English English English        Réduire la page          page couleurs pastel  

Lokouten        Chapitre 12       

 

Chapitre 12
Nervosité et doutes.

 

 

«C'est bon, tout est enregistré. Mais il faut attendre que Rolf débranche son émetteur du réseau Internet de la Terre, pour faire l'échange des rapports» conclut Enken, qui s'était chargé de rassembler la moisson de vidéos et de rapports écrits de l'expérience, sans oublier les précieux enregistrements de télémesure. «Si il y arrive, car la dernière fois il était resté bloqué plusieurs nuits par une conférence qui monopolisait le faisceau.» En plus de ne pas pouvoir utiliser le faisceau à volonté, Rolf ne pouvait même pas archiver ses documents sur Terre. Pour un scientifique, travailler dans ces conditions était assez frustrant, mais Rolf sentait bien qu'il pourrait résulter quelque catastrophe de la divulgation sauvage du secret des Lokouten

Donc à l'heure dite, Enken et Elaminaroa guettèrent les messages de Rolf avant d'envoyer les leurs. Le faisceau devait être encombré, car ils durent attendre plus de quinze minutes.

 

La comparaison des rapports de Palomas et de Vilayah montrait très clairement que l'expérience avait été un franc succès. Les chevaucheurs avaient tous été capables d'animer chacun leur Lokouten, d'effectuer des gestes précis, de communiquer en parlant et en écoutant, puis de revenir chacun dans leur corps et là de se souvenir de ce qu'ils avaient vu et fait quand ils étaient dans le Lokouten, y compris de l'intégrité des tests visuels. Et tous les huit, contrairement aux expériences précédentes où seulement certains y étaient arrivés. Cela avait marché même avec les nouveaux, comme si le succès des uns aidait les autres à réussir eux aussi. En toute rigueur, il y avait des souvenirs déformés, et même Kurt qui avait oublié la moitié de son expérience, mais on pouvait considérer que la liaison était fiable.

Par contre une chose qui intriguait Ekarpan et son équipe était que Steve ait pu incorporer si facilement le Lokouten prévu pour Liu. Probablement, quand il avait indiqué à Liu la visualisation à faire, cette visualisation avait en fait agi sur lui-même. Ils sentaient que là était le point faible de tout le projet: aucun système matériel, même doté de capacités psychophysiques, ne pourrait jamais reconnaître la conscience qui tenterait de le chevaucher. Ils avaient pourtant personnalisé au maximum les cerveaux électroniques des robots, en tenant compte de toutes les particularités de circuits, uniques pour chaque personne, formés pendant la croissance et modifiés par toutes les expériences au long de la vie. Ainsi, même cela n'était pas suffisant pour identifier et sélectionner le propriétaire légitime de ce cerveau...

En clair n'importe qui pouvait se faire passer pour n'importe qui, et se livrer à tous les abus imaginables dans ces conditions. Ce qui ruinait tout espoir de voir un jour une quelconque application pratique des Lokouten sur Terre, ni même sur Dumria. On ne pouvait même pas en réserver l'usage à un petit groupe: tôt ou tard, le secret serait éventé et la catastrophe éclaterait.

«Les Terriens pourraient venir sur Dumria» remarqua Elaminaroa. Certes la perspective de pouvoir visiter une autre planète comme si on y était avec son corps était grisante, et les Dumriens l'auraient volontiers offerte à leurs amis de la Terre. Le problème c'est qu'alors toutes sortes de violents, de bandits, de violeurs, de dictateurs et de fachistes pourraient venir se promener incognito sur Dumria, sous une apparence innocente et sympathique, pour les estourbir dans un coin de forêt, envahir et désorganiser leurs subtiles structures sociales en introduisant la méfiance et la suspicion dans leur monde où tout tournait grâce à leur pure innocence... A cette pensée ils eurent tous un haut le coeur. Déjà les Lokouten leur avaient semblé difficiles à contrôler, mais c'était infiniment pire si en plus ils pouvaient être si facilement détournés par n'importe qui...

«Ce pourrait même être un moyen d'invasion planifié.

-Des Terriens?

-Pire, par Ouarkatan.»

On se souvient de cette civilisation qui avait évolué en une incroyable dictature planétaire, et qui était sur le point de découvrir les télescopes quantiques et la communication interstellaire. Ce nom même, «Terreur Noire» dans la langue de Draminyan, suffit à faire passer un frisson dans le dos de tous les présents. Déjà les Dumriens n'avaient pas apprécié la façon dont leurs sites Internet d'amour poétique avaient été profanés par certains Terriens, venus les reluquer comme si ils n'avaient été de vulgaires sites pornos. Les Dumriens avaient dû créer tout un système de filtres afin que ces images d'amour qui ornaient pratiquement toutes leurs pages ne soient pas visibles depuis la Terre. Même si on ne pouvait parler d'invasion de leur propre espace Internet, les Dumriens avaient tout de même ressenti cela comme un coup violent porté à leur liberté d'expression, qui le atteignait dans leur intimité, et qui en plus les atteignait tous, même ceux qui ne se préoccupaient pas du tout de la Terre.

«Pas Ouarkatan, ils sont trop matérialistes pour jamais faire de psychophysique.

-Eux, sans doute non; mais d'autres pourraient le faire. Je ne pense pas que des Terriens fidèles à l'ONU puissent tenter quoi que ce soit contre nous, mais il pourrait se trouver sur Terre tout un tas de groupes qui pourraient tenter de vouloir coloniser Dumria. Rappelez-vous la conspiration «anti-suicide», qui a été à deux doigts de nous désorganiser. Il suffirait qu'ils arrivent à persuader quelques uns d'entre nous de construire suffisamment de Lokouten quelque part. Ce pourrait être fait sous tout un tas de très bons prétextes. Dès qu'ils arrivent à prendre le contrôle d'une usine de robotique, alors ils peuvent produire des Lokouten en grande série, ou même modifier tous les robots ordinaires sans que nous ne nous en rendions compte, lors des mises à jour automatiques du matériel. Une fois suffisamment de machines créées ou équipées de cerveaux psychophysiques, alors une invasion physique par la force devient tout à fait possible, et nous n'aurions pas de moyen de la contrer.

-Si, couper l'approvisionnement en carburant.

-Peuh, ils y auront pensé. Tous ces gens ont l'habitude de la guerre, ils l'ont dans leur esprit depuis leur naissance, alors que nous, nous aurions tout à apprendre dans ce domaine.

-Et la sphère noire... Que veut-elle?

-Si elle était une émanation d'une force d'invasion, elle n'agirait pas autrement.

-Et en plus on est isolés par la tempête.

-Mon impression, c'est que avec les Lokouten, c'est comme avec les centrales nucléaires» conclut Oréa. Elle n'avait pas besoin d'en dire plus. Les Dumriens, quand ils avaient découvert la fission nucléaire, avaient tenté, comme presque toutes les civilisations technologiques, de construire des centrales nucléaires de production d'énergie. Mais quand ils s'étaient aperçus du formidable danger génétique que représentait l'accumulation de déchets radioactifs, qui se disperseraient tôt ou tard dans la nature, alors ils avaient décidé de tout arrêter, malgré le travail considérable déjà investi dans l'affaire. Et, trois mille ans plus tard, onze tombeaux nucléaires à jamais interdits aux vivants étaient toujours là sur Dumria, comme symboles de la tragédie sagement évitée.

Un lourd silence accueillit la remarque d'Oréa.

Le silence des Dumriens qui réfléchissent à un sujet grave.

Puis:

«Le plus difficile sera de le faire comprendre à ce têtu de Rolf» conclut Ekarpan.

Il n'était pas utile aux Dumriens d'en dire plus pour que leur décision soit prise, et la discussion s'acheva là, sauf un discret aparté d'Ekarpan aux programmeurs:

«On ne sait pas ce qui va se passer quand la sphère arrivera, ni ce qu'il sera bon de faire ou pas. Mais à tout hasard je pense que ce serait bien de modifier le programme des Lokouten de façon à pouvoir les neutraliser si jamais les choses tournent mal. Pour cela, vous ferez une petite équipe de sécurité, sous la direction d'Enken, dans la petite salle des jeux, avec une surveillance vidéo, pour voir sans être vus. Aucun Lokouten ne doit pouvoir bouger sans votre accord, même si ils débranchent toutes leurs liaisons de télécommande. Si jamais quoi que ce soit d'anormal ou d'inexplicable se produit, vous coupez tout immédiatement. Surtout si ils commencent à faire de la philosophie bizarre ou à essayer de nous persuader de faire des trucs pas nets. Je pense qu'il faut considérer ça comme sécurité vitale pour notre civilisation entière. Comme pour les centrales nucléaires.

-OK barbare, ce sera fait, répondit Enken. Il était capable, comme tous les gens réellement intelligents, de passer immédiatement de la fantaisie la plus débridée à la discipline militaire la plus stricte, si la situation l'exigeait.

-Bien. En fait les Terriens sont bien plus en danger que nous dans cette affaire. C'est eux que la sphère vise, et, vu leurs difficultés psychologiques à prendre des décisions ensemble, n'importe quel manipulateur débutant pourrait facilement les diviser et les paralyser. La majorité d'entre eux croiraient même que les Lokouten ne peuvent pas exister. Le temps qu'ils comprennent que si, et il serait bien trop tard pour eux.

-Les Lokouten ne peuvent pas aller sur Terre, tout de même. C'est nous qu'ils menacent.

-Effectivement. Mais avec ces machines il serait possible de tenter de nous manipuler ou de nous intimider, ou de tenter de persuader Rolf de construire des machines sur Terre ou de confier son secret à d'autres moins scrupuleux que lui. Je pense qu'il faut enregistrer tout ce que les Lokouten peuvent dire, surtout à propos de la Terre.»

Le groupe de techniciens se sépara, sauf Enken qui, sans avoir l'air de rien suivit Ekarpan vers les salles de bains. «Le problème c'est que nous sommes isolés par la tempête, murmura Enken, et que personne sur Dumria ne sait ce qui se passe ici. Si jamais les choses tournent mal, nous n'aurons pas forcément le temps d'envoyer des messages d'alerte sur le réseau, et personne ne s'inquiètera avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Alors je propose de programmer un message d'alarme qui partirait automatiquement sur le réseau au bout d'un certain temps, si personne n'est là pour le retarder. Je peux le programmer d'ici sur l'ordinateur d'Antus, afin qu'il parte même si les communications électroniques de Vilayah sont coupées. Ainsi même si nous sommes neutralisés le message partira, avec toutes les explications.

-Ouais. C'est une excellente idée. Mais fais bien attention de ne pas oublier de l'annuler si l'expérience se passe bien, sinon tous nos secrets seraient dévoilés.»

 

 

 

Toute l'équipe de Palomas avait fêté jusque tard dans la nuit le succès de l'expérience des Lokouten Toutefois Rolf sentait monter son inquiétude. La sphère noire serait là dans quelques heures, et personne n'avait toujours la moindre idée de ce qui allait se passer. Même Tcheugyal s'était renfermé dans le silence, éludant toute discussion ou restant seul dans sa chambre. Cette inquiétude commençait à devenir visible pour les autres membres de l'Université de Palomas, et plusieurs professeurs ou membres du personnel comme Gus Anvil avaient commencé à discuter entre eux de ce qui pouvait bien se passer avec l'équipe de psychophysique. Cette attention inopportune n'était pas pour les rassurer, bien au contraire.

Mais une autre chose turlupinait Rolf. Depuis l'échange des rapports, aucun message n'était plus arrivé de Vilayah, par aucun canal, ni public ni secret. Ce n'était pas dans les habitudes d'Ermine, l'épouse d'Ekarpan, qui assurait d'ordinaire la liaison. Peut-être étaient-ils simplement tous partis dans un de leurs jeux interminables, ou dans ces longues séances d'activité typiquement dumrienne que les Terriens ne font que la nuit. Mais à quelques heures du contact, ce n'était pas le moment. La crainte de Rolf, depuis le début du Projet Kouten, était que les Dumriens refusent de travailler avec lui, pour tout un tas de raisons éthiques bien trop évidentes. Aussi au moindre soupçon de signal négatif de Vilayah, Rolf ressentait une insidieuse culpabilité l'envahir.

Et il y avait surtout le cas de Steve. Comment un débutant, sans préparation et sans aucun antécédent d'expérience psychophysique, avait-il pu aussi facilement intégrer un Lokouten qui n'avait même pas été conçu pour lui? C'était Steve lui-même qui avait éveillé les soupçons de Rolf:

«Tu sais, Rolf, je suis assez inquiet de ce qui s'est passé.

-Pourquoi?

-Eh bien euh... J'aurais parfaitement pu me faire passer pour Liu, si j'avais voulu. Ils n'y auraient vu que du feu.

-Oui, bien sûr, puisque tu étais déguisé en Liu, avec la perruque et tout.

-Ce n'est pas ça. En fait Ekarpan et son équipe n'avaient aucun moyen de vérifier que c'était bien Liu qui incorporait le Lokouten Si je ne le leur avais pas dit, ils ne s'en seraient même pas aperçus.

-On a pourtant bien pris toutes les précautions pour que la conscience et les circuits de la machine se correspondent, non? Bon, ça n'a pas marché parce que vous étiez débutants, tous les deux. Mais...

-Ce n'est pas cela. Quand j'étais dans cette machine, je me sentais vraiment comme dans mon corps. Un corps bizarre, comme quand on est courbaturé, mais bien un corps, pas juste une image mentale. Je me sentais vraiment comme si j'étais sur Dumria, je comprenais et parlais dans la langue de Vilayah, quand je voulais avancer je me mettais à marcher par réflexe, il ne m'a pas fallu plus de cinq minutes pour y arriver. La relation entre la conscience et la machine peut être d'emblée très forte.

-C'est bien la preuve que nous avons fait du bon travail.

-Oui, mais avec le Lokouten calculé pour Liu. C'est ça qui me chiffonne.

-Comment cela?

-Eh bien, simplement, la machine ne sait pas reconnaître la conscience qui va entrer en elle. C'est la conscience qui reconnaît le corps, auquel elle est fortement attachée. Mais le corps, même doté de facultés psychophysiques, ne peut reconnaître la conscience qui l'incorpore, ni même se défendre de l'emprise d'une autre conscience. C'est pour cela qu'il existe des médiums par incorporation, comme les célèbres oracles de Lhassa, ou encore des cas de possession d'êtres humains par des consciences désincarnées.

-Ce n'est pas grave si...

-Si, c'est très grave. Très très grave. Cela veut dire que n'importe qui peut utiliser n'importe quel Lokouten Et que n'importe quel manipulateur peut se faire passer pour n'importe qui. Le flou total.

-!!

-Si c'est un Lokouten industriel, sans personnalité propre, ce n'est pas gênant. Mais tôt ou tard, des gens utiliseront ce moyen pour communiquer. Sans parler des morts, qui n'auront que ce moyen pour se faire comprendre de leur famille survivante. Imagine un héritier qui utiliserait ce moyen pour spolier ses frères, ou un faux maître spirituel qui utiliserait le Lokouten d'un vrai!

-Oups. Tu as raison. Ce serait complètement dément.

-Tu imagines la quantité de magouilles, d'escroqueries, de viols, qu'il serait possible d'accomplir par ce moyen?

-Des viols, pas avec mes machines.

-Bah, il serait facile de les doter des «organes» adéquates, qui ont déjà été développés pour ces «exosquelettes à bite» que tu aimes bien. Comprends-moi, Rolf, entre nous, nous pouvons nous faire confiance; personne dans notre équipe n'ira tenter de commettre quelque mauvaise action que ce soit avec ces machines; mais dès que leur connaissance sortira de ce petit cercle, alors tout sera possible. Regarde toutes les barjoteries que l'on voit sur Internet, avec les bots qui se baladent partout et qui enquiquinent tout le monde, ou qui tentent d'escroquer les gens, voire même de demander le droit de vote! Et le pire, c'est qu'il se trouve tout un tas d'intellectuels soi-disant progressistes qui en prennent la défense! Et toute cette agitation démente est seulement dans le virtuel. Imagine ce que cela donnerait si des machines physiques, se mettaient à se balader partout en braillant des publicités, ou si n'importe qui pouvait signer des contrats ou avoir des relations sexuelles en se faisant passer pour n'importe qui d'autre!

«Pire encore, si une agression est commise par un Lokouten, comment retrouver le coupable? Tout est possible, les attaques, le viol, les cambriolages, et même la guerre, et tout cela de manière parfaitement anonyme et imparable!!

«Dans un monde où tant d'idées fausses ont encore cours sur la nature de la conscience et de la personne humaine, nous ne pourrions même pas envisager une défense efficace contre une invasion de Lokouten, si tant est qu'il y ait une défense possible. Tous nos intellectuels se mettraient à braire qu'il ne faut pas agresser les Lokouten, que ce serait un meurtre que de les débrancher, qu'ils seraient au dessus des lois, qu'ils devraient avoir le droit de vote, etc. Sans compter que tout le monde voudra demander le remplacement de leurs corps de chair par ces corps de métal, dans l'espoir d'obtenir l'immortalité.

-Aïe aïe aïe, tu as raison, Steve, vu sous cet angle, c'est complètement loufdingue et affreusement dément. Incontrôlable, et pire, personne pour seulement vouloir contrôler. Et en plus, dans quelques heures il y a cette sphère qui s'amène, qui va tenter par des moyens qu'on ignore de nous faire faire quelque chose qu'on ne peut pas prévoir. Et même si elle ne nous demande pas de carrément divulguer le secret, tôt ou tard, ce secret filtrera. Alors tout ce que tu dis deviendra possible. Et le monde basculera dans la démence.

-Sur ce qui peut se passer demain, on ne peut rien prévoir du tout, ou alors il faut envisager une infinité d'hypothèses.

-On peut au moins envisager des cas, selon ce qu'elle nous «demandera» de faire.

-Si la sphère nous demande d'utiliser les Lokouten

-Si elle nous demande de fabriquer d'autres Lokouten

-Si elle nous demande de divulguer le secret, et à qui.

-Si tant est qu'elle nous demandera quelque chose.

-Bon, il reste deux ou trois heures avant de se coucher, et le contact sera demain matin à quatre heures trente environ. Si la sphère continue sur sa lancée.

-Bon, conclut Rolf, on va tous se réunir, comme ça on verra bien. Toi, Steve, tu n'as qu'à préparer un message pour Ermine, par le canal d'urgence, pour leur dire de se méfier de l'usage qu'on leur demandera des Lokouten Le mieux serait qu'ils prévoient un moyen de les déconnecter, en cas de truc bizarre ou de pépin.»

 

Contrairement à ce qu'espérait Rolf, la réunion de tous les protagonistes n'apporta pas de véritable éclaircissement sur l'attitude à tenir le lendemain. Tcheugyal refusa carrément de venir, et sans lui Rolf se sentait bien moins assuré. Ils n'eurent même pas droit à la présence silencieuse mais lumineuse de Yonten Dreulma. M. et Mme Eraert furent immédiatement sensibilisés au risque d'utilisation abusive des Lokouten Les techniciens allemands de la KRG, gens avant tout rationnels, eurent plus de mal à admettre que leur travail pouvait déboucher sur le chaos. C'était pour eux des années d'études à remettre en cause. Seuls les trois «chevaucheurs», Ulrike Meinster en tête, se montrèrent vraiment inquiets. Tout le monde s'accorda tout de même pour maintenir le secret sur leur trouvaille, mais certains souhaitaient continuer les expériences et partager avec d'autres chercheurs, tandis que leurs collègues affirmaient qu'ils étaient déjà bien assez nombreux à connaître le secret. Quant à l'usage qui pourrait être fait des Lokouten le lendemain, tout le monde s'accorda sur des généralités telles que respecter les droits de l'homme, mais dès que l'on envisageait des cas concrets les opinions divergeaient aussitôt.

«Tu vois, même entre nous ce serait déjà la pagaille», déclara Rolf à Steve. Voyant qu'on n'aboutissait pas, il mit fin à la réunion, et il demanda à Steve d'envoyer son message. Ainsi, sur une page Internet terrienne représentant un projet de jardin, le feuillage de sept arbres fut soudain modifié, ce qui déclancha immédiatement une petite musique chez Ermine.

 

Lokouten        Chapitre 12       

 

 

 

 

 

 

Scénario, dessins, couleurs, réalisation: Richard Trigaux.

 

 

 

Comme tous les auteurs indépendants, j'ai besoin de votre soutient pour que je puisse continuer à travailler à ce site et que puisse exister une expression libre sur le net:

 

 

 

Notice légale et copyright. Sauf indication contraire (signe © dans la barre de navigation) ou exception légale (pastiches, exemples, citations...), tous les textes, dessins, personnages, noms, animations, sons, mélodies, programmations, curseurs, symboles de ce site sont copyright de leur auteur et propriétaire, Richard Trigaux. Merci de ne pas faire un miroir de ce site, sauf si il disparaît. Merci de ne pas copier le contenu de ce site, sauf pour usage privé, citations, échantillons, ou pour faire un lien. Les liens bienveillants sont bienvenus. Tout usage commercial interdit. Si vous désirez en faire un usage commercial sérieux, contactez-moi. Toute utilisation, modification, détournement d'éléments de ce site ou des mondes présentés de maniére à déprécier mon travail, ma philosophie ou les régles morales généralement admises, pourra entraîner des poursuites judiciaires.