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Voici, pour la première fois dans l'Histoire, les guerres analysées selon leur seule et unique cause: les sociopathes et autres crétins baveux, dont les manipulations mentales arrivent encore à persuader des gens normaux qu'ils doivent se tuer entre eux. Je préviens, je ne ferai pas dans la dentelle.
Il y a toutefois une importante exception que je respecterai: si autrefois l'armée et les militaires étaient considés somme intrinsèquement mauvais, par contre aujourd'hui, en accord avec l'évolution générale de la société, les armées démocratiques du 21eme siècle défendent de plus en plus la liberté et les Droits de l'Humain, et luttent de plus en plus contre les discriminations dans leur propre personnel. Peut-être là plus que partout ailleurs on voit le changement spirituel à l'oeuvre. Il serait injuste de ne pa le dire.
L'ordre n'est pas chronologique, mais plutôt selon la progression du raisonnement.
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Date de première publication: Novembre 2025
Date de derniére modification: néant
Ces textes sont un travail en cours, une entreprise de plusieurs années, aussi ils peuvent contenir des parties manquantes et des liens vers des cibles pas encore créées, je vous demande de la patience 🙂
(Permalien) Écrit en Novembre 2022
Pourquoi consacrer un fil aux guerres de mon époque?
La guerre est une maladie honteuse, une syphilis de l'esprit, qui mériterait d'être oubliée. La guerre est la plus horrible dis-réalité qui afflige ce pauvre monde, tandis que les fauteurs de guerre sont des salauds, des ordures, des pervers, des tarés, des malades sexuels, des pédophiles, des crétins arriérés. Ils ne méritent que mépris en enfermement à vie dans des cachots souterrains sans lumière (Ceci est très mesuré, on a envie d'être bien plus violent. Mais cette violence les justifierait, en quelque sorte. Qu'ils pourrissent donc en silence)
Si je parle des guerres, ce n'est certainement pas pour les glorifier, c'est au contraire pour dissiper les mensonges qui ne manqueront pas à l'avenir, distordant la mémoire de mon époque et entretenant nos descendants dans la tristesse et la haine. Déjà certaines des informations que vous trouverez ici ont disparu d'Internet, tandis que d'énormes mensonges y sont pérennisés. On a même vu une tentative de sauvegarder tous les mensonges de wikipédia sur la Lune, soit pour des millions d'années. Heureusement, ce vaisseau s'est crashé. Avec un tel poids, c'était inévitable.
Mais le plus vicieux dans la guerre est l'ambiguïté qu'elle entretient: quand nous prenons un engagement militaire, quand nous travaillons pour l'armement, quand nous payons nos impôts pour l'armée, nous ne savons pas à quoi ils vont servir: défense légitime ou agression sexuelle (si si vous avez bien lu, «sexuelle». C'est le but principal des fauteurs de guerre, et ce à quoi ils arrivent toujours, comme on va le voir).
Ambiguïté portée à son maximum quand nous nous retrouvons nous-mêmes «malgré nous», soldat esclave enrôlé de force (conscription ou service militaire), sous menace de séquestration voire d’assassinat.
Il serait toutefois faux d'assimiler mon époque aux époques passées et à leurs guerres sans but et sans esprit. Les changements radicaux de la société ont aussi touché les armées, et ils sont peut-être davantage visibles là que ailleurs. La discipline militaire sert même de discipline spirituelle! Nous le verrons avec la «méthode française», une innovation fondamentale des armées, qui, déjà quand j'écris, n'est même plus mentionnée sur Internet.
Il faut aussi rendre justice à l'Histoire. Si les années 1970 ont été celles de l'objection de conscience et du refus de la guerre, cette liberté n'a été possible que grâce au soutient unanime aux armées qui luttaient contre les nazis, dans les années 1940.
Et si les années 1950 à 1980 ont apporté leur lot de guerres insensées, par contre la Yougoslavie, la Libye et surtout l'Ukraine ramènent l'unanimité dans la légitime défense de la liberté et de la démocratie, face à des dictatures de crétins arriérés. L'Ukraine propose même une nouveauté inédite: des humains du 21eme siècle, intelligents, sensibles et civilisés, se défendant contre des barbares du passé, alcooliques, violeurs, cruels et stupides. C'est même caricatural, au point d'être devenu un sujet de vannes dans le monde entier.
Le seul point qui permet encore aux crétins de gagner, est qu’ils sont très nombreux, et pondus en masse par des femelles idiotes sans personnalité.
(Permalien) Écrit en Juin 2015.
J'ai une chance incroyable, que bien peu d'humains ont jamais eue dans l'histoire: je n'ai jamais vu de guerre. En tout cas je ne me suis jamais trouvé dans une zone de combat, même si mon pays a été plusieurs fois en guerre pendant ma vie. Bon, à 62 ans, il est encore possible que ça arrive. Touchons du bois.
La raison de cette situation est bien évidemment la démocratie et les progrès sociaux.
Pour les générations futures, cette situation pourra paraître naturelle. Elle l'est. Mais quand ils ont supprimé les contrôles aux frontières dans l'Union Européenne, on était incrédules. On pouvait passer comme ça, sans rien, alors qu'avant il fallait montrer des papiers, des justificatifs, et affronter des regards sévères comme si on était des délinquants. Les frontières étaient le lieu où l'on ressentait le plus le pouvoir absolu des gouvernements, et l'impossibilité d'y échapper: «Notre pays» était l'espace limité qu'ils nous concédaient pour notre liberté. De voir soudain cet espace multiplié par dix était tout simplement vertigineux. Mais en finale on s'y est très vite habitué. Parce que c'est comme ça que les choses auraient toujours dû être.
Ma génération a été également presque la dernière à être victime d'esclavage dans les armées (le «service militaire» obligatoire). Je n'y ai échappé que à cause de mes problèmes aux yeux. J'ai tout de même fait un an de collège militaire à Brest. Une sorte de service militaire atténué, mais qui m'a largement suffit pour comprendre. Seuls ceux qui l'ont vécu peuvent s'en rendre compte: un an de notre vie volé à ne pas être nous-mêmes, un an moqueur, homosexuel et porno juste à l'âge où l'on recherche l'amour, ça compte comme dix.
Et encore je ne me plains pas: la génération juste avant la mienne a été forcée de participer à la guerre d'Algérie, sous menace d'être séquestrés en forteresse militaire pendant des années sans savoir quand ils sortiraient. Participer aux arrestations, aux déportations de population, dans la peur des blessures, de la mort, des émasculations. Beaucoup souffraient au point d'être dépressifs. Et pour ceux qui sont revenus, un traumatisme dont il leur est encore interdit de parler cinquante ans après. Un de mes oncles maternels a été le seul survivant d'une embuscade, son dos brisé par la mine qui a explosé sous le camion qu'il conduisait, ses trente copains hachés à la mitrailleuse. Tous des «malgré nous», des soldats esclaves enrôlés de force. Un de mes oncles paternels a fait l'Indochine, et le peu qu’il osait raconter n’était pas joli.
Quand ce n'était pas la guerre, l'esclavage militaire c'était un an d'ennui, un an de vie perdu à un âge qui compte comme dix, un an d'une promiscuité trouble qui favorisait homosexualité, pornographie, misogynie et stupidité. Rien que ça valait le coup de faire l'objection de conscience pour y échapper.
(Permalien) Écrit en Juin 2015
Plus tard, dans les années 1990 et 2000, les choses ont changé. Déjà dès les années 1970 ou 80, l'armée française a fait passer des notes internes refusant que ses entraînements spéciaux (commandos) servent à des fachistes. Puis elle a développé la «méthode française»: respecter les populations, au lieu de les considérer comme des ennemis potentiels. Et elle l'a illustré en Somalie. En 1992, l'ONU a lancé l'opération «Restore Hope» pour protéger les populations des «mad max», des automitrailleuses montées par des cinglés qui terrorisaient le pays, en jouant à un film dystopique du même nom. C'était un événement historique: la première opération au nom du droit international d'ingérence humanitaire, même pas encore codifié en textes à l'époque.
Mais les américains échouent, face à une alliance raciste anti-américaine de tous les fachistes contre eux. Seuls les français arrivent à quelque chose, grâce à la fameuse «méthode française», avant que l'ONU renonce finalement à toute action, laissant le pays dans le chaos.
J'ai entendu à nouveau parler de la «méthode française» plus tard: l'armée de l'Inde, qui a succédé à la France en Somalie, en a pris de la graine, et a appliqué la méthode avec succès, pour mettre radicalement fin à divers conflits qui empoisonnaient la vie de régions entières comme le Cachemire. Non pas fin par extermination d'un des groupes, mais par réconciliation.
Bien sûr j'ai recherché des sources, pour étayer ces souvenirs. J'ai du alors constater que les médias et wikipédia ne mentionnent jamais la méthode française, ni à propos de la Somalie, ni du Cachemire. On n'en trouve même pas mention sur Internet. Je me souviens pourtant précisément de descriptions de scène où les militaires français arrivaient à neutraliser des «mad max» somaliens, de manière quasi non-violente, en tous cas sans effusion de sang. Le Cachemire, je l'ai su par des articles dans les milieux bouddhistes, ou par des contacts personnels sur place (j'ai eu un filleul à Leh, au Ladakh, au Cachemire précisément).
C'est comme cela que, même au 21eme siècle, les archives officielles sont capables de censurer un des éléments les plus importants du 20eme siècle: quiconque lira wikipédia dans cinq cent ans sera aussi démuni pour comprendre notre époque qu'en lisant la Bible pour comprendre les pharaons. Comme quoi la technologie ne change pas les esprits.
La méthode française est pourtant devenue depuis une sorte de standard pour toutes les actions d'ingérence humanitaire, à commencer par le Kosovo en 1998 (J'habitais à l'époque à Lavaur, et un train portant des blindés de la KFOR est passé juste sous ma fenêtre, venant de la caserne parachutiste de Castres). Je me souviens en ex-Yougoslavie d’une histoire d’un militaire français isolé, neutralisant quatre fachistes à coups de poings!! (Il ne risquait rien lui-même, mais il devait empêcher une radio avec un décodeur secret de tomber entre leurs mains). Désolé les gars, mais une grande gueule ne fait pas la force, seulement une plus grande section efficace pour recevoir les gnons (environ 400 yottaBarns pour un couillon moyen).
Encore récemment (Libye en 2011) les actions d'ingérence humanitaire sont fortement dénigrées par les intellectuels «de gauche» arriérés, qui y voient encore une «ingérence occidentale», prenant prétexte de la moindre erreur de tir pour dénigrer les pays qui l'utilisent (surtout les USA, cible régulière de toutes les propagandes marxistes réactionnaires). Au point que ce refus est est devenu le principal facteur de guerre et d'arriération dans le monde aujourd'hui (Refus par plusieurs gouvernements de lâches d'aider la Syrie en 2011, qui, en plus d'incroyables souffrances pour son peuple, a provoqué la prolifération de groupes de tarés exotiques).
Je conclurais qu'il faut bien plus de courage pour se propulser dans une rue d'un pays inconnu, vêtu d'un simple treillis, exposé à des tireurs hostiles, que pour mitrailler depuis un véhicule blindé (voire depuis des milliers de kilomètres, par télécommande). La méthode française n'est pas une forme d'auto-aveuglement. En fait, les engagés volontaires qui la mettent en pratique ressemblent davantage à des sortes de pompiers courageux, qu'aux détraqués sexuels tortionnaires que la France avait envoyé en Algérie seulement quelques années plus tôt.
Le monde a changé.
Des objections?
Objections de conscience? A chaque fois que j'en ai eu l'occasion, j'ai refusé toute participation à la guerre ou à l'armement. Bon, aujourd'hui, je serais plus nuancé: on ne peut pas refuser d'aider des peuples en danger. Mais je garderai toujours un scrupule: quand on prend un engagement, ou que l'on fabrique une arme, on ne sait jamais à quoi ils vont servir. Aujourd'hui, le point faible des armées qui défendent la liberté et la démocratie sont les politiciens véreux qui les commandent.
Rajouté en Décembre 2020: Cette évolution spirituelle des armées s'est aussi traduite dans de nombreux pays par l'abolition de l'esclavage militaire (dit conscription, ou service militaire). Les raisons officielles sont techniques (Les nouvelles formes de combat ne nécessitent plus d'armées nombreuses, mais au contraire des spécialistes avec de longues formations), mais je pense que c'est aussi un effet de la démilitarisation générale de la société. La seule exception est Israël, mais eux vivent sous menace permanente.
Je me souviens que à l'époque (Gouvernement Chirac, 1997. Oui, lui) cette abolition a été l'occasion d'un combat d'arrière-garde de la gauche marxiste sadomaso, qui voyait d'un mauvais oeil la formation d'une «armée antipopulaire». Certaines «féministes» ont même protesté contre l'abolition, en demandant une égalisation par le bas: service militaire pour les femmes comme pour les hommes!! En fait c'est exactement le contraire qui s'est passé, l'armée devenant une sorte d'avant-garde de la lutte contre les discriminations: racisme, sexisme, LGBT, harcèlement... A des années-lumière de mon expérience au Collège Naval en 1971. Facteur de Lorentz d'au moins 20.
(Permalien) Écrit en Octobre 2016
J'en vois qui sont étonnés de ces dates. La date de début, 1933, tout le monde sait très bien pourquoi: c'est la date où le parlement allemand a donné les pleins pouvoirs à un fou. Mais 2007???
Le truc c'est que des biens volés par les nazis sont restés tout ce temps chez des receleurs: banques, voire administrations. Et il a fallu tout ce temps pour qu'aboutissent les actions nécessaires pour mettre fin à ces vols.
Bon, j'ai voulu trouver des sources crédibles sur Internet, mais là aussi je me suis «curieusement» heurté à des pages entières d'erreurs 404, domaines périmés, comptes fermés. Même la page wikipédia était lardée d'avertissements sur son «manque de crédibilité». Aussi je m'en tiens à un souvenir personnel précis: en France, vers 1995 ou 2000, les journaux ont publié une liste de plusieurs milliers de personnes, héritières de parents assassinés par les nazis, pour que ces personnes puissent récupérer les sommes qui dormaient depuis 1940-44 dans des banques françaises ou opérant en France. J'en suis certain, j'avais même cherché quelques noms en particulier dans cette liste, au cas où. Je me rappelle précisément que ces personnes ont légitimement réclamé les intérêts sur tout ce temps, ce à quoi on leur a répondu «qu'il ne fallait pas rêver», ce qui en langage administratif signifie que les intérêts de la finance passent avant la justice et les Droits de l'Humain.
Et effectivement, aucune des banques receleuses n'a été punie, ni même inculpée. D'où la date de 2007 que je donne pour la fin effective des activités criminelles de la seconde guerre mondiale, où ont cessé les derniers recels nazis connus. Si quelqu'un n'est pas d'accord, qu'il mette les receleurs en prison et rende leur argent aux victimes, intérêts compris.
Ajouté en Juin 2022: j'ai fini par dénicher loin là-bas sur le wikipédia USA une référence à la «commission Mattéoli», entre 1997 et 2000, en charge de la restitution de ces recels. 50 ans après... Sans mention ni intérêts, ni de dépréciation de la monnaie, ni surtout de punition pour les coupables.
Ajouté en Avril 2023: Christoph Meili est un lanceur d'alerte Suisse, qui en 1997 a surpris la banque UBS en train de détruire des documents nazis prouvant que le certains de leurs coffres contenaient des biens volés lors de l'holocauste. Il est «intéressant» de noter qu'il a été harcelé par le gouvernement Suisse complice des malfrats, et que justice ait finalement été rendue aux USA.
◀️ Voir cette section, dans le fil de Saint Dizier
(Permalien) Écrit en Septembre 2016.
En 1956 et même jusqu'en 1960, des traces de la guerre étaient encore visibles. Bien sûr les bâtiments publics abîmés avaient été démolis depuis longtemps, mais les propriétaires privés n'avaient pas forcément les moyens de le faire, voire ils étaient morts et personne ne s'occupait de leurs ruines. Un des pires effets de la guerre est le chaos général de la société: reconstruction et rétablissement des circuits économiques peuvent prendre des années. Ainsi en France les restrictions alimentaires ont perduré jusqu'en 1949, et jusqu'au début des années 1960 on voyaient encore des ruines ou des constructions provisoires.
Mon souvenir le plus terrible se situe à Reims, Rue de Courcelles, dans une courée où habitait ma grand-mère et son Loulou de nouveau mari qui nous avait piqué notre vrai grand-père. Il y avait encore là, vers 1956, une maison en ruine, tas de pierres noircies et de poutres carbonisées. (Cette maison était dans cet enclos à 49°15'33.16"N, 4°1'6.99"E. La courée est immédiatement à l'est, l'entrée se trouvait Rue de Courcelles). Bien entendu on m'expliqua que c'était «la guerre», et je compris que quelque chose de monstrueux s'était passé juste quelques années avant ma naissance. Je me demandais si les habitants étaient dans leur maison quand ça s'est produit, car ils auraient été écrasés et brûlés. Dans ma tête de gosse de deux ans et demi se fit jour l'idée que la guerre est une chose noire, horrible et anormale.
Plus tard, lors de nos voyages en voiture, nous avons vu d'autres indices, comme un grand bâtiment de briques dont une section entière manquait, montrant des portes de communication condamnées.
Un autre souvenir est un pont à Vitry le François, 48°44'24"N, 4°35'31"E. Je donne un emplacement approximatif, car il y a en faits deux ponts, un sur la Marne et un sur le canal. Aujourd'hui tout est net et aucune trace ne reste, mais plusieurs années après 1956, il y avait encore un pont suspendu en béton blanc, probablement construit avant guerre. Mais le tablier avait été démoli et remplacé par une voie provisoire unique, en grosses poutres de bois, qui faisaient un bruit caractéristique quand nous roulions dessus. Pour cette raison nous l'appelions le «pont tonnerre» et applaudissions à chaque fois! Bien sûr nous ne savions pas ce que signifiait ce pont.
Des dizaines d'années après, on voyait encore de vieilles usines avec les vitres peintes en bleu. Ce n'est que récemment que j'ai su pourquoi: c'était une mesure pour protéger les villes des bombardements (en empêchant les lumières de servir de repère, la nuit).
Nous avions aussi visité le Fort de la Pompelle, près de Reims. A l'époque, il était encore tel qu'abandonné en 1918, soit un vague monticule crayeux bouleversé par quatre ans de canonnage, où seuls les sommets de quelques voûtes émergeaient de-ci de-là. J'étais horrifiés à la vision des soldats enterrés vivants sous les obus, sorte d'étrange malédiction noire. Une sensation que l'on n'a probablement plus, aujourd'hui que le fort a été restauré et les galeries dégagées, glorifiant la guerre en évitant d'évoquer les abominables souffrances qu'elle implique. Un détail curieux est que j'imaginais ces soldats en tenue bleu passé, sans savoir que c'était effectivement la couleur à l'époque.
Il y avait aussi «les américains», qui se déplaçaient par convois de camions militaires, les fameux Dodges du Débarquement, que l'on voit dans les films, et que j'ai donc vu de mes propres yeux. Ces convois étaient compacts et difficiles à doubler, mais ils allaient assez vite pour que ce ne soit pas nécessaire. Ils se distinguaient par un bruit sifflant unique pour l'époque, dû à la présence d'un turbo. Ceci, et quelques autres détails, leur donnait une aura un peu «magique», et je me rappelle que les gens parlaient des «Américains» un peu comme d'une race supérieure, et surtout beaucoup de gratitude. Et de fait, sans leur aide, on serait restés sous la coupe nazie. Une gratitude inquiète toutefois, comme avec un grand-frère imprévisible, qui tend à tirer les couvertures à lui sans penser aux autres. De fait, la présence d'une armée étrangère sur le sol français n'allait pas sans protestations, et finalement De Gaulle leur a demandé de partir. (Bon, je pense que c'était surtout la gauche communiste qui protestait, à l'époque elle était encore beaucoup inféodée à l'URSS, et on ne se méfiait pas encore tant de cette dernière: elle était encore «les Alliés» et pas encore «la guerre froide»).
Je me rappelle aussi clairement des pièces de un franc en aluminium gris terne, frappées de la honteuse francisque de pétain. J'avais même demandé à ma mère ce que signifiait cette francisque, mais elle ne m'avait pas donné de détails: à l'époque on ne parlait pas de politique aux enfants. Ces pièces sont restées en circulation des années après la guerre, et même après l'introduction du nouveau franc en 1960 elles sont restées encore un peu comme pièces de un et deux centimes. C'est que la création de nouvelles pièces coûte cher, et les symboles n'étaient pas la priorité dans un pays où tout était à reconstruire.
Cette proximité avec la guerre me mettait mal à l'aise: si c'était arrivé juste avant ma naissance, alors ça pourrait recommencer n'importe quand. Des choses comme les spectacles de torture dans les arènes romaines sont loin, on peut penser que le monde a évolué depuis, et que ça ne peut plus arriver. Mais la guerre et le nazisme étaient bien trop près pour se rassurer de cette façon.
Toutefois le fait que mon père soit militaire incitait aussi à une certaine attraction pour les militaires, et je me rappelle que j'aimais la musique rythmée des défilés. IL faut dire que c'était la seule musique que nous entendions en 1956, avant d'avoir une radio! A l'époque les défilés militaires étaient encore courants. Aujourd'hui ils seraient incongrus.
Ceci est clairement un exemple de névrose d'opinion, qui prouve bien que j'étais un enfant comme les autres, sans facultés spéciales. Il le fallait de toutes façons, car toute différence m'aurait attiré une répression impitoyable. Ce qui n'a pas pu être complètement évité, comme nous allons le voir.
◀️ Voir cette section, dans le fil de Saint Dizier
(Permalien) Écrit en Janvier 2017
La Corée, envahie par les fachistes pendant la seconde guerre mondiale, a été libérée conjointement par les Américains, depuis le sud, et par les Soviétiques, depuis le nord. Les deux ne pouvant s’entendre pour rétablir un gouvernement coréen, ils ont créé chacun le leur, d’où la division du pays en deux, selon le 38eme parallèle, la ligne de rencontre des anciens alliés.
D'après wikipédia (Janvier 2017, puisqu'il faut dater la «vérité» d'après wikipédia), en 1950 le Nord a attaqué le Sud, suite à quoi l'ONU a décidé la résolution 83 autorisant une assistance militaire au Sud, pour repousser le Nord. Une vingtaine de pays ont donc répondu pour défendre le Sud.
La «vérité» d'après les médias est que la guerre de Corée a résulté d'une agression impérialiste américaine tentant d'envahir le Nord.
Comment peut-on avoir dans des lieux publics connus des versions aussi différentes du même événement? Pour comprendre, il faut examiner les choses plus en détails. Il est facile de vérifier l’existence de la résolution 83 de l'ONU. Une vingtaine de pays y ont répondu, ce qui a permis de débarrasser rapidement les plaines du Sud des chars soviétiques qui les avaient envahies. Toutefois libérer le Nord montagneux était beaucoup plus compliqué, et des toutes façons au-delà du mandat de l'ONU. Ce qui pourrait expliquer que seuls les Américains aient persévéré à ce stade. Ils auraient pu arriver à libérer le Nord, mais ils se sont heurtés à l’arrivée d'excellents avions soviétiques, et de masses de soldats chinois, sur un terrain très difficile, résultant en un blocage de la situation.
La principale conclusion utile que je vois est l'incroyable capacité de la propagande marxiste à déformer les faits, et à transformer une légitime défense par l'ONU en une agression américaine, aux yeux des générations futures. Il leur suffit juste de ne «pas mentionner» l’agression soviétique préliminaire, ni la résolution 83, et de ne parler que des actions des Américains. Et ces derniers, avec leur habituelle naïveté politique, sociale et spirituelle, se sont très facilement prêtés à ce jeu, faisant exactement ce que les manipulateurs attendaient d'eux, sans voir le piège ni les conséquences pour leur réputation.
(Permalien) Écrit en Juin 2023
Le but de ces pages n'est pas de raconter les péripéties de cette guerre, mais d'en comprendre les enjeux sociaux et culturels. Aussi je rappelle très brièvement que le Vietnam était une colonie Française (On disait «l'Indochine»), qui a chassé la France après un combat terrible et sanglant, la «Guerre d'Indochine» (où un de mes oncles a été forcé de combattre). Peu de gens sauraient expliquer les détails, mais apparemment les choses ont évolué de manière similaire à la Corée: on s'est retrouvé avec un Sud Vietnam mi-facho mi-démocratique, aidé et occupé par les USA, et le Nord Vietnam, bizuté et occupé par le Vietcong, un culte sadomasochiste de la mort soutenu massivement par la Chine mao-fachiste et par les Soviétiques. Comme plusieurs autres guerres des USA, elle s'est terminé par le retrait de l'armée américaine, sans victoire apparente. Il n'a alors pas fallu longtemps pour que le Vietcong envahisse le Sud faible et isolé, et réunifie le pays sous le nom de Vietnam.
Présenté ainsi, tous les torts vont à la France et aux USA. Je dis pourtant que le Vietnam a perdu la guerre, et que les torts de cette défaite vont principalement au Vietcong. Pourquoi? Parce que ce groupe fachiste a imposé un régime dictatorial, persécutant les Vietnamiens et maintenant le pays dans la pauvreté et l'isolation économique. Si le Vietnam était resté sous occupation américaine, les choses se seraient probablement passées comme en Corée du Sud ou au Japon: les Américains se sont retirés d'eux-mêmes, et ces pays sont devenus riches et démocratiques. Mais ça, le vietcong ne le voulait pas: comme tous les sociopathes, ils préfèrent tout détruire que d'accepter un bien qui ne vient pas d'eux.
Pourquoi alors les gens considèrent-ils que le Vietnam s'est «libéré» des Américains? Là aussi il faut y voir l'influence délétère de la propagande marxiste, inconsciemment relayée par les médias et des «penseurs indépendants» d’une gauche ignorante. En effet, même si ces gens n'étaient pas des marxistes eux-mêmes (et même pas des «agents soviétiques»), ils tombaient tous allègrement au piège des erreurs de logique et des manipulations mentales du marxisme: le dualisme, ou pensée binaire, qui classe les gens en intrinsèquement bons ou irrémédiablement mauvais. Ou encore le principe sociopathique de faire porter les torts aux victimes. Ainsi la propagande de guerre marxiste trouvait-elle un écho disproportionné à travers nos médias, «penseurs» et politiciens, bien au-delà de l'influence des vrais agents soviétiques ou des petits cercles gauchistes (ultra-minoritaires aux USA). Il suffisait de faire le parallèle entre la guerre du Vietnam et les guerres coloniales, sans mentionner que les Vietnamiens subissaient la dictature et les atrocités du vietcong, au lieu de le soutenir. La preuve en est que, après la défaite du Vietnam, des milliers de «boat people» ont du fuir au péril de leur vie, dont un grand maître spirituel comme Thich Nhât Hanh, menacé dans son propre pays pour enseigner méditation et charité. Le vietcong fachiste/marxiste ne s'est pas trompé: une conscience claire est la façon la plus efficace de dissiper les erreurs de pensée du marxisme. C'est la vraie raison de leur peur de la spiritualité.
On a beaucoup idéalisé le mouvement pacifiste américain, dans les années 1967-68, comme un authentique mouvement de jeunesse, une sincère aspiration à la paix, face à la guerre du Vietnam qu’on les obligeait à faire. Même aujourd’hui, peu osent contredire cette vue. Il suffit «juste» de passer sous silence ce que les Vietnamiens ont enduré depuis (j’en ai rencontré plusieurs, réfugiés en France), et la faillite totale du gouvernement vietcong à assurer bonheur et prospérité aux Vietnamiens, n’en faisant qu’un satellite de la dictature chinoise. Quant au mouvement pacifiste Américain, on n'y discerne que trop bien l’influence marxiste, et la vision Américanocentriste qui afflige trop souvent ce pays, y compris dans les milieux progressistes ou contestataires.
Toutefois, malgré cette débauche de moyens, les minables manipulations des marxistes se sont finalement retournées contre eux, en créant un mouvement universel et non-partisan: ceux qui ont fait le mouvement étaient sincères, leur mouvement était authentique, il appartient bien aux Américains eux-mêmes, et il a été le premier dans le monde à atteindre une telle ampleur: un refus viscéral de la guerre elle-même, par des jeunes bien placés pour protester, puisqu'ils étaient souvent forcés de la faire sous menace de prison ou pire. Pendant plus de dix ans l'esclavage militaire a été la terreur des jeunes américains, à l'époque des Hippies, de l'amour libre et de la liberté, à l'âge où l'on sort de l'enfance pour chercher l'amour et construire sa vie. C'est essentiellement pour ce mouvement pacifiste vibrant que l'on se souvient de la guerre du Vietnam aujourd'hui, bien au-delà des misérables délires marxistes.
L'époque de la guerre du Vietnam a aussi certainement été l'apogée de la propagande anti-Américaine. Cependant, les sentiments anti-Américain et anti-«ouest» sont encore très fort aujourd'hui, même après la fin du communisme. Comme souvent, le mensonge continue, même si on ne se rappelle plus qui l'a créé ni dans quel but. A l'époque, la Russie communiste voyait logiquement les Etats Unis, chantres du capitalisme, comme l'ennemi numéro 1. (A la limite ils faisaient même un contrepoids bienvenu à l’arrogance du capitalisme, et beaucoup espéraient secrètement qu’ils arrivent à nous en débarrasser.) Mais aujourd’hui, dans la Russie corompue de poutine ou dans le royaume absolutiste de xí jìnpíng, cette revendication n'a plus aucun sens: ils ne font que mal imiter les USA. Pourtant la haine demeure, comme pure racisme anti-Blancs, ou comme jalousie contre un pays qui a bien mieux réussi qu’eux.
On retrouve donc logiquement des expressions comme «l'Ouest» ou «l'Occident» dans les discours poutineux ou du gouvernement Chinois, mais surtout pas «la communauté Internationale»: ils ne savent que trop bien qu’ils ne font pas partie de cette «communauté», ha ha ha!
Le gros problème est que l'on voit exactement les mêmes termes racistes dans nos propres médias, qui font de n'importe quel problème dans le monde une lutte de libération contre le méchant «Ouest»! Sans apparemment réaliser que eux aussi sont «l'Occident». Ainsi, si vous voyez n'importe quel média employer ces expressions, fermez-le immédiatement: ils présentent une version biaisée du monde, induisant la haine entre les peuples. L'anti-américanisme est aujourd'hui essentiellement le fait des médias. Si occupés à semer la haine qu'ils ne voient pas qu'ils en sont aussi la cible.
Le faux pacifisme et vrai anti-Américanisme ressurgit aujourd'hui, à chaque fois que des méchants se font corriger par la communauté internationale. On l'a vu à propos de la guerre en Libye, qui, rappelons-le, a été une opération internationale ordonnée par l'ONU, pour empêcher le dictateur kadhafi de massacrer sa propre population à Benghazi. On entendait pourtant de faux pacifistes bêler que «les bombes tuent des bébés», sans préciser bien sûr que l'absence des dites bombes en aurait tué bien plus. A moins que les chars de kadhafi aient été conduits par des bébés?
Qui plus est, les armements utilisés en Libye étaient bien plus précis que dans toute les guerres précédentes: il y a eu très peu de victimes collatérales. On a même eu des «comités d'éthique» adjoints aux postes de commandement, qui ont parfois bloqué des opérations! Une innovation qui bouleverse des millénaires de pensée militaire! Mais ces comités étaient finalement assez logiques, pour une guerre visant à protéger les civils. De toutes façons, dans une situation de légitime défense, les victimes accidentelles sont la responsabilité de l'agresseur.
Lors de la guerre en Ukraine (écrit en Juillet 2023) soudain par miracle les bombes de poutine sur les HLMs Ukrainiens ne tuent plus les bébés. Même pas quand elles visent des maternités! Cette guerre a vu le retour d'un faux pacifisme larmoyant, cette fois par des «personnalités» cherchant à centrer l'attention sur leurs égos, en se posant comme «négociateurs». Avec à chaque fois la même proposition Munichoise: arrêter le conflit immédiatement, quitte à accepter les pertes territoriales de l'Ukraine. Le raisonnement est à chaque fois le même: mettre en avant l'arrêt immédiat des pertes de vie humaines, tout en cachant soigneusement les pertes bien plus grandes que cette attitude entraînerait dans l'avenir...
En effet, tout le monde sait très bien aujourd'hui que faire des concessions à un harceleur ou à un sociopathe aboutit toujours à des pertes bien plus élevées, plus tard. Tout le monde sait très bien que si l'Ukraine cessait le feu, alors poutine saisirait l'occasion pour se refaire une armée, et attaquer encore plus fort, plus tard: Finlande, Pologne, Pays Baltes, Turquie, Kazachstan, Mongolie, Japon... Avec à chaque fois ses copains bêlant qu'il ne faut pas se défendre. Sans compter la souffrance des habitants du Donbass et des enfants enlevés (de 600 à 20000 selon les estimations)
Il est tout de même réconfortant de constater que, même si le soutient à l'Ukraine ne prends pas la forme «Hippie» des années 1970, on a tout de même un soutient populaire et étatique dans le monde entier, d'une amplitude inégalée dans l'Histoire. Une preuve, lors de la fête nationale des USA, le 4 Juillet 2023, dans le défilé populaire il y avait plus de drapeaux Ukrainiens que Américains!! J'en ai vu aussi pas mal en France, et même dans les mondes virtuels.
Qui plus est, loin d'être l'exclusivité d'une gauche contestataire ou d'une élite intellectuelle, ce soutient est le fait de toutes les classes sociales, de toutes les orientations politiques (sauf bien sûr des extrémistes. En France le front national financé par poutine serre les fesses). Des dizaines de pays envoient des armements, et même des particuliers se cotisent pour acheter qui un char, qui un drone. Ceux qui ne veulent pas toucher aux armes envoient de l'aide humanitaire, également fort bienvenue, ou bien ils hébergent des réfugiés. Mon chapeau va au Turkménistan, qui a offert des camions de... transformateurs électriques, annulant ainsi la campagne poutineuse de destruction des infrastructures civiles.
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(Permalien) Écrit en Octobre 2016.
Je n'ai pris que tardivement conscience que nous étions en guerre avec l'Algérie. En toute rigueur, je ne me rappelle ni quand ni comment je l'ai su. Mais à onze ans (1964), quand nous y sommes allés, je savais que cette guerre s'était terminé juste avant. Et je savais aussi que la France était en tort, pour avoir appris à l'école Jean Moulin que la France avait eu raison de chasser les envahisseurs en 1944.
Oui, le truc classique d’apprendre le bien aux enfants, tout en faisant le mal. Tout ce que l’on y gagne est une génération qui ne fait pas confiance au système, la génération de Mai 1968 et des communautés.
La raison pour laquelle ma mémoire n'a pas enregistré un fait de cette importance tient probablement à ce que, à l'époque, les jeunes enfants étaient tenus à l'écart de la politique. Le seul accès que nous avions était «les informations» à la radio, et d'une manière générale nous les enfants n'y comprenions rien, ou ne les écoutions carrément pas. «Les infos» étaient une de ces choses angoissantes réservées aux adultes, comme les drogues (tabac et alcool à l'époque), ou Papa et Maman quand ils étaient seuls dans leur chambre, en nous faisait clairement comprendre qu'on avait pas intérêt à y aller à ce moment.
Ainsi je n'ai aucune anecdote personnelle à raconter sur cette guerre. C'est plus tard, par ma mère, que j'ai su que à plusieurs reprises la base aérienne de Saint Dizier avait été mise en alerte, et tout le personnel consigné pendant plusieurs jours, y compris mon père, dans la grande angoisse des femmes. Ces choses ont culminé avec la tentative de coup d'état sociopathique de salan et son terrible OAS, où pratiquement toutes les troupes ont été mises en alerte. Je me souviens avoir entendu ces noms à la radio, ou de les avoir vu écrits sur les murs, sans savoir ce qu'ils signifiaient. En faits, nous ne sommes pas passés loin d'un retour au fachisme ces jours-là. Et les seuls à nous en avoir protégés ont été l’armée, qui a refusé de suivre salan, malgré l'humiliation du retrait d'Algérie. Et De Gaulle, qui, a cette occasion, a du risquer sa personne, en allant parler à des officiers et militaires potentiellement hostiles, dont certains avaient juste tenté de l'assassiner (attentat du Petit Clamar). En plus il était facile à repérer: sa tête dépassait toutes les autres, dans une mer de képis.
J'ai aussi su plus tard par ma mère qu'un de mes oncles a été le seul survivant d'une embuscade, plusieurs vertèbres brisées par l'explosion d'une mine sous le camion qu'il conduisait, ses trente copains hachés à la mitrailleuse. Tous des «malgré nous», des soldats esclaves enrôlés de force... envoyés sciemment en zone dangereuse pour que des sommités puissent passer en sécurité une heure plus tard. Profitez de cette petite fenêtre ouverte sur le vrai monde... vous ne trouverez pas ce genre de trucs sur wikipédia. (en toute rigueur, cet épisode est assez connu, je l'ai vu mentionner plusieurs fois, mais pas la raison cachée)
Toutefois je connaissais l'Algérie par Tout L'univers, et les choses se sont naturellement mises en place dans ma tête dès que j'ai été plus informé des événements en cours: l'Algérie n'était clairement pas la France. Ce n'est toutefois que à l'âge adulte que j'ai appris toutes les tortures et atrocités commises par les deux côtés (les sources de droite signalant les atrocités algériennes, et les sources de gauche les atrocités françaises. «Gauche» signifiant qu'ils méritent des claques sur la joue gauche, et «droite» sur la joue droite. Attachez-les deux par deux pour le traitement, ça ira plus vite).
Ce qui me gêne aujourd'hui est le silence complice sur ces atrocités, crimes de guerre et génocide (déporter des villages dans des zones désertes sans ressources équivaut à un génocide). Ainsi, en France comme en Algérie, nos enfants côtoient dans la rue des assassins, des tortionnaires et des violeurs impunis. Ce lâche consensus de n'en dénoncer aucun, et le blocage de toute publication et enquête pendant cinquante ans, équivalent à une complicité, par tous les lâches qui savent et qui se sont tus pendant tout ce temps.
D'où l'intérêt de sites comme wikileaks pour dénoncer tous ces salauds. Malheureusement wikileaks s'est trèèès vite fait piéger par l'attrait du pouvoir, utilisant leurs informations pour peser dans les campagnes électorales (Dénigrement contre Hilary Clinton, Etats Unis 2016. Une imbécilité dont on connaît le coût), souvent dans le plus total mépris de l'anonymat des victimes. Ainsi le simple citoyen lambda, expulsé, spolié, violé, mutilé, torturé, déporté, pédophilé, n'a toujours aujourd'hui que ses yeux pour pleurer.
Et de là aussi mon affirmation comme quoi la guerre n'a jamais eu une seule motivation politique: c'est un pur amusement sadique, des sortes de «vacances» que les sociopathes s'accordent de temps en temps pour échapper à la pression de la société normale. Si cela n'était pas vrai, alors personne ne les couvrirait une fois la paix revenue: tous les coupables seraient mis en prison ou en hôpital psychiatrique. Si quelqu'un pense que j'ai tort, qu'il publie les listes.
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(Permalien) Écrit vers 2022.
La guerre d’Algérie n’est pas arrivée ex-nihilo. Elle a fait suite à des siècles de piraterie barbaresque, basée à Alger, vers les côtes européennes. De dizaines de milliers à plusieurs millions de villageois vivant le long des côtes, de l'Italie à la Norvège, ont été enlevés et se sont retrouvés esclaves en Algérie, dans des conditions aussi mauvaises que les Noirs en Amérique. C’est officiellement pour mettre fin à cet état de fait déplorable que la France a finalement conquis l’Algérie, même si on soupçonne une motivation surtout coloniale. Cette conquête s’est toutefois accompagnées d’atrocités (Les «enfumades»: des villages entiers de civils innocents enfumés dans les grottes où ils cherchaient refuge) et la trahison envers Abd El Kader, emprisonné alors qu’on lui avait promis la liberté si il se rendait. (Oui on entend toujours ce nom dans l’Histoire de France, mais jamais les enfumades ni la promesse non tenue) (Jamais non plus de Lalla Fatma N'Soumer, lol, pourtant l’exact équivalent d’une Jeanne d’Arc Algérienne boutant les François hors d’Algérie. Ainsi même en France en 2023 l’Histoire officielle reste celle des vaincoeurs, n’est-ce pas?)
La colonisation qui a suivi ne valait donc guère mieux que l’époque barbaresque, les Algériens étant considérés comme des citoyens de seconde zone, méprisés et tenus à l’écart du progrès et de la richesse que la France était sensée leur apporter, j'ai personnellement vu cette mentalité encore en 1964. A l’époque, les Algériens de souche étaient officiellement appelés «Musulmans», afin de ne pas faire allusion au fait qu’ils n’étaient pas considérés comme des citoyens français, et donc dépourvus des droits correspondants! Les Algériens avaient pourtant aidé la France, ils ont nourri la Révolution, et ils se sont sacrifiés lors de la seconde guerre mondiale. Mais ils n’ont jamais été remerciés (voir le film «indigènes»). La seconde guerre mondiale a aussi vu l’utilisation de réfugiés espagnols comme esclaves, pour construire les voies de chemin de fer au sud de Béchar. J’ai vu ces voies quand j’y étais, de Béchar à Abadla. Elles n’ont jamais servi, coupées dès la première crue des oueds locaux. Elles ont été démontées depuis, seuls restent les ballasts, et encore des sections entières ont été balayées par les multiples oueds sur le trajet, parfois sur des centaines de mètres. Pour finir, l'Oued Guir s'est avéré infranchissable, j'ai vu cet endroit plusieurs fois, il fallait traverser sur une piste refaite à chaque crue. Aujourd'hui, le barrage de Djorf Torba régule le Guir, mais il se remplit rapidement de sable, de sorte que son effet sera bientôt annulé.
L’Histoire et wikipédia disent que la guerre d’Algérie avait pour but de libérer l’Algérie de l’occupation française. Je dis que c’est faux: le véritable but du Front de Libération Nationale était d’organiser des activités sadomasochistes, y compris contre les Algériens. L’indépendance n’étant que la storyline de ce jeu de rôles. Pour preuve, le Maroc et la Tunisie avaient accédé à l’indépendance peu de temps avant, sans violence. C’était donc possible en Algérie, sans la «nécessité» des jeux sadomasos. Ces derniers sont donc bien un choix, et leur propre justification. La situation d’occupation donnait seulement la storyline pour organiser leurs scènes, selon le roleplay marxiste qui permettait de récupérer les frustrations des Algériens, de recevoir une aide aveugle et inconditionnelle de l’URSS, et surtout de jouer à accuser n’importe quel innocent de complicité. Et il y a une preuve implacable de ce que j'avance: avant même de tuer le premier soldat Français, le FLN avait assassiné tous les penseurs démocrates d'Algérie. C’est donc bien le malheur des Algériens qu’ils voulaient, pas leur liberté.
Côté français, les sociopathes ont immédiatement joué le jeu, renchérissant sur la torture sadique et les meurtres, avec tout ce que la France comptait de racailles mal purgées du pétainisme, dans l’armée (salan, massu, bigeard, etc.) la police (l’inénarrable papon) et la politique, avec des Tartuffes comme Mitterrand, qui a osé se présenter comme «socialiste» après avoir géré les «affaires intérieures»: déportation de milliers de civils pendant la guerre, beaucoup étant morts de faim dans le désert. Et il est clair que tous ces gens n’étaient pas SSC (Raisonnable, Sûr, Consensuel, les bases éthiques des jeux sadomasochistes entre adultes consentants), ce qui les place parmi les pires criminels, du genre à ne jamais laisser ressortir de leurs cachots. Tous des gens qui font honte à la France, surtout quand le sujet est évoqué à l’étranger. Mais si le sujet vient dans la discussion avec des étrangers, je dis bien fort que même en temps que français, je refuse de porter cette honte personnellement.
Et encore je ne me plains pas: la génération juste avant la mienne a été forcée de participer à la guerre d'Algérie, sous menace d'être séquestrés en forteresse militaire pendant des années sans savoir quand ils sortiraient. Participer aux arrestations, aux déportations de population, dans la peur des blessures, de la mort, des émasculations. Beaucoup souffraient au point d'être dépressifs. Et pour ceux qui sont revenus, un traumatisme dont il leur est encore interdit de parler cinquante ans après. Un de mes oncles maternels a été le seul survivant d'une embuscade, son dos brisé par la mine qui a explosé sous le camion qu'il conduisait, ses trente copains hachés à la mitrailleuse. Tous des «malgré nous», des soldats esclaves enrôlés de force.
Il faut comprendre que la génération des français soldats esclaves en Algérie sont nés pendant l'occupation nazie, qu'ils ont connu les privations, et ont entendu pendant toute leur adolescence la glorification éducative de la Résistance et des Alliés, et la honte du nazisme (comme je l'ai moi-même entendu à l'époque, à l'école «Jean Moulin»!). Le problème auquel ils ont été confrontés est qu'on leur demandait de faire la même chose que les nazis! D'où une honte dont peu osent parler encore aujourd'hui. Pire, les gens de cette génération n'avaient aucune pensée politique ou sociale où placer ce sentiment, et étoffer un refus. Des mouvements comme Action Non Violente ou l'Arche de Lanza del Vasto ont bien tenté d'organiser une objection de conscience politiquement neutre, mais ils étaient bien trop peu nombreux. Les marxistes se sont bien opposés à cette guerre coloniale, mais les marxistes véritablement prêts à payer de leur personne (séquestrés en forteresse pour une durée indéterminée) sont finalement bien moins nombreux qu'à la manif.
Ce n'est que après la fin de la Guerre d'Algérie que De Gaulle a accordé le droit à l'objection de conscience, libérant les soldats esclaves du danger d'être envoyés dans quelque guerre injuste. Un tel droit ne semble pas s'appliquer aux engagés volontaires. Il est pourtant apparu, dans les années 2010, lors d'exécution de missions d'assistances militaires en Afrique du Nord, un droit pour les engagés de ne pas exécuter un ordre, si ils jugent que cet ordre constitue une exaction ou une violation des droits de l'Homme! Il est clair que la page «Guerre d'Algérie» a bien été tournée.
Quand je suis allé en Algérie en 1964, soit deux ans après la fin des hostilités, j'ai trouvé un pays pauvre, mais en cours de reconstruction rapide. Bien sûr avec l'argent du pétrole et du gaz, le FLN pouvait administrer le pays avec beaucoup de largesse. Toutefois on leur a souvent reproché d'avoir construit une «économie rentière», basée sur les revenus de l'exportation de pétrole, sans avoir vraiment créé un tissus industriel comme celui qui fait l'énorme force de l'Europe et des USA. D'où le ressentiment des Algériens, qui ont l'impression d'avoir été frustré de quelque chose. Et même aujourd'hui encore en 2022 ils sentent ne pas vraiment contrôler leur pays. Plus les divisions avec les pays voisins, Maroc et Tunisie, entretenues par le gouvernement Algérien, alors que me Maghreb est manifestement une unité culturelle et économique, appelant au minimum à une union constructive.
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Voici mon expérience personnelle de l'immédiat après guerre en Algérie. Mais vous me direz, cela ne parle pas de guerre. C'est ce qui est remarquable: ce sous-chapitre se passe seulement deux ans après l'atroce guerre d'Algérie.
(Permalien) Écrit en Décembre 2016.
Ces trois années passées en Algérie restent parmi les plus belles de ma vie, et un souvenir ému. La principale raison bien sûr est que l'Algérie est un pays gai et ensoleillé, d'une beauté fantastique. Le Sahara a longtemps hanté mes rêves, et plus j'allais vers le sud, plus le paysage était étrange et violacé. Aujourd'hui encore je rêve de pouvoir retourner à Béchar. Je ne retrouverais probablement pas tout ce que j'y avait connu à l'époque, mais je pourrais visiter tout un tas d'endroits magnifiques ou étranges du désert environnant, dont la frousse de mon père nous avait privés, comme par exemple l'étrange Djebel Oreid, où l'on s'attendrait à voir surgir un djinn des Mille et Une Nuits. En tous cas j'ai tout exploré avec Google Earth, à plus de cent kilomètres à la ronde!
L'autre point remarquable est que je n'ai reçu que peu de moqueries de mes camarades de lycée en Algérie (Presque tous français, car nous vivions à part des Algériens). Ces attitudes sociopathiques étaient presque absentes, me permettant d'avoir normalement des copains et des activités de groupe, toutes choses dont j'ai été privé dans les années précédentes à Saint Dizier et dans les années suivantes à Mont de Marsan, où j'étais la cible régulières d'attitudes sociopathiques anormales ruinant toute vie collective.
Je ne saurais pas dire pourquoi les choses se sont passées ainsi à Béchar spécialement. Etait-ce notre situation dans une sorte de ghetto doré, dans un pays en théorie hostile? Je ne le pense pas. Il y avait certes du racisme et une défiance envers les Algériens, mais à l'encontre de tous les avertissements, les choses se sont toujours bien passées avec eux. Je trouve même fantastique que des gens à qui on venait juste de faire une guerre atroce ne nous en voulaient finalement pas: l'hospitalité et la gentillesse Arabes avaient immédiatement repris le dessus.
Une autre explication serait que les adultes acceptant de venir travailler en Algérie à cette époque subissaient une sélection positive. Cela pourrait être vrai pour les professeurs du lycée, qui étaient volontaires, ou coopérants techniques, et donc déjà altruistes ou disposés à aider le Tiers Monde. Toutefois la plupart de mes camarades étaient des fils de militaire. Je ne pense pas que les fils de militaires soient spécialement meilleurs que les autres, au contraire ma pire expérience de perversité sociale a été avec eux (Au Collège Naval, à Brest).
Une autre explication serait que les sociopathes ne s'en prenaient pas aux autres français, qu'ils auraient considéré comme «amis», car ils se seraient vu un «ennemi» commun, les Algériens. Je ne pense pas non plus que ce soit la bonne explication: les sociopathes ont des tics de comportement très reconnaissables, même quand ils se veulent nos amis. Ces tics étant inconscients, ils ont du mal à les cacher. Même aujourd'hui que je connais ces tics, mes souvenirs ne m'en montrent pas. Même le racisme était peu visible dans notre vie ordinaire. De plus, certains d'entre nous avaient des relations avec les Algériens, de par leur situation de coopérants techniques. Par exemple un de mes frères s'était fait un copain du fils du directeur de la centrale électrique, dont les employés étaient Algériens. J'ai visité une fois ce lieu, qui existe toujours aujourd’hui (2025), un étonnant jardin au milieu d'une sombre usine style années 1930: 31°35'2.91"N, 2°13'54.97"O. Nous-mêmes avons plusieurs fois interagi avec des Algériens: commerçants, restaurants, marchands ambulants, etc. et là aussi les choses se sont toujours bien passées. Ceux qui n'aimaient pas les Algériens n'osaient de toutes façons pas en faire état présent eux, du fait du rapport de force très défavorable: à Béchar, les immigrés, c'était nous, ha ha ha!
En fait je n'ai pas d'explication: il n'y avait tout simplement pas de sociopathie organisée à Béchar, ni parmi les enfants français, ni parmi les adultes, ni parmi les algériens que nous avons rencontrés. Il y a eu certes des incidents individuels, mais ils restaient isolés, sans pourrir l'ambiance générale.
Ajouté en Octobre 2021: En fait, si, il y a une chose qui se corrèle très bien avec les moqueries et autres comportement anormaux: l’absence de filles. Apparemment les sociopathes et autres malades trouvent dans les filles leurs «inférieurs naturels», et donc ils n’éprouveraient pas le besoin d’inférioriser d’autres hommes. Mais si il n’y a pas de filles, alors leur compulsion maladive à inférioriser quelqu’un les pousse à «féminiser» des hommes sélectionnés. Ce qui est remarquable est qu’ils choisissent tous instantanément les mêmes cibles, parfois en une fraction de seconde. Ce qui pointe à des indices significatifs pour eux, mais auxquels les gens normaux n’accordent pas d’importance, voire qu'ils ne remarquent même pas. Je parle davantage de ces maladies à propos du Lycée Victor Duruy. A Béchar, il y avait des filles, bien que à l’époque je n’y prêtais pas plus attention qu’aux copains masculins.
Ajouté en Novembre 2025: une autre cause bien connue est la complaisance des autorités en charge de maintenir la paix sociale. Soit qu'ils sont d'accord avec les sociopathes, soit qu'ils sont des lâches, soit ils pensent simplement que ces désordres sont normaux.
Je ne suis pas du tout le seul à garder un souvenir ému de Béchar. Recherchez «Colomb-Béchar» sur youtube, il y a plein de vidéos nostalgiques, montrant comment c'était quand j'y suis allé.
Ainsi ces trois années normales font-elles une clairière de lumière, entre les mornes années de Saint Dizier du passé, et les sombres années de Mont de Marsan l’arriérée. Ceci dit, je ne retrouverai fort probablement pas cette ambiance si je retournais à Béchar aujourd'hui. De plus les Algériens ont violé plusieurs des paysages fantastiques qui m'avaient enchanté, et que personne ne reverra donc jamais plus.
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(Permalien) Écrit en Octobre 2016
Vous allez probablement être étonnés en lisant ce sous-titre: l'histoire officielle ne mentionne pas de guerre nucléaire à ces dates. Il y en a pourtant bien eu des morts. En effet, ce qui s'est passé est tout aussi grave qu'une guerre déclarée: la radioactivité totale répandue dans la biosphère par tous les «tests» de bombes nucléaires dépasse largement celle de Tchernobyl et Fukujima, et équivaut à celle d'un «échange nucléaire limité» tels que l'envisageaient les faucons (les vrais cons) de la guerre froide dans les années 1950-60.
Donc, même si aucun de ces «tests» n'a visé directement une ville, le nombre de morts (par irradiation) est sensiblement le même. En effet, si on comptabilise les morts de Hiroshima et Nagasaki, seuls une minorité sont morts des effets thermiques ou mécaniques de la bombe: les autres sont morts de la radioactivité, et continuent à mourir aujourd'hui de maladies génétiques. Bon, la plupart ont reçu de fortes doses. Mais il faut savoir que la radioactivité ne se «dissipe» pas: si on la disperse sur un territoire mille fois plus grand, une personne donnée en reçoit mille fois moins, et a donc une probabilité mille fois plus faible d'en mourir. Mais comme il y a mille fois plus de gens sur ce territoire mille fois plus grand, le nombre total de morts reste le même! Juste qu'ils sont plus difficiles à prouver statistiquement. C'est le principe bien connu des «seuils acceptables» d'irradiation des personnes, largement utilisés pour cacher les effets du nucléaire: quand les morts deviennent trop difficiles à prouver. Ainsi le nombre total de morts de Hiroshima est-il très supérieur aux chiffres officiels, mais difficile à calculer. C'est ce que les spécialistes appellent l'hormésis nucléaire: au dessous d'un certain seuil de radioactivité, les coupables sont immunisés contre les poursuites judiciaires. Bon, au-dessus aussi, on a remarqué depuis.
Ce sont ces morts supplémentaires, non comptabilisés, que les «tests» nucléaires ont tué. A vue de nez, entre des dizaines de milliers et des millions, de cancer et de leucémie, plus les malformations congénitales et les mutations génétiques affectant les populations futures en nombre indéterminé mais immense. Donc que ces «tests» n'aient pas visé directement des villes ne leur retire pas leur qualification de crimes contre l'Humanité, visant indistinctement des populations civiles. Je dirais même que, sans guerre officiellement déclarée, ils n’ont même pas l’excuse d’être des «faits de guerre»: ce sont des crimes tout court, des crimes crapuleux, insensés, exactement comme un tueur en série qui s'amuserait à tirer sur des gens au hasard.
De plus certains tests, Starfish et K, étaient des écocides délibérés, visant à perturber l'ionosphère et les ceintures de Van Allen. Ces «petits» tests ont déjà eu des effets graves sur les réseaux électriques (Hawaï) et les satellites (Telstar). De grands «tests» pourraient faire sauter tous les circuits électriques et électroniques du monde, nous renvoyant au Moyen Age.
Le plus remarquable dans l'affaire est que chaque test a tué (et continue à tuer) indistinctement dans tous les pays du monde, y compris ceux qui les ont effectués, annulant toutes leurs pseudo-justifications politiques, ne laissant, bien visibles par contraste, que leurs vrais motifs d'amusement sadique sociopathique.
Un souvenir précis que j'ai de cette ambiance de guerre est une brochure «savoir pour vivre», publié par la protection civile en France, dans les années 1960, bicolore noir et orange, qui décrivait toutes les mesures à prendre en cas de guerre nucléaire: avoir des stocks de conserves, «nettoyer» les rues à l'eau, peindre les vitres au blanc d'Espagne, enterrer les objets contaminés pour «s'en débarrasser», apprendre le code des sirènes, prendre de l'iode, et d'autres choses de ce genre. Ces brochures sont toujours visible sur Google images.
Ce qui est remarquable est que toute cette connaissance ait été si vite oubliée par ceux-là même qui prétendaient nous «éduquer»: lors de l'affaire Tchernobyl, en France la seule mesure officielle a été le silence, la dissimulation. En particulier personne n'a reçu d'iode! Une attitude criminelle, qui a probablement coûté des milliers de morts par cancer de la thyroïde, et, dans certaines régions des Alpes particulièrement exposées, a produit des problèmes graves chez des enfants qui buvaient du lait de la ferme. Il y a, au minimum, mise en danger de la vie d’autrui.
Un autre point que peu mentionneront, est que cette folie d’essais nucléaires avait été efficacement arrêtée deux fois. Mais les deux fois, c’est un chef d’état… Français qui a redémarré cette course suicidaire:
-Le traité de 1958 entre les USA et l’URSS avais mi fin aux tests. Mais De Gaulle a démarré des test français en 1961, prétendant être «indépendant» (des USA). Les Soviétiques n’ont pas été dupes de cette entourloupette, considérant que le traité avait été violé par des alliés objectifs des USA. Ils ont donc repris les tests.
-Le Comprehensive Nuclear Test Ban Treaty de 1996 a été violé par Chirac, prétendant avoir besoin de «calibrer ses simulations informatiques» avant d’arrêter. Cette violation a servi de prétexte à l’Inde, au Pakistan et à la Corée du Nord pour faire leurs propres tests. L'Inde et le Pakistan ont eu la sagesse de ne pas continuer, mais la Corée du Nord...
Aujourd’hui, la probabilité d’une guerre nucléaire est moindre. Mais avec au moins 9 pays connus pour posséder des bombes (USA, Russie, Chine, France, Angleterre, Israel, Inde, Pakistan, Corée du Nord) et plusieurs autres assez malins pour ne pas faire de tests détectables (Iran), voire quelques milliardaires suffisamment fortunés pour le faire, le risque est encore énorme. De Gaulle et Chirac portent une lourde responsabilité dans cette situation, pour avoir bouleversé les fragiles accords protégeant la dénucléarisation. En 1958, on aurait encore pu dire que les bombes nucléaires étaient des armes nazies, et les enterrer sous le tabou. Mais comment faire maintenant?
Un petit «détail» peu connu du grand public, est qu'il est possible de tester des bombes nucléaires sans produire d'explosion détectable à distance. Je ne dis pas comment, car c'est trop dangereux. Mais d'autres y ont pensé. En France, cela a été fait par le CEA, au sud de la commune de Pontfaverger-Moronvilliers, 49°13'52.1"N 4°19'05.8"E. Oui, «ils» ont fait péter des mini-bombes atomiques, à seulement 20kms de Reims! Le lieu est aujourd'hui encore irrémédiablement pollué et interdit. On peut imaginer que de nombreux autres pays l'auraient aussi fait, dont les USA d'après wikipédia, et plusieurs milliardaires ont aussi les moyens de s’amuser de cette façon. Le centre de Moronvilliers a été décidé sous Mitterrand (Oui, lui. Vous êtes surpris?), continué sous Chirac et Sarkozy, et déménagé à Dijon sous Hollande (Oui, lui. Vous êtes surpris qu'il n'ait pas fait que de la figuration?). Le plus criminel dans l'affaire est d'avoir irrémédiablement pollué un site fascinant, une série de collines et de combes crayeuses couvertes de forêt, une oasis de nature dans le désert agricole environnant.
(Permalien) Écrit en Aout 2020
Pourquoi parler de ce mini-conflit apparemment sans aucune importance mondiale, du genre dont il s’est déroulé des dizaines dans ces sinistres années? Parce qu’il s’est passé quelque chose d’assez particulier, inaperçu à l’époque, mais qui a été le premier indice d’une profonde transformation de la mentalité militaire.
En gros, en 1961, Goa, Daman et Diu étaient les derniers comptoirs coloniaux portugais en Inde. Mais l’Inde, indépendante depuis 1947, et forte de son expérience de la guerre avec le Pakistan, ne voulait plus tolérer ces vestiges du passé. L’opération Vijay lui a permis de récupérer ces territoires, en seulement 36 heures et 52 morts.
Goa sommeillait doucement sous la domination portugaise, un lieu de vacances et de soleil, loin de la dictature de Tomás et Caetano qui n’arrivait même pas à gâcher la vie de ces gens. La petite garnison portugaise ne demandait qu’une chose: ne pas être mutée dans les terribles guerres coloniales qui rageaient à l’époque en Angola, Mozambique et Guinée Portugaise (Aujourd’hui Guinée Bissau).
Aussi ils furent fort marris quand plusieurs bataillons Indiens se sont présentés à leur porte, très supérieurs en nombre, déterminés, aguerris, munis d’armes modernes et d’une puissante artillerie, pour leur demander de partir sur le champ. Oui, l’Inde c’est Gandhi, mais pas seulement.
En clair, pour les portugais, c’était la reddition ou la mort. Et une mort totalement inutile de toutes façons: la force très supérieure de l’Inde ne leur laissait aucune chance de sauver quoi que ce soit. Ils savaient aussi que le colonialiste, c’était fini, de toutes façons. Mais il leur fallait donner l’impression d’avoir résisté. Pas trop quand même, parce que les Hindous, eux, ne rigolaient pas. Alors je ne sais pas ce qui s’est passé exactement, ils ne le diront pas, mais je subodore que les deux parties ont du s'indiquer mutuellement des endroits déserts pour faire entendre leurs canons sans faire de mal à personne. Le fait est que ces combats n’ont fait que peu de victimes (52 au total), et les Portugais se sont rendus après 36 heures. Ce fut la décision du Gouverneur Général Manuel António Vassalo e Silva, afin d’épargner les vies civiles. Il a également refusé d’appliquer la politique de la terre brûlée ordonnée par Caetano: détruire Goa plutôt que de la laisser entre les mains Indiennes.
Bien sûr Caetano était furieux, reprochant à ses militaires de n’avoir pas assez résisté. Problème, même quand on est un vilain dictateur rabougri avec des grosses lunettes cerclées de noir, il ne faut jamais courir sur le haricot à ses militaires. En effet, le pouvoir n’est qu’une convention, et Caetano devait en avoir la démonstration quelques années plus tard lors de la Révolution de Oeillets, en 1974, quand ses militaires l’ont finalement déposé. Nous y verrons la suite de ce fil, qui a mené à la transformation des armées en cours dans ces années 2020. Qui a démarré lors d’un mini-conflit sans importance apparente.
On n’entent plus parler de Goa à la télé, depuis. Ce qui s’est passé est que l’Inde y a appliqué ses politiques ethniques. Horreur penserez-vous, vu le sens de ces mots ont eu dans les guerres de Yougoslavie. Mais Goa est en Inde, et ces mots y ont un sens entièrement différent: chaque peuple est laissé à vivre comme il l’entend, avec de larges pouvoirs locaux, état par état, et même ethnie par ethnie, religion par religion. Et Goa est resté un mini-paradis très occidental, qui est aujourd’hui (2020) un des états de l’Inde avec le niveau de vie le plus élevé.
Peu de temps après l’opération Vijay, Goa devait à nouveau jouer un rôle de catalyseur mondial. Nous avons tous entendu que les Hippies fuyant l’Occident s’étaient donné rendrez-vous à Katmandou. Il y a même un film de dénigrement des Hippies, «Les chemins de Katmandou». En fait, ils ont été assez tièdement reçus au Népal (selon un de mes amis népalais), sauf ceux qui se sont investis dans le Monastère de Kopan naissant à l’époque. En réalité, la plupart des Hippies sont allés à Goa, où ils avaient en quelque sorte l’Inde spirituelle et l’Occident confortable dans le même endroit. En effet, beaucoup de portugais étaient restés, et ils étaient alors considérés par l’Inde comme une ethnie parmi les autres, avec ses droits propres. Plus 450 ans d’occupation portugaise, qui avaient laissé des traces profondes dans les mentalités: les lois à Goa étaient bien plus propices aux Occidentaux et aux Hippies que dans l’Inde profonde.
Mais le joyeux égrégore des Hippies s’est vite tari, entre drogue, zonards et dénigrement. Plus la difficulté à réellement vivre un idéal sans les moyens spirituels de transformer notre esprit conditionné. Ainsi beaucoup de Hippies sont-ils revenus en Occident. Ils ont toutefois ramené avec eux spiritualité, yoga, musique et religion Hindoue.
Et ceux qui sont restés? Ils se sont en quelques sortes fondus dans le paysage, pratiquant le Hatha Yoga et adoptant les religions hindoues, en particulier le culte de Shiva. Goa est donc probablement le lieu où sont apparues les conceptions cosmiques du Nouvel Age (avec quelques autres influences comme le pseudo-ashram de Bhagwan, à qui l'on doit Deuter, ou Maharishi Mahesh Yogi, qui a inspiré un album des Beatles). Le Nouvel Age des années 1980 a été une recherche de spiritualité spontanée, qui ne faisait pas confiance aux grandes institutions religieuses. Ce fut également un style musical très affirmé. (Les influences sectaires ci-dessus expliquent les défauts du Nouvel Age, en particulier leur dévastateur «chacun sa vérité», une vacherie très probablement signée Bhagwan, on l’entend même ricaner à chaque fois que quelqu’un sort ce virus idéologique). Ce qui fait que aujourd’hui, le style artistique Nouvel Age continue, et se répand dans plusieurs directions. Mais dès les années 1990, les chercheurs spirituels authentiques se sont détournés des restes pourrissants du Nouvel Age et autres «nouvelles spiritualités», pour en revenir aux voies spirituelles éprouvées par le temps: Hatha Yoga, Taoïsme, Bouddhisme, etc.
L’arrivée d’instruments de musique électroniques entre les mains de ces anciens hippies de Goa devait avoir des conséquences inattendues: l’apparition du style de musique appelé «Goa Trance», offrant un support de rêveries méditatives mêlant mantras de Shiva, rythmes techno et sons de science fiction. Oui, pour ceux qui ne le savent pas, le Trance est une musique religieuse. Au même titre que le Negro Spiritual ou le Reggae. Ce qui explique peut-être qu’il est censuré en France, ha ha ha ha!!!
Puis ce style a migré vers… Israël. En effet, les jeunes conscrits de ce pays sont souvent envoyés à des vacances de rêve à Goa… ils en ont ramené le style, et fait d’Israël la seconde patrie du Goa Trance. C’est ainsi que l’auteur de «Sol», Static Movement, aka Shahar Shtrikman, s’est retrouvé sur ma liste d’amis facebook, pour cette superbe orchestration. Bon c'est pas de l'opéra, lol, mais on aimerait entendre des cantatrices chantant Mozart ou Wagner avec des voix chaleureuses et vibrantes comme la femme de «sol», au lieu de couinements qui font fuir tout le monde. A vos orchestres, les gars.
En plus la voix de «sol» me touche personnellement: une de mes amies, l'oumzé de l'Institut Vajra Yogini, a la même voix.
(Permalien) Écrit en Aout 2020
Quand la nouvelle est tombée d’un coup d’état militaire au Portugal, on était encore sous le choc du coup d’état sociopathique au Chili, toujours en cours à ce moment. Et pour tout le monde, un coup d’état militaire était synonyme de massacres, tortures, camps de la mort, interdiction des artistes, interdictions des maths modernes, etc. Et surtout, quand les militaires tenaient le pouvoir, ils ne le lâchaient jamais.
La première réaction a donc été de tristesse et d'indignation: comment, ils étaient pas encore assez fachos dans ce pays?
Aussi, quand, au fil des jours suivants, les nouvelles ont commencé à arriver sur ce qui s’était vraiment passé, on était incrédules. Les militaires voulaient rétablir la démocratie? Une première dans tout le Système Solaire. Ils étaient massivement soutenus par le peuple, au lieu de le massacrer? Ce devait être des militaires spéciaux, qui servent vraiment leur pays, au lieu d’obéir aveuglément à leur gouvernement.
Et c’est ça qui est intéressant, et qui tend à se généraliser aujourd’hui en 2020.
Depuis 1933, le Portugal était bloqué dans une dictature ne laissant aucune chance à d’autres voix: élections à un seul choix, censure des artistes, les habituelles pratiques sadomaso par la «police» politique, et tout le folklore habituel des émules de Zorglub. Mais surtout, le Portugal était engagé depuis plus de vingt ans dans un combat d’arrière-garde aussi inutile que sans issue, contre la décolonisation de ses possessions africaines: Angola, Mozambique et Guinée Portugaise (Aujourd’hui Guinée Bissau). La doctrine officielle était que ces pays étaient une importante source de richesses pour le Portugal. Mais au fil des années, les guerres avaient fini par coûter bien plus que ce que ces pays rapportaient! Leur seule justification restait alors l’entêtement stupide des dictateurs, incapables de changer d’avis ni même d’évaluer les résultats de leurs décisions. La décolonisation se faisait de toutes façons, même sans guerres, de par la simple évolution des mentalités: beaucoup de pays d’Afrique ont accédé à l’indépendance sans conflit, simplement parce que c’était la chose à faire. Et là où cette évolution ne suffisait pas, il y avait un fort soutient militaire soviétique (le «Cubano» dans le film «Les dieux sont tombés sur la tête»).
Les militaires portugais, eux, s’étaient aussi rendu compte de l’inutilité d’un conflit qu’ils perdraient inéluctablement, quand les forces africaines (ou soviétiques) n’auraient plus qu’eux à s’occuper.
Mais ils avaient aussi retenu la leçon de l’affaire de Goa:
Leur dictateur rabougri ne les aimait pas (en plus qu'il était moche).
Oui, les militaires ont eux aussi besoin d’amour, ah ah ah ah!
Ces idées-là fermentaient depuis des années dans les académies militaires portugaises. Jusqu’au jour où ils se sont rappelés que le pouvoir n’est qu’une convention. Et qu’une convention a exactement zéro points de défense face à n’importe quelle arme, fut-elle un simple lance-pierre. Ils se sont organisés comme le MFA (mouvement des Forces Armées). Tout était prêt pour un coup d’état, simple démonstration de force et d’organisation, qui s’est déroulé en une seule journée, sans aucune violence (sauf un tir dans la rue par des forcenés de la «police» politique, qui a fait quatre morts).
Le massif soutient populaire envers leur armée tend à montrer que beaucoup de gens pensaient en fait déjà comme eux, mais qu’ils ne pouvaient pas s’exprimer publiquement. Ils en avaient simplement marre de leur dictateur gris, qui maintenait leur pays dans le rien, alors que partout ailleurs en Europe fleurissaient l’abondance et la liberté. Je me rappelle que des prémisses avaient déjà eu lieu dans l’Alentejo, où les paysans avaient lutté contre les latifundia (grands propriétaires terriens réduisant leurs fermiers à la misère). Les militaires avaient d’ailleurs donné le coup d’envoi de leur mouvement avec la chanson interdite «Grândola, Vila Morena», qui commémorait les événements de l’Alentejo. Avec un tel lever de rideau, il ne faisait aucun doute qu’ils servaient le peuple portugais.
La nouveauté quasiment sans précédent de la Révolution des Oeillets, est que les militaires ne recherchaient pas le pouvoir. De fait, passé un indispensable comité de salut public, ils ont rapidement organisé des véritables élections démocratiques.
A ce stade, les choses se sont malheureusement moins bien déroulées: les communistes prétendaient soutenir le mouvement, mais ils ont plusieurs fois changé de position. (Une chose plus fréquente qu’on ne le croit, chez les révolutionnaires de bistrot: Il est finalement bien plus confortable de critiquer les autres que de faire le travail soi-même, ha ha ha!). Cette direction erratique a cassé l’élan populaire du mouvement, de toutes façons mal vu par les gouvernements européens et américains, qui craignaient une transformation trop radicale du Portugal, vers davantage de liberté et de social, et moins de capitalisme. Les militaires, eux, ne voulaient plus interférer avec le processus démocratique. C’est donc finalement un gouvernement «socialiste» (gauche gentillette, capitalisme peint en rose qui fait pas bobo aux exploiteurs) qui a émergé de cette période troublée. Lors de leur investiture, ils se sont vus offrir une photo satellite du Portugal par l’ambassade américaine (encore une rareté à l’époque). Un cadeau certes très esthétique, mais aussi une façon de dire «N’allez pas trop loin, on vous a à l’oeil». Les revendications de redistribution des terres des latifundia de l’Alentejo ont été silencieusement étouffées. «Faut pas rêver», comme disent les médias quand ils bizutent les peuples.
Aujourd’hui wikipédia dénigre le Printemps des Oeillets en disant qu’il était «de gauche». C’est un mensonge, un des innombrables mensonges neutres, sourcés et crédibles de wikipédia: Le MFA n’a à aucun moment pris position dans le jeu droite-gauche. Les socialistes n’ont obtenu le gouvernement que deux ans après, par le vote populaire, et ils n’ont fait que manger les marrons que les militaires avaient tirés du feu.
Un peu comme le Printemps Arabe en 2010, la Révolution portugaise a contaminé les autres pays d’Europe du Sud, amenant la fin des autres dictatures en Espagne et en Grèce. Mais le Printemps des Oeillets reste l’initiateur d’un mouvement sans précédent, où les militaires servaient la paix, au lieu d’un conflit insensé. L’étape suivante devait être la méthode française, lors du conflit de Somalie. Aujourd’hui, même l’armée américaine en a pris de la graine.
La Révolution Portugaise a également servi l’Afrique: les militaires portugais ont reconnu les mouvements de libération de ces pays, et collaboré avec eux vers une transition démocratique. Bon, ça n’a pas toujours été simple, de par les multiples guérillas contradictoires et coups d’état rétrogrades. Mais la Révolution Portugaise a retiré d’Afrique la dernière source extérieure de violence, ouvrant la voie vers une Afrique indépendante et pacifique.
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