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Memories of Richard Trigaux:
Toulouse et les écologistes(1975-1981)

Je me suis enfui à Toulouse suite à mes mésaventures avec les gauchistes et zonards de Bordeaux. Mais le problème était aussi dans mon esprit… il m’a donc suivi à Toulouse.

Mais une fois cela réglé, j’ai pu enfin faire quelque chose d’utile, avec le mouvement écologiste actif à l’époque.

Attention que les quelques critiques dans ce chapitre visent une catégorie très spécifique d’écolos, ceux de poil Charlie Hebdo. L’écologie ne se limite pas du tout à eux, et on trouve des écolos partout, et dans toutes les orientations politiques ou spirituelles et dans toutes les catégories sociales. Merci de ne pas généraliser mes critiques au-delà de cette cible précise.

Cette période a aussi vu une certaine réconciliation avec la société, puisque j’ai du travailler. C’est curieusement par ce travail que j’ai finalement découvert la spiritualité, ce qu’elle est réellement, et en quoi elle correspond avec mon propre projet d’aide à un monde meilleur. Mais il y a des pièges, comme on le verra au chapitre suivant.

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Date de première publication: January 2026

Date de derniére addition: aucune

Ces textes sont un travail en cours, une entreprise de plusieurs années, aussi ils peuvent contenir des parties manquantes et des liens vers des cibles pas encore créées, je vous demande de la patience 🙂

 

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Les gauchistes (suite et fin)

(Permalink) Ecrit en Juillet 2021

Je n’ai jamais formellement adhéré à aucun parti ni aucune idéologie gauchiste ou similaire. Mais en cette année 1975 où je suis arrivé à Toulouse, j’avais reçu plusieurs virus idéologiques de ce genre, polluant ma conscience, hérités de ma période à Bordeaux, et de mes lectures Cabuesques. La principale était le dualisme entre les «bons» conscients d’un côté, et les «mauvais» membres de la société, tous servant consciemment et délibérément le mal dans une société «intrinsèquement pourrie». Un tel état d’esprit me coupait forcément de mes camarades d’IUT et de mes professeurs, et m’a donc valu des ennuis. Encore que ma période IUT n'a pas vu de comportements sociopathiques collectifs comme à Duruy ou au Collège Naval. Juste quelques types se montraient distants.

Un de mes rares camarades de classe me soutenant dans un état d’esprit aussi délétère était membre de Lutte Ouvrière. Discutant avec lui, je me suis retrouvé un jour à rencontrer les membres de leur cellule locale. J’avais remarqué que le camarade en question avait une vibration brune, que j'avais attribué à quelque handicap ou maladie (j’avais déjà vu un cas). Mais que TOUS aient la même vibration fit sonner l’alarme. De plus, comme ils cherchaient à faire connaissance, il ne leur a pas fallu plus de deux minutes pour me traiter de bourgeois!

Cette prestation minable entraîna donc la purge finale de ma période gauchiste (trois ans en tout), tandis que le dualisme anti-société serait évacué quelques années plus tard, en deux étapes : quand je commencerai à travailler, et finalement en sortant du Faitg.

 

Une telle attitude peut faire avoir de sérieux ennuis, sans toutefois rien apporter à personne. En effet, lors de la grève, innocente tradition étudiante, nous avons discuté si nous allions boycotter les interrogations orales. Le vote dit oui… mais quand vint le rendu des notes, il s’avéra que j’avais été le seul à les boycotter! Ce qui m’a valu plusieurs zéros, plombant ma moyenne en dessous de la limite, sans aucun recours. C’est la seule raison pour laquelle je n’ai pas reçu le diplôme du DUT… alors que j’étais tout à fait capable, puisque plus tard j’ai travaillé comme technicien électronique pour le spatial.

J’ai eu plus tard un ennui similaire avec l'antinucléaire, lors d’une action de désobéissance civile: l’auto-réduction 15% des factures EDF contre le nucléaire. L’affaire marchait depuis deux ou trois ans, et une petite dette s’accumulait sur mon compte EDF. Puis un jour que je n’avais pas eu de nouvelles depuis un moment sur cette action, j’ai demandé où on en était. Un de mes camarades bêla alors que «cette action avait été abandonnée»!!! Oui, ils avaient abandonné une action de désobéissance civile, sans prévenir ceux qui l’accomplissaient, plaçant ainsi ces derniers dans une position fort dangereuse. En effet, les gouvernements ont peur des actions de désobéissance civile collectives, qui les mettent à genoux. Ainsi, si vous le faites seul, vous serez traité pire qu’un délinquant: comme un fou ou comme un terroriste. J’ai donc payé ma dette à EDF sans rien leur dire, plutôt que de persister dans une action dont je ne pouvais plus assumer les conséquences.

Je n’ai plus fait de désobéissance civile depuis. Je n’ai plus envie, après de telles démonstrations d’irresponsabilité gauchiste, du genre qui ont coûté la vie à tant de militants abandonnés seuls sur le terrain. Et si vous vous engagez dans une action de désobéissance civile, ne le faites jamais seul, assurez-vous de soutiens fiables, et de pouvoir retomber sur vos pattes en cas de problème. Comme par exemple de pouvoir payer rapidement vos dettes, de ne pas mettre d’affaires précieuses dans un lieu occupé, etc. Et surtout si vous n'avez pas la nationalité du pays, tenez-vous à distance de sécurité de ce genre de trucs. Sinon vous serez toujours le premier réprimé, en général expulsé, parfois tenu en otage. Même l'obligation d'une légalité de façade ne vous protège pas: il existe de nombreuses tortures sans traces et de poisons à effet retardé.

 

Le relâchement de mon attachement aux gauchistes a rétabli une vision correcte de ce mouvement. Bien sûr il y a le côté mensonges-violence-goulag et compagnie. Mais surtout, une fois désillusionné, on s'aperçoit que les gauchistes sont en fait des gens extrêmement curieux. Ils étaient contre les blondes. Dans mes tentatives de bédés, on m'a reproché plusieurs fois de dessiner des blondes (En fait, je dessinais au trait, donc sans les couleurs de cheveux, aussi les blondes semblaient sur-représentées. Mais la nuance était trop difficile à saisir pour ces gens). Une fois il y avait même un type qui était contre les sourires!! Ce reproche m'a même été fait dans le Nouvel Age, qui a souvent hérité de gauchistes reconvertis. Je ne sais pas si ils sont toujours contre les blondes aujourd'hui, mais d'autres superstitions aussi bizarres et improbables sont apparues depuis, comme l’anti-gluten, l’anti-soja, l'anti-linky, le naturalisme ou vitalisme, etc. Être contre le pain, le plus basique et symbolique des aliments, c'est totalement fou quand on y pense.

 

 

Les zonards (suite et fin)

(Permalink) Ecrit en Juillet 2022

Suite à mes expériences bordelaises, je m'étais bien juré de ne plus jamais fréquenter de zonards et autres cradingues. Mais j'avais encore un point faible, par où le problème allait s'inviter à nouveau: la drogue (même si «seulement» le hashish, c'est déjà de la drogue).

Je suis arrivé à Toulouse sur ma mobylette, cet été 1975, sans logement ni rien d'autre que ce que mon porte-bagage pouvait porter. Me propulsant en ville, je repérais rapidement des affiches de l'Association Toulousaine d'Ecologie, ou ATE, qui, par chance, avait une réunion le soir même, dans leur premier local, 18 rue des Pénitents Gris, au coin de la Rue de l'Esquille. Il y avait encore peu de monde, et nous fraternisâmes immédiatement, au point que je trouvais un hébergeur pour quelques jours, un breton aimable mais assez excentrique appelé Yann.

Ceci me permit de chercher un vrai logement. Surprise, c'était plus cher qu'à Bordeaux. J'ai raté de quelques minutes une jolie mansarde mauve, à la limite de ce que je pouvais payer (ou demander à mon père de payer, puisque j'étais encore étudiant). Je me suis rabattu sur un logement fraîchement retapissé, et donc d'allure propre, mais malheureusement dans une des baraques pouilleuses du centre ville, 15 rue des Couteliers (elle a été démolie depuis). Ne faites jamais ça: ces trucs ont d'horribles égrégores, de par toute la laideur, stupidité et crasse accumulées depuis le Moyen-Age, plus toutes les souffrances, haines, maladies, agonies, pornographie qu'ils ont vus. Je pense que c'est la principale cause de la dépression nerveuse qui m'a frappé en cet hiver 1975-76, et que ces vieux bâtiments pourris sont tous à brûler.

 

Bon, j'entamais ma dernière année toulousaine à l'IUT, sans trop de problèmes. Aimant rendre service, j'hébergeais un ancien copain de Bordeaux, puis un nouveau copain, aussi étudiant à l'IUT, Chris. Ce type m'avait paru sympa, car nous partagions nombre d'opinions sur «le système». Et il fumait du shit, ce qui ne m'avait pas alerté, je le voyais plutôt comme une sorte de Hippie «libéré». Heureusement, ce qui suit est arrivé après la fin de l'IUT, car il m'aurait été impossible d'étudier avec le tour que Chris m’a joué.

En effet,Chris m'a un jour suggéré de recevoir «deux copines». Ce qui ne me déplaisait pas, même si cela peuplait le petit appart à la limite. Mais c'était en fait un piège bien monté: une fois que je fus en minorité, sont arrivés un à un «les autres», bien moins avenants, qui se sont installés sans même plus demander mon avis: «le rat» un type gris rondouillard au regard fuyant, ouvertement magouilleur et méprisant, «le renard», petit escroc maigre, chafouin et roux (d'où le surnom), et plusieurs autres vivant de magouilles et de vols à l'étalage, ou des Toulousains du même genre qui passaient de longues soirées bruyantes dans mon appart. Parmi ces derniers, Didier De Jaeger (attention aux homonymes), célèbre à Toulouse pour avoir fait une bande dessinée dénonçant «le Patriarche» (un groupe douteux dirigé par Lucien Engelmajer, affirmant aider les drogués, mais que Didier accusait de violences sexuelles). Bien sûr si on cherche sur Internet aujourd'hui, on ne trouve aucune trace de ce Didier, a moins qu'il ne soit finalement retourné au capitalisme, ha ha ha! (Il y a un directeur de banque de ce nom, et quelques autres situations du même genre. Je ne pense pas que ce soit lui, mais si ce l'était, toute sa «critique du système» était finalement pipeau, un jeu de bobo)

Pire, l'appart lui-même s'est avéré en fait un taudis maquillé: les chiottes du voisin d'au-dessus se sont mises à fuir et à couler le long de notre mur, la concierge était une ancienne prostituée devenue extrêmement laide qui nous recevait en «tenue de travail», tandis que nos explorations découvraient d'horribles caves à donner des cauchemars. Ouais, le taudis, les caves, les zonards, la dépression, tout cela allait très bien ensemble.

Et ces types, non content de squatter mon appart, me menaient une vie d'enfer, m'empêchant de dormir avant deux ou trois heures du matin!! La privation de sommeil est une torture bien connue, et très pratiquée, car elle arrive toujours à casser la volonté, sans laisser de traces. Et les sociopathes n'ont pas besoin de dormir, eux, aussi ils peuvent toujours nous torturer de cette façon. En plus c'est légal.

Ils critiquaient aussi mes propres bandes dessinées, et ils ont réussi à attirer la police dans l'appart! Ce dont je me serais bien passé, tentant déjà de travailler pour les radios libres. Heureusement ils n'ont pas compris à quoi servait mon matériel.

Didier était aidé par un autre type dont je ne me rappelle pas le nom, qui m’interdisant de dessiner des gens souriants ou des blondes, comme si c’étaient d’horrible péchés. Et de fait personne n’était blond dans leur groupe.

Je crois que leur pire truc est la façon dont ils s'appropriaient mes affaires. Ainsi j'avais ramené de l'ATE deux litres d'huile d'olive vierge bio, encore chère à l'époque, avec lesquels je comptait bien passer l'hiver. Un jour, les deux litres avaient disparu... demandant, j'appris qu'ils avaient fait des frittes avec! Oui, vous avez bien lu: des frittes avec de l'huile d'olive vierge! Espérant au moins retrouver mon huile cuite mais encore comestible, je demandais ce qu'ils en avaient fait: ils les avaient jetés! Ce qui fait des frittes au prix d'un restaurant de grand luxe... Je soupçonne que ces gens étaient en fait des fils de riches. Des gens qui ont vraiment du travailler dur pour manger connaissent le prix des choses, et ils ne feraient jamais des trucs aussi débiles que de jeter l'huile après une seule friture.

Une autre fois, fouillant sans vergogne dans mes affaires, ils ont trouvé du fil argenté, qui me servait à faire des selfs sur les circuits radio. Ils ont voulu faire «des bijoux» avec… Mais ce n’est pas si facile, et j’ai retrouvé mon fil tout tordu et entortillé, inutilisable.

En fait de hippies ou de socialement avancés, ces gens étaient des zonards, c'est à dire des faux hippies. Ils s’appelaient même «babas» entre eux. (Une terme respectueux pour une personne spirituelle en Inde, repris pour désigner un Hippie) Mais en réalité c’étaient des clochards avec l'air encore jeune, pas encore fripés. Ils ont même amené une fois des vrais clochards, qu'ils regardaient avec extase!! Heureusement ces derniers ne sont pas restés. Probablement mon appart était encore trop propre à leur goût.

Une fois, une «copine» m'a proposé un endroit où dormir paisiblement. Problème, c'était à deux heures de marche, déjà pas génial pour commencer la nuit, et en plus, elle ne m'avait pas prévenu que c'était un squat, un appartement dont les habitants étaient absents, mais dont ils avaient forcé une fenêtre. Si les flics nous avaient chopés, c'était la prison, aussi j'ai remercié cette personne pour son «aide» et je n'y suis jamais retourné. Mais bon, vous comprendrez que pour accepter un tel lieu, j'étais vraiment fatigué. En plus c’était l’hiver et il faisait très froid.

Cela s'est terminé que le proprio, face à de gros travaux pour réparer la fuite des toilettes, a préféré revendre la baraque, qui a été démolie peu après pour refaire un bâtiment neuf. Tout le monde a donc été expulsé. Si vous passez là aujourd'hui, il ne reste rien de ces baraques pourries. Encore que les constructions neuves ont déjà la couleur sale des environs!

Dernière insulte, un meurtre a été commis dans les caves, juste deux semaines après notre départ. J'ignore qui et par qui, mais je frissonne rétrospectivement: il y a de forte chances qu'ils étaient en rapport avec «ma» bande. De fait, il n'y a jamais loin entre les zonards et les gangsters. Le point d'articulation entre les deux est les dealers, pour la drogue. Ces derniers ne manquent alors pas d'abuser de leur position de «fournisseur indispensable», pour impliquer leurs victimes dans des activités crapuleuses, au nom de la «contestation du système»! Par exemple les charger d'un meurtre tout en restant eux-mêmes hors d'atteinte de la police. A ce moment il y avait encore sur place deux petits escrocs de «mon» groupe, occupés à voler tous les meubles des appartements vides. Je devais en rencontrer un à nouveau plus tard dans un groupe «Nouvel Age». Au moins, les escrocs sont recyclables.

Enfin, une des jeunes filles qui fréquentait ce groupe a été avortée de force par ses parents. Apparemment pas une zonarde elle-même, une fille bien, ou au minimum normale, mais combien de jeunes naïfs se font-il prendre dans ce genre de groupes. Heureusement il n’y avait pas encore le sida à l’époque.

Après quelques semaines chez des copains (heureusement je m'en était fait plusieurs vrais), j'ai finalement retrouvé un appartement viable en compagnie de ma mère, cette fois 7 rue Joseph Vié, quartier Saint Cyprien, où je suis resté jusqu'à mon départ de Toulouse pour Le Faitg. Ma mère n'est pas restée longtemps avec moi, elle est partie pour le Canada. Puis elle est revenue peu avant mon départ pour le Faitg, gardant alors seule l'appart.

Bon ce nouvel appart n'était pas génial non plus, le chauffage était très insuffisant et les murs humides produisaient des mauvaises odeurs. Mais de tels logements sont le lot de tous ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent. Aussi ma mère l'a finalement quitté pour des logement sociaux, qui au moins sont propres et chauffés. Le seul gros problème avec les logements sociaux est le bruit par les asociaux, mais ce n'est pas pire que les vieux quartiers.

 

Cette lamentable histoire n'est malheureusement pas un cas unique: j'ai connu deux autres cas d'usurpation de domiciles. Une fois, c'était une femme violente (si ça arrive, et il est alors très difficile de se défendre, car c'est automatiquement nous qui sommes accusés) et une autre fois c'était une procédurière qui prétendait être légalement la propriétaire. Le gros problème est de faire comprendre ces situations, ou de recourir à une quelconque assistance. Dans le premier cas, nous avions du profiter qu'elle était dehors pour nous enfermer à l'intérieur et jeter toutes ses affaires par la fenêtre (j'ai fait ça, si si si, qu'est-ce que vous aviez imaginé). Dans le second cas, chez un agriculteur, l'affaire était montée jusqu'à la préfecture. Heureusement, ils prennent les agriculteurs plus au sérieux que les écolos (même si il était écolo lui aussi, hi hi hi!). Mais ce n'est tout de même que le dernier jour avant que les expulsions soient interdites qu'ils ont finalement envoyé les gendarmes pour virer l'indélicate. Au Faitg, nous avons eu plusieurs fois ce problème: des cradingues squattant notre lieu, parfois des violents. Nous avions même demandé l'aide des gendarmes, mais ces derniers ne voulaient pas se mouiller, répondant que «nous les avions acceptés dans la communauté». Même les centres Bouddhistes sont victimes de ce procédé, et à Dashang Kagyu Ling, l'usufruit a fort imprudemment été accordé à plusieurs personnes hostiles au lieu, le rendant inutilisable jusqu'à leur mort, soit pratiquement jusqu'en 2050 ou plus.

Donc, si vous recevez qui que ce soit, faites toujours attention aux mots que vous employez: appelez les visiteurs des «stagiaires», jamais des «membres» ni des «communautaires», et publiez un règlement écrit, que vous pourrez présenter à la police sans qu’il ait l’air d’avoir été fait la veille. Par exemple des statuts d’association déposés à la préfecture. Plusieurs centres Bouddhistes ont produit des règlements pour se protéger des malades psychiatriques, car on leur en envoyait régulièrement.

Ajouté en Octobre 2023: un article de loi peu connu est que l'on ne peut demander l'expulsion de quelqu'un que jusqu'à 48 heures après son arrivée. Plus tard, il est supposé domicilié. De là venait probablement le refus des gendarmes d'aider. Problème, les squatters potentiels connaissent tous le truc, et ils attendent la fin des 48 heures pour commencer à être pénibles. C’est pourquoi, si jamais vous voulez héberger des gens, montez un système où ils sont «en stage», ou en séjour comme à l’hôtel, pour une durée limitée convenue à l’avance, ou quelque chose de ce genre. Et encore, je ne suis pas sûr que l’on puisse faire venir les gendarmes, par exemple dans un centre bouddhiste, pour virer des parasites. Heureusement les Bouddhistes ont des moyens discrets mais efficaces.

 

On comprendra que après une telle mésaventure, je n'ai plus jamais hébergé qui que ce soit (sauf ma mère, qui est atterrie chez moi plusieurs fois, suite à ses propres aventures). Cela peut paraître égoïste, surtout après que beaucoup de gens m'aient aidé de cette façon. Mais je garde une appréhension que «ça recommence», même une version atténuée qui ne me laisserait pas libre chez moi, par exemple de méditer. Même une seule personne peut devenir fort désagréable, par exemple le copain solitaire que j’avais hébergé juste avant la bande: il était triste et négatif, critiquant tout ce que je faisais et m’amenant lui aussi d’autres pénibles.

 

C'est aussi suite à cette histoire lamentable que j'ai finalement refusé toute drogue. Ce que je ne savais pas, c'est que cela me libérerait de beaucoup d'autres choses désagréables, tout en ouvrant de nombreuses portes.

 

(Permalink) Clochard ou SDF? Chez les médias et les politicards, il est de bon ton d'appeler les clochards des «SDF», un terme supposé neutre, contrairement à «clochard», qui serait péjoratif ou discriminatoire. C’est une attitude hypocrite, et totalement irréaliste. En effet, un clochard et un SDF ne sont pas du tout le même chose, même si leur apparence peut converger assez rapidement. Devenir SDF, c'est à dire «Sans Domicile Fixe», cela peut arriver à tout le monde: licenciement, divorce, expulsion, etc. J'ai failli moi-même l'être à plusieurs reprises, si ce n'avait été ma mère ou des copains pour m'héberger le temps de me refaire. Un SDF n'aime pas cette situation, et il fera des pieds et des mains pour se rétablir.

Un clochard par contre se complaît dans cet état, ou bien il est trop stupide pour s'en sortir. Dans le cas de «mes» zonards ci-dessus, dans un groupe de dix aucun n'a pensé que l'on ne jette pas l'huile de friture après un seul usage! Il est clair qu'ils avaient tous un grain, et que cela seul était la cause de leur état de clochard et pauvreté. Ainsi c'est la stupidité ou le refus de la société qui font devenir clochard, et non pas la pauvreté qui fait devenir délinquant ou qui fait aimer la saleté, comme on l'entend trop souvent chez les faux humanitaires déréalisés.

Ainsi, toute politique d'aide aux SDF ou aux clochards devra tenir compte de cette différence fondamentale, si elle veut atteindre ses objectifs. Ainsi, ce dont les SDF ont le plus besoin, c'est d'un hébergement d'urgence, dans un local adéquate protégé des crasseux, violents et bruyants, avec des toilettes propres. Pour un clochard, une forme d'aide psychologique et de de coercition sont nécessaires, car au contraire des SDF ils s'enfuient des conditions précédentes. Coercition et encadrement qui seraient humiliants et contre-productifs pour un SDF, qui n'a pas besoin de stigmatisation mais d'aide concrète.

De toutes façons, comme dans toute course aux euphémismes, «SDF» est lui aussi devenu péjoratif, dans le langage populaire, et utilisé interchangeablement dans les deux sens.

 

 

La drogue et la pouillerie (suite et fin)

(Permalink) écrit en Juillet 2021

A l’époque, ce fut une constante des expériences de «société alternative», lors de mes deux ans à Bordeaux plus un an et demi à Toulouse, ou dans les communautés que j’ai visitées à la même époque: la culture des poux, gale, maladies sexuelles, etc. Je dis bien culture, car ces gens semblaient partager délibérément ces maladies, en justifiant leur incurie à grand renfort de «pas de communauté sans poux» «la crasse tient chaud» et autres vilains sophismes pour se défausser de leurs efforts d’hygiène élémentaire. Ce genre de chose a fort probablement pesé lourd dans l’échec des mouvements communautaires, en exerçant une terrible sélection négative contre les gens intéressants et capables.

Ainsi je déconseille vivement de rester avec des gens capables par exemple de se soigner des poux chacun leur tour, afin de permettre la pérennité de l’infestation. La gale n’est pas considérée comme une maladie grave, c’est pourtant une affection très gênante, avec de fortes démangeaisons, et un traitement contraignant: désinfection de toute la maison avec des produits toxiques, lavage de toute la lingerie, et traitement avec un produit qui peut causer de fortes sensations de brûlure, voire de l'eczéma. Avec bien sûr synchronisation absolue pour toute la maisonnée: on se soigne ensemble, ou on divorce.

A l’exact opposé, je n’ai jamais entendu parler de ces choses chez les écolos, Anthroposophes, spirituels, Yogis, Bouddhistes et autres que j’ai fréquentés depuis. Non-être absolu également chez tous les ingénieurs, techniciens ou ouvriers de tous niveaux que j’ai rencontrés dans mes activités professionnelles. Il y a donc bien une forte composante «culturelle» dans la propagation de la pouillerie. Ils le font exprès, quoi.

 

Bien en harmonie avec la pouillerie, la drogue a également été une constante de ces quatre années. Le souvenir des hippies était encore frais, et l’idée partagée par tout le monde était que la marijuana ou le LSD éveillaient la sensibilité aux vibrations (c’est le sens du mot «psychédélique», que les médias ont feint d’oublier depuis) (A noter aussi que la prétention que les drogues seraient «enthéogènes» n'existait pas à l'époque des Hippies, c'est une invention plus récente par les médias pro-drogue et wikipedia, 2010 environ). Ainsi ces drogues étaient-elles vues comme une partie intégrante d’un mouvement social qui ne se disait pas encore spirituel, mais qui tâtonnait déjà dans cette direction.

Toutefois personne ne pouvait ignorer les graves dangers associés aux «drogues dures» comme l’héroïne ou les amphétamines: la mort de plusieurs idoles de la musique rock rappelait que ce n’était pas des mensonges de propagande réac. Les tenants de la marijuana se justifiaient donc en disant que ce serait une «drogue douce» «sans danger» (En fait, on le sait aujourd’hui, la marijuana dégrade le cerveau, y compris du bébé chez une femme enceinte, pouvant même mener à des psychoses). Le LSD était un peu à part, considéré comme doux, mais avec des précautions (là aussi, on sait aujourd’hui que le LSD dégrade le cerveau, qu’il peut tuer par surdose, ou qu’une personne hallucinée peut commettre des actes dangereux).

A l’époque donc j’avais comme tout le monde fait ces idées miennes, pensant que la marijuana serait une aide spirituelle intéressante voire indispensable. Ainsi j’y goûtais à plusieurs occasion, une dizaine de fois peut-être. Je m’abstenais tout de même d’aller acheter moi-même chez un dealer: les rares que j’ai vus émanaient une vibration brune et effrayante (A l’époque ce n’était pas encore les bandes fachistes des «cités sensibles», mais ils en avaient déjà la vibration).

Toutefois je remarquais vite quelque chose avec la fumette: qu'il n'y avait, précisément, rien à remarquer. Je ne ressentais rien. Même pas d’hallus, rien. Une fois j’étais avec un type qui prétendait avoir des hallus avec le même joint que moi, alors que je ne voyais rien de rien! J’ai compris pourquoi plus tard: en fait ces gens coupaient leur haschich avec du tabac, voire ils fumaient du tabac pur roulé en joint, jouant seulement à fumer du shit. Ce qui est totalement idiot, parce que le tabac est lui un anti-psychédélique très efficace et bien connu, annulant tout l'effet supposé du haschich.

Ça s'est fini que une fois, j’ai pu goûter à du vrai haschich. Là j’ai vu les murs se gondoler. Mais des expériences psychédéliques? Des contacts avec la Transcendance? Des révélations enthéogéniques? Rien de rien, même pas un petit rai de lumière filtrant sous une porte. Juste le mur sordide des chiottes de chez le copain. En plus je me suis mis à avoir des palpitations, ce qui m’a fait prendre peur. Probablement dans cet état sommes-nous plus influençables, ce qui explique que la seule utilisation efficace du hashich semble être… la guerre. (Le mot «assassin» provient de «haschichin», une secte qui utilisait cette drogue pour commettre des assassinats, et les soldats Afghans qui combattaient les talibans avec la coalition internationale commençaient le combat avec un joint).

 

Pour le LSD, mon plan était d’essayer, au moins une fois. Mais uniquement en compagnie de «gens sérieux». Une condition qui ne s’est jamais présentée… Aujourd’hui je sais pourquoi: les gens sérieux ne consomment pas de LSD, et surtout ils n’incitent pas les autres à le faire. Il y a eu des accidents terribles avec des gens sous LSD, tuant ou se mutilant.

 

Les zonards dont j’ai été victime ont même goûté à… la datura! Une plante malheureusement commune, que Carlos Castaneda a présenté comme une forme de chamanisme dans son livre «L'herbe du diable et la petite fumée». Certains ont mis en doute l’authenticité de ce récit, dont je ne connais effectivement aucune confirmation de source indienne. Aujourd'hui que je connais mieux tous les tenants et aboutissants de ces choses, je pense que probablement le livre est une fiction, mais assemblée à partir de suffisamment d'éléments réels pour faire illusion auprès d'un non-spécialiste. (Le Lobsang Rampa de la drogue, quoi. Ce dernier a fort probablement piqué tous ses éléments «réels» à Alexandra David Néel) (2025: aujourd’hui les universitaires comme les vrais Indiens considèrent le livre comme un faux). De toutes façons, il y a un monde entre un rituel chamanique et quelques idiots émoustillés qui jouent à se défoncer. Ainsi, non seulement ces gens ont été bien malades, mais en plus ils sont sortis en ville dans cet état, délirant, vomissant, rentrant dans des propriétés privées, etc. Ils ont finis ramassés par la police, puis à l’hôpital psychiatrique. Ces derniers devaient être en surcharge, car ils les ont jetés dès le lendemain, alors que j’aurais bien aimé qu’ils les gardent. En fait, ils ont eu de la chance de ne pas en mourir.

A noter que à Haïti, la datura est connue sous le nom de «concombre zombi», car elle aiderait à maintenir les gens dans un état de sujétion. D'après ce que j'ai vu, l'histoire me paraît vraisemblable: une personne sous datura perd totalement conscience de la situation, et elle ne cherche donc plus à s'échapper ni à se révolter. Elle est ce que en Haïti on appelle un zombi, utilisé comme esclave, pour le travail ou sexuellement. Mais les victimes ne doivent pas vivre bien vielles, à consommer quotidiennement un tel poison! Probablement tout le mythos à propos des zombis est issu de quelques cas réels, mais limités.

 

On comprend donc que dès 1977 ou 1978 je pris la décision de ne plus jamais toucher à aucune drogue, ni dure ni «douce».

 

(En toute rigueur j’avais fait quelque chose d’illégal. Mais si j’en fais état aujourd’hui, ce n’est pas pour me justifier, au contraire c’est pour montrer de l’intérieur quelle erreur c’était. Aussi aujourd’hui je peux regarder de haut les intellos bobos d’une «gauche» déboussolée prôner la légalisation de leurs pétards. Sans parler de ces «Verts» qui ont depuis longtemps perdu tout contact avec les véritables racines spirituelles de l’écologie.)

 

Aujourd’hui (2021) on est mieux renseigné sur les tenants et aboutissants du problème de la drogue. En fait, ce n’est pas nouveau, la Belle Epoque avait déjà joué avec plusieurs drogues, dont les dangers étaient donc déjà connus, mais mal mesurés. Aussi l’idée que les drogues puissent apporter une «libération» avait-elle pris facilement dans le mouvement Hippie, dont l’esprit critique était inversement proportionnel à l’enthousiasme. Mais je n’ai jamais entendu personne décrire d’authentiques expériences spirituelles avec aucune drogue. Même pas un peu ou parfois, mais pas du tout et jamais. Bon, c’est comme pour les sorties de secte ou les viols par des pseudo-marabouts: personne ne crie sur les toits qu’il s’est fait avoir.

 

L'opium a l'histoire la plus honteuse. Faute de pouvoir pénétrer l'immense Chine, les puissances coloniales lui ont imposé l'usage de l'opium, lors de la guerre des boxers. Il n'a pas fallu longtemps pour que les élites se désagrègent, permettant aux colons de rançonner le pays. On comprend donc que aujourd'hui toutes les drogues soient brutalement interdites en Chine. Et que c'est une grande chance pour les Chinois, pas une «limitation de la liberté».

 

Le LSD a une histoire plus compliquée et très instructive. Il a commencé à être utilise dans le projet MKUltra de la CIA, comme moyen de torture, sur des citoyens Américains kidnappés au hasard et séquestrés sans information. Je dis bien torture: imaginez avoir soudain des hallus sans savoir ce que c’est. J’ai eu un peu quelque chose de ce genre étant enfant, avec l’atropine qu’on me mettait dans les yeux, sans me prévenir des effets. Pas vraiment des hallus, mais l’atropine fait tout voir tout petit. C’était déjà effrayant, aussi imaginez des vraies hallucinations! Puis le LSD est devenu… un jeu, parmi les adeptes de la CIA, qui faisaient des LSD-parties ou qui offraient des trips-surprise à leurs copains! Le LSD était à la même époque étudié sérieusement par les scientifiques, pour voir si il pouvait servir de traitement psychiatrique. Mais quand l’affaire est tombée entre les mains de la bande d’allumés de Allen Ginsberg, Timothy Leary et John Lilly, ils se sont mués en «caution scientifiques» du LSD pour les Hippies, et tout a dérapé.

Bien sûr des vrais scientifiques ont prétendu avoir eu des «expériences transcendantes» avec les drogues. Pourquoi eux et pas moi? En fait, c’est une erreur assez commune chez les rationalistes et les matérialistes, incapables qu’ils sont d’avoir aucune expérience transcendante réelle, de par leur soumission absolue à leur égo neuronal (Epistémologie Générale, chapitre V-10) et le contrôle tyrannique que ce dernier exerce sur leur conscience. Ainsi, quand ils entendent parler de véritables expériences spirituelles, ils les interprètent selon leurs propres divagations égotiques, incapables qu’ils sont d’imaginer la conscience sans égo.

C’est ainsi que tant de scientifiques (par ailleurs honnêtes, et sérieux dans leur spécialité) dénigrent-ils la spiritualité avec tout un tas d’interprétation fantaisistes et non-informées. Par exemple, de voir des jolies couleurs dans un trip LSD est interprété comme une expérience angélique. Bon, les gens avec des migraines voient aussi des jolies couleurs, mais ils ne disent pas que c’est des anges.

Rappelons donc le b a ba de la spiritualité: les expériences spirituelles n'arrivent que quand l'égo est déconnecté. Sinon, c'est de l'imagination. Toujours. Et de la mythomanie, si en plus on y croit.

 

Ces erreurs malheureuses auraient normalement du être oubliées avec la fin du mouvement hippie. Il n’en a rien été, pour plusieurs raisons:

😐Jusque vers 1980, les Hippies, les gauchistes et Mai 1968 restaient la seule référence pour une société plus avancée, avec personne pour expliquer leurs erreurs. Beaucoup de gens ont donc continué à essayer les drogues, et parfois les dures après avoir constaté que les «douces» ne font rien.

😯Après 1980, avec l’arrivée à l’âge adulte de la génération au plomb tétraéthyle, le mouvement crado-punk et ses dérivés étaient au contraire des mouvements anti-vie et réactionnaires, opposés à la conscience et à la spiritualité. La drogue offrait alors un moyen efficace de s’auto-détruire dans le style. Mais la pire contribution des crado-punks a été de faire passer insidieusement la drogue de «marginale» (Hippie) à «socialement acceptable» («prolo»).

😲Il s’est rapidement établi un lobby international de la drogue, un des plus puissants avec ceux du déni climatique ou de la souffrance animale. Suffisamment puissant pour contraindre des gouvernements, et imposer leur propagande dans les médias. Ils ne disent ni ne font rien d’illégal (en apparence, car en réalité ils servent de façade légale aux pires gangsters). Mais ils répandent des idées fausses sur la drogue, et souvent ils influencent divers partis politiques. En France, ils contrôlent les Socialistes et les Verts. Aux USA, ils ont les Libertariens et une partie des Démocrates sous leur botte. Ils sont également une des baronnies les plus puissantes sur wikipédia, tentant systématiquement d'expurger les pages sur les drogues de presque toute information révélatrice. Dans certains pays ils vont jusqu’à aligner des chars d’assaut contre leur gouvernement! La partie «sale», le trafic, reste bien sûr une affaire de gangsters, parfois en col blanc, mais le plus souvent armés et violents. Le soin de passer les frontières est confié à des «mules» jetables, ou par divers circuits bien cachés, jusqu’à des sous-marins! En France, la vente au détail est confiée aux bandes fachistes des «cités sensibles», ceux-là même qui recrutent aussi pour le DAESH. En effet, des barjots dangereux à l’aura brune puant à plus de vingt mètres, quelle meilleure sélection pour attirer des gens spirituellement totalement bouchés, capables de s’offrir corps et âme à ces nouveaux esclavagistes.

 

 

Féministes ou féministes?

(Permalink) Ajouté en Décembre 2025:

juste à côté de chez moi rue des Coutelier se trouvait un local de féministes, qui organisaient un hébergement d’urgence pour femmes fuyant un compagnon abusif. Rien que de très bien, pensions-nous, et, un jour, les voyant sur leur terrasse, un copain et moi leur avons dit bonjour. Leur seule réponse fut des regards mauvais.

C’était déjà curieux, mais l’affaire ne s’arrête pas là: le copain en question racontait que, en fait d’hébergement d’urgence, le groupe harcelait leurs soi-disant protégées pendant des heures pour qu’elles acceptent des rapports homosexuels. Ainsi, loin d’être en sécurité, leur victimes tombaient d’un enfer à l’autre! Cette histoire est-elle vraie? En tous cas ce ne sont pas les regards mauvais qui vont les disculper. (Proverbe supposé chinois: quand on crache contre le vent, tout nous revient dans la figure)

 

Cet incident, et beaucoup d’autres, ont entraîné la prise de conscience que certaines personnes se réclamant du féminisme sont en fait des misandres ou des suprématistes féminines (femnazi aux USA), voire tout simplement des gauchistes dualistes faisant leur sempiternel entrisme dans un mouvement qui n’a rien à voir avec aucune de leurs idéologies.

Le problème est que aujourd’hui les suprématistes féminines parlent de plus en plus au nom des féministes (surtout dans les médias), écrasant les généreux idéaux égalitaires sous leur sexisme et dualisme. Heureusement la notion d’égalité des sexes est aujourd’hui irréversiblement implantée dans les égrégores collectifs. Et les sexistes, qu’ils soient masculins ou féminins, récoltent inlassablement les crachats qu’ils lancent contre le vent. Vous arrêtez quand vous voulez, les gars. Euh, les gars-es hihihi!

 

 

L’Association Toulousaine d’Ecologie

(Permalink) écrit en Décembre 2021

Cherchant quoi faire d’utile à Toulouse, je découvrais immédiatement des affiches de «l’Association Toulousaine d’Ecologie» (ATE). Enfin j'allais pouvoir «faire de l'écologie»!!

Il était facile de faire connaissance, dans leur petit local, à l’époque (1975) au 18 rue des Pénitents Gris (au coin avec la rue de l’Esquille).

L’écologie était vraiment naissante, pour faire un groupement d’achat de produits bios dans ce local aussi minuscule, 5 mètres sur cinq! Il y avait même une cave pour faire les réunions, quel luxe!

Je fus d’emblée séduit par la démarche de prendre en charge la distribution des produits bios. A cela, plusieurs raisons:

🐟Le bio était en gros vendu deux fois plus cher, et traité comme un produit de luxe par les commerçants (A l’époque, une quasi-exclusivité de petits magasins spécialisés, comme «La Vie Claire»). Un problème qui commence seulement à être résolu aujourd’hui (2021). Sinon, la distribution était quasiment inexistante, et les agriculteurs avaient paradoxalement du mal à écouler leur production, alors que la demande était pourtant déjà bien là. Faire un groupement d’achat bénévole et autogéré était alors le seul moyen de court-circuiter le maillon faible du capitalisme, en permettant à acheteurs et agriculteurs de se connaître. Une démarche couronnée de succès à l’époque (1975-80), et qui a certainement contribué à mettre en place un réseau de distribution. Le point faible a toutefois été le manque de spiritualité (voire l’athéisme militant de certains des membres), qui empêchait de corriger disputes et désaccords. Ce qui a mené ces initiatives à l’éclatement au bout d'un an ou deux (En France, seule l'ATE a tenu jusqu'en 1981 ou un peu plus tard). Mais la démarche a certainement contribué à l’établissement d’une distribution efficace du bio, on verra plus loin comment.

🐶Un autre problème grave était le manque de confiance dans le bio: rien ne prouvait qu’un produit étiqueté bio l’était vraiment, et le faux bio était un problème présent, même si on n’en connaissait pas vraiment l’ampleur. Il existait déjà des cahiers des charges, mais pas de vérification effective. Aujourd’hui, c’est finalement le gouvernement qui a mis en place un système de certification, avec des tests et des audits, sur le principe des autres labels de qualité. Une situation qui a des avantages: l’étiquette «bio» a maintenant valeur légale. Mais elle a aussi des inconvénients, non le moindre est que l’on ne peut plus modifier la définition du bio, même en cas de découverte scientifique pertinente. Mais ça c’est pas la faute du gouvernement, c'est la faute des fondateurs du bio, qui n’aimaient pas la science, tout en se fiant discrètement à elle pour poser leurs affirmations. (De plus, il n'y avait pas encore Internet à l'époque, mais seulement des revues scientifiques sur papier qui ne donnaient que des aperçus instantanés, sans recul ni perspective). Ainsi la définition du bio réussit le paradoxe d’être scientifiquement valable, tout en n’étant pas appréhendable par la science. Ainsi on ne peut par exemple pas étiqueter de la vitamine B12 «bio», même si elle est produite de cette façon. Par contre, on peut étiqueter de la viande «bio» fumée avec des «extraits de fumée de hêtre», c'est à dire avec de la créosote! Oui, de la créosote bio! Plus du vin bio, en attendant le haschich bio… Cherchez les sept erreurs.

🐦Une autre raison intéressante est le sens économique profond d’une telle démarche, que nous verrons un peu plus loin.

 

Il régnait alors à l’ATE une ambiance agréable et émulatrice, avec toutes sortes de gens intéressants, notamment les copains du Conservatoire Occitan. Nous soutenions les nouveautés comme cela, et eux nous soutenaient aussi. Nous avions même un petit bulletin où nous parlions de tout ce genre de choses.

Plus tard nous avons déménagé vers un plus grand local, Rue Danton (Un nom comiquement sérendipiteux, car nous y organisions aussi les réunions du Comité Contre la Peine de Mort!). Nous avions aussi un autre local rue Dautezac, les deux locaux servant aussi de groupement d’achat, avec probablement une centaine d’acheteurs réguliers au total. J’étais parmi les assidus, ne manquant pas une réunion. Toute ma vie sociale et mes amis étaient là.

Notre principale activité militante était l’antinucléare, pour lequel nous avons participé à plusieurs manifs, sans toutefois en organiser une nous-mêmes, «faute de» centrale nucléaire sur place.

L'apogée de l'ATE a été notre participations aux élections législatives de 1978, sous l'étiquette «Ecologie 78»

Cette ambiance a duré plusieurs années, avant de se dégrader, lors de mon départ de Toulouse en 1981, et la fin de l’ATE.

 

 

La Vraie Economie

(Permalink) Ecrit en Juin 2022

Un sujet tel que l'économie ne pouvait échapper aux écolos, notamment «La Gueule ouverte». En effet, il apparaissait clairement dès cette époque que ce capitalisme niais qui avait remplacé le pouvoir de la noblesse et du clergé, était une des principales causes des injustices économiques et de la pollution.

Toutefois, à la différence des Marxistes et autres gauchistes, nous nous méfions des systèmes centralisés à la façon de l'URSS (encore en cours à l'époque), générateurs d'autres formes d'injustices, et souvent pires question pollution. Cette méfiance est ce qui avait déjà conduit les Hippies et les communautés à différentes notions telles que l'autarcie, l'auto-production, le troc, le retour à un mode de vie du Moyen Age, ou à «l'échelle humaine», tous sensés «éviter» les problèmes sociaux. Le tout était basé sur l'idée que l'exploitation ne «se produit» que grâce à l'accumulation de pouvoir dans des grands groupes. Le troc, lui, se justifiait en disant que c'est l'argent qui «cause» l'exploitation. Ces vues avaient été abondamment mises en oeuvre quelques années plus tôt par les Hippies et dans le mouvement communautaire des débuts des années 1970 en France. Que tout cela se soit cassé la figure en deux ou trois ans avait stoppé toute nouvelle tentative. Mais ces échecs n'avaient pas modifié les théories sous-jacente sur le troc, l'échelle humaine, le retour au Moyen Age, etc. Juste que les gens pensaient, assez moroses, que c'était «trop difficile», se contentant alors de brandir des panneaux aux manifs, une chose qui ne demande pas d'effort pour améliorer nos personnalités.

Peu avaient compris que l'exploitation ou la pollution ne «se produisent» pas: ce sont les gens qui les font. Surtout, dans le monde moderne, rien n'oblige les gens à obéir à la propagande des médias, si ce n'est leurs névroses et leur soumission sadomasochiste à l'autorité douloureuse. Peu avaient compris que l'on ne peut pas changer les autres sans se changer soi-même d'abord: maîtriser cet égo tyrannique, et toutes ces opinions et névroses qui rendent tant de gens fous. Ceux qui l'ont compris se sont désinvestis de ce militantisme inefficace, pour se consacrer à la spiritualité, d'abord dans le Nouvel Age naïf des années 1980, puis dans le renouveau spirituel des années 1990 et suivantes. Parmi ceux-là, peu sont retournés au militantisme revendicatif, préférant travailler à des solutions plus discrètes mais plus efficaces.

 

A un moment, nous avons reçu à l'ATE un penseur de l'Economie Distributive, explorant des alternatives moins plouc au capitalisme. L'Economie Distributive est une idée de Jacques Duboin, qui l'avait exprimée en 1935 dans le journal «La Grande Relève». Partant de l'idée que les machines rendent le travail humain obsolète, il proposait un système où l'argent est créé en proportion de la production, puis distribué également entre tous, et enfin détruit lorsqu'il a servi à acheter quelque chose. Un tel système vise à rendre la spéculation et l'accumulation de capital impossibles, supprimant donc à la racine l'apparition d'inégalités sociales en faveur d'une minorité.

Je faisais rapidement mienne ces idées, et tentais quelques simulations pour voir si cela marchait. Bon, à l'époque je n'avais aucun moyen informatique, aussi mes simulations étaient-elles avec des feuilles de papier et des petites cases, ce qui ne pouvait pas aller bien loin. Tout de même, ces simulations montraient que l'Economie Distributive marche fantastiquement bien, avec de bien meilleurs résultats que le capitalisme.

Ça, je le savais déjà, grâce à une expérience «pédagogique» qui nous avait été proposée quand j'étais étudiant à l'IUT: le «jeu de l'île», supposé présenter des bases de l'économie. Ce fut une des rares occasions où j'ai pu jouer un rôle de leader dans une classe: j'avais proposé, non pas d'échanger, mais de donner la production. Le résultat avait été une réussite économique fulgurante, démontrant ainsi la validité de ces vues. Et donc au-delà, la validité des systèmes basés sur l'entraide, comme l'Economie Distributive. J'avais toutefois le sentiment que le jeu était lourdement pipé en faveur du capitalisme, mais je n'ai compris comment que bien plus tard. Et c'est ce pipage qui m'a permis de vraiment comprendre, et qui m'a mené à la Vraie Economie: l'économie sans égo. (voir un peu plus loin)

Donc l'Economie Distributive était très prometteuse. Mais il y avait un mais: il fallait que les gens acceptent de travailler, même sans y être incités par aucun intérêt personnel. C'est ce que mes simulations primitives montraient: cela marchait, mais seulement si les gens décidaient de travailler. Mais, sans salaire ni dividendes, rien ne les y oblige! Autrement dit, avec le ridicule niveau d'altruisme des gens dans les années 1970, le système distributif se serait effondré en quelque jours. Aujourd'hui 2022 il y a une monté en puissance de l'altruisme. Certes encore insuffisante pour guérir du capitalisme. Mais des systèmes comme le revenu universel, plus la sécu et autres allocations, permettraient justement d'abaisser le seuil d'altruisme nécessaire pour une économie altruiste fonctionner. On gagnerais donc plusieurs dizaines d'années.

Ce n'est que plus tard en découvrant la spiritualité que j'ai pu comprendre comment le Jeu de l'Ile était pipé. Et c'est très intéressant. Les joueurs sont distribués en trois équipes, chacune avec une production différente, de sorte que l'ensemble ne peut marcher que avec la collaboration des trois. Du point de vue des animateurs, cela faisait sens, en empêchant des gens de contourner les problèmes pat l'autarcie: il n'y avait pas d'autre moyen de gagner que de travailler ensemble. Mais cet ensemble formait en fait une entité unique, insécable. Le piège se trouvait caché dans cette division en trois: chaque équipe pouvait se construire un égo de groupe, précisément la maladie qui est à la base du capitaliste. Et dans un tel état d’esprit, les trois équipes démarreraient une compétition. C'est ce qu'attendaient les animateurs! Comme les égos sont incapables d'altruisme, suit ils refusaient tout don et les trois équipes restaient dans la misère, ou bien ils se mettaient... au capitalisme, n'acceptant de donner que en échange d'autre chose. Même si ce n'était «que» du troc, c'était déjà du capitalisme. Le jeu «marchait» alors, ce qui prétendument «démontrait» la nécessité de l'argent, du capitalisme, et plus généralement de l'échange conditionné (dont le troc n'est qu'une variante primaire). Les animateurs avaient même essayé de nous piéger à deux reprises, en favorisant puis défavorisant une des trois équipes qui regimbait à l'idée de l'altruisme. Nous avons alors donné notre production aux récalcitrants! En prenant bien garde que nos bateaux reviennent vides, pour bien montrer aux animateurs que c'était un don. L'énorme expansion économique qui en a résulté a eu raison des derniers récalcitrants. Mais nous avions eu chaud: le jeu comprenait des billets de banque déjà prêts, et les animateurs racontaient que dans d'autres instances les gens avaient été jusqu'à se faire la guerre, fabriquer des armes, etc.

 

C'est cette histoire d'égo qui m'a fait finalement comprendre qu'aucune régulation légale, algorithmique ni technique de l'économie n'est possible. En effet, quelque système que l'on imagine, les égos tenteront toujours de le subvertir. Par exemple en devenant régulateurs. L'expérience de l'URSS le démontrait amplement: de 1917 à 1995, les Russes ont eu tout le loisir d'appliquer une économie non-égocentrique, avec le soutient enthousiaste et l’aide active de leur gouvernement. Mais ils ne l'ont pas fait. La terrible malédiction karmique qui en a résulté les poursuit encore en 2022, avec un système économique corrompu et inefficace.

 

Mais cela a aussi des conséquences positives: il n'est en fait nul besoin de chambouler les règles de la finance, ni de faire des révolutions, pour se libérer du capitalisme. Le ferions-nous, que nos égos détourneraient ces révolutions d'une autre façon (comme cela est arrivé en URSS, dans les communautés Hippies, etc.). Ces destructions ne sont nullement nécessaires à notre progrès spirituel. Par contre seul ce dernier permet de contrôler nos égos.

Même sans complet contrôle de nos égos, nous pouvons au moins aider les plus pauvres avec un revenu minimum, la sécurité sociale, des allocations, etc. afin d'éviter l'extrême pauvreté.

J'ai ajouté depuis peu l'idée d'une monnaie unique mondiale (appelée $ol, ou S¤l, prononcer Sol), afin de mettre fin aux inégalités artificielles entre pays.

Mais ce qui viendra vraiment à bout du capitalisme sera les gens devenus suffisamment altruistes et responsables pour s'engager eux-mêmes dans des activités utiles aux autres, comme ils le font de plus en plus avec des dons humanitaires, des associations citoyennes, le financement participatif, etc. Ainsi l'économie est finalement une affaire spirituelle, où l'on ne progresse dans le monde concret que au fur et à mesure que l'on contrôle notre égocentrisme. La croissance d'une économie non-égocentrique serait même l'indicateur le plus sûr de notre progrès spirituel collectif.

 

J'ai toutefois jugé utile de créer quelques concepts, afin de répondre aux pseudo-critiques les plus courantes. En gros, la Vraie Economie est basée sur un double état d'esprit, plus l'exclusion de toute idéologie:

 

▶️ L'Esprit de Vraie Economie, de vouloir travailler chacun pour l'ensemble,

▶️ La Confiance en la Vraie Economie, de penser qu'elle permet effectivement les résultats attendus.

 

Les personnes avec un tel état d'esprit peuvent alors se rassembler en Cercles d'Activités, chacun destiné à satisfaire un besoin précis, en faveur de l'ensemble. Il ne faut pas confondre un Cercle d'Activité avec une communauté autarcique telle que l'ont imaginé les Hippies: bien au contraire, les flux économiques le traversent librement. De plus, contrairement à une communauté et même à un kibboutz, ce n'est pas le Cercle d'Activité qui serait en charge de soutient de vie de ses ouvriers. Ce dernier est assuré gratuitement par l'ensemble des autres Cercles (En effet, c'est un autre besoin, à couvrir par d'autres Cercles). Enfin, la production y est décidée par l'ensemble de ses membres, qui se sont rassemblés à cette fin (même si ils ne sont pas tous travailleurs). Enfin les ouvriers proprement dits autogèrent leur travail. (La structure capitaliste la plus proche est l'investissement par souscription: les futurs clients avancent l'argent pour organiser la production, qui sera ensuite distribuée entre les membres).

 

C'est donc une théorie assez élaborée. Mais c'est bien le groupement d'achat de l'Association Toulousaine d'Ecologie qui m'a été précisément inspiré la notion de Cercle d'Activité. Ce groupement était la preuve concrète qu'une telle structure fonctionne, qu'elle est facilement appropriable, et qu'elle permet effectivement de construire une meilleure économie et une meilleure vie. Pour nous, elle était l'occasion de vivre ensemble fraternellement, en faisant connaître le bio. En aval, en permettant à des gens de vivre bio à moitié prix du commerce à l'époque. En amont, en offrant un débouché aux producteurs, dont ils manquaient cruellement (Tant le bio était ostracisé dans les années 1970). Je me souviens en particulier d'un producteur qui, faute de débouché en bio, vendait son lait à une marque de yaourt. En effet, le lait chimiqué des autres producteurs était si chargé d'antibiotiques que leur yaourt ne fermentait pas! Ce producteur cultivait aussi lui-même la nourriture de ses vaches, tout en produisant du blé, sur un assolement de trois ans, de sorte qu'il n'avait pas d'autre intrants que le gasoil.

 

Si de telles initiatives étaient si efficaces, pourquoi n'ont-elles pas continué? En effet, l'ATE était la dernière survivante de son espèce, des dizaines d'autres avaient fermé au bout de quelques mois. La raison en a été l'athéisme militant si fréquent chez les écolos Charlie Hebdo, qui leur interdit tout travail spirituel. Ainsi, ils se retiraient tout moyen d'harmoniser leurs relations ou d'abolir leurs égos! A l'ATE nous avions une équipe assez fraternelle, et certains on proposé des week-ends timidement qualifiés de «relaxation» ou de vivre ensemble. Mais cela ne pouvait pas aller loin, avec des leaders qui voyaient «du mysticisme» dans ces initiatives. Une fuite d’énergie aussi sévère explique que l'égrégore de l'ATE ait fini par se dégonfler, menant à sa fin.

 

J'avais aussi compris dès cette époque que la Vraie Economie a une structure fractale, même si je n'avais pas saisi le concept de fractale lui-même. En effet, on a un grand nombre de petits Cercles locaux, assurant des productions de base. Mais plus on monte dans l'organisation, plus les Cercles touchent de gens, tout en concernent une part de plus en plus petite de la production. Sont dans ce cas par exemple la fabrication de circuits intégrés, avec seulement quelques usines dans le monde. Ce dernier point remet à sa place le concept «d'échelle humaine»: dans la Vraie Economie, chaque échelon est sa propre «échelle humaine», sans que nous soyons bornés à de petites organisations à cause de nos défauts psychologiques (Un des éléments qui avaient mené à l'échec des tentatives Hippies). Ainsi la Vraie Economie peut-elle appréhender l'exploration spatiale ou Internet, sans prétendre qu'ils seraient «trop gros». Et on a déjà des initiatives dans ce sens, avec divers comités non-lucratifs gérant tel ou tel aspect d'Internet ou des logiciels gratuits.

 

Bien entendu la Vue Idéale ci-dessus, ou Vue de Vraie Economie Absolue, ne marche que si les gens ont assez d’Esprit de Vraie Economie, c'est à dire une maîtrise psychologique suffisante pour empêcher tout désir égocentrique de pervertir leur activité. Pour les gens qui n'ont pas ce niveau, leur première question est «mais nous avons besoin de garanties». Oui, des garanties contre les tricheurs bien sûr, mais aussi et surtout contre leurs propres défauts psychologiques!! On pense à des garanties comme des tickets, des administrations répartitrices, de l’argent distributif, etc. Mais pourquoi en inventer, de telles garanties existent déjà: l'argent, le salariat, les contrats, les statuts sociaux, les structures, les conventions collectives, etc. Toutes choses dont des gens sans égocentrisme se passent sans même y penser. Mais ceux qui ne savent pas encore nager ont besoin de bouées!

 

L'idée alors est une Vraie Economie de Transition, où chaque groupe tentera de se comporter selon la Vue de Vrai Economie Absolue, tout en utilisant les garanties que eux jugeront utiles pour y arriver. Ainsi ils se comporteront comme dans la Vue Absolue, mais avec la sécurité des garanties.

On arrive ainsi à un système très efficace, très diversifié, permettant à chacun de trouver sa place, depuis un pur capitalisme jusqu'à une Vraie Economie Absolue, en passant par toutes sortes de structures innovatrices réalisant plus ou moins la Vision Absolue.

Ainsi la transition peut-elle avoir lieu sans conflit ni révolution, ni même d'urgence, au fur et à mesure que les gens évoluent, sans dépendre de réformes ni de moyens pas encore accessibles.

 

Vu son importance, j'ai développé deux fois les concepts de la Vraie Economie: dans un livret «La Vraie Economie» publié en 1999, et dans «Epistémologie Générale» chapitre VI-8.

Bon, en 1999 mes propositions ont été accueillies avec un silence assourdissant, aggravé depuis 2010 par la scotomisation des petits acteurs sur Internet.

Toutefois je constate depuis quelques années qu'un nombre croissant d'initiatives reprennent les principes de la Vraie Economie de Transition: le revenu minimum, la sécu pour tous, le financement participatif, les fondations citoyennes, etc. C'est ce qui me fait dire que la société actuelle est en progrès spirituel rapide, contrairement à avant 2000 où la moindre concession devait être arrachée de haute lutte.

 

Je signale aussi cette page où je me suis finalement livré à une véritable simulation informatique, mettant en scène des «agents» «parfaitement égocentriques», se rencontrant au hasard et investissant chacun sur l'autre. Un tel système aboutit très rapidement à une société très inégalitaire, comme observé avec le capitalisme (plus un investisseur devient gros, plus il peut gagner d'argent, alors que les plus pauvres ne peuvent jamais investir, et donc ils diminuent encore). Rien que de parfaitement connu jusque là. Mais la simulation permet d'introduire trois comportements altruistes:

🐶un pourcentage variable de gens parfaitement altruistes, de zéro à cent pour cent

🐙un pourcentage d'altruisme égal pour tous, de zéro à cent pour cent

🐴une taxe sur les plus riches vers les plus pauvres, dosable depuis un socialisme gentillet jusqu'au bolchevisme extrême.

Un premier résultat a fait l'objet d'un papier scientifique «An econophysics simulation of altruistic economy» publié dans Physica A (Science Direct) (article n°35, March 15, 2005, volume 348, page 453-464). Il montre qu'une économie altruiste passe d'une répartition très inégalitaire (dite Loi de Pareto) à une répartition bien plus égalitaire (Loi Gaussienne), en ne nécessitant qu’un niveau d'altruisme finalement assez bas, dans les 20%. Il n'y a donc pas besoin d'être des saints pour en finir avec le capitalisme, juste de ne pas être idiot.

 

Mais je me suis aperçu d'un autre résultat depuis. Si un pourcentage de gens totalement altruisme est peu efficace (ils se font plumer par les autres), par contre un impôt modéré sur la richesse abaisse considérablement le niveau d'altruisme requis pour mettre fin aux honteuses inégalités capitalistes et passer à une répartition égalitaire. D'où l'intérêt de la Sécurité Sociale, des allocations diverses, des revenus minimums garantis, et bien sûr des taxes sur la fortune. (qui n'ont pas besoin d'être extrêmes comme le bolchevisme, ce dernier s'avérant en fait contre-productif en créant de la misère pour les plus riches). Il a même été démontré scientifiquement que les bénéficiaires d'un revenu minimum sont bien plus susceptibles de s'engager dans diverse initiatives utiles. Et c'est bien ce que l'on observe avec l'augmentation rapide et historique des dons humanitaires et des associations citoyennes.

Par contre les taxes indirectes comme la TVA vont à l'encontre de cet objectif, en touchant les pauvres: l'état donne d'une main et reprend de l'autre. L'idéal serait de supprimer la TVA et re restaurer des impôts directs sur les bénéfices ou sur la fortune. Mais, comme la TVA est la création du dieu Giscard, la supprimer entraînerait toutes sortes d’oppositions enragées. Aussi je propose plutôt d'associer les comptes bancaires de bénéficiaires d'allocations à des exemptions automatiques de TVA: tout est dans l'ordinateur, et ni l'allocataire ni le petit commerçant n'ont à se soucier des milliards de petits calculs.

 

 

Gare aux GARI

(Permalink) écrit en Septembre 2021

Certains frémiront à l’idée que j’aie pu fréquenter des «terroristes» anarchistes comme les GARI. En fait, à l’époque nous n’étions pas encore sortis de la suprématie du Marxisme dans la vie politique en France. Ainsi, même dans les milieux écolos comme l’ATE, les anarchistes étaient encore considérés comme un projet valide d’une meilleure société. On commençait seulement à comprendre que la violence n’est pas un bon outil pour cela, mais on n’en était pas encore à s’en désolidariser clairement. Une ambiguïté digne de l’époque, mais impensable au 21eme siècle.

Je pense tout de même que nous n’aurions pas fréquenté des GARI qui auraient tué ou menacé de le faire. A l’époque, nous ne pensions pas qu’ils le fissent, mais aujourd’hui, bien en sécurité 50 ans plus tard, wikipédia attribue aux GARIs une série d’attentats, dont beaucoup auraient pu tuer des innocents. Je ne sais pas d’où sortent les cas de wikipédia (probablement par confusion avec les terroristes Basques, réellement dangereux), mais nous étions certains que «notre» groupe des GARI de Toulouse n’étaient pas des tueurs, même pas des terroristes au sens strict. Ils avaient tout de même été arrêtés et condamnés, pour avoir enlevé et séquestré le patron d’une entreprise en grève. C’était donc plus proche d’une action syndicale que du terrorisme, fait reconnu par le tribunal qui leur a donné des condamnations relativement légères. Une fois sorti de prison, ce groupe se considérait probablement comme grillé pour toute action illégale. Ils ont alors fondé une imprimerie militante, l’Imprimerie 34 (ou I34), initialement 34 rue des Blanchers à Toulouse, d’où le nom. Et ils ne chômaient jamais: tout ce que la région de Toulouse comptait de gauchistes, écolos, intellos ou artistes se sentait obligé de «soutenir l’I34». Ce sont eux qui ont imprimé nos affiches pour Ecologie 78, et celles de plusieurs autres formations pour ces élections. Un pactole probablement unique pour toutes les imprimeries de Toulouse!

Cette relation avec l'imprimerie explique que nous fréquentions ces gens, sans toutefois nous mêler d’activités illégales, qu’ils avaient de toutes façons arrêtées à cette époque. Et, comme ils avaient purgé leurs peines de prison, il n’y avait plus de raisons de les snober. Bon, aujourd’hui il est hors de question que des spirituels ou des végans aient de telles fréquentations, qui appartiennent désormais à l’Histoire.

L’affaire n’a toutefois pas été négative à l’époque: Ils étaient les animateurs du Comité Contre la Peine de Mort de Toulouse. Et pour eux ce n’était pas qu’un exercice de style: Le monde bruissait encore de l’horrible mise à mort de Puig Antich par les voyous franquistes, pour sa participation supposée à l’élimination de Carrero Blanco, le dauphin de franco. (Aujourd’hui wikipédia se ramène avec une histoire totalement différente, l’accusant du meurtre d’un policier dans le cadre d’un mouvement d’indépendance de la Catalogne en 1973, mouvement dont on n’entend pourtant parler que depuis 2015 environ. En 1973 les Catalans avaient des choses bien plus urgentes à se soucier, comme de se débarrasser de franco et de sa clique).

 

Il s’est alors passé une chose «fort curieuse»: un article de journal (Le Monde, si mon souvenir est exact) a dit que Bernard Réglat, le directeur de l’Imprimerie 34, était «en fuite». Mensonge, car il avait purgé sa peine jusqu’au bout, et il était donc définitivement libre comme vous et moi. Et de plus bien visible quotidiennement à Toulouse, dans les locaux de l’I34 ou au comité contre la peine de mort. Mais la conséquence a été assez étrange: Bernard a été arrêté de nouveau, par la police de Toulouse! Un pataquès qui aurait normalement dû s’arranger en quelques heures ou quelques jours. Mais Bernard a été arbitrairement emprisonné pour plusieurs mois! Jusqu’à ce que le tribunal découvre qu’il n’avait aucune condamnation en cours justifiant de le maintenir en prison. Il est donc très clair que la Police de Toulouse était également infiltrée par des fachistes ou par des sociopathes jouant aux siloviks, même si ils n’avaient pas su attirer une caution aussi «prestigieuse» que papon à Bordeaux.

(Ce problème était encore présent lors de la catastrophe de l’AZF, quand des informations privées connues des seuls enquêteurs ont «fuité» vers un fanzine d’extrême droite local méconnu, mais sur lequel la grande presse avait pourtant les yeux rivés, comme si tout avait été orchestré à l’avance, exactement comme avec l’affaire Frank Fontaine. C’est ce qui est à l’origine de la théorie conspirationniste raciste prétendant que la catastrophe aurait été un attentat par un employé Arabe de l’usine.)

Ainsi nous avons vécu plusieurs mois avec cette impensable anomalie: une personne arbitrairement emprisonnée sans motif, sur la simple demande régalienne d’un média! Les choses sont allées jusqu’à un attentat à l’explosif contre leurs locaux rue des Blanchers, qui aurait pu toucher des passants ou des riverains. Avec par-dessus tout ça, le sourire insolent de faux démocrate du président Valéry 1er le radioactif. Une telle dissonance cognitive incitait plutôt à la solidarité pour les GARI (ce qui s’est passé), et a probablement retardé de plusieurs années l’adoption véritable de la non-violence par les écolos, commencée vers 1976 mais actée seulement vers 1979-80 (ce qui a entraîné indirectement l’arrêt des manifestations anti-nucléaires, voir comment à propos de Creys Malville).

 

Un jour l’I34 a déménagé au château de Thil, à l’ouest de Toulouse, où ils disposaient de locaux bien plus grands, et du château, qui leur permettait d’avoir une petite communauté de vie. Ceci aurait pu m’intéresser, mais je ne leur ai pas demandé, pensant qu’ils ne voudraient pas de moi. De plus, je commençais à trouver leur compagnie «inexplicablement» sombre et déplaisante, sans encore comprendre pourquoi.

 

Ce qui fit basculer la situation, fut l’année où l’on a commencé à parler des NDE dans les médias. A la limite, j’aurais pu admettre que certains soient incrédules face à une découverte qui transformait si radicalement nos vies (certainement la plus importante découverte scientifique du 20eme siècle). Mais la réponse de plusieurs membres de l’I34, de l’ATE, de l’équipe Cabu dans Charlie Hebdo et «La Gueule ouverte» fut étonnante: ils ne refusaient pas le fait, mais ils étaient contre la continuation de la conscience après la mort! Ainsi, un idiot écrivait que l’on avait des «hallucinations pépères» avant de mourir! Un autre a même consacré une pleine page à expliquer qu’il «n’avait pas d’âme»! (Le pire échec au Test de Turing). C’était l’ultime forme d’idéation suicidaire: détester la vie au point de rechercher, non seulement la mort physique, mais carrément l’annihilation de la conscience! Du jamais vu depuis que la croisade des Albigeois avait déterré les Cathares de Toulouse pour les brûler (et empêcher ainsi leur résurrection, croyaient-ils).

Ainsi, cette presse que nous pensions au service de la vie et du bonheur, montrait-elle son vrai coeur maléfique et noir.

Et ce n’est pas un cas unique, ni une mauvaise rédaction: dans le cas de Michel Mélendre, Charlie Hebdo l’appelait bien «un contacté». Ainsi, ils ne dénonçaient pas un faussaire, mais ils rejetaient les extraterrestres eux-mêmes!!! Ils ont même représenté les Tibétains de Dhagpo Kagyu Ling en beaufs de Cabu! Ainsi il est clair que dans leur esprit ce vocable «beauf» ne désigne pas des réactionnaires, mais bien tous ceux qui ne partagent pas leurs croyances nihilistes. Cette haine de la conscience de l’équipe Cabu est la véritable racine de leur intégrisme athée, qui devait les mener aux caricatures de Mahomet, et finalement à la mort. Bien entendu les médias se sont allègrement servis de cette horrible fin pour attiser la haine des Arabes, en se gardant toutefois bien d’en exposer la cause: cette haine de la conscience qu’ils avaient manifestée dès cette époque, en découvrant les NDE. Mais l’histoire ne s’arrête probablement pas là: d’après les découvertes scientifiques récentes, leur entêtement morbide en fait d’excellent clients pour des NDEs négatives à sensation de vide absolu. Ce que les scientifiques ne savent pas, c’est combien de temps ça peut durer.

C’est une de ces personnes incroyablement négatives qui est devenue par la suite directrice de l’I34. Quant je l’ai connue je la trouvais sympa (encore qu’elle se donnait déjà des airs de fausse moche), mais après le coup des NDE elle s’est mise à m’agresser verbalement à chaque réunion. Ces terribles idéologies négationnistes de la conscience rendent fous mêmes les meilleurs.

 

Puis un jour, je remarquais que l’ATE avait changé d’imprimeur. Étonné, je demandais pourquoi, et obtenais cette réponse: «On en avait marre de se faire engueuler tout le temps». Je n’avais rien à répondre à cela, pour une raison très simple: ayant demandé à l’I34 comment ils faisaient pour se mettre d’accord dans leur communauté, j’avais obtenu cette autre réponse étonnante de Bernard Réglat lui-même: «on se bat».

Tout cela éclairait leur groupe d’un jour nouveau, ou plutôt d’une obscurité entièrement nouvelle.

Il était donc clair que l’Anarchisme et le Marxisme étaient de noirs fantômes du passé, poursuivant des buts totalement différents des nôtres, pédalant complètement à l’envers des nouveaux mouvements non-violents, écolos, spirituels, lumineux, végétariens.

 

Quand je suis rentré du Faitg en 1990, l’I34 était revenue à Toulouse, près de l’hippodrome. Mais elle n’avait plus beaucoup d’activité, et elle a été mise en liquidation judiciaire peu après. Marxisme et anarchisme avaient passé leur époque. Ou bien les clients fuyaient la vibration obscure de gens aussi négatifs.

 

Ajouté en 2026: la découverte de la survie de la conscience a aussi changé une chose fondamentale: la mort n’était plus le mal absolu justifiant de tuer quiconque s’oppose à la vraie vie. C’est ainsi que la violence est devenue définitivement hors-jeu comme moyen de construire un monde meilleur. La découverte de la spiritualité dans les années 1990 devait au contraire pointer aux vraies méthodes, comme la psychoéducation, ou le travail sur les égrégores. Mais surtout de donner le bon exemple soi-même!

 

 

Les siloviks 1

(Permalink) écrit en Aout 2023

J'ai écrit un peu plus loin ce que sont les siloviks.

Même si elle n'avait pas pu attirer de caution aussi «prestigieuse» que papon, la police te Toulouse comptait une bande de siloviks mal purgés du pétainisme, ou pire. Ce sont eux qui ont arrêté et jeté Bernard Réglat en prison, sans motif. Bon, on n'était pas vraiment harcelé par la police à Toulouse, mais on était souvent contrôlé pour «délit de sale gueule» (les avocats on légalisé cette expression avec «délit de faciès»). Officiellement ces brimades s'adressaient aux Arabes, mais ils n'étaient pas les seuls, tout le monde y était exposé, surtout la nuit ou dans les lieux isolés.

Je me rappelle une fois un flic qui me demande mes papiers. Il faisait noir, et sa voiture de police n'était pas très visible. J'ai répondu «qui êtes-vous» d'un air effrayé comme dans les feuilletons de la télé. Il a baissé le ton, se rendant probablement compte que son attitude laissait à désirer, lol. Je suis méchant :D

 

Mais l'exploit qui a fait connaître les siloviks de Toulouse aux yeux du grand public a été d'avoir laissé fuiter des éléments privés lors de l'enquête sur la catastrophe de l'AZF. Lors des premiers jours de l'enquête, tout le monde était abasourdi de cette explosion «incompréhensible», et toutes les pistes étaient ouvertes. Ainsi la police a vérifié les corps des ouvriers morts dans l'explosion, pour un possible attentat-suicide (encore que l'on voit mal comment quelqu'un aurait pu transporter plusieurs tonnes d'explosif dans sa poche, sans se faire remarquer au poste de garde. Les dits gardes étaient pourtant très chatouilleux, je me suis fait une fois engueuler simplement de passer devant la porte, lol). L'un des ouvriers, Arabe, portait plusieurs caleçons, un détail parfois trouvé dans les attentats-suicide de prétendu «Jihad». La police a donc vérifié si cet homme avait eu des contacts avec des milieux terroristes. Ce n'était pas du tout le cas, et donc cette piste a été abandonnée.

Toutefois cette information a «fuité» dans un fanzine local d'extrême droite (inconnu, son nom n'a jamais été donné, si tant est qu’il n’est pas une pure invention des médias). En seulement deux jours elle a fait le tour des médias, qui ont publié toute l'affaire, publiant le nom de cet ouvrier, développant la «thèse terroriste» et reprochant à la police d'avoir «abandonné la piste» (Apparemment tous ces gens pensaient que soupçonner un Arabe étant équivalent à le condamner sans passer par le tribunal). La publication de ces informations par la police constituait une faute professionnelle, qui n'a jamais été sanctionnée, ni même dénoncée. L'appartenance d'officiers de police à une organisation extrémiste n'a jamais été sanctionnée non plus. Et les médias étaient dans le coup, car ils savaient précisément où et quand regarder, dans une revue inconnue: ils ont fait toute une affaire d'informations évanescentes qui n'avaient même pas à être publiées... mais qui permettaient de dénigrer un Arabe!!! Et, couronnement, wikipédia a immortalisé toute l'affaire, humiliant cet homme pour l'éternité, en citant comme source tout le verbiage médiatique à ce sujet. Oui, wikipédia n'aime pas les «sources primaires» (comme le rapport de police disant qu'il n'y a rien à voir), il y préfère les «sources secondaires» (tout le blabla médiatique se citant les uns les autres, qui voit un complot terroriste là où il n'y a qu'un pauvre gars qui vivait simplement sa vie).

 

J'ai eu un aperçu personnel du groupe de siloviks dans la police de Toulouse, entre 1993 et 1997 (avant l'AZF donc). Suite à un des innombrables incendies criminels de voiture à la cité Bagatelle, des parements s'étaient déformés sur la mienne (une Citroen BX à l'époque. J'avais besoin d'une bonne voiture pour transporter mes enfants à chaque vacances). Toutefois les assurances considèrent que le «responsable» était... la victime, celui dont la voiture avait été incendiée!!! Ce n'est pas la seule absurdité du droit français, souvent écrit par des gens totalement déréalisés. Pour faire marcher mon assurance, il me fallait donc trouver qui était cette victime, ou au moins trouver son numéro d'immatriculation. Problème, la carcasse avait été rapidement enlevée: seule la police pouvait connaître cette information. J'ai donc téléphoné au haut lieu de la police toulousaine: le commissariat des Remparts, qui ont transféré mon appel de poste en poste une douzaine de fois avec des explications vaseuses, pour finir par m'envoyer au «service général» où je suis tombé sur un barjot qui s'est mis à m'engueuler sans donner de raison! A ce stade, j'ai raccroché: rappelons que ce qui différencie un silovik d'un simple sociopathe est le fait qu'ils ont la force de l'état avec eux, et qu'ils peuvent s'en servir pour leurs harcèlements personnels. Je me souvenais de ce qui était arrivé à Bernard Réglat, par des membres du dit commissariat des Remparts précisément, peut-être un ce ceux qui se sont moqués de moi.

Cela s'est fini que j'ai posé la question aux pompiers, qui m'ont envoyé à la préfecture de police (Boulevard de l'Embouchure). Je m'y suis pointé, et je suis tombé sur un homme en uniforme, qui m'a répondu professionnellement qu'il ne pouvait pas me donner ce renseignement, mais qu'il pouvait le communiquer à mon assurance. Ainsi cette affaire a été arrangée, merci à ce policier qui faisait son boulot correctement!!

 

J'ignore si Toulouse est toujours servie par des siloviks. J'espère que non, mais souvent ces groupes s'entretiennent de génération en génération. En effet, ceux de Bernard Réglat et de l'AZF ne pouvaient pas être en poste depuis pétain. La perversion s'était donc bien transmise par générations: quand un service est perverti par une direction silovik, ils font monter d'autres siloviks aux postes de commande, pour la succession. Seul un coup de balai gouvernemental peut mettre fin à cette transmission du vice. (Ajouté en 2025: Mais les siloviks sont si pratiques, que, comme avec papon, aucun gouvernement ne veut s’en défaire, même pas des gentils mignons comme François Hollande)

 

 

Le Conservatoire Occitan

(Permalink) écrit en Juillet 2021

Mes lectures écologistes à Pau m’avaient sensibilisé à une idée: les territoires des pays ne correspondent pas à ceux des ethnies qui les habitent. Par exemple la France a en fait neuf ethnies, avec chacune une langue différente:

🐨Le Français, également parlé en Belgique, Luxembourg, Suisse (Sans compter le Québec, la Louisiane et toutes les anciennes colonies, dont certaines ont encore le Français comme langue officielle) plus les nombreux dialectes locaux..

🐭Le Flamand, également parlé en Belgique, au Pays bas, en Allemagne (Platz deutsh) et en Afrique du Sud.

🐾Le Breton, également parlé en Cornouailles.

🐝L’Occitan, qui comprend aussi le Val d’Aran, le Val d’Aoste et d’autres vallées sur le versant est des Alpes.

🐳Une partie du Pays Basque

🐟Une partie de la Catalogne, qui comprend aussi les Baléares et quelques enclaves en Italie.

🐨Le Corse, dialecte Italien

🐮Même un peu de Sarde au sud de la Corse, d’après certaines sources

🐐L’Alsacien, qu’il faut bien classer comme un dialecte Allemand, malgré les protestations des revanchards des deux guerres mondiales, qui ont même inventé une graphie de fantaisie pour nier cette origine («Mulhouse» s’y écrit «Milusa» alors que tout le monde sait très bien que c’est «Mülhausen», la maison du meunier).

🐝Si l’on compte les langues non attachées à un lieu, on a le Manouche, l’Arabe (nyek nyek nyek!) et même l’Amazigh! Aujourd'hui il faut ajouter l'Anglais, devenu presque un standard dans les milieux Bouddhistes ou dans les activités internationales. Sans parler des multiples communautés d'immigrés de tel ou tel pays, notamment asiatiques.

Bien entendu il s’agissait d’une réalité cachée (à l’époque. Aujourd’hui ce n’est plus caché, mais c’est toujours ignoré). N’aimant pas les réalités cachées, je faisais mienne l’idée qu’il faille défendre les langues traditionnelles, souvent moquées comme des «patois». Leur perte avait des raisons pratiques, mais c’était aussi un processus organisé par la propagande d’état.

Cela tombait bien, quand j’habitais rue Joseph Vié dans le quartier Saint Cyprien, j’étais à deux pas du Conservatoire Occitan, Place Saint Cyprien, où il y avait des cours d’Occitan, organisés par un personnage typique: Rénat (le t final se prononce). Je commençais donc à apprendre l’Occitan! De plus il y avait à l’époque un restaurant tunisien, également Place Saint Cyprien, où nous allions manger le couscous après les cours. Cela faisait une bonne ambiance d’un groupe de copains, les élèves de Rénat.

Il y avait aussi des personnages hauts en couleur, comme Bròc, arborant des moustaches à la Dali, et jouant au futur dictateur Occitan quand le pays serait «libéré». En fait, je n’ai jamais su si il plaisantait, ou si il s’y croyait vraiment. Peut-être vaudrait-il mieux que l’Occitanie reste française, ou mieux Européenne, que de tomber entre les mains d’hurluberlus dangereux. Le racisme anti-Français existe bel et bien chez certains Occitans, et il a même le potentiel de devenir violent, comme j’avais pu le constater à Mont de Marsan. Et même au Conservatoire, on va le voir:

Je me suis toutefois lassé de ces leçons au bout d’un an ou deux. En effet le Conservatoire avait aussi des atelier de restauration d’objets traditionnels. Et là, les gens disjonctaient complètement en voyant un «Franchiman» (Français), se mettant à me regarder fixement, ou à me poser d’étranges questions qui apparemment référaient à quelque histoire qu’ils étaient les seuls à connaître. Ce qui fait que, le jour où Rénat mit ses cours payants, je décrochais, concluant que être Occitan leur prenait tout leur temps, ne leur laissant rien faire d’utile.

De fait, depuis ce temps, je n’ai jamais entendu parler d’aucune initiative intéressante qui soit «Occitane». Jamais non plus je les ai vu participer à des initiatives pour un monde meilleur. C’est dommage, mais en ces temps où la vie devient de plus en plus internationale, ce n’est pas le plus gros problème.

 

Ce paragraphe ajouté en Février 2022: Finalement, je ne suis pas mécontent de m'être désinvesti de l'Occitan. Tout d'abord, personne de ces mouvements n'a jamais aidé à mes projets d'un monde meilleur. On m’a même accusé de «coloniser» l’Occitanie! Mais aussi, aujourd'hui en France, paradoxalement, seul le gouvernement soutient l'Occitan (D'une seule main, tout en continuant à normaliser brutalement la culture de l'autre main), et j'ai déjà bien trop peu de lecteurs de mes divers livres en Anglais et en Français, alors si je les avais écrits en Occitan… Pire, les revendications «régionalistes» ou de «minorités» sont bien trop souvent déconnectées des enjeux écologiques et spirituels du 21eme siècle: revendications autonomistes contre le tunnel Lyon-Turin, opposition aux éoliennes, opposition à un télescope (!!!) etc. De tous les idéaux politiques ou sociaux, le sentiment national est celui qui rancit le plus vite.

 

Mon début d’apprentissage n’a toutefois pas été inutile: outre lire un texte en Occitan ou en Catalan, je peux jaspiner en Espagnol, et plus ou moins comprendre des textes en Portugais, Italien, et même un peu en… Roumain! En effet toutes ces langues ont de trente à soixante pour cent d’étymologies communes.

 

Une scène intéressante s’est déroulée au restaurant Tunisien de la Place Saint Cyprien. Il ne se passait pas une soirée sans que j’y rencontre un copain du Conservatoire. Mais ce soir-là, arrivant un peu plus tôt que d’habitude, la salle était vide, à l’exception d’un Arabe que je ne connaissais pas. Mais je vis qu’il manipulait un oud, un instrument rare en France, de la famille des guitares mais avec une caisse arrondie. En plus c’était un chef-d’oeuvre de marqueterie, que l’on devinait très délicat. Comme j’engageais la conversation, il me laissa prendre l’instrument dans les mains, que je puisse en admirer les détails. Entre alors un copain du Conservatoire, gentil mais un peu foufou: «fais voir fais voir» s’écrie t-il à mon adresse, s'imaginant que le précieux et délicat instrument allait se faire trimballer de main en main comme une vulgaire gratte à cent balles. La cagade arrivait gros comme une maison! L’Arabe et moi n’avons alors eu qu’une seule pensée, un seul geste, parfaitement simultanés: je luis tendais l’instrument, pendant que lui allongeait les mains pour le récupérer. Le moment magique était terminé… mais il s’était conclu en beauté.

 

Ajouté en 2025: cette idéalisation de l’Occitanie et des Occitans me semble sonner bien faux aujourd’hui, si l’on considère toutes les moqueries que j’ai pu subir de la part d’Occitans, notamment au Lycée Victor Duruy à Mont de Marsan. Ils le font même entre Occitans, avec des haines entre villages, comme dans le film «la Guerre des Boutons». Mais le plus frappant a été l’institution occitane des Cagots. On s’est longtemps demandé qui étaient les Cagots, même wikipédia se confond en hypothèses sur leur origine. A l’époque ils étaient décrits comme laids et difformes, même si aujourd’hui les analyses génétiques de leurs descendants ne montrent aucune particularité. La seule explication est que les Occitans traditionnels avaient un besoin compulsif d’avoir sous la main une minorité à dénigrer et à brimer. Quitte à en désigner les membres parmi leur propre peuple, faute d’une minorité ethnique ou religieuse facilement repérable. Et c’est bien ce qu’ils ont fait avec moi à Duruy. Bon j’imagine que les Occitans n’ont pas le monopole de ce genre d’imbécilités, mais il n’est pas difficile de trouver des peuples se comportant normalement avec les minorités.

 

 

L’amour écolo-libertin

(Permalink) Ecrit en 2019, revu en 2025

On a vu au chapitre précédent que l’amour gauchiste n’est pas fameux. A Toulouse je devais avoir à faire avec les écolos style Charlie Hebdo, qui sont moins pudibonds que les gauchistes, et j’ai pu faire quelques touches. Mais sans suites sentimentales, au point que j'ai fini par refuser leurs avances. Le problème fréquent chez les militants style Charlie Hebdo, est que l’on y confond allègrement «libération» avec «libération de l’égo». Une faute spirituelle lourde, qui se traduit en amour par cette ambiance libertine de gens qui baisouillent à droite à gauche, mais sans jamais accepter de se mouiller, ni sentimentalement ni économiquement.

(A l’origine au 18eme siècle, le mot «libertinage» désignait le refus de toute morale. Le sens moderne semble émoussé, mais il garde la notion d’utiliser les partenaires sans les soutenir, sous des prétexte divers comme de contester la «famille bourgeoise» ou le couple «religieux». L’immoralité est juste moins frontale. Cette notion est très différente des conceptions Hippie sur l’amour libre, dans une communauté de vie aimantes où les gens se soutenaient mutuellement. Mais amour libre et libertinage ont été bien trop souvent confondus et mélangés, au point que les deux notions sont aujourd’hui vues comme suspectes)

 

Une façon d'être qui se traduit par d'autres formes plus indirectes de refus vicieux, comme celle qui un jour m’a dit, après plusieurs semaines de jeux ambigus, que «quand tu touches mon corps, je sens que tu me prends quelque chose». Championne de l’art de reporter sur l’autre la responsabilité d’un refus qu’elle n’avait pas le courage d’assumer! Dommage pour elle, elle avait de très beaux seins, sûr que j’aurais pris bien soin d’elle, ha ha ha!

Ajouté en 2023: ces comportements bizarres, et probablement d'autres bugs des femmes, s'expliquent en fait très bien par la façon dont on cassait les filles à l'école, jusque dans les années 1960 (1970 à Mont de Marsan), en leur inculquant l'idée que la femme doit être passive face aux hommes. Ainsi, elle n'a apparemment pas pensé qu'elle avait parfaitement le droit de refuser, puisque apparemment elle n'avait pas envie, lol

 

J'aurais d'autant plus pris soin d'elle que à ce moment je commençais à comprendre que le sexe et l’amour sont indissociables. Donc, loin de lui «prendre» quelque chose, c’était au contraire toute ma vie que je lui offrais.

En effet, entre temps, Mélanie (nom modifié) m’avait «expliqué» à sa façon que sexe et amour sont indissociables, à l'exact opposé de la vision libertine des gauchistes, des bobos et de certains Hippies. Mélanie était veuve, son mari «mort mystérieusement» aux mains de ce qui servait de «police» à l'une ou l'autre des bandes de sociopathes tarés qui «gouvernait» l'Argentine à l'époque. Rapatriée en France avec son bébé, elle était arrivée dans une des tours de la cité de la Faourette à Toulouse, chez un ami argentin, Roberto (un de ceux qui m'avaient hébergé suite à la débâcle avec les zonards). C'est elle qui m'a proposé, et ce fut ma première relation avec une femme, et celle que je regrette le plus. En fait, elle cherchait un nouveau papa pour son enfant. Mais je n’ai pas compris assez vite, imbu que j’étais des idées libertines qui circulaient à l’époque. Alors elle est partie avec un autre papa. J'espère qu'elle a été heureuse, elle le méritait. Moi en tous cas je me suis pris un sacré coup de bourdon, et je ne peux plus écouter Genesis. Mais je comprenais que c'était de ma faute, et depuis je considère les femmes en entier, pas seulement leur corps.

 

Je pense que les conceptions libertines des bobos et autres gauchistes, aussi plus ou moins endossées par les Hippies, on fait plus de mal à leurs mouvements que la drogue. Pas du gros chambardement social visible, mais toutes ces familles brisées, ces amours perdues, ces enfants sans parents, toute cette tristesse, solitude et souffrance. Comment prétendre bâtir une meilleure société, si on n’est même pas capable d’entretenir sa cellule la plus basique?

J‘ajoute, il semble que l’amour, cette forte attirance sentimentale pour une personne avec qui on a fait l’amour, ne se produirait qu’une seule fois. Bon je n’ai pas de statistique suffisante, mais je serais curieux d’étudier la question.

 

En plus, à l'époque, on connaissait en fait très peu sur le sexe. Le clitoris venait tout juste d'être inventé, le point G était encore en cours de rentrée atmosphérique, les tantras et la rétention de l'éjaculation étaient encore en transfert interstellaire. Bref on n'y connaissait rien de rien, et les manuels d'éducation sexuelle soi-disant «libérés» ne donnaient aucune indication concrète sur comment donner ou obtenir le plaisir. Et encore moins parlaient-ils de l'amour et comment l'entretenir. A en croire ces manuels, il suffisait de mettre le pénis dans le vagin pour tous les deux éprouver un immense plaisir! Rien n’est plus faux, et ce n'est que dans les années 1980 que l'on a commencé à parler du vrai sexe. Aussi, dans ma maladresse de débutant, je ne savais rien faire d'autre que de juter comme un moldu, laissant Mélanie espérer mieux la fois suivante. Plus mon PTSD suite à la souillon du Foyer Saint Jean: à chaque fois que je voyais un sexe féminin, c'est cette puanteur qui revenait dans mon esprit. Je n'osais même pas me servir de mes doigts!

 

Quant aux communautés hippie «sans couple», l'idée était effectivement très présente à l'époque, on voit même un exemple de gens affirmant vivre ainsi dans le film «La Vallée», et dans le film officiel d’époque sur Woodstock. Mais je pense que cette idée était surtout due à un groupe appelé «La Famille», issu du mouvement Hippie. Je pense que c'est eux qui m'ont piquée ma binôme de travaux pratiques à Toulouse, en 1976 donc. Elle n'a pas été emmenée hors de France, mais elle m’a tout de même demandé de ne plus la rencontrer, n'ayant apparemment pas le droit d'avoir des amis hors de leur groupe! D’où la qualification de secte. J'ignore ce qu'est devenu ce groupe, dont on n'entend plus parler aujourd'hui.

En fait la véritable idée des vrais Hippies n'était pas de vivre sans amour, mais dans une union multiple, l'amour partagé entre tous. Ce que l'on appelle polyamorie aujourd'hui. La négation de l'amour et sa dissociation du sexe sont en fait apparus plus tard, en France chez les zonards, puis dans Charlie Hebdo, chez les Verts, les Socialistes, les bobos, etc. Ainsi, malgré leurs prétentions de féminisme, ils n'ont fait ainsi que rejoindre le machisme général de la droite, utilisant les femmes selon leurs seuls désirs égocentriques. Ce n'est pas un certain François VI le volage qui me contredira, lui qui a abruptement plaqué une bonne épouse pour une gourde qui a réussi à faire sortir Woody Allen de ses gonds.

 

Ajouté en Aout 2022: Je me suis aussi aperçu que les mots utilisés à l'époque pour les femmes, comme «fille», et surtout le destructeur «nana» des gauchistes, limitent en fait les femmes à la seule dimension sexuelle, reniant totalement le fait que à tout moment elles peuvent aussi devenir amoureuses, et même mères (Ce qui nous fait alors automatiquement devenir époux ou pères, des responsabilités qu'il nous faut alors assumer d'une façon ou d'une autre). Pour cette raison je n'emploie plus ces mots, même dans mes rêveries érotiques je pense «femme». Bon, d'ac, gentille fefemme blonde pleine de seins, mais femme entière, avec un coeur.

 

Ajouté en Aout 2023: en fait, aujourd'hui, et déjà à l'époque, nous ne pouvons que constater que tout le discours sur la libération sexuelle et le féminisme n'a débouché que sur la culture de l'égo. C'est à dire de notre pire ennemi, un démon vivant dans notre propre conscience et luttant pied à pied contre notre bonheur, guettant à chaque instant des occasions de nous faire ruiner notre vie de nos propres mains. Beaucoup des féministes qui avaient dénoncé la vision de la «femme objet» chez les hommes phallocrates, n'ont en finale fait que reproduire cette vision elles-mêmes, prenant ou rejetant des hommes-objets au gré de leurs propres fantasmes sexuels. Même les lois et coutumes sociales sont en train de virer au suprématisme féminin, simple inversion Yin☯Yang de l'ancienne phallocratie: une femme peut librement agresser sexuellement un homme, le séduire, puis le répudier à sa guise, alors que même une proposition masculine aimable peut maintenant être considérée comme une agression sexuelle!

 

Pire, les plus fantastiques découvertes de la fin du 20ème siècle, comme le sexe tantrique, ne sont aujourd'hui connues que d'un nombre infime (en France), et quand on parle d'échange d'énergie dans un couple, les gens nous regardent fixement, ou ils disent qu'on est dans une secte. Au mieux, les prétendus «spiritualistes» visualisent «des lumières» circulant entre les membres du couple. Ce refus des «énergies» est d'ailleurs très sélectif: les mêmes nous demanderont de mettre plus d'énergie dans notre travail, ha ha ha ha ha! Personne n'a pourtant imaginé que de visualiser des lumières dans un balai rendrait la maison propre.

 

Bon, si j'avais su en 1970 ou 1980 tout ce que je sais aujourd'hui, j'aurais été meilleur en amour. Mais trouver une bonne partenaire n’est pas si simple, et après mon retour du Faitg en 1990, j'ai finalement renoncé à mon plus cher désir d'avoir une compagne.

 

Ajouté en Décembre 2025: je sentais confusément qu’il fallait le mot «libertin» dans ce titre. Maintenant je sais exprimer pourquoi. Bien sûr les militants écolos style Charlie Hebdo que j’ai connus disaient «liberté sexuelle» au lieu de «libertinage». Mais il est évident qu’il ont commis de massives confusions entre les deux (et ils ne sont pas les seuls). En effet, le libertinisme, tel que conçu dès le 18eme siècle par des gens comme le marquis de sade, était bien un rejet dualiste, non pas des seules restrictions sexuelles bigotes de la religion, mais de toute la morale Christique, jusqu’au plus élémentaire respect de la personne. C’était un mouvement dualiste et égotique, pas une recherche d’harmonie ni de bonheur ensemble! Il a d’ailleurs inspiré d’autres mouvements hyper-dualistes, comme le marxisme et la psychanalyse.

On comprend donc pourquoi ce milieu ne pouvait pas fonctionner normalement: tout s’est crashé dès que les égos en ont eu assez de faire semblant. L’ATE n’a fait que durer un peu plus que les autres groupes du même genre.

 

 

La dépression nerveuse

(Permalink) Ecrit en Juillet 2022

Cet hiver 1975-1976, j'ai eu une forte dépression nerveuse. Pourquoi en parler? Parce que beaucoup de gens en passent par là, sans savoir quoi faire. Et, dans l'espoir de calmer cette douleur incompréhensible, que les docteurs ne reconnaissent pas et que la société nie ou stigmatise, ils se jettent dans les mains de margoulins qui les enfoncent encore plus. Comme avec beaucoup d'autres choses, j'ai du me débrouiller avec ça, comprendre et trouver des solutions seul.

 

Cela a commencé brutalement, sans préavis. Depuis quelques temps, j'avais du mal à m'endormir, mon coeur battant plus fort que d'habitude. Soudain il s’est... arrêté! En fait non, mais l'impression était très forte. Et quand on est matérialiste, c'est totalement effrayant! J'ai bondi du lit, avec l'impression que j'étais en train de mourir! Ce n'était pas le cas, mais alors je craignais s'avoir quelque maladie cardiaque grave, qui pouvait me tuer à tout instant. Du coup, m'endormir devenait terrifiant, et je passais jusqu'à minuit à me tortiller dans mon lit, cherchant le sommeil, mais ayant peur de le trouver! J'ai même vu une fois «l'entrée du tunnel» des NDE, mais sans savoir ce que c'est ni voir la sortie, c'est l'ultime terreur. L’annihilation de la mort prenait soudain une apparence!

 

Quelques jours plus tard, j'ai fait un évanouissement en plein cours, à l'IUT! En fait, je pense aujourd'hui que cela n'avait aucun rapport: je m'étais violemment cogné le coude quelques minutes plus tôt, en on sait comme ce point précisément peut porter sur les nerfs. J'avais effectivement ressenti comme un violent choc électrique.

 

Ajoutez à cela la tristesse des longues soirées hivernales seul dans mon appart... qui était en fait un taudis maquillé. A l'époque je l'ignorais, mais il est très dangereux d'habiter dans ces vieilles maisons pourries, pleines d'horribles vibrations de toutes les souffrances, agonies et saletés qu'elles ont vues. Je recommande même d'éviter de consulter médecins, «thérapeutes» ou «médiums» qui y opèrent, j'ai eu deux problèmes sérieux, un avec un pseudo-voyant et un autre avec un pseudo ostéopathe.

Cette souffrance a duré plusieurs mois, et elle a aussi contribué à faire baisser mes notes à l'IUT.

Un peu paniqué, je me suis retrouvé chez une «conseillère» de l'université (Où j'avais été convoque suite à l'évanouissement), qui ne m'a pas aidé, me communiquant en fait ses propres peurs! Selon elle, je ne «mangeais pas assez» (J'allais au restaurant universitaire, et mangeais les portions qu'on me donnait, pas plus pas moins que les autres étudiants. Si ce n’était pas assez, il lui fallait faire culpabiliser le restaurant universitaire, pas moi).

Elle m'a finalement donné de la sédibaïne, disant que j'avais «des angoisses». Cette «solution» appelle plusieurs commentaires:

😡Elle m'avait présenté la sédibaïne comme un sédatif «doux», sans danger. En fait une recherche sur Internet montre que c'était du phénobarbital, un neuroleptique dangereux et addictif, en gros un sédatif, c'est à dire augmentant la dépression! De toutes façons, j'ai bien vu que ce produit ne résolvait pas du tout le problème, et au bout d'un moment j'ai tout jeté.

😤Et j'ai bien fait, car j'ai connu un cas grave, d'une personne profondément triste d'un divorce qui détruisant ses enfants. On lui a donné un... sédatif, ce qui bien entendu l'a poussé encore plus bas, menant à une tentative de suicide! Certains médecins sont vraiment des gosses jouant avec des trucs qu'ils ne connaissent pas, quand ils ne cherchent ps à délibérément casser les gens.

👿Cette charlatane interprétait mes battements de coeur comme «de l'angoisse», c'est à dire un sentiment de peur. Mais quand je lui ai demandé peur de quoi, elle n'a pas répondu. Ce mot est souvent employé dans un sens ambigu par les pseudo-psychologues et les pseudo-médecins. En effet, certaines personnes sont si matérialistes (voire des zombis au sens strict) qu'elles ne ressentent pas leurs propres émotions! Mais elles remarquent leurs battements de coeur, qu'elles confondent alors avec un sentiment. Même si ces battements ont une toute autre origine!

😡Il est fort possible que cette personne me détestait (cela arrivait souvent à l'époque, et encore aujourd'hui), et qu'elle ait en fait cherché à me casser, en me rendant dépendant d'un neuroleptique, ou en me faisant rentrer dans un circuit psychiatrique (qui m’aurait stigmatisé à vie). On a vu des insanités de ce calibre, ou pire. Le plus intéressant dans l'histoire est qu'un médicament psychiatrique dangereux ne m'ait finalement fait aucun effet. Peut-être parce que je ne suis pas fou, lol (Vision de l'Elfe Legolas goûtant à l'alcool, sans remarquer aucun effet)

👿Enfin il est remarquable qu’un médicament psychiatrique dangereux et addictif ait été donné de la main à la main, sans ordonnance, par une personne qui n’était pas psychiatre, même pas médecin.

 

Il y avait d'autres causes à cette dépression, comme cet ancien camarade de Bordeaux que j'hébergeais à ce moment, sombre et négatif, critiquant tout ce que je faisais et voyant du mal en tout. Normalement une compagnie est un excellent remède contre la tristesse hivernale, mais dans son cas c'était une sérieuse aggravation.

 

J'avais aussi essayé des tisanes pour dormir. Mais apparemment, l'effet était plutôt négatif, et je développais vite une véritable intolérance à ces tisanes, ne supportant même pas leur odeur. Même aujourd’hui je sens encore un rejet quand je sens cette odeur dans un magasin bio. Probablement certaines plantes, bien que «naturelles» et «écolos», sont-elles en fait des poisons aussi dangereux que les neuroleptiques «chimiques», et tout autant que ces derniers sujettes à de fausses indications par des médecins matérialistes ou des guérisseurs auto-proclamés. Apparemment ces plantes provoquent une dépression, sensée «calmer» et «faire dormir». C'est à dire qu'elles aggravaient ma situation.

 

Ce paragraphe ajouté en décembre 2025: en fait les matérialistes ne ressentent pas leurs émotions, aussi ils confondent des symptômes physiques comme les battements de coeur avec une émotion. De là les accusations «d’angoisses»… sans sentiment réel. Mais aussi, à l’époque, la psychologie et la psychiatrie ne cherchaient qu’à masquer les symptômes. Ainsi ils pensaient «guérir» une personne triste en masquant la tristesse. Ce qui peut en fait l’enfoncer bien plus profondément (confirmé par ChatGPT). Enfin, les personnes qui ont eu à faire avec un psychiatre sont irréversiblement «marquées» socialement, ce qui aurait ruiné mes projets pour un monde meilleur. Aujourd’hui, si je suis violemment scotomisé par google et par wikipédia, au moins ce dernier ne peut pas écrire que j’aurais eu des troubles psychiatriques. Aussi ils m’ignorent, et c’est vraiment ce qu’ils peuvent faire de mieux à mon égard.

 

Pour la dépression donc, j'ai du petit à petit comprendre le problème et trouver des solutions, souvent seul. Tout d'abord les battements de coeur sans anomalies du rythme cardiaques sont appelés palpitations. C'est un symptôme gênant, mais bénin, sans danger. La moindre des choses aurait été de me rassurer immédiatement (Ce que ma psychiatre de carnaval n’a pas fait, c’est ce pourquoi je dis qu’elle cherchait sciemment à m’enfoncer). Et ce ne sont pas «des angoisses» (sentiment de peur), mais des réactions purement mécaniques, dans mon cas une digestion laborieuse des repas lourds et malsains du restaurant universitaire. Plus de l'aérophagie. J'ai questionné plusieurs médecins à ce sujet, et ils ont confirmé que l'aérophagie peut provoquer des résonances dans le thorax, comme un tambour, amplifiant les battements du coeur. Puis, quelque bulle d'air se déplaçant, la résonance disparaît soudain, et on a effectivement l'impression que le coeur s'arrête! D'où une terreur, sentiment réel cette fois, mais causée par les battements, et non pas le contraire. J'ai pu, au fil des années, m'accommoder de ces symptômes bénins, en les «acceptant», évitant ainsi la peur de me maintenir éveillé. Mais surtout j'ai pu les éviter, en devenant végétarien et en mangeant moins le soir.

J'ai eu un autre épisode de dépression en 1985, mais il avait une cause bien précise: un harcèlement moral par une sociopathe qui cachait bien son jeu.

 

Il est important de signaler ici le sort fréquent de personnes qui sont déprimées car elles sont victimes de sociopathes. Dans beaucoup de cas, face à la violence destructrice d'un sociopathe, les victimes culpabilisent, pensant que cette violence est de leur faute. Marie France Hirigoyen cite un cas, d'une femme qui avait été internée psychiatriquement, et qui recevait des drogues psychiatriques, simplement parce qu'elle était déprimée de son mari sadique qui transformait leur union en enfer. Elle a réussi à la faire libérer, mais elle disait qu'il y en avait beaucoup d'autres, au point d'avoir choisi sa spécialité «victimologue» pour les aider et faire connaître leur sort. J'ai moi-même connu un cas similaire, chez des... Bouddhistes (comme quoi juste porter une étiquette ne fait pas de nous un Bouddha, hahaha!). La femme (la victime) était déprimée, au point que la garde de l'enfant avait été confiée au père (le harceleur). Puis, quand ce dernier est mort, la mère est revenue, tout à fait normale, s'occuper de son enfant. Un autre cas est illustré dans le film «Titanic» où l’héroïne est victime d'un fiancé caricaturalement sociopathe, qui la terrifie et la fait se sentir nulle. C'est au contact d'un homme normal qu'elle réalise la cause de son problème, cessant de culpabiliser et retrouvant son autonomie. «Il m’a sauvée» dit-elle à la fin.

Le problème est que beaucoup d'assistantes sociales, conseillers, médecins et magistrats préfèrent «soigner la dépression» des victimes, c'est à dire achever de les détruire, au lieu de reconnaître la réalité des sociopathies. Forcément, ils tiennent le pouvoir, aussi ils ne vont pas en critiquer les mécanismes. Ces attitudes sont des fautes lourdes, voire de la complicité. En effet, la dénonciation de Marie France Hirigoyen est intervenue en 1998, soit il y a 24 ans quand j'écris. Que ce soit la médecine, les services sociaux ou la magistrature, tous ont eu largement le temps de prendre les sociopathies en compte. Même les critères pour reconnaître les sociopathes sont publiés partout, et aussi connus que le code de la route. J'en ajoute un, tellement zarbi que personne ne semble y avoir pensé: justifier leur attitude à un moment donné par des faits qui se sont produits plus tard. Même le fonctionnement de l'univers doit se plier à leur égo!

 

Depuis quelques années on lit dans les revues de vulgarisation scientifiques des articles disant que la dépression est une maladie. Je dis que non: c'est un sentiment, causé par une vie absurde et solitaire, par des pertes sentimentales, ou par des sociopathes. Traiter les symptômes sans s'occuper de la cause permet alors d'assujettir les victimes, tout en protégeant les sociopathes ou en évitant de considérer les absurdités de la présente société.

Nos scientifiques appuient leur thèse en disant que la dépression produit des symptômes physiques observables. Mais la colère en produit aussi de très visibles: confusion mentale, agitation, érythème facial, asocialité, comportements à risque voire suicidaire, etc. Mais la colère est considérée comme «virile» et valorisée, alors que la dépression est «un truc de femmes» et dévalorisée. La considérer comme une maladie permet aussi de disculper la solitude, la vie absurde vide de sens, et les sociopathes. Cela permet aussi d'assujettir les victimes par la psychiatrie, voire de les priver de leurs droits. Une injustice qui bien sûr les maintient gravement déprimés, «justifiant» ainsi ce traitement.

 

Bon des recherches récentes associent certaines dépressions avec des troubles de la flore intestinale et autres. C'est possible, mais il faut aussi soigner les causes externes: la société vide de sens, et les sociopathes. Et bien sûr les causes internes: fausses attitudes spirituelles comme l'attachement ou le dualisme, qui créent des frustrations augmentant la souffrance, voire continuent à entretenir la dépression pour elle-même, même après la disparition des causes extérieures.

 

C'est sur ce dernier point que j'ai du travailler, seul encore une fois (à l'époque. Aujourd'hui c'est le b a ba du Bouddhisme, et les psychologues proposent des méthodes de ce genre, comme la CBT, la visualisation dirigée, etc.). En effet, la frustration de souffrir augmente la dépression, en un cercle vicieux. C'est une névrose, et j'ai donc du commencer par m'entraîner à la pensée positive, pour «faire tourner le cercle vicieux dans l'autre sens» et remonter la pente petit à petit, au lieu de descendre. Aujourd'hui, près de 50 ans plus tard, ni la vie absurde ni les sociopathes n'ont plus le pouvoir de me faire retomber.

Bien sûr une névrose produit une modification du cerveau, et c’est ce que les médecins voient avec leurs appareils, et qui leur fait dire que la dépression est une maladie avec des causes et des remèdes matériels. Mais en finale, c’est la conscience qui a provoqué la modification matérielle, et c’est aussi la conscience qui peut la guérir. Et qui peut le faire sans médicament castrateur addictif, ni stigmatisation sociale.

Bon je ne vous interdit pas de consulter un médecin, mais au moins essayez avant ce que je viens d’expliquer.

 

 

Ecologie 78

(Permalink) Ecrit en Juillet 2022.

Vu l'importance vitale de l'écologie, il était inévitable qu'elle entre dans le champ des discussions politiques. Pour ce faire, plusieurs candidatures écologistes aux élections se sont succédées, depuis l'historique René Dumont en 1974. Le but était bien évidemment de faire rentrer l'écologie dans la politique, pas la politique dans l'écologie.

Le but était de faire comprendre aux politiciens qu'ils devaient prendre l'écologie en compte dans leurs décisions. Mais politiciens et médias ont fait exactement l'inverse, asservissant au contraire l'écologie à leurs injonctions et idéologies, pour juste servir d'arguments pour leurs partis gris de vieux rassis. Le problème est que l'écologie n'obéit à personne, et cette incroyable hubris de vouloir l'asservir au jeu idiot des partis est la cause directe et unique des catastrophes qui nous affectent aujourd'hui: changement climatique, Chernobyl, Fukushima, extinction, pollution, cyclones, incendies, etc. Plus le ridicule de ne pas pouvoir se passer du gaz de poutine alors qu'il sert à la guerre en Ukraine. Enfin, cela permettait aux médias Orwelliens de parler à la place des écologistes! Cette récupération politicienne de l'écologie est certainement la plus grosse escroquerie intellectuelle du 20eme siècle, avant même le marxisme, et celle qui a eu les conséquences les plus calamiteuses. Mais tous ces escrocs devaient être des crétins complets pour penser qu'en réduisant les écologistes au silence on éviterait les problèmes avec l'écologie.

Cassandre…

 

Aux élections législatives de 1978 nous n'en étions pas encore là. Les militants écologistes, forts des résultats des élections précédentes, se sont rassemblés sous un seul label indépendant : Ecologie 78.

Mais comment garantir leur sincérité? Et leur unité, à partir d'associations militantes ou sociales aussi diverses? Cela a été fait d'une manière extraordinairement simple. Au lieu d'imaginer une plateforme complexe et impossiblement consensuelle, on s'est contenté de seulement deux points:

 

▶️ Pas de nucléaire

 

▶️ Pas de désistement au second tour.

 

Pas de nucléaire désarçonnait d'emblée tous les faux écolos hypocrites qui ne «voyaient pas» les dangers du nucléaire, ou qui proposaient des versions Disneyisées de l'écologie.

Pas de désistement au second tour éliminait toute récupération politicienne, en particulier par un Parti Socialiste peloteur et collant, qui s'était pourtant jusqu'à présent illustré par son inaction et sa complaisance.

 

La profession de foi de Rolland Lenormand et Richard Trigaux, pour Ecologie 78 à Toulouse

Nos professions de foi pour Ecologie 78 à Toulouse. Les textes soulignés en rouge indiquent:

-Le soutient par des scientifiques

-Notre volonté de ne pas former un parti politique de plus, ni de nous positionner dans le jeu droite-gauche

Ceci comme preuve: c'est ce second point que les mensonges des médias et des politiciens ont caché, en créant un «parti écologiste» subordoné à la gauche.

On note que mes dessins au rotring avaient délibérément une tournure populaire et pratique, tout en étant ouverts «vers le haut». Ma vue des Pyrénées a été plusieurs fois imitée dans les années suivantes...

 

Je dois dire que cela a fantastiquement bien marché, et les électeurs l’ont compris, en nous accordant en moyenne 5% par candidats, un succès sans précédent pour l'écologie. Mais il n'y a jamais eu de suite à Ecologie 78, qui fut en fait le chant du cygne de la représentation de l'écologie aux élections, on va voir pourquoi.

 

Il est tout à fait remarquable que des associations aussi diverses aient pu travailler ensemble sans anicroches. Rien qu'à Toulouse nous avions deux associations totalement différentes, l'Association Toulousaine d'Ecologie, qu'il fallait bien considérer proche des gauchistes et anarchistes, et Environnement et Humanisme, qui serait qualifiée «de droite» par les médias. Des situations similaires se retrouvaient dans la plupart des grandes villes. Une telle collaboration entre gens si différents a été possible parce que nous avions une ligne directrice simple et claire, qui a permis de mettre efficacement les désaccords de côté.

 

Toutefois les politiciens et les médias ne pouvaient pas laisser faire, et nous avons eu les prémisses de ce qui allait se passer, dès avant les élections proprement dites.

Les médias ont commencé à dénigrer l'écologie, lui reprochant d'être «nébuleuse», de «ne pas avoir de direction», etc. Ces salauds savaient très bien que si les écologistes prenaient une étiquette, droite ou gauche peu importe, alors la polarisation de l'opinion qui en résulterait les empêcheraient à jamais de gagner n'importe quelle élection. Et c'est exactement ce qui s'est passé!

J'accuse également ici le Parti Socialiste d'avoir été celui qui a asservi le mouvement écologiste, dans le but délibéré de la neutraliser, pas de l'aider. Le Parti Socialiste était à l'époque bien connu comme une version Disney de la droite capitaliste, qui la critiquait, qui se posait en sauveur, mais qui n'avait jamais rien fait pour changer les problèmes. Et on en a eu amplement la preuve depuis, avec les présidences Mitterrand et Hollande, qui n'ont absolument rien fait avancer, même pas dans leur domaine le social.

Pour preuve, je les ai personnellement surpris à l’oeuvre dans une réunion de travail à Paris, où je me suis rendu en tant que candidat moi-même (oui, j'étais candidat dans la 4eme circonscription de Toulouse, j'ai tout fait dans ma vie, même ça). C'était une réunion très technique, avec deux ou trois décisions à l'ordre du jour (dont je ne me souviens plus). Nous étions nombreux à devoir contribuer, donc les temps de paroles étaient sévèrement limités, et les décisions prises par vote. C'était une réunion de travail entre gens hyper-motivés, et la discipline était incroyable, l'attention palpable. Pourtant nous avons été interrompus plusieurs fois par des inconnus qui s'étaient introduits dans la salle, et avaient plusieurs fois monopolisés la parole pendant de longues minutes, pour poser la sempiternelle question:

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

«Allez vous vous désister pour la gauche»

Ils étaient pénibles et difficiles à faire taire. Man, c'est comme si on rentrait dans un club de foute et qu'on dise aux gens qu'ils seraient plus intelligents si ils jouaient à la marelle. Nous ne leur répondions pas, tant ils étaient non-pertinents. Mais ils prenaient notre silence pour une écoute!

 

Nous n'avons pas cédé, et le résultat fut là: avec près de 5%, le peuple français reconnaissait l'écologie comme un critère important.

 

Toutefois Ecologie 78 fut le chant du cygne du mouvement écologiste indépendant. Si le nouveau clergé politico-médiatique n'avait pas été capables de nous manipuler, ils allaient faire ce par contre pour quoi ils excellent: parler à notre place. Pour fixer les gens déjà éveillés et pour servir de repoussoir aux autres.

En fait, ils n'avaient rien à faire, juste commenter. Et «interpréter». Ils savaient très bien ce qui allait se passer. Nous avions en effet consacré toute notre énergie à Ecologie 78, sans penser à la suite. Une fois la poussière retombée, il ne restait rien, aucune organisation, aucun plan, aucune idée fédératrice, même pas un point de contact. Par contre il restait des égos, qui se sont vite mis à bourjoufler, hypnotisés par la tentation du pouvoir, de la célébrité. Et les médias savent très bien brosser les égos pour les faire reluire!

Ainsi plusieurs personnes ont fondés leurs propres «partis écologistes». Par exemple, un des candidats de l'ATE, Philippe Dufételle, a fondé son propre parti, le MIDEP, où il était tout seul, faute de soutient de l'ATE ni de personne d’autre. Mais Il était alors devenu «un politicien» aux yeux des médias! Et donc les médias venaient l'interviewer, comme si il était le chef des éclogistes! (Il a même atterri au conseil municipal de Toulouse, où il a eu à gérer la colère des riverains furieux de la future catastrophe de l'AZF, ha ha ha!) Pourtant Philippe n'était rien de plus que moi, comme ex-candidat. Mais les médias avaient bien un plan: ils ne sont jamais venus interviewer aucun des neuf autres candidats (et surtout pas mon colistier: un scientifique!).

 

Ainsi, de regroupements en fusions de groupuscules variés, sont nés «les Verts», le «parti écologiste» à qui il n'a pas fallu plus de quelques années pour reconnaître ouvertement son asservissement au Parti Socialiste. Au début, les Verts ont pu faire illusion, avec la caution de quelques scientifiques et militants anti-nucléaires. Mais ces derniers ont vite été éliminés, ne laissant que de purs aparatchiks, sans racines sur le terrain. Les médias n'avaient alors plus qu'à parler du Parti, et à ignorer les vrais militants et les scientifiques, ne plus en parler. Ils avaient réussi à neutraliser l'écologie publique, et à aliéner l'écologie de l'opinion publique! Et quand Dominique Voynet a annoncé que Les Verts seraient «de gauche», elle n'a fait que refermer symboliquement un piège qui avait déjà rempli son but. (J'ai un jour écrit à Dominique Voynet, quand elle était ministre, pour des suggestions très techniques. Je n'ai jamais reçu de réponse. Prout.)

 

Je pense que je dois une explication ici: en quoi un «parti écologiste» a t-il davantage discrédité l'écologie aux yeux de l'opinion publique, qu'il ne l'a faite avancer? Il y a plusieurs raisons:

🤣Marquer l'écologie comme «gauche» lui interdit toute voix de l'électorat de droite: incapable de dépasser les 50%, elle ne pourra plus jamais gagner. Piège simple et efficace, pourtant encore largement incompris. (On remarque que la marquer à droite aurait produit exactement le même résultat. Cela aurait été tout autant possible, quand on sait que les prédécesseurs naturistes étaient plutôt de droite, et beaucoup d'associations partie prenante d'Ecologie 78 auraient accepté cette étiquette. Même extrême-droite aurait pu marcher, les nazis avaient bien soutenu le mouvement naturiste à l'époque, c'est à dire exactement la même magouille pour neutraliser toute critique de ce côté).

😮Pire, même les solutions, comme les énergies renouvelables, sont considérées comme de l'ostentation politique, et ostracisées! Comme si le changement climatique allait impacter les gens de gauche, et pas ceux de droite... montrant à quel point les anti-écologie sont déréalisés.

😛L'association avec un parti athée Charlie-Hebdo, le Parti Socialiste, coupait l'écologie de la droite religieuse, et surtout de la spiritualité. Elle ne pourrait donc plus jamais devenir majoritaire! Même les efforts du Pape et du Dalaï Lama pour parler de l'écologie comme appartenant à tous, n'ont pas réussi à réconcilier les religieux avec l'écologie. Et encore aujourd'hui, le principal handicap de l'écologie est que la droite Chrétienne ne vote pas écolo, point. Ils se rappellent de 1903 et l’expulsion des moines de leur monastère de la Grande Chartreuse. Et quand on a vu une élue «verte» refuser un mariage parce que la mariée portait un voile sur ses cheveux, ils ne se font aucune illusion sur ce qui les attend en cas de victoire des dits «verts».

L'expulsion des moines de la Chartreuse en 1903

La perte des codes sociaux de l'époque rend quelques explications nécessaires: les hommes avec des bâtons recourbés, les houlettes ou bâtons de berger, sont des locaux, qui, contrairement à la propagande médiatique de l’époque, étaient solidaires des Chartreux. Il l'expriment en levant leurs chapeaux, tandis que les soldats montrent aussi leur désaccord dans la façon dont ils tiennent leurs fusils. Les moines ont choisi une attitude de total non-conflit, très visible dans leur langage corporel, afin de désamorcer la dite propagande. Ou pour leur propre entraînement spirituel à l’amour Christique. Ces attitudes désamorcent totalement la violence de l'expulsion. J'ai aussi observé ce phénomène dans les manifestations anti-nucléaires, ainsi que la même solidarité des locaux. L'image est de wikipédia, mais apparemment ils n'ont pas compris les codes.

 

🤪Il suffisait aux médias de ne plus mentionner les vrais candidats indépendants. De fait ceux qui se sont présentés depuis ont rarement dépassé les 1%. C’est probablement le pourcentage de gens qui lisent les professions de foi électorale.

🤭L'entrée dans le jeu droite-gauche rabaissait l'écologie à un enjeu mineur, subordonné aux luttes de clans minables, au lieu de fédérer toutes les énergies positives.

😮L'opinion est maintenant polarisée, déterminant ses choix écologiques en fonction de leurs opinions politiques. Par exemple la droite est contre les voitures vertes, alors que la gauche bobo y substitue son dada: la voiture électrique sans gluten. L'électricité étant en France à 75% nucléaire, cela démontre clairement l'hypocrisie de la dite gauche. Les choses sont allées jusqu'à une réaction fort dangereuse, par exemple le mouvement contre les éoliennes, porté par une extrême-droite de plus en plus arrogante. Cette polarisation est aujourd'hui telle qu'une large majorité, gauche et droite comprises, préfère payer l'essence fossile deux fois plus cher que l'essence solaire (E85)!!

 

Nous avions pourtant des exemples historiques: comment le Parti Communiste Soviétique avait asservi le peuple Russe, au lieu de le libérer comme il le prétendait. Même dans les années 1970, personne ne pouvait prétendre ignorer ce problème, car nous étions en pleine publication des livres de Soljenitsyne, dont les médias se gargarisaient. Pour la Droite, la dégénérescence du message d'amour de Jésus en conformisme social était aussi très visible, même si les médias et intellos en parlent beaucoup moins. On observe même une accélération historique du processus de pourrissement des mouvements dont la source d'énergie spirituelle a été coupée: plusieurs siècles pour l'Eglise Catholique, quelques décennie pour l'idéal Socialiste, quelques années pour les Verts et pour le Nouvel Age, et seulement quelques mois pour les Gilets Jaunes. Apparemment, il y a quelqu'un qui contrôle le robinet de l'énergie, pensant qu’il vaut mieux n’avoir aucun mouvement social que n’importe quel mouvement pourri.

 

Et si aujourd'hui nous sommes si arriérés et puceaux en écologie, on le doit aux médias et au Parti Socialiste, qui ont systématiquement fait taire la voix citoyenne à ce sujet, à partir d'Ecologie78 précisément.

Car bien entendu, ces manipulations mentales n'ont pas eu lieu que en France. Chaque pays a eu sa version, et peu ont vraiment avancé. Ainsi, aux USA parler d'écologie est «Démocrate», c'est à dire «communiste»... Conséquence de cette âânerie: il a fallu attendre 35 ans d'effet de serre pour que le gouvernement Biden passe une loi pour les énergies renouvelables.

Et aujourd'hui, 35 ans plus tard, ils font des larmes de crocodile quand le changement climatique frappe: personne n'est prêt! Personne n'a rien fait! Alors ils parlent de «s'adapter»... Mazos, stupides, barjots, et totalement irréalistes.

 

Même l'extrême-droite est contre l'écologie. Bon, bien sûr ils sont contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre. Mais en fait, l'anti-écologie n'est pas leur habitude. Ainsi, jouir de la nature faisait partie de l'idéal nazi. Ces derniers ont ainsi laissé fonctionner les camps naturistes allemands (ancêtres des écolos). Même chose en Espagne franquiste, qui laissait les naturistes libres, tout en réprimant sauvagement les gauchistes. Mais l'extrême-droite française de ce début du 21eme siècle n'est pas une véritable extrême droite, c'est une création artificielle des médias et de poutine, financée par la secte moon, sans qui elle serait restée minuscule et inconnue. Et ses commanditaires l'ont façonnée précisément selon leurs besoins: raciste bien sûr, puisque c'est le fond de commerce des fachos, et encore le meilleur appât pour soutirer des cotisations aux idiots. Mais aussi anti-écolo, afin de protéger les intérêts des barons du pétrole, et anti-Européenne en préparation de l'invasion par poutine. Une telle précision ne doit rien au hasard.

 

Mais l’écologie a plus souffert de l’extrême gauche que de l’extrême droite, comme on va le voir:

 

 

L’anti-nucléaire et Creys Malville

(Permalink) Ecrit en Juillet 2022

Aux yeux de l'Histoire, dans les années 1970 l'antinucléaire a totalement éclipsé les autres aspects du mouvement écologiste: groupements d'achats, agriculture bio, énergies vertes, recyclage, vivre dans la nature, architecture légère et renouvelable, protection des espèces menacées, etc. etc. dans un mouvement qui comptait déjà des dizaines d'associations, dont beaucoup n'ont jamais prit part à l'antinucléaire ni aux aventures électorales. Mais ces mouvements sont aujourd'hui oubliés des médias, et même pas mentionnés dans wikipédia, qui ne parle que des récupérations politiciennes.

 

En fait, l'antinucléaire a été l'autre grand trou noir qui a bouffé le mouvement écologiste, par l'intérieur cette fois. Bon bien sûr à l'époque le nucléaire était la plus grave menace contre l'Humanité, poussé frénétiquement par des hordes fanatiques de technocrates psychorigides et de politiciens déréalisés. L'avenir devait montrer ô combien nous avions raison, avec Chernobyl, Fukushima, et les autres encore à venir (2022). Si on nous avait écouté, ces insanités n'auraient jamais eu lieu. Chernobyl et Fukushima ne sont pas des accidents, ce sont des crimes délibérés, commis par des ennemis déclarés de l'Humanité, conscients de faire le mal. Bien sûr ils n'ont pas planifié quelle centrale allait péter, mais bon, si on tue des gens en jouant à la roulette russe dans la rue, c'est bien un crime, pas un accident.

Mais en quoi l'antinucléaire a t-il été si nocif pour le mouvement écolo? Nous ne le savions pas, mais il était l’enjeu d’une des innombrables tentatives d'entrisme des gauchistes dans un mouvement qui ne leur appartenait pas. Et on va le voir ça a été la cause principale de l'échec.

Bon, ce sont bien des écolos qui sont à l'origine de l'anti-nucléaire (Greenpeace principalement, contre les essais nucléaires. Mais ils n'étaient pas les seuls). Mais vu la gravité extrême du problème, de nombreux groupes y ont consacré du temps. Sans parler bien sûr des comités locaux naissant autour des projets de centrales, consacrés exclusivement à ce problème.

Mais l'entrisme version marxiste a des méthodes bien précises, qui se reproduisent identiquement pour chaque nouveau mouvement. Les marxistes rêvent toujours de lever une armée pour prendre le pouvoir, comme l'avait fait Lénine en 1917 (en récupérant les «soviets», qui étaient des conseils de grève ouvriers, d'où le nom «Union soviétique»). A leurs yeux, le mouvement écolo n'était qu'un vivier pour recruter des militants motivés «contre la société». Et pour que ces militants viennent à eux, il leur fallait concentrer les énergies sur un grand satan simpliste: le nucléaire, un danger terrifiant justifiant à leurs yeux la pire violence.

Pour ces deux raisons, il leur fallait éliminer les activités écologiques paisibles (le bio, le recyclage, les espèces menacées, etc.) C'est une des raisons pour lesquelles beaucoup de groupements d'achat bio avaient fermé dès 1976 (l'ATE étant une exception) appauvrissant et dévitalisant considérablement le mouvement écologiste. Surtout, les marxistes devaient éviter à tout prix que le mouvement antinucléaire tourne à la non-violence. Un exercice délicat, et ils savaient qu'ils ne pouvaient pousser que «doucement» vers la violence, l’écologie étant en fait indissociable de la non-violence.

 

La violence policière mortelle lors de la manifestation de Creys Malville en 1977 avait déjà refroidi les militants. Mais une autre grande manifestation nationale à Flamanville a tourné à la catastrophe, avec une tempête détruisant tous les stands et laissant l'organisation en banqueroute. Les gauchistes ont donc du plus tôt que prévu passer à la dernière étape de leur manoeuvre d'entrisme: détruire le mouvement antinucléaire, afin de forcer les militants à le quitter, pour les rejoindre dans leur «armée». Ce fut Libé le chien berger du système, qui exécuta cette salle besogne, en annonçant «l'anti-nucléaire c'est fini»! Personne n'avait rien dit de tel, aucune coordination ne s'était réunie pour prendre une telle décision, mais Libé avait dit. Le comble est que à partir de ce moment, effectivement, la fréquentation des manifestations antinucléaires est tombée presque à zéro! J'ignore quelle proportion des militants anti-nucléaires ont effectivement rejoint des groupes marxistes, probablement très peu. Il y avait donc une casse énorme sans grand résultat, mais les marxistes se fichent totalement du devenir des mouvements qu'ils parasitent, juste ils passent à un autre.

 

Une petite affaire peu reluisante s'est passée à Golfech, dont vous avez probablement entendu parler. Un jour, le cadavre d'un militant antinucléaire a été retrouvé dans la Garonne, le crâne fracassé. Nous savions que les pro-nucléaires ne s'encombraient pas de non-violence, eux. Par exemple ils avaient incendié une caravane peu de temps avant. L'assassinat de militants était déjà un sport dans certains pays, mais en France même, c'était une nouveauté inquiétante. L'enquête policière a toutefois révélé une toute autre réalité, peut-être pire: cet homme avait été tué par un de ses associés photographe, Floréal Bujan, pour une dispute sur la gestion de leur entreprise. De telles choses peuvent arriver dans tous les milieux non-psychoéduqués, malheureusement. Mais elle a découragé nombre de militants, d'autant plus que Floréal était bien connu pour avoir fait un film militant «Golfech Mon Amour». Mon impression personnelle? Floréal est le seul tueur que j'aie jamais rencontré (à ma connaissance). Mais même avant son meurtre, il avait déjà une aura brune fort déplaisante. Je sais pourquoi maintenant. Et vous savez maintenant pourquoi je prend ces histoires d'aura au sérieux.

 

La manifestation de Creys Malville en 1977 a été l'apogée du mouvement antinucléaire. Jusqu'à ce moment, les militants avaient hésité entre une non-violence stricte à la Gandhi, et des actions plus musclées, comme à Plogoff où des paysans locaux avaient parlé de ressortir les armes de la Résistance. Heureusement les écolos locaux les en ont dissuadés. Mais Mitterrand a eu peur, c'est la seule centrale qu'il ait annulée sur les trois qu'il avait promis dans son programme électoral. Et encore, il est fort possible que le projet ait été abandonné, comme à Port la Nouvelle, pour des raisons techniques (Je n'ose pas imaginer qu'ils auraient anticipé l'indépendance de la Bretagne et de la Catalogne).

Le risque était donc grand de voir l'antinucléaire dégénérer en violence. Le gouvernement et les gauchistes n'attendaient que ça pour en découdre, et il est certain qu'une manifestation vraiment violente aurait servi de prétexte pour réprimer très durement l'ensemble des mouvements écologistes et naturistes, pas seulement les anti-nucléaires. Ils auraient même pu en charger papon, encore en liberté à cette époque, pour refaire un beau pogrom comme en 1961. Ou les crapules du SAC comme en Mai 1968. Les organisateurs étaient conscients de ce problème, ils en avaient parlé, et pour cette raison, ils avaient finalement pris la décision: Creys-Malville 1977 serait non-violente. Pas «plus ou moins», pas «implicitement», pas «sur option» comme l'avaient été beaucoup d'autres manifs, mais clairement et sans compromis. C'était une décision historique, qui a définitivement ancré le mouvement écologiste dans la non-violence. Ou il est toujours aujourd'hui.

Une décision qui n'a pas fait que des heureux. Ainsi La Gueule Ouverte avait titré «ce sera la non-violence» comme d'une mauvaise nouvelle.

 

Wikipédia donne une description détaillée de la manifestation, très pratique car en quelque sorte elle centralise tous les mensonges à son sujet. Ainsi, on se rappelle que, dans les jours précédents, les médias parlaient de «conseil de guerre» entre les «deux camps», niant ainsi le projet non-violent et citoyen. Il est pourtant très clair que si la manif n'avait pas été annoncée non-violente, bien moins de gens y seraient allés. Et surtout pas moi.

En fait, vu le nombre de manifestants, il y avait plusieurs points de départ, visant à encercler le site des anti-humanité. Ça avait été annoncé comme ça, et les manifestants avaient passé la nuit précédente dans plusieurs points de rassemblement, un par cortège. Mais, erreur grave des organisateurs, ou lourde trahison, au dernier moment tous les défilés avaient été réorientés vers Faverges, pour rejoindre le site en un seul point. Et les flics le savaient, sur le trajet j'ai entendu mentionner des «négociations» préliminaires avec eux!

Toutefois c'est une chose que de jouer à napoléon sur une carte, et une autre que de se déplacer sur le terrain réel: le passage de Faverges était long et étroit, une nasse où l'immense cortège unifié serait bloqué. Et c'est bien ce qui s'est passé : les quelques centaines de manifestants arrivés en tête se sont retrouvés à recevoir toute la brutalité de la répression, pendant que les autres piétinaient derrière dans un immense embouteillage. Puis vint le reflux, et la débandade: il n'y avait plus rien à faire.

Jusqu'à ce moment, j'avais peur, comme tout le monde, en entendant les détonations continues de grenades offensives. (Bien prétentieux qui affirmerait ne pas avoir eu peur en entendant pour la première fois le «son du canon»! Bon ce n'était pas «le canon», mais tout de même des armes de guerre, qui peuvent tuer ou mutiler, nous les savions tous, les anti-vie le savaient, et en 1976 je les avait vues lancées sur un groupe de non-violents assis, une est tombée à un mètre de moi). Mais à partir de ce moment la peur a été remplacée par une autre sensation: il fallait partir d'urgence. Ce n'était plus la peur, mais un sentiment d'urgence impérieuse, probablement un instant de super-conscience, cela m'est arrivé plusieurs fois dans des situations de danger. La manif était totalement désorganisée de toutes façons, sans communication entre la tête et la fin. Puis les CRS ont fini par refouler toute la manif jusqu'à l'endroit où je me trouvais, et il n'y avait effectivement plus rien à y faire.

 

Voyons maintenant pour les mensonges de wikipédia, qui, rappelons-le, seront « l’histoire officielle » dans l’avenir, alors que des témoignages authentiques comme le mien seront classés comme «opinions personnelles», et donc «orienté» et «pas crédibles».

Wikipédia prétend que «L'organisation de la manifestation est assurée par la coordination des comités Malville, qui est soutenue par des militants du Parti socialiste unifié (PSU) ainsi que de l'Organisation communiste des travailleurs (OCT) et de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR)». Wow, haute densité de mensonges. Démêlons. A l'époque, une règle tacite était que toutes les manifs étaient organisées par «les locaux» (les gens habitant à proximité), car ils «connaissent le terrain». Creys-Malville ne faisait pas exception, il y avait un commité local, dont j’ai rencontré des membres lors des préparatifs. Quant aux soutiens, wikipédia ment ici par omission: il y avait des dizaines d'associations et de partis, certains parfois éloignés de la gauche: des syndicats, des humanitaires, des scientifiques, des artistes, des élus locaux, des maires, etc. (ces derniers étaient même en tête de manif avec leurs écharpes tricolores. Ce ne sont pas des gauchistes qui auraient fait ça!) Même le gouvernement Suisse, si il ne soutenait pas officiellement la manif, s'opposait tout de même à Malville. Les trois mentionnés ci-dessus par wikipédia sont donc une sélection très précise: manifestement cette page a été écrite par un manipulateur américain, qui a sélectionné des croquemitaines adaptés à son propre pays. En effet, aux USA on confond les socialistes français avec les très vilains grand satan communistes. En réalité, le PSU était un parti démocratique modéré et citoyen, probablement le plus honnête de tous les partis français depuis 1945, et je n'ai jamais entendu parler de l'OCT. Wikipédia, c'est comme le vin: leurs histoires s'embellissent au fil des années.

Creys Malville ne faisait pas exception à la règle tacite ci-dessus, et c'est probablement par le comité local que le mal est entré, lors des «négociations» préliminaires qui ont transformé l'encerclement prévu du site en nasse à Faverges. J'ai de sérieux doutes comme quoi l'auteur de la magouille serait une personnalité locale bien connue, que j'ai rencontrée, et qui s'est avéré opiniâtre et autoritaire: tout devait être fait à son idée. Ainsi, le comité local aurait simplement endossé ses décisions stupides, pendant que, au nom du secret, les gens intelligents étaient confinés à la confection de toilettes écologiques... (sans séparations!!!)

 

(Permalink) Comme la plupart, j'ai du reculer bien avant d'arriver à Faverges (peu y sont arrivés), mais j'ai quand même assisté à une mise en scène très intéressante. Je me trouvais près de la tête de mon propre cortège, dix mètres derrière les élus en écharpes tricolores, quand se sont manifestés deux individus patibulaires, porteurs de baguettes. Avec quelques autres, j'avais commencé à les encercler, quand soudain quelqu'un bêla «et la liberté» et tout le monde s'est déballonné. Cent mètres plus loin, la route se divisait. Mais la voie où nous devions aller était barrée par DEUX flics. Nous avions des élus locaux en tête du cortège, avec leurs rubans bleu blanc rouge, et ils n'allaient surtout pas se bagarrer avec les flics. Le cortège est donc parti sur l'autre voie (vers le piège Faverges). Soudain les deux voyous de tout à l'heure sont sortis de la manif, et sont allés danser autour des flics, faisant mine de les frapper avec leurs baguettes, puis reculant sans les toucher, revenant, etc. Les deux flics n'esquissant pas de défense, ne levant même pas leur bouclier! Mais surtout ont surgi de la manif une nuée de photographes, dansant tout autour des quatre protagonistes, pendant plusieurs minutes, photographiant la scène! Il est clair que les deux flics, les deux voyous et la douzaine de photographes étaient complices. On a donc eu là une mise en scène complète, destinée à discréditer un mouvement aux yeux du public. Il y en a eu de nombreuses autres, je me rappelle une fois d'une photo de deux punks désacralisant une église, à… 20kms d'une manif.

Ces «opérations fausse bannière» sont donc courantes, et les médias y participent délibérément, en étant avertis et présents (donc complices), voire en les organisant de toutes pièces (comme ci-dessus, ou dans le cas de la «prophétie Maya» de 2012, ou de l'affaire Frank Fontaine). Ainsi les médias, Libé et wikipédia compris, «créent la réalité» afin de manipuler l'opinion. Ils le font juste de manière plus ciblée en France, au lieu de systématiquement comme en Corée du Nord.

Quant aux événements de Faverges, wikipédia dit que «Quelques dizaines de manifestants attaquent alors la police armés de frondes, de boulons ou de cocktails Molotov, certains jettent des pierres». Le mensonge ci-dessus est flagrant: même en admettant que ces gens ont existé, alors ils n'étaient pas «des manifestants», car la manif était non-violente. wikipédia participe ainsi délibérément à l'intox, comme les photographes ci-dessus. Et wikipédia ne signale aucune blessure chez les CRS. Les «affrontements» étaient donc bien des agressions à sens unique. Vu comment on décode wikipédia? (En fait il y a eu un CRS qui a perdu sa main en lançant une grenade offensive trop tard. Mais ça c'est de la faute des CRS, aussi wikipédia n'en parle pas)

Il y avait de nombreux manifestant Allemands et Suisses (c'était une manif européenne, car l'explosion de Creys Malville aurait affecté toute l'Europe, comme Chernobyl l'a démontré) Toujours d'après wikipédia (toujours dire «d'après wikipédia»), cette présence a permis au préfet de traiter les manifestant de «boches», une insulte très peu européenne, qui renvoie ce monsieur à un niveau très bas. Mais bon c’est wikipédia qui le dit, hé. En tous cas aucun préfet ne les a obligés de retirer cette accusation.

 

Et tout ça pour un surgénérateur, utopie de technocrates, joujou de politiciens ignares, qui n'a jamais fonctionné correctement, et qu'il a fallu finalement neutraliser (scier les tuyaux) pour que personne ne puisse plus essayer de le redémarrer. C'est que le risque était bien plus élevé qu'avec les autres réacteurs, avec 5000 tonnes de sodium séparés de l'eau de refroidissement par seulement 2 ou 3 millimètres d'acier qui se dissolvaient dans le sodium... En bref, c'était une bombe à retardement, une machine infernale dont la détonation aurait recouvert toute la région de soude caustique et de plutonium. Clairement ce projet était l'oeuvre de fous. Une surenchère sur la folie du nucléaire ordinaire, au carré en quelque sorte.

 

Aujourd'hui (2023) le plutonium a été retiré. Mais personne ne sait comment s'occuper des 5000 tonnes de sodium, figées en masse. Ce n'est déjà pas facile, mais en plus il est fort probablement contaminées par des déchets radioactifs à longue durée de vie.

En tous cas le site de la centrale est toujours flouté sur Google Maps. Je suppose par honte.

 

IL y a deux points dont on parle fort peu à propos de l'anti-nucléaire.

Le premier est le soutient massif des populations locales. Ça a été une constante de tout le mouvement anti-nucléaire: nous avons partout et toujours été accueillis dans des mairies, reçus chez les habitants, et quand notre séjour s'est prolongé inopinément, on nous hébergeait, on nous fournissait même des habits. Avions-nous besoin d'un local? Nous l'avions le soir même. C'était incroyable, surtout quand on sait la façon dont les ruraux français snobent habituellement les inconnus, surtout jeunes (toujours suspects d'être «des Hippies» venus faire tourner le lait des vaches). Mais nous n'avons jamais eu de marques d'hostilité des habitants.

Ce point vient en contraste total avec les résultats des élections, où une vaste majorité vote contre l'écologie, pour des partis sadomasochistes ou pour des profiteurs. Probablement les gens ne voient pas du tout les choses de la même façon «ici» et «dans la télévision». Ou bien ce rejet de l'écologie est-il le résultat des magouilles et manipulations qui ont suivi Ecologie 78, après la fin de l'antinucléaire donc.

 

Le second point intéressant est l'attitude des CRS et des gendarmes mobiles. Quand nous voyons arriver une compagnie, ils étaient très remontés, jusqu'à se livrer à des actes de cruauté sadique inutiles, j'en ai vu plusieurs, comme de frapper un cycliste par derrière, ou de détruire du matériel agricole. Puis à notre contact non-violent, ils... fondaient, réalisant que nous étions des gens normaux, comme eux. Cela a aussi été observé dans d'autres luttes non-violentes, comme le Larzac, menant à un respect mutuel entres police et manifestants.

Cela a posé un sérieux problème aux organisateurs des pratiques sadomaso, qui devaient souvent changer de compagnies, et en tous cas en amener des neuves pour toute action violente. Wikipédia dit même que à Faverges de nombreux gardes mobiles auraient refusé de réprimer. Ce qui n'aurait pas été le cas si ils avaient reçu des cocktails Molotov. Au moins une de ces deux affirmations de wikipédia est un mensonge: personne n’aime recevoir des cocktails Molotov, et en lancer vaut ticket gratuit pour au minimum un tabassage en règle, et la prison sur option.

Il est clair que ces CRS étaient manipulés, recevant une sévère intox contre nous. Et j'en ai eu une preuve directe. Mon frère Serge avait un copain motard à Mont de Marsan. Un branleur typique, Duruy style. Mais que faire comme métier quand on est motard et que l'on a passé toute sa scolarité à déconner sans rien apprendre? CRS!!! Je dis que ce n'était pas un mauvais type, il continuait même à s'amuser, ma mère racontait qu'une fois il l'avait prise sur sa moto de CRS (Ça, ça doit pas être légal). Mais un jour, ce gars est revenu de stage fort en colère, et proférant les pires insultes sur «les écolos». Il est clair qu'on lui avait monté le bourrichon, et de manière grossièrement exagérée. C'est le point faible du pouvoir et de la répression: ces gradubides ne peuvent pas faire le sale boulot eux-mêmes, ils sont obligés de le confier à des gens du peuple. Qui ont des familles, des amis... Etonnez-vous après que le gouvernement soit si peu estimé en France: pratiquement tout le monde a au moins une fois aperçu quelque dessous de cartes cradingues, directement ou par un membre de sa famille, des copains, etc.

J'ai même vu plusieurs fois le CRS mutilé de Creys Malville qualifié de héros par des écolos, car il avait continué à assumer son rôle malgré sa main arrachée. Sûr qu'il y a dans les CRS, la gendarmerie et la police, de nombreux héros potentiels, à qui on pourrait facilement trouver des activités plus utiles que de détruire notre avenir. (Ajouté en 2023: Racailles à capuche? Nayib Bukélé? hi hi hi hi!)

 

Ainsi, le mouvement antinucléaire a t-il été une formidable aventure humaine, qui a profondément affecté chacun des participants, police compris. Telle est la force de la non-violence! Alors que le dualisme marxiste au contraire crée de profondes divisions. C'est la raison pour laquelle les médias ont tout fait pour cacher la non-violence des anti-nucléaires, ou que wikipédia cite uniquement les soutiens d'extrême gauche. Le mouvement eut-il continué, que l'on serait arrivé à une société différente, et bien plus intéressante. Mais c'est bien la casse par les agents infiltrés marxistes et les jaunes de Libé qui y ont mis brutalement fin. Et cette fin a laissé un grand trou dans le mouvement écologiste, et une sensation d'échec chez les militants et participants. En effet, beaucoup s’étaient investi totalement contre le nucléaire, abandonnant toutes les autres actions: groupements d’achat, protection de la nature, économie alternative, etc. La fin du mouvement anti-nucléaire a donc laissé un mouvement découragé, désenchanté, vidé de toutes ses énergies.

Les années 1980 ont donc été assez moroses, et l'écologie électoraliste «de gauche» des «Verts» a achevé de casser la confiance des électeurs. Cette confiance ne revient que petit à petit, mais ce n'est que 44 ans plus tard, en 2022, que Yannick Jadot revient au niveau de Ecologie 78 (mon niveau). Et encore, je n'ai pas voté pour quelqu'un qui mettait la légalisation de la marijuana dans son programme: je sais depuis longtemps quel serait le coût.

 

 

Tentatives de travail alternatif

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

N’étant plus étudiant, mon père a cessé de m'envoyer de l'argent. Ce qui, en cet automne 1978-79, me laissa sans revenu. Mes tentatives de vendre des appareillages électroniques se sont avérées encore fort loin de réussir, malgré quelques dépannages ici ou là. Encore que mon plan aurait pu marcher: un copain de l'époque, avec une démarche similaire, avait réussi à décrocher un contrat de maintenance chez un important magasin d'instruments de musique à Toulouse (Baron si je me rappelle, mais je ne n'ai retrouvé ni le nom, ni l’endroit). Mais en fait je ne pouvais pas faire grand-chose dans mon petit appartement, sans un rond pour acheter ne serait-ce que le minimum d'équipement. Mes projets de régulateurs pour éoliennes sont également restés lettre morte (même pas de spécifications) et mes circuits audio modulaires n'ont pas dépassé le stade d'un ou deux prototypes, vite condamnés de toutes façons par l'évolution des techniques.

 

Face à l'absence de revenus (un problème récurrent dans ma vie) j'ai du chercher du travail.

Bien dans l'esprit de l'époque, j'ai d'abord essayé un plan en autogestion. Mais ce n'était pas ça non plus: travailler un jour par mois, ce n'est pas suffisant. De plus l'équipe comprenait deux suprématistes féminines caractérielles, dont le seul idéal semblait être de rouler les clients potentiels en bâclant le travail. Et terminer une dalle en béton le soir à la lampe de poche, c'est un excellent moyen de bâcler. Le client, voyant le saccage, a refusé de payer. Pire, ces deux ordures s’en prenaient aussi à d’autres femmes plus faibles, je me souvient d’une «cas social» qu’elles avaient traitées de fachiste. La malheureuse pleurait d’apprendre qu’elle était «fachiste»!! Là aussi, la «liberté» de l’autogestion semblait attirer les pires éléments de la société, inclassables ailleurs. A moins que ce ne fut simplement des gens «normaux» qui décompensaient, révélant leur manque abyssal de psychoéducation.

Echec donc. Mais là aussi le plan était jouable: d'autres membres plus sains de ce groupe se sont mis artisans plombiers.

 

Le problème est que j’avais parié sur le succès de cette économie alternative dont tous ces gens parlaient, basée sur l'entraide, dans des lieux de vie campagnards agréables. A en croire les discours de l'époque, beaucoup étaient sensés exister dans les campagnes du Lauragais. Mais en fait je n'en ai jamais vu un seul, ni aucune tentative d'économie distributive, même pas un autre groupement d'achat. Le seul que je saurais citer était un soi-disant centre pour drogués, apparemment la seule compétence de ces gens.

Ainsi, au moment de passer à l'action, je me retrouvais seul au pied du mur! Une situation à laquelle j'ai souvent été confronté dans ma vie. Presque tout le monde s'était débiné devant les efforts, ou s'était dégonflé devant l'entraînement psychologique nécessaire pour être capable de vivre l'autogestion sans dispute ni chefs. Personnellement, je m'étais déjà entraîné pas mal, mais personne ne saisissait ma main tendue, si ils ne prenaient pas carrément ma gentillesse naissante pour de la faiblesse. Je n'avais donc pas d'autre choix que d'assurer ma propre survie, en attendant d'hypothétiques autres occasions de concrétiser mon projet d'aider à une meilleure société. C’est à dire, rappelez-vous, de VOUS aider. Si le monde dans lequel vous vivez est meilleur que celui que j’ai connu, c’est grâce aux efforts de milliers de personnes qui ont renoncé pour vous à un bonheur facile-futile. Si il n’est pas encore si bon qu’il devrait être, c’est à cause de tous les obstacles mis à ceux qui cherchaient à l’améliorer. Dans mon cas, ça a été le manque systématique de soutient financier, qui m’a VOUS a coûté dix ans dans des «emplois» m’empêchant de travailler à un monde meilleur, et qui est encore ma principale limite aujourd’hui (2024) avec une retraite minable qui ne me permet presque rien.

 

J'étais vraiment dans le besoin, avec les premiers loyers impayés. Sans surprise, l'ANPE n'était d'aucune aide. Et pour me faire prendre en travail intérimaire, je n'avais plus le choix: il me fallait parler le langage des gens qui travaillent. A Toulouse il y avait à l'époque une agence Polyintérim au coin de la rue de Metz et des Allées François Verdier, devant le Monument aux morts. Je m'y suis pointé un lundi à sept heures du matin (un effort réel de ma part, vu mon problème récurrent de me lever tard). Je n'ai rien dit, rien demandé, juste je me suis assis en vue du comptoir, avec une revue. A huit heures trente, je suis parti. Rebelote le Mardi, puis le Mercredi. Le Jeudi, l'agent intérimaire me fait «vous, venez» et il m'envoie à un premier boulot. Sans dire un mot, je lui avais montré que je pouvais tenir mes engagements!

J'ai pu travailler plus ou moins régulièrement comme ça pendant environ trois mois.

J'ai donc passé un mauvais hiver 1978-79, d'intérim en intérim, à aller au boulot sous la neige en mobylette (une horreur: ça fait très mal, on est obligé de rouler lentement, en plus du danger de la conduite avec une mauvaise visibilité, une chaussée glissante et des voitures qui slaloment autour de nous sans se rendre compte de nos difficultés). Mais apparemment les employeurs étaient contents de ma contribution, car ils me rappelaient.

 

Un de mes deux emplois temporaires a été dans une laiterie, où il fallait emballer des bouteilles sortant d'une machine à stériliser. Une machine impressionnante, avec une tour de dix mètres de haut, pour que les bouteilles puissent descendre dans de l'eau jusqu'à la pression requise pour être chauffées à 110°C. Il y avait aussi une machine à faire les tétrapacks, mais elle était derrière une vitre, par propreté. Cette chose ne s'arrêtait jamais. Ni le palettiseur, un robot sommaire mais efficace. Ce job, et la situation à l'entour, m'a inspiré un passage de mon roman «Naufragée Cosmique».

L'autre emploi a été dans un grand dock Carrefour, où nous chargions les charriots qui partaient pour les petits magasins, selon leurs commandes. Il était basé sur un immense système de rails et de guides, qui transportait les chariots au long de leur chargement, puis vers les services de livraison.

 

Malgré la fatigue physique du travail et des horaires en 3x8, je garde curieusement un souvenir attachant de cette époque, jusqu'à l'odeur de diesel des camions, qui éveille la nostalgie de cette époque!! Ma madeleine de Proust, ha ha ha ha! Mais si vous voyez Proust, ne lui parlez pas de mon diesel de Proust, hein? Cette nostalgie vient probablement du fait que je faisais finalement quelque chose d'utile, avec des gens qui me traitaient en égal. Même si ce n'était pas ce que j'avais décidé, c’était bien mieux que la tartufferie innée des militants gauchistes. Je crois que ce qu’ils contestent surtout, ce n’est pas tant «l’exploitation», que le travail lui-même! Un petit séjour en kolkhoze leur aurait fait du bien, je pense. Mais fort très peu ont osé essayer ça, ha ha ha ha ha!

 

 

La Poudrerie de Toulouse

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

Ici se situe un incident instructif. On ne sera pas surpris que les agents intérimaires, même quand ils se montrent souriants, recherchent leur intérêt avant le nôtre. Ils sont surnommés «négriers» pour des raisons. Ainsi, un matin l'homme de Polyintérim m'a envoyé à la Poudrerie. La Poudrerie de Toulouse, une usine de chimie militaire dont les activités sont secrètes, et l'entrée strictement interdite. Une sorte d'Area 51 locale, avec même des théories conspirationnistes idiotes lors de l'explosion de l'AZF. La seule production connue était une conduite de phosgène. Pendant longtemps cette conduite a formé un pont par-dessus la «route d'Espagne» (Nationale 117) devant l'usine de l'AZF. Toutes ces choses ont été détruites lors de l'explosion de l'AZF. Heureusement le phosgène avait été stoppé avant, car il aurait fait des milliers de morts. La Poudrerie existe toujours aujourd'hui, mais des pelouses y ont remplacé les bâtiments détruits lors de l'explosion.

Je savais donc très bien ce qui m'attendait, et j’aurais normalement du refuser ce boulot d’emblée, sans même y aller. Mais j'ai voulu voir de mes propres yeux, plutôt que de répéter sans vérifier ce que disent les revues écolos.

Et je n'ai pas été déçu. Dès l'entrée, on me demande d'avoir un masque à gaz à portée de main. Un vrai, hideux et kaki. Je ne sais pas si j'aurais pu le porter, avec mes lunettes. Mais me voilà qui me propulse à l'intérieur de cette usine «area 51» secrète, vers l'atelier indiqué, avec cet horreur de la première guerre mondiale sur le porte-bagages de ma mobylette. J'osais à peine le toucher, lol!

Arrivé à l’atelier indiqué, on me fait patienter dix minutes dans une sorte de salle de repos, avec un type tout gris, un autre tout jaune, un autre tout vert (j'exagère un peu, mais ils avaient vraiment l'air malades) en train de discuter d'accidents, de séjours aux services de soins intensifs, et autres joyeusetés. J'imagine très bien que ce n'était pas par hasard si ils m'ont fait entendre une telle discussion: ils voulaient savoir si j'acceptais les risques. Et ils ont vu. Au bout de dix minutes de ce cinéma, s'amène un autre type en costard cravate brun, en bonne santé celui-là, qui m'explique mon boulot: nettoyer des fûts qui avaient contenu du gaz lacrymogène. Les mêmes fûts qu'ils avaient vidés sur les copains, pendant les manifs de l'été. Alors j'ai gentiment décliné un tel boulot, autant pour ma santé physique que pour mon karma, lol.

C’est ainsi que j’ai «enquêté» tout à fait légalement sur ce lieu secret d’état, strictement interdit à tout le monde. Le point faible des gouvernements est qu’ils ont besoin de personnel. Qui en plus ont des yeux, avec la mauvaise habitude de toujours les avoir sur eux.

J'ai donc vu par moi-même ce qui se passe dans certaines usines, où on prend délibérément des risques avec la santé des travailleurs, sans aucun souci d'écologie. Et c'est pas mieux que ce que l'on lit dans les journaux de Greenpeace et autres. Merci donc de considérer ces derniers comme une source objective: j'ai vérifié.

Quand je suis retourné à l'intérim, l'agent a rigolé, mais je n'en avais cure. Ce qui m'intéressait est qu'il m'a indiqué un autre boulot. D'après lui, il aurait même fini par me trouver un emploi fixe, si je n'avais pas été plus rapide que lui.

 

Je tiens à préciser que je n'ai pas refusé ce travail par peur: j'avais accepté quelques jours plus tôt un travail chez Ruggieri, les feux d'artifices, où on m'a envoyé manipuler des explosifs dans un bunker. Le genre d'endroit où on va seul, parce que «si ça pète il n'y a qu'un seul mort». J'avais fait ce qu'on me demandait, sans peur. Mais j’avais quand même des yeux tout autour de la tête, en manipulant ces trucs, ha ha ha!

 

Cette suite ajoutée en 2026: A l’époque on nous disait que le phosgène servait à faire de l’hydrazine, dans une petite usine liée au spatial, en face de l’AZF. Mais wikipedia ne donne pas de procédé de fabrication de l’hydrazine qui partirait du phosgène. J’ai donc posé la question à ChatGPT, qui confirme qu’il n’y a effectivement pas de tel procédé. Mais il ajoute que cette affirmation pourrait n’être qu’une simplification à l’adresse du grand public, pour un ensemble de fabrications liées aux propergols. Par exemple des liants plastiques comme les isocianates, utilisés dans les propulseurs à poudre, partent directement du phosgène.

Mais ChatGPT ne confond pas neutralité avec langue de bois. Il confirme que la petite mise en scène avec les trois types malades n’était effectivement pas naïve, mais bien une méthode de sélection informelle, couramment utilisée à l’époque dans les usines dangereuses. Le but était en premier de vérifier que l’employé acceptait les risques. Mais plus vicieusement, elle servait surtout, en cas de maladie, à déplacer la responsabilité du risque sur le travailleur: «Vous saviez le risque que vous preniez».

 

J’y ajoute le risque d’être confronté à des produits chimiques secrets, rendant les soins médicaux impossibles. C’était aussi un procédé courant, même dans des usines où on n’attendait pas de produits dangereux. J’ai entendu plusieurs histoires de ce genre à l’époque, de gens avec des maladies graves ou chroniques, mais dont le patron refusait de révéler la cause. Aujourd’hui cela est en principe illégal dans les pays démocratiques (Droit du Travail et législation REACH de l’Union Européenne, HCS et OSHA aux USA, législations similaires au Japon et en Corée)

 

Enfin, refuser ce travail n’était pas un simple exercice social ou acte militant. J’avais besoin de travailler, avec des loyers en retard. Refuser avait donc un coût. Je frémis de penser que pour certains ce coût est plus élevé que le risque de santé: il faut être vraiment au fond du désespoir pour accepter un tel job.

 

 

EDI (1978-1981)

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

J'ai fini par trouver un travail stable chez EDI (Edition Documentation Impression), une entreprise de création et édition de documents, qui à l'époque se trouvait Rue Bayard à Toulouse. (Ils ont migré depuis à Blagnac). J'ai gagné ce boulot grâce à un test de dessin industriel. Je n'avais pas tout à fait terminé dans le temps, mais le résultat a plu. Le dessin industriel serait mon travail désormais.

Ce qui m'a enfin permis de payer deux mois de loyer en retard. Je remercie ma proprio de sa patience, beaucoup m'auraient viré avant. Ce qui m'aurait rendu SDF, et incapable de trouver du travail.

Cette situation a fait que j'ai du rencontrer le patron au bout de quinze jours, pour demander une avance sur mon salaire. Encore influencé par le marxisme tranchant de mes anciens copains de faculté, j'étais déterminé à avoir une attitude très intransigeante et combative envers les patrons. Mais me trouver en face d'un a complètement changé cet état d'esprit: ce n’était pas un monstre, mais un être humain comme les autres, et nous étions dans la même barque: si l'entreprise coulait, je coulais avec. De plus j'étais en position de lui demander une faveur, et qui plus est encore en période d'essai. J'aurais payé très cher la moindre arrogance. Il a accepté ma demande, ce qui m'a permis de rembourser un des mois de loyers en retard. Pour la suite, avec un plein salaire au lieu d'intérim erratique, ce problème a vite été résolu.

 

Bon j'en vois qui doivent s'imaginer que j'aurais «changé de camp» et serait devenu capitaliste. Aucun risque, lol! Ce qui s'est passé est beaucoup plus intéressant, même si j'ai mis plusieurs années à vraiment le comprendre:

 

J'étais enfin en route vers la Voie du Juste Milieu dans ma vision de la politique et de la société.

 

J'avais rencontré ma Sujata. Sujata est la femme qui a aidé le Bouddha à sortir de l'extrême ascétisme. Bon d'ac, je sais, un patron en costard gris c'est bien moins sexy qu'une jeune naïade Hindoue légèrement vêtue. Mais il n'y a pas que le sexe qui compte, les gars. Et non, désolé mais le Bouddha n'a pas touché à Sujata. Il a juste accepté son bol de riz. C'était le Bouddha, eh!

 

Bien sûr le Juste Milieu ne rend pas le capitalisme «gentil». Mais le fait est que c'est le moins mauvais système économique qui fonctionne dans une société régie par des égos. Ce qui retire la faute des épaules de seuls «patrons»: c'est l'ensemble des égos qui provoque les situations de domination et d’exploitation. Et qui permet les patrons et les classes sociales. Ainsi, à chaque fois qu'un patron commet un abus, il le fait avec l'aide de milliers de «travailleurs» qui ont cautionné ce système en ne créant pas d'unités économiques autogérées sans argent. C’est là que le marxisme est complètement à côté de la plaque: d’après le marxisme, les travailleurs s’organiseraient spontanément pour se passer du capitalisme et des patrons. Or ils ne le font pas. Et pourquoi ne le font-ils pas? Pour l'immense majorité, parce que en fait ils sont juste des patrons qui n’ont pas réussi, attendant tout de ce système qu'ils prétendent contester. Pour la minorité qui ont essayé, parce qu'ils se sont mis à avoir des «problèmes psychologiques» qui ont mené à l'échec de leur tentative. Eh oui, l'économie est avant tout une matière spirituelle!! Sans travail spirituel, sans maîtrise de l'égo, pas de Vraie Economie, seulement du capitalisme. Donc, si on veut éliminer le capitalisme, il faut maîtriser nos égos. Toute autre solution est fumisterie ou hypocrisie. Voir ici, et aussi mon chapitre sur l'économie pour une discussion complète et les solutions.

Je me suis donc rendu compte à cette occasion que les influences Marxistes que j'avais reçues étaient une forme d'extrémisme. Que cet extrémisme fut dangereux était certes déjà un problème grave, mais pas le pire: il était surtout totalement contre-productif, par rapport au but de ma vie que je m'étais assigné. En effet, il ne menait qu'à la violence, la haine, l'exclusion. (Pour la violence, je n'avais pas loin à aller: c'était l'époque de la bande à Baader. Il était facile de les rejoindre.). D'où la voie du Juste Milieu: se rendre compte que le capitalisme n'est pas correct, mais ne pas se tromper de solutions: le vrai ennemi est notre propre égo, pas le patron intransigeant ni le CRS sadique.

 

En fait, cette entrée dans le «monde du travail» m'a apporté plus de réconfort et de soutient que de «misère de la condition ouvrière». En effet, je me suis retrouvé avec des personnes qui me respectaient, et qui me faisaient confiance pour des choses importantes comme la sécurité aérienne ou ferroviaire. Un changement radical, donc, par rapport aux «militants» qui cherchaient toujours à m’inférioriser ou à me singulariser. Bon, peu de ces personne avaient l'ouverture d'esprit des écolos ou des spirituels (ma prochaine rencontre), mais je n'était pas en butte aux récriminations et attaques psychologiques si courantes dans les milieux qui prétendent «contester la société».

Bien sûr ce n'était pas parfait (il y avait en particulier à EDI un malade agressif, qu'ils ont dû isoler dans son propre bureau), mais en gros je garde un meilleur souvenir de cette période, par rapport aux constantes accusations et déstabilisations psychologiques dans les milieux «alternatifs». D'être admis comme pair dans un lieu aussi prestigieux que l'usine Airbus, et confié des responsabilités dans une activité aussi complexe et responsable, m'a permis de bien mieux me centrer que dans des milieux «contestataires» pleins de problèmes psychologiques débridés et de constantes «remises en cause» destructrices.

 

Je pense que c'est une des raisons pour lesquelles les maîtres spirituels recommandent souvent de s'investir dans le monde: si on reste dans un milieu confiné, même se voulant meilleur, les anomalies psychologiques de ce milieu nous semblent alors la norme, voire on les intériorise, et on ne se rend plus compte de ces problèmes. (C'est ce qui arrive aux enfants battus, qui ne se rendent pas compte que leur situation est anormale, et souvent ne veulent même pas quitter leurs parents malades). La situation peut alors dégénérer à un point incroyable (comme dans les sectes) et je devais voir des exemples ahurissants plus tard, au Faitg, plus proches de l'esclavage romain que de n'importe quelle alternative sociale positive.

 

Si il y en a qui ne «croient pas» au karma, il y a pourtant bien un exemple de karma instantané, constant, automatique, et parfaitement observable: se poser au-dessus des autres nous descend immédiatement en-dessous. Juste que la personne qui descend est la seule à ne pas le voir. C'est hélas un piège courant quand on aspire à un monde meilleur.

 

 

L'aérospatiale et Airbus.

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

Je suis allé travailler en délégation dans l'usine Airbus à Blagnac, dans un bureau de dessin où notre travail était de la mise à jour de plans électriques de l'Airbus A300, à l'époque le tout nouveau succès et fierté de l'usine. Nous disions encore «aérospatiale», mais c'était déjà «Airbus industries».

Le bureau où je travaillais se trouve toujours à 43°36'44.53"N 1°21'29.42"E. Le grand hangar adjacent contenait la chaîne d'assemblage de l'A300, celui du milieu était l'ex-hangar de la Caravelle, et le troisième à l'est venait de recevoir les outillages pour refaire des Transalls, qui ont effectivement été produits peu après. J'ai eu aussi un passage au «Palais des globes», 43°37'19.14"N 1°23'19.80"E, le bureau d'études des Caravelles, nommé ainsi car l'immense salle de dessin était éclairée de centaines de lampes. Mis à part cela, l'aspect de l'usine et de l'aéroport a beaucoup changé depuis, avec la destruction de vieux bâtiments, la construction du nouveau terminal aéroportuaire de Blagnac, et bien sûr les énormes hangars de l'A380. Plus toute la zone industrielle gravitant autour de l'Airbus.

Le travail de dessin était intéressant et finalement assez relax. Il m'a familiarisé avec les entrailles des avions et l'organisation de la conception. La plupart du temps il fallait dessiner des modifications des plans de câblage dans le fuselage ou dans le cockpit. A l'occasion, on me faisait visiter les lieux, en particulier la «soute avionique» sous le cockpit, là où se trouvent tous les ordinateurs de l'avion. Peu de gens voient ces choses, en dehors des ingénieurs et des ouvriers hautement qualifiés qui y travaillent.

Un épisode intéressant concernait le Concorde: les Américains n'avaient autorisé cet avion que à contre-coeur, en imposant des conditions restrictives, comme de renforcer les tôles du fuselage. A cette fin, il fallait retirer des rivets, présenter les tôles supplémentaires, et re-riveter. Mon travail a été de concevoir un petit outil pour maintenir précisément les nouvelles tôles en place, afin que les trous des rivets correspondent. C'est la seule fois où je suis monté à bord d'un Concorde. J'avais remarqué que l'allée centrale comprenait des rideaux à intervalles réguliers, une caractéristique quelque peu contradictoire avec la sécurité, qui ne pouvait donc pas être un caprice de mode. La raison qui m'a été donnée est curieuse: en vol, soumis à des efforts aéronautiques, l'avion se plie élastiquement. C'est normal, mais certains passager flippaient en voyant depuis les sièges arrière le cockpit monter et descendre de dizaines de centimètres. D'où les rideaux. Je les comprend, au fond, d'avoir vu les ailes de la Caravelle faire ça était plutôt inquiétant.

Mon travail le plus intéressant a été les plans de maquettes de cockpits, pour tester les éclairages, pour les compagnies Swissair et Garuda. En effet la luminosité de l'ensemble des voyants lumineux dans un cockpit peut se régler, afin de pallier aux différences d'éclairage, du plein soleil à la nuit noire. Il fallait donc plusieurs dizaines de plans, un pour chaque instrument. C'étaient des plans vite fait, au crayon sur mylar, et tirage diazo. Des compagnons effectuaient ensuite le câblage. Ce fut certainement le travail le plus intéressant qui m'ait été confié, juste dommage que je n'ai pas pu rester jusqu'à la fin pour les tests. Il m'a rendu suffisamment familier avec un cockpit d'avion pour que je puisse facilement utiliser (plus tard) les jeux vidéo Flight simulator et EF2000. J'ai souvent fantasmé d'essayer de piloter un vrai Airbus avec ces seules connaissances. Apparemment je ne suis pas le seul, il y a plusieurs vidéos Youtube sur ce thème.

 

Par contre un truc qui ne m'a pas plu est que un jour un de mes camarades, je suppose syndicaliste, m'a halpagué dans son bureau, et m'a reproché de travailler trop vite. Deux fois trop vite, disait-il, ce qui ruinait leur propre situation. J'étais très embêté, car déjà je ne me forçais pas, et travailler plus lentement aurait rendu la chose fort ennuyeuse.

Un autre incident du même ordre est que j'ai caressé l'idée d'une embauche à l'Aéro, au lieu d'être en délégation. Je me suis renseigné auprès d'un autre syndicaliste pour savoir comment faire. Il m'a répondu «on va te soutenir auprès de la direction». C'était une escroquerie: aucun patron n'embauche sur revendication, qui plus est soutenue par un syndicat. Si un jour vous voulez faire cela, il faut poser votre candidature directement à la hiérarchie, en la présentant comme une offre de collaboration, et non pas comme une revendication, même pas comme une reconnaissance d'ancienneté ou autre. Les seuls arguments qui parleront en votre faveur seront votre travail et votre bonne intégration dans l'équipe. Tous les autres points parleront contre vous. Ce conseil m'a été confirmé plus tard, par mes collègues de EREMS, quand j'ai travaillé au CNES, également en délégation.

Des incidents ridicules, mais qui m'ont fait comprendre comment les syndicats, et plus généralement la «classe ouvrière», en fait organisent leur propre soumission, en parfaits rouages du système qu'ils prétendent critiquer. Voire ils agissent implicitement en pair à pair avec leurs «exploiteurs». Les syndicats s'y retrouvent en vendant des cartes de membre, et en se posant en personnes indispensables, sorte de concurrent-complément du pouvoir principal. L'extrême gauche sadomasochiste se pose en martyres, afin de pomper notre énergie. Les «prolétaires» rejettent les fautes du système sur les patrons, afin de se dispenser d'accomplir des efforts eux-mêmes, en particulier l'indispensable travail psychologique pour pouvoir être capables de travailler et vivre ensemble sans hiérarchie ni contrats. Pour preuve, le très faible nombre d'entreprises autogérées ou d'autres tentatives d'économie non-égocentrique (Voir ici et mon chapitre VI-8 sur l'économie). On peut extrapoler que c'est finalement la raison pour laquelle le soutient au marxisme reste faible, et uniquement verbal: une révolution marxiste forcerait ces gens à travailler sincèrement... ce qu'ils ne souhaitent pas vraiment. Marxistes, mais seulement à la manif!

 

Il faut parler de la cantine de l'Aéro. Ce truc, là: 43°36'34.16"N 1°21'43.61"E avec ces énormes tuyaux sur le toit, pour évacuer toutes les odeurs de graillon. A l'époque, l'écologie était encore naissante, et encore emballée dans des torchons style Charlie Hebdo, qui n'aidaient pas à l'intégration sociale de ces idées nouvelles. Quant à se dire végétarien, c'était aussi grave que de descendre d'une soucoupe volante (A noter que je n'étais pas encore vraiment végétarien à l'époque, seulement bio, et donc mangeant peu de viande. Mais certains confondent tout).

Donc le premier jour, je vais à la cantoche comme tout le monde. Ambiance très franchouillarde, très prolo. Bouffe syndicaliste hyper-lourde, je me rappelle de sortes de grosses saucisses roses ressemblant à des vieilles cuisses pleines de cellulite, ruisselantes d'une graisse malsaine, qui m'ont rendu lourd et malade, comme cela m'était arrivé à Brest. Bon je dis rien, mais quand même quand un type me demande de prendre du vin, je refuse. «Bah dans quelques jours tu t'y mettras» fait-il, confiant en lui. Voire. Il ne m'a pas fallu si longtemps pour arranger un repas chaud dans un bocal, enveloppé de plusieurs torchons. A midi c'était encore très présentable. En plus dans notre bâtiment il y avait une kitchenette que personne d'autre utilisait, aussi nous y étions tranquilles.

 

Qui «nous»?

 

Eh oui, il y avait un copain écolo de l'ATE qui bossait dans le même bâtiment que moi, juste à l'étage d'en dessous. Une rencontre quasi impossible, comme dans un roman, lol! Appelons-le Michel. Il était ingénieur et ancien de l'usine. Comme quoi le monde est petit.

 

 

L'ouverture à la spiritualité

Il est curieux de penser que c'est en acceptant la société que j'ai finalement accepté la spiritualité. Il y a quelquefois d'énormes coïncidences, apparemment bénignes, mais qui peuvent en fait déterminer notre vie. J'étais destiné à rencontrer la spiritualité, de toutes façons; seuls mes préjugés anti-religion me la cachaient.

 

(Permalink) Ecrit en Mars 2019

 

Michel et moi nous nous retrouvions donc au repas dans la kitchenette de l’Aérospatiale, ou les jours de soleil il y avait un coin de pelouse discret, derrière des arbres disposés en cercles. (Nous ne le savions pas, mais ces cercles étaient d’anciens cratères de la guerre).

Nous avons bien sûr commencé par parler d'écologie.

Mais Michel avait un autre dada.

A l'époque j'étais encore sous le choc direct de la découverte des NDE, et je relisais le bouquin de Raymond Moody «La vie après la vie», sur fond sonore de «Timewind» de Klaus Schulze, ou pire «Phaedra» de Tangerine Dream, qui me semblait reproduire les étapes d'une NDE sur un mode dramatique et mystérieux. Cette énorme sensation de mystère un peu inquiétant que l’on ressent quand on découvre ces choses «impossibles».

Je ne me rappelle plus comment cela est venu, mais Michel a commencé à me parler de relaxation, puis de Yoga, puis de méditation. L'idée des NDE m'avait finalement ouvert à la spiritualité: si on accepte la survie de la conscience, alors tout le reste prend un sens, y compris la parapsychologie, la télépathie, et même Dieu. A une limite près toutefois: suite à mon expérience à Nancy, j'étais encore allergique à toute religion organisée. (Comme l’étaient beaucoup de monde à l'époque, et c'est ce qui a causé le Nouvel Age: de la spiritualité sans religion organisée). Il me fallait donc quelque chose de moderne, écolo, autogéré. Michel allait me trouver ça.

 

Comme Michel était connu à l'ATE, il organisa des week-ends «relaxation». Il ne disait pas «méditation», car aussitôt s'élevaient des bêlements «surtout pas de mysticisme». Il est clair qu’ils étaient déjà en train de rater le tournant que nous étions en train de prendre. Mais il n'était pas nécessaire de prendre ces gens à rebrousse poil: Michel faisait une introduction à la méditation, sans dire que c'en était. Mais organiser ces weekends lui a vite appris à se rendre indépendant de l'ATE, en organisant ses enseignements de manière autonome, dans un lieu à lui. En ce qui me concerne, ce n'est pas moi qui ait quitté l'ATE, c'est eux qui ont commencé à me paraître pénibles, pour ce sectarisme et d'autres raisons que nous verrons un peu plus loin.

 

Michel était très éclectique, et il me présenta plusieurs voies spirituelles. Mis à part le Hatha Yoga que nous verrons plus loin, celle que j'ai le plus explorée est l'Anthroposophie de Rudolf Steiner: j'ai même suivi leir stage d'introduction à l'Ecole Perceval de Chatou, et nous avons visité l'Ecole de La Mhotte à Bourbon l'Archambault. Une chose qui m'a fortement impressionné est la vision de ces enfants qui s'activaient harmonieusement pour organiser la préparation de leur repas, sous la simple présence d'un seul adulte, sans avoir besoin de directives, et sans disputes ni problèmes. Aujourd'hui je reste convaincu que l'Education Steiner est excellente à former des individus capables et responsables, malgré l'hostilité de wikipédia ou des sectes anti-sectes. Mais quand on est responsable et capable, un niveau d'étude se rattrape, alors que aucune université ne sait rendre les gens capables et responsables.

 

Tout à l'enthousiasme du débutant, j'ai tenté d'organiser un groupe de prière sur Toulouse. Mais ce genre de truc semble voué à attirer des gens bizarres aux motivations «très ésotériques». Pas étonnant que ça reste si limité. Heureusement les prières collectives ne demandent pas forcément de se rassembler en un seul endroit, ce qui élude ce problème. Je le fais toujours seul aujourd’hui, lol

 

Un incident spirituel intéressant s'est déroulé dans l'usine de l'Aérospatiale. Cela peut paraître curieux, mais pour aller vers la cantine nous étions autorisés à traverser les hangars d'assemblage de l'Airbus. Il y avait toujours sept ou huit avions A300 à divers stades de fabrication, plus les stands et les outillages autour. Un jour a eu lieu un accident: la porte du train d'atterrissage s'est ouverte brusquement, alors que deux ouvriers travaillaient dessus. L'un s'est brisé une jambe, l'autre s'est tué sur le coup. Cela avait fait un choc, dans une usine où les accidents corporels sont une rareté.

Michel et moi savions qu'une mort récente permet plus facilement à certains phénomènes de se produire. Nous avions donc décidé de traverser l'atelier, à côté de l'avion où s'était produit l'accident, en nous mettant en méditation pour voir. Mais nous ne pouvions pas nous arrêter, car cela aurait attiré l'attention et posé problème. Après, nous avons comparé nos perceptions. Michel m'a dit avoir ressenti de la peur (de la part de cet homme). Moi-même ai ressenti une présence: cet homme était encore là, ne sachant pas quoi faire une fois que l'on est mort. Mais alors que nous nous éloignons, je l'ai senti se mettre à me suivre, car il pouvait communiquer avec moi. Là j'ai un peu paniqué, d'autant plus que nous ne pouvions pas rester sur place. Je lui ai alors indiqué, en méditation, de monter vers une lumière blanche intense au-dessus de lui (celle des NDE), qui pouvait le guider. Puis je suis sorti de méditation, pour stopper le contact avant de perdre contrôle. Le lendemain, nous avons recommencé la même manip, mais ni l'un ni l'autre n'avons rien ressenti: le gars était parti. Je l'espère vers une bonne après-vie.

Scientifiquement, rien ne prouve que nos perceptions aient été exactes, et non pas de l'imagination. Toutefois de telles choses se produisent souvent à proximité de la mort, aussi je prend cette expérience au sérieux. Mais je l'accompagne d'un avertissement: on ne fait pas psychopompe pour jouer ou pour se faire avoir des sensations. C'est une affaire extrêmement sérieuse qui, mal conduite, peut envoyer un décédé vers une expérience infernale. Ce que j'ai fait est la seule chose que l'on doit faire: indiquer la lumière, la beauté, la gentillesse. Une fois connecté à ça, le décédé est entre de bonnes mains. La suite ne nous concerne plus. Et la connexion est coupée de toutes façons une fois que le décédé a intégré un autre univers.

 

 

La spéléologie

(Permalink) Ecrit en Mars 2019

Un autre de mes camarades de travail, André Claustres, m'a raconté ce qu'il avait fait pendant la guerre, héroïque et positif, mais qu'il m'a demandé de ne pas répéter. Beaucoup de gens qui ont vécu cette époque ont gardé la peur d'être persécuté par les gouvernements. Au 21eme siècle, cela semble impossible, mais en 1945 c'était un risque très réel, avec d'énormes ambiguïtés sur la direction que prendraient les pays libérés. Et il avait raison: en France, De Gaulle a du parer à gauche en 1945, et à droite en 1961.

 

Par contre André était plongeur en spéléologie. Comme j'étais très intéressé par la spéléo, nous avons trouvé un terrain d'entente, malgré les grosses différences de personnalité et de philosophie. Il m'a rapidement proposé de plonger, mais commencer dans une grotte, sans entraînement, aurait été bien trop risqué. J'ai donc refusé. Mais il était tout de même un bon meneur, aussi je lui ai fait confiance, mais dans certaines limites rationnelles.

Ainsi il m'a rapidement proposé de sortir avec le club spéléo de l'Aérospatiale. Qui fournissait aussi assurance et matériel, en particulier les fameuses calbombes à acétylène. J'ai vite compris pourquoi les spéléos les préfèrent aux lampes électriques: ça éclaire bien mieux. Mais en galerie étroite les gaz sont fort dangereux, aussi il vaut mieux l'électricité dans ce cas. Je pense que aujourd’hui les LED battent les deux.

Notre première sortie a été pour Labouiche. Bien sûr, la partie équipée pour le tourisme ne compte pas comme spéléo. Nous allions plus loin, jusqu'à l'entrée du siphon, où André et un de ses camarades plongeraient. Mon rôle, et celui de l'équipe, une douzaine de personnes, était de porter le matériel nécessaire: bouteilles d'air comprimé, masques, etc. La plongée n'a pas mené loin, vers une étroiture en laminoir où il aurait fallu décapeler (se désharnacher des bouteilles, une opération dangereuse). De plus la galerie est extrêmement argileuse, et les plongeurs doivent remonter quasiment à tâtons, en tenant le fil d'Ariane posé à l'aller. Une opération également très dangereuse, car on a vite fait de se tromper de sens, voire de perdre ce fil d'Ariane. Ce siphon étroit et dangereux reste inexploré à ce jour, et l'origine de la rivière reste inconnue. Seul un robot pourrait forcer le passage.

Une telle sortie hors de la zone touristique est très intéressante, avec la salle des gours, emplie de concrétions blanches, prenant sous l'eau une coloration bleue de toute beauté. Ce kilomètre de galerie est également assez sportif, avec un peu d'escalade. On y trouve aussi des fouilles archéologiques: la question se pose alors de comment des hommes préhistoriques, puis des Gaulois, auraient accédé à ces galeries profondes. Probablement avaient-ils une entrée aujourd'hui bouchée.

 

La seconde sortie a été pour le Tindoul de la Vaissière, un gouffre au nord de Rodez où il faut descendre au bout d'une corde, suspendu à un harnais de parachutiste. Là c'est plus que sportif: il ne faut pas avoir peur. C'est un peu comme le parachutisme: en cas de cagade, les pierres nous attendent 45 mètres plus bas. Bon, sous la direction d'André, je m'y suis mis.

Heureusement il y avait un arbre placé de manière idoine pour s'approcher du vide sans risque, et s'accoutumer progressivement à se sentir suspendu par le harnais de parachutiste, en soulevant doucement les jambes. Une fois cela fait, il suffit de manipuler la corde qui dépasse du descendeur, et de descendre à notre rythme. En fait je n'ai pas eu peur, sachant que André et ses amis savaient ce qu'ils faisaient. Mais lors de la sortie kayac avec les éclaireurs de Mont de Marsan, je me sentais mal encadré, et plus tard en Corse je devais refuser des choses moins dangereuses, car je ne faisais pas confiance en la personne. Pas par peur non plus, mais à cause d'une situation trouble, comme devant un piège.

N'empêche, je n'ai pas quitté le harnais en bas, pour être sûr qu'il serait remis correctement en remontant. Comme Haroun Tazieff faisait aussi, lol

Le Tindoul a une rivière souterraine d'environ un kilomètre, que nous avons suivie jusqu'à un siphon, à l'époque inexploré. Le but de notre expédition était là aussi que les deux plongeurs avancent plus loin que les explorations précédentes, tandis que nous portions le matériel. Mais là aussi ils ont buté sur une étroiture qui aurait nécessité de décapeler. Toutefois, sur la base de cette information, d’autres ont pu aller plus loin depuis: le siphon a été franchi, puis un second, menant à une grande galerie. Mais l'atmosphère irrespirable et la longueur du trajet sous l'eau n'ont pas encore permis d'avancer dans cette voie grande ouverte.

Porter une bouteille encombrante de vingt kilogs dans une galerie accidentée est assez physique. Je m'en suis sorti assez bien, compte tenu de ma faible condition. Heureusement une partie de la galerie formait un lac, et je pagayais alors de mes mains dans un bateau gonflable pour transborder le matos.

De voir deux personnes disparaître dans l'eau noire du siphon, sachant tous les dangers, a fait flipper certains des membres de l'expédition. Nous avons donc été soulagés de voir leurs bulles réapparaître, mais un peu déçu que ce soit plus tôt que prévu (à cause de l'étroiture) Mais cette attente était intéressante, car au dessus du siphon se trouve le débouché d'une galerie à la forme cylindrique quasiment parfaite, une des rares beautés du Tindoul, remarquablement vide de concrétions.

 

Il y avait dans le même bureau que nous à l'Aéro un groupe de branleurs, qui ont été limite de me faire avoir des ennuis. André leur attribuait même une affaire ténébreuse: un homme se serait suicidé, après avoir fusillé femme et enfants, suite à leur cabale pour lui faire croire qu'il était cocu. Bref derrière une attitude faussement bon vivants, c'étaient de vraiment sales types, très peu fréquentables. Mais nous discutions en travaillant, et le Tindoul est venu plusieurs fois sur le tapis. Certains laissaient clairement entrevoir leur peur face à cette expédition en terre dangereuse. En tous cas aucun n'y est allé.

 

 

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Années 1970 (Toulouse) et la SAPT

(Permalink) Ecrit en Novembre 2016.

Toulouse allait concrétiser mon intérêt pour les ovnis: il y avait une association d'enquêteurs, et bien sûr le GEPAN!

 

Plus précisément, cette association était la commission ovni de la Société d'Astronomie Populaire de Toulouse, qui était à l'époque dans la tour du Tournoer, 9 rue Ozenne, 43°35'50"N 1°26'47.20"E. Il y avait un abri métallique au sommet de la tour, pour le télescope, qui a été enlevé depuis. Aujourd'hui, la SAPT a déménagé dans un lieu très Tintin et l'étoile mystérieuse: l'ancien observatoire de Toulouse à Jolimont, un lieu prestigieux au 19eme siècle, mais que les professionnels ont du fuir à cause de la pollution lumineuse. Les instruments sont toujours là, entretenus en bon état, comme si on était resté en 1880. Tout fonctionne encore, et la visite est fascinante (les dimanches). Le bâtiment de la SAPT est à 43°36'43.31"N, 1°27'45.25"E, et le site internet à http://saptoulouse.net. La commission ovni était active sous la direction de Patrick Martinez, un polytechnicien. Elle fonctionnait encore récemment, mais aujourd'hui (2016) je n'en voit plus mention sur le site.

 

Les années 1976 à 1980 étaient extrêmement positive pour les ufologues: de nombreuses et puissantes associations réalisaient des enquêtes scientifiques de qualité, rassemblées en de vastes bases de données (sur papier, à l'époque. J'ignore si elles ont été informatisées depuis). Mais surtout, on voyait les ovnis comme quelque chose de positif (pas néfaste en tous cas) et relativement simple: des extraterrestres nous rendant visite, ce qui expliquait toutes les bizarreries par la technologie inconnue de leurs vaisseaux. Il y avait même des RR3 et des RR4 (la plupart des rencontres vérifiées par des enquêtes ont eu lieu à cette époque) montrant ce qui semblait être une prise de contact progressive, assez similaire aux protocoles que la NASA a proposé plus tard pour nos propres explorations. L'impression que nous avions était que la solution de l'énigme était à portée de main, ne dépendant que d'un «cas béton» particulièrement bien prouvé, voire d'une initiative par les extraterrestres eux-mêmes. C'est dans cet état d'esprit qu'ont été réalisés les films «Rencontre du Troisième type» et «ET», qui se voulaient des films éducatifs rassemblant les connaissances et les espoirs des spécialistes à l'époque.

Ce qui manque surtout à ceux qui sont nés depuis, pour comprendre cette époque, est que l'ufologie était sérieuse: c'était une science, une science amateur certes, mais qui appliquait des méthodes scientifiques, et qui parlait de témoignages vérifiés par des enquêtes. Surtout, l'ufologie parlait de choses positives. Il n'y avait pas encore ce fantastique effort d’intoxication médiatique et désinformation amplifiante qui a complètement démoli son image depuis. Pour commencer, l'idée que les extraterrestres seraient mauvais n'est apparue que plus tard (la première fois que je l'ai entendu mentionner était en 1981, et c'était encore très marginal). Le dénigrement raciste des extraterrestres a commencé en 1979, avec le film d'horreur «Alien», une tentative claire pour annuler l'effet positif de Rencontres du Troisième Type (1976). Ce n'était pas un cas unique, il y avait déjà eu de tels films un peu plus tôt, mais restés inconnus. Pour preuve, les gens qui ont fait ces films connaissaient bien le dossier ovni, citant des éléments de cas réels. Le premier que j’ai vu était une mise en scène simpliste du cas Antonio Villas Boas, transformé en mauvais film d’épouvante. Quelques mois plus tard, l'étoile de «Alien» est Dzeta Reticulis, citée dans l'affaire Betty et Barney Hill. Une petite vengeance quarante ans plus tard: La réalité se Saturne vue à contre-jour par Cassini, s'est avérée mille fois plus belle que la sombre planète de fiction de «Alien». Même Titan et Pluton ont dévoilé des paysages somptueux, dont personne n'avait anticipé la beauté à l'époque.

Mais surtout, les médias parlaient peu d'ufologie, et uniquement pour traiter les ufologues et les témoins de fous. Cette attitude, appelée censure, ou désinformation réductrice (ou tout simplement idiotie), est certainement malhonnête et néfaste, mais elle n'empêchait pas vraiment les gens informés de travailler, une fois qu'ils avaient compris que les médias mentent, sur les ovnis comme sur tout le reste. Alors que aujourd'hui (2016), les médias parlent au nom des ufologues pour dire n'importe quoi, détruisant ainsi l'étude des ovnis en profondeur. Ainsi, en 2016, les médias n'ont pas perdu leur capacité à «créer la réalité» (novlangue pour dire «entretenir les gens dans des illusions»), exactement comme le faisaient les soviétiques.

 

Mais foin des imbéciles, vous serez plutôt intéressés de savoir ce que nous faisions à la commission ovni de la SAPT. Tout d'abord, nous faisions des enquêtes sur le terrain. Je n'ai pas personnellement participé à cette activité, car il fallait avoir une voiture. Mais il y avait une formation de base à la perception de phénomènes inhabituels, très utile pour notre travail. En effet une majorité des signalements se ramène à de simples mauvaises interprétations de phénomènes inhabituels, ou des objets connus vus sous un angle inattendu. Ainsi je me rappelle d'une personne qui avait vécu une nuit de terreur, poursuivie par un «vaisseau» lumineux, et fuyant à tombeau ouvert sur les petites routes traîtresses du Lauraguais. Mais quand on lui demanda «où était la Lune», cette personne se tapa soudain le front: ce qu'elle avait pris pour un «vaisseau» n'était autre que la pleine lune, avec des nuages défilant rapidement, donnant l'impression qu'elle bougeait. Et bien sûr elle «suivait» cette personne! Un tel signalement n'a bien sûr aucun intérêt pour l'ufologie, et il n'a même pas été archivé. Mais aujourd'hui (2016) il ferait les délices de médias d'extrême droite comme Yahoo, qui le publierait bien en vue, en l'associant à leur conspirationisme adoré, entre une photo de leur cher le pen et les commentaires racistes de leur «forum».

Mais nous avons aussi eu affaire à de vrais cas «sérieux», c'est à dire crédibles et ayant résisté aux tests et vérifications. Malheureusement à l'époque je n'avais eu que peu d'information à ce sujet, entouré d'une certaine discrétion, de par la nécessité de protéger la vie privée des témoins. Normalement ces rapports d'enquête devraient toujours être dans les archives de la SAPT.

 

Sous la direction de Patrick Martinez, nous nous étions attelés à une autre tâche: faire une base de donnée des cas présentés dans la littérature. Il y avait à l'époque une quinzaine de livres «fondateurs» de l'ufologie, plus deux ou trois revues, qui débattaient des différentes hypothèses (Pratiquement toutes centrées sur les extraterrestres, certains ayant une approche plutôt scientifique, d'autres plutôt spirituelle) Tous présentaient «des cas», soit des classiques, soit des nouveautés. Patrick pensait qu'il serait utile de pouvoir comparer rapidement les cas, pour pouvoir faire des corrélations et des études statistiques. Le format choisi était de petites fiches en bristol présentant chaque cas de manière succincte, sans oublier les classiques indices de crédibilité et d'étrangeté. Le premier indique dans quelle mesure le cas est fiable, selon les sources et le sérieux de l'enquête. Le second indique dans quelle mesure il est extraordinaire, et donc susceptible de vraiment représenter un phénomène inconnu. J'ignore ce que ce fichier est devenu aujourd'hui, si il est toujours à la SAPT ou si Patrick l'a gardé (je n'ai plus de nouvelles de lui, et je ne le trouve plus sur Internet. Ajouté en 2025: un email à la SAPT à ce sujet est resté sans réponse). De toutes façons l'utiliser sans ordinateurs aurait demandé beaucoup de travail, et l'informatiser aussi. Si tant est qu'il reste quelqu'un pour faire de telles études, après la démolition systématique de l'ufologie amateur par les médias et leurs chers conspirationnistes.

 

Nous faisions aussi des commentaires des livres publiés à l'époque. C'était nécessaire, car l'archéologie fiction et les pseudosciences essayaient déjà de contrôler le domaine. A l’époque elles étaient cantonnées à des milieux marginaux, mais la publication des livres sérieux dans les mêmes collections que les calembredaines en faisait déjà un problème: beaucoup de gens refusaient de lire les livres sur les ovnis, rien qu'en voyant qui les publiait.

Je me souviens d'avoir ainsi commenté un livre prétendant montrer des photos d'activités extraterrestres sur la Lune. J'avais du conclure que, malgré toute ma bonne volonté et mon ouverture d'esprit, je n'était pas arrivé à discerner quoi que ce soit d'artificiel sur ces photos, seulement des pierres et des rochers. Une conclusion pondérée et polie, mais sans concessions. On a bien trouvé des choses inexpliquées sur la Lune depuis, telles que la Ina Caldera, les TLE et les aurores observées par certains équipages Apollo. Mais rien n'indique que ces choses soient artificielles.

 

Xxx J'avais eu aussi à commenter une nouveauté: le fameux livre de Bertrand Méheust, «science fiction et soucoupes volantes», où il a exposé sa thèse «psychique»: le mode d'apparition, scénario et contenu des apparitions d'ovni reflète certains contenus de l'esprit humain. Une thèse qui, à l'époque, a sans doute du irriter les tenants de l'hypothèse extraterrestre «bolts and nuts» (Littéralement: «écrous et boulons», signifiant que les soucoupes devaient nécessairement être des machines matérielles, utilisant juste une technologie inconnue). Je m'étais là aussi contenté de décrire la thèse, qui, aussi bizarre qu'elle nous paraissait à l'époque, rendait bien mieux compte que les machines de toutes les étrangetés des témoignages. Ce livre ouvrait en effet la porte aux hypothèse de John E. Mack, que je reprend dans mon livre «Epistémologie Générale», comme quoi l'apparition d'un «ovni» serait un «domaine» (au sens des physiciens), où les lois de la physique seraient modifiées d'une manière permettant à la conscience d'interférer avec le monde matériel. Bien sûr à l'époque personne n'envisageait de telles choses (même les «domaines» étaient encore inconnus), mais le livre de Méheust n'était tout de même pas une surprise totale: plusieurs auteurs avaient déjà remarqué (Henri Durant je crois) que le contenu des expériences, en particulier RR3 et RR4, reflétait en quelque sorte le psychisme du témoin, certains voyant des personnages angéliques et bienveillants, et d'autres des nabots inquiétants.

 

Par contre nous avions unanimement descendu en flammes le livre de Pierre Monnerie «La nouvelle ufologie», qui n'était qu'une tentative bien trop évidente de sabotage par l'intérieur. Par exemple dire que un objet volant non identifié n'était «pas conceptuellement un ovni», n'était qu'une manipulation mentale grossière, une tentative pour brouiller les concepts entre «mal compris» et «non identifié». On sait aujourd'hui que Monnerie n'était pas un ufologue, mais qu'il avait fréquenté ces milieux pour pouvoir se présenter comme l'un d'eux. De plus il a été publié par un éditeur différent des autres livres sur les ovnis, hostile à ce genre des choses. Déjà à l'époque Monnerie avait semé le trouble chez les ufologues (pour la plupart des scientifiques amateurs peu au courant des manipulations mentales utilisées en politique). Mais surtout il a pavé la voie royale aux médias, qui n'avaient plus qu'à présenter l'ufologie comme une théorie conspirationniste, et les conspirationnistes comme les ufologues. Le tout bien entendu sans aucune enquête ni vérification. C'est bien ce qui fait la force du mensonge, que de ne pas dépendre de preuves pour «exister». Alors que la vérité dépend de preuves, d’enquêtes, de témoins, toutes choses qui peuvent être détruites.

 

Je dois préciser également que Patrick n'était pas qu'un ufologue. A l'époque il travaillait comme ingénieur au CEAT (centre de tests techniques situé à l'est de Toulouse), et il était surtout une figure connue de l'astronomie amateur en France, participant à des expériences et écrivant des livres, notamment un guide de l'astronomie amateur. Je l'ai revu depuis, à l'époque où je travaillais au CNES, vers 1990, et il avait créé un magasin de télescopes et instruments d'astronomie, boulevard Carnot. Malheureusement ça n’a pas été un succès: l'astronomie amateur n'est pas assez répandue pour justifier un magasin dans un lieu aussi cher.

 

Si je n'ai jamais vu d'ovni, j'ai quand même une fois eu le «grand frisson», alors que j'habitais Rue des Couteliers à Toulouse. C'était un appartement meublé, avec plusieurs lits. J'avais opté pour un, mais pour quelque raison, un soir, j'étais dans un autre. Me retournant, je vois soudain, flottant à un mètre au-dessus de moi, un objet cylindrique noir, ressemblant étonnamment aux images d'ovnis «en cigare», tels que popularisés par une photo de Georges Adamsky. C'était sidérant, un peu effrayant, et surtout très intéressant! Toutefois l'illusion s'est rapidement dissipée: ce que je voyais était une sorte de fenêtre en demi-lune, dans le mur au-dessus de moi, donnant vers une autre pièce obscure. Mais ça rendait très bien! Ainsi, si je n'ai jamais «vu d'ovni», j'ai quand même eu l'excitation de ceux qui en voient, même si pendant deux secondes seulement!

 

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Les paralysies du sommeil, ou voyage astral

(Permalink) Ecrit en Juillet 2022

La paralysie du sommeil, ou expérience hypnagogique ou hypnopompique, ou simplement cauchemar, est un phénomène naturel bénin, qui a pourtant fait l'objet d'une activité fantasmatique frénétique souvent dangereuse, sous le nom d'incubes et succubes, ou plus récemment sous le nom d'abduction extraterrestre. Démêlons donc.

L'expérience la plus courante est de se réveiller, mais avec la sensation d'être complètement paralysé. S'y ajoutent souvent une quantité d'autres sensations, qui peuvent aussi se produire à l'endormissement: sons, voix, vent, frissons, tremblements, parfois explosions. On peut avoir aussi la sensation d'être écrasé, étouffé, et, dans les expériences les plus avancées, d'être chevauché par une créature qui nous entreprend sexuellement. Les noms traditionnels traduisent cette expérience: en Allemand, «Alpentraum», rêve d'elfe; en anglais «nightmare» fantôme de nuit; en ancien français «cauchemar», fantôme chevaucheur. Voilà donc le vrai sens de ce mot, avant qu'il ne soit déprécié à toutes les sauces.

La psychiatrie comme la psychologie scientifique n'ont rien de spécial à dire sur ces phénomènes, qui peuvent arriver à tout le monde, sans lien avec aucun trouble psychologique ni psychiatrique. Pourtant wikipédia cherche quand même à discréditer le phénomène, ou les expérienceurs, en prétendant que ce sont «des hallucinations» (troubles psychiatriques). Ce ne sont que des rêves, juste arrivant avec des modalités différentes des rêves ordinaires, avec un contenu bien plus stéréotypé. Le seul fait marquant est une nette corrélation positive entre paralysie du sommeil, NDE, et traits positifs comme altruisme, confiance et joie de vivre. Si vous avez ces expériences, c'est parce que vous êtes plutôt quelqu'un de bien!

Ce n'est pas non plus un phénomène parapsychologique, encore que d'après les travaux de Simon J Sherwood on y observe une forte occurrence d'ESP et d'OBE, nous allons y revenir.

 

Mes propres expériences remontent classiquement à l’enfance, avec des tremblements, du vent froid, etc. Heureusement ma mère m'a rassuré que ce n'était que «des rêves», mais quand on subit cela sans savoir ce que c'est, c'est terrifiant. Je ne voyais pas de personnages, mais souvent un «tourbillon d'air», qui agiterait de petits morceaux de papier aluminium, avec une forte sensation d'étrangeté et de peur. D’autres fois c’étaient des claquements comme une crécelle géante. Puis ces expériences ont classiquement disparu avec l'adolescence.

Mais ils sont revenus pendant mon séjour à Toulouse rue Joseph Vié, avec cette fois des sensations de flotter au-dessus du lit. Toutefois ayant lu Lobsang Rampa et ses conseils pour provoquer le voyage astral, je commençais à m'entraîner de cette façon. (Avertissement: ce conseil précis de Lobsang Rampa semble marcher, mais je mets en garde contre ses écrits, qui ne sont pas du tout un système spirituel utilisable, et même pas Bouddhiste). Je pense que ça a quelque peu marché, j'arrivais à monter et à me diriger! Toutefois les expériences n'étaient pas assez fréquentes pour réellement progresser, aussi je ne suis arrivé que une seule fois à sortir du petit appartement. Ce qui m'a valu une ESP, que j'ai pu vérifier le lendemain! A cette époque je découvrais la spiritualité, et je prenais ces choses très au sérieux, pensant même aux applications pratiques!! Le gros problème toutefois est que l'on ne peut pas provoquer ces phénomènes, aussi cet entraînement n'a jamais abouti à un «don de voyage astral» utilisable en pratique, même des années après à Lavaur.

J'ai par contre facilement réussi autre chose. En effet mes expériences d'adulte montraient souvent des personnages fortement sexuels, mais moches, ou pornos. Mais après mon passage au Faitg, j'exigeais de belles expériences! J'ai alors fait ceci: chaque soir avant de m'endormir, je pensais que l'expérience se produisait, mais avec une belle créature féminine! Ce qui est incroyable est que cela ait marché, et mes dernières visions montraient effectivement de très belles femmes. Mais les expériences sont devenues rares, ne permettant plus de m'entraîner. Je pense que le Yoga du Sommeil tibétain est la continuation logique de cet entraînement. Il faut de nombreuses années pour s'entraîner, mais au moins on ne dépend pas de conditions organiques élusives comme les paralysies du sommeil.

La peur joue aussi un grand rôle dans ces visions. Quoi de plus terrifiant qu'un personnage glauque nous tripotant dans l'obscurité, alors que nous sommes paralysés, et qui plus est sans le recul de l'introspection? Ce n'est pas par hasard si le nom «cauchemar» a été détourné pour désigner n'importe quel mauvais rêve, voire toute expérience terrifiante. Il n'y a toutefois pas de fatalité dans cette peur, et on peut aussi utiliser l'entraînement ci-dessus pour accepter le noir, et se couler dans une obscurité rassurante car sans rien de dangereux ni de caché! Ce qui atténue fortement la peur en favorisant des visions plus intéressantes.

 

Il est important de remarquer que ce phénomène, bénin, sans danger et sans réelle signification, a toutefois été utilisé au moins deux fois par les sociopathes pour terrifier les gens.

 

La première fois par l'Eglise Catholique, en prétendant que ces visions de la nuit étaient des démons, qu'ils ont appelés incubes et succubes. Pendant plusieurs siècles, des prêtres sadiques se sont amusés à terrifier les gens, prétendant qu'ils étaient harcelés par des démons, voire qu'ils étaient coupables de ce harcèlement! Cela devait les faire bander, de penser à ces nonnes sexuellement frustrées, terrorisées, besognées chaque nuit par «des démons aux pénis écailleux»! Mais quand on a un minimum d'expériences des paralysie du sommeil, il est clair que des visions aussi caricaturales naissent uniquement de la peur qu'on en a.

Mes expériences ci-dessus indiquent en effet que si visualiser des belles femmes rassurantes marche, alors penser que les visiteurs sont des démons effrayants marche encore mieux, et on peut parier que beaucoup de victimes avaient des expériences terrifiantes montrant des démons pleinement constitués, avec cornes, poils, queues et tout. En effet, leur peur créait le problème que les prêtres pervers prétendaient dénoncer. D'où le discours culpabilisant des dits prêtres, destiné à augmenter la peur. Arnaque hyper-classique, destinée à garder un pouvoir sur les gens, voire à se livrer à des séances sadomaso dites «punition».

Mais le plus curieux est de voir le très rationaliste et matérialiste wikipédia (Aussi bien français que anglais) accréditer cette thèse, en assurant sans sourcilier qu'un incube «est» un démon, et même décrire toute la généalogie de ces démons! Il fallait bien qu'ils augmentent la culpabilité, au lieu d'en libérer les gens. Bon, quelqu'un a quand même rajouté «l'explication scientifique» ci-dessus. Mais en disant que ce sont des hallucinations, c'est à dire en maintenant quand même les gens dans la culpabilité et la peur d'être fou. Et en dénigrant la science au passage. Rappelez-vous toujours que Wikipédia est un site libertarien, pas un site libre.

 

La seconde manipulation, et la plus élaborée, a été celle de «l'abduction extraterrestre» que nous verrons dans le chapitre sur mon second séjour à Toulouse.

 

 

La SNCF

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

La délégation à l'Aérospatiale ayant pris fin, la dernière année de travail à EDI a vu des activités plus variées, avec notamment des plans de la SNCF. A cette époque je connaissais presque toutes les voies de la région, avec ces plans. Des plans de ligne, en rouleaux de trente centimètres de large, mais longs parfois de plus de dix mètres. Et des plans d'installations électrique, qui m'ont familiarisé avec les méthodes de fiabilité spéciales de la SNCF. J'ai même à une occasion effectué un séjour dans les locaux de la Gare Matabiau de Toulouse, plus précisément dans un bâtiment appelé «La Tour d'Argent», car couvert de métal brillant: 43°36'43.27"N 1°27'20.14"E.

Le plus intéressant avec les trains est comment assurer eux aussi une haute fiabilité. Si les problèmes sont différents de ceux rencontrés dans l'aviation, ils sont tout autant exigeants, avec tout autant de vies humaines à la clé. Par contre, ces méthodes sont souvent très rustiques, certaines datant des débuts des trains au 19eme siècle. Quelques exemples:

🐼Les freins sont «fail safe», c'est à dire toute perte de pression des freins se traduit par leur fermeture, entraînant automatiquement l'arrêt du train. Surtout si un wagon se détache seul en ligne, il est immédiatement bloqué, au lieu de se propulser là où personne ne l'attend. Aussi incroyable que cela paraisse, les trains Américains ne respectent pas cette précaution élémentaire. Une faute lourde, à l'origine d'horribles accidents comme celui de Lac Mégantic: 47 morts brûlés vifs.

🐔Les relais électriques n'utilisent pas de ressort, car il peut se tasser, rouiller, etc. Au lieu de cela, c'est le poids de l'armature qui maintient le relais ouvert, et le champ magnétique doit la tirer vers le haut pour fermer le contact. Les cheminots disent que le relais «monte» ou «tombe». Même les schémas électriques traduisent cette disposition, en montrant les contacts horizontaux en-dessous des bobines!

🐺Dans les petites gares, on trouvait encore des systèmes de barres de bronze, mues ou bloquées par des clés également de bronze, qui assurent la logique de commande des aiguillages et des signaux. Ainsi, pour ouvrir un aiguillage vers une voie de garage, il faut une clé, qui n'est accessible que si le signal d'arrêt des trains est actionné. Pour refermer ce dernier, il faut une clé qui n'est disponible que si l'aiguillage est fermé, etc. Un système aussi ingénieux date des tous débuts des trains, au 19eme siècle, avant l'électricité. J'ignore si il est toujours utilisé aujourd'hui 2022, mais sa robustesse, simplicité et pertinence lui auront assuré une remarquable longévité.

🐝Un système du même genre existe encore en Inde: sur les voies uniques, on voit les conducteurs attraper de grands cerceaux en... osier. Y est attachée une clé garantissant leur droit de passage sur la voie unique, en étant sûrs qu’il n’y a pas un autre train dans l’autre sens.

J'ai apprécié ce court moment à travailler pour une de mes passions: les trains. D'autant plus que les cheminots étaient sympas et ouverts, on pouvait discuter de leur métier. Mon seul regret est d'être resté dans les bureaux, alors qu'il y a énormément à voir dans les dépôts et ateliers à Matabiau.

Toutefois mon temps passé à EDI approchait de sa fin.

 

 

Le Hatha Yoga

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

Michel tenait ses bases de Hatha Yoga d'un groupe de Bretagne, le Centre d'Etude et de Propagation du Yoga, aujourd'hui l’Université Occidentale de Yoga, affilié à la Fédération française de yoga. Ainsi, même si il s'agissait d'un petit groupe, il offrait des garanties de sérieux et de ne pas être une secte. A l'époque où j'y suis allé (1980), il démarrait tout juste (1978). Comme les liens Internet disparaissent, j'ai recopié le contenu (2019):

 

Historique de notre école

Notre école a été fondée en 1978 dans le cadre du Centre d'Etude et de Propagation du Yoga (C.E.P.Y) par Jacques Dubreuil et André Delli-Zotti. Elle s'est confondue à ses débuts à l'école de formation de l'Union Régionale des départements de l'Ouest (U.Y.O) elle-même rattachée à l'Union Nationale de Yoga (U.N.Y). L'originalité et la spécificité de la méthode enseignée par notre école ont nécessité par la suite l'autonomie de la formation et l'indépendance de ses enseignants.

Les tentatives de réunification de la profession en vue de la création d'un diplôme national ont échoué en France jusqu'à présent, ce qui nous donne plusieurs écoles indépendantes et plusieurs fédérations (Fédération nationale des enseignants de Yoga, Fédération des Yogas traditionnels, Fédération française de Hatha Yoga et la Fédération française de Yoga...). Notre école a choisi de s'affilier à la Fédération française de yoga.

Notre Formation, comme celle des autres écoles, est basée sur le programme minimum de formation européen, seule convention en vigueur à l'heure actuelle garantissant aux étudiants la transmission d'une compétence réelle en ce qui concerne le Hatha Yoga, le Kundalini Yoga et Raja Yoga (le Yantra Yoga tibétain est plus rarement enseigné).

Notre école a connu plusieurs évolutions successives et elle est devenue depuis quelques années l'Université Occidentale de Yoga, d'une part en raison de la situation géographique de son siège et d'autre part en raison de sa vocation d'enseigner un Yoga adapté aux occidentaux que nous sommes. Notre enseignement des disciplines de Yoga classiques s'est élargi au domaine de la santé naturelle auquel le Yoga appartient par essence.

 

C'est donc sous la direction de Jacques Dubreuil et André Delli-Zotti que j'ai commencé à étudier le Yoga et la méditation. Plus précisément, je me suis rendu à trois ou quatre stages en Bretagne, où nous alternions bases de Hatha Yoga, mantras, relaxation et méditation, dans une ambiance aimable et des discussions propices à la spiritualité. Nous avons eu un stage à Morlaix, plusieurs à Guingamp, une fois dans un monastère d'Ursulines qui louaient un local pour de telles activités. Je garde un excellent souvenir de ces moments d'échanges profonds et de plaisanteries.

 

Ce groupe et leurs stages m'ont servi de modèle pour Peyreblanque, dans mon roman «Naufragée Cosmique».

 

Je n'ai toutefois pas continué à fréquenter ce groupe, pour plusieurs raisons.

Il y avait le prix et le déplacement, bien sûr. A l'époque, c'était en train, vu la distance.

Il y a eu quelques incidents avec des gens à problèmes. Une fois j'avais suggéré d'aller à la plage avec un couple. Mais sur place, ils m'ont totalement ignoré, rendant l'expérience sans intérêt. Ils ont ensuite dit que je n'étais pas capable d'autonomie! Un autre m'a violemment agressé sur le végétarisme, dont pourtant je ne me réclamais pas à l'époque (mais comme j'ai déjà dit, certains mélangent tout). Ce type s'est même permis d'écrire un livre prétendant que la spiritualité c'est d'aller au bistrot! Il avait facilement trouvé un éditeur pour ce genre d'âneries, en se présentant comme un «artiste breton». Mais il n'a pas trouvé le succès, heureusement. Ainsi j'ai vite compris que la spiritualité n'est pas la simple adhésion à des idées, ou que le milieu spirituel a aussi ses requins, exactement comme je l'avais noté au groupe écolo. Je ne faisais que repasser par la même série de problèmes, mais plus haut, comme une route de montagne qui monte en lacets. Je présente un tel manipulateur dans mon roman «Naufragée Cosmique», comme avertissement pour tous ceux qui débutent en spiritualité: vous en rencontrerez toujours. Même dans le Bouddhisme Tibétain, j'en ai rencontré plusieurs, y compris parmi les vrais tibétains. En fait j'avais assisté à un cas où le karma est toujours immédiat et automatique: en spiritualité, se dire ou se croire supérieur aux autres nous place immédiatement et automatiquement en-dessous. Mais vous ne serez pas surpris que bien peu se vantent d'avoir obtenu cette preuve scientifique, ha ha ha ha!

Il y avait aussi la difficulté pour moi à faire de «belles» postures de Hatha Yoga, à cause de mon manque de souplesse (tendons trop courts de cinq centimètres). Une chose dont on m'a pourtant dit que c'était de ma faute, qu'il me fallait «apprendre», qui plus est de la part d'une enseignante! Qui apparemment ne m'aimait pas. Comme quoi, comme dans une entreprise, on fait monter les plus mauvais en hiérarchie, faute de pouvoir les rendre utile à un vrai travail.

 

Mais la raison ultime est que j'avais, en fait, intégré les leçons spirituelles du Hatha Yoga: je n'avais alors plus besoin des postures! Ni des stages. Et effet le but du Hatha Yoga n'est pas de développer le corps, mais de faire comprendre la non-dualité entre action et relaxation, et de là toutes les autres non-dualités. J'avais déjà commencé cette tâche avec ma rencontre du Zen macrobiotique à Bordeaux, mais c’était resté en suspens, car il y manquait la méditation. Plus tard, ma compréhension des non-dualités s'est développée au point de fournir la base de la première partie de mon livre «Epistémologie Générale».

Donc je n'avais plus besoin de personne pour méditer, et j'ai pris l'habitude de le faire seul. Pas à des horaires réguliers, à cause de mes activités perpétuellement changeantes, mais plusieurs fois par jour, et au lit avant de m'endormir ou après le réveil.

Je commençais aussi à comprendre que l'orgasme est une occasion privilégiée de méditer. Je profitais donc de ma propension à en avoir souvent. Mais je ne savais pas encore à quel point cela me serait utile.

C'est à ce moment que j'ai quitté Toulouse pour le Faitg. Mais j'ai eu des nouvelles de Michel: il a finalement abandonné son emploi d'ingénieur à l'aérospatiale, qui l'ennuyait, pour devenir professeur de Yoga avec le CEPY. Apparemment il y a assez de monde intéressé pour qu'il puisse vivre comme ça.

 

 

La musique des années 1970: Les radios libres

(Permalink) Ecrit en Juillet 2020.

On a vu comment les musiques des années 1970 ont apporté une forme de libération. Mais les années 1970, surtout la fin, ont aussi vu les radios libres, visant à apporter une vraie culture, et pour certaines des informations plus explicites que les médias systématiquement censurés.

Les radios libres étaient initialement appelées radios pirates, car elles s’appropriaient des fréquences sans autorisation. En effet il n’existait à l’époque aucun mécanisme légal d’attribution de ces fréquences hors de la pensée dominante: seuls les médias idéologiquement normalisateurs avaient des autorisations d’émettre.

Plus tôt dans les années 1960 avaient existé des radio pirates en modulation d’amplitude, qui devaient utiliser des émetteurs puissants et des grandes antennes. Elles ne pouvaient donc exister que basées sur des bateaux dans les eaux internationales, avec généralement des programmes politiquement revendicatifs de gauche, et des musiques rock. Mais depuis, dans les années 1970, la bande FM était devenue accessible à tout récepteur. Elle ne porte pas plus loin qu’une grande ville, mais elle se contente d’émetteurs de quelques dizaines de watts, qui peuvent être basés dans un appartement, ce qui les rend bien plus appropriables. La fin des années 1970 a donc vu une floraison de telles radios locales. Bien sûr quelques-unes avaient des programmes revendicatifs, mais la plupart diffusaient simplement de la musique ou du vivre ensemble, souvent des associations de quartier ou des organismes municipaux. L’ensemble était assez agréable. Rien de franchement mauvais en tous cas. A l’époque, pas de rap, rien de vulgaire ni de facho.

Je n’avais pas manqué de noter le potentiel citoyen de radios non-censurées, à une époque où les médias étouffaient systématiquement toute idée ou réflexion indépendantes. J’ai été à plusieurs reprises proche de participer à une ou l’autre de ces radios ou presse libres, mais n’ai jamais eu l’occasion de le faire effectivement. De plus chaque nouveau canal d’expression est presque toujours récupéré immédiatement par juste une autre idéologie, et à partir de ce moment mes contributions n’étaient plus acceptées.

 

Celle dont j’ai été le plus proche a toutefois été Radio Cristal (ou Crystal), animée par le chapitre toulousain de l’Ordre Rosicricien AMORC. C'était l'époque où je commençais à fréquenter les milieux spiritualistes, aussi je connaissais plusieurs des organisateurs, et je leur ai fait don de tous mes disques vinyle quand j’ai quitté Toulouse pour le Faitg, en 1981.

Je ne le savais pas encore, mais une radio spirituelle au lieu de politique était bien plus proche de mes idéaux. Et de fait, Radio Cristal était aimée à Toulouse, pour y avoir apporté plusieurs années de vibrations élevées. Je suis fier que mes disques y aient contribué.

 

Mais apparemment des hautes vibrations présentées par une douce voix africaine déplaisaient fortement aux politicards, qui devaient trouver un moyen de les faire taire. L’élection de François Mitterrand «gentil social de gauche» en 1981 avait apporté l’espoir d’une légalisation de ces radios. Mais Mitterrand le Roublard était en fait aussi pourri que Giscard le Radioactif, et il a trouvé un moyen vicieux de censurer les radios libres, bien plus efficace que la confiscation des émetteurs. Il suffisait «juste» d’attribuer toutes les fréquences à des radios sous contrôle idéologique strict. Et le moyen d’y arriver sans passer pour le KGB, était que ces radios soient financées par de la publicité! Le moyen le plus radical de faire chuter la vibration, en confiant à des «annonceurs» anonymes le soin de resserrer «démocratiquement» le nœud coulant du contrôle idéologique, sous chantage au financement, au lieu d'inesthétiques censeurs ou police politique. Staline aurait bien ri!

La magouille a été présentée initialement par le journal «libération», ce torchon qui avait déjà réussi le tour de force d’introduire une quantité d’idées scatologiques et réactionnaires (jusqu’à des pages entières ornées de croix nazies sous prétexte de mouvement punk) tout en restant étiqueté gauche et progressiste. Je me souviens d’un article dénigrant «la vision triste de radios associatives» et préconisant la pub comme moyen de financement. Le financement par la pub est donc devenu une des arnaques de base des médias, et elle continue aujourd’hui sur Internet: elle permet de cacher qui dirige en fait le média, et ses buts réels. Le principe est probablement quelques pubs fortement surfacturées. Ce qui permet au pouvoir réel de ne pas figurer dans l’organigramme de l’entreprise, ni dans les annuaires de sociétés.

Le gouvernement réac de Mitterrand a donc écouté la «vox populiste» de Libé: une nouvelle loi a permis l’attribution légale de fréquences à des radios qui acceptaient de passer de la publicité. Excluant de fait toutes les véritables radios libres, censurées par le vol de leurs fréquences par des boîtes à pub sans contenu ni projet. Radio Cristal en particulier a du fermer du jour au lendemain. Et ce n’est pas la saloperie la plus grave de Mitterrand. Non, même pas l’attentat terroriste contre le Rainbow Warrior. Les Burkinabés savent.

Comme personne de sensé ne s'investit dans des radios pourries de pub, les années 1980 ont été une ère de grand n’importe quoi: les «radios cacas», grossières et méprisantes, ou des radios de droite arrogantes genre NRJ. Mais ces radios avaient apparemment d’importants financements (probablement des pubs surfacturées, commandées par des think tanks antisociaux, comme on le verra plus tard pour le déni climatique avec l'Internet). Voilà ce qu’était vraiment le «socialisme» de Mitterrand. Oh, les milliers d’Algériens déportés et morts de faim dans le désert le savaient depuis longtemps.

On peut aussi considérer que des médias de pure intox comme Fox News sont la continuation des radios caca. Aussi outrancières et méprisantes dans leur contenu, sinon dans leur langage, elles ne sont toutefois plus des amusements d'ados en mal d’humour pétomane, mais des outils d'influence politique puissants aux mains de manipulateurs professionnels: barjots climatosceptiques, cinglés intégristes, tyrans haineux nostalgiques de la guerre froide.

Ce paragraphe ajouté en 2023: Bien entendu aujourd'hui wikipédia se ramène avec une histoire totalement différente, prétendant que ce seraient les radios elles-mêmes qui auraient demandé un «statut commercial» car elles se seraient senties «corsetées» par le statut associatif. Le mensonge ici est visible dans le texte même de wikipédia: ils ne mentionne que deux ou trois radios commerciales de droite, ignorant ainsi les centaines de radios associatives ou municipales, et parlant pour elles. On comprend donc qu'il y a eu un entrisme massif par de jeunes capitalistes aux dents longues, avec le soutient de personnalités anti-vie des années 1950, comme Guy Lux, Dalida ou Johnny Hallyday. Ils auraient demandé le statut commercial pour pouvoir créer leurs propres radios réacs comme RFM et NRJ, dont c'aurait été le projet dès le début. Mais ils ont clairement parlé pour tous les autres, les dizaines de radios de mairies, de quartier, d'expression, etc. dont les fréquences ont été massivement volées sans aucune compensation. Rappelez-vous toujours que wikipédia est un site libertarien, c'est à dire pour le système, pas pour la liberté.

Ce n’est pas avant 2000 que Internet a permis à nouveau une expression libre. Et encore, vers 2010 les indexations Google des sites intéressants ont recommencé à glisser derrière les sites de pub et les «réseaux sociaux», répétant la même censure que Mitterrand. Quoi d’étonnant, si Google est essentiellement un annonceur publicitaire… qui a rapidement compris que les manipulateurs idéologiques étaient prêts à payer beaucoup plus que les entreprises qui produisent quelque chose d'utile. C'est ainsi qu'ils ont pu accumuler des milliards de dollars, probablement là aussi de pubs largement surfacturées par de puissants groupes anti-vie. D’où l’intérêt fondamental à ne pas dépendre des «GAFAM», ce petit groupe de sociétés cool-facho qui contrôlent de plus en plus l’Internet, style KGB yuppie.

 

Aujourd'hui la continuation des radios libres sont les web radios, généralement avec des programmes musicaux, chacune sur un style différent. Toutefois elles sont elles aussi victimes de harcèlement, cette fois par les majors de la musique, et les plus belles ont du fermer. Par exemple les bien aimées Radio Gaia (A Voz do Planeta) ou Radio Polska Stacia, qui avaient élevé la vibration de Second Life pendant la période Elf Circle, et fait connaître les débuts du style Elfique et le Space Ambient, ont du fermer brusquement. (Parenthèse ajoutée en 2025: vous me direz que c'est à cause des lois sur le droit d'auteur. Mais il est intéressant de noter que ces lois n’ont été appliquées qu'à ces styles. Aucune radio rock, réac, rap ou caca n'a jamais été fermée. En effet, les radios libres doivent payer les majors pour pouvoir passer de la musique actuelle, alors que au contraire les majors paient les radios réacs pour passer de la musique réac).

Il en sera ainsi tant que les musiciens se feront publier par les majors, ou par d'autres groupes d'exploiteurs tentant de reproduire le même «business model» avec Internet.

Bon, aujourd'hui les musiciens ont des alternatives plus respectueuses. Mais le principal problème des webradios libres des années 2020 reste de trouver de la musique libre de droits, ou trouver de l'argent pour payer. Et de la musique libre de droits de qualité suffisante! Les sites de musique «libre» sont inutilisables, car au moins 99% de la production y est nulle.

Aujourd'hui la plupart des radios hertziennes ont également migré sur Internet. Il y en a même maintenant des centaines, au lieu de la dizaine autorisée par les bandes hertziennes AM ou FM. Mais si vous regardez les répertoires, vous trouverez toutes les radios réacs traditionnelles, mais le Nouvel Age ou l'ambient sont difficiles à trouver, voire même pas mentionnées.

 

En fait si, on peut les trouver facilement, sur youtube. Ce dernier a même des algorithmes efficaces, qui font souvent des suggestions pertinentes. Mais pour pouvoir écouter proprement sans étre agressé par des publicités, il vous faudra utiliser un navigateur protégé, comme Brave ou Opera.

 

 

Expérience autogestionnaire: le Spectaclier

(Permalink) Ecrit en Février 2021

Vu mes intérêts dans une meilleure société, je ne pouvais pas manquer cette tentative de faire un magasin de musique autogéré. D’autant moins que l’on commençait à avoir des musiques d’ouverture de l’esprit, comme Jean Michel Jarre: les faire connaître devenait alors un enjeu politico-social. Toutefois cette expérience a été une des raisons pour laquelle je dis aujourd’hui: spiritualité d’abord, social ou politique ensuite. Jamais le contraire! Toutes les fois où ce précepte a été «oublié», ça a foiré.

Le Spectaclier se présentait extérieurement comme un magasin de disques ordinaire, rue Cujas à Toulouse. Mais son projet se voulait d’être une coopérative autogérée, distribuant des disques et organisant des concerts. A priori, rien que de bien. Surtout, on pourrait faire connaître NOTRE musique, celle de l’éveil, pas les bêlements inexpressifs des médias.

J’ai donc naturellement participé à une réunion de constitution d’une équipe de gestion. Une des opérations a été d’élire un groupe de gestionnaires. Une douzaine de candidats se sont présentés, dont moi. Le résultat a été assez curieux: le nombre de voix obtenu décroissait linéairement avec… l’ordre des candidats dans la liste! C’était même très précis. En clair, les gens prenaient des bulletins au hasard, et il n’en restait plus pour les derniers. Etant le dernier inscrit, j’ai donc reçu le plus petit nombre de voix... sans aucune relation avec ce que j’avais à proposer! C’est une des raisons pour laquelle je pense aujourd’hui que les opiniopathes votent statistiquement au hasard, même si chacun d’entre eux est très sûr de ses opinions. Dans le cas du Spectaclier, c’était du vrai hasard, car en fait personne ne connaissait aucun des candidats! On allait confier la gestion d’une entreprise à de parfaits inconnus!

Cette façon de faire pose un problème grave pour la gestion d’une association loi 1901: des inconnus peuvent très bien se pointer à une assemblée générale, et complètement pirater ou détruire l’organisation, sans aucun recours légal. La solution, je l’ai vue plus tard dans une assemblée générale de l’Institut Vajra Yogini: seuls certains membres certifiés ont le droit d’élire les gestionnaires.

 

J’ai tout de même pris ce vote minimal comme un désaveu de ma participation: ces gens avaient parfaitement entendu ma présentation. J’ai donc laissé tomber toute contribution à ce groupe. Mais je suis quand même venu quelques fois au magasin, espérant trouver des musiques censurées ailleurs.

Peine perdue: ils avaient aussi des jugements très orientés sur la «bonne» ou la «mauvaise» musique! Et oui, le synthé était «scandaleux», exactement comme les guitares dans les années 1950, lol!

Musique étrangère: pas question! Il y en avait de pleins bacs, mais malheur à qui demandait une écoute!

Jean Michel Jarre? Il est français. Mais ça ne plaisait pas non plus, et je me suis pris une nouvelle engueulo: «Ah c’est facile comme musique». Si c’était facile, alors pourquoi était-il le seul à le faire? En fait la «musique facile au synthé» a été le disco, plat et inexpressif, qui démarrait aussi à l’époque. Mais ce serait faire injure à Jarre que de l’assimiler au disco. (Le disco est le remplacement «moderne» de la guinche et de l'accordéon des années 1950. Mais je préfère encore l'accordéon, malgré mon ressenti expliqué dans le lien)

Après deux ou trois remarques de ce style, j’ai cessé de fréquenter le Spectaclier, qui de toutes façons n’avait rien de plus à offrir que les autres.

En fait, cette attitude s'explique par un non-dit important: le Spectaclier ne faisait pas la promo de «la musique», mais seulement de la «chanson populaire française», et encore il fallait comprendre «populaire» dans le sens marxiste: avec des prétentions sociales ou politiques de gauche. Ce qui était très limité, souvent moche et sans vibration, et de toutes façons scotomisé sans lubrifiant par les médias.

L’affaire s’est terminée quelques mois plus tard: ils ont organisé leur premier concert avec le Centre Culturel de l’Aérospatiale (l’usine Airbus). Pour ce faire, ils avaient invité un chanteur connu de la télé, dont je ne me souviens plus le nom. Ils comptaient attirer beaucoup de monde, avec une célébrité. Mais ça a été un fiasco: la télé ne fait pas de pub pour l’autogestion.

Le magasin a fermé peu de temps après, et on n’a plus jamais entendu parler du Spectaclier.

Dommage? Oui et non.

Dommage pour l’autogestion, dommage pour la musique.

Mais une leçon spirituelle… ou de gestion: On ne réussit pas quelque chose simplement parce que c’est notre opinion. Les faits nous rappellent toujours à l’ordre.

 

De plus, il se posait déjà à l’époque un problème dont on ne mesurait pas encore l’ampleur: les «majors» de la musique, ces sociétés créées dans les années 1930 avec les premiers disques, qui empochent 80% du prix de vente des disques. Les fortunes amassées de cette façon leur permettent de faire et défaire modes et artistes, en fonctions de leurs agendas politiques. C'était déjà eux en 1930 qui ont légitimé les «marchandes de poisson» réacs, c'était eux en 1940 qui chantaient pour l'occupant, c'était encore eux en 1950 qui imposaient l'accordéon et trouvaient les guitares «scandaleuses», c'est encore eux en 1980 qui ont normalisé le rap et les musiques sataniques tout en censurant le Nouvel Age, c'est encore et toujours eux dans les années 2000 qui ignorent l’Ambient, avec toujours le même agenda anti-vibrations, contre la vie, contre la liberté. Pire, toute musique publiée par ces majors en reste captive pour 70 ans ou plus, inutilisable en pratique hors du cadre privé. Pas question donc de la jouer dans des concerts, des films, etc. Ce n’est que aujourd’hui (années 2020) que l’on commence à avoir une production mesurable >d’artistes indépendants ou publiés par des labels libres, qui soit aussi de qualité significative. Certains offrent même leur musique gratuitement, mais cela n’est possible que si ils reçoivent des dons, qui leur permettent de vivre sans avoir besoin d’un «emploi».

 

La réalité est que personne ne gère les artistes. Ni même ne les autogère. La seule chose que vous puissiez faire pour les aider, c’est d’avoir un carnet de chèques suffisamment rempli. Si si si, et c’est comme ça qu’on a eu Mozart, Michel Ange ou Léonard de Vinci: grâce aux mécènes. Qui permettent aux artistes de vivre, d’avoir un atelier, du matériel. Et surtout qui font connaître leur production! Même les bêleurs de la télévision n'existent que parce que les majors leur offrent des millions, et que les médias leur font gratuitement de la pub. Bon si vous n’êtes pas riche comme un mécène, il reste de nombreux moyens: petites offrandes, et surtout faire connaître leurs musiques, laisser des appréciations sur leurs sites, liker leurs page youtube ou facebook, etc.

 

 

Le Planetran

(Permalink) Ecrit en Decembre 2020.

Ce nom provient d'une étude réalisée en 1978 par Robert M. Salter, de la RAND Corporation: un train en lévitation magnétique dans un tube sous vide, atteignant des vitesses de plusieurs km/s. L'idée avait été publiée peu après par Sciences & Vie, avec leur enthousiasme habituel pour ce genre de visions extraordinaires.

J'avoue avoir été frappé moi aussi par cette vision, et avoir pas mal fantasmé dessus. Typiquement la musique qui va avec est Jean Michel Jarre, Equinoxe part 4, en pensant à cette navette filant silencieusement à une vitesse extraordinaire, dans un tunnel obscur entouré de machineries mystérieuses. Décollage garanti!

Au point d'avoir fait figurer le Planetran dans mon roman «Dumria» écrit en 2000, et réalisé une scène VRML d'une navette Planetran dumrienne, portée dans le système Halcyon en 2018. En 2015 j'ai donnée des détails techniques, historiques et sociaux sur la fantastique machine à voyager Dumrienne, dans «Lokouten», dont certains exclusifs:

☻Aiguillages sans pièces mobile ni machinerie annexe: dans une voie courbe en dévers, la navette choisit son chemin en adaptant sa vitesse. La force centrifuge l'envoie alors sur la voie du haut, ou sinon la gravitation l'envoie sur la voie du bas. Fiabilité absolue.

☻Suppression des sas dans les gares: l'étude de Salter parlait de trois sas successifs, avec 20 minutes de pompage, soit plus que le trajet. Dans ma proposition, la navette vient s'abouter sur une porte, dans un mur séparant les voies du quai. Le volume d'air à pomper se réduit alors à quelques dizaines de litres entre la porte du quai et celle de la navette.

☻Des portes à champs électriques pour pousser l'air résiduel hors des voies rapides à très basse pression. Les navettes les franchissent sans ralentir.

☻Un autre type de pompe à vide est turbomoléculaire, avec le rotor entourant carrément le tube.

☻Les tunneliers à jet d'eau supersonique, sans pièces d'usure, et plus rapides que les roulettes de coupe.

☻Les navettes personnelles, voire comme mode d'habitation. Elles sont garées dans des souterrains, et arrivent à la station sur simple demande. Même des animaux utilisent ce système. J’étudie les énormes conséquences sociales de voyages aussi faciles et économiques: migrations saisonnières, déménagements fréquents, etc.

☻Par contre les sièges inclinables de mon modèle virtuel sont dans l'étude de Salter.

 

Mais aujourd'hui, quand on parle de Planetran, on entend:

 

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Je rigole, ou plutôt non: je trouve sacrément minable de piquer les idées des autres, et de leur donner un nom différent pour faire croire qu'on en est l'auteur. En réalité, ce n'est même pas Salter qui a commencé: le premier à avoir parlé d'un réseau de trains souterrains ultra-rapides est Michel Verne, le fils de Jules Verne, et plusieurs auteurs de science fiction ont mûri l'idée au long du 20eme siècle. Salter est toutefois le premier à avoir effectué une véritable étude de faisabilité technique et économique, en 1978 donc. Je ne sais pas qui a commandé cette étude, mais la Rand Corporation les fait d'habitude pour le gouvernement des USA. Ce n'est pas un travail personnel de Salter en tous cas, car c'est la Rand qui a le copyright.

Les médias aiment bien attribuer des miracles à leur dieu ELON MUSK. On verra donc ce qu'il peut vraiment faire. En effet, il est facile de poser des tubes joliment peints dans le désert. Mais dans une ville, en expropriant des milliers de gens, et avec toute la fiabilité nécessaire pour accueillir le grand public, c'est une autre paire de manche.

Si ELON MUSK avait lu l'étude de Salter jusqu'au bout, il saurait pourquoi personne n'a tenté de réalisations avant lui: le coût énorme des voies souterraines, entièrement à construire dès le premier mètre, par opposition aux trains qui ont déjà un gigantesque réseau, ou aux avions qui n’ont pas besoin de voies. C'est cette nécessité de tout reconstruire qui avait déjà condamné l'aérotrain de Bertin (ainsi que son homologue anglais le Tracked Hovercraft et la version américaine de Grumman), brusquement rejeté par le gouvernement français au profit du TGV. En effet, le TGV pouvait rouler sur n'importe quelle voie de chemin de fer déjà construite, et donc exister partout immédiatement sans investissement préalable, alors que l'Aérotrain demandait de créer de toutes pièces des milliers de kilomètres de voies coûteuses. Inconvénient multiplié par 10 avec le Planetran, qui exige des tunnels, et en plus ultra-rectilignes.

Dans ma fiction de Dumria, l'installation de ce système s'étale sur un bon millénaire, dans une économie non-égocentrique s'accommodant bien mieux de gros efforts sans retour immédiat. J'y remarque même un problème auquel personne ne semble avoir pensé: le franchissement des failles tectoniques actives va désaligner les voies en quelques années. Même les Dumriens n'ont pas trouvé d'autres solutions que de... ralentir. Le seul avantage qui leur reste alors est le silence de ces installations, et leur impact écologique quasi-nul. Qui leur permet une vie nomade, changeant de lieu avec les saisons, voire vivant dans leurs navettes. Bon, ça marche dans ma fiction, parce qu'ils ont des supra-conducteurs, alors que sur Terre cela reste «un espoir»…

 

 

L'Association Toulousaine d'Ecologie, suite et fin.

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

La fréquentation du groupement d’achat de l'Association Toulousaine d'Ecologie étaient devenue désagréable, se heurtant à des nouveaux membres qui prétendaient tout savoir, considérant les autres comme des idiots. Il y avait même des types qui apparaissaient du jour au lendemain, se posant en chefs et prétendant réformer toutes nos méthodes, voire s'opposant violemment à ce que nous faisions déjà. Cette ambiance de conflits permanents entraînait l'arrêt des nouvelles adhésions, le départ d'anciens membres, et l'enfermement dans un milieu de plus en plus restreint et toxique. Mais à l'époque à Toulouse il n'y avait pas d'autres moyens de militer pour l'écologie, et très peu d'autres moyens d'avoir de la nourriture biologique. La seule alternative à l'époque était un magasin de la Vie Claire, que nous boycottions, car les gérants y avaient organisé une pétition pour... le maintient de la peine de mort!!! Cela peut paraître incroyable, mais il existe une écologie facho, heureusement peu nombreuse.

 

On sentait pourtant un bouillonnement d'idées favorables, avec des agriculteurs qui se convertissaient au bio, et de plus en plus de gens qui parlaient d'écologie. Mais le style Charlie Hebdo nous coûtait encore l'enfermement dans un milieu de jeunes sympathisants gauchistes. L'ATE a malheureusement confirmé cette vue.

Exemple d'incident qui m'a déplu: une manif devant le siège de EDF (A l'époque allée du Président Franklin Roosevelt). D'accord, c'était contre le nucléaire. Mais pourquoi avoir bloqué la rue, gênant ainsi des dizaines d'usagers qui n'y étaient pour rien, et qui ne savaient même pas pourquoi ils étaient bloqués? Je me suis tenu à l'écart, et j'ai pris la poudre d'escampette pour échapper à la scène lamentable des copains évacués manu militari par les flics. En principe, cette action était sensée être de la non-violence à la Gandhi. Il y manquait toutefois deux ingrédients essentiels: un but clair, et une cible légitime. Pour les gens coincés dans un embouteillage sans en connaître la cause, ni l'une ni l'autre de ces conditions n'étaient remplies.

Avant la neutralisation par «les Verts», l'écologie avait le vent en poupe, et beaucoup de gens la soutenaient. C'est ainsi que l'ATE avait été invitée à la grande exposition annuelle de Toulouse, au parc des expositions, parmi près d'une centaine d'exposants, la plupart des entreprises. Rien que de très bien. Toutefois les dirigeants de l'ATE ont largement dépassé les limites qui leur avaient été assignées, invitant sur leur stand le Comité Contre la Peine de Mort, et surtout UFC que Choisir, qui a vertement attaqué les autres exposants. C'était beaucoup trop, et jamais plus nous n'avons été invité nulle part. La haine de la société a un coût. Mais en l'occurrence c'est l'écologie qui a payé, pas les militants.

Avec ce genre d'invitations à la foire expo de Toulouse, l'écologie était bien partie pour devenir une partie intégrante de la société. Elle l'était déjà, dans les revues scientifiques et dans certaines revues d'industriels comme «L’Usine Nouvelle». C'est suite au genre d'incidents ci-dessus qu'elle est mal vue. La gaffe n'est pas encore rattrapée aujourd'hui (2024) et ce ne sont pas les «études» de «genre» ni la légalisation de la marijuana qui vont arranger les choses.

 

Dans ces conditions, on comprend que le groupement d'achat ait fini par dégénérer lui aussi. Cette dégénérescence s'est d'abord manifesté par l'apparition de personnalités problématiques, mais qu'il ne «fallait pas» critiquer. Ainsi, il y avait un petit con du nom de Eric (Attention aux homonymes), qui m'a inspiré le jeune manipulateur négatif «E...» dans dans mon roman «Naufragée Cosmique». Ce type était de toutes les manifs, typiquement écolo, jouant au gentil petit anar. Il portait même un béret noir avec des mèches de cheveux au vent, façon Che Guevara. Mais à fréquenter en vrai, il était totalement négatif et décourageant, critiquant tout et tout le monde, et se mettant toujours dans l'opposition lors des discussions de groupe. Sa compagne Françoise était encore pire: une bigote athée colérique et autoritaire. Elle s'était essayée une fois à tenir une permanence pendant une heure (ce que nous faisions tous chaque semaine). Ulcérée d'avoir eu à faire des efforts pour être utile à d'autres, elle s'était fendue d'un article dans notre bulletin, ridiculement intitulé «Groupement d'achat et lutte des classes», où elle expliquait la terrible exploitation qu'elle avait subie pendant plus d’une heure: rendre la monnaie, remplir des fiches, etc.! J’ai toujours une copie de cet article, lol! Le pire a probablement été une copine pauvre, enceinte, malade, anémiée à force de ne manger que du riz complet, à qui ces salauds ont juste dit «assume-toi». Aujourd'hui 44 ans plus tard c'est encore à elle que je pense quand j’entends cette expression méprisante. Apparemment leur lutte des classes ne la défendait pas.

Ça, plus un autre idiot qui gribouillait sur ma fiche de commande, la rendant illisible, et une autre qui a agressé verbalement ma mère sans raison, faisait que je n'allais plus aux réunions que pour rendre service: l'ambiance plaisante et émulatrice du début avait bien disparu. On ne pouvait même plus discuter d'organisation, certains nous contredisaient systématiquement, tentant de pousser le groupement d'achat vers le capitalisme.

 

Mais un soir, alors que j'arrivais à une de ces réunions, je me trouvais soudain face à celle qui allait devenir ma compagne pour neuf ans.

 

Ce fut mon avant-dernière réunion: lors de la dernière j'ai entendu une remarque porno présent tout le monde, dépréciant notre nouvelle relation. (Faite par une «copine» qui avait refusé une proposition de ma part quelques mois plus tôt. De quoi était-elle jalouse alors) Ce fut la (grosse) goutte qui a fait déborder le vase (dont la surface lévitait déjà bien au-dessus du bord): j’étais écoeuré et je n'y suis plus jamais retourné.

 

J'ignore pendant combien de temps l'ATE a survécu après mon départ en 1981. Fort probablement peu de temps. En 1985 en tous cas elle n'y était plus. L'Association Toulousaine d'Ecologie est sortie de l'Histoire, on n'en trouve pratiquement aucune mention sur Internet aujourd'hui, ni de ses anciens membres, même pas sur facebook, rien. Même ses leaders ont disparu. Comme si ils avaient été supprimés par la Matrice.

 

Pourtant les graines que nous avions semées ont levé, de sorte que notre effort a payé. Ainsi j'ai su plus tard que le groupement d'achat, géré par des personnes totalement différentes, était devenu une coopérative (éludant ainsi les problèmes psychologiques qui ont fait couler tant de tentatives d'économie non-égocentrique). Quand je suis rentré du Faitg neuf ans plus tard en 1990, j'ai retrouvé cette coopérative dans un autre local (plus propre et plus avenant, avec une équipe plus aimable). Puis elle est devenue une supérette, qui existe toujours aujourd'hui 2020: «Grandeur Nature», à l'extrémité sud de l'avenue Jules Julien, sortie 23 de la rocade sud, 43°34'23.55"N 1°27'9.78"E. Le bio n'avait plus besoin de militants: il était rentré dans les moeurs.

Ajouté en 2023: on trouve aujourd'hui sur les annuaires de société une société «Association Toulousaine d'Ecologie» fondée en 1983, au 21 rue des Amidonniers, probablement créée lors des convulsions finales de l'association loi 1901 que j'ai connue. Il est donc probable que cette dernière ait été fermée entre 1981 et 1983. Aujourd'hui il y a un magasin Bioasis à cet endroit, qui vent du... CBD, ha ha ha ha! Il s'agit probablement d'une autre suite de l'Association, mais le nom du dirigeant, Francis Giordano, ne me dit rien.

Alinéa ajouté en 2025: Que l’ATE ait eu deux suites démontre clairement sa pertinence. Mais, capitalistes ou gauchistes, les récupérateurs devaient d’abord détruire l’original. D’où ces infiltrations que j’ai vues, cette hargne à pourrir l’ambiance, afin de «démontrer» on ne sait quelle impossibilité d’une économie non-égocentrique. Mais ils n’ont absolument rien gagné à l’affaire: le groupement d’achat n’avait aucun fond, juste quelques tréteaux et un balai.

 

Je considère la fin du groupement d'achat comme un abandon, pas un échec. L'expérience avait en effet clairement démontré qu'elle apportait facilité économique et liberté, tout en étant légère et facile à gérer sans beaucoup de travail. Mais elle exigeait discipline et altruisme, deux qualités qui manquent encore cruellement. C'est la raison pour laquelle les gens ne sont pas encore prêts à se passer des méthodes du capitalisme: salaires, contrats, etc. Clairement, le capitalisme, ses pollutions et ses inégalités sont le coût de la culture de l'égo, égocentrisme et égoïsme.

C’est la raison pour laquelle je considère l'économie comme une discipline spirituelle.

Et quiconque critique le capitalisme sans combattre son égo a dans la bouche un cadavre (slogan de Mai 1968 détourné, ha ha ha!)

 

J'ai revu deux ou trois anciens membres quand je suis revenu à Toulouse en 1990. Un était devenu punk, une autre voyait une «secte» dans le Bouddhisme. Leur échec minable à faire fonctionner une chose aussi simple qu'un groupement d'achat les avait ruinés de l'intérieur. Ou bien ils étaient dans le fossé, pour avoir refusé le tournant vers la spiritualité. Il y a des fautes qui ne pardonnent pas.

 

La seule que je pourrais localiser aujourd’hui dirige un… comité contre les compteurs électriques Linky!

Cette dernière membre a une histoire assez étonnante. Au début, elle était assez gentille, et je l’aimais bien (comme amie, plus étant encore possible à ce moment). Mais il s'est vite avéré qu'elle était athée intégriste, une idéologie épouvantable qui fait prendre tous les choix de la vie dans le mauvais sens. Elle a commencé à se couper les cheveux pour «ne pas être romantique», et à dénigrer ses seins comme étant «juste des glandes». Puis elle est devenue colérique, assaillant tout le monde de réflexions injustes et vexantes, et même à l’ATE «tolérante» les gens ont commencé à se détourner d’elle. Sans parler de choses non-racontables avec des féministes, que l’on… ne m’a pas racontées! (C’était à propos de «self-help», des réunions de soi-disant formation à des examens gynécologiques «autogérés entre femmes», en réalité une lourde incitation à devenir lesbienne en s'entre-tripotant le sexe. La connaissant, je suppose qu’elle a du mettre les pieds dans le plat dans des proportions épiques, et avec juste raison dans ce cas. Je ne peux pas m’empêcher de rigoler en visualisant la scène, dommage qu’elle n’avait pas de portable pour filmer!).

(Permalink) Puis elle a voulu un bébé. Mais avec son caractère insupportable, elle n’a trouvé aucun papa, même pas un irresponsable d’une nuit pour l’engrosser. Peu de femmes peuvent se vanter d'un tel exploit: se faire sexuellement refuser par tous les hommes! Et ce n’était pas son apparence physique, elle était tout à fait désirable, malgré ses efforts pour se donner des airs de fausse moche. Elle est finalement allée au Pérou, et est revenue quelques jours plus tard avec un bébé. Oui, je l'ai vu, un beau petit Inca bien affirmé, qui a du bien lui faire comprendre qu'un bébé n'est pas un jouet. Mais j'ai été sidéré que l’on puisse se pointer dans un pays totalement étranger, et y prendre un bébé, comme ça, sans rien. Imagine t-on un Péruvien venir prendre un bébé en France? C’était vers 1980, j’espère que les pays du Tiers-monde se défendent mieux aujourd’hui, contre ces enlèvements, cette nouvelle traite des esclaves (et contre l'abomination des «mères porteuses»), qui servent au mieux à satisfaire des fantasmes bourgeois, au pire à des pédos. En tous cas la légalisation de l’adoption homosexuelle en Occident a du voir bien des pays interdire l’enlèvement de leurs enfants. Les Tibétains n’ont pas attendu si longtemps, ils ne donnent plus d’enfants à l’adoption depuis les années 1960.

 

 

Ma compagne en Corse

(Permalink) Ecrit en Mars 2019.

Bon, si je parle de ma compagne au passé aujourd'hui c'est que, on l'aura compris, la relation a mal fini. Mais ce serait mesquin de me venger d'elle.... et pourtant irresponsable de ne pas dénoncer ce qui a détruit notre relation. Aussi je raconte l'histoire dans la partie suivante, mais expurgée de certaines choses trop personnelles, et sans donner son nom. En effet, nos enfants n'ont pas à subir les conséquences. Noisette est un surnom que je lui ai totalement inventé pour ce texte, vous verrez pourquoi dans quelques lignes. Surnom qui ne lui déplairait pas, je pense, elle en a d'ailleurs accepté un du même genre.

 

Donc je me trouvais soudain face à elle, en pleine réunion de travail du groupement d'achat de l'ATE, et apparemment l'attirance était réciproque. Une petite brune aux cheveux courts, vêtue d'un pull couleur noisette. Rien de remarquable, mais elle avait l'air enjouée et heureuse. Elle était à l'ATE pour vendre ses noisettes, qu'elle avait récoltées dans un domaine où elle vivait en Corse. Deux gros sacs de jute pleins de noisettes bio, que nous n'aurions aucun mal à répartir. Elle était fort contente de sa vente, qui lui donnait de quoi vivre pendant de longs mois.

A la sortie de cette réunion, nous nous sommes trouvés, je ne me rappelle plus pourquoi, au pied du grand bâtiment à côté de la MJC Roguet, où elle était hébergée chez une de ses soeurs. Elle m'a invité à prendre un thé. J'ai alors planté là l'autre membre de l'ATE avec qui je discutais: l'occasion était trop belle de enfin réaliser mon rêve de vivre avec une femme. Le soir même nous nous embrassions, concluant l'affaire!

 

Mais ce n'était pas facile, elle vivant en Corse, et moi dans mon appartement à Toulouse, où se trouvait aussi ma mère a l'époque. Elle avait ses noisetiers, et moi mes activités d'électronique, plus mon travail à EDI.

 

J'ai un moment caressé l'idée de transporter ces activités d'électronique en Corse, chez elle. Mais c'était un projet fou: elle était dans une baraque à l'ancienne, sans même l'électricité. Il aurait fallu que j'installe une turbine ou quelque chose. A l'époque j'étais encore optimiste, mais je me rendais compte de l'ampleur d'un tel projet, qui aurait retardé les activités utiles de plusieurs années.

 

Bon, je suis quand même allé la voir en Corse. Inévitablement le premier navire que j'ai pris s'appelait le Napoléon... et la musique jouait «Papa Noël» de Tino Rossi, ha ha ha ha! La nuit n'a pas été fameuse, avec roulis, gens malades, et à nouveau patinage sur vomi. Cette fois je supportais un peu mieux, lol. Mais pas moyen de vraiment dormir dans ces conditions, aussi j'ai regardé le paysage nocturne, dès l'apparition du Cap Corse.

Curieusement j'ai fraternisé avec un Allemand... qui se trouvait être le colocataire de Noisette! Comme le monde est petit parfois. En fait l'explication est simple: les gens se reconnaissent par leur vibration. C'est comme ça que nous nous sommes attirés parmi des centaines de personnes partageant le même pont.

 

Une fois chez Noisette... elle n'était pas là! J'ai passé plusieurs jours à l'attendre... J'étais sur le point de repartir, pensant m'être fait poser un lapin magistral, quand elle s'est finalement pointée, en compagnie d'un Corse appelé Tony. En fait, elle était chez lui, avec sa mère et sa famille. Je fus donc invité à passer le Noël chez une famille corse! Ce qui n'était pas pour me déplaire. Le Tony en question avait un moulin de farine de châtaignes (qu'il appelait polenta) au pied du Sant Pétrone (à ne pas confondre avec le Sant Pétru, plus au sud). C'est ainsi que je passais plusieurs jours avec eux, dont Noël, découvrant l'esprit Corse et la Castagnitche (Les Corses disent comme ça, même si on écrit Castagniccia, le pays des châtaigniers).

 

Le moment le plus palpitant a été une escalade du Sant Pétrone, de nuit, pour arriver au somment avec le lever du soleil!

Là se situe toutefois un incident qui a commencé à me faire comprendre que l'hospitalité de Tony n'était pas gratuite: il y avait une sorte de grotte, ou plus probablement une ancienne galerie de mine, et il voulait que l'on entre là-dedans comme une sorte «d'épreuve». Problème, c'était pentu et glissant, plein de feuilles mortes et de larges fissures: nous n'aurions probablement pas pu remonter. J'ai alors refusé, tenant tête à Tony, et même à l'influençable Noisette, qui aurait voulu lui obéir. On a vu que je n'étais pas un trouillard, mais pas un inconscient non plus: descendre dans ce trou dans ces conditions était prendre un risque certain. D'autant plus que personne ne savait qu'on était là. Vu la suite, je me demande aujourd'hui si ce n'était pas carrément une sorte de piège.

 

J'ai fait trois fois le voyage en Corse, hésitant entre un déménagement compliqué de mes activités électroniques dans un cadre moyenâgeux, ou tenter de ramener Noisette à Toulouse. Pas simple non plus, car je partageais à l'époque mon modeste appartement avec ma mère.

J'ai quand même laissé une nouvelle cloison dans cette maison, en quelques jours de présence, isolant un peu le coin du lit.

La relation avec ce Tony s'est considérablement dégradée: Noisette m'a dit qu'il l'avait violée, rien que ça. Le fait est qu'il lui avait refilé toute sa collection de maladies sexuelles: morpions, gonocoques, herpès et probablement quelques autres. Monsieur allait satisfaire ses besoins avec les prostituées du plus bas étage. Se taper une jeune écolo naïve a du l'émoustiller. Il a eu la «gentillesse» de la prévenir des gonocoques, avant que Noisette me les passe. J'ai quand même eu les autres. Les morpions s'éliminent facilement, mais pour l'herpès, 40 ans après je dois toujours avoir de l'aciclovir à portée de main, où que j’aille. Si vous m'entendez dire qu'un type m'a refilé de l'herpès, ne vois méprenez pas: de la façon dont ça s'est passé, c'est bien ce porc le responsable. Cet herpès à contribué à ma décision ultérieure de ne pas reprendre de compagne, après que Noisette m'ait quitté. J'aurais eu d'éternels remords à souiller une autre femme avec ces saletés.

(Ajouté en 2019: aujourd'hui il y a des étuis péniens, 100% efficace contre les maladies, et 100% efficaces comme contraception masculine, au lieu des lamentables capotes qui se déchirent ou glissent au bout de dix minutes. Mais aujourd'hui j'ai 65 ans, alors je me réserve pour l'après-vie, où il n'y aura plus ce genre de problèmes).

 

J'ai fait en tout trois voyages en Corse, où il est aussi apparu que Noisette s'était disputée avec son colocataire Allemand, celui que j'avais rencontré sur le bateau. A l'époque, ne connaissant pas encore les mauvais côtés de Noisette, je n’avais pas compris l’attitude de l’Allemand, qui semblait parano. En fait j’ai compris plus tard qu’il était devenu hypersensible, ce qui arrive fréquemment quand on vit dans les accusations et disputes permanentes. J'ai su qu'il avait redémarré de l'apiculture ailleurs en Corse, avec un autre allemand, j'espère qu'ils ont réussi à faire quelque chose.

Une autre visite hostile quelques mois avant mon séjour s'était soldée par un article dans le journal «Libération», avec pour titre «(la maison de Noisette) communauté hippie ou camp d'entraînement nazi?» Je savais déjà que «Libé» était devenu un torcheballe, mais pas encore qu'ils étaient racistes au point de sous-entendre qu'un Allemand serait forcément nazi! En tous cas c’est un exemple parfait de journalisme pourri, qui a tant fait pour discréditer Libé après tant d’autres: une affaire inexistante, un racontar montée en épingle, le tout publié sans la moindre vérification factuelle.

 

Il y a eu d'autres épisodes déplaisants, comme d'aller à Bastia en stop, pour le traitement des gonocoques. Une ville antipathique, avec des idiots qui nous insultent gratuitement dans la rue. C'est là qu'a eu lieu cet ahurissant scandale de trois flics qui ont forcé une femme à se déshabiller sur la plage, le 24 août 2016.

A un moment nous avons été pris en stop par deux Corses. Ils nous on dit ce qu'ils attendaient des continentaux qui venaient faire des communautés ou de l'écologie: «vous êtes bienvenus, à condition que vous viviez comme nous». Nous étions donc clairement fort malvenus. J'espère qu'une nouvelle génération de jeunes Corses voudra sortir de ces histoires minables, car dans ces conditions personne ne viendra faire avancer leur pays pour eux.

 

Bref cette épopée Corse a été chaotique, et si j'avais eu l'expérience que j'ai aujourd'hui, je me serais tiré de là bien avant. Pourquoi faut-il que les gens se créent des problèmes si compliqués?

Ah oui, d’accord, les problèmes compliqués sont une spécialité Corse, comme la polenta, les saucisses d’âne ou le broutche.

Bon...

 

On ne sera donc pas surpris que Noisette ait finalement rappliqué chez moi à Toulouse, un jour de début 1981, définitivement fâchée avec la Corse et avec tous les gens qu'elle y avait connus.

 

Sa maison a été louée à un autre couple d'Allemands avec deux enfants en bas âge. Pendant deux ou trois ans, ces gens ont vécu là dans cette maison sombre, sans électricité, sans eau courante, dans la crasse, le froid et les fuites du toit, lavant tout leur linge à la main et cuisinant au feu de bois... avec deux enfants en bas âge. Pourquoi s'être imposé une telle épreuve? Pour pouvoir vivre près de la nature! Ils ont finalement abandonné, heureusement à temps pour que les enfants puissent aller à l'école. La nature, c'est super. Mais pas à ce prix!

Comme le disait Alphonse Allais, il faudrait construire les villes à la campagne. C’est une vanne, mais le projet écolo moderne est bien de disposer de tout le confort dans un lieu de nature, sans détruire cette dernière.

 

On a quand même eu des bons moments en Corse, comme la fois où Noisette avait fait chauffer une baignoire sur un feu de bois, dehors sous la neige... J'ai pris un bain comme ça, et je suis sorti tout nu sous la neige, sans ressentir le froid, grâce à l'hyperthermie du bain! C’était certainement très amusant, mais si vous voulez m'imiter, sachez ce que vous faites:

🐯Faites ça sans vent. Avec du vent ça ne marchera pas.

🐙Mettez l’eau avant d’allumer le feu. Ne faites pas comme l'idiot que j'ai vu un jour faire au Faitg, qui a allumé un feu d'enfer sous la baignoire... avant d'y mettre l'eau!! L'émail était totalement fichu.

🐳Eteindre le feu avant d’entrer dans l’eau. Sinon, on peut se brûler gravement ou s'asphyxier.

🐶La protection contre le froid ne dure que deux ou trois minutes, il faut donc s’essuyer et se rhabiller immédiatement. Sinon, nu sous la neige, l’espérance de vie est de l’ordre d’une heure.

 

Il y a eu aussi d'étranges histoires. Si on visite la Corse en touriste, on ne voit pas ces choses. Mais si on vit avec les Corses, on partage leur spiritualité, faite de communion avec la nature. Surtout avec la mère de Tony, qui était très intéressante, je regrette que tout se soit terminé si mochement sans que je l'aie mieux connue. Ainsi, en Corse, une chouette rentrant dans la maison est signe d'une mort prochaine. C'est arrivé chez Noisette, et de fait, il y a eu deux morts: le bouc et l'âne de Noisette, dans les jours qui ont suivi. Elle m'a laissé entendre que fort probablement quelqu'un avait fait un rituel de sorcellerie contre elle. Heureusement nous faisions de la méditation, ce qui nous aurait protégé, en déviant le sort sur les animaux. Coïncidences, diront les rationalistes. Mais dans les pays encore sauvages et préservés comme la Corse, l'esprit shamanique est encore puissant, au contraire du monde prosaïque du béton et des bagnoles. J'ai pu le constater, en méditant sur les esprits des lieux des alentours. Au bout de quelques jours, la nature initialement hostile me semblait bien plus accueillante. C'est la raison pour laquelle je prend ces choses au sérieux.

 

La situation à Toulouse n'était pas stable, à trois dans un petit logement, moi travaillant, et Noisette qui ne supportait pas la ville (surtout notre petite cour grise) et se mettait en colère.

 

Il fallait trouver quelque chose.

 

C'est à nouveau Michel qui nous a indiqué l'endroit.

 

 

 

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