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Mémoires de Richard Trigaux:
Les trains, des trains jouets aux trains virtuels

Je ne saurais dire pourquoi j'ai toujours été fasciné par les trains. Est-ce à cause de ce premier voyage en train, avant trois ans, que j'évoque dans mes premiers souvenirs? Cela provient-il d'une vie antérieure? Le plus probable est que, à une époque où nous n'avions que des jouets minables en bois ou en tôle imprimée, l'apparition de trains miniatures réalistes touchait fortement une de mes grandes orientations de vie: modéliser.

En tous cas, tant que nous étions à Saint Dizier, jusqu'en 1964, les trains c'étaient des grosses locomotives à vapeur noires, et des voitures voyageur gris-vert foncé, appelées DEV Forestier (Du nom de l'ingénieur qui les a conçues pendant la guerre. Elles n'ont toutefois pu être fabriquées qu'après la Libération, avec la nationalisation dans la SNCF, pour remplacer le matériel détruit ou obsolète des anciennes compagnies privées). Nous en voyons souvent, car il fallait traverser un passage à niveau pour aller en ville, ou bien je me promenais sur une route le long de la voie. De notre bâtiment 1 on voyait aussi très bien les fumées et on entendait les sifflets.

C'est lors d'une de ses rencontres que j'ai pu avoir une vision d'une pièce de l'embiellage, assez précise pour être capable de la reconnaître près d'un demi-siècle plus tard: la coulisse de distribution. Voir un peu plus loin.

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Date de première publication: Décembre 2025

Date de derniére addition: aucune

Ces textes sont un travail en cours, une entreprise de plusieurs années, aussi ils peuvent contenir des parties manquantes et des liens vers des cibles pas encore créées, je vous demande de la patience 🙂

 

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1965: une mutation rapide des trains en France

(Permalien) Ajouté en Mars 2020

Jusqu’en 1964, quand nous sommes partis en Algérie, les trains c’étaient les locomotives à vapeur noires, les voitures Forestier DEV gris-vert, et les adorables autorails rouges et jaunes au pimpon caractéristique, souvent appelés improprement des Michelines. Quand nous sommes rentrés, seulement trois ans plus tard, les locomotives à vapeur avaient disparu. Les trains étaient diesel ou électriques, et les voitures Corail ont rapidement remplacé les voitures Forestier. Les Michelines ont duré jusque vers 1995, et souvent leurs voies locales ont été supprimées avec, malheureusement.

 

Pourquoi une transformation aussi rapide?

On la doit essentiellement à la volonté de la SNCF de se débarrasser des locomotives à vapeur.

Il est connu que ces émouvantes et effrayantes machines avaient un rendement thermodynamique déplorable, consommant des tonnes de charbon par voyage, une ressource dont en 1960 la France commençait à manquer, avec la fin prévisible des mines connues. D’où un énorme programme pour construire des grands barrages (commencé dès le début du siècle, mais qui a atteint son maximum dans les années 1950 et 1960), des raffineries de pétrole, et malheureusement aussi des centrales nucléaires, dont les premières ont commencé à fonctionner bien avant Valery 1er le radioactif. En fait le déclin de la vapeur avait commencé aux USA seulement quelques années plus tôt, vers 1955, pour des motifs similaires. (Beaucoup de locomotives à vapeur en France étaient en fait Américaines, fournies avec le plan Marshall pour la reconstruction de la France après la guerre)

La transformation de la SNCF était menée tambour battant par son directeur d’alors, Louis Armand, qui a fait développer la traction électrique à 50Hz, permettant d’utiliser le réseau électrique ordinaire, avec un simple transformateur (alors que le continu nécessitait des redresseurs au mercure limités en puissance, et le 16Hz des convertisseurs rotatifs onéreux) C'était une belle prédiction, la preuve en est que cette technique reste le standard aujourd’hui, et ce dans le monde entier. A l’époque, dans ma naïveté de gamin, j’admirais ce type, comme un chantre du modernisme et de l’électricité. Son rêve était d’électrifier toutes les lignes, une chose qui ne s’est faite que lentement. En attendant, une génération de locomotives diesel a remplacé la vapeur sur les lignes non électrifiées. En fait, le diesel était une bien meilleure affaire, l'électrique ne l'emportant vraiment que pour les grandes lignes et maintenant les trains à grande vitesse. (Quoique en Inde les voies larges en jauge 1676mm permettent des diesels très rapides)

 

Si ils ont tant poussé à l’abandon de la vapeur, ça a été pour plusieurs raisons.

🐫La première, bien connue, est le faible rendement thermodynamique, particulièrement problématique en France avec la fin proche du charbon. Ce faible rendement est causé par la faible température des chaudières: passé environ 400°C, la vapeur oxyde le fer, produisant une usure rapide des chaudières. Jamais la métallurgie n’a permis de résoudre ce problème à un coût acceptable. Aujourd’hui on ferait mieux, mais c’est maintenant sans objet.

 

 

Il existe toutefois d’autres raisons moins connues:

🦁La nécessité de vaporiser de l’eau en circuit ouvert, une opération qui consomme beaucoup d’énergie. Les bateaux et les centrales à vapeur compensent en partie ce problème, grâce à un condenseur, qui produit une pression inférieure à l'atmosphère. Mais cet appareil est trop encombrant pour une locomotive.

🐡Le fait qu’il faille en fait trois personnes pour conduire une locomotive à vapeur: un conducteur de chaque côté, et le chauffeur (celui qui entretient le feu). Alors que n’importe quelle autre locomotive se contente d’un seul conducteur. (Le terme «chauffeur» est improprement passé au conducteur d'une voiture. Mais dans une loco à vapeur, le chauffeur est bien celui qui entretient le feu, pas le conducteur).

🐼L’entretient. Pour un trajet d’une journée, plusieurs personnes vont devoir travailler toute la nuit, ramoner, nettoyer, graisser, puis redémarrer le feu, une opération qui à elle seule demande des heures de travail. En effet, toutes ces magnifiques bielles sont exposées à la poussière, ce qui équivaut à faire rouler une voiture sans le carter d’huile. On peut, mais alors il faut s’arrêter tous les 10kms pour nettoyer et graisser! Pour une loco à vapeur, tournant moins vite, on peut faire un trajet utile entre deux interventions, mais à condition de nettoyer et re-graisser chaque nuit. Et c’est bien ce à quoi les dépôts de locomotives passaient leur temps: nettoyer, graisser, ramoner, détartrer, démonter les bielles pour changer les bagues d’usure, etc. On comprend donc que les pays où les travailleurs sont bien payés aient voulu éliminer ces dépenses, et que les pays où les travailleurs sont payés des nèfles n'aient pas été capables de le faire avant 2000 voire 2015.

🐥Ces contraintes d’entretien faisaient que les locomotives à vapeur ne pouvaient pas être mises en route instantanément, pour parer à une urgence ou à un imprévu. Au contraire une diesel ou une électrique ne demandent que quelques minutes pour démarrer. C’est ainsi que les chemins de fer Britanniques ont remplacé 50 locos à vapeur par seulement 22 diesels Deltic! Ces deux nombres traduisent la proportion de temps où les locos à vapeur sont effectivement disponibles: moins de la moitié du temps.

🐩Le martelage des voies. Le mouvement vertical des bielles produit un effet de pilon, qui déplace les traverses, tasse les ballasts, désaligne les rails. Il faut donc beaucoup d’entretien pour les voies, autre poste coûteux. Sur certaines vidéos de face, on voit même les locomotives se dandiner! Mais un monstre de 100 tonnes qui se dandine, c’est une catastrophe pour tout ce qui est en-dessous.

🐥La fumée de charbon, abondamment chargée de suie et de poussière, était très salissante. Chez ma mère, à une époque rue Saint Sylve, derrière la gare de Toulouse, un plafond s'est effondré, déversant une quantité de suie qui était restée des locomotives à vapeur. Aujourd'hui ces énormes panaches noirs et leurs retombées crasseuses feraient hurler les riverains. Beaucoup d'ouvrages d'art le long des voies ferrées ont gardé une couleur noire d'époque.

🐜La vapeur se condensait sur les bâtiments en bordure des voies, ce qui dans certains cas produisait des dégâts. Il a existé des locomotives avec des condenseurs, pour des lignes urbaines. Mais cet appareil encombrant ne s'est jamais généralisé, n'apparaissant que quand la loi l'imposait. Les premiers métropolitains se servaient de la réserve d'eau comme condenseur, mais elle s'échauffait rapidement, rendant ce système peu pratique.

🐼La présence d’un important volume d’eau pressurisée et surchauffée était très dangereuse, et au début des trains il y avait des explosions de chaudières, qui se soldaient automatiquement par la mort des conducteurs. Avec les progrès de la métallurgie, les explosions complètes sont devenues rares, mais il restait toutefois des explosions partielles au niveau de la voûte des foyers, ou des fuites des chaudières lors d’accidents ou d’impacts de balles à la guerre. Les jets de vapeur surchauffée produisaient toujours de graves brûlures aux conducteurs. En particulier le plafond du foyer était très vulnérable au manque d’eau, causant de nombreux accidents et nécessitant une attention de tous les instants, y compris en route. Le foyer s’ouvrant dans le poste de conduite permettait aussi des retours de flamme très dangereux, par exemple dans les tunnels, occasionnant brûlures ou intoxications aux conducteurs.

Aujourd'hui, les gens qui refont des locomotives à vapeur, pour des raisons historiques ou folkloriques, apprennent à leur dépends que ces machines sont dangereuses, avec déjà plusieurs accidents dus au non respect des procédures, voire à l'ignorance des dites procédures, oubliées avec la mort des derniers conducteurs et ingénieurs.

 

Tous ces problèmes expliquent la hâte de la SNCF d’en finir avec les locomotives à vapeur, au point de ferrailler les locomotives améliorées toutes neuves qu’elle avait pourtant juste commandées à son ingénieur André Chapelon. Ce qui est dommage, car ces machines représentent en quelque sorte l'apogée de la vapeur... bien qu'elles n'aient en fait jamais roulé. Certains musées tentent de reconstruire ces machines.

 

Et effectivement, avec le diesel et l'électrique, la transition à été très rapide.

 

 

◀️ Voir cette section dans la page sur Saint Dizier

Trains d'enfants

(Permalien) Ecrit en Novembre 2016.

J'ai pu acheter mon premier élément de train vers dix ans, lors d'un de mes derniers séjours à Nancy: la femme qui m'hébergeait m'avait amené à un grand magasin de jouets. A l'époque, les grands magasins proposaient un fantastique assortiment de trains: des gondoles entières, merveilleusement réalistes et détaillés, à comparer avec un malheureux circuit en plastique mou que l'on aperçoit encore quelques fois aujourd'hui. Les prix étaient aussi bien plus abordables (aujourd'hui le train miniature est un loisir coûteux). Je choisissais le fourgon DEV, de la marque Jouef, en format HO (16.5mm). Pourquoi le fourgon, si je me souviens bien parce que je n'avais pas assez d'argent de poche pour acheter autre chose. Je l'ai conservé plusieurs dizaines d'années, ébréché et mutilé de ses tampons, pour finir par donner tout mon matériel au Train Miniature Gaillacois, 43°55'38.80"N 1°54'15.07"E, ou vous pouvez peut-être encore le voir aujourd'hui.

Bien sûr d'autres matériels ont suivi, un ensemble hétéroclite de voitures, une locomotive BB électrique et une diesel (j'étais pour le moderne, donc pas de vapeur) et des rails, incluant deux aiguillages, que j'allais acheter «chez Dupier» le magasin de jouets de Saint Dizier (qui existe encore aujourd'hui, bien qu'il ait changé de place). Mon plus grand désir était de créer un réseau permanent, mais je n'ai jamais pu le faire, entre les logements toujours provisoires et les «choses plus importantes». A Saint Dizier, je n'avais pas d'autre choix que d'étaler mes rails par terre dans la salle de séjour, au grand déplaisir de mon père, et aussi au mien, car il fallait toujours démonter. Et «ranger»: une construction d'enfant ne pouvait être que «du désordre».

 

A Béchar, j'avais une chambre, mais moins envie de jouer au train, de par la disponibilité du jardin. Je pouvais toutefois poser les voies directement sur le sol du jardin, et aménager ballasts et remblais! Mais ma mère s'y opposa, pensant que cela abîmerait le matériel. Mon père a acheté une plaque de bois, pour monter le train de manière fixe, sous une espèce de pergola. Mais l'esprit n'y était pas, et ce travail n'a jamais vraiment avancé: nous savions que nous devrions quitter l'Algérie en 1967, à la fin des accords d'Evian, et le réseau ne pourrait pas suivre.

Même problème à Mont de Marsan: une maison étroite, mais sept hectares à nous pour faire des tas d'autres choses.

Après, ça a été les chambres d'étudiants, et le milieu contestataire étudiant, où régnait une ambiance «révolutionnaire» hostile à de tels loisirs «bourgeois». Je décidais donc de ne plus consacrer mon temps aux trains, mais à mon vrai grand projet d'aider l'humanité à avancer. Toutefois ma mère m'a conseillé de garder le train «pour mes enfants». Sans trop y croire, j'ai écouté ce curieux conseil, et le train est donc resté tout ce temps dans des boîtes à gâteaux métalliques imprimées comme on en avait encore dans les années 1950 (et probablement d'époque), sauf une petite voie avec une locomotive que je laissais sur le rebord de la cheminée, pendant les années Toulouse (1977 à 1981).

Et c'est effectivement ce qui s'est passé: le train est ressorti de ses boîtes pour amuser mes enfants, à l'époque où il leur était interdit de me voir hors des vacances, et que je devais aller les chercher au Faitg de la tristesse, où ils n’avaient aucun jouet. Mais ils étaient encore trop jeunes pour ça, et ce n'est que quand j'ai pu les désincarcérer (1997) que j'ai pu les laisser jouer avec ce train. Nous avons même acheté quelques éléments nouveaux, dont la fameuse grue Cockerill de Jouef, qui m'avait tant fascinée étant enfant. Comme je travaillais à EREMS à ce moment, l'argent n’était pas tant un problème.

Toutefois mes enfants n'ont jamais vraiment tenté de faire quelque chose avec ce train. A l'époque, nous étions dans mon grand appartement de Lavaur, et, à défaut de faire un grand réseau, nous aurions pu réaliser des éléments modulaires transportables, comme tous les amateurs le font aujourd'hui. Je leur en ai parlé, je les ai encouragés, mais ce n'était pas vraiment leur truc. De plus, les enfants grandissent vite, et ils ont leurs préoccupations à eux. Aussi, quand ils sont partis et que j'ai vidé l'appartement de ce qui restait d'eux, j'ai donné tous mes trains au Train Miniature Gaillacois, 43°55'38.80"N 1°54'15.07"E.

 

◀️ Voir cette section dans la page sur Saint Dizier

 

Trains virtuels: les débuts difficiles dans Inworldz

(Permalien) Ecrit en Novembre 2016.

Ce n'a toutefois pas été la fin des trains pour moi. En effet les mondes virtuels permettent de faire des trains virtuels grandeur nature, dans lesquels on peut vraiment voyager!

J'étais à l'époque dans Inworldz, un pionnier qui avait hérité des mécontents des politiques absurdes de Second Life, et aussi du logiciel de simulation hyper-bugué de Open Sims. Au point que les fondateurs avaient du désactiver la physique, car elle faisait planter les simulateurs! Aussi, quand ils ont finalement débugué et réactivé la physique en 2012, ce fut une grande fête! Le bac à sable était plein d'objets physiques les plus bizarres, toboggans à boules, engrenages, etc. comme on en voit dans les livres sur les débuts des mondes virtuels.

Je ne sais plus comment j'ai décidé de faire un train, c'était probablement peu avant les fêtes de noël. J'avais vu cette année-là une exposition de trains amateurs à Marcillac, Aveyron, et il y avait un petit bout de voie en jauge 400mm, chez un particulier au bout du Pont Rouge, que j'avais trouvé extrêmement mignon, bien plus encore que les vrais Decauville en 600mm. Je m'étais donc fixé sur la jauge 15" (385mm), la plus petite utilisable en pratique, et j'ai fait un petit réseau pour les fêtes de Noël 2012 dans Inworldz!

Bon, ça n'a pas été tout seul, et les premières voies, des curseurs physiques dans des glissières réalisées en «prims» (blocs de construction tout faits) ne marchaient pas du tout: les trains déraillaient en permanence, à chaque changement de prim. De plus les voies en prims pénalisaient le simulateur (il fallait beaucoup trop de prims). Ce problème étant insoluble, j'ai dû me contenter de faire tourner mon train en rond, sur une voie circulaire, tandis que la voie paysagée sous bois, la gare, les aiguillages et la mine n'étaient là que comme décors, inutilisables.

Ce n'est que l'année suivantes que j'ai pu résoudre ce problème, quand Inworldz a commencé à permettre les meshs, c'est à dire en vraies formes 3D. En effet, la réalisation de 2012 avait été remarquée, et pour Noël 2013 on m'a donc offert un emplacement bien plus large, où j'ai pu poser plus de deux kilomètres de voies virtuelles, en jauge 600mm! C'était d'autant plus intéressant que j'avais réalisé de petites locomotives à vapeur très jolies, et qui cette fois roulaient correctement sur les voies en mesh!

Toutefois en 2012 réaliser des mesh n'était pas facile, a moins de dépenser plus d'un mois de salaire en logiciels coûteux destinés au cinéma ou aux publicitaires. Et dans Inworldz nous en étions seulement à explorer les logiciels gratuits disponibles, comme Blender, Sketchup, Sculptris, qui émergeaient tout juste. Et je compris vite que, même avec Blender, réaliser des voies en Mesh serait un travail énorme et fastidieux, et qui plus est toujours à refaire, avec l'évolution des techniques. La solution que j'employais alors était de faire réaliser directement des fichiers collada (un format libre de description de mesh) avec un script PHP (langage tournant sur un serveur, et permettant de créer des pages Internet selon des paramètres, ou toute sorte de formats, y compris donc collada). Rétro-ingéniérer une chose comme un format informatique, même lisible par les humains, est une tâche redoutable, surtout avec le jargon incompréhensible de la documentation de Collada. Mon expertise avec le VRML me fut utile à comprendre ces fichiers: bien qu'ils fussent totalement différents dans leur syntaxe et leur organisation, ils répondaient aux mêmes besoins, et donc ils comprenaient les mêmes fonctionnalités. Juste dommage que les livres soient si pédants, utilisant de nombreuses expressions spécialement inventées, sans donner leur définition.

 

Cette fois mes voies fonctionnaient. Encore que j'ai encore eu à affronter plusieurs problèmes:

-Les curseur en mesh sur voie en mesh déraillaient dans les tournants. Probablement un bug de la physique elle-même, que je pouvais pas espérer voir résolu avant des années. Pour cette raison, sur le conseil de Jim Tarber le principal développeur logiciel de Inworldz, j'ai dû revenir à des curseurs en prims, et m'y tenir. (Ajouté en 2018: je pense que le problème venait de ce que ces curseurs étaient rendus physiquement en «convex hull», c'est à dire que leurs creux étaient remplis, ce qui évidemment modifiait leur comportement. Je pense que c’est ce que Jim voulait dire, mais je ne connaissais pas encore ces termes.)

-Bien sûr j'ai essayé d'atteler des wagons à mes locomotives. Cela fonctionnait, mais un bug de caméra faisait frétiller mes wagons, ruinant l'effet visuel. Pour cette raison, j'ai dû renoncer à développer cette fonction pendant plusieurs années. Pire, au changement de simulateur (le fameux «sim crossing» tant redouté des résidents de Second Life) les messages de coordination entre locomotives et wagons ne passaient plus, ce qui produisait parfois de fantastiques éjections de wagons. Quand il m'a fallu vider les lieux après le Noël 2013, j'en ai retrouvé près d'une dizaine enterrés un peu partout.

-Mes aiguillages étaient encore des bricolages avec deux éléments de voies superposées au même emplacement. Mais ils fonctionnaient! Toutefois les scripts refusaient parfois de fonctionner, à cause d’une incohérence logicielle que je n'ai comprise que deux années plus tard, et encore par hasard. C'était grave, car quand un train arrive en sens inverse de l'aiguillage, celui-ci doit pouvoir se positionner automatiquement, sous peine de provoquer un déraillement. Mais cela ne marchait pas toujours, avant que je ne trouve la solution de ce bug du script (deux chemins logiques en compétition)

 

A ces réserves, lors de ce Noël 2013 j'ai pu tout de même réaliser un réseau fonctionnel, ou plus exactement deux: un grand en voie de 600mm, qui traversait plusieurs simulateurs, en un petit en 400mm qui passait sous des tunnels, le tout dans un paysage de noël enneigé. Là aussi cette réalisation a été fort remarquée, et beaucoup de monde est venu admirer ou jouer avec. Le «grand» train comprenait une petite loco vapeur à trois essieux moteurs, de couleur noire, appelée «Cucaracha», avec des wagons style «Forestier» et même le fameux fourgon DEV qui avait été mon tout premier élément de train. Bon, ils étaient simplifiés et adaptés à la voie étroite. Le «petit» train était plus coloré, avec des petites voitures marrantes pour Tinies (personnages d’animaux anthropoïdes de petite taille, très populaires dans le virtuel), qui circulait dans différents lieux, dont une «mine de bananes».

 

Ce n'étaient pas les premiers trains virtuels: dans Second Life, Linden Lab avait encouragé la création d'un vaste réseau avec des dizaines de kilomètres de voies, gares et usines. Réalisé vers 2005, il était en «prims» c'est à dire d'aspect encore très «jouet», par rapport à mes réalisations en mesh bien plus réalistes. Il ne fonctionnait même pas avec des voies en mesh, mais avec un script qui suivait une primitive centrale invisible. Mais en 2008 les «moles» (taupes), travailleurs volontaires de Second Life, avaient fini par abandonner et déserter ce projet, victimes des constants changements imprévisibles et catastrophiques dans la politique de Linden Lab. Mais si ils avaient continué, leur travail collectif aurait certainement été bien meilleur que le mien, à date égale. (Oh, jamais avec le simulateur et la physique de SL, lol. Mon sccès est venu d'avoir utilisé le bien meilleur simulateur de Inworldz)

 

Une anecdote curieuse est que, un jour que nous étions un groupe de plusieurs personnes, une des petites locomotives à vapeur 400mm (la rouge, appelée «Wooty») a déraillé à pleine vitesse, et est partie dans les parcelles voisines, pour terminer sa course dans... une crèche de Noël! C'était si flagrant que nous sommes tous allés voir la curieuse scène de la locomotive-roi mage, et je me suis fendu d'une remarque sérieuse-humoristique de circonstance: «Le message de Dieu s'adresse à tous, y compris aux locomotives».

 

 

Trains virtuels: le succès dans Inworldz (2010-2018)

(Permalien) Ecrit en Novembre 2016.

Pour le Noël 2014, j'ai eu droit à une région entière, où j'ai installé un réseau plus complexe. Pas de «région crossing», mais pas non plus moyen de faire des tunnels avec le «sol système». La solution traditionnelle était de construire une couverture à l'aide de prims, mais ça ne rendait pas vraiment bien. De plus, modifier ce sol, «terraformer» était très difficile: les données étaient stockées avec une compression de type jpg, aussi à chaque fois que l'on modifiait le sol, il se mettait à «frire», c'est à dire à se déformer irrégulièrement, parfois assez loin du point de travail, résultant en des irrégularités et pointes imprévisibles.

Alors cette fois, j'ai eu recours à une solution innovante: j'ai abaissé le sol système au minimum, pour m'en débarrasser, et j'ai réalisé un sol entièrement en mesh. A ce prix, j'ai pu créer mes tunnels, et les faire passer sous une colline infiniment plus réaliste que les montagnes-jouet que l'on voit partout dans Second Life.

Là aussi, j'avais une voie qui faisait le tour de la sim, plus une voie de traverse et des branches, et bien sûr une gare. J'avais des tunnels de différent styles: modernes, mine, pierres de taille, roche. Une salle de la mine était assez grande pour y organiser un bal, tandis qu’une des voies menait à une nouvelle version de la «mine de bananes». Cette réalisation est visible sur Youtube: Model Train narrow gauge Winterfest 2014 et InWorldz Winterfest 2014.

 

Ecrit en Novembre 2018.

En 2015 est venue une nouveauté, cette fois un autorail en voie métrique, c'est à dire un «vrai» train: Model Train: Metric gauge in Inworldz winter gala 2015. Il y en avait en fait un second, cette fois dans un paysage plus printanier: Model Trains in Inworldz ICE 2015

2016 a été moins productif, avec un paysage d'hiver en voie étroite, dont on aperçoit un élément ici: InWorldz Winter Fest 2016

En 2017, le Relay for Life de Inworldz m'a demandé une voie métrique reliant quatre regions, avec arrêts automatiques: Relay For Life train, 2018 in Inworldz. Voir aussi, à plusieurs endroits: Prim Perfect, the Relay for Life, qui montre aussi un bus de Londres animé par mes soins.

Puis est venue pour la fête d'automne une réalisation traversant cinq regions, avec arrêts automatiques: Inworldz Fall Fest 2017. Malheureusement c'était pour Halloween, aussi on voit des trucs de cet ordre. Mais on voit aussi un robot industriel, le genre de choses que j'étais en train de développer.

2018 a été une apothéose, avec une réalisation sur deux régions seulement, mais à travers un village elfique et un zoo fantaisie (Whimsical zoo) par des amis: InWorldz Elf Village & Train 2018. Cette fois la partie souterraine est particulièrement intéressante, avec une nouveauté: les aiguillages télécommandés par des liens en HTML («objets connectés» par Internet)

 

 

Puis est venue la fin de Inworldz... une énorme catastrophe, qui a détruit tant de belles choses, dans le plus beau monde virtuel. Obligé de me replier dans le Open Sims bugué, j’ai du renoncer au rêve de trains pour un moment. Mais l'avenir se prépare dans d'autres endroits. Attendons.

Je continue aussi à développer lentement la locomotive à vapeur «Mahakali» (visible dans la vidéo InWorldz Elf Village & Train 2018) , avec bielles animées et tout. A l'origine prévue pour inworldz, elle n'aura pas été terminée avant la fin. Mais la représentation de la déité courroucée «Mahakali» (contrepartie imaginaire de Mahakala, à ne pas confondre avec la Mahakali Hindoue) avait une autre fonction: chasser les «démons» de Inworldz (la mauvaise gestion par la seule fondatrice restante). Cela n'a malheureusement pas pu éviter l'irréparable: la perte de plus de dix ans de créations artistique et de création de communauté.

 

 

 

 

Suite au prochain épisode!

 

 

 

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