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Epistémologie Generale        Chapitre VI-13       

 

VI-13 le «système»

 

Définition

La plupart des gens se plaignent de leur manque de prise sur le fonctionnement de la société, d'être manipulés, de ne pas avoir le choix, que les vraies décisions sont prises en cachette, etc. C'est une sensation souvent diffuse, mais qui est partagée par une très large majorité, dans de nombreuses catégories de personnes aux opinions très diverses, et même par des gens qui n'ont que peu de connaissances en politique. Les gens qualifient alors la société de «système». A partir de ce moment, ils critiquent le système, accusent, voient des magouilles, des complots, etc.

Toutefois il est facile de constater objectivement que la plupart des participants de la société se comportent comme de simples rouages, incapables d'adapter leur comportement, même quand il résulte en souffrances ou catastrophes. C'est à dire que nous faisons tous partie du «système», nous en sommes tous des engrenages conscients et consentants. Dans ces conditions, il est inutile de pointer du doigt à tel ou tel groupe accusé de contrôler la société en secret: le «système», quel qu'il soit, n'existe que par notre soumission masochiste, ou par la moyenne statistique de nos actions égocentriques. Moyenne qu'il est alors très facile de manipuler (chapitre VI-11).

Un exemple simple a été le scandale Outreau en France, où plusieurs dizaines d'enfants ont été privées de leurs parents, sur la foi de simples délires (une pédophile idiote se justifiant en prétendant que «tout le monde faisait comme elle»). Le fait est que cette situation a duré trois ans, malgré toutes les dénonciations: des centaines de fonctionnaires ont continué à maltraiter ces enfants et à séquestrer leurs parents, malgré l'évidence de la faute lourde. Et même après que la faute ait été reconnue, aucun des coupables n'a été puni. On peut trouver un nombre infini de tels exemples, petites humiliations de Pôle-emploi pour virer un chômeur des listes, ou grandes purges staliniennes: dans tous les cas, des personnes ont participé en toute connaissance de cause à des dysfonctionnements très visibles de la société, sans toutefois appliquer leur devoir civique de corriger les ordres pervers. Ce problème est très visible et massivement récurrent, au point que tout un chacun peut citer bruyamment plusieurs exemples où il a été «victime du système»... tout en taisant soigneusement les centaines d'autres exemples où il a lui-même été rouage informé et consentant du même «système»!

D'une manière générale, on constate de nombreux dysfonctionnements majeurs de la société: chasse, nucléaire, aéroports en pleine campagne, réchauffement climatique, austérité sadomasochiste, drogues, etc. qui perdurent malgré l'opposition de la vaste majorité et l'avis des scientifiques, des moralistes, etc. Ces dysfonctionnements ne sont toutefois possibles que avec la participation active de cette même majorité, qui vote pour les coupables, ou travaille consciencieusement pour accomplir leurs ordres déjantés!

Dans le cas extrême du nazisme, les gens travaillaient pour le système nazi. On peut penser qu'ils le faisaient sous menaces de mort, contre leur avis. En fait, beaucoup croyaient sincèrement en le nazisme, allant jusqu'à se suicider à l'approche de leurs libérateurs. Pourtant, dans les sociétés démocratiques, même sans menace de mort, on observe exactement le même niveau de soumission à des dangers graves (nucléaire, etc.). Les gens votent même pour leurs maîtres sadiques, au lieu de saisir cette fantastique occasion de rejeter le système détesté! Cette soumission est donc bien intériorisée: les gens pensent qu'il faut obéir au système. Ils se défoulent au bistrot en le critiquant, mais ça ne va jamais plus loin.

 

De là à dire que tous les états, voire la démocratie elle-même, sont des «systèmes» malhonnêtes, il n'y a qu'un pas, que beaucoup franchissent... sans moi. En effet, depuis peu, le discours «anti-système» a aussi une composante intrinsèquement anti-sociale, voire fachiste ou populiste. C'est facile, quand on est coupable ou pervers, d'accuser la justice et la police d'être un «système»! (Rajouté en Juillet 2017: la phrase précédente, écrite vers 2015, était prophétique, on a bien vu ce qu'il en était lors des élections américaines en 2016, et française en 2017: dans les deux cas le «rejet du système» a clairement et ouvertement servi le mal)

Je ne commettrai donc pas l'erreur de critiquer la démocratie dans ce chapitre sur le système (je le fais au chapitre VI-8): elle est certes imparfaite , mais avant de la retirer, il faut penser que l'on n'a pas mieux... Quand on repeint le plafond, on s'accroche à l'échafaudage, pas au pinceau!

Je ne suivra pas non plus les auteurs de théories conspirationnistes, qui accusent telle ou telle faction occulte d'être à l'origine de tous les problèmes. Si de telles factions existent (elles ont chacune leur page wikipédia...), elles ne sont que des «infections opportunistes» qui ne peuvent survivre que dans un organisme social déjà malade dans son ensemble, de par notre seule faute. N'importe qui peut alors saisir les leviers de ce pouvoir-là. Et forcément quelqu'un le fait, même si c'est le balayeur qui se trouve à passer devant la console vacante.

 

Ce que je ferai plutôt dans ce chapitre sera d'analyser comment les gens ordinaires, vous et moi, pouvons nous comporter à l'inverse de nos aspirations, et même de notre devoir civique, dès lors que «la société» commande (ou même un groupe, simple club de loisir ou grande secte, qui peuvent tout autant devenir des «systèmes»).

Prise de position

Ma prise de position personnelle, et la conclusion de l'Epistémologie Générale, est que les systèmes quels qu'ils soient, n'ont pas à exister. Même des systèmes d'apparence sympathique sont dangereux! Toutefois il ne sert à rien de détruire la tête, si la soumission sadomasochiste de la majorité produit immédiatement un nouveau système: la seule solution est la psychoéducation, qui permet au gens de ne plus être soumis, et de participer intelligemment à la société (au besoin par la critique, voire la désobéissance civile, si un système anti-social tend à se reformer).

La justification scientifique se fait par les fondements de l'éthique du chapitre VI-2: le système n'étant pas une être conscient (et encore moins une injonction divine ou quoi que ce soit de cet ordre), il n'a aucun droit, et personne n'a aucune obligation à y obéir.

On notera tout de même que, désobéir au système n'est pas désobéir à la société dans son ensemble: si aujourd'hui tout le monde désobéissait aux sociétés organisées, nous reviendrions à la préhistoire en quelques heures. De sorte que cesser d'obéir au système est plus subtil: cesser de nourrir ce qui est mal dans la société, pas la société elle-même. Ce n'est pas un acte de délinquance, c'est au contraire un acte de civisme. Et des plus nobles, car difficile.

Les lanceurs d'alerte sont la première ligne de défense contre tout système. C'est pourquoi ils sont si utiles, et qu'ils doivent être protégés.

Pour cesser de nourrir le système, nous avons la désobéissance civile. Je prérérerais même qu'on l'appele d'un terme politiquement plus neutre: désobéissance civique©, quand elle vise un système anti-social, et non pas un objectif politique. Mais elle doit être réservée à des actions bien précises. Hors de ces cas extrêmes, il reste possible pour chacun de boycotter les choses néfastes: viande, drogues, électricité nucléaire, emplois nuisibles, etc.

Cas simplifié: à petite échelle, dans un groupe de copains

L'étude de cas simples éclaire souvent les cas plus complexe, en indiquant des lois générales autrement cachées sous d'autres éléments. Le cas du groupe de copains est donc intéressant à étudier, car personne n'est «forcé», ni par le pouvoir d'une dictature, ni par le chantage économique, ni par le besoin. Si un tel groupe devient un «système», c'est donc purement en fonction de la psychologie des participants.

En général, dans un groupe normal, les gens s'enthousiasment pour l'objectif commun, et se disputent peu. Toutefois, chez les gens psychoprimitifs, cette situation est instable: les opinions aléatoires finissent toujours par créer des désaccords. Quand ces désaccords arrivent à créer du ressentiment, alors on assiste à plusieurs phénomènes:

-Une «autorité» informelle apparaît: une personne plus influente, avec un groupe de supporters: une relation de domination-soumission sadomasochiste (Les psychiatres préféreront probablement des terme comme «narcissique», «perverse» ou «antisocial personality disorder», mais je préfère «sadomasochiste», qui reflète mieux le niveau caca-pipi de la chose). Bien entendu, si il y a un sociopathe dans le groupe, il manoeuvrera pour être la personne influente, et même pour créer cette situation.

-Cette «autorité» commence à favoriser certaines personnes, et à humilier d'autres.

-A ce stade, le groupe cesse de recruter des nouveaux membres, et les plus anciens le quittent, le plus souvent sans rien dire. C'est souvent le premier symptôme visible du cancer social qui croît sournoisement.

-Quand les problèmes éclatent au grand jour, alors le dominant (sociopathe ou non) parlera de «règles», «d'organisation». Parfois de personnalités plus responsables tenteront de redresser le groupe en proposant une nouvelle organisation. Même si le dominant les laisse faire, ces personnes seront les premières éliminées par la suite. (Ceci est l'équivalent de la création d'un état nouveau, ou d'une révolution)

-Si le groupe est un mouvement culturel, social ou politique, il cesse d'être influent à ce moment. (Dans une révolution politique, ceci est l'équivalent du moment où les gens du peuple cessent de s'enthousiasmer pour le nouveau pouvoir, ressentant instinctivement qu'il est devenu un nouveau système qui leur échappe à nouveau. Mais la contestation ouvertes par les intellectuels n'apparait pas encore)

-A ce stade, on a donc un «système» bien constitué, même si on est encore «entre copains», sans chantage ni violence. Et le groupe sélectionne activement les membres. Ceux qui refusent le système sont lynchés ou «crucifiés» psychologiquement, un à un (ceci est l'équivalent de la répression policière dans une dictature d'état, réduite toutefois aux seules brimades psychologiques).

J'ai personnellement vu des cas où ces lynchages se produisaient à intervalles quasiment réguliers, comme si ils étaient planifiés. Mais cette planification n'est pas nécessaire, elle peut résulter simplement d'oscillations dans l'énergie du groupe. Dans un cas un des dominants souffrait de troubles bipolaires, et il était suivi par les soumis dans ses sautes d'humeur. Ça fout la frousse.

-Dans un tel groupe, on a bien sûr le dominant, mais aussi une «cour» de soumis (voir une hiérarchie de sous-dominants, façon tribu de chimpanzés) qui trouve son avantage dans la soumission: reconnaissance sociale (chapitre V-17), avantages physiques, gratifications sexuelles (Ceci est l'équivalent des «classes dirigeantes» dans les états: oligarchie, noblesse, nomenklatura, haute finance, prélats, technocrates, tous accompagnés de femmes blondes et pulpeuses).

-Comme tous les sociopathes ne peuvent pas accéder au pouvoir central, certains acceptent des rôles secondaires de «police secrète», etc. où le pouvoir leur donne licence de s'amuser.

 

Que les systèmes «entre copain» soient généralement exempts de violence physique ne doit pas nous leurrer: la violence morale peut mener à des ruptures familiales, des suicides (j'en ai personnellement connu trois, survenus dans ce contexte). Et il arrive aussi que ces groupes créent «leur monde», où la violence physique est alors possible, sans que les membres ne puissent espérer du secours de l'extérieur du groupe. Un cas connu est la secte Aum (ceux du gaz sarin). En effet de tels groupes pervers bénéficient souvent d'un soutient efficace par leurs pairs du système principal. Oui, même dans le cas de la secte Aum les membres qui ont voulu les dénoncer se sont heurtés à «l'incompréhension» des autorités. Au moins un autre nom saute à l'esprit, de secte très visible dont il est dangereux de parler, précisément à cause du soutient dont elle bénéficie toujours aujourd'hui, de la part de politiciens, d'intellectuels, et même de certains juges. C'est comme cela qu'un groupe de copains pervers peut se transformer immédiatement en gouvernement pervers.

 

Malgré ces difficultés, je pense que tout le monde devrait tenter au moins une fois l'expérience de vie d'un groupe, club, association, etc. afin de bien comprendre comment ces choses fonctionnent. C'est de toutes façons une excellente expérience pour comprendre la condition humaine dans ce monde.

C'est aussi une expérience agréable et enrichissante, tant qu'elle ne dégénère pas comme vu ci-dessus.

Bien entendu, si le groupe est constitué de personne psychoéduquées, l'expérience est fantastique. Mais c'est encore très rare de nos jours (2018). Les seuls groupes plus ou moins psychoéduqués que j'ai personnellement connus sont certains centres bouddhistes, et encore pas tous, ou partiellement.

 

Je pense aussi qu'un tel «groupe de copains» serait un excellent modèle pour étudier scientifiquement les phénomènes de «système», avec les blocages, manipulations et ségrégations associés.

(Il serait toutefois anti-éthique de provoquer ces phénomènes dans un groupe, ou de rester passif si on peut les éviter. En effet ils peuvent provoquer de grandes souffrances ou briser des personnes).

 

En ce qui concerne les éducateurs, animateurs, etc. ils ont bien évidemment un devoir formel de tenter d'éviter ces phénomènes, ou de les contrôler.

Ceci n'est toutefois pas simple: un éducateur a souvent besoin, ou ne peut éviter, qu'une situation d'autorité apparaisse, pour avoir une influence réelle sur le groupe. Ce sera alors une relation de type 1: parent enfant, ou 2: gourou-disciple (note 4). Mais il y a une énorme ambiguïté ici: Le fonctionnement énergétique (chapitre V-17) de ces relations 1 et 2 est le même que la relation sadomasochiste 3! Seule change la motivation du leader: abnégation et éducation dans le cas 1 ou 2, ou jouissance égocentrique dans le cas 3. Bien entendu un éducateur favorisera les deux premiers cas, et sera en faute lourde si il utilise le cas pervers 3.

Toute formation d'éducateur, enseignant, etc. comprend donc bien évidemment un volet sur ces problématiques.

Un éducateur doit aussi exclure du groupe tout perturbateur qui tenterait d'établir une domination sadomasochiste à son profit. Le psychiatre est compétent dans ce cas.

Le «vrai» système: à l'échelle d'un état.

Avoir étudié le cas «entre copains» permet maintenant de discerner ce qui ressort du «système» parasite, de ce qui ressort des inconvénients du fonctionnement d'un état. Je suppose bien sûr que les états ne sont pas intrinsèquement des système. Mais ilssont tout de même des palliatifs d'organisation sociale pour personnes non-psychoéduquées. Ce qui fait qu'ils peuvent tourner au système à tout moment, soit ouvertement soit plus discrètement.

Ce qui suit ne va pas plaire: si les dictatures sont intrinsèquement des «systèmes», des faux états malades, les démocraties peuvent elle aussi être détournée en un «système» (chapitre VI-11). La différence entre les deux se limite seulement aux méthodes utilisées: cruauté physique pour une dictature, cruauté morale pour un «système» parasitant une démocratie.

 

La principale différence entre un état et un groupe de copains, et la seule qui compte en pratique, est que, quand le système parasite un état, alors il n'est plus possible aux gens de s'échapper. Les membres du «groupe de copains» qui disparaissaient silencieusement dès l'apparition des psychodrames, deviennent alors une «majorité silencieuse» simplement préoccupée de sa survie, et adoptant un profil bas pour éviter d'attirer l'attention de la répression. Le symptôme le plus visible est quand «on évite de parler de politique». Dans les dictatures, les gens deviennent soudain silencieux le regard ailleurs, car un seul mot peut les envoyer en prison, ou pire. Dans les démocraties, les gens nous traitent de rêveur, d'utopiste, afin d'éviter d'attirer des formes de tortures morales comme le chômage ou la privation de reconnaissance sociale.

C'est qu'un système parasitant un état dispose de moyens bien plus puissants qu'un «groupe de copains»: violence, violation des droits de l'homme, sans que l'on puisse «appeler la police» pour l'en empêcher. Dans une démocratie, le système peut rarement employer ouvertement des moyens violents ou physiquement cruels (encore qu'une grenade offensive ait pu éclater à deux pas de moi), aussi il utilisera plutôt des cruautés morales, comme de nous discréditer à la télévision, ou de nous priver de ressources. Ce qui est tout aussi efficace pour humilier et museler, tout en attirant bien moins les critiques des intellectuels matérialistes naïfs. Par exemple les mondes virtuels ont été accusés de pédophilie, ce qui a suffit à provoquer une désaffection massive de ces fantastiques espaces de liberté. Après ça, il n'y a plus besoin de recourir à un inesthétique blocage d'adresses IP.

 

La dis-réalité d'avoir à supporter un système incontrôlable et dangereux crée un stress énorme. Pour s'éviter cette angoisse, les gens, faute de pouvoir le fuir, intériorisent alors ce système, son idéologie et ses exigences déjantées. Ou simplement par conformisme, paresse intellectuelle, ou soumission sadomasochiste. En effet le système fournit toujours un «sens de la vie», des «normes» et des «devoirs», qui sont alors un guide simple pour savoir ce qu'il «faut» faire, pour s'épargner l'effort de se poser des questions. Les gens n'ont alors plus qu'à exécuter sans penser, aveuglément. Y compris à nuire aux autres si le système le demande, en évitant soigneusement de penser qu'ainsi on devient soi-même un coupable rouage du dit système, ou que d'autres peuvent faire exactement la même chose contre nous.

C'est ainsi qu'un système, même «doux» ou «démocratique», peut enrôler presque tout le monde à des tâches criminelles, destructrices et anti-bonheur, et représenter un fardeau conséquent pour chacun.

Exemple dictatorial: le nazisme, malgré son faible soutient et la désapprobation théorique de la majorité, a pourtant vu la même majorité travailler pour l'armement nazi sans se poser de questions. Bien sûr on peut penser que les gens agissaient ainsi sous menace de mort. Mais ce n'est pas la vraie raison. En effet:

Exemple «démocratique»: en 2017, le dégouvernement des USA s'est attelé à la perversion et destruction des institutions de ce pays, sans rencontrer de résistance majeure. Même pas de désobéissance civile! Tout au plus certains fonctionnaires quittaient les administrations contaminées. Mais partout il se trouvait des gens pour obéir aux injonctions déjantées à polluer, détruire ou désorganiser. Ce n'est clairement pas une menace de mort, même pas de chômage qui les y obligeait, mais l'idée masochiste submissive qu'il leur «fallait» obéir aux ordres illégitimes, malgré le devoir civique d'y désobéir dans ce cas.

Cette caractéristique ne se retrouve pas dans les «groupes de copains»: si ça délire trop, les gens le quittent avant de se faire détruire à ce point.

Un tel degré de dépersonnalisation n'arrive que dans les systèmes d'état, ou dans les groupes violents (secte dangereuse, groupes terroristes, banditisme...), quand les membres ne peuvent pas le quitter: psychologiquement, le dilemme devient insupportable, et les gens sont obligés d'intérioriser le système, de réellement penser qu'il est juste, et de faire taire tous leurs doutes, scrupules, sensibilité humaine, rationalité. C'est un processus très similaire au syndrome de Stockholm, où un otage adhère au point de vue de ses ravisseurs pour minimiser son angoisse.

Mais dans tous les cas, le fonctionnement du système reste le même: les rouages normaux de la société sont détournés à des fins égocentriques, idéologiques, sadiques, etc. sans que les personnes chargées d'exécuter ces ordres anormaux (police, administrations, ouvriers, prêtres, etc.) n'y désobéissent. Souvent même ils ne réalisent pas que la situation est anormale.

 

En fait, la seule différente entre un système parasitant un état et un système parasitant un groupe de copains est qu'il n'y a pas d'échappatoire: torture, mort, chômage, marginalisation ou misère sont le coût de s'opposer au système. Ce qui explique la soumission d'une large part de la population, de mauvais gré ou carrément inconsciente. Toutefois on a vu avec les groupes de copains que ces chantages ne sont pas du tout nécessaires pour qu'au moins certains se soumettent volontairement à un tel système. Dans ce cas la véritable raison est donc bien de l'ordre de la soumission masochiste (chapitre V-12).

On peut même poser comme hypothèse qu'il faut un certain pourcentage de soumis consentants pour forcer les personnes non-consentantes à se soumettre aussi. Ce qui implique l'opposé: un pourcentage suffisant de psychoéduqués mettrait automatiquement fin à tout système, «démocratique» ou violent.

L'exemple classique est la dictature violente: nazisme, stalinisme, etc. Dans un tel système, la délation omniprésente détruit toute tentative pour organiser une résistance au système, avant que l'on n'ait pu faire quoi que ce soit. Dans le cas du système soviétique, la seule façon de s'opposer était la résistance passive: la majorité des gens travaillaient lentement. Ils n'avaient pas besoin de ce concerter pour cela, et on ne pouvait pas vraiment les en empêcher. Sous le nazisme, les gens positifs adoptaient profil bas. Par exemple les naturistes devaient accepter de l'idéologie dans leurs camps. Mais ils les ont retirées dès la société normale revenue.

Un exemple plus récent de système «démocratique» est l'Amérique anormale de 2017. Les gens savent qu'ils ne risquent pas la mort,et même qu'une résistance collective serait très efficace. Pourtant les ordres déjantés étaient accomplis. Seule la soumission masochiste peut expliquer cela.

Le système vu comme une maladie sociale©, ou des virus sociaux©

Ce sont des cas particuliers de système, plus restreints dans leur étendue ou dans leur perversité.

On a vu au chapitre VI-4, sous-chapitre «La paix sociale», la notion de virus social©: quand des personnes détournent la loi, la science ou la démocratie, afin de servir des intérêts idéologiques ou égocentriques: une bonne comparaison est avec un virus qui détourne la machinerie génétique d'une cellule pour sa propre réplication. Dans le cas d'un virus social©, ce sont la police, la justice, l'administration, le système de contrôle scientifique par les pairs, les élections, etc. qui sont détournés de leur fonction à des fins anormales ou anti-sociales. On trouve ici des choses telles que le harcèlement social contre l'écologie, contre une race, une religion, etc.

Si des personnes tentent de créer de toutes pièces une société anormale à leur façon, on peut parler de bactérie sociale©, qui ont alors leur propre idéologie (chapitre I-9). Sectes, dictatures, fachisme et marxisme sont dans ce cas.

Une maladie sociale© serait quand la société toute entière est pervertie ou inhibée dans son fonctionnement, sans toutefois en changer les institutions: corruption, populisme, ploutocratie, pouvoirs occultes, etc. sont dans ce cas.

Enfin, tout comme les maladies du corps, les maladies sociales peuvent être chroniques (corruption, individualisme, indifférence, pauvreté) ou aiguë (crises, guerre)

 

Ces comparaisons sont non seulement techniquement pertinentes, mais elles indiquent la nature profonde des «systèmes» quels qu'ils soient: des parasites de l'esprit. Oui, des bons gros ténias bien dégueux avec une minuscule tête vide de toute finalité. Des oxyures qui nous torturent pour nous contraindre à répandre leurs oeufs, de la toxoplasmose qui anesthésie notre horreur du mal pour qu'on le commettre sans plus y penser (chapitre V-3).

 

On a également vu au chapitre VI-4, sous-chapitre «La paix sociale», que la société pouvait fabriquer sa propre immunité: associations militantes, lanceurs d'alerte, pétitionnaires, désobéissance civile, etc. L'apparition de tels «anticorps» est le signe qu'on est dans une société anormale, et que les gens réagissent à tel ou tel problème. Ces activités sont certes utiles, et elles arrivent parfois à guérir de tel ou tel maux. Toutefois elles ne sont pas une solution durable. Voyons donc des moyens plus radicaux:

Comment réellement combattre le système

Face à l'injustice et à la perversion, il est tentant de prendre les armes, faire des groupes militants, etc. pour éliminer les sales types. Le problème est que, en faisant ça, on augmente la souffrance du peuple. Pire, si on arrive à nos fins, alors une fois au pouvoir notre groupe de copains devient le système suivant.

En fait «lutter contre le système» n'a pas de sens: le système n'existe que parce qu'on se laisse manipuler. Si on comprend comment on est manipulé, alors il n'y a plus de système. Et partant plus rien à combattre. Là aussi la psychoéducation est la seule solution, mais au moins cette solution est totalement efficace, et parfaitement adaptée.

Par contre si on essaie de couper la tête (combattre ou destituer la classe dirigeante) tout en continuant à être manipulable, alors une autre tête repousse immédiatement, automatiquement. Comme pour l'Hydre de Lerne. Et en plus, comme dans un cauchemar, elle a notre visage et notre voix! C'est la raison précise pour laquelle aucune révolution politique ou militaire n'a jamais rien changé à ce problème, et ne changera jamais rien. Bien au contraire, la violence des révolutions renforce souvent la soumission à la nouvelle classe dirigeante.

Une analogie intéressante ici est avec l'égo (Chapitre V-10). En effet, l'égo est un processus parasite amoral, qui utilise le cerveau à la place de la conscience, ses buts et sa sensibilité. Similairement, le système utilise la société pour contrôler les gens. Etant inconscient, le système n'a aucun droit, et il peut être écrasé sans scrupules. Toutefois, exactement comme avec l'égo, l'attaquer frontalement est inutile: le système peut imiter une société légitime, et même mettre sa propre destruction en scène, comme vu avec toutes les révolutions qui ont instantanément tourné en d'autres systèmes.

Bon, en pratique, les gens ne réalisent pas tous en même temps. D'où aujourd'hui (2018) l'impression d'un clivage de plus en plus fort, entre ceux qui ont compris, et les traînards, qui croient encore que les premiers vont leur piquer leurs billes. Toutefois le système a compris que ses jours étaient comptés, aussi il tente désespérément de retarder l'inévitable. De là viennent ces nouveaux racismes idiots apparus récemment, contre les écolos, les éoliennes, les végétariens, la spiritualité, les religions, les tofinelles, etc. De là aussi vient la rage de casser la sécu et les garanties sociales, etc. qui permettent pourtant aux gens d'échapper plus facilement à l'économie égocentrique (chapitre VI-8)

Le problème ne s'améliore donc que dans la mesure précise où les gens progressent vers la psychoéducation. «lutter contre le système» revient donc ultimement à donner envie aux gens d'être psychoéduqués, ou de leur en proposer les moyens.

Il n'y a toutefois pas de théories générales ni de méthodes universelles. A la limite, chaque situation de la vie, chaque personne que l'on rencontre, est un cas unique. Aussi je donne des recettes, que chacun pourra sélectionner selon ses possibilités:

- Non-violence. Les fachismes de tout bord ont toujours pris prétexte de la défense des victimes pour les attaquer encore plus. Par exemple hitler a pris pour prétexte les violences anti-fachistes pour «ramener l'ordre».

- Pas de prosélytisme, toujours contre-productif. Notre exemple est notre meilleur avocat.

- Gérez votre énergie: ne cherchez pas à convaincre des gens qui oublient dès la bière suivante. Consacrez votre énergie à d'autres personnes plus réceptives.

- «Frappez et fuyez»: La plupart des gens qui viennent d'accepter un bout de vérité referment immédiatement leur esprit. Il est donc pratiquement toujours inutile d'essayer de leur passer d'autres éléments.

- Ne pas polémiquer. Aucune polémique n'a jamais convaincu personne. Au contraire elles nous discréditent, en plus d'être un drain d'énergie considérable. Dans un groupe, le polémiqueur va accaparer toute l'attention, pompant toute l'énergie et bloquant l'esprit de tous les participants. C'est le but des polémiques.

- Ne vous attachez pas à des mots, des sigles, des partis, des groupes, des journaux. Tous peuvent être détournés à tout moment. Quand cela arrive, cherchez l'idée suivante. Si elle tarde, alors c'est qu'il est temps d'accomplir une retraite spirituelle, ou d'alterner avec un peu de vie avec les gens ordinaires. Ils ne nous écoutent certes pas, mais le simple fait d'être en contact avec des idées positives leur est utile.

- Si vous avez une voie spirituelle, c'est bien. Mais surtout soyez toujours oecuménique, non-dénominatifs et inter-religieux. Les plus grandes victoires des prières collectives vont aux actions inter-religieuses.

- J'ai longtemps caressé l'idée d'un «parti des gens normaux» pour pouvoir s'entraider. Peut-être cela arrivera t-il un jour. Pour le moment, la multitudes des critères fait qu'il n'y a encore très peu de gens qui ont tout compris. Aussi l'attitude pragmatique est de travailler ensemble là où on est d'accord, et d'éviter les discussions quand on ne l'est pas. Cette attitude commence à devenir possible aujourd'hui (2018).

Les égrégores

J'aime bien ce mot qui fleure bon le vieux grimoire alchimique. En fait il a été inventé par Victor Hugo, et non au Moyen Age. Il n'en donnait pas le sens, mais les spiritualistes de l'époque lui en ont vite trouvé un, et fort utile, pour une réalité importante et très actuelle: un groupe de gens, quel qu'il soit, forme une sorte d'esprit collectif, où les sentiments des uns et des autres se renforcent, et se répandent sur tous les membres. Cela est vrai partout, que ce soit une famille, un club, des amis, une religion, un parti politique, une armée, une équipe de sport, un concert, une organisation ésotérique.

La plupart des aspects des égrégores, et de leur efficacité, peuvent recevoir des explications purement psychologiques ou sociologiques: domination-soumission (chapitre V-13), partage d'idées, partage d'énergie et de reconnaissance sociale (chapitre V-16), vie fraternelle riche et plaisante, etc. Tout cela fait que les membres d'un égrégore adopteront plus facilement ses sentiments, opinions ou objectifs, et même des personnes extérieures peuvent être attirées par cette lumière. Toutefois les spiritualistes considèrent l'égrégore comme un phénomène parapsychologique: un «esprit de groupe» autonome par rapport aux participants, mais vivant tout de même en eux, utilisant leurs facultés et orientant leurs désirs et aspirations.

Dans les faits, les explications sociologiques sont souvent suffisantes. Mais l'explication parapsychologique devient indispensable quand l'égrégore arrive à influencer des personnes au loin, non connectées, ou qu'il a des effets puissants et instantanés sur un visiteur. Les mouvements politiques simultanés dans plusieurs pays ne peuvent s'expliquer que de cette façon, comme par exemple 1968, l'écologie, ou la vague réactionnaire de 2016 (en admettant bien sûr que les élections ne soient pas massivement truquées, chapitre VI-11).

 

Les égrégores peuvent donc être utiles et positifs, pour cimenter un groupe. Mais ils peuvent aussi être des outils de manipulation dangereux, que ce soit à l'intérieur d'un groupe ou contre des gens à l'extérieur.

 

Des égrégores peuvent se former spontanément, mais ils peuvent aussi être organisés, lors de rituels. J'ai pu voir que des rituels destinés à influencer la politique sont organisés chez certains groupes ésotériques, et probablement chez la plupart des organisations du même genre, connues ou secrètes. Toutefois ces rituels n'ont nullement besoin d'être «ésotériques»: ils peuvent très bien prendre l'apparence de conseils d'entreprise, habillés en costume noir sadomaso comme celui imposé aux employés de certaines banques. Ainsi le sacrifice de s'habiller de façon morbide et inconfortable est l'exact équivalent d'un sacrifice religieux! (voir plus loin les égrégores maléfiques). On peut même dire que beaucoup d'activités de groupes les plus divers n'ont pas d'autre but que de de renforcer leurs égrégores: repas communs, avantages économiques, gratifications sexuelles, vestiaires avec déshabillage collectif, vocabulaire spécial, signes et symboles, initiations, etc. Même des aspects déplaisants comme les tabous, les sacrifices ou les bizutages renforcent le sentiment d'appartenance à une catégorie spéciale, ou la difficulté à quitter le groupe (sentiment de lourde perte sentimentale, ou menaces sur les défecteurs). Toutes ces activités sont la culture de l'égrégore. Même si les gens n'emploient pas ce mot, ou le ridiculisent, c'en est tout de même, et aussi efficaces que chez les groupes hautement ésotériques.

 

On peut citer de nombreux exemples d'activités qui sont en fait de la culture d'égrégore, et qui souvent même ne sont que cela. On les reconnait, soit à ce qu'elles sont des gratifications arbitrairement réservées à certains, soit qu'elles sont des obstacles, sacrifices ou difficultés rajoutées sans justification:

-En informatique, on a les rituels sacrificiels d'avoir à supporter les changements continuels de méthodes, de présentation, etc. et surtout passer des heures à comprendre et débuguer le système au lieu de notre activité. Le but est, comme pour les corporations du Moyen Age, de repousser les gens qui ne peuvent pas sacrifier beaucoup de temps de bonheur pour acquérir cette culture inutile.

-Pédantisme à l'école, à l'université, sur wikipédia, etc.

-Le bizutage est un cas très précis de sacrifice rituel: seuls ceux qui l'acceptent sont admis dans le groupe, ou trouvent des débouchés professionnels plus tard, etc. Ils constituent aussi une contre-sélection sociopathique sur le manque d'empathie (les personnes normales ne supportant pas le bizutage, ou le refusant).

Dans cette étude sur les systèmes, la fonction la plus subtile et importante du bizutage apparaît justement comme un test de la capacité à se soumettre à un système: le bizuteur fait souffrir, tout en sachant très bien ce que sa victime endure, pour l'avoir subi lui-même l'année précédente. Ce faisant, il accepte formellement de devenir un rouage d'un système qu'il sait pourtant très bien être malsain. Ainsi, malgré les apparences d'une activité de «jeu», «entre copains», le bizutage n'est pas du tout un jeu, il est aussi sérieux que staline, comme ont pu le vérifier tous ceux qui l'ont refusé: barrés du groupe, victimes de moqueries et d'ostracisme, et même plus tard de refus d'embauche dans la profession.

Le cas le plus répandu de bizutage est les mutilations sexuelles. On dit que la victime doit les «accepter» pour être admise dans le groupe. Mais en fait elle n'y sera réellement acceptée que quand elle aura imposé à son tour la même torture à ses propres enfants, tout en sachant très bien ce qu'ils endurent. Ceci est exactement la double pensée de «1984»: on sait qu'une chose est mal, pourtant on pense qu'on doit la faire, simplement parce que le système le demande.

Conséquence légale: ni la «tradition» ni la «culture» ni la «religion» ne sont des excuses à ces crimes, qui doivent être punis comme tous les autres crimes sadiques.

 

Inutile de remarquer que ces méthodes n'ont rien de parapsychologique.

Elles n'en restent pas moins extrêmement efficaces pour assurer la soumission consciente d'une personne à un système qu'elle n'aurait jamais accepté d'elle-même. Et qu'elle critique parfois au bistrot, mais sans jamais poser le moindre acte.

 

 

Pour un égrégore parapsychologique, qu'il puisse influencer directement la conscience d'autres personnes s'explique: si notre conscience peut influencer notre cerveau (par exemple lors d'un épisode de libre arbitre, chapitre V-3), alors un égrégore peut en influencer plusieurs, de la même manière. Et pour peu que cet égrégore soit puissant (formé de milliers, voire de millions de consciences) alors il peut avoir davantage d'influence sur notre cerveau que notre propre conscience! Ainsi les gens peuvent-ils par exemple se mettre à voter en masse, sans concertation, pour des candidats complètement barjots. 2016 en a vu des exemples.

Ceci explique qu'un égrégore puisse être très dangereux: il peut annihiler notre libre arbitre aussi sûrement qu'une lobotomie. Les anciens adeptes de secte le savent bien, qui n'en reviennent pas d'avoir eu des opinions ou des attitudes qui leur paraissent si absurdes après coup. Sans qu'ils s'en rendent compte, le groupe avait «pensé pour eux», et j'ai moi même un jour senti l'égrégore d'un groupe puissant tentant de m'agripper aussi violemment qu'un grappin d'acier, en me faisant ressentir une profonde tristesse de ne pas être avec eux. Inutile de dire que je me suis vite sauvé.

Bien entendu notre «rationalité» ne nous protège absolument pas, puisque, notre volonté égotique ne résultant que de l'activité des neurones matériels (chapitre V-10), elle n'a tout simplement aucun moyen d'empêcher l'égrégore d'influencer ces neurones. Ainsi, manipuler un rationaliste ou un matérialiste est plus facile que d'influencer n'importe quelle personne spirituelle: il suffit donc que le manipulateur soit en costume cravate au lieu d'un turban de gourou, et hop le tour est joué. (C'est d'ailleurs ce que font beaucoup d'anciens chefs de sectes, reconverties en coaching d'entreprise, bien plus lucratif et à l'abri des procès)

Seules des méthodes spirituelles sérieuses peuvent nous protéger de la manipulation par les égrégores. Le matérialiste borné comme le croyant religieux naïf sont tout les deux les jouets de n'importe quelle influence qui passe.

 

Les égrégores et le système

Vu ce qui précède, on peut donc valablement poser que «le système» qui opprime notre monde ne repose pas que sur la seule manipulation psychologique par les médias, mais qu'il a aussi une composante parapsychologique. C'est un paradoxe amusant que de voir les nouveaux prêtres du matérialisme, et même les scientistes, utiliser finalement les mêmes moyens que les sorciers ou les marabouts. Mais ils n'ont pas besoin pour cela de «croire» ni même d'avoir des conceptions «ésotériques»: les rituels étant dans la conscience, ils fonctionnent quels que soient les concepts. Et si avec des moyens de manipulation aussi puissants ces gens n'ont pas encore le pouvoir absolu, c'est qu'ils sont vraiment nuls, ha ha ha ha!

 

Créer et utiliser un égrégore est-il bien ou mal? Il en va de cela comme pour beaucoup de choses: tout dépend de ce que l'on fait avec. Ce n'est pas pour rien que j'ai essayé d'établir des bases scientifiques pour l'éthique (chapitre VI-2) avant ces chapitres. Dans le cas de l'égrégore il s'ajoute une donnée spécifique: contrairement aux moyens de communication visibles, les personnes influencées par un égrégore peuvent ne pas être conscientes de cette intrusion dans leur esprit (c'est pour cela que les médias dénigrent ce domaine: si les gens comprenaient ces choses, alors les médias ne pourraient plus les manipuler). Ceci restreint le domaine d'application honnête des égrégores à seulement deux cas précis:

- Des personnes informées de ce qu'elles font, pour poursuivre des buts dont les conséquences ne concernent qu'elles, du moment que ces buts sont en accord avec les bases de l'éthique (chapitre VI-2). En effet il n'y a pas de manipulation dans ce cas.

- Des personnes qui agissent à des fins collectives nécessaires: écologie, liberté, paix, bonne entente entre les peuples, etc. On pourrait penser que de tels objectifs sont des formes de légitime défense, ou qu'ils peuvent justifier des dommages collatéraux. Cependant, il faut faire très attention que blesser délibérément les gens avec des moyens spirituels est très proche de faire du mal pur. C'est pourquoi il y a une déontologie très précise dans ce cas: rechercher la compréhension et l'émancipation du mal, pour les mauvaises personnes.

A l'opposé, utiliser un égrégore pour influencer les gens à des fins égocentriques ou immorales (entreprise, secte, parti politique...) constitue une manipulation, qui devrait être qualifiée légalement de tromperie ou de coercition. Qui devrait, car les lois matérialistes naïves ne «reconnaissent» pas les égrégores... (même pas la version sociologique!!) laissant ainsi la voie libre à toutes sortes de criminels, tant qu'ils agissent uniquement avec leurs mauvais sentiments.

 

Egrégores maléfiques et rituels sataniques

Les personnes qui créent délibérément des égrégores à des fins maléfiques utilisent des méthodes spécifiques, que je ne décrirai évidemment pas, mais que l'on qualifie habituellement de rituels sataniques. Bon ces gens ne se réfèrent pas forcément à satan lui-même, ce peut même être des matérialistes ou des technocrates (qui se réfèrent au PLUTONium, ha ha ha ha!). Mais cela marche aussi bien dans ces cas. Sans rentrer dans des détails techniques non-publiables, n'importe quel spiritualiste sait que certaines activités sont l'occasion de faire d'excellents rituels sataniques: guerre, vivisection, chasse, corridas, bizutages, viande, ségrégations, terrorisme, nucléaire, racisme, inquisitions, politiques d'austérité, privation de liberté, viol, drogues, histoires d'halloween, de zombies et de sorciers, jeux vidéo gore ou compétitifs, etc... Toutes ces choses sont donc à considérer comme des rituels sataniques délibérés, et probablement la principale cause de stagnation pour la société actuelle.

Oui, je sais, c'est idiot. Car tout le monde sait très bien comment satan paye ceux qui le servent. Et qu'en plus il n'existe même pas. Il faut vraiment être complètement idiot pour être mauvais.

Le truc c'est qu'on n'a pas besoin d'être intelligent pour être bon, ha ha ha ha!

 

En effet, il n'est pas difficile de contribuer à l'égrégore positif qui pousse au progrès de l'humanité.

- En public, en se montrant aimable et positif (y compris envers les personnes maléfiques). En particulier, éviter les discussions négatives ou conflictuelles.

- En privé, en méditant sur une vision de la Terre libre et heureuse. De nombreuses prières et méditations de purifications sont possibles dans ce cas, dans toutes les religions, voies spirituelles et même en dehors. Les accomplir dans la non-action, voire la Vacuité, multiplie leur force.

- Dans tous les cas, en pratiquant l'eucuménisme et l'absence d'idéologie (pensée non-conceptuelle, chapitre I-9).

- Et toujours en cessant d'alimenter l'égrégore maléfique: cesser de contribuer à la souffrance (racisme, viande, etc.) détruire les représentations hideuses (Halloween, zombies, etc.), etc.

Exemple: quand j'ai trié les affaires abandonnées par mes enfants à leur départ, j'ai jeté les vidéos de Harry Potter. On pourrait objecter que j'aurais mieux fait de les revendre. Mais précisément, quand j'ai demandé, les marchands d'occasion les ont refusées: ce genre de trucs est invendable, pour exactement le même motif: tout le monde cherche à s'en débarrasser.

 

La constitution d'un égrégore positif est toujours une excellente aide pour ceux qui le font. On peut penser qu'un égrégore pour l'humanité entière pourrait l'aider en bloc, de manière considérable, même si peu de personnes l'entretiennent. Toutefois un tel égrégore doit réellement accepter toute l'humanité, dans toute sa variété de goûts, races, cultures et spiritualités, et aussi défendre des valeurs positives: liberté, bonheur, respect des autres et de la nature. On a vu l'efficacité d'une telle pratique avec les grandes prières inter-religieuses impliquant des centaines de millions de personnes, qui ont effectivement pu influencer notablement la politique internationale.

Mais il faut aussi savoir qu'un groupe, petit mais bien discipliné (le secret permettant au groupe de fonctionner sans interférences, voir chapitre II-9), pourrait aussi avoir un pouvoir considérable. Je n'ai pas connaissance de tels groupes entretenant un égrégore positif. Toutefois cela pourrait effectivement exister, voir au chapitre VIII-8.

En fait, on n'a pas besoins d'être invité ni même en contact pour en faire partie: il suffit de méditer sur ce but.

 

Se protéger des égrégores maléfiques

Même les égrégores maléfiques ont un point faible: en s'adressant directement à l'égrégore, on doit pouvoir le retourner vers le bien. On voit un tel processus en fiction, comme dans Altor «le cristal majeur», et partiellement dans Valérian et Laureline «Les oiseaux du Maître». C'est probablement ce qu'ont pu faire des gens comme Nelson Mandela ou Luther King, en parlant à la société et en l'aimant, au contraire d'une démarche genre marxiste qui attaque la société (ce qui en fait alimente l'égrégore maléfique).

D'une manière plus générale, on a vu au chapitre V-3 que, pour que notre conscience puisse influencer notre cerveau, il faut qu'une connexion s'établisse, dans le sens conscience → cerveau, en plus de la connexion spontanée cerveau → conscience. Nous n'avons pas trouvé comment elle s'établit, sinon que la seconde est indispensable à la première. Un égrégore parapsychologique peut utiliser le même chemin d'information. Son influence apparaît donc comme «notre idée», «notre sentiment», sans qu'on puisse le différencier de nos propres idées ou sentiments. Même l'influence d'un égrégore non-parapsychologique (suggestion psychologique) apparaîtra dans notre conscience comme «notre idée». La situation paraît donc désespérée, mais en fait ces propriétés fournissent un moyen simple et effectif de nous protéger d'un égrégore quel qu'il soit: ne pas penser à lui, ne pas utiliser ses concepts ni son vocabulaire, ne pas ressentir ses émotions (on pourrait dire qu'on ne doit pas «nourrir» l'égrégore. Comme pour les trolls!). En faisant ainsi, on n'établit pas le chemin cerveau → égrégore. Donc le chemin en retour égrégore → cerveau ne peut pas être créé, et il ne peut pas nous influencer en retour.

Un exemple pratique est la peur d'être «envahi par les immigrés», alimentée par la façon dont les médias répandent des concepts très subtilement clivants comme «eux et nous», ou leur «laïcité» raciste. L'antidote direct est de méditer la vacuité des concepts de «eux» et «nous», pour laisser s'élever la vision de personnes comme nous. Et surtout, si on peut, agir pour aider le Tiers-monde à s'épanouir au lieu de fuir la misère.

Un autre exemple d'éviter de se faire récupérer par un égrégore est de ne pas employer ses concepts. Ainsi, dans une question Quora, un utilisateur demande si le recyclage va devenir un «marché porteur». J'ai répondu en termes d'industrie et de cycles écologiques, afin de ne pas nourrir l'égrégore du capitalisme. En effet, comme on est encore obligés de travailler voire de créer des entreprises, on est souvent tenté d'utiliser le vocabulaire et les concepts associés. C'est pourquoi beaucoup deviennent effectivement capitalistes, même si ce n'était pas leur intention au départ.

Il existe d'autres méthodes «ésotériques» très efficaces, mais que l'on ne peut pas publier.

Quand la «contestation du système» devient novlangue

Ce problème a lentement mûri pour arriver en 2016 à devenir une forme de manipulation majeure, parfois supérieure aux anciens pouvoirs normatifs.

Entre environ 1966 et 2010, «contester le système» était synonyme de défendre notre liberté et notre bonheur, contre les pouvoirs oppressifs (finance, politique, dictatures...). Toutefois les médias ont récupéré l'idée, et utilisé le terme pour toute contestation, positive ou négative. Puis en 2016, dans le baragoin médiatique, un «candidat anti-système» est devenu une expression novlangue pour un candidat fachiste!

Comment une telle inversion de paradigme a t-elle été possible?

Comme d'habitude, petit à petit, de façon à ce que les ignorants ne le remarquent pas. De nombreuses manipulations élémentaires ont mené à brouiller l'ensemble.

-Dans le Nouvel Age et les sectes, de nombreux manipulateurs se défendaient en disant qu'ils avaient «leur vérité».

-Organismes de défense des sectes dénonçant des sectes imaginaires: prophécie Maya, Bugarach, Inédie... en prétendant qu'elles ont de nombreux adeptes

-Utilisation de mots comme «ufologue» par les médias, pour désigner les conspirationistes, au lieu des scientifiques étudiant les ovnis. Le tout accompagné de publications de faux cas faciles à démonter, pour donner à penser qu'il n'y a pas de vrais cas.

-Dénonciation de faux problèmes écologiques, comme désinformation amplifiante contre la dénonciation de vrais problèmes: laine de verre «cancérigène», ondes électromagnétiques, compteurs toxiques, etc.

-L'arnaque du sans gluten: faire croire aux gens qu'un aliment de base connu depuis des millénaires serait toxique, a été une manipulation géniale, forçant tout le monde à prendre position, et discréditant tout ensemble l'écologie, le bio, la médecine, la science, etc.

-Les attaques contre la morale, assimilée à des règles religieuses arbitraires

-Les manipulations les plus organisées ont été les actions contre le changement climatique, avec des accusations de pseudoscience contre les scientifiques eux-mêmes.

 

La mise en concepts a été finalisée par les médias lors de la campagne électorale de 2016 aux Etats Unis: face à une masse de fausses informations, de théories conspirationnistes, d'accusations arbitraires, auxquelles les gens «croyaient», les médias Orwelliens ont contesté la notion même de fait, parlant de «faits alternatifs» et de «société post-faits».

C'est donc à cette occasion qu'ils ont également introduit une nouvelle expression novlangue: «contester le système» pour contester la science, la démocratie, la morale, etc. Ainsi les «anti-systèmes» sont maintenant les plus horrible partisans de ce même système: l'extrême droite et les populistes! Mais alors, comment contester le système maintenant?

Peut être justement faut il voir en cela un signe qu'il faut arrêter de «contester le système» à la façon destructrices des gauchistes de Mai 68. En ce 21eme siècle spirituel, on a bien mieux, et bien plus constructif.

«L'idée» qui émerge de cette vase est que tout serait «bon», du moment que c'est «contre le système». Si on est contre le gluten, contre la science, contre les valeurs humaines fondamentales, contre l'égalité des races, pour la terre plate, alors on est «contre le système». Ainsi tous ceux qui luttaient contre les oppressions, contre le racisme, contre la pollution, sont considérés comme «le système»! Enfin c'est ce qu'on lit dans les médias qui soutiennent le racisme et l'extrême droite (c'est à dire presque tous).

Tout bien considéré, je préfère être avec la société (en particulier vu la manière positive dont elle évolue actuellement), plutôt que d'être accusé d'être fasciste ou raciste.

D'en venir à des manipulations aussi abracadabrantes signifie t-elle que les valeurs positives de science et de morale seraient en fait devenues majoritaires? En tous cas j'ai entendu des gens dire que «la société» voulait les faire devenir végétariens...» La conclusion est donc qu'il y a bien un changement positif rapide et puissant, mais que des fois on marche encore sur des nids à idiots, qui s'éparpillent alors en couinant.

La politique Relativiste

Bien sûr ce sous-chapitre est humoristique... mais souvent la sagesse émane de l'humour... on prendra donc cette blague très au sérieux:

La Relativité Générale dit que l'information ne peut circuler que du passé vers le futur, et non pas l'inverse: il est impossible de modifier le passé.

La politique ne peut bien entendu pas faire une exception: chaque politicien reçoit de l'information du passé, mais pas du futur. Toutefois les politiciens ont la capacité de vivre décalés dans le passé, par rapport à nous. (le présent étant défini comme le moment où l'épicier nous réclame des sous pour pouvoir manger. Les politiciens ne sont pas causalement connecté à ce moment, puisqu'ils envoient des serviteurs). De plus, à la différence de la physique, en politique le «peer referee» c'est de couvrir mutuellement leurs âneries. Ce qui isole encore davantage ces gens du temps présent.

Tout dépend donc de l'époque où vivent les dits politiciens décalés dans le temps. Ainsi les capitalistes autoritaires vivent au 19eme siècle, avec Zola. Les Marxistes se sont tous figés un soir glacial d'Octobre 1917, dans leur monde de suie et de charbon. Les politiques Européennes d'austérité et du travail sont de l'époque de pétain, en noir et blanc. Les socialistes français sont de la 3eme République, avec son interminable enfilade de présidents-clowns moustachus. Le DAESH vit au temps des tyranosaures. Les Verts sont en Mai 1968 (c'est à dire, paradoxalement, avant les écolos, mais après Marx, ce qui explique «certaines» choses). L'extrême droite, on va encore avoir un procès en diffamation si on dit à quelle époque ils existent.

La chute de la blague? C'est qu'un politicien vivant à une époque donnée ne peut recevoir des informations que des politiciens vivant à une époque précédente. Il ne peut donc pas tenir compte des avertissements d'autres politiciens vivant dans le futur (relativement à lui). Ainsi les politiciens Européens, coincés à l'époque de pétain, appliquent-ils sa sacralisation sadomasochiste du travail: augmenter la durée du travail et l'âge de la retraite, sans se rendre compte qu'au 21eme siècle on n'a plus besoin de travailler autant que du temps de pétain. Ainsi ils créent massivement du chômage, sans toutefois pouvoir en prendre conscience, puisque pour eux ces chômeurs sont dans le futur (mais pour nous c'est le présent!!). Cet horizon des événements se traduit pour eux par le fait qu'on ne peut pas leur supprimer leur paie, malgré la régression et la misère grandissante qu'ils créent à notre époque (le présent). Et il nous est impossible de leur dire d'arrêter leurs idioties: pour nous ils sont dans le passé!

Il est amusant (ou pas du tout drôle) de voir à quel point cette explication est pertinente. Ainsi les politiciens d'extrême-droite peuvent-ils effectivement ne pas avoir entendu parler des camps de concentration: pour eux ils sont dans l'avenir (Non non je n'ai pas dit qu'ils sont en train de les construire) D'où l'explication relativiste du négationnisme si fréquent chez eux (Pas sûr que Einstein marche. Lui, il savait dès 1933)

 

La conclusion intéressante est qu'il faut voter pour des politiciens vivant dans le présent. Il est facile de les détecter: savent-ils ce qu'est un monde virtuel, savent-ils ce que c'est que de vivre avec un minimum social dans une «cité sensible», savent-ils se faire aimer d'un jeune enfant, savent-ils ce qu'est la thermochimie ou un moteur Ilmor, sont-ils psychoéduqués (chapitre V-12) et non-idéologiques (chapitre I-9), etc. Ajouté en 2017: oh le présent à changé, c'est plus la thermochimie ni le moteur Ilmor, mais la Tesla3 et les super-batteries. Ooouuf j'ai réussi le test de rester dans le présent. Rester dans le présent, c'est comme respirer: il ne faut jamais s'arrêter. Bon je ne vais pas continuer à mettre ce sous-chapitre à jour tous les deux semaines, lol

Et si des politiciens, des médias ou des technocrates nous disent qu'on est des rêveurs utopiques, c'est qu'ils sont dans le passé: inutile de leur parler, ils ne peuvent pas nous entendre. Ce qui les rend forcément incapables de nous représenter.

A la limite, le meilleur test est: interpellez un politicien. Si il répond à notre question, cela signifie qu'il est dans le présent. Sinon, c'est qu'il est dans le passé, et qu'il ne peut pas nous entendre.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre VI-13       

 

 

 

 

 

 

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