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J'ai commencé des études de math sup pour devenir docteur en sciences... Malheureusement, le burn-out et l'hostilité ont fait échouer ce projet. Cependant, cette année a été très positive, car j'ai découvert l'écologie, la non-violence, l'alimentation biologique, Mensa et des journaux libres.
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Date de première publication: Novembre 2025
Date de derniére modification: néant
Ces textes sont un travail en cours, une entreprise de plusieurs années, aussi ils peuvent contenir des parties manquantes et des liens vers des cibles pas encore créées, je vous demande de la patience 🙂
(Permalien) Ce sous-chapitre écrit en Octobre 2025.
Cette année à Pau m'a vu plus autonome, pouvant acheter des journaux et sortir en ville à ma guise, ce qui m'a permis de découvrir ou explorer plusieurs choses, que nous allons voir.
Surtout, je rencontrais pour la première fois des gens qui prétendaient être conscients eux aussi. Mais je comprenais vite que les choses ne sont pas si simples: soit les prises de conscience sont partielles, soit ils ont simplement remplacé une idéologie par une autre. Tout cela était certes intéressant et prometteur, mais surtout confus, et il m'aura fallu encore plusieurs années pour y comprendre quelque chose et apprendre à me méfier.
Mais j'avais des pistes intéressantes.
En clair je n'étais plus seul.
A condition de ne pas rester à Pau...
(Permalien) Écrit en Juin 2019.
Puisque je ne pouvais plus rester au Collège Naval, j'ai fait Mathématiques Supérieures à Pau, l'année scolaire 1972-1973, en internat au Lycée Louis Barthou. En abrégé Math Sup. Mon projet était de devenir docteur es-sciences. Par goût, mais aussi parce que je réalisais que des bases de physique seraient indispensable à mon projet de contribuer à une société écologique. Math Sup, puis Math Spé et Polytechnique semblaient la voie la plus directe pour cela. Du moins sur les prospectus d'orientation scolaire, qui présentent toujours les choses de manière avantageuse. Les autres filières étaient clairement décrites comme «inférieures», en particulier les filières manuelles. Ces prospectus occultaient totalement les difficultés qui allaient me conduire à l'échec: à en croire ces prospectus, il suffisait de «vouloir» pour avoir un «bon» diplôme, et les gens qui se retrouvaient avec un BTS de menuisier ou de soudeur étaient juste des paresseux.
Un autre problème a été la volonté de mes parents de me scolariser «près de chez nous». Si vous avez des enfants, ne faites jamais ça: c'est une erreur grave, pour un bénéfice très marginal. Effectivement je pouvais rentrer chaque weekend avec une heure de bus, et laver mon linge à la maison. Mais le prix à payer a été que, je le soupçonne, nous n'avions pas d'aussi bon profs à Pau. Ceci est un cas clair où un critère secondaire est poussé en premier par un «spécialiste» braqué dessus, au point d'occulter le critère principal, ici la qualité de l'enseignement.
En effet, le prof de physique était brouillon, celle de maths récitait son cours sans se soucier de nous aider. Mon idée était plutôt d'aller à Toulouse, ville colorée et gaie. Là j'aurais été au Lycée Pierre de Fermat, qui a une Math Sup renommée. Et des lavomatiques. En fait, je ne me rappelle même pas comment je lavais mon linge quand je suis allé plus tard à Bordeaux, preuve que ce n'était pas du tout un problème. Laver notre linge ne doit pas avoir précédence sur notre carrière.
Je garde un assez bon souvenir du Lycée Louis Barthou lui-même: clair, propre, et les gens assez sympas.
Par contre, à l'exception d'un (dont j'ai appris le suicide quelques mois plus tard), mes camarades de dortoir étaient mauvais et harceleurs. Ce n'était pas aussi grave que au Collège Naval, mais c'était encore suffisant pour empêcher une vie de groupe normale. Il y en avait deux ou trois en particulier qui s'amusaient à retourner mon lit presque toutes les nuits, ce qui aggrava ma fatigue. Peut-être est-ce aussi à l'origine de mes problèmes de palpitation cardiaque plus tard. Cela s'est fini qu'une nuit, complètement saouls, ils se sont amenés en criant mon nom, alors que je ne dormais pas... Je me suis donc tapis dans un coin dans le noir, et une fois qu'ils furent dans la chambre, je les ai accueillis en brandissant une chaise. Ce n'était pas une bonne idée, car je n'ai pas osé les frapper de cette façon, alors qu'ils méritaient une sérieuse correction. Que j'aurais pu leur donner, vu qu'ils étaient saouls et pas plus costauds que moi, et en plus ils ne me voyaient pas alors que je les voyais. Un en particulier était un petit con fachiste, pas le genre à qui confier un jour des responsabilités d'ingénieurs.
Bien sûr comme dans tout internat, nous faisions des batailles de polochons, et je n'étais pas le dernier à ces jeux. J'en ai même éclaté un, ce qui nous a valu une bonne rigolade. Mais j'y ai vite renoncé: un polochon bien tassé peut faire vraiment mal, et là ce n'est plus un jeu. Mais certains de mes camarades prenaient plaisir à l'idée de faire mal, sous le couvert du jeu.
Certains s'amusaient même à lancer des bombes à eau sur les élèves dans la cour en-dessous. Une fois une telle bombe avait entièrement ruiné le travail scolaire d'une élève, qui ne pouvait que pleurer en regardant tous ses cahiers perdus, et peut-être avec ses chances de réussir à l'examen. Un geste de crétin baveux aux conséquences terribles. Et c'étaient ces gens qui allaient devenir ingénieurs ou scientifiques... Malgré mon échec formel, je pense avoir finalement mieux réussi Math Sup que ces idiots.
Pire, il y avait, dans les dortoirs en-dessous du nôtre, les «P1», une formation pour devenir professeur d'éducation physique. Bien entendu il y a eu des batailles de polochon inter-étages. Mais ces types ne jouaient pas, ils étaient même brutaux, se servant de leurs polochons hyper-tassés comme de véritables massues. J'ai compris dès la première bataille, quand suite à un seul coup j'ai traversé toute une pièce inconscient. Une nuit, ils sont rentrés d'une fête tous saouls, et ils nous ont assiégés plus d'une heure, frappant sur nos portes et criant des insultes. A ce stade, il est clair que ce n'était plus du jeu, c'était de la délinquance. Heureusement nous nous étions barricadés, prévoyant le problème. Mais mes camarades de chambrée se sont dégonflés et ils ont ouvert la porte, ce qui nous a valu bizutages et insultes.
(Permalien) Écrit en Juillet 2019.
Ne pas avoir réussi mes études scientifiques est le seul gros échec de ma vie, et le plus désastreux.
J'étais pourtant bien parti, après une classe terminale bien réussie et un baccalauréat sciences avec mention. Et surtout très motivé, démarrant sur les chapeaux de roues dès les premières heures de cours. Les raisons qui allaient me conduire à l'échec étaient imprévisibles: le manque d'énergie physique dont j'ai toujours souffert, s'est traduit en Math Sup par un manque d'énergie intellectuelle: le cerveau manquant de carburant, ne peut tout simplement pas soutenir l'effort d'attention demandé. Et quatre heures de maths d'affilée, d'un discours soporifique, cela demande plus que de vouloir. En clair, j'ai été incapable le suivre le rythme bien plus intense qu'en Terminale. A ce stade, il aurait mieux valu que j'accepte l'échec et étudie à mon rythme, pour reprendre en faculté, en quatre ans au lieu de deux. Mais les seuls conseils disponibles à l'époque étaient la culpabilisation, les accusations d'être «mauvais». Je me suis donc forcé, et j'ai fait un burn-out! Un concept totalement inconnu à l'époque, dont le seul traitement proposé était l'accusation de paresse. Je suis dont devenu incapable de me concentrer sur un cours, un problème dont je subis toujours les conséquences 46 ans plus tard.
En fait, j'avais déjà eu ce problème avant: j'étais capable de commencer des tas de projets avec enthousiasme, mais avais toutes les peines du monde à les terminer: ils étaient devenus des corvées. Depuis, je peux me concentrer des heures sur un jeu, un puzzle ou autre activité inutile, mais je suis soudain assommé de fatigue à la seconde où j'ouvre un travail utile. Une aboulie aussi sélective est très curieuse, et ne peut pas avoir de cause organique. Et bien sûr les médecins ne trouvent rien. Au point que je me suis souvent demandé si je ne me heurtais pas à quelque karma, voire une épreuve karmique programmée. Mais il y a une explication plus classique: tout le monde serait en fait comme moi, avec le cerveau refusant de servir sans être poussé par un enjeu... égotique. Si ils arrivent à fonctionner quand même, c'est précisément qu'ils sont motivés par tous leurs enjeux égotiques: leur compétition, leur «intérêt financier», leur désir de «s'affirmer», leur chère obéissance sadomasochiste à leurs chers leaders, leur excitation au jeu, etc. Toutes choses que l'égo adore! Mais si ces gens avaient des buts spirituels, ils auraient le même problème que moi: le cerveau refusant de travailler à un but auquel l'égo ne voit pas d'intérêt. (ou ne supportant pas de rester inactif lors de la méditation). Ainsi tout le monde aurait ce problème, mais les gens qui suivent cette pente sans tenter de faire quelque chose sont simplement... paresseux. Ou bien ils se rassurent en construisant des opinions ou des préjugés contre la spiritualité, contre une meilleure société, etc. Cas ô combien courant...
Pour Math Sup, le pire a été que, à la fin de l'année, ma prof principale a achevé de me couler: me faire croire que j'étais «mauvais», pour me faire renoncer à ma carrière scientifique et faire un UIT d'électronique. La conclusion est donc claire: si vous vous engagez dans des études difficiles, assurez-vous que vous pourrez tenir. Si en cours d'année il s'avère que vous vous sentez couler, ne forcez pas au point de casser votre système: travaillez à votre rythme, quitte à redoubler, ou à prendre une voie de repli. En l'occurrence j'aurais pu faire la faculté de sciences, avec un rythme plus acceptable, une chambre d'étudiant sans camarades bizuteurs, et déjà un bagage conséquent. Mais de passer à l'IUT a certainement été le conseil le plus destructeur que j'ai jamais reçu de toute ma vie: ne pas considérer mes projets, seulement mon «utilité en entreprise». Bon, l'IUT m'a permis plus tard d'être bien payé comme technicien. Mais il ne permet pas de diriger une recherche comme le titre de docteur le permet.
Il y a eu d'autres difficultés plus pratiques:
Des cours pesants et embrouillés. Deux, voire quatre heures de monologue épais et compact, sans plan visible. Un synoptique visuel est tellement plus simple! Mais non, il faut «parler».
Que des notions de base ne soient présentées qu'une seule fois, et jamais répétées par la suite. Ainsi une minute d'inattention peut-elle ruiner une année entière!!
Certains cours étaient de véritables farfouillis, dont vous pouvez avoir une idée avec les pages wikipédia sur la haute physique: on est largué au bout de quelques lignes! Remplacez chaque ligne par une demi-heure de monologue soporifique, et vous aurez une idée du problème.
Mais ce qui m'a piégé et a bloqué ma compréhension est que en fait la physique n'est pas une théorie monolithique (ni même les maths), mais un ensemble de lois arrangées pour aller ensemble. Ainsi on me parlait d'entropie, une notion fondamentale de la thermodynamique. Mais sans jamais dire qu‘en physique ce mot est en fait employé dans deux sens totalement incompatibles:
-Le logarithme du nombre de permutations des particules
-Le rapport Q/T (quantité de chaleur par degrés)
Bien sûr je ne comprenais pas comment un rapport pouvait être égal à un logarithme! Cette impression de quelque chose qui m'échappait faisait que mon esprit classait ce que j'entendais dans la catégorie «à approfondir plus tard». Mais «plus tard» n'arrivait jamais, et ce n'est pas à mes camarades bizuteurs que je pouvais demander des explications. De plus, math Sup, contrairement à la fac, est un système compétitif, où chacun ne peut compter que sur ses propres ressources.
Ajouté en 2023: j'ai posé la question à Chat GPT de pourquoi le logarithme. Il m'a expliqué que le nombre de permutations se multiplie quand on ajoute de la matière. Ce qui explique qu'il faille prendre le logarithme du nombre de permutations pour avoir une grandeur extensive (proportionnelle à la quantité de matière), Mais chhht, pas d'Internet en cours.
A plusieurs reprises dans ma vie, ce titre de docteur es-sciences m'a manqué. J'aurais pu travailler dans la recherche. Probablement pas à ce que je souhaitais, mais rien ne m'aurait interdit de faire mes propres recherches à côté, comme beaucoup de scientifiques l'ont fait. Et particulier en écologie, ou plus tard pour mon travail sur l'épistémologie. Même un bon papier scientifique peut être rejeté si on n'est pas docteur, comme je l'ai vu plusieurs fois. Et le préjugé est très tenace: un amateur est exclus de la science et des publications, quelle que soit sa compétence ou la pertinence de son travail. Mais l'inverse est aussi vrai, un titre de docteur n'a jamais protégé son porteur contre l'ostracisation, qu'elle soit pour des bons ou pour des mauvais motifs. Un cas typique est Robert G. Jahn, le principal animateur de l'expérience PEAR de Princeton, ingénieur et professeur de physique, traîné dans la boue par wikipédia au point que l'Université Princeton a retiré l'expérience PEAR de son site, sans aucune explication. Toute trace de ces lamentables discussions ont été retirées de wikipédia depuis, et même de la Wayback Machine!!!
Bon, je relativise tout de même cet échec, et de deux façons:
1) je serais curieux de savoir combien de mes camarades sont effectivement devenus docteurs ou ingénieurs. Et sur ceux qui le sont devenus, combien ont fait vraiment quelque chose d'utile de leur vie. En tous cas je n'en ai jamais retrouvé un seul, même avec internet.
2) De plus, même si je n'ai pas retenu tout le complexe appareil mathématique, j'ai tout de même reçu de bonnes bases de physique. Aujourd'hui ces bases me sont finalement fort utile, pour écrire mon livre «Epistémologie Générale», ou pour comprendre les enjeux techniques de l'énergie, en écologie.
(Permalien) Écrit en Juin 2019.
Cette époque a été mon premier contact réel avec l'écologie militante. Je connaissais déjà l'écologie scientifique, par Science et Vie, et les risques que nous courrions en la négligeant. Mais que des citoyens réagissent était une nouvelle extrêmement encourageante. En fait, des organisations comme les Amis de la Terre existaient déjà depuis des années, et on pourrait remonter aux naturistes et hygiénistes des années 1920. Mais tout cela était resté confidentiel. Ce qui était nouveau était que l'on parlait d'écologie dans les kiosques à journaux.
Ce qui n'était pas contre pas encourageant était que ces premiers articles soient apparus dans... Charlie Hebdo. Une situation extrêmement ambiguë: d'un côté nous aimions bien le Grand Duduche de Cabu, mais de l'autre cela associait l'écologie avec toutes les ordures de cette revue. L'apparition de la première revue écolo indépendante titrée «La Gueule ouverte», dans le même style, n'arrangeait guère la situation, et je me souviens d'une marchande de journaux m'avertissant de «ne pas acheter ces cochonneries». Il est clair que l'écologie a beaucoup souffert de cette proximité avec la presse populiste du plus bas étage. Moins visible mais bien plus grave que la vulgarité, cela associait aussi l'écologie avec l'intégrisme athée de Charlie, qui a déteint sur les écolos, coupant le mouvement des racines spirituelles des années 1920, et le limitant à la politique politicienne. Biais d'autant plus dangereux qu'il était inconscient, et qu'il l'est encore largement aujourd'hui chez les «Verts».
Mis à part ça, de quoi parlait-on dans les premiers numéros de la presse écologiste indépendante? Bien dans la lignée de Charlie Hebdo et des gauchistes, on y critiquait la société comme irrémédiablement pourrie, voyant même dans ses aspects positifs de la récupération et des magouilles. Ce dualisme cynique (animé par Isabelle Monin, connue à l'époque comme Isabelle Cabu, femme de Cabu, qui semblait incapable de comprendre qu'une personne différente d'elle puisse être sincère) allait aussi durement plomber les militants. Ce n'est que 47 ans plus tard (2020) que certains Verts ont osé s'associer à des personnalités «de droite» (élections municipales de Marseille).
Pour le positif, il y avait dans la Gueule Ouverte des choses inouïes: on y parlait d'alimentation et d'agriculture biologiques. Les principes en étaient clairement expliqués, sous le nom à l'époque de microbiologie du sol, un concept qui revient aujourd'hui sous le nom d'agriculture régénérative. Je me souviens de nombreux articles style «Système D» expliquant comment bricoler un capteur solaire, une éolienne, etc. Tout ceci donnait un tour familier et pratique à l'écologie, souvent trop abstraite, ou réduite aux seules manifs.
Ils indiquaient aussi des listes de magasins biologiques. Et il y en avait un à Pau, précisément! Bon je n'ai jamais su pourquoi la Gueule Ouverte considérait «La Vie Claire» comme «pétainiste», mais cette étiquette leur est longtemps restée dans le milieu écolo. Quoi qu'il en soit, je suis allé voir ce magasin! Aujourd'hui il y a toujours une Vie Claire à Pau, 37 rue Émile Guichenné, lieu qui correspond en gros à mon souvenir.
Ce magasin était petit, mais dès l'entrée on était accueilli par un parfum inoubliable: le pain complet! Il est rare qu'on le sente encore aujourd'hui dans les supérettes bios aseptisées, mais à l'époque c'était une fantastique révélation. J'achetais donc mon premier pain complet! Il était étrange de découvrir qu'une denrée aussi basique que le pain que nous connaissions fusse en fait totalement adultérée et méconnaissable. Mais pour quiconque a goûté le pain complet (sans préjugés), la réalité se remet immédiatement en place, et on ne peut plus manger de ce pain blanc insipide et caoutchouteux. Le pain complet est riche en parfums, goûts, textures, et surtout en vitamines et nutriments délibérément supprimés du pain blanc!
Bon, je ne pouvais pas éviter la cantine du lycée, avec son pain blanc, lait et viande. Mais j'avais quand même du pain complet dans ma chambre d'internat, pour me faire des tartines avec.
Quand je dis que mes camarades étaient des crétins, je n'exagère pas: ils ont immédiatement rejeté l'écologie et le pain complet, parfois en invoquant des amalgames incroyables (et le titre «La Gueule Ouverte» n'aidait pas).
Plus grave, même notre professeur de physique a cru utile de se moquer de «ceux qui protègent la nature», en évoquant dans son cours de chimie la cheminée de la Poudrerie à Toulouse, qui a effectivement du rejeter pas mal de poisons. Anti-écolo dès 1973, c'était assurément un grand précurseur! Pire, en disant cela il a eu un sourire narquois dans ma direction, indiquant qu'il y avait des racontars et connivences entre lui et certains élèves… ce copinage explique peut-être en partie mes mauvaises notes en physique, qui semblaient parfois non-méritées (Mes problèmes en Math Sup étaient surtout en maths. J'absorbais plutôt bien la physique).
Par contre quand j'ai ramené le pain complet à la maison, ma mère a eu une réaction inattendue: elle a immédiatement adoré, car cela lui rappelait «le pain de la guerre»! Elle parlait soit du pain de seigle allemand, offert en 1940 par des soldats de la Wermacht alors qu'elle avait marché pendant des jours d'exode sans rien manger, soit du pain que sa mère faisait avec du blé glané qu'ils moulaient eux-mêmes. Ces compositions sont effectivement bien plus saines et savoureuses que le pain blanc (Ce dernier avait même pendant la guerre des additions suspectes comme de la sciure). Ainsi quand j'étais au Faitg avec notre moulin Criquet, je faisais toujours le rémoulage (repasser le refus de blutage au moulin, et en extraire encore une farine particulièrement nourrissante).
Un détail intéressant est que les tenanciers du magasin m'avaient tendu une brochure «comment éviter le cancer». A l'époque j'étais franchement sceptique, car je ne voyais tout simplement pas le rapport entre le cancer et l'alimentation. Leur théorie était que nous avons en permanence des centaines de proto-cancers, mais que le corps sait les contenir. Le bio l'aiderait à cette tâche. Ce n'est pas exactement ce que la science dit aujourd'hui, mais ce n'était pas si mal trouvé pour l'époque, alors que l'on ignorait encore que les cancers sont des lignées monoclonales. Et la confirmation est venue récemment (2019): les habitués du bio ont 25% de cancers en moins. (Etude par Julia Baudry, Karen E. Assmann, et MathildeTouvier. Papier sur JAMA Intern Med)
(Permalien) Écrit en Juillet 2019.
Tout d'abord, «Pau» est un nom occitan, qui se prononce «Paou». Mais la Révolution Française n'a fait que continuer l'arrogance des Vaugelas et autres branleurs versaillais, en considérant que seul le dialecte de Paris est du «bon français». Encore récemment, l'Occitan était appelé du «patois», un mot qui n'existe que en Français, au lieu d'être considéré comme une langue. En fait, malgré les dénégations des chauvinistes locaux, avec huit langues différentes sur son seul territoire métropolitain (Flamand, Français, Breton, Occitan, Basque, Catalan, Corse, Allemand (pudiquement appelé Alsacien), plus aujourd'hui l'Arabe, le Manouche et le Berbère) la France est le pays le plus varié d'Europe. Mon séjour à Pau allait coïncider avec la découverte de cette réalité occultée, dévoilée par la première revue écologiste que nous avons vue.
De par leur comportement anormal, je n'ai donc pas eu vraiment de vie sociale avec mes camarades de Math Sup. Mais j'ai eu quelques relations avec des lycéens de terminale. Il y avait un club de musique rock, où j'allais, pour rencontrer des gens. Malheureusement ça n'a pas duré longtemps, faute de volontaires pour faire quelque chose. Mais j'ai pu aller faire quelques fêtes chez des copains.
En fait, Pau a été la première occasion où j'étais vraiment libre en un lieu loin de ma famille. Quoique je revenais tous les weekends en bus. Ainsi mes sorties au magasin de la Vie Claire ont été mes premières activités entièrement autonomes, de la décision à la réalisation. Bon, je sais, aujourd'hui cette prise de liberté se fait bien plus jeune, mais il faut se rappeler que à l'époque la majorité était encore à 21 ans, et je n'étais donc même pas majeur.
Il n'y a pas énormément de promenades à Pau, passé le parc entourant le lycée et le château. Mais Pau a une particularité curieuse: la rue du Hédas. C'est une rue sinueuse qui passe en contrebas du niveau de la ville, ne communicant pas avec les autres rues qui passent par-dessus. Ce qui rend l'endroit paradoxalement isolé, alors que l'on est en pleine ville. Même le bruit des voitures y est atténué voire inaudible! En fait l'endroit avait historiquement une mauvaise réputation, et en 1973 il était encore désert et peu accueillant (quoique déjà goudronné). Depuis, la municipalité de Pau a travaillé à le rendre plus vivant, avec notamment des arbres, une promenade, des restaurants, des associations, etc. Mais à l'époque ce lieu était fascinant et un peu inquiétant, comme d'un passage secret qui relierait entre eux des lieux inattendus. C'est depuis un de mes rêves récurrents: un couloir ou tunnel, souvent accessible par des portes dérobées, des caves, des installations techniques, qui permet à des initiés de voyager plus facilement, ou à travers des barrières ou des interdictions, voire d'échapper à des attaquants. La vibration est invariablement un peu inquiétante, comme une odeur de chiffon brûlé ou de vieille maison restée longtemps fermée. Mais l'initié sait que ce lieu lui est en fait complice. Les autres ne le remarquent simplement pas.
Ajouté en 2022: A noter qu'il existe à Londres (Charring Cross road), Bristol et Edinburgh, des rues qui ont été carrément recouvertes par un niveau supérieur (rechercher «Burried streets»). Les rez-de chaussées sont alors devenus souterrains, inutilisés, et pour la plupart restés tels qu'ils étaient au 17eme siècle, avec même des meubles! Je soupçonne de telles rues d'exister aussi à Toulouse, car l'ancien terrain comportait plusieurs petites vallées.
Il y avait deux magasins d'électronique à Pau, qui ne pouvaient donc pas échapper à mes visites. Mais tous les deux étaient des cas psychologiques curieux. Dans le premier, Ils ne voulaient pas entendre parler de transistors, défendant les tubes dans un farouche combat d'arrière garde. A la base, dans un tube, on comprend ce qui se passe, en termes d'électrons lancés sur des trajectoires, comme des boules. Mais les effets quantiques invisibles à la base des transistors sont beaucoup plus abstraits! D'où un certain refus, qui a existé à l'époque. Mais vite balayé par la force des avantages des transistors.
Bon, m'enfuyant vers l'autre magasin, je pus acheter mes transistors comme je l'entendais. Mais quand je me présentais au secrétariat pour payer, un type en costard-cravate est sorti de son bureau, enguirlandant son employé «ne recevez plus ces amateurs»! Je réalisais également que ses trois secrétaires étaient toutes les trois blondes avec des gros seins. Je crois que ce type n'avait pas très bien compris à quoi sert une secrétaire, lol! Et que les Palois voulant faire de l'électronique étaient finalement aussi mal barrés que les Montois. A moins de s'amener dans son magasins avec des faux seins, hahaha!
A Pau se trouve le château de Gaston Phoebus. Une visite incontournable. Toutefois la cour intérieure de ce château m'a paru très petite, par rapport à sa supposée grandeur historique. Un des escaliers donnant sur la cour de pierres gris clair (au fond à gauche) m'a paru si étroit qu'il en prenait des allures de cauchemar gris, comme si des gens avaient été enfermés ici et avaient atteint le fond de la dépression nerveuse. J'ai ressenti la même vibration grise désespérante en plusieurs endroits dans la ville, au point de fuir ces lieux. Pau est décidément une ville très curieuse, parfois lourde d'un passé cruel, dont les pierres gris clair gardent le souvenir.
Cette vibration parfois désespérante des Landes et de la Gascogne en général, avec toutes ces femmes atrophiées par ce monde gris de conventions idiotes et cruelles, est bien rendue dans le livre «Thérèse Desqueyroux» de François Mauriac. C'est exactement que j'ai vu. Et quand je dis «atrophiées» ce n'est pas une figure de style: je ne serais pas surpris si, même encore à cette époque, dans les fermes les filles recevaient moins à manger. Elles étaient effectivement nettement plus petites et frêles que les hommes, en plus de se tenir en retrait social! Rappelons que seulement 26 ans plus tôt, dans une grande ville comme Reims, ma mère avait été retirée de l'école parce qu'elle était une fille.
(Permalien) Écrit en Juillet 2019.
J'ai également appris à conduire à Pau. Une conquête d'autonomie là aussi, même si j'ai longtemps hésité à réellement conduire, faute d'avoir ma voiture.
Mais le plus déterminant pour moi a été de passer l'examen d'entrée à Mensa. Pour ceux qui ne connaissent pas, la seule condition pour entrer à Mensa est d'être dans les 2% de QI les plus élevés. J'avais entendu parler de cette organisation par Science & Vie, et avais réussi le test proposé par cette revue. L'année d'avant, à Brest, j'avais demandé une permission au Collège Naval pour aller passer le vrai test. Qui m'avait été refusée. Mais à Pau je n'avais pas à demander de permission, et j'ai pu y aller en train, à Toulouse.
J'ai réussi ce test difficile (ce qui relativisait mon échec en Math Sup). Pour moi, il représentait surtout un fait: que je n'étais pas idiot ou stupide comme mes camarades bizuteurs anormaux le prétendaient. Cela a donc été une grosse prise de confiance en moi. Et une confirmation que ma «différence» était bien une avance, pas un retard ni une anomalie. C'était bien moi le «normal», pas les bizuteurs grimaçants de stupidité.
Un des buts des fondateurs de Mensa était de faire se rencontrer des gens capables d'apporter des solutions aux problèmes de la société. Bien sûr j'adhérais immédiatement à ce projet, prêt à m'investir dans tout projet de cet ordre! Malheureusement, le résultat est plutôt décevant: entre eux, les Mensans parlent surtout de jeux mathématiques et d'énigmes. De plus il y en a assez peu en France, et je n'en ai rencontré que quelques-uns, sans pouvoir vraiment aborder mes idées de meilleure société. La raison, je la comprend aujourd'hui: si on veut qu'un groupe de gens non-psychoéduqué reste aimable, il faut soigneusement éviter politique ou religion. Sinon les gens se disputent, et ils ne peuvent pas travailler ensemble comme les Mensans étaient supposés le faire. J'ai alors du admettre que les hauts QI ne sont pas beaucoup plus positifs que les gens ordinaires! Un fait que j'ai longtemps casé dans ma mémoire sans pouvoir l'expliquer. Ce n'est que lorsque j'ai découvert la spiritualité que j'ai compris pourquoi: devenir positif demande d'autres qualités, comme l'amour, la sensibilités aux vibrations, etc. Mais dans ce cas le QI ne joue plus qu'un rôle secondaire: même des gens d'intelligence ou de culture modestes ont accomplis des choses très intéressantes, alors que la plupart des ingénieurs et scientifiques ne brillent que dans leur domaine technique, sans savoir lui donner une orientation positive.
A l'époque de ma participation (1973 à 1977), Mensa se réclamait encore de son inspirateur Cyril Burt, un faussaire scientifique qui avait conduit des expériences truquées afin d'accréditer l'idée que l'intelligence était purement héréditaire. Il en tirait bien sûr des conclusions en faveur de l'eugénisme, et surtout de la sélection sociale et scolaire en fonction du QI. Ces idées ont fortement imprégné toute la psychologie jusque dans les années 1980, d'où le grave danger de la psychologie à cette époque, qui cherchait essentiellement à normaliser les gens, et à culpabiliser ou punir ceux qui ne rentraient pas dans le moule. Cyril Burt a été le premier président honoraire de Mensa, et je me rappelle que en 1973 les Mensans le considéraient encore avec respect et admiration. Ce n'est qu'à la fin des années 1970 que la fraude a été exposée, une fraude très dangereuse «justifiant» des ségrégations sociales ou raciales, transformant toute la psychologie en contrôle Orwellien de la société, surtout des enfants. Cette dénonciation a finalement permis à la psychologie de repartir sur des bases plus saines, d'accomplissement des individus au lieu de sélection sociale.
Bien sûr le Grand Neutre wikipédia dénigre les Mensans, les décrivant comme excentriques ou ayant des difficultés de relations. Et c'est bien sûr faux: tous ceux que j'ai rencontrés étaient très bien intégrés, directeur de société pour un, professeure pour une autre, artiste pour une troisième, et ainsi de suite.
Mais wikipédia dit aussi que beaucoup ont subi le même rejet que moi: moqués par les idiots, incompris pour leur curiosité, et paradoxalement en échec scolaire de par leurs difficultés à se soumettre à une discipline qui renie leurs besoins affectifs. Ce qui a contrario explique aussi pourquoi les ingénieurs ou hauts fonctionnaires sont souvent des technocrates lourdement handicapés affectifs ou arriérés spirituels: le système éducatif vise et détruit précisément ces aspects de la vie. Ainsi je suis sûr que j'aurais pu réaliser mon projet de devenir docteur es-sciences, en prenant mon temps à la fac, avec l'émulation de bons camarades, le soutient de ma famille, et les bras d'une femme la nuit.
Je suis resté à Mensa plusieurs années, recevant et lisant leur revue Quipos. Ce n'est que sous l'influence de mes rencontres zonard de Toulouse que j'ai finalement cessé de payer la cotisation. Une erreur certainement, mais je n'ai pas ressenti le désir de payer à nouveau, même quand plus tard je rencontrais à nouveau des Mensans dans Second Life: entre temps j'avais découvert ce qui leur manquait, et où le trouver.
(Permalien) Écrit en Juillet 2019.
Science et Vie est parfois critiqué par les scientifiques, pour leurs articles «très optimistes» sur les «progrès à venir» de la science, ou pour parler de pseudosciences. La Synergétique de René-Louis Vallée ressort de cette dernière catégorie, et ce fut même la première théorie conspirationniste à laquelle j'ai été confrontée. Mais à l'époque le concept était inconnu, et personne ne se méfiait, et moi non plus. René-Louis Vallée était un physicien du sérail, travaillant au CEA à l'époque, ce qui le rendait très crédible. Il se basait sur une théorie débattue à l'époque par les physiciens (mais rejetée depuis): l'énergie du point zéro, comme quoi le vide absolu contiendrait une quantité phénoménale d'énergie. Vallée proposait un moyen simple d'extraire cette énergie:
Un champ électrique et un champ magnétique de même direction auraient permis de forcer des électrons à pénétrer des noyaux de carbone 12, les transmutant en bore 12. Ce dernier émet alors un rayonnement beta, qu'il «suffirait» de récupérer (le champ magnétique l'orientant dans la bonne direction). Cette dernière réaction recréant le carbone 12, on aurait donc eu un cycle, dont le bilan énergétique aurait été positif, grâce à l'énergie du vide. Science et Vie proposait même le plan d'un appareil à réaliser sur notre table de cuisine, qui aurait démontré le processus.
Bien sûr j'ai essayé, et sans surprise il ne s'est rien passé, malgré les avertissements de danger de Science et Vie. En fait il y avait plusieurs objections de taille:
- La description de Science et Vie était vague sur plusieurs points essentiels
- Le processus d'absorption d'un électron par le carbone 12 ne se produit qu'à des voltages très supérieurs.
- Le bore 12 a une demi-vie de 20 millisecondes: l'énergie produire n'aurait pas été en phase avec le 50Hz supposé animer l'expérience. Pour cette raison, les test scientifiques ont été faits avec des impulsions. Mais je n'étais pas du tout équipé pour cela.
- La radiation du bore 12 reste isotrope même dans le champ d'un magnétar
- 1.6% du bore 12 se désintègre en trois particules alpha, rompant le cycle.
Cela fait que peu de scientifique ont pris l'affaire au sérieux, et de toutes façons les rares tentatives de reproduire l'expérience ont été des échecs complets.
Toutefois quand l'article a paru, ce test n'était pas encore fait, et, enthousiaste, encouragé par ma prise de conscience récente du problème de l'énergie, j'ai écrit à Vallée pour lui demander quelles expériences il comptait faire pour vérifier sa théorie. Après tout, j'étais en Math Sup pour faire précisément ce genre de recherches, et ça aurait pu être ma porte d'entrée dans la science institutionnelle. Sa réponse a été inattendue: il ne comptait rien faire avant que les physiciens aient admis sa théorie. Ce qui met exactement la charrue avant les boeufs: les physiciens vérifient une théorie d'abord, et l'acceptent ensuite, jamais le contraire!!
Plus grave, la lettre s'accompagnait d'une revue ronéotée où il dénonçait le «complot Juif» contre la synergétique. Avec le souvenir des ruines de la guerre encore fumantes dans ma mémoire, je ne savais que trop bien où mènent les accusations de complot Juif. Je me suis alors totalement désinvesti de l'affaire.
Les expériences scientifiques n'ont donné aucun résultat, et Vallée a été licencié du CEA pour ses accusations délirantes.
Triste affaire de paranoïa conspirationniste, qui a coûté sa carrière à l'auteur.
Ce qui est dommage est que ce genre de pseudoscience ait corrompu le concept d'énergie libre. Pour les premiers écolos, une énergie libre était une énergie qui ne coûte pas l'aliénation à un système comme le capitalisme ou la haute technologie: moulin à vent, voilier, etc. Une idée intéressante donc, mais totalement occultée depuis par les prétentions constantes à trouver des mouvements perpétuels, énergies telluriques, etc.
De fait je devais un peu plus tard entendre parler de la «N machine» de Bruce de Palma, cette fois par la première revue écolo «la Gueule Ouverte». Un disque métallique tourne en compagnie d'un aimant. Un balai au centre et un autre sur le bord récupèrent un courant induit. Normalement, un tel dispositif ne produit aucun courant. Mais les auteurs prétendaient observer une faible tension, qu'ils attribuaient à une physique nouvelle encore inconnue. Cette fois les indications étaient suffisamment précises pour faire un test: j'ai construit une N-machine. Et il y avait effectivement une faible tension!! J'ai mis un moment avant de comprendre pourquoi: cette tension est induite, non pas dans le disque, qui tourne avec l'aimant, mais dans le balai, qui est fixe, mais immergé dans le champ magnétique tournant. J'ai essayé de l'éloigner de l'aimant: la tension disparaît.
La Gueule ouverte a aussi fait de la publicité pour les transmutations de Kervran, les ondes de forme, les événements acausaux, et d'autres choses de ce genre, tandis que Science et Vie avait aussi décrit la Machine de Prioré. A l'époque, il était compréhensible qu'une remise en cause de la société s'accompagne d'un questionnement sur la science (qui aurait pu être biaisée, comme avec le nucléaire, le tabac, etc.). Mais ces questionnements n'ont jamais mené à quoi que ce soit, et aujourd'hui ces choses ne sont que du conspirationnisme minable, ou des arnaques à investisseurs.
Ainsi, quand la mode des théories conspirationnistes et des pseudoscience a commencé, dans la décennie 2010, elle est tombée sur un vieux roublard qui connaissait déjà très bien la chanson...
(Permalien) Écrit en Juillet 2019.
Ce doit être cette année-là que j'ai découvert la non-violence, toujours par La Gueule Ouverte (qui, malgré le nom et le sectarisme athée des animateurs, ouvrait pas mal de portes). J'ai reçu le livre «les travailleurs face à l'armée» par Jean Authier, de l'Union Pacifiste de France. Malgré ce vocabulaire marxiste, ils étaient en fait plus proches de Gandhi. Là aussi j'ai mis plusieurs années avant de totalement accepter la non-violence. Mais l'argument de Jean Authier, est imparable: répondre à la violence par la violence maintient un cercle vicieux, qu'il faut rompre à un moment, même si cela demande de renoncer à la justice. C'est le rôle de la non-violence. Après quelques hésitations lors des deux années suivantes à Bordeaux, je devais opter définitivement pour la non-violence, trois ans plus tard.
Plus tard, ma découverte de la spiritualité authentique a multiplié cet engagement. Mais nous verrons aussi dans le fil sur les guerres, les limites réelles de la non-violence.
(Permalien) Écrit en Décembre 2020
C'est à ce moment, en 1973, qu'a été fondé le journal «Libération». «Pouvoir les contrer tous les jours», était leur argument, qui nous parlait fortement. En effet, à une époque où plus de 100% de la presse soutenait à fond le système, il était vital de disposer d'un espace où l'on pouvait effectivement dénoncer le dit système, ses magouilles, ses mensonges, ses crimes, et surtout son ignorance cataclysmique, qui faisaient peser une lourde chape de plomb sur tous les aspects de nos vies. Le soleil se levait enfin sur le monde gris des années 1950!
«Libé», comme nous l'appelions affectueusement, était le premier journal grand public en couleurs, qui parlait de la vie. Et avec rien moins que Jean-Paul Sartre dans le comité directeur, c'était du sérieux.
Hélas cela n'a pas tenu longtemps... Libé a vite dégénéré en social-mou, voire en journal caca, si on se rappelle les pages «punk» ornées de croix nazies, ou les délires d'un Jean-Luc Hennig expliquant comment il avait «transcendé la merde» (descriptions détaillées de ses pratiques sexuelles scatologiques, un haut moment de la culture Française assurément). Libé est rapidement devenu un journal du système parmi les autres, juste qu'il a rempli une niche nouvelle: la clientèle bobo, qui aime bien se donner bonne conscience en se gargarisant de sujets avancés, tout en ne payant surtout pas de leur personne pour faire réelement avancer les choses concrètement.
Et c'est bien ce que Libé a finalement fait, après deux ou trois ans: se prétendre social tout en dénigrant les gens qui agissaient vraiment. Je cite deux cas flagrants, parmi de nombreux autres, où Libé a joué ouvertement un rôle de fossoyeur de l'évolution sociale qu'il prétendait développer:
- Son hostilité aux radios lbres.
- Sa liquidation du mouvement anti-nucléaire vers 1978. Ce mouvement était à la peine, avec de nombreuses infiltrations gauchistes tentant de faire dégénérer les manifs en pur affrontement avec la police. Aussi les vrais écolos avaient-ils finalement décidé de s'en tenir à la non-violence stricte, une décision que Libé a annoncé avec une déception non masquée. Puis il y a eu ce grand festival anti-nucléaire à Flamanville, complètement oblitéré par une tempête, laissant les organisateurs en banqueroute. Libé a alors annoncé que «l'anti-nucléaire c'est fini». Et… effectivement les gens cessèrent de venir aux manifs! D'où l'arrêt de ce mouvement, merci Libé, chien modèle réussissant finalement à rassembler le troupeau que les grands bergers du système ne contrôlaient plus.
On verra aussi un cas dont j'ai connu les protagonistes, où Libé a fait l'équation Allemand = nazi.
En fait, avec Libé, nous avons assisté au processus complet de dégénerescence d'un nouveau canal d'expression:
1) Création par des idéalistes
2) Apparition de factions tentant de coloniser le nouvel espace de liberté, comme des taches de moisi de différentes couleurs dans une boîte de Pétri neuve: maoïste, situationniste, spontex, anars, social-mou, futur punks, pornos, etc.
3) Éviction des idéalistes du début (Jean Paul Sartres après six mois)
4) Le canal étant devenu sans objet, il erre sans but (punkisme, croix gammées, scatologie), tout en étant disponible au plus offrant
5) L'accaparement (en l'occurrence littéralement un rachat) par le système de contrôle de l'expression, sous une nouvelle forme «cool» mieux adaptée à la clientèle bobo que les vieux journaux réacs issus du pétainisme voire de napoléon.
Aujourd'hui wikipédia dénigre Libé en disant qu'il était d'extrême gauche. Comme beaucoup de mensonges de wikipédia, il joue sur une part de vrai pour crédibiliser du faux. Même si il parlait de l'extrême-gauche, il faisait connaître bien davantage de choses: musique, écologie, féminisme, Tiers-monde, économie, alternatives, libération sexuelle, etc. Il a été le tout premier à soutenir les LGBT (une expression encore inconnue à l'époque). Bref, Libé était en fait éclectique, une chose que l'extrême gauche ne sait pas du tout faire. Quant aux LGBT, les gauchistes à l'époque étaient plutôt pudibonds, ils ne risquaient pas de soutenir ça! La part de vérité dans ce mensonge de wikipédia est qu'il y aurait effectivement eu une cellule d'extrême gauche (Maoïste disait-on à l'époque) parmi les premières moisissures dans la boîte de Pétri. Mais ils ont été finalement évincés, au même titre que les fondateurs idéalistes. Le système n'aime pas les gauchistes, et il les élimine une fois qu'ils ont fait le sale boulot de décourager les idéalistes.
Ajouté en 2025: Ce jugement sur Libé paraîtra très sévère à tous ceux qui ont découvert des idéaux avec lui. Mais pour quelqu'un qui était déjà à un niveau supérieur, je ne voyais que trop bien la «charge utile» crade qu'ils faisaient monter, utilisant la force ascensionnelle des idéaux qu'ils agitaient et jetaient ensuite.
(Permalien) Écrit en Juillet 2019.
Pau m'a vu encore très naïf en politique. Mais mes prises de conscience précédentes m'avaient indiqué que la société avait besoin de corrections: on ne voyait que trop de désordres, sans compter les inacceptable guerres, et ma prise de conscience naissante de la pollution. Mais, sans que je ne me rendre compte, cette conscience était déjà polluée par l'esprit dualiste et cynique de Charlie Hebdo: les «gens de la société» étaient des «beaufs», militaristes, alcooliques, bigots, sexuellement coincés, capitalistes, destructeurs de nature, menaces pour notre survie. Mon père n'arrangeait pas les choses, me présentant «la société» comme une norme masochiste à laquelle je «devais» me soumettre en renonçant à mes projets «irréalistes». (A l'entendre, il connaissait ces normes naturellement, alors que je les ignorais naturellement. C'est à ce genre de détails que l'on reconnaît un sociopathe tant qu'il est encore «gentil»).
Ce qui suggérait une vision de laquelle j'ai mis longtemps à me défaire: les gentils révolutionnaires parfaits d'un côté, et les réacs irrécupérables de l'autre. Du pur dualisme, un des virus idéologiques les plus dangereux de toute la politique et la spiritualité réunis. Mais pour le moment, cela ne posait pas de problèmes pratiques, vu ma faible participation.
Ma première occasion de m'impliquer en politique vint avec la grève au lycée, ce printemps 1973. Les étudiants étaient furieux contre la Loi Debré, qui menaçait doublement leurs études, en les interrompant avec un an d'esclavage mirlitaire inutile et impopulaire, tout en ajoutant une difficulté supplémentaire, l'examen inutile et impopulaire du DEUG, en fin de premier cycle universitaire.
En fait, je n'ai pas fait grand-chose: à Pau il n'y a pas eu de grosse manifestation, et je préférais tout de même éviter cela. Il y avait aussi des affiches à l'entrée du lycée, couvertes de discours gauchistes incompréhensibles.
Par contre j'ai assisté à une réunion d'étudiants. Je m'attendais à pouvoir enfin discuter des vrais problèmes de la vie, sans plus de contrôles par des «adultes» ni par des bizuteurs. La déception fut à la hauteur de cette attente, et pas que pour moi: la réunion était totalement accaparée par deux types qui s'engueulaient, sans que l'on ait la moindre idée de pourquoi, ni de qui ils étaient. Et pas moyen pour quiconque d'autre d'en placer une. Et je n'étais pas le mieux placé, avec ma timidité des victimes de harcèlement moral, qui me bloquait encore en public.
Bon, il m'aura fallu encore deux années à Bordeaux, et une à Toulouse, et quelques ennuis, pour enfin comprendre ce que sont vraiment les gauchistes, et en général les gens qui méprisent la société. Ce que nous allons voir dès le prochain chapitre: Bordeaux et les gauchistes.
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