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Epistémologie Generale        Chapitre VI-2       

 

VI-2 Fondements de l'éthique

 

Ce chapitre a pour but de définir une éthique scientifique. Toutefois, pour cela, il faut commencer par clarifier diverses fausses conceptions sur l'éthique, à quoi elle sert, ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas.

Ethique ou morale?

Ce livre est destiné à être compris par tout le monde, aussi il évite soigneusement tout vocabulaire spécifique de tel ou tel groupe.

Ainsi, il n'existe aujourd'hui (2013) aucun consensus ni définition académique pour attribuer un sens réellement différent à ces deux mots. Je les emploierai donc indifféremment. Certains disent que «morale» aurait un sens plus religieux, tandis que «éthique» aurait un sens plus philosophique, voire scientifique. Pour cette raison, j'ai choisi le second pour mes titres. Mais il ne faut jamais oublier que ce dont parle l'éthique, c'est de morale. L'éthique moderne ne fait qu'utiliser des moyens scientifiques pour continuer les réflexions des religions, qui, rappelons-nous, furent autrefois à la tête du progrès des civilisations humaines, à une époque où conflits, divorces ou héritages se réglaient à coups de gourdin. Et nous n'allons rien faire d'autre tout le long de cette partie, que de continuer ce chemin millénaire, avec juste des véhicules plus rapides.

Magouilles

Il est de bon ton ces temps-ci de présenter la morale comme quelque chose du passé, d'hypocrite, inutile ou arbitraire. Toutefois la nécessité de... moraliser nos relations reste, mais alors on l'appelle autrement: éthique, lois, règles, cool, conditions d'utilisation, politiquement correct... Alors pourquoi changer de nom? Pour dire que les anciens étaient des idiots, et que nous sommes les seuls intelligents? C'est totalement ridicule. Le problème n'est nullement changé depuis la rédactions des Tables de Moïse, et le passage du contexte religieux au contexte laïc n'en modifie nullement les termes.

Certains appellent «morale» des règles arbitraires qu'ils imposent aux autres, souvent des conceptions pudibondes, sexistes ou arriérées. Ce problème est encore loin d'être résolu, je vois par exemple passer, au moment ou j'écris, une jeune fille condamnée à être fouettée pour... avoir été violée par un pédophile, qui n'a même pas été inquiété (2013).

Toutefois d'autres font leur petite révolution illusoire (chapitre I-5) en réclamant l'abolition de toute morale. Mais les bruyantes manifestations pour réclamer la reconnaissance de ceci ou de cela sont surtout utiles à cacher le cliquetis discret des gros comptes bancaires et les murmures feutrés des conseils d'administration qui organisent la ruine de pays entiers. Ces gens ont aboli toute morale depuis longtemps. Juste ils voudraient bien pouvoir jouir de leurs privilèges ouvertement, en public, comme autrefois du temps de la noblesse, au lieu d'avoir à se cacher des lois démocratiques dans leurs villas sous vidéosurveillance. De là, et uniquement de là, viennent les attaques de plus en plus nombreuses contre la morale et les principes humains, relayées par «des jeunes» ou des partis «de gauche», qui feraient bien de se demander qui finance les médias qu'ils lisent.

D'autres encore affirment que la morale est une affaire personnelle, voire «privée» (extrême-droite libertarienne). Oh, comme c'est commode, ces gens brandissent «leur» morale quand elle sert leurs intérêts, mais en même temps ils interdisent aux autres de leur opposer la morale. Ils font d'une règle de morale un outil pour imposer leur pouvoir aux autres, quitte à changer d'outil pour la magouille suivante.

Tous ces pseudo-arguments névrotiques, idéologiques ou égocentriques n'ont aucune valeur que ce soit dans une définition scientifique de l'éthique. Je me plaît même à considérer que ceux qui les emploient se placent plus bas que les immoraux bruts.

Magouilles plus compliquées pour les intellos: Loi naturelle et droit positif

Pour le commun des mortels, le mot «naturel» renvoie à quelque chose qui existe indépendamment de toute action ou volonté humaine. «Si on tape quelqu'un, il souffre» est une loi de la nature, que l'on ne peut ni créer, ni modifier, ni abroger. Pour cela, on la qualifie de naturelle, au contraire d'une loi telle que «si on tape quelqu'un, on a trois mois de prison», qui a été édictée par quelqu'un, et qui peut être modifiée ou abrogée.

Toutefois, dans le positivisme, l'expression «loi naturelle» ou «droit naturel» a un sens complètement opposé à ce que le langage courant désigne: une loi complètement arbitraire, sans aucune base naturelle, comme le droit d'aînesse, les privilèges de la noblesse, etc. (En réalité les philosophes antérieurs au positivisme ont tous plus ou moins tenté de baser éthique et droit sur des bases objectives comme la conscience humaine, et mon Epistémologie Générale ne fait donc que suivre leurs pas). Les positivistes ont donc rejeté ces «lois naturelles» artificielles comme le droit d'aînesse, et en cela ils ont raison. Toutefois on arrive juste après à une étrange distorsion: quelles sont les bases «objectives» sur lesquelles se base le droit positif? Le consensus, voire «l'ordre établi»! Ainsi le «droit positif», malgré ses justifications pseudoscientifiques, n'a pas plus de base objective que le droit d'aînesse ou les privilèges de l'Ancien Régime... qui étaient le «droit positif» de leur époque!!

(Apparemment, Auguste Comte ne s'est pas rendu compte de l'erreur, pensant probablement, dans l'esprit Rousseauiste de l'époque, que l'esprit humain arriverait spontanément à la perfection si on retirait tous les pouvoirs artificiels qui le perturbent. Toutefois les tentatives utopiques ultérieures, des Soviets aux Hippies, ont toutes démontré cette erreur: les individus livrés à la seule conscience névrotique (chapitre V-12) produisent spontanément du mal, et ils ne peuvent donc pas arriver à une société libre et heureuse, si ils n'ont pas un pouvoir central et des lois. Quand aux positivistes modernes, technocrates, vivisecteurs et autres destructeurs de nature, ils n'ont pas vraiment l'excuse d'un idéal Rousseauiste...).

 

Ces discussions sembleront bien absconses au citoyen lambda qui n'a jamais ouvert un livre de philosophie. Toutefois, quand on voit des grandes sociétés capitalistes égocentriques tenter de manipuler les gouvernements pour créer une «législation internationale» qui condamnerait les états qui protègent le social ou l'environnement, on comprend que les problèmes du «droit naturel» et du relativisme éthique sont fort loin d'être résolus, et que si on continue à se laisser rouler dans la farine par des beaux parleurs aux sourires contrefaits, les conséquences pourraient être catastrophiques, au sens propre du mot.

Pour ces raisons, je me démarque franchement de ces arguties malhonnêtes, et, dans l'intérêt public, l'Epistémologie Générale se doit d'expliciter clairement des bases objectives de l'éthique ou de la morale. Ces bases remplacent aussi bien les «normes» arbitraires du droit normatif, que les affirmations routinières du droit «positif» ou les revendications «libertaires» comme la légalisation des drogues. Parlons donc d'éthique scientifique, puisque, tout comme en physique, elle découvre des lois de la vie, tout en éliminant toute affirmation arbitraire.

Pas d'éthique à géométrie variable

Une nouvelle idéologie dominante de plus en plus arrogante décrit éthique ou la morale comme des «conventions», qui seraient des «consensus», variant selon l'époque ou selon la société, ou même que nous serions «libres» d'adopter ou de rejeter selon nos «convenances personnelles».

Je me permets de jeter toutes ces ordures ensemble dans la même poubelle que les pires idéologies de l'histoire, comme le nazisme ou l'inquisition. La raison est qu'ils sont susceptibles de produire autant de souffrances et d'injustices, et ils font déjà pas mal de dégâts (désaccords conjugaux, cyber-harcèlement, etc.). Ces idéologies ne sont qu'un prétexte minable pour dispenser l'ego des contraintes éthiques, tout en se posant comme «progressiste». Mais cette nouvelle «liberté» est simplement la situation réciproque (chapitre I-5) de la pudibonderie religieuse d'autrefois, et elle pourrait nous ramener rapidement à la barbarie de l'antiquité.

Remarque: n'oublions pas que les mouvements de libération des années 1960-70 avaient pour seul but d'éliminer les tabous puritains et d'augmenter la liberté. Cependant le juste milieu a été allègrement franchi lorsque ces mouvements ont été récupérés à des fins égocentriques, oubliant les beaux idéaux altruistes. Les discours de libération ont ensuite été faits novlangue, dans un rejet de toute morale, conduisant à l'excès inverse du puritanisme: le laxisme, la pornographie. Ainsi, de cette façon, ils vont précisément à l'encontre des idéaux de liberté des années 1960-70.

Une éthique scientifique vise précisément à couper à travers toute cette graillasse de sophismes, pour conduire à une éthique claire, constante et indépendante de la culture.

Le plus que nous puissions honnêtement dire à propos de changements en matière d'éthique, est que nous assistons à l'élimination des tabous arbitraires (par exemple sur l'homosexualité), mais aussi à la découverte de nouvelles règles (par exemple de respecter l'écologie). Mais ces changements sont précisément les résultats d'une approche plus scientifique de l'éthique, de sorte qu'ils convergeront vers des résultats stables, au lieu d'alterner d'une génération à l'autre.

Qui définit l'éthique scientifique?

On voit depuis peu des comités d'éthique, formés d'universitaires et de philosophes, qui tentent de moraliser différentes activités reliées à la science. C'est bien, mais les résultats ne sont clairement pas à la hauteur des attentes. Penser qu'un diplôme universitaire donne une autorité pour parler de morale ouvre la voie à de sacrées désillusions: la morale est une affaire qui concerne la conscience, et avoir des connaissances en physique, neurologie ou même psychologie ne permet justement pas d'appréhender ce domaine. Le jour où il y aura des diplômes universitaires en science de la conscience, ils pourront parler.

Les comités d'éthique ont eu quelques succès réels et méritoires, comme de définir le respect de la personne humaine contre diverses manipulations. Mais même ainsi, ils donnent l'impression d'être une faible arrière-garde peinant à contenir des hordes de projets tous plus barjots et terrifiants les uns que les autres. Et ils ont été incapables d'éviter des choses énormes comme les cellules d'embryons, la vivisection, l'adoption homosexuelle, etc.

 

En réalité, exactement comme en physique nucléaire, une réflexion scientifique sur l'éthique ne consiste pas à porter une blouse blanche ou un titre universitaire, mais à raisonner logiquement sur des bases observables. La seule différence d'avec la physique est la définition de «observable», comme vu dans la seconde partie sur l'épistémologie: dans le domaine de la conscience, ce sont des expériences intérieures, reproductibles et objectives, mais propres à ce domaine. Tentons donc l'exercice.

Définition de l'éthique scientifique

La morale ou éthique cherche a établir quelles sont les actions nécessaires, possibles ou à éviter, au cours de notre vie.

Ceci peut concerner notre pensée, nos paroles ou nos actions, que ce soit envers nous-mêmes, envers les autres, envers la nature et les autres formes de vie.

 

Bien entendu, ceci ne peut être défini qu'en fonction d'un but de la vie et de la conscience, qui seul peut définir ce qui est nécessaire, possible ou à éviter. Toute autre considération est à rejeter, car seulement circonstancielle.

 

La confusion sur ce but de la vie a conduit à la confusion actuelle sur l'éthique, et à la création de différents systèmes contradictoires, souvent arbitraires, ou de bons systèmes dont l'utilité n'est pas comprise. Pour cette raison, une éthique scientifique ne peut se baser que sur un sens de la vie qui soit lui aussi scientifiquement établi. Seulement de cette façon, on peut arriver à un système de morale qui soit réellement objectif, indiscutable, et acceptable par tous. C'est la raison pour laquelle la cinquième partie précédente a recherché un sens de la vie également objectif et indiscutable, sur lequel nous baserons donc toutes nos déductions dans cette partie.

 

Dans ces conditions, les affirmations comme quoi on n'aurait pas besoin d'éthique ou de morale (anarchistes, Sadiens, intellos «de gauche») ou comme quoi éthique ou morale seraient une affaire de «choix personnels», voire privée (extrême-droite libertarienne, nouvelle noblesse financière) n'apparaissent que comme des manipulations grossières, que l'on peut écarter d'un revers de main, sans en discuter davantage.

Nous verrons toutefois un peu plus loin dans ce chapitre que certaines lois éthiques s'appliquent différemment selon les personnes. Mais cela arrive en fonction de critères objectifs et précis, pas en fonction de conventions artificielles ni d'intérêts égotiques.

Responsabilité, éthique et droit

La science n'édicte pas de livres de droit. Elle ne fait que découvrir les lois de la nature. La physique a trouvé par exemple que si on tente de s'envoler du haut d'une falaise, on tombe et on se fait très mal. Les gens connaissent le monde physique avec suffisamment de précision pour ne pas tenter ce genre d'expérience, et il n'a donc jamais été nécessaire d'interdire de s'envoler des falaises.

 

Par contre les gens, englués dans leurs névroses d'opinions, de haine/attachement ou d'égocentrisme, ont une vision beaucoup moins nette des relations entre les personnes. Et on voit constamment faire des choses comme voler, humilier, exploiter, tromper, etc. c'est à dire, dans ces domaines, l'équivalent de sauter d'une falaise et de se faire très mal.

Le rôle de la science éthique est alors, comme en physique, de comprendre le monde des relations entre personnes, et donc de clarifier les conséquences de nos actions dans ce monde des relations sociales, en terme de souffrance pour les autres ou pour soi. Toutefois l'éthique ne prétend pas nous forcer, mais elle fait appel à notre responsabilité: c'est à nous de ne pas sauter de la falaise (ne pas voler, ne pas brimer son conjoint, etc...)

 

Comme manifestement ça ne suffit pas, les pouvoirs sociaux ont l'habitude de créer des lois, qui viennent alors forcer les gens à faire ou ne pas faire certaines choses, sous menace de punition. Les juristes parlent alors de responsabilité. Toutefois cette responsabilité juridique est différente de la précédente, car il ne s'agit pas d'un choix, mais d'une rétorsion. Pour éviter la confusion, il faudrait employer un autre mot, comme «liability» en anglais. Traduisons par «punissable». Pour éviter les confusions, j'emploierai ce mot.

 

Il existe plusieurs différences fondamentales entre l'éthique et le droit. La première est que l'éthique est une science, et en tant que telle, elle ne crée pas de lois, mais en découvre, qui existent naturellement. Alors que les lois du droit sont des conventions, créées, maintenues ou supprimées par les gouvernements. Oublier ce «détail» mène invariablement à des injustices. Le droit doit alors suivre l'éthique, en écrivant et édictant des lois qui mettent l'éthique en œuvre, en fonction des diverses situations. Si le droit suit l'éthique, il n'est alors qu'une protection nécessaire (de nous-mêmes contre nos propres névroses). Mais le droit tourne à la dictature au moment exact où il se met à servir des intérêts arbitraires, ou quand il pollue son fondement éthique avec d'autres principes non-éthiques, par exemple le droit d'aînesse, ou le droit de cuissage des technocrates sur la nature.

Ainsi, l'écriture des lois doit se faire en fonction de leur fondement éthique scientifique, si on veut qu'elles donnent des résultats corrects. Exactement comme la conception d'un poste de radio doit se faire en fonction des lois de l'électricité, si on veut qu'il marche. Un poste de radio qui serait construit en fonction de rapports de force politiques et autres gamineries ne marche pas, et la loi pas davantage.

 

Ce fondement obligatoire du droit dans l'éthique fait que je traiterai ensemble éthique et droit dans toute cette partie.

 

Une autre différence fondamentale est que les lois de l'éthique sont souvent non-Aristotéliciennes, avec plusieurs diagrammes quadripolaires importants (chapitre I-3) alors que le droit (actuel) est Aristotélicien. Aujourd'hui, la plupart des petites injustices viennent de la confusion entre ces deux types de logique (chapitre I-7). C'est pour y remédier en partie que le tribunal est lui-même conçu comme une dialectique Yin-Yang entre accusation et défense, avec le juge devant prendre une décision Aristotélicienne convenable pour le cas en débat. Le juge joue donc le rôle de défuzzificateur (changeur de type de logique, chapitre I-3).

 

Aujourd'hui (2013), malgré l'absence d'une science éthique, le droit des pays démocratiques est tout de même arrivé à une approximation de ce que nous allons trouver dans cette partie, permettant à toute personne honnête de poursuivre sa vie personnelle sans avoir à consulter sans arrêt un livre de lois. Les principaux écarts sont soit des malversations individuelles par des magistrats, soit des perversions du système démocratique (chapitre VI-11). La différence d'avec le Moyen Age est que aujourd'hui les pouvoirs égocentriques ne peuvent plus se contenter d'édicter une idéologie pour imposer leurs sottises: ils ont besoin de recourir massivement aux manipulations mentales, par les médias et la publicité. Ceci montre tout de même une évolution positive des gens.

 

 

 

 

 

 

Les fondements objectifs de l'éthique: premier fondement

Nous avons vu dans la cinquième partie sur l'étude scientifique de la conscience, en particulier au chapitre V-5, que la conscience avait des buts spécifiques: être (un personnage, une espèce, etc), être heureux (rechercher le bonheur ou le plaisir), connaître ou explorer, et enfin aimer et partager. Nous n'avons trouvé aucun autre but intrinsèque, une fois dégagées toutes les nécessités contingentes (nourritures, reproduction, etc. qui ne sont pas des buts intrinsèques de la conscience, mais seulement des moyens pour celle-ci d'exister dans ce monde, et d'accomplir ses buts).

Nous avons même conclu que, faute de toute autre définition ou message, on pouvait sans aucune hésitation ni nuance définir le bien comme ce qui permet de poursuivre ces buts, et le mal comme ce qui s'y oppose.

(Il est remarquable que des millénaires de philosophie ou de religion sur les cinq continents aient, malgré de nombreuses différences de concepts ou d'interprétation, convergé vers un résultat similaire).

On peut donc valablement poser comme premier fondement de l'éthique:

 

1) Le bien est ce qui apporte le bonheur (ou le plaisir).

 

Avec ses compléments et corollaires:

 

1 a) La connaissance est une valeur fondamentale

Science, éducation, liberté d'information, d'expression, liberté de voyager, de rencontrer, etc.

 

1 b) On doit pouvoir être ce que l'on veut

Ce point peut sembler inapplicable, car il est difficile de changer notre corps dans ce monde physique (voir le chapitre VI-5 à propos de la transsexualité). Toutefois les mondes virtuels montrent une forte demande, avec de nombreux cas de changement de sexe, voire d'espèce: Elfes, dragons, animaux, «furries» ou «tinies». Mais le plus flagrant est que tout le monde y est jeune, mince et beau... ce qui était fort prévisible!

Il y a tout de même des cas où ce point est pertinent dans le monde physique.

Ce point s'applique par contre librement et totalement dans l'après vie. D'où l'intérêt des pratiques tantriques qui permettent de maîtriser cela.

 

1 c) Partage et amour sont des valeurs fondamentales

C'est ce que proposent les religions, mais aussi de nombreux idéaux romantiques, humanistes, naturistes, sociaux, culturels, politiques, etc.

 

Mais reconnaître ces principes n'est pas suffisant. Encore faut-il avoir la capacité de les appliquer:

 

1 d) Sont des impératifs fondamentaux la satisfaction des besoins qui permettent à la conscience d'exister (nourriture, logement, santé...) et d'accomplir ses buts fondamentaux (Paix, liberté, compagnie, moyens et ressources matériels, environnement agréable, etc.)

Les déclarations des Droits de l'Homme ou des Droits des Enfants sont dans leur esprit proches de ce point, mais les capitalistes qui les ont rédigées se sont bien gardés de donner des garanties claires... Pour l'application de ces déclarations, passez d'abord à la caisse.

De sorte que l'on a clairement besoin d'une économie basée sur les trois fondements de l'éthique, en particulier ce point 1d), voir chapitre VI_8.

 

Les démonstrations du chapitre V-5 donnent valeur scientifique à ce fondement, c'est à dire de quelque chose qu'on est forcé d'admettre, que l'on ne peut pas changer ou discuter, comme les lois de la chimie. Bon, on peut encore discuter des détails, mais si quelqu'un veut remettre en cause ces fondements, il faut qu'il soit beaucoup plus intelligent que tous les philosophes réunis, parce qu'en trente siècles de philosophie et de spiritualité, personne n'a fait mieux. Et ma seule contribution est de reconnaître le statut objectif de la conscience, à l'encontre des religions technocratiques actuelles.

De toutes façons, contester ce point serait totalement absurde et maso: il énonce tout simplement ce que NOUS voulons faire ou être.

 

On note que l'on peut exprimer les mêmes définitions en négatif:

1) Le mal est ce qui rend malheureux ou qui fait souffrir.

1a) L'ignorance doit être combattue, par l'éducation, l'information, les voyages, etc.

1b) On ne peut restreindre quelqu'un dans son corps (mutilation, sexe forcé, etc.) ni dans son esprit (manipulations mentales, intimidation)

1c) Il faut éradiquer haine et égoïsme (économie égocentrique, racisme, sexisme, intolérance, etc.)

1d) Personne ne peut être laissé sans ressources, ni pour ses besoins de base, ni pour ses besoins d'expression.

 

 

 

 

 

 

 

Les fondements objectifs de l'éthique: second fondement

Dans notre étude de la conscience dans la cinquième partie, il n'est apparu nulle part qu'un quelconque processus d'autogénération logique de la conscience puisse être plus important qu'aucun autre, ou ait priorité sur un autre. Nous n'avons même pas trouvé de sens à ces notions! En pratique, cela signifie que personne ne peut passer avant quiconque d'autre pour son seul profit personnel.

De fait, on peut aisément constater que tout argument visant à faire passer une personne avant une autre (toutes choses égales par ailleurs) ne ressort que de l'égocentrisme, ou d'autres névroses. De tels arguments étant nécessairement contradictoires d'une personne à l'autre, ils n'ont donc aucune valeur de vérité scientifique.

 

En clair, c'est une condamnation totale, en vrac, de toute forme d'égocentrisme, particularisme, esprit ce clan, etc. Nous avons effectivement vu au chapitre V-10 que l'égo n'est qu'un phénomène physique qui manipule la conscience qu'il porte, produisant chez celle-ci l'illusion qu'elle «veut» passer avant les autres. Il n'a donc aucune valeur explicative, et surtout aucun droit sur la conscience. Ce point est connu depuis des millénaires comme la base de la plupart des religions (Compassion, amour universel, non-action). Plus récemment il a inspiré de nombreuses philosophies (droits de l'homme, égalité) et des doctrines politiques de gauche comme de droite.

 

Donc, le second fondement de l'éthique sera:

 

2) Les droits, les protections, les devoirs et les moyens sont les mêmes pour tous les êtres humains.

 

On remarquera que les diverses déclarations des Droits de l'Homme ou des citoyens, ainsi que les différentes constitutions, avancent toujours l'égalité des droits et des devoirs, mais qu'elles omettent généralement l'égalité des moyens... alors que sans moyens, il n'y a pas de droits, et peu de devoirs accomplis. Tout au plus parle t-on d'une hypocrite «égalité des chances» qui n'engage personne, et en plus culpabilise les victimes! Nous en discuterons dans le chapitre VI-8 sur l'économie.

 

Le second principe s'oppose donc catégoriquement à tout égocentrisme, qu'il soit atavique, sociopathique ou névrotique, individuel ou de groupe. Il s'oppose aussi totalement à tout pouvoir arbitraire (et a fortiori totalitaire), à quelque niveau que ce soit (force physique, famille, groupe social, état, religion, etc.).

 

 

 

 

 

 

Les fondements objectifs de l'éthique: troisième fondement

En toute rigueur, on pourrait argumenter que certaines consciences seraient plus précieuses que d'autres, de par justement le bonheur qu'elles peuvent apporter aux autres (altruisme, sagesse, don artistique, témoins précieux, etc.) alors qu'on se débarrasserait volontiers d'autres (criminels, sociopathes, égocentriques, etc.). On pourrait même en faire un corollaire direct du premier fondement. Toutefois ce corollaire irait alors en contradiction directe du second fondement. Et ce problème n'est pas que théorique: en pratique tous les systèmes religieux ou politiques qui ont accordé des «valeurs» différentes aux personnes, ont tous dégénéré en systèmes de discrimination arbitraire, communautés fermées, castes sociales, races supérieures et compagnie. C'est donc une pente fort glissante, sur laquelle il est fort prudent de ne pas s'aventurer une fois de plus. Au contraire, les philosophies positives (Christianisme, Bouddhisme, Droits de l'Homme) posent toutes des droits égaux. Elles posent même que tout le monde a la même capacité à devenir bon.

 

Cette contradiction entre deux principes fondateurs n'est pas une nouveauté: nous l'avons vue au chapitre I-2 sur la Théorie des Ensembles, et nous avons même vu au chapitre III-3 qu'elle est générale, voire inévitable: tout système logique contient des paradoxes. Dans le cas de l'éthique, ce problème est connu depuis des millénaires (éthique Bouddhiste, éthique Chrétienne), mais les solutions proposées (la casuistique) donnent trop souvent l'impression d'ajustements opportunistes, voire d'ouvrir la porte à des entorses arbitraires aux principes fondateurs. En clair, la casuistique est trop souvent de la magouillistique, au point que le mot est le plus souvent employé dans ce sens.

 

La solution (entièrement originale) que je propose pour lever le paradoxe est de poser un troisième fondement, qui seul régit les contradictions entre les deux premiers, et ces contradictions seulement. Cette démarche est exactement celle vue au chapitre III-3 sur l'auto-cohérence des systèmes de pensée, avec aussi trois fondements: les règles 1), 2) et 3).

 

Ce troisième fondement constate que nous n'avons pas tous les mêmes aspirations, ni les mêmes capacités. Un adulte, un enfant, un retardé mental, n'ont pas tous la même capacité à travailler ou à prendre des décisions. Ils n'ont pas non plus la même appréciation de choses comme par exemple les joies du lit. Egalement, un artiste, un jardinier, un scientifique, un bâtisseur, n'ont pas les mêmes aspirations (c'est la variation naturelle du but de la vie, vue au chapitre V-5, qui est à la base des différentes personnalités).

 

Le troisième fondement est donc:

 

3) Les deux premiers fondements s'appliquent à des êtres qui ont des capacités et des aspirations différentes. Si ces différences amènent une contradiction entre les deux premiers fondements, alors moduler droits, ressources, protections, devoirs et moyens doit toujours aller dans le sens de rétablir un accès égal pour tous au premier fondement de l'éthique.

 

C'est ce genre de considération qui fait que, par exemple un adulte a le droit de regarder des films érotiques ou de conduire une voiture, mais pas un enfant. Il serait totalement vain d'ignorer ceci, et les communautés de mai 68 qui donnaient les mêmes droits aux enfants qu'aux adultes, en on récolté les fruits amers (enfants devenant des sauvageons rejetant violemment toutes les valeurs «avancées» de leurs parents).

Toutefois, en accord avec le second fondement, et contre l'idée de valeur des gens, le troisième principe proposé ici ne pose pas d'inégalité de valeur des personnes ou des êtres, se contentant de constater les différences de capacités qui se produisent naturellement. La notion de comparaison ou de niveau en est même totalement absente. Il ne s'agit que d'une sorte de démultiplication, ou un transformateur électrique adaptateur de voltage, pour fournir les mêmes droits à des personnes de capacités différentes.

Exemple: je suis une lampe 220 volts, mon ami est une lampe 12 volts. Si on nous alimente tous deux en 220 volts, mon ami meurt. Si on nous alimente tous deux en 12volts, je ne peux rien faire. Mais si on a tous les deux un transformateur, nous fonctionnons tous les deux, quelle que soit la tension du réseau, et où que l'on se trouve. Si cela est bien compris, alors on ne risque pas de tomber dans une forme de discrimination ou de castes sociales fermées. Mais la nuance risque malheureusement d'échapper à beaucoup...

 

Ce troisième fondement ne doit pas être confondu avec les «lois naturelles» de l'ancien régime (droit d'aînesse, privilèges de la noblesse, etc...), qui sont justement tout sauf naturelles. Pour éviter cette confusion, on parlera donc plutôt de lois de la nature, qui indiquent les conséquences de nos actes, et dont la violation entraîne de la souffrance. Une loi de la nature est par exemple que l'on a besoin de manger. Laisser des pays mal nourris entraîne souffrance et mort, et on peut donc dire que c'est un crime. Toutefois, dans un monde spirituel, ou dans un monde virtuel, cette loi de la nature n'existe pas, et une loi obligeant à nourrir tout le monde n'y aurait pas d'objet. Mais d'autres lois de la nature y jouent encore, comme le besoin de reconnaissance sociale pour tous (chapitre V-17)

On peut donc préciser:

 

3 a) Le troisième fondement ne cautionne pas les inégalités ou dépendances établies artificiellement par nos déclarations, par nos actions ou notre inaction. De telles inégalités ou dépendances doivent toujours être éliminées.

 

Il faut faire très attention que des inégalités totalement arbitraires, comme les privilèges de la noblesse ou le droit d'aînesse, ont été en leurs temps considérées mensongèrement comme «naturelles», alors qu'elles étaient des coutumes. Précisons donc bien qu'on entend par «naturel» une chose qui se produit sans notre action. Par exemple donner un héritage au seul aîné est une action, pas quelque chose qui se produit tout seul. Obéir à un noble et pas à notre voisin est aussi une action, une chose que l'on fait. Le point 3 a) vise aussi toutes les discriminations raciales, religieuses, politiques, sociales, en fonction de la naissance, de l'intelligence, de la santé, des gènes, des goûts, de la sexualité, ou de toute autre critère idiot que l'on voudra bien inventer.

 

Et même:

 

3 b) Au nom du second fondement, on compensera les situations de dépendance entre personnes qui se produisant naturellement, de manière à rétablir un accès égal au premier fondement de l'éthique. Cette action est de la responsabilité des personnes dont on dépend.

 

Exemple: les parents doivent assurer le bien être physique et moral des enfants qui dépendent d'eux. Dans le cas où ils sont incapables de le faire, la responsabilité d'aider cette famille tombe alors sur la société locale, puis sur la société en général. On verra plus précisément les dépendances au chapitre VI-3.

 

Enfin, pour être bien sûr que ce troisième point ne soit pas «compris» comme une forme plus subtile de discrimination ou d'inégalité, j'en donne une forme différente, non-duelle avec la précédente:

 

3 bis) Des personnes de goûts ou de capacités différentes ont droit à la même dignité humaine.

 

Ou encore:

 

3 ter) les personnes qui reçoivent une aide en raison de plus faibles capacités ne sont pas redevable de cette aide, ni concrètement ni moralement.

 

 

 

 

 

 

Statut métaphysique

On remarque que ces trois fondements obéissent aux mêmes principes qui définissent l'existence métaphysique, vus au chapitre III-3. En effet, on a également deux règles générales (valables pour tous de la même façon), qui apportent un paradoxe (les droits individuels 1 et l'égalité collective 2, qui se contredisent souvent en pratique) et un troisième point qui résout le paradoxe, ici en l'enrichissant de considérations supplémentaires telles que nos capacités et aspirations, individu par individu, dans les situations où les deux premiers principes sont en contradiction.

Ceci n'est pas une création personnelle. C'est la seule façon de résoudre le paradoxe de base qui a plombé presque tous les systèmes de morale de l'Histoire. C'est pourquoi j'ai commencé ce livre par des concepts logiques ou métaphysiques apparemment inutiles. Mais maintenant, cette solide fondation logique et métaphysique nous permet d'éliminer beaucoup de souffrance.

 

Ces trois bases connectées logiquement selon le principe de l'existence métaphysique, donnent à l'éthique beaucoup plus de solidité qu'une simple liste de règles de morale non connectées entre elles. C'est une véritable construction, qui va lui permettre de fonctionner. Fonctionner signifie ici que chaque individu va pouvoir trouver ou retrouver toutes les règles pratiques que l'on peut déduire des trois Fondements, sans avoir besoin de se référer à une autorité, y compris dans des situations imprévues, ou quand des manipulations mentales ont brouillé la vision.

La connexion spirituelle: le quatrième fondement «invisible».

On remarque également que c'est une telle résolution de paradoxe qui assure la connexion de chaque individu avec la Transcendance (chapitre V-6). Aussi, on peut poser le quatrième fondement «invisible»:

 

4) Les trois fondements précédents sont l'expression de la Transcendance.

 

En pratique, ce quatrième principe ne change pas grand-chose, d'où la qualification «d'invisible». On pourrait même n'y voir qu'un choix totalement arbitraire, que rien ne vient justifier, ni en théorie, ni en pratique, un peu comme le quatrième axiome de la Théorie des Ensembles (l'axiome du choix, longtemps sujet de débat). Toutefois, cette quatrième fondation connecte notre construction éthique avec la Transcendance. Ce qui, comme on l'a vu au chapitre V-6, va la placer sur une voie évolutive favorable, au lieu d'une voie vouée à la seule survie matérielle aléatoire.

 

Toutefois, ce quatrième fondement étant un choix spirituel, on n'a pas le droit de l'imposer (et on ne le peut pas, de toutes façons). C'est donc un choix personnel que de l'honorer ou non, que de se placer dans le courant de l'évolution ou de rester sur la touche.

 

Par contre, ni la société, ni personne, n'a le droit d'aller à l'encontre de la Transcendance. Ainsi on ne peut pas imposer, mais surtout on ne peut pas interdire.

Ceci condamne définitivement l'inquisition «laïque» et sa ridicule chasse au hijab, simple transposition de l'inquisition religieuse dans un contexte athée. On pourrait même dire que l'inquisition athée est un crime contre l'humanité, exactement comme l'inquisition religieuse. Bien entendu, ces «violations du droit des femmes» par l'Islam (ou le problème des sectes) ne sont que des gros prétextes pour attaquer toute forme de spiritualité, et j'ai été moi-même l'objet de pression judiciaires pour des motifs qui ne m'ont jamais été communiqué par écrit... sauf un texte qui me reproche explicitement mon «appartenance».

 

Procéder de la sorte construit un monde qui permet à la Transcendance de s'exprimer. Cela peut paraître prétentieux de contribuer à la Transcendance, mais c'est effectivement ce qu'Elle demande: c'est à nous, consciences dotées d'émotions et d'intelligence, de donner un corps aux suggestions subtiles de la Transcendance, dans nos concepts, nos projets ou dans nos actions. C'est comme cela qu'on la sert. En effet, n'étant pas un personnage humanoïde tel que décrit dans les textes religieux théistes, la Transcendance ne peut pas agir Elle-même. Elle ne peut donc s'exprimer qu'à travers nous, à travers nos émotions, nos idées, nos concepts, nos personnalités, nos actions, nos créations, nos civilisations. Mais ce faisant, c'est notre bonheur et nos propres vies que nous construisons, car, rappelons-nous: la Transcendance n'est pas un pouvoir extérieur à nous, mais une propriété fondamentale de nos propres consciences.

N'attendons donc pas la visite d'anges ou d'extraterrestres... J'aurais bien aimé, mais ça ne m'est jamais arrivé. Je boude.

Applications

Les chapitres suivants développent les applications de ces trois fondements. Bien entendu, nous verrons d'abord les principes sociaux de base (propriété, liberté...) et les «moeurs» (famille, sexualité), terrain de jeu traditionnel des Schtroumpfs à Lunettes de toutes orientations.

Mais nous verrons aussi la politique et l'économie, car ils ressortent directement du point 1d): fournir les différents moyens dont la conscience a besoin pour accomplir ses buts. Si ces buts définissent le bien et le mal, alors la politique et l'économie doivent servir ces buts. Si ils ne les servent pas, alors c'est de la haute foutaise. Amenez vos fauteuils et beaucoup de pop-corns: il va y avoir pas mal de casse.

 

Mais une fois ce nettoyage fait, ce sera bien plus intéressant: ce que peut être une meilleure société, et même l'évolution future de l'Humanité.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre VI-2       

 

 

 

 

 

 

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