la route quelques dizaines de mètres plus haut.
Cet incident ridicule est symbolique de nombreuses situations où je me suis souvent retrouvé: des gens font des déclarations fracassantes sur un grand projet, mais c'est finalement seul que j'accomplis l'effort pour le réaliser. Malheureusement réaliser seul un projet collectif n'a guère de sens. Le seul bénéfice étant alors pour ma propre évolution. D'ac, c'est bien, mais ça laisse un peu frustré quelque part de se retrouver tout seul à avancer. Mais bon hé je ne vais pas m’arrêter pour ça, lol
L’avantage est que j'ai pu admirer la majesté de la Haute Ariège, ses forêts, ses roches, et le chuintement du torrent qui en fait la trame sonore. Ça, plus le goût des myrtilles, est resté gravé dans mon esprit, comme un haut moment de découverte de la nature. Mais cela aussi est une chose que l'on doit accomplir sans bavards pour dissiper la vibration. C'était donc bien mieux sans ce type.
Je suis finalement arrivé à une autre communauté, près de Seix (prononcer «seysse» et non pas «sexe». C'est un nom latin, «Aqua Septima», les sept sources. Si vous y passez, je recommande le musée montrant une des machines qui ont servi à couper les marbres de Versailles). J'y suis resté deux semaines, participant à diverses activités, dont l'inévitable vidage du fumier des inévitables chèvres (Curieux comme cela tombe toujours sur les visiteurs, lol). De toutes les communautés que j'ai pu visiter, c'est la seule qui représentait un tant soit peu l'idéal. Je garde un souvenir ému de cette période, mais avec toutefois la sensation que quelque chose ne tournait pas rond. De fait, je n'arrivais pas vraiment à nouer un lien personnel. Le problème était que, en fait de communauté, c’était juste un clan, qui n’avait aucune envie d'accepter un nouveau membre. Et surtout pas un homme, comme on me l’a fait comprendre plus tard. Cette communauté s’est dispersée plus tard, restant seulement occupée par la propriétaire des lieux et une ou deux autres femmes, que je devais retrouver à l'Association Toulousaine d'Ecologie. Je suis passé les revoir deux ou trois fois, et elles m’ont accueilli aimablement. Mais il n'est jamais rien sorti de ces rencontres.
Je gardais tout de même de l'aventure un penchant certain pour le retour à la campagne dans une maison communautaire! Surtout celle-là, charmante, avec une galerie en charpente au premier étage, et des chiens assis sur le toit d'ardoises. Il y a en fait une quantité massive de lieux charmants, qui seraient idéaux... si leurs habitants l'étaient.
Un épisode curieux en cet endroit a été de découvrir un type planqué dans les buissons, nous observant, et détallant à mon approche. Les gens de la communauté m’ont expliqué que c’étaient «des jeunes du village» qui venaient les reluquer. Une démarche assurément fort curieuse: si ils s’intéressaient à nous, pourquoi ne pas simplement venir dire bonjour, comme je l’avais fait moi-même? Ce n’est pas un cas unique, et les communautés ont entraîné une pullulation de commentaires tous plus bizarres et inattendus les uns que les autres, et pas seulement dans les médias. Un des cas les plus graves que j’aie entendu a été un groupe de villageois qui étaient carrément rentrés dans une maison, dont ils avaient décidé qu’elle était… un bordel! Oui, vous avez deviné, c’était dans les Landes.
J'ai visité plusieurs autres communautés dans les années suivantes, sans jamais vraiment trouver quelque chose qui ressemblât à ce que l'on aurait pu attendre d’un mouvement progressiste. Ces lieux étaient froids, ou misérables, ou bien les gens avaient divers problèmes. Je me rappelle d’un qui m’avait choqué: ils avaient décidé qu’il ne fallait pas peler les patates! Eludant ainsi le «problème» de la pluche (apparemment un terrible effort pour tous ces gens), au prix d’avoir à recracher les peaux en mangeant, signe de leur échec à maîtriser leurs défauts psychologiques. Un détail, mais qui m’a empêché d’accrocher. Je suis reparti après ce repas.
Et je pèle toujours mes patates, désolé. Il ne m’est jamais rien arrivé de mal en pelant des patates.
Ces trajets se faisaient en auto-stop. A l’époque les auto-stoppeurs étaient systématiquement contrôlés par la police. Ces brimades ont continué jusque après 1985. C'est Chirac de droite qui les a abolies, même pas le Mitterrand «de gauche». Mais ces expériences en stop étaient une occasion de rencontrer des «gens dans la société», qui en fait n'étaient pas pires que les «marginaux». Un constat qui devait petit à petit me mener au... rejet du rejet de la société.
Une autre communauté que j'ai visitée plus tard, était une vieille maison avec des graffitis dans les couloirs. Je n'y avais pas prêté attention, jusqu'à ce que les occupants me disent que ces graffitis remontaient à... la Révolution! Cette maison avait été une sorte de commune révolutionnaire. Ainsi cela créait une continuité historique entre les Sans Culottes et les communautés des années 1970. Cet endroit, appelé les Brus, semble toujours habité, avec un chemin carrossable qui a remplacé le sentier muletier, seul accès à l'époque: 42°54'52.3"N 1°17'03.4"E. Google Earth dit qu'il y a un élevage de chèvres en bio. Mais je ne sais pas si ce sont toujours les mêmes habitants, ni ce qu'ils ont fait des graffitis.
(Permalien) Ecrit en Juillet 2022.
Certaines personnes ont été déçues des études d’électronique à l’IUT: il y a beaucoup plus de maths que de soudure. C’est qu’un technicien électronique n’est pas un câbleur: il doit comprendre comment fonctionne un circuit, voire un composant, afin d’optimiser le dit circuit, et seconder efficacement l’ingénieur. En fait, l'ingénieur définit seulement les grandes lignes, c'est le technicien qui fait tout le travail.
Pour cette raison, les études à l’IUT comprennent aussi des matières comme la physique, orientée sur les matériaux, l’électromagnétisme, les maths, l'anglais, etc. Par contre nous étions enfin libérés du sport scolaire! Et aussi du Français, encore que quand on lit Internet il est clair que cela manque souvent.
L’IUT de Bordeaux comprenait aussi une introduction à l’usinage: nous apprenions à nous servir d’un tour, d’une fraiseuse, la soudure à l’arc, etc. J’aimais bien ces activités, sauf que le prof était méchant et moustachu comme un porion de Zola.
En fait, je me suis rendu compte plus tard, que l'IUT forme à réellement comprendre ce qui se passe dans un circuit électronique, ou dans tout système physique en relation avec l'électronique, par exemple une antenne ou un moteur. Ainsi, beaucoup de gens postulent à des offres d'emploi, pensant qu'ils feront comme dans les revues d'électronique amateur genre Elektor: construire un circuit d'après des plans tout faits. Mais ça ce n'est pas le rôle du technicien, mais du câbleur. Le technicien, lui, crée le schéma, et pour cela il doit comprendre le fonctionnement de chaque composant, et leurs interactions. Il doit aussi comprendre comment fonctionnent les différents périphériques: antennes, moteurs, photoéléments, circuits logiques, jusqu'aux microprocesseurs. Et cette approche est payante: si nous n'avions pas encore de microprocesseurs du temps de mon passage à l'IUT, par contre lors de mes activités dans le spatial j'ai eu à concevoir plusieurs réalisations basées sur un microprocesseur. Je devais alors faire les circuits périphériques, plus le programme qui tournerait dessus. Ainsi les bases apprises à l'IUT m'ont permis plus tard de comprendre des composants qui n'existaient pas encore à l'époque.
L'électronique digitale à cette époque était dominée par les circuits logiques dits TTL, les premiers à être disponibles dans une série complète de fonctions, permettant de réaliser des systèmes logiques puissants, qui autrement auraient demandé des mètres de circuits imprimés à transistors. La première génération d'ordinateurs construits en France a été basée sur les circuits TTL, et précisément nous en avions un à l'IUT de Toulouse, permettant une sérieuse initiation à la programmation. On verra un peu plus loin ce que j'en ai fait.
l'IUT propose aussi de réaliser un «projet», la conception de a jusqu'à z d'un circuit électronique complet. C'est une telle expérience qui permet à un étudiant d'être directement opérationnel dès qu'il entre dans une entreprise. Toutefois il y avait une liste imposée de projets, et certains élèves étaient favorisés avec des projets intéressants, comme un émetteur radio. J'avais demandé cela, pensant aux radios libres, ou à des liaisons inter-communautés. Mais j'ai eu à la place un «dé électronique» sans intérêt. J'avais demandé la radio, qui m'a donc été formellement refusée. Je ne comprend pas l'idée d'avoir une telle liste, avec des bons projets et des projets nuls, au lieu de laisser davantage d'autonomie pour ceux qui le souhaitent. Je me demande si c’était simplement du copinage, ou déjà un rejet politique de la radio.
Il y avait également des vrais stages de fin d'année en entreprise, avec là aussi un projet complet. J'ai eu un stage dans un émetteur de télévision à Latronquière, et la seconde année à Toulouse dans un laboratoire de l'ENSEEIHT.
Ma fatigue chronique m'a souvent pénalisé dans mes études à l'IUT. Ainsi la seconde année je ratais tous les cours d'électrotechnique! C'étaient les seuls commençant à huit heures. Mais le plus gros problème toutefois a été l'influence délétère des Cabus de Charlie Hebdo: d'après eux, mes profs étaient «des technocrates» mauvais, ce qui m'a conduit à les mépriser, et à commettre plusieurs petites mauvaises actions. Sans conséquences graves à Bordeaux, mais qui m'ont coûté mon diplôme à Toulouse. Même si j'avais le niveau, comme mon embauche à EREMS devait le prouver plus tard. Aujourd'hui je regrette de n'avoir pas connu l'ambiance saine que je vois décrire dans les revues scientifiques, entre les élèves et leurs professeurs. Cela avait tout de même bien marché avec certains, comme avec mon maître de stage à l'ENSEEIHT monsieur Atéchian (Prononcer Atékian). Il y a un côté grisant à être finalement «reconnu» en étant admis comme pair dans des lieux prestigieux comme des laboratoires ou des grandes écoles. Mais j'étais encore trop anti-société pour vraiment en profiter. Aujourd'hui je le regrette, car c'est avec ces liens que souvent débute une carrière scientifique. Pour preuve, les innombrables histoires «d'alumnis» dans les revues scientifiques.
Monsieur Atéchian travaillait sur un projet curieux: les circuits électroniques à logique stochastique. Il s'agit de circuits logiques ordinaires, dont les entrées sautent aléatoirement entre zéro et un, la valeur utile étant la moyenne. Des portes ET ou OU permettent alors de faire des multiplications et des additions respectivement, dans des calculateurs stochastiques. Les avantages étaient le faible coût et la rapidité, par rapport aux complexes multiplicateurs analogiques, qui ont fait utiliser ce système dans des automations industrielles. Les microprocesseurs ont fait perdre l'intérêt de cette chose, en faisant le même travail mieux et plus simplement. Mais on reparle aujourd'hui de neurones artificiels stochastiques. En effet, aujourd'hui (2022) les neurones artificiels sont tous analogiques, alors que les neurones biologiques sont à impulsions. Des neurones stochastiques seraient donc plus proches des neurones biologiques.
(Permalien) Ecrit en Juin 2020.
Bien entendu nous avions à l’IUT une introduction à la programmation informatique. A l’époque, la programmation était encore une nouveauté, réservée à de rares ingénieurs et à des organisations capables d’acheter un ordi dont les moins chers coûtaient des millions. Le nôtre était un Mitra15, une nouveauté fantastique à l’époque, français, les premiers ordinateurs à circuits intégrés TTL (et aussi les derniers, les suivants utilisant des microprocesseurs), avec 64k de RAM à tores de ferrite, une fréquence processeur de l’ordre de 10 à 20Mhz, un disque dur de 5Mo gros comme une machine à laver avec des rotors interchangeables, toutes caractéristiques très avancées pour l’époque. Pour la création des programmes, c’étaient encore les feuilles de code Fortran, avec une lettre par case, et une dactylo qui les tapait pour en faire des cartes perforées. Le programme ne prenait une forme électronique que quand on rentrait les cartes dans la machine, et nous avions les résultats plusieurs jours après, sous forme de papier listing rayé de bleu pâle et plié en accordéon.
Une telle façon de travailler nécessitait de penser soigneusement son code, car la moindre erreur demandait un cycle de correction de plusieurs jours. Il fallait tout calculer, les >n ou >=n dans les boucles, les formats d’impression, et la structure du programme. Pour cette raison, nous commencions par tracer un organigramme, avec des rectangles pour les instructions, des losanges pour les choix, etc. C’était à l’époque la seule façon de gérer la structure du programme: blocs, boucles, routines, etc. Puis il fallait créer les instructions, et en Fortran non-structuré, la moindre erreur ruinait le programme. Rien à voir avec ce qui se fait aujourd’hui, avec du code structuré où l'on compile toutes les trois minutes, car il est plus rapide de se fier au compilateur que de se relire, même pour les fautes de frappe.
Bien entendu on nous avait fait faire un exercice simple, avec une boucle et les concepts de base. En toute rigueur je ne me rappelle plus quoi. Mais je tenais là une occasion de vérifier un fait curieux: pourquoi la gamme musicale est-elle divisée en douze demi-tons, au lieu de onze, ou treize, ou dix? Ce choix était-il justifié du point de vue de la beauté, ou était-il une «censure bourgeoise» d’une musique différente? Pour le non-initié, il peut paraître curieux d’utiliser un ordinateur pour répondre à une telle question. Toutefois mes pianotages sur mon propre orgue électronique m’avaient appris que certains accords, par exemple Do-Sol, sont des accords harmonieux, base de l’accord parfait. J’avais ainsi trouvé que les accords musicaux harmonieux sont des rapports simple de fréquences (avec une règle à calcul, à l’époque!). Et l’accord Do-Sol correspond à un rapport de 3/2 sur un instrument accordé. Sur un clavier tempéré, comme un piano, le rapport vaut idéalement 1,49831, ce qui est suffisamment proche de 3/2 pour que l’oreille trouve encore l’accord plaisant. Mais si l’écart de fréquence est trop grand, il apparaît des battements en basse fréquence, qui rendent l'accord dissonant. Voici donc comment je pouvais, grâce à un ordinateur, vérifier si d’autres gammes, basées par exemple sur dix, onze ou treize divisions par octave, pouvaient receler davantage d’accords harmonieux que la gamme à douze divisions. Une chose qu'il était totalement impossible de tester sur un instrument à clavier ou à frettes, et qui aurait nécessité d'apprendre le violon.
Je n’eus pas de mal à convaincre le professeur d’ajouter le dit programme à mon exercice. Il était même plutôt content de cette initiative, et il m’a encouragé. Malgré les conditions de travail décrites ci-dessus, j’arrivais à faire tourner mon programme du premier coup, avec juste une erreur d’affichage qui laissait tout de même les résultats lisibles.
Et le résultat fut sans appel: la gamme à douze demi-tons est bien la meilleure, en nombre d’accords harmonieux possibles. La seule alternative aussi valable est la gamme à six divisions égales, mais elle est bien connue, et jouable sur le piano sans modification.
Ce constat a eu une importance spirituelle pour moi.
En effet, j’étais habitué, de par mes lectures et fréquentations gauchistes ou Cabuesques, à trouver que tout était pourri dans la société, et la limitation à douze devait être une norme bourgeoise destinée à cacher quelque contrées méconnues de la carte de la musique. En fait il n’en était rien, et si les premiers musiciens avaient fait ce choix, c’était à juste raison, et non pas pour censurer quelque beauté inconnue. (Soit dit en passant, on a trouvé des flûtes accordées selon la dite gamme à douze demi-tons, datant de… 30000 ans. Les «premiers musiciens» remontent donc à fort loin)
Ainsi je commençais à comprendre que des gens «de la société» pouvaient avoir fait quelque chose de bien, que la société n’était pas «entièrement pourrie», malgré tout ce qu’en disaient les Cabu et les gauchistes, malgré l’exemple délétère des papon et des pollueurs.
Une idée qui devait aussi contribuer à me faire comprendre la non-dualité entre l’action progressiste et le maintient d’une société fonctionnelle. Mais il me faudrait encore quelques années pour assimiler cela. Le premier pas en était toutefois à Bordeaux, à quelques pas du Foyer Saint Jean, comme on va le voir dans un prochain sous chapitre.
(Permalien) Ecrit en Mai 2020.
L’IUT se veut très pratique: on doit être prêt à travailler en entreprise dès la sortie. Et pour des jeunes puceaux du travail, il y a beaucoup à apprendre, sur le monde étrange des entreprises, et les créatures exotiques qui y vivent, comme les chefs ou les syndicats. L’IUT organise donc des sorties en entreprise, pour savoir comment les choses se passent. Pour cela nous avons un stage de deux mois en entreprise en fin de seconde année. Mais au début, il y avait aussi une après-midi consacrée à la visite d’une entreprise.
On nous en a proposé trois, à choisir. Deux entreprises d’électronique bien sûr, mais aussi une huilerie.
J’ai choisi l’huilerie, bien que je ne m’intéressais pas à ce genre de trucs, et que je trouvais le lieu plutôt rébarbatif. La raison est ce que je lisais dans les brochures de la Vie Claire, ou dans la Gueule Ouverte (la seule presse écologique à l’époque): les huiles alimentaires courantes étaient lourdement trafiquées. Je n’allais donc pas rater une telle occasion de voir les choses de mes propres yeux.
Et c’était vrai: chauffage à 250°, injection de soude, extraction à l’hexane, permettent d’utiliser des arachides pourries (Attendre qu’elles pourrissent chez les producteurs permettant de les acheter moins cher), et de faire ce truc insipide, incolore, inodore, dévitalisé de toutes ses vitamines, qui remplit les rayons de supermarché par palettes entières.
Nous n’avons pas été admis dans la partie d’extraction à l’hexane, à cause du risque d’incendie. Mais je me rappelle très bien que les réservoirs métalliques d’hexane étaient dans une rue, et qu’il y avait des habitations juste de l’autre côté, à vingt mètres. Cinquante morts minimum garantis, en cas de pépin.
Je ne cite pas la marque d’huile, car je n’en suis plus absolument sûr. Mais elle est parmi les marques massivement connues en France. L’établissement était en pleine ville, à Bordeaux (en 1973)
(Permalien) Ecrit en Aout 2019.
L'ambiance gauchiste à Bordeaux, surtout entre 1974 et 1975 au Foyer Saint Jean, avaient quelque peu distendu mon intérêt dans l'écologie et la spiritualité. Mais pas complètement: je continuais à lire la presse écolo et la presse scientifique. Je continuais aussi à manger du pain complet ou à amener de la levure de bière comme condiment, au restaurant universitaire (ce qui m'a valu plusieurs fois des regards réprobateurs, jusqu'où va la prétention de certains à définir la norme sociale). En toute rigueur je ne me souviens plus où j'achetais le dit pain complet à Bordeaux, juste que c’était un magasin en ville.
Mais la spiritualité est patiente, même quand elle doit cheminer par des voies détournées. Si mon allergie aux religions me bloquait sur la forme, elle ne me bloquait toutefois pas sur le fond. Ainsi, à quelques pas du Foyer Saint Jean, place des Capucins, se trouvait un magasin macrobiotique. (Le bâtiment semble ne plus exister aujourd'hui, à moins qu'il ne fut en fait Rue Jean de Malet). Je connaissais déjà la macrobiotique, pour avoir lu des articles dans «la Gueule Ouverte» (qui touchait à tout, et avait souvent un niveau intellectuel bien plus élevé que son nom le suggérait)
La Macrobiotique, ou Zen macrobiotique, a été fondée par un japonais, Georges Oshawa. Quand j'étais à Bordeaux, on disait qu'il avait inventé sa méthode en tentant de soigner la «maladie mystérieuse» (irradiation) des survivants de Hiroshima. wikipédia donne aujourd'hui une version différente: «en 1912: recouvre la santé grâce à la méthode du Dr Sagen Ijizuka (1850-1909), qui préconise une thérapeutique alimentaire basée sur l’équilibre Sodium/Potassium.» Georges Oshawa était un pacifiste convaincu, ce qui, dans le Japon fachiste de l'époque, lui a valu d'être torturé et condamné à mort deux fois. Il a même été censuré par le général Américain Mac Arthur, chef de l'occupation au Japon. Plus tard, il a contribué au «Mouvement Fédéraliste Mondial» avec Albert Einstein, Norman Cousins, le Dr. Albert Schweitzer, Thomas Mann et Pierre Gevaert, ce dernier ayant fondé la première société de vente de produits macrobiotiques. Plus tard encore, Oshawa collabore avec Shri Aurobindo (Auroville) et Taizen Deshimaru (qui a introduit le Zen en Occident), écrit ou traduit des livres spirituels, fabrique un mini-avion, et mille autres choses.
Toutefois, en ce qui concerne la macrobiotique, Georges Oshawa se réfère explicitement au Zen, et donc il connaissait la Voie du Milieu du Bouddhisme. Plus précisément, ce concept est décliné, dans la culture japonaise, avec celui de la dialectique Yin☯Yang chinoise. L'intérêt de la macrobiotique est de présenter l'équilibre sodium potassium, un concept biochimique donc, à l'aide de la dialectique Yin☯Yang. Ce qui rend ce paramètre biologique directement accessible à notre sens alliesthésique (un complément du sens de la faim, qui produit attirance ou rejet pour les aliments, en fonction de notre état intérieur). C'est donc une méthode très intéressante pour équilibrer notre alimentation à l'aide de méditations simples, au lieu de complexes analyses. Je le pratique toujours, par exemple en mangeant les tomates crues avec du gomasio. Plus tard à Toulouse j'ai appris à faire le gomasio et j'avais même un suribachi. Mais tout cela est passé à pertes et profits dans la catastrophe du Faitg. On trouve du gomasio partout, maintenant, de toutes façons.
Le problème avec la macrobiotique en France, qui je pense avait considérablement dénaturé le mouvement, est que «les macrobiotes» avaient interprété la dialectique Yin☯Yang de manière... dualiste! Un contresens aussi fondamental ruinait donc totalement leur mouvement, dès les premiers pas. Et de pontifier: «les aliments modernes sont Yin, donc «mauvais». Il faut donc «yanguiser» notre alimentation». Les ingrédients en vente au magasin macrobiotique se réduisaient donc à du gomasio et des biscuits secs durs, le vendeur aussi était sec et râleur (bien trop Yang, lol), et les «macrobiotes» avaient une réputation d'intransigeance. La seule façon autorisée de manger les légumes était le nikuté, cuisson japonaise traditionnelle à l'étouffée jusqu'à réduction de l'eau, à la limite de la grillade. Ces idées se sont même répandues en-dehors du contexte macrobiote, et des années après j'ai vu des gens scandalisés quand je mettais des courgettes dans de l'eau pour faire un potage.
En ce qui me concerne, j'avais par contre facilement compris la dite dialectique, même à l'époque à Bordeaux dans le contexte gauchiste. Il faut dire que j'étais déjà formé à la logique et à l'axiomatique, grâce à la Théorie des Ensembles et à la philo apprise au lycée en classe de terminale. Mais j'avais aussi déjà repéré les difficultés inhérentes à ces systèmes, notamment qu'il faille une infinité de propositions Aristotéliciennes pour décrire certaines situations floues ou graduées, menant à des échafaudages conceptuels branlants, ou à de multiples systèmes contradictoires que rien ne peut départager. La dialectique Yin☯Yang fournit une solution simple et élégante à ces problèmes, en faisant appel au fonctionnement intrinsèque de nos réseaux neuronaux, au lieu de tenter d'émuler un calculateur Aristotélicien. Mais «curieusement» je ne pouvais pas parler de ces choses à mes compagnons gauchistes. C’était encore plus tabou que l’hétérosexualité masculine, lol! C'est la raison subtile pour laquelle j'ai finalement rompu avec ces milieux, entre autres raisons plus grossières (et même très grossières pour certaines, comme on va le voir).
Mais si vous lisez dans la presse et dans les médias à propos de la dialectique Yin☯Yang, vous entendrez dire que c'est «du mysticisme». Pendant longtemps wikipédia parlait «d'énergies cosmiques», et un wikicrétin avait même supprimé mes corrections Taoïstes comme «philosophie personnelle»!! Côté «rationalistes», on déblatère que le Yin et le Yang ne sont «pas observables», et on voit même des vrais scientifiques répéter ces âââneries.
En réalité, la dialectique Yin☯Yang est une alternative au oui/non de la logique Aristotélicienne ou au premier axiome de la Théorie des Ensembles. Cet axiome pose une appartenance absolument vraie ou absolument fausse, sans gradation. Mais au lieu de ce vraie/faux en tout ou rien, une proposition Yin☯Yang peut prendre toute une graduation de valeurs entre les termes Yin et Yang, sans que l’un ni l’autre terme ne soit jamais vraiment exclu: il reste sous-jacent, potentiel, voire donnant sa signification au terme en action. De plus, contrairement à un autre contre-sens répandu, Yin comme Yang ont la même «valeur morale», de bien ou de mal, de vrai ou de faux, etc. Par exemple dans une dialectique discipline☯liberté, la discipline n’est juste que si elle sert la liberté, et la liberté a besoin de la discipline dans son exercice, sinon c’est de l’inconstance. Cette idée pouvant s'appliquer à une infinité de situations: masculin☯féminin, chaud☯froid (une exemple classique, aussi utilisé pour expliquer l'alliesthésie), liberté☯discipline, rigueur☯mansuétude (à la base du fonctionnement du tribunal), etc.
Ces choses devaient mijoter dans mon esprit pendant des années (avec toujours interdiction d'en parler, même au Faitg, lol) et elles ont finalement abouti à la première partie de mon livre «Epistémologie Générale Version 1» que j'ai publié en 1999. Mais «l'éditeur en ligne» était un escroc, qui faisait payer très cher les auteurs mais ne cherchant pas à vendre, d'où le peu de diffusion de mon livre. J'ai donc décidé de le mettre sur Internet peu après, vers 2003, cette fois en Version 2 corrigeant des erreurs de la version 1. Je travaille encore à des additions depuis.
Plus exactement, la Logique Quadripolaire© du chapitre I-4 lève le risque d'interprétation dualiste de la dialectique Yin☯Yang: dans un diagramme carré, les Yin est à droite, le Yang est à gauche, le Bien en haut et le mal est en bas. Ainsi il n'y a plus de place pour des interprétation erronées ou malhonnêtes, comme de dire que le Yin serait mal, les femmes seraient inférieures, etc.
Tout cela est parti de quelques discussions dans une échoppe de Bordeaux... et absence de discussions au Foyer Saint Jean.
On entend moins parler de macrobiotique aujourd'hui. Mais ils ont été parmi les précurseurs du bio.
(Permalien) Ecrit en Aout 2019.
Adolescent, j'ai rêvé plusieurs fois que je rencontrais une femme et que nous devenions amoureux. Elle était blonde et vêtue d'une tunique blanche. Curieusement elle n’avait pas la beauté diaphane des contes, mais plutôt une peau un peu rêche et rougeaude de paysanne. Mais cela lui donnait une sorte de force, absente des fées à la Disney. Ces rêves avaient éveillé un désir d'une union amoureuse féérique, comme dans les contes. Aujourd'hui, je dirais que je désirais quelque chose d'elfique. Clairement, même le désir biologique d'union amoureuse recherche quelque chose de cet ordre. Et il l'exprime par des rêves parfois très beaux. Ce sont ces rêves, plusieurs fois situés en Bretagne, qui m'ont inspiré le personnage de Tuima (bourgeon, en Quenya) dans mon histoire «Un rêve elfique». Ces rêves amoureux féériques sont nettement différents des rêves purement érotiques associés aux éjaculations nocturnes, eux-même d’un niveau très supérieur aux rêves pornographiques. Surtout, ils sont beaucoup plus satisfaisants, s'adressant à la fois au corps, au coeur et à l'esprit.
Mais bon, le désir physique brutal de mes vingt ans passait souvent avant les autres aspects.
Ainsi, au Foyer Saint Jean et dans les divers lieux que je fréquentais, j'ai fait plusieurs propositions, à des femmes pas toutes féériques. Mais le désir rend aveugle, et je ne faisais pas exception à la règle!
Toutefois je me heurtais toujours à la même réponse: «phallocrate! phallocrate! phallocrate!». Je faisais pourtant bien attention à ne pas manifester de troubles psychologiques de cet ordre. Fort de ma victoire sur le racisme, je m'étais attaqué aux autres préjugés, notamment le sexisme, et je pense que je m'en sortais plutôt bien. Aussi me faire accuser d'être phallocrate comme un beauf avait quelque chose de très vexant: la non-reconnaissance de mes efforts spirituels pour devenir meilleur. Et quelque effort que je fisse pour améliorer même la simple cohabitation, le résultat restait toujours le même, et semblait même empirer: «phallocrate! phallocrate! Phallocrate!».
Plus le langage gauchiste: les «mecs» et les «nanas», des termes fort désobligeant partout ailleurs. En effet, «mec» signifiait autrefois «proxénète», et «Nana», le personnage de Zola, était une prostituée mangeuse d’hommes. Un langage qui donc pérennise ce qu’il prétend dénoncer. Je soupçonne même une influence marxiste pour ces termes: le «mec» (proxénète) exploite les femmes, tandis que la «nana» (mangeuse d'hommes) est une prolétaire luttant contre les hommes! Toutefois chez le personnage de Zola, c'était par pur vice, aussi prendre exemple sur elle rabaisse fortement la déjà pas élevée vision marxiste de la lutte des sexes.
Ces idiotes avaient finalement beaucoup de chance dans leur ignorance et leur naïveté, que leur gauchisme et leur pseudo-féminisme fussent des loisirs sans conséquences, et moi déjà en partie non-violent. Elles auraient été bien moins arrogantes face à un véritable phallocrate, par exemple cette charogne puante de Lavrentiy Beria, bras droit de Staline qui a envoyé des millions de personnes au goulag, et surtout prédateur sexuel immodéré: il avait l’habitude de kidnapper des femmes chaque jour, dans sa limousine noire de chef du NKVD (futur KGB), terrorisant les nuits moscovites et les sorties de lycée (!). De là, il déportait, tuait ou torturait celles qui se refusaient à lui. En plus il était moche comme un pou. C’est sûr, si il avait été beau, il n’aurait pas éprouvé le besoin d‘être marxiste.
Ce n'est que des années après que j'ai compris l’incroyable absurdité de ces gens: ils n'avaient pas pris le féminisme comme l'émancipation et l'égalité des femmes, mais comme une «lutte des classes» marxiste des femmes contre les hommes! Dont la solution était... l'homosexualité entre femmes, afin de faire cesser... «l'exploitation» par les hommes, c'est à dire toute relation hétérosexuelle!! Ainsi, l'une d'elles m'a refusé prétendant être lesbienne, et une autre m'a carrément demandé «pourquoi je ne faisais pas plutôt l'amour avec X?» (un homme)!!! En fait cette misandrie n'est que le contre-pied de la phallocratie, et notre petite communauté gauchiste préfigurait les suprématistes féminines actuelles, qui parasitent le mouvement pour l'égalité des femmes. Mais qui aurait parlé de logique quadripolaire à l'époque, permettant de comprendre ces choses sans se planter?? Mais j'ai publié cette logique depuis 2003, aussi personne ne peut plus être phallocrate ou suprématiste féminine par erreur ou par incompréhension: aujourd’hui c’est clairement un choix.
Bon, j'avais déjà passé une nuit avec une femme à Mont de Marsan (et non ce n'était pas une Montoise, elles étaient bien trop coincées). Cette jeune femme était jolie et sympa, mais nous n'avions pas conclu, car nous n'avions aucune contraception. A l'époque c'était une nouveauté, la loi Neuwirth venait juste de passer, sans encore offrir toutes les possibilités que nous avons aujourd'hui. Même aujourd'hui encore, certains médecins pétainistes refusent de mettre un stérilet à une nullipare!
Bon ce premier contact avec le corps féminin m'avait fait bonne impression: senteur chaude du pubis, un peu comme le pain, et parfum fruité agréable du sexe (certains disent «odeur d'ananas», et les Asiatiques parlent de «parfum de lotus». Je peux donc dire que ce parfum existe, ce n’est pas un mythe). Je me souviens également avoir senti ce parfum sur une fille, en jouant quand j'étais petit enfant (Rien de sexuel à notre age lol). Je pense donc qu'il est parfaitement possible à une femme de rester, sinon dans le féérique, au moins dans le présentable. Imagine t-on une princesse Disney, ou Galadriel, sale et puante? Ces créatures sont obligatoirement douces et parfumées de tout leur corps. Une femme réelle, on comprend que ce soit plus difficile. Mais je pense que aucune femme qui prend soin d'elle-même n'ait à rougir de la comparaison.
Au Foyer Saint Jean donc, j'ai un jour remarqué qu'une femme semblait me désirer. Si c'était elle, pas d'accusation de phallocrate! Les choses se sont bien arrangées, et nous nous sommes retrouvés au lit, dans ma petite chambre du Foyer Saint Jean. C'était la première fois que je pénétrais une femme. J'avais déjà vu des copines du Foyer faire l'amour, et pousser des grands cris de plaisir pendant de longues minutes! Mais elle resta de marbre, au point où je commençais à perdre mes moyens et à me demander si c'était elle ou moi. Elle me fit vite comprendre qu'elle voulait un cunnilingus au lieu de pénétration. Problème: elle puait comme un rat crevé! Elle cumulait mycose, vaginite, et probablement d'autres saletés. Bref son sexe était une pourriture, émanant une odeur fétide insupportable. Pas juste une odeur de sueur, même pas de «vestiaire», de quelque chose de maladif, purulent. Inutile de dire que j’ai débandé plus vite que mon ombre.
Voilà donc ce que certains appellent libération sexuelle: la perte du respect le plus élémentaire du partenaire! Se présenter dans un tel état, c'est bien pire que d'être phallocrate, c'est un viol, un déni de l'humanité. Personnellement, je n’aurais jamais osé me présenter à une femme si j’avais pué comme ça.
La vérité est que cette femme était une clocharde en formation. Je ne pouvais pas le savoir quand je l'ai connue, car elle avait encore de bons vêtements et le teint frais. Mais il ne lui a pas fallu plus de trois mois pour que son visage commence à se flétrir! Et qu'elle se dégotte des vêtements bruns de clochard...
(Ajouté en Décembre 2025: je réalise aujourd’hui que cette femme pourrait avoir été victime des toilettes à clapet. Mais je ne l’absous pas: elle aurait pu se soigner. Autres possible causes, mauvaise hygiéne du bébé, viol, ou hommes qui laissent traîner leur saucisse dans le caniveau. Puis la flore vaginale contaminé le resterait à vie...)
Si vous vous demandez comment les clochards, zonards et autres beaufs supportent leur odeur, voici la réponse: ils aiment ça! (Voir aussi le sous-chapitre «drogue et pouillerie» qui en toute rigueur commence à ce moment). Certains gauchistes ont été jusqu’à embrasser ouvertement ce «droit à être sale», comme Jerry Rubin, qui puait. Il avait créé son propre mouvement, les «Yippies», des Hippies communistes (si si si… only in the USA). Puis, pas à une incohérence près, il est devenu capitaliste «yuppie», avant de mourir de stupidité en traversant une route à six voies à pied.)
J'avoue que cette expérience a été traumatisante. Pendant longtemps l’odeur de cette truie est ce qui me venait à l’esprit en voyant un sexe féminin. Cela a durablement affecté mes relations avec les femmes, bien plus que le sexisme subi dans mon enfance. Je considère se présenter dans un tel état comme une agression sexuelle pleinement caractérisée. Légalement un viol, puisqu’il y a eu pénétration.
Bien sûr je n'ai pas fait ce qu'elle demandait.
Et bien sûr c'est elle qui est devenue furieuse contre moi. Elle s'opposait même à «mes idées» (qu'elle ne connaissait pourtant pas, méfiez-vous toujours des gens qui connaissent vos idées mieux que vous). Elle s'est vite trouvé un autre compagnon, apparemment pas gêné par l'horreur: Conf, notre «leader» gauchiste! Ainsi ce type m'apparaissait-il pour ce qu'il était vraiment: nul et dégoûtant. Je n'ose y penser, mais j'imagine qu'il a du appliquer ses principes marxistes comme quoi le dégoût de la saleté est un conditionnement bourgeois.
On comprend que ce fut une des raisons qui m'ont finalement conduit à quitter ce groupe lamentable, et plus généralement Bordeaux et l'horrible vibration de ses dizaines de milliers de fosses d'aisance. Une fois celle du Foyer a débordé dans la cour commune: nous pensions être normalement reliés au tout à l'égout, en n'avions donc pas pensé à la vidanger.
Quand je suis parti du Foyer, j'ai laissé ma chambre à cette femme, contre un service modique: garder en sécurité un carton de mes affaires les plus précieuses, notamment mes notes de cours. Elle a dit oui oui, mais quand je suis revenu chercher ces choses, elle s'en était débarrassé dans la cave, humide et exposées à tous les voleurs.
Minable.
(suite au chapitre suivant, comment les écolos se débrouillent avec le sexe et l'amour)
(Permalien) Ecrit en 2025)
Les gauchistes sont comme les platistes: ils se croient logiques, mais ils appliquent leur raisonnement Aristotéliciens à des réalités qui ne le sont pas: nuancées, ou susceptibles d’interprétations multiples. Cette erreur, appelée dualisme, consiste à supposer que tout obéit au premier axiome de la Théorie des Ensembles: soit totalement d’un côté, soit totalement de l’autre. C’est la raison pour laquelle tous les régimes marxistes ont réprimé le Bouddhisme: la Voie du Milieu est l’antidote parfait à leur dualisme maladif. Le résultat peut être hilarant… si on leur enlève les crocs avant:
🤨Les blonds sont nazis (ma cueillette personnelle)
🙄Les enfants de militaires sont fascistes (comme moi, ha ha ha ha!)
🤷Les victimes de Lebensborn sont nazies (ma cueillette personnelle)
🙃Rechercher le bonheur est bourgeois
🤨Les femmes sont exploitées par les hommes
🤯Pour lutter contre l’exploitation des femmes par les hommes, tout le monde doit devenir homosexuel.
🤨L'hygiène est bourgeoise.
🤪Le hamas défend les Palestiniens contre les Juifs contre Israël.
🤪L'intelligence artificielle exploite les artistes (ma cueillette personnelle)
😕Prendre les mesures disciplinaires nécessaires contre les personnes non blanches est du racisme.
🙃Une statue de Bouddha est une idéologie (ma cueillette personnelle)
😛Les scouts sont très mauvais
😑Les magasins «La vie Claire» sont pétainistes
😛Seuls les Blancs sont racistes
😜En Afrique, pour combattre la (supposée) colonisation française, il faut inviter la (vraie) colonisation russe ou chinoise.
Bien sûr, les fachistes, simple inversion Yin☯Yang des gauchistes, commettent les mêmes erreurs des raisonnement que celles que l'on observe aujourd'hui dans le complotisme. J'ai eu beaucoup moins de contacts avec des fachistes, mais j'en ai rencontré quelques-uns. En bref, lorsqu'on les contredit, ils s'expriment avec l'aura autoritaire et noire des anciens prêtres fondamentalistes, ce qui nous fait l'impression d'être démoniaques. Bien sûr, les gauchistes font la même chose, mais avec une vibration brune et une condescendance qui nous font sentir égoïstes. Les fachistes adorent aussi la calomnie et les ragots, alors que les gauchistes préfèrent les accusations absurdes et infondées pour harceler les gens. Les maoïstes sont, d'une certaine manière, la kliphah intermédiaire entre celle du marxisme et celle du fachisme, de sorte qu'ils parlent comme des gauchistes avec la vibration des fachistes.
(Permalien) Ecrit en Février 2021
L’intimité des clochards et autres asociaux est-il le summum de l’ignoble? Malheureusement non: certains «gens biens», lavés, parfumés et polis, peuvent aller beaucoup plus bas.
Ainsi, pendant mon bref séjour au Foyer Saint Jean, il y avait plusieurs «filles mères», toutes «sorties de DDASS», des centres de détention pour mineurs gérés par les services étatiques de la «protection» de l’enfance. Et le résultat ne valait pas mieux que les tabliers vichy du film «Jeux Interdits»: livrées à elles-mêmes sans éducation, sans occupations, sans don d’énergie, sans espoir, sans projet, sans la moindre formation professionnelle, ces jeunes femmes sortaient de là limite idiotes, inadaptées sociales pour les plus chanceuses. Et elles étaient mises à la rue à 18 ans, avec injonction de «trouver du travail». Il courrait même des histoires où on leur donnait une «adresse pour du travail»: le bordel le plus proche. Bien sûr je n’ai jamais rencontré celles qui avaient été capturées dans ces lieux d’horreur, mais à cette époque il y a eu un scandale public d’une femme qui avait réussi à s’en échapper, pour y être ramenée de force par… la police! Un peu plus tard à Toulouse, en 1976, j’ai également rencontré deux sorties de DDASS, similairement amochées. L’une des deux avait échappé de justesse à un gang de proxénètes: elle en avait gardé un marquage sur la cuisse. Ce sont donc bien des choses qui ont existé, et qui très probablement existent encore: je n'ai jamais entendu parler de leur interdiction, ni de justice rendue aux victimes. Même pas aux enfants victimes du scandale d’Outreau!
Mais celles que j’ai rencontrées au Foyer Saint Jean étaient victimes d’un procédé encore plus pervers et ignoble que la prostitution. Si, si, c’est possible, et vous allez de ce pas voir comment: pendant leur détention, ces jeunes femmes n’avaient reçu aucune éducation sexuelle, ignorant même l’existence de l’amour et du sexe! Avec le résultat planifié: dès leur sortie à 18 ans, elles se faisaient mettre enceinte par le premier porc irresponsable venu. Le piège sadique des fonctionnaires de la DDASS se refermait alors: seules, sans ressources, ignorant tout de la société, elles devaient être à nouveau «suivies», sous menace permanente de se voir retirer l’enfant: «faites ceci, on on vous retire l’enfant» «faites pas comme ça, ou on vous retire l’enfant», littéralement comme je l’ai entendu de la bouche de l’une d’entre elles. Un chantage horrible, car ces malheureuses mères savaient très bien, pour les avoir subies elles-mêmes, les tortures qui attendaient leur enfant si elles ne se soumettaient pas à ces maîtresses sadiques: enfermés, sans activité, sans autre horizon que des murs gris et des «éducateurs» pervers ou irresponsables. Les ignobles goulags de la maltraitance infantile institutionnelle (voire «religieuse»!!!), dont j’ai eu un tout petit aperçu dans ce centre de Nancy, où j’ai passé les pires moments de ma petite enfance.
On comprend que les gens qui ont vu de telles horreurs n’aient qu’une très pauvre idée de la société qui les permet. Et le sourire insolent d’un Giscard (le guignol qui servait de «président» à l’époque) paraissait bien pour ce qu’il était: hypocrite, menteur, irresponsable, totalement coupé de la réalité. Le même barjot qui a enfermé la France dans le cauchemar du nucléaire, ou qui est à l’origine des graves malformations congénitales de l’Union Européenne.
Certains objecteront que des «inadaptées sociales» ne sont pas une source fiable pour porter des accusations aussi graves. Ou que ce sont des témoignages de seconde main. Mais je devais quelques années plus tard voir mes propres enfants victimes de ces ordures légales… et je ne suis pas inadapté social.
Je dirais plutôt qu'aucune des victimes que j'ai connues n'étaient mauvaises, ni même en colère. En réalité, ce sont leurs bourreaux haineux qui sont les inadaptés.
Une autre torture bien connue de ces salauds consiste à changer les enfants de famille d’accueil toutes les semaines, dans le but avoué de ne pas laisser les enfants nouer de lien affectif!! Imagine t-on, orphelin toutes les semaines! Avec, on s’en doute, d’épouvantables séquelles: ne jamais oser aimer, ne jamais faire confiance, de peur de la frustration. Dans un cas qui a fait l’objet d’un procès par la famille de la victime, le dossier a montré 72 retraits de parents! La volonté de briser et de faire souffrir est ici claire et délibérée, sans aucune excuse de ces ordures, ni des politiciens pourris qui les protègent. Des crimes de gravité comparable aux crimes nazis, qui valent bien Nurenberg à leurs auteurs. Même les enfants des lebensborn étaient mieux traités, avec au moins une femme qui leur servait de mère.
(Permalien) Ecrit en Aout 2019.
Mon année au Foyer Saint Jean s'est terminée comme elle avait commencé: par la «prise de pouvoir» d'un autre groupe. Je n'ai jamais compris comment ce pouvoir se transmettait, et surtout comment il pouvait se perdre. Ni comment il s'articulait avec le propriétaire des lieux (à qui nous payions pourtant un loyer). J'avais entendu que ce propriétaire était... l'évêché! Si ils avaient su, lol!
Apparemment cette prise de pouvoir était efficace, puisque Conf a été éjecté, avec ses copains gauchistes.
Mais j'avais décidé de partir avant, pour Toulouse, qui me semblait une ville bien plus agréable et lumineuse que la sale Bordeaux, ses murs d'un brun cafardeux, ses fosses d'aisance, ses toilettes à clapet et ses grands bâtiments publics construits grâce à la traite des Noirs.
Notre communauté était un échec, et j'avais déjà abandonné nos «repas autogérés», qui étaient depuis longtemps une source de disputes au lieu de vie ensemble. Je crois que à la fin ils ne les faisaient même plus.
Il y avait des types assez barjots, dont un qui me surveillait, et qui avait peint sa chambre en noir! Méfiez-vous toujours quand, dans un groupe, apparaissent soudain d’on ne sais où, sans présentations ni concertation, des mauvais ou des cinglés qui reçoivent immédiatement un statut élevé. C’est signe que votre propre statut est très bas. Récupérez discrètement vos billes et préparez une base de repli, pour une exfiltration rapide.
Mais le pire a été quand ils ont demandé à une étudiante de partir, parce qu'elle ne «participait pas»!! Une condamnation politique dans le plus pur style des purges staliniennes, contre une personne qui vivait sa vie sans enquiquiner personne. Je me souviens que de toutes les femmes de l'endroit, c'était la plus belle, et la seule qui avait l'air vraiment sympa. Elle était tellement sidérée qu'elle s'est fichue de nous au lieu d'être désolée. J'espère qu'elle a pu trouver un autre logement, sans interruption de ses études. Au même moment pourtant, le foyer tolérait la présence d'un autre type qui ne fichait rien, vivant de vols et de parasitisme. Mais il était sud-américain, donc le chasser était «du racisme»!!
Il valait décidément bien mieux que je prenne le large.
Je suis donc parti en fin d'année scolaire, redoubler ma seconde année d'IUT salement amochée par cette mauvaise ambiance et ces soirées tardives, vers Toulouse pour y chercher un autre logement. Au début de l'année scolaire suivante, je suis repassé deux ou trois fois au Foyer, où j'ai eu des nouvelles de Xavier, qui regrettait de ne plus me voir.
Cela s'est terminé qu'un jour le nouveau directeur du foyer m'a accueilli en me disant «je ne veux plus de tes problèmes». J'ignore de quoi il parlait, je ne lui avais rien demandé. Apparemment, le foyer était sorti du gauchisme, mais pas de la zone.
J'ai toutefois continué à rendre visite à un petit groupe d'anciens du foyer, qui avait déménagé à Montpellier, puis à Monestiès (près d'Albi) puis encore quelques kilomètres plus loin, à Laparrouquial. Mais là aussi, bien que j'aie finalement décidé de m'abstenir de toute proposition amoureuse, je me faisais toujours accuser de phallocrate. En plus ils laissaient un sillage de problèmes: fuites après loyer impayé, tracteur cassé car laissé dehors sans antigel, etc. Alors un jour que je suis à nouveau tombé sur leur maison fermée et abandonnée, j'en ai eu marre et je n'ai plus cherché à les retrouver. Bon, je suis tombé récemment sur une mention de la leader de ce groupe, qui vit maintenant seule pas loin de chez moi. Apparemment tout le monde l'a laissée tomber un jour ou l'autre.
Je n'ai bien sûr pas cherché à recontacter cette personne, même si je suis passé plusieurs fois dans ce village. En fait, ces gens me détestaient, ou au mieux je les ennuyais. Mais me dire ouvertement de ne pas venir les voir aurait ruiné leur image de «gens libérés». C'est je pense également la véritable raison de toutes les accusations de phallocratie que j’ai reçues: un refus simple aurait terni leur image de libération sexuelle, il leur fallait donc reporter leur «faute» sur moi.
La leader de ce groupe était la plus virulente à me traiter de phallocrate. Mais j'ai compris bien plus tard qu'elle m'avait rejeté bien avant que je lui ait fait une proposition (très indirectes d'ailleurs, une allusion). Par exemple, elle disait «attention» en cachant son haschisch alors que j'arrivais. Le principe des sociopathes est de détester d'abord, et de donner un prétexte plus tard. Sa dénonciation de la phallocratie était donc totalement pipeau: si je lui avais plu, c'est elle qui m'aurait agressé sexuellement. Comme elle l'a d'ailleurs fait à plusieurs copains.
Et en plus elle était officiellement mariée à un des membres de leur groupe! Je me souviens, ce gars faisait son service militaire. Mais lors d'une permission il... ne la trouvait pas, elle était partie coucher avec un autre type, alors que lui avait plus que jamais besoin de compagnie après la triste épreuve de l'armée.
Une chose qui m'avait semblé un détail sur le coup: la plupart de ces gens fumaient. Du chichon bien sûr, la soi-disant «drogue de la libération». Mais aussi du tabac, la drogue de la soumission au système. Ainsi, tous leurs faux-semblants et incohérences s'expliquent de cette façon: ils ne cherchaient pas à se libérer, seulement à jouer un rôle, sans essayer de se transformer réellement. Depuis, je me méfie toujours des gens qui fument du tabac, la drogue qui anihile le libre-arbitre et rend introspection comme psychoéducation impossibles. Le Poison Noir des Tibétains, qui étouffe la sensitivité aux vibrations. La drogue du système, la drogue des idéologies, du marxisme, du capitalisme, du matérialisme. C'est la raison pour laquelle ces gens sont incapables de reconnaître leurs erreurs, prisonniers qu'ils sont de leurs hallucinations névrotiques. Et pourquoi j'ai finalement décidé de ne plus jamais m'associer avec des fumeurs.
Pour le chichon, j'ai compris un peu plus tard, à Toulouse. Mais les deux à la fois, ça j'ai jamais compris. Peut-être que ce mélange contradictoire est ce qui rend bobo?
Aujourd'hui, j'ai recherché les anciens du Foyer sur Internet, facebouc, etc. le seul que j'aie retrouvé, via LinkedIn, est Miguel, à San Francisco, où il dirige une imprimerie dédiée au social et à l'écologie: Autumn Press Inc. Il a accepté mon contact, mais n’a pas répondu à mes messages. Pour les autres, tous les autres, c'est comme si la Matrice les avait annulés, n’ayant plus aucune utilité.
L'association du Foyer Saint Jean n'existe plus, mais le lieu d'hébergement existe toujours, occupé par le Foyer Jonas, dédié à l'accueil d'urgence de personnes en difficultés. J'espère qu'ils tiennent mieux l'endroit!!
Je quittais donc Bordeaux la sale pour Toulouse la rose.
Mais je n'en avais pas encore tout à fait fini avec le sordide, comme on va le voir au prochain chapitre.
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