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Dumria        Chapitre 5       

 

CHAPITRE 5

Espoirs et découvertes

 

 

La même équipe était encore en réunion, sauf la femme derrière le paravent. Mais il y avait maintenant le colonel Orgyen.

Le trimpon Rigzin Dordjé Phala prit la parole en premier.

«Le rapport de police montre que l'hélicoptère a été repéré dans un endroit désert, le long de la route nationale Milarépa (note) (Les routes tibétaines portaient des noms de saints, au lieu de numéros). Il était abandonné dans un petit vallon, à cours de carburant. Il y avait les traces d'une voiture, mais impossibles à suivre, car la route est goudronnée. L'empattement et le rayon de braquage ont permis d'identifier un ancien modèle de fourgon chinois, pas très commun au Tibet, et nous avons également soigneusement relevé les traces de pneus. L'hélicoptère a été identifié comme une navette d'une administration chinoise, volée il y a trois mois.

- Hé, nous perdons leur trace.

- Oui, ils nous ont eus. Le seul point positif est que le gouvernement chinois ne semble pas impliqué dans l'enlèvement. Ils nous ont même beaucoup aidés, échangeant avec nous leurs enregistrements radar. Ils avaient enregistré le début du trajet de cet hélicoptère, mais sans remarquer que c'était celui qui avait été volé. Vous savez, il y a des milliers d'hélicoptères comme celui-ci, en Chine. Ainsi ils en sont maintenant à rechercher d'où l'hélicoptère est parti, et la police entoure maintenant cette zone.

- Bien!

- Beau travail!

- Pas si vite: ils ne veulent pas alerter les bandits trop tôt. Il n'y a aucune preuve que Liu est actuellement en Chine. Aussi ils travaillent discrètement, juste pour obtenir des informations, et noter les voitures suspectes. Nous leur avons clairement expliqué que l'enlèvement de Liu pourrait n'être qu'une petite partie d'un complot beaucoup plus vaste. Ils étaient plutôt sceptiques, mais très coopératifs. Ils ont au moins compris que c'était une affaire internationale, et ils ne voulaient pas voir leur pays accusé.

«Cherchant dans la documentation de la police tibétaine, nous avons constaté que le point indiqué par les Dumriens est actuellement occupé par un groupe d'environ vingt personnes, avec des camions et des baraquements préfabriquées. Ils disent être une équipe scientifique d'une université privée des Etats-Unis: la Applied Mind Science, dans le New Jersey, en expédition pour étudier les oiseaux migrateurs et la dispersion de la poussière radioactive, ou d'autres choses peu claires. La police les avait à l'oeil depuis longtemps, car ils ne regardent pas vraiment les oiseaux. Mais il n'y a aucune charge contre eux. La zone radioactive interdite est maintenant sauvage et peu habitée. Elle est parfaite pour des études sur la vie sauvage, mais aussi pour cacher des activités malhonnêtes.

- Le plus étrange est ce qu'ils font dans le désert radioactif» expliqua le colonel Orgyen. Sans son costume militaire, il n'avait pas du tout l'air d'un colonel, mais plutôt d'un homme intelligent et actif, au visage agréable, vêtu d'un costume tibétain neutre. «Nous les avons également à l'oeil depuis longtemps. Le jour ils ne font rien, ou juste manoeuvrer de temps en temps un ou deux télescopes ou dispositifs d'échantillonnage. Mais la nuit ils déploient sur le sol un grand tissu verdâtre de 30m de côté, et avec un projecteur de cinéma ils projettent là-dessus des séries d'étranges schémas et textes verts.

- Nom de nom! Un émetteur! Ils communiquent!

- Sûr: une lumière verte, la couleur du matériau fluorescent le plus utilisé par les télescopes quantiques. Le même que celui utilisé par l'émetteur des Dumriens!

- Qu'est-ce qu'ils envoient?

- Nous avons quelques enregistrements. Leur contenu n'est pas clair, même si c'est en anglais. Il s'agit principalement d'avertissements contre les religions et la spiritualité, et des théories loufoques sur l'esprit et sur les planètes manquantes, qui ont l'air de réponses dans un débat. Pour avertir les oiseaux migrateurs volant par-dessus les monastères tibétains, je présume.

- Des débats antireligieux? Non mais c'est quoi ce cirque? Qu'est-ce que ces types fabriquent avec les Dumriens?

- Ils trompent les Dumriens en parlant au nom de toute la Terre! Pfouh!

- Cela nous agaçait de voir des activités antireligieuses ici dans notre pays, continua Orgyen, mais quand nous avons averti le ministère de l'intérieur, ils nous ont dit de ne rien faire.

- Bien sûr, ils sont infiltrés.

- Ou bien ils touchent tranquillement une redevance confortable de l'Applied Mind Science. Comme d'habitude dans ce genre de situations.

- C'est une affaire sérieuse. Nous avons remarqué que chaque fois que nous volions au-dessus d'eux, l'écran était roulé, alors que les vues satellite le montraient déroulé, la nuit. Mais ils n'ont pas de radar pour détecter notre approche. Nous nous sommes récemment aperçus qu'ils ont un lidar (note), qu'ils utilisent pour scruter le ciel entier sans être détectés. Nous avons étudié son balayage et avons conçu un plan de vol spécial, pour passer au-dessus d'eux sans être repérés. Ainsi nous avons pu observer l'écran déroulé et les messages qu'ils envoient. Nous avons fait une fois exprès de couper le faisceau du lidar: ils ont immédiatement roulé l'écran, en seulement 15 secondes.

- Hou là!

- Bon prétexte, que d'observer les oiseaux.

- Tout dépend ce que l'on appelle un oiseau. Ils surveillent vraiment les oiseaux, n'est-ce pas?

- Au moins, leur propagande est illégale au Tibet, et ils le savent.

- Sûr que cette affaire est encore plus grave que nous le pensions, conclut le trimpon. Si il n'y avait pas un otage, nous devrions immédiatement avertir tout le monde, en commençant par l'ONU.

- L'otage n'est même pas la raison principale de travailler silencieusement pour le moment. Si nous avertissons des gens, l'organisation secrète toute entière sera avertie elle aussi, et elle se cacherait ou s'engagerait dans qui sait quelle action de dingues. Mais ce que nous pouvons faire dès maintenant est d'alerter tous nos réseaux. Nous pouvons de toute façon atteindre sans risque des hauts responsables de l'ONU et de divers membres de gouvernements nationaux qui sont dans notre réseau.

- Je pense que c'est prématuré ainsi longtemps que nous ne savons pas ce qui se passe vraiment. L'enlèvement de Liu a fait un scandale au Tibet et dans tous les pays environnants, comme il s'est produit dans un lieu sacré consacré au meilleur entraînement à la compassion. Il y a même des manifestations populaires au Tibet, en Inde, en Chine, en Mongolie, au Turkestan, et un soutient mondial. Pensez qu'il y a eu un intellectuel Allemand très connu blessé dans l'attaque! C'est assez pour couvrir nos investigations au sujet de qui se trame derrière l'enlèvement, sans parler de cette affaire de Dumria. Donc il n'y a besoin que d'avertir les gens utiles immédiatement, et d'agrandir progressivement le cercle des personnes prévenues, avec seulement les données dont elles ont besoin.»

Le trimpon avait une dernière chose à dire:

«Mes collègues des USA ont trouvé que les lettres de menace venait d'un bureau dans un laboratoire scientifique militaire en Arizona. La police militaire recherche maintenant qui était l'expéditeur. Elle soupçonne un groupe de quelques scientifiques et ingénieurs dont les noms suivent. C'est tout, mais c'est beaucoup.

- Bien, cher trimpon. Maintenant c'est à mon tour de fournir des informations, répondit le directeur de Shédroup Ling. Nous n'avons pas de moyens de recherche aussi puissants, et nous travaillons lentement, mais efficacement, en recueillant, contrôlant et recoupant des faits apparemment anodins, des réflexions, des remarques, des votes. Toutes nos données sont dans ce petit livre électronique, qui semble d'un modèle commun, mais dont il n'existe que quelques copies de par le monde. Ces copies sont toujours déconnectées du réseau informatique, de sorte que personne ne peut les trouver. Même si quelqu'un en volait un et essayait de l'ouvrir sans les mots de passe corrects, tout le contenu important est effacé, et il n'affiche que des textes généraux de philosophie bien connus, tels que «L'Epistémologie Générale» de Richard Trigaux, dans la version en latin.

- Ah, quelle horreur!

- L'Université Applied Mind Science est bien connue de tous les scientifiques, car elle n'est qu'un paravent pour des activités qui ne sont absolument pas scientifiques. C'est un procédé déjà ancien, puisque déjà au 20ème siècle de tels paravents étaient utilisés pour répandre des idéologies socialement dangereuses, telles que le béhaviorisme ou la sociobiologie, sous le couvert de présenter des théories scientifiques. Naturellement, «certaines» revues populaires répètent immédiatement ces théories comme étant «la science», même si d'habitude la vraie science est complètement exclue de leurs préoccupations. D'autres tentatives ont été faites au 21ème siècle, et maintenant l'Applied Mind Science essaye de promouvoir un ensemble de «psychométriques» et de théories «neurologiques», qui tentent de récupérer les idées du genre de celles du développement personnel, pour faire de tout cela une explication «scientifique et neurologique» du bonheur. Naturellement d'un bonheur complètement égocentrique, mais qui procure des résultats très spectaculaires à court terme. Beaucoup s'y sont fait prendre et s'enthousiasment avec ça, malgré les conséquences désastreuses prévisibles à long terme, tant au niveau personnel que social. Ils prétendent également être un substitut «rationnel» aux anciennes religions comme à la spiritualité moderne, apportant des résultats immédiats et bien meilleurs sans tous les rituels et concepts religieux. Ils ont des millions d'adeptes dans le monde entier, et sont considérés comme une menace sérieuse dans la plupart des pays religieux, et même dans les pays laïques d'Europe. Ils sont interdits en Arabie, en Iran et autres pays du coin, mais sans effet, car ils progressent en secret. Même au Tibet ils ont des adeptes, et de la propagande a été trouvée jusque dans les monastères.

«Cette «université» fait partie d'un mouvement beaucoup plus large mais moins public, qui remonte à avant l'an 2000, avec des scientifiques dans l'esprit négationiste de Heidelberg. Maintenant ce mouvement est engagé dans ce que nous appelons habituellement le «mouvement anti-suicide», qui essaye de s'opposer à l'idée d'engager la Terre dans le processus qui la mènera à la «transition abstraite» (note) vers un monde spirituel. Mais en fait nous trouvons derrière cela tout le grouillement habituel, anti-liberté ou d'extrême-droite. Dans ce but ils ont essayé de développer des théories très ingénieuses sur la disparition des planètes évoluées, allant d'une conspiration intergalactique à de subtils effets quantiques dans le cerveau, qui mèneraient à la destruction de la planète quand certaines capacités de conscience apparaîtraient. La plus sophistiquée serait que la science avancée a produit une «transition de phase» dans l'espace lui-même, produisant une texture (note) qui envahit toute la planète. Dans cette texture les particules habituelles de la matière ont une masse beaucoup plus faible. Quand la frontière de la texture traverse de la matière normale, cette matière est transformée. Sa masse est dissipée sous forme d'ondes gravitationelles, et il ne reste de la planète qu'un objet microscopique, avec une masse très petite, mais avec toujours le même nombre baryonique (note) que la planète. Cet objet s'effondre en un micro-trou noir, qui se disperse rapidement par effet Hawking. Des simulations sur ordinateur ont même été conduites, qui ont donné un film terrifiant où la Terre est comme dévorée par une chose invisible, avec de la lave chauffée à blanc giclant tout autour. Naturellement, d'après cette théorie, tout le monde meurt sur la planète, et il n'y a aucun monde spirituel, et l'idée de transition spirituelle est une conspiration mondiale des «idéologies» religieuses et «tantriques» pour détruire le monde. Et comme par hasard, il y a plus d'un million de sites internet consacrés à expliquer ces théories, même si seulement un millier de personnes dans le monde essayent vraiment de les promouvoir.

«C'est une méthode de base de censure sur le Web: faire tellement de bruit que rechercher la vérité demande trop de travail. Vous ne pouvez pratiquement plus faire une recherche sur n'importe quel sujet imaginable, le foot, les crèmes glacées, la philosophie Aztèque, sans trouver un site «anti-suicide». Mais les véritables sites spirituels sont maintenant impossibles à trouver dans des listes de milliers de pages utilisant les mêmes mots-clés de recherche. Les gestionnaires de moteurs de recherche sont furieux.

- C'est du délire.

- Oui c'est du délire, mais du délire qui utilise les pires méthodes de manipulation mentale, soutenu par de puissants moyens financiers, et utilisant des commandos paramilitaires. Nous avons recherché dans nos données: les uniformes utilisés ont déjà été vus dans des enlèvements similaires en Chine, impliquant également le mouvement «anti-suicide». Nous avons également retrouvé la source des moyens financiers, un petit groupe de riches militants d'extrême-droite et de banques, possédant quelques sociétés bien connues et honnêtes, ignorant probablement tout de l'utilisation faite de l'argent qu'elles gagnent. S'il vous plaît trimpon, rappelez-moi les noms de ces scientifiques d'Arizona... (un mode de connexion spécial de ces ordinateurs permettait de faire copier-coller avec le doigt, d'un ordinateur à l'autre!) Dans le mille! Ils sont tous dans notre base de données des membres du réseau «anti-suicide», silencieusement infiltrés dans l'armée des USA. Personne ne connaît leurs vraies opinions, et ils ne peuvent être accusés de rien. Mais ils ont tous eu des votes négatifs dans plusieurs affaires de gestion de la science, ce qui nous a permis de les identifier.

- Pas être accusés? Ça va changer avec ce que nous avons trouvé.

- Pas si vite. Cette fois c'est assez pour les arrêter, mais il manque toujours le lien entre eux et le commando. Comment ces gens ont-ils averti le commando? Où est-il basé? Qui l'entraîne et le finance? Où ont-ils emmené Liu? Une chose est sûre: si elle est toujours au Tibet, ils ne peuvent pas l'emmener ailleurs, car toutes les frontières sont bloquées.

- Ils n'essayeront pas, tant que la police est présente partout. Tout le monde est si excité après eux que même les véritables bandits tibétains courraient à la police pour les dénoncer.

- On pourrait annoncer publiquement que les recherches ont stoppé. Ils essayeront de sortir vers un autre pays, car c'est trop dangereux pour eux, ici au Tibet.

- Bonne idée, mais les chances de les attraper sont faibles.

 

- S'il vous plaît Dawa la, Qu'avez-vous observé cette fois?» demanda le directeur.

«J'ai pu avoir un peu de temps d'observation, répondit-il. Le principal fait que j'ai noté en rapport direct avec notre affaire est que plusieurs télescopes quantiques sur Dumria sont braqués en permanence vers la Terre. Mais nous ne pouvons pas savoir ce qu'ils regardent exactement. Nous n'avons pas trouvé d'autres émetteurs que celui déjà vu sur orbite, mais on ne peut être sûr qu'un non-officiel ne puisse pas fonctionner quelque part de temps en temps, comme celui sur la Terre.

«Examiner Dumria de près est vraiment une plongée dans un monde très étrange. D'abord vous pensez que le premier bâtiment que vous trouvez est un palais merveilleux pour quelque roi, mais quand vous regardez autour de vous, vous constatez vite que TOUS les bâtiments ont l'air de palais. Et j'ai vérifié: les maisons ordinaires, les halls de réunion collectifs, les usines, et même un centre de recyclage d'ordures que j'ai trouvé, tous semblent merveilleux, dans des formes rondes et elliptiques, avec des tours supplémentaires, des décorations, des sculptures... c'est vraiment incroyable, et en couleurs ce doit être merveilleux. Il semble vraiment que les Dumriens sont très amoureux de beauté et de paysages féeriques. Beaucoup de bâtiments sont géométriquement arrangés avec de très vieux arbres, ce qui indique qu'ils sont aussi très anciens. Nous avons rarement trouvé un tel souci de beauté sur d'anciennes planètes habitées. Et ce n'est pas un fait récent sur cette planète. Il semble que Dumria évolue lentement, ou qu'elle en est à ce stade depuis longtemps.

«J'ai entrepris une étude systématique d'un échantillon de plusieurs villages sur divers continents. Le style des bâtiments et des jardins change considérablement, mais ces étonnants traits de base sont constants sur toute la planète. Mais le plus étrange est que nous ne trouvons pas certains types d'objets façonnés auxquels nous pouvions pourtant logiquement nous attendre. Nous ne trouvons pas de lieux sécurisés tels que des banques ou des prisons. Il semble même que certaines maisons n'ont pas de vraies portes, seulement des volets (qui sont communs, avec les vents froids et violents.) Regardant plus près je n'ai trouvé AUCUNE SERRURE ni rien de cette sorte. Je n'ai rien trouvé pour manipuler l'argent, et même pas de caisse dans les magasins. Sans parler d'armées ou d'armes, je n'ai rien trouvé.

- Cela ressemble vraiment à un monde paradisiaque!

- C'est Shangri La!

- Il n'y a rien de difficile à cela, répondit Sangyé Tcheugyal. Il n'y a besoin que de maîtriser nos perturbations mentales, et nous pouvons faire ça sur Terre tout de suite. Vous savez que certains le font déjà dans les Béyuls.

- Oui, Rinpoché (Dawa se montrait toujours très respectueux de Tcheugyal). Le problème est de savoir comment ils auraient pu obtenir une maîtrise aussi puissante: Je n'ai trouvé absolument aucun bâtiment ou objet façonné à caractère religieux dans les échantillons Dumriens que j'ai observés.»

Cette fois Tcheugyal lui-même en resta coi.

«J'ai soigneusement observé plusieurs villages à cet effet. Nous pouvons trouver sur Dumria beaucoup de genres de bâtiments communautaires. Halls de musique, avec des systèmes de sonorisation sophistiqués et une incroyable variété d'instruments acoustiques. Halls de danse ou pistes extérieures. Cinémas, et cinémas interactifs. D'étranges théâtres, où les spectateurs et la scène sont mélangés. Il semble même que chaque maison individuelle contient des salles consacrées à la musique, à la peinture ou au cinéma. Même la maison Dumrienne la plus simple serait une très riche et luxueuse villa, sur Terre. Mais je n'ai jamais rien trouvé qui ressembla à l'objet religieux le plus simple.»

Il y eut un silence. Un tel trait n'était effectivement pas très commun. On avait particulièrement noté que toutes les planètes qui avaient entrepris une transition abstraite ne l'avaient fait que seulement après une période de forte implication spirituelle.

«Naturellement nous pourrions penser que la religion de Dumria s'exprimerait dans cette constante recherche de la beauté. Il y a un nombre incroyable de statues, qui pourraient avoir une signification tantrique, ou être le résultat d'une recherche d'un idéal. Il semble que, de par leur dur climat, quand les Dumriens construisent quelque chose, ils construisent solide. Aussi beaucoup de bâtiments ou de statues pourraient être en fait très vieux. La civilisation de Dumria pourrait être dans une évolution très lente, ou dans un état d'accomplissement depuis longtemps. Et il y a un indice étrange pour ceci.»

Dawa laissa un silence.

«Je n'ai pas vu un seul enfant.»

Cette fois il y eut un silence! C'en était vraiment trop: Ces gens ne se reproduisaient donc pas?

«Tout se passe vraiment comme si les Dumriens étaient immortels. Aucun enfant, aucun vieux, aucune trace de maladie. Seulement une fois j'ai trouvé une personne qui semblait blessée. Elle avait une jambe coupée, et également une main manquante. Mais le poignet montrait des bourgeons de doigts! Sans ça, on pourrait vraiment penser que les Dumriens sont vraiment immortel, comme des corps de Vajra. Mais ils ont seulement des corps matériels, comme nous, qui ont besoin de manger et d'utiliser des toilettes.»

Dawa termina:

«Je pense que peut-être la très longue vie des Dumriens et leur absence de religion ont un rapport. Vous savez que dans le Bouddhisme aussi bien que dans le Christianisme ou n'importe quelle autre religion de la Terre, la motivation de la pratique religieuse et de l'éthique vient de la nécessité d'échapper à la souffrance et à la mort. Si les Dumriens jouissent d'une vie extrêmement longue avec peu de souffrances, dans un monde très agréable, ils pourraient avor perdu toute motivation spirituelle.

- Je pense, conclut Tcheugyal, que cette planète illustre parfaitement la vision du royaume des Dieux, comme dans la roue du samsara (note). Les dieux samsariques sont très heureux et consacrent tout leur temps à des activités merveilleuses, plaisirs de la beauté, plaisirs des jeux, plaisirs du sexe, qui absorbent tout leur temps de vie et toute leur puissance de pensée, et leur interdisent toute vision ou réflexion sur le sens de leur vie, ou sur le but à donner à cette vie. Mais il y a toujours un moment où ceci a une fin, et à ce moment-là les dieux samsariques tombent vraiment très bas, et ils éprouvent alors une fantastique souffrance de frustration, et d'horreur de leur nouvelle condition. Je pense que ces gens ont vraiment besoin d'aide».

 

 

 

 

 

 

Dumria        Chapitre 5       

 

 

 

 

 

 

Scénario, dessins, couleurs, réalisation: Richard Trigaux.

 

 

 

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