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Epistémologie Generale        Chapitre VII-2       

 

VII-2 Les Ovnis

 

Définitions

Tout d'abord, je pense qu'il serait sain de revenir à une définition simple et claire de l'ovni: comme son nom l'indique, c'est un objet volant non identifié, c'est à dire un objet qui vole et qu'on ne sait pas ce que c'est. (En toute rigueur, il faut aussi inclure des objets spatiaux, voire sous-marins, dont il existe quelques exemples).

Le seul problème avec cette définition est qu'elle dépend de l'observateur: des tas de gens rapportent la vision d'objets qu'ils n'ont pas su reconnaître, mais qu'un enquêteur peut facilement identifier: ballon, satellite, avion, météorite, lumière lointaine, objets astronomiques ou météorologiques divers. Le témoin (ou le public) considère alors l'objet comme un ovni, jusqu'à ce qu'il soit identifié. Il faut donc réserver l'appellation «ovni» à des objets qui on résisté à toute identification. Mais pour cela il faut que l'observation aie fait l'objet d'une enquête par des gens suffisamment compétents pour identifier tous les objets connus, et parfois détecter des escroqueries assez élaborées (Par exemple seules les analyses photo professionnelles du GEPAN ont pu démontrer la fausseté de l'affaire Ummo). Ce n'est que si ce processus échoue à identifier un objet familier, que l'on peut réellement considérer l'observation comme «non identifiée», c'est à dire ovni. On a alors un «cas d'ovni», auquel est associé un «rapport d'enquête» rassemblant les identités des témoins (anonymisées si ils le demandent), les descriptions, photos, etc. plus les preuves et vérifications (par exemple éphéméride de Vénus montrant qu'elle ne se trouvait pas à l'endroit où une caméra a filmé un point de lumière dans le ciel). Les rapports de cas non-identifiés sont les seules entités sur lesquelles on peut raisonner, faire des études scientifiques ou élaborer des théories. A l'opposé, les photos de lumières indiscernables dans les médias ou sur youtube n'ont aucun intérêt, car on ne sait absolument pas comment ces images ont été obtenues, et souvent même pas par qui.

Par exemple, les médias ont galvaudé pendant des années la célèbre photo du «triangle belge», avant de «révéler» que c'était un faux... ce que les ufologues savaient dès le début. Il est clair que de telles publications ne cherchent qu'à vendre du mensonge. (A la limite, les médias ne font de la pub que pour les cas dont on sait qu'ils seront démontés par la suite, pour donner à penser sans le dire ouvertement que tous les cas sont finalement identifiés)

 

L'identification d'un ovni n'est pas toujours simple, surtout des années après, quand archives et documents ont disparu. Par exemple l'objet de Roswell a été identifié par trois enquêtes et des documents déclassifiés comme étant un ballon du projet secret Mogul, un fait qui ne pouvait pas être vérifié sur le coup vu que le projet Mogul était secret. Pour l'affaire Mantell, un ballon skyhook de l'US Navy a aussi été proposé des années après, mais sans aucune trace de son lancement (bien que l'US navy était légalement obligée de le révéler pour l'enquête pénale). Ajoutons à cela que les ballons skyhook n'étaient pas métallisés mais transparents, et qu'ils ne prenaient leur forme sphérique qu'à très haute altitude (30000m contre 6000 pour l'affaire Mantell). Cette hypothèse reste donc une allégation totalement arbitraire. Ce qui nous mène à beaucoup d'autres «identifications» fantaisistes faites sans enquête dans le but de décourager les enquêteurs ou d'intimider les témoins. Par exemple les feux de scandium à Hessdalen ne tiennent pas debout scientifiquement. Ou bien les «fusées fantômes» de Suède, en 1946, «expliquées» «par la CIA» comme l'avion U2... qui a été conçu en 1965!

 

On pourrait résumer cela en disant que le nom «ovni» n'est pas un substantif, mais qu'il indique au contraire un manque de connaissance. Le nom «ovni» pointe alors à quelque chose qu'il faut chercher à comprendre, voire qui défie les explications connues.

 

Ainsi l'étude des ovnis ne concerne que, par définition, ce qui reste inexpliqué malgré toutes les tentatives et vérifications. Bien entendu une telle étude doit s'assurer que l'on est bien dans ce cas, d'où l'importance des enquêtes. Mais, hormis cela, les cas expliqués n'ont aucun intérêt pour l'ufologue, ils ne doivent même pas figurer dans leurs données. D'une manière générale les ufologues sérieux affectent chaque cas d'un «indice de crédibilité», reflétant la plus ou moins grande possibilité d'erreur ou de mensonge.

A la limite, les «analyses scientifiques» qui affirment que «80% des ovnis s'expliquent par des méprises» sont une manipulation mentale (selon la confusion courante 80% = majorité = tous). En effet ces 80% ne sont justement PAS des ovnis, ce qui fait de cette affirmation un mensonge. Ces 80% ne doivent pas figurer dans les statistiques ou les étude sur les véritables ovnis. Ils ne peuvent figurer dans les bases de données que pour éviter à d'autres chercheurs de refaire inutilement les mêmes enquêtes.

Et si des psychologues ou des physiologistes de la perception veulent étudier comment des visions d'objets bénins peuvent être comprises comme des objets extraordinaires, ils doivent alors se soumettre au même critère d'honnêteté que l'ufologue: ne baser leur étude que sur ces 80% de cas dont il a été clairement démontré qu'ils étaient une erreur de perception. Sinon ils se retrouvent très vite à envoyer des innocents dans des goulags...

 

Il faut également peser un «indice d'étrangeté»: un cas n'est intéressant que si il montre quelque chose de vraiment hors du commun. Par exemple la lumière scintillante aperçue par l'équipage de Apollo 11, pour inattendue qu'elle soit à cet endroit, n'a pas un haut indice d'étrangeté: son comportement et sa position correspondent à ce que l'on attendrait d'un des éléments de la fusée, éjecté deux jours avant. Il en va de même de nombreuses taches et lumières vues dans le ciel: même si on n'a pas les éléments pour les expliquer, ils ne démontrent pas vraiment l'existence d'un quelconque phénomène mystérieux. Par contre des témoignages détaillés d'objets inconnus, voire de «personnages», ont un indice d'étrangeté élevé, car ils ne peuvent pas être expliqués par des phénomènes courants. Ce sont ces cas qui sont les plus intéressants, surtout si par ailleurs ils ont aussi un haut indice de crédibilité (témoins multiples, photos, etc.)

 

Par conséquent il faut également réserver le terme «ovni» à des cas qui ont un indice d'étrangeté suffisamment élevé, en tous cas au-dessus du trivial.

 

Une autre erreur fréquente est d'utiliser le terme «ovni» comme synonyme pour «soucoupe volante», voire «vaisseau extraterrestre». Cela est régulièrement fait dans les films et les bandes dessinées de propagande anti-extraterrestre (par exemple Goldorak, où le mot «ovni» désigne toujours un vaisseau des méchants). En l'état actuel des connaissances, on ne peut pas faire l'équation «ovni» égale «vaisseau extraterrestre». On n'en a en effet pas de preuve définitive, et d'autres hypothèses sont encore ouvertes, peut-être encore plus fascinantes, comme l'hypothèse psychique que l'on verra au chapitre VII-3. Et si les ovnis s'avéraient être vraiment des vaisseaux extraterrestres, alors ils ne seraient plus «non-identifiés», on ne les appellerait plus ovnis, mais vaisseaux, d'ac?

 

Tant qu'on y est, nous verrons que les ovnis ont été l'objet de nombreuses manipulations mentales, que ce soit dans le but de berner les citoyens («debunking», films racistes anti-extraterrestres), ou au contraire d'exploiter leur intérêt (sectes, théories conspirationnistes, faux cas dans les médias). Ces idioties ne sont pas de nature à modifier l'étude scientifique elle-même, mais elles brouillent les données, en plus d'intimider physiquement témoins ou chercheurs (chapitre II-9). Pour cette raison, l'étude scientifique des ovnis est inséparable de celle des manipulations à leur sujet.

 

Il m'a semblé que la meilleure façon de présenter les ovnis, et les problèmes épistémologiques et sociaux qu'ils posent, était l'ordre historique. C'est en effet l'ordre dans lesquelles les différentes théories et manipulations se répondent.

De 1947 à 1978: des «apparitions de martiens» à l'étude scientifique,

l'hypothèse extraterrestre

L'apparition publique des ovnis en 1947 s'est accompagnée de premières tentatives d'explications en termes de fusées russes et compagnie. Puis, bien vite, notamment lors des grandes vagues des années 1950, l'hypothèse comme quoi les ovnis seraient des vaisseaux spatiaux pilotés par des extra-terrestres s'est imposée, notamment sur la base de cas montrant l'apparence de «personnages», voire de «visites dans le vaisseau». Face au comportement immature des autorités, des associations de citoyens se constituèrent, les «organisations ufologiques», pour rechercher la vérité. L'affaire ne se montrant pas si simple, ces groupes on du apprendre à enquêter scientifiquement, et encore aujourd'hui leurs rapports restent la principale source d'information sur le phénomène, avec quelques archives gouvernementales.

Dans les années 1970, la thèse extraterrestre restait la seule connue, et se vit offrir une grande audience, notamment avec des films comme «ET» et «Rencontres du Troisième Type». A l'époque, grand était l'espoir de rencontrer enfin ces extraterrestres, et recevoir beaucoup d'eux, sur les plans scientifique, social ou spirituel. Moi-même m’occupais alors d'ufologie avec cet espoir pour motivation. On avait même un début d'étude scientifique officielle des ovnis, avec le GEPAN, en 1977 et 1978, qui confirmait la réalité physique des objets observés. Bref c'était une période positive, où on avait l'impression que la solution était à portée de main, ne dépendant que d'un cas particulièrement favorable, voire d'une révélation par les extraterrestres eux-mêmes.

Les années 50: le «débunking» ou la désinformation réductrice

L'apparition des ovnis, principalement aux Etats Unis, est tombée à une des plus sinistres périodes de l'histoire de ce pays: maccarthysme, guerre froide, guerre de Corée, napalm, essais nucléaires, horreurs MK-Ultra et Fort Detrick, etc. Il est rapidement apparu une volonté de ces gens négatifs de censurer les ovnis, notamment en répandant des mensonges et des fausses explications dans les médias. Un comité de la CIA, le honteux Robertson Panel, recommandait différentes méthodes de manipulation mentales et de falsification, voire de surveillance politique des ufologues, façon soviétique. De fait certains témoins ont reçu des intimidations, voire des interdictions légales de témoigner, comme pour les pilotes d'avions.

On a longtemps pensé que ces gens avaient une raison précise pour agir ainsi, parce qu'ils auraient su des choses que le public ne connaissait pas. Cette idée est encore aujourd'hui la source de nombreuses théories conspirationnistes. Toutefois la publication par le FOIAct du rapport du Robertson Panel ne montre qu'une pensée brouillonne et infantile: ces gens ne savaient rien, ils étaient juste paranos, et ils se sont amusés à bizuter ces témoins d'ovni et enquêteurs qu'ils n'aimaient pas. (Le maccarthysme comportait aussi un volet homophobe, dont les motivations étaient forcément de l'ordre du jeu sadique).

D'une manière générale, les divulgations du FOIAct n'ont montré aucune information nouvelle concernant les ovnis: ni le gouvernement US, ni l'USAF, ni les services secrets n'en savaient plus que les associations ufologiques. Ce qui exclut certaines thèses comme quoi, par exemple, ils auraient été en contact avec les extra-terrestres. C'est la raison pour laquelle ces thèses sont considérées comme théories conspirationnistes aujourd'hui.

Je vois toutefois régulièrement passer des affirmations ou des «témoignages» comme quoi ils auraient effectivement vu des choses qui n'ont pas été divulguées: neutralisation d'armes nucléaires, visites de bases militaires, etc. Bien que ce genre de choses soit à prendre avec des pincettes, on ne peut pas non plus les écarter d'un revers de main. Pour l'archiviste ufologique de base, c'est à étiqueter «haute étrangeté faible crédibilité», mais pas «prouvé faux».

Il n'est de toutes façons pas du tout certain que tout ait été publié par le FOIAct; il suffisait en effet de détruire les archives trop compromettantes. C'est ce qui aurait été fait par exemple avec les archives du MK-Ultra, dont, si on croit wikipédia, la publication aurait envoyé leurs auteurs à la chaise électrique. Seuls restent les témoignages des victimes, qui ont été déboutées de leurs actions judiciaires au nom de la sécurité de l'état. La conclusion est claire: ces gens sont d'un âge mental de l'école primaire, n'utilisant le secret d'état que pour échapper à leurs responsabilités pénales.

C'est ce jeu trouble avec la sécurité de l'état qui a détruit la confiance des citoyens, et porte ultimement la responsabilité de toutes les théories conspirationnistes aujourd'hui.

 

Ces gamineries ont eu toutefois une influence énorme sur l'opinion publique: aujourd'hui encore, beaucoup de gens sont sous l'emprise des manipulations du Robertson Panel, pensant que les ovnis sont des hallucinations, et les témoins des fous, tandis que les rationalistes (chapitre II-6) soutiennent la thèse comme quoi toutes les observations ne sont que des illusions ou des mensonges. Cela reste de toutes façons un sujet dont il est délicat de parler en public, surtout en présence de sociopathes. (En privé, beaucoup affirment «croire», mais restent ignorants des données du phénomène). Pour donner une idée des moyens vicieux utilisés, et de l'amplitude de leurs résultats, le rapport du Robertson Panel recommandait d'utiliser des sociétés comme Disney pour répandre leur propagande auprès des enfants. Et ils l'ont fait: je me souviens très bien avoir vu une telle propagande à cette époque, mettant Donald dans le rôle du rationaliste. C'est même comme ça que j'ai appris l'existence des ovnis! Toutefois j'étais à l'époque encore enfant, et j'avais accepté la propagande au premier degré: des «fous» qui voyaient des «soucoupes» et des «cigares», la bande dessinée montrait une soucoupe-vaisselle, et un cigare à fumer!

(Ajouté en Janvier 2016) Et même aujourd'hui, on voit encore une société comme Yahoo (américaine...) assimiler répétitivement et à tous propos les «ufologues» aux barjots qui voient des lézards sur Mars. On a pourtant du mal à penser que les contrats avec la CIA courrent toujours... Quel jeu jouent-ils, alors?

On comprend donc comment les limitations mentales du Robertson Panel affectent encore tant de gens, deux générations après. Bien que l'on ne dispose pas de preuves, il semble logique que les grands films racistes anti-extraterrestres aient aussi été favorisés par cette politique, maintenue en secret, sans traces écrites, de manière à ne pas pouvoir être publiée par le FOIAct.

Inutile donc de se demander pourquoi les ovnis sont encore si mal acceptés, malgré la démonstration de leur existence physique par plusieurs organismes scientifiques officiels.

De plus, toute attitude qui dépasse les «normes sociales» des sociopathes entraîne automatiquement des actions de bizutage de leur part. Les témoins d'ovni, pointés du doigt par les médias, abandonnés par la société et par les pouvoirs publics, sont des cibles parfaites pour leurs petits jeux sadiques.

 

Un fait peu connu qui aide à comprendre l'état d'esprit de l'époque est que la révélation ufologique arrive seulement deux ans après le Projet Manhattan hyper-secret, et une autre affaire encore plus étrange, celle des ballons incendiaires japonais envoyés au-dessus des Etats-Unis via la stratosphère (dixit wikipedia). Ces ballons ont été totalement censurés dans les médias, afin de ne pas renseigner les japonais sur leur éventuelle efficacité (qui s'est de toutes façons avérée totalement nulle). On peut donc supposer que les journalistes confrontés aux ovnis n'auraient fait que suivre les ordres reçus quelques années plus tôt, ordres probablement réactivés pendant la guerre de Corée (1950-1953) pour des raisons similaires. Ainsi les ovnis sont arrivés dans un pays qui était en fait en guerre, et capable d'une censure digne de l'Union Soviétique.

 

Je n'ai personnellement jamais vu d'ovni, mais certains ne sont pas passés loin. Quand j'étais enfant, à Saint Dizier, quelque part vers 1960, il y avait une femme appelée Coepel (co-é-pel, orthographe approximative), qui affirmait avoir vu plusieurs fois des «rayons verts». Cela nous semblait si bizarre qu'on a pensé qu'elle était folle. Plus tard, vers 1970, quand nous vivions dans notre petite propriété Le Boniort près de Mont de Marsan, nous avons vu plusieurs fois des lumières dans les bois, dont nous pensions qu'elles venaient de fermes voisines. Mais en fait il n'y avait pas de fermes dans cette direction. A peu près à la même époque, mon frère a récupéré de tout en haut un pin une sorte de lampe, qui brillait la nuit, qu'il a même démontée (elle avait des vis). Malheureusement il n'a pas pris soin de cet objet, qui a été perdu avant que je le voie. Nous avions pensé qu'elle était une sorte de balise militaire, mais bien après je me demande ce que c'était vraiment. Toujours à cette époque, ma mère rapporte qu'un soir elle a entendu un puissant sifflement à proximité de la maison.

Cela a t-il rapport, mais c'est aussi à cette époque que j'ai eu mes premières prises de conscience.

Les contactés

L'idée que des vaisseaux extraterrestres fréquenteraient assidûment notre monde avait une conséquence logique: ils pourraient nous contacter. Soit contacter des personnes en privé, soit contacter officiellement et publiquement notre monde. A la limite, des événements ufologiques de grande ampleur comme le Carrousel de Washington (Juillet 1952) semblaient presque, à l'époque, les trois coups préparant l'humanité à une telle révélation publique.

Si une prise de contact publique par les supposés extraterrestres ne s'est jamais produite, par contre plusieurs dizaines de personnes ont affirmé être contactées individuellement, et chargées de délivrer des messages à l'humanité. Certains ont même consacré leur vie à cette tâche, écrivant des livres et dirigeant des mouvements. Les contactés répandaient tous des messages spirituels ou sociaux positifs (l'idée que les extraterrestres seraient mauvais n'est apparue publiquement que dans les années 1980 avec le mouvement punk et les films racistes anti-extraterrestres comme Alien, independance Day, etc.).

Le prototype des contactés a été Adamsky. Il répandait une philosophie pacifiste assez en avance sur son époque (on était en plein mouvement pour le désarmement nucléaire), préfigurant les Hippies et le Nouvel Age. Bien entendu, il n'a jamais pu prouver positivement qu'il avait rencontré des extraterrestres, mais on n'a jamais pu prouver non plus qu'il mentait sur ce point. De nombreuses incohérences toutefois poussent à cette seconde conclusion: le fait qu'il ait déjà tenté de répandre la même philosophie dans les années 30 en se réclamant du Tibet, ou le fait impossible que ses extraterrestres auraient été «vénusiens» ou «saturniens» (encore qu'à cette époque, personne ne connaissait les conditions à la surface de Vénus, aussi le mensonge n'a pu être dénoncé que plus tard).

Dans les années entre 1981 et 1985, dans le but d'y voir clair, j'ai moi-même rencontré plusieurs «contactés». Le but était aussi de recevoir directement le message des extraterrestres. Je n'ai clairement rien trouvé de tel, et la conclusion est sans appel: les personnes qui se disent contactées sont, au mieux, auto-abusées, souvent des menteurs délibérés, et parfois des manipulateurs dangereux. On ne peut pas exclure qu'il y ait de vrais contactés parmi tous ceux qui se prétendent tels, mais clairement il faut d'autres critères pour en juger que de simples déclarations. Même la beauté de leurs messages n'est pas un critère valable, car j'ai vu plusieurs personnes dangereuses écrire de très belles histoires et se poser en gourou.

Les principaux «contactés» que j'ai rencontrés sont Jean Michel Surmély («Ashtar Sheran», «Ashtar Command»), Michel Mélendre (lié à l'affaire Frank Fontaine et à la revue «Spirale» d'Eliant, recyclé dans d'autres choses depuis) et Madeleine Paquereau, dite Viviane («Le Faitg», «Les Amis de la Douceur et de l'Harmonie», «Association communautaire pour le Triomphe du Bien»). Ces gens ont tous été capables de proposer de belles créations artistiques ou des philosophies généreuses qui, comme Adamski, les rendaient très «crédibles» comme contactés. Toutefois ils ont tous esquivé ma demande de rencontrer les extraterrestres, ou au moins d'obtenir quelque preuve, souvent sous des prétextes ridicules (la meilleure a été qu'ils n'aimeraient pas les végétariens!!). La plupart de ceux que j'ai rencontrés étaient des manipulateurs à des degrés divers, qu'ils soient «gentils» ou dangereux. Je ne donne pas de détails ici: je pourrais parfaitement me défendre dans un procès en diffamation, mais j'ai autre chose à faire.

Une manipulation courante des pseudo-contactés est de dire que les extraterrestres ne contacteraient que des gens de «niveau spirituel suffisant». Sous-entendu, si ils ne vous contactent pas vous, c'est que vous «n'avez pas le niveau»! C'est comme ça que les pseudo-contactés se réfugient dans l'invérifiable, tout en se plaçant dans une situation de pouvoir.

 

J'ai également rencontré une personne parfaitement sincère qui m'a affirmé être montée dans un vaisseau! C'était impressionnant... juste que, quelques mois plus tard, j'ai appris que la personne en question ne se souvenait pas être montée dans le vaisseau, c'était seulement un pseudo-contacté qui le lui avait dit! Ainsi le désir intense peut-il entraîner la croyance, même à l'encontre de l'observation de base!

 

J'ai également rencontré une femme qui vivait à l'époque à Péchabou, près de Toulouse (je ne me rappelle pas du nom, le cas est dans les archives du GEPAN). Cette personne avait reçu des brûlures lors d'une RR3. Depuis, elle tentait de répandre le message de l'existence des extraterrestres. Cette personne était donc 100% sincère, mais on ne peut pas parler de contacté dans ce cas: elle n'avait reçu aucun message de la part du phénomène.

 

Probablement plusieurs personnes ont découvert la spiritualité ou des vues sociales positives lors d'une expérience ovni, paralysie du sommeil ou instant de super-conscience (chapitre V-8). Elles tentent logiquement de répandre la conscience de l'existence de ces choses, voire le «message» particulier qu'elles ont reçu. On ne peut pas parler de contacté dans ce cas, mais pas non plus de manipulation.

 

Ces observations closent le débat sur Adamski: sa philosophie généreuse, et même certains points très «réalistes» (comme ses vénusiennes qui trouvent les talon-aiguilles «insensés») ne sont absolument pas une preuve, ni de sa sincérité, ni de la réalité de ses contacts.

 

Dans ces conditions, on ne peut pas affirmer qu'il y ait des contactés aujourd'hui. On ne peut toutefois pas exclure qu'il y ait des personnes contactées en privé. Leur rôle n'est alors clairement pas de faire passer un message, mais ils pourraient servir quelques buts que l'on verra au chapitre VIII-8. Toutefois les exigences pour être sélectionné sont clairement très au-dessus du niveau spirituel moyen des humains: haute vibration, non-égo, pensée non-conceptuelle, etc.

 

Certaines personnes affirment que des extraterrestres auraient pu contacter nos gouvernements en secret, à l'abri du public. Une telle supposition paraît peu crédible (il y aurait eu des effets) et est généralement considérée comme théorie conspirationniste. Toutefois on ne peut pas écarter totalement un scénario où des émissaires auraient délivré un message à nos gouvernements, par exemple un ultimatum comme dans le film «Le jour où la Terre s'arrêta» (celui de 1951). Les gouvernements auraient été forcés de s'y plier, mais ils auraient alors présenté cette obéissance comme leur propre décision, pour le grand public. Le contrôle des armements nucléaires pourrait résulter d'une telle chose. Ou bien les extraterrestres auraient tenté de communiquer de manière non-conceptuelle avec nos gouvernements, qui n'y auraient bien sûr rien compris. Les extraterrestres seraient alors repartis, convaincus de ne pas pouvoir communiquer avec ces gens primitifs.

1978: l'hypothèse psychique

Toutefois, l'hypothèse extra-terrestre se heurtait de plus en plus à une floraison de nombreux détails absurdes ou incohérents, accompagnés d'incompréhensibles violations des lois de la physique, ou d'interactions bizarres entre la pensée du témoin et le comportement du phénomène.

Plusieurs auteurs connus à l'époque avaient déjà remarqué que le phénomène reproduisait certaines attentes du témoin: personnages angéliques dans certains cas, nabots inquiétants dans d'autres. Mais ce fut en 1978 que Bertrand Méheust publia un petit livre qui aurait normalement dû changer le cours des choses: «Science fiction et soucoupes volantes». Il remarquait que d'autres phénomènes plus anciens (rencontre de «fées», d'esprits de la nature, de la «Vierge Marie», visions de «batailles dans le ciel»...) se manifestaient selon les mêmes modalités que les ovnis, apparaissant soudainement à certains témoins, puis disparaissant tout aussi soudainement, sans jamais laisser de preuve susceptible de convaincre les sceptiques, comportement que Bertrand Méheust nomma «élusivité». Quelques autres points donnaient une forte impression de mise en scène à l'intention du témoin (les «lois de Méheust»). Quand au contenu des observations, il était déjà présent dans des romans de science fiction des années 1920, pourtant peu connus. Bertrand Méheust donnait une explication en termes d'apparitions d'archétypes dans le style du psychanalyste Jung.

Toutefois il ne niait pas (à l'époque) la réalité physique du phénomène. De telles interactions du physique et de la pensée ouvraient alors la porte à des hypothèses prodigieuses, comme l’immixtion d'une réalité autre dans le monde physique, faisant des ovnis des sortes d'interfaces entre deux mondes différents habituellement totalement séparés: le monde matériel et le monde de l'esprit. Le scénario le plus abouti est la Rencontre Rapprochée du Quatrième type (RR4) où le témoin (on dit expérienceur dans ce cas, note 14) est emmené dans ce qui semble un «vaisseau spatial», où il rencontre des «extraterrestres» qui lui font subir diverses expériences bizarres, allant du terrifiant à l'extatique. De tels cas étaient déjà bien connus, enquêtés et répertoriés en 1978, bien avant la vague «d'abductions» des années 1990.

Il est clair que, face à une hypothèse «extraterrestre au premier degré» défaillante, l'hypothèse psychique aurait du constituer la nouvelle base de travail (ce qui n'excluait pas les extraterrestre, en admettant qu'ils attendent de nous un contact par des modalités psychiques totalement autres que celles que nous attendions, voir chapitre VIII-8).

Certains ufologues ou parapsychologues, comme John E. Mack, ont développé cette thèse, voyant dans la rencontre ovni une expérience spirituelle, plus précisément une «expérience de réalité autre», un moment privilégié où le monde de l'esprit se manifeste physiquement. Une telle interaction explique alors fort bien la plupart des caractéristiques du phénomène, les violations des lois de la physique, son caractère protéiforme, et même les bizarres lois de Méheust: quand l'interaction cesse, aucun objet inexplicable ne reste.

 

Les années 80: la «Nouvelle ufologie» et l'ufologie poubelle, ou la désinformation amplifiante

Malheureusement, il se trouve que, en 1977, presque au même moment que Bertrand Méheust, les négationistes, déguisés en ufologues (grâce à l'utilisation de vocabulaire ufologique, ou d'autres manipulations expliquées au chapitre II-9) revinrent à la charge avec une explication purement psychologique, mais ressemblant étroitement à celle de Méheust: la «nouvelle ufologie». Son nom «sérieux» d'Hypothèse Psycho-Sociologique prête aussi à la confusion avec l'hypothèse psychique de Méheust et Mack. Selon cette thèse, la totalité des témoignages ovnis seraient le produit de processus psychologiques, à partir d'une vision naturelle, mais que le témoin n'arrive pas à identifier. Toutefois l'argumentaire ressort plus de la sophistique que de la science psychologique, quand par exemple Monnerie dit qu'un objet non-identifié n'est «conceptuellement pas un ovni». Quant au raisonnement «pas d'ovni implique pas d'extraterrestres», on ne voit tout simplement pas le rapport.

Cette attaque a porté un coup sérieux au mouvement ufologique, crispant les uns sur une défense fanatique et simpliste de la thèse extraterrestre, tandis que d'autres répandaient des interprétations révisionnistes des grandes enquêtes du passé. (Par exemple les lumières de Lubbock étaient des... oies sauvages! Coin coin coin!) Les grands perdants de cette aventure ont été bien sûr la vérité, quelle qu'elle soit, et aussi l'hypothèse psychique de Méheust et Mack, plus subtile et difficile à comprendre, assimilée abusivement à celle de Monnerie, et rejetée de la même façon tant par les fanatiques de la thèse extraterrestre au premier degré que par les négationistes. Peu ont su garder la tête froide et des méthodes d'enquêtes sérieuses, tandis que se multipliaient des groupes d'amateurs de sensations fortes, aux méthodes improvisées et aux conclusions toutes faites. La plupart des gens sérieux ont alors quitté un mouvement devenu incontrôlable. Et la thèse psychique fut oubliée du grand public, avant même d'être connue...

Au même moment, d'autres films comme «Alien» commençaient à donner une image négative et raciste des extra-terrestres. Les délires se développèrent en une ufologie-poubelle, digne rejeton des idéologies crado-punk, avec l'incroyable développement de rumeurs aussi invraisemblables qu'indéracinables, puisque toute tentative de désillusionnement est interprétée comme une manipulation.

Personne ne sachant ce qui se passe réellement à l'Area51, on ne peut affirmer a priori que ce lieu est plein d'extraterrestres. Sans doute n'y a t-il là que quelques vilains petits secrets militaires sans grand intérêt. Quant à Roswell, il me semble que tout a été dit dans le très bon article de Pierre Lagrange, «Ovni Présence» n° 54 de Février 1995, qui cite également une autre enquête du Centre for UFO Studies de Chicago, en 1989, et celle du General Accounting Office américain (sorte de Cour de Comptes) en 1994: malgré la foule d'histoires du style l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'extraterrestre, aucun témoin direct et non falsifié n'a pu être retrouvé. Par contre les archives militaires ont elles été retrouvées: Il semble que l'objet de Roswell n'était autre qu'un ballon secret, que ses découvreurs ont qualifié de «disque volant» (Suspendu à un ballon! Eh oui, ce «détail» figure sur le communiqué officiel, le seul document d'époque connu, un Télétype du FBI daté du 8 Juillet 1947, celui qui a déclenché toute l'affaire à l'époque!) sans se douter un seul instant de la façon dont ce terme de «disque volant» serait interprété quarante ans plus tard... Il me semble aussi, à voir le nombre de faux documents, de faux films, et l'incroyable collection de brimborions divers du musée de Roswell, qui y sont tous arrivés bien sûr de manière aussi anonyme qu'invérifiable, il me semble donc tout simplement qu'il doit exister dans la région une confrérie de maîtres farceurs, avec réunions secrètes, costumes, gros pifs rouges et rituels rigolos, dont le seul but, apparemment poursuivi avec assiduité et organisation, serait de bien rire aux dépends des cultistes ovni. (Il se pourrait aussi que ce soit une organisation beaucoup moins drôle, intéressée à tromper et égarer les gens) J'ai moi-même reçu des emails d'une personne prétendant travailler avec les MIBs... Mais quand j'ai répondu que j'aimerais les rencontrer, la communication a stoppé!

Ainsi, la désinformation amplifiante a réussi là où le «débunking» avait échoué, non pas à faire taire les ufologues, mais à répandre plus largement des préjugés négatifs et des histoires de fous, au point que dans l'opinion publique se répand l'idée que l'ufologie est une fausse science occupée à des conspirations ou à disséquer de faux cadavres (un canular lié à l'affaire Roswell).

Une chose intéressante à noter ici est que cette ufologie punk a opéré une profonde inversion de paradigme: alors que les ufologues des années 1970 enquêtaient rationnellement en espérant rencontrer des extraterrestres beaux et bienveillants, prêts à partager science et sagesse avec les humains de bonne volonté, les fanatiques des années 1990 croient en des Aliens horribles, malveillants, manipulateurs, qui ne cherchent qu'à tromper et asservir l'humanité. Il est clair que le but est d'annuler les espoirs positifs des années précédentes, qui navraient vraiment nos gouvernements prosaïques et matérialistes.

Pour preuve, les gens qui ont vu le film de propagande anti-extraterrestres «Alien» se rappellent peut-être du nom de l'étoile où se déroule la scène: zeta Reticulis. Pour un ufologue, ce nom est familier: lors d'un cas de RR4 célèbre à l'époque, l'affaire Betty et Barney Hill, Betty s'est vu montrer une «carte de navigation interstellaire» par les «extraterrestres», dont elle a fait un croquis de mémoire. Une institutrice astronome amateur, Marjorie Fish, a tenté de retrouver le système solaire d'origine des «extraterrestres», à l'aide d'une reconstruction en trois dimensions de notre environnement stellaire immédiat, un travail remarquable pour l'époque, salué par les astronomes professionnels. Elle arriva à la conclusion, sensationnelle et crédible à l'époque, que le système d'origine serait zeta du réticule, une étoile double semblable au soleil, à 38 années-lumières d'ici. Aujourd'hui peu de gens croient encore à une telle précision à partir d'un croquis exécuté de mémoire, mais le fait est que zeta reticulis apparaît dans plusieurs films d'horreur ou d'extrême-droite. Il est difficile de ne pas y voir une volonté, ou au moins un désir, de dénigrer un cas authentique en l'associant avec des histoires d'horreur.

Paradoxalement, c'est à cette époque que l'on trouve pourtant le plus d'organismes officiels étudiant scientifiquement les ovnis, et apportant des confirmations de leur existence physique. Mais comment publier quoi que ce soit, si c'est automatiquement interprété comme jeu de rôle d'horreur ou comme théorie conspirationniste? Ainsi même l'étude scientifique officielle des ovnis est censurée par les conspirationnistes, sans même que les gouvernements aient à s'en occuper!

Hessdalen et l'étude scientifique

Une des difficultés de l'étude scientifique des ovnis est qu'il est fort difficile d'appréhender des phénomènes rares, imprévisibles, qui ne sont connus que par des témoignages imparfaits, sans critères physiques clairs.

Il existe toutefois une importante exception: Hessdalen, en Norvège. Ici, les ovnis apparaissent suffisamment souvent pour justifier une station d'observation scientifique, maintenue par le Østfold University College et le Consiglio Nazionale delle Ricerche.

La station a enregistré des spectres, et surtout de nombreuses vidéos de manière parfaitement contrôlée (voir le site), excluant tout truquage ou méprise. Les vidéos montrent des sortes de feux au sol et des lumières volantes (qui apparaissent sous formes d'objets sombres le jour). On a aussi des échos radars, ou des réactions «intelligentes» à un faisceau laser. L'activité à commencé de manière spectaculaire en 1981. Elle se poursuit aujourd'hui (2014) au rythme d'une ou deux observation par mois. Il y a d'autres lieux comme cela dans le monde, parfois plus actifs.

A l'exception des objets rapprochés et des «personnages», les observation de Hessdalen ne peuvent pas être distinguées des observations d'ovni habituelles. On peut donc considérer que, grâce à la station automatique de Hessdalen (et aux nombreux observateurs qui s'y relaient), les ovnis ont été observés scientifiquement, et donc leur réalité physique est prouvée scientifiquement.

Le refus de cette étude n'a donc clairement aucun motif scientifique.

D'autant plus que, au jour d'aujourd'hui (2014), il n'y a strictement aucune explication connue de ce qui se passe à Hessdalen.

(Nous verrons au chapitre VII-5 une hypothèse de type «pseudoscience officielle» qui prétendent expliquer Hessdalen).

Groupes privés et organisation d'état étudiant scientifiquement les ovnis

Malgré le discrédit jeté sur les ovnis, de nombreuses organisations gouvernementales les ont étudiés, confirmant généralement leur existence physique et leur caractère inexpliqué. Malheureusement, passé ce cap, aucune découverte importante n'a jamais été faite, par manque de moyens ou de théories.

Voici une liste de ces organismes. Je sais qu'il y en a d'autres, notament dans des pays de langue espagnole, mais je ne me rappelle pas leur nom. Aussi je compléterai cette liste au fur et à mesure que je les découvre:

 

Organismes d'état:

-Le GEPAN en France, démarré en 1978 dans le sein du CNES, démontre rapidement la réalité physique du phénomène, et enquête sur de nombreux cas. Toutefois à partir de 1983, diverses magouilles l'affaiblissent, de par l'hostilité des scientistes. Il est remplacé en 1988 par le SEPRA, avec des moyens réduits, puis en 2005 par le GEIPAN. Aujourd'hui (2014) il n'est toujours pas autorisé à publier ses résultats, se contentant d'informer le public sur les méprises.

-Le Projet Condign, conduit en secret entre 1997 et 2000 par le Defence Intelligence Staff (DIS) en Angleterre, a confirmé la réalité physique du phénomène ovni. Leur hypothèse, assez élaborée, est qu'ils seraient des phénomènes de plasma encore inconnus. Nous discuterons de cette hypothèse plus en détail plus loin dans ce chapitre.

Le CEFAA, au Chili, échange avec plusieurs autres organismes officiels du monde.

Le CRIDOVNI en Uruguay, militaire

 

Organismes privés ou associatifs qui ont étudié ou qui étudient scientifiquement les ovnis:

-En France la SAPT (Société d'Astronomie Populaire de Toulouse) est une association d'astronomie qui fait aussi des enquêtes ovni. Ils se réunissent le dimanche à l'observatoire de Jolimont à Toulouse.

-L'association COMETA, formée de militaires et de scientifiques français, a publié en 1999 le rapport COMETA, qui conclue à la certitude de l'existence physique du phénomène, et à la possibilité qu'il débouche sur un contact extraterrestre. Son but est de préparer les gouvernements à une telle idée. Cette association est aujourd'hui en sommeil.

-Aux USA le MUFON (Mutual UFO Network) est une des plus anciennes et plus vastes organisations: enquêtes scientifiques avec des moyens importants.

Le CUFOS (Center for UFO Studies) auw USA a été fondé en 1973 par le Docteur J. Allen Hynek, astronome. Ceci lui donne une forte caution scientifique.

Sigma2 en France, une commission privée des professionnels de l'aviation civile

Le NARCAP aux USA, une commission des professionnels de l'aviation civile

Centro Regional Investigador de Fenómenos Aeroespaciales y Terrestres en Argentine, lié à l'armée

Le UFocus en Nouvelle Zélande, professionnels de l'aviation, astronomie, etc.

Le UFo-science en France.

Le réseau européen UFoCom.

Ajouté en Janvier 2017: je viens d'ajouter quelques noms dans ces deux listes. Ce qui est frappant est l'importance des professionnels du renseignement et de l'aviation, bien loin de l'image colportée par la désinformation amplifiante des médias comme quoi les ufologues seraient tous des conspirationnistes fêlés.

 

Groupes avec une approche spirituelle des ovnis, en relation ou non avec l'Epistémologie Générale:

The John E Mack Institute.

Les années 90: l'abduction

Tout a commencé en 1987 avec Whitley Strieber, un écrivain d'horreur jusqu'ici méconnu, et son livre «Communion», où il prétend avoir vécu ce qui semble à première vue une RR4 effrayante et bien sûr très sexuelle, avec d'hideux extraterrestres de petite taille, les «gris». De tels «nabots» ayant déjà été «vus» dans des cas de RR4 célèbres, l'histoire paraissait donc «vraisemblable» pour toute personne avec une culture ovni à l'époque. (Strieber a très probablement inventé son récit à partir des cas abondamment décrits dans la littérature, comme l'ont fait aussi des films de propagande raciste anti-extraterrestres à l'époque).

Mais l'affichage de ce visage «extraterrestre» délibérément hideux dans toutes les vitrines de librairie des USA allait avoir une conséquence que personne n'attendait: des milliers, puis des millions de personnes quelconques, sans culture ovni, déclarèrent avoir elles aussi été enlevées par les «gris»! Et ces témoignages répondaient à tous les critères de crédibilité, avec même des émotions violentes, voire des traumatismes! Ainsi, dans les années 90, le phénomène de «l'abduction extraterrestre» a pris des proportions énormes, au point de devenir un fait culturel majeur aux Etats Unis et d'inquiéter le gouvernement.

Une séance d'abduction typique commence dans le lit, et l'expérienceur se sent paralysé, ou incapable de communiquer avec les autres personnes présentes. Puis, pendant un certain temps, il est plongé dans ce qui semble être une réalité autre, à laquelle il accède sans transition, souvent depuis sa chambre (plus de soucoupe). Et ce qu'il vit dans cette autre «réalité» est stupéfiant d'extravagance: examens gynécologiques et anaux, prélèvement de gamètes pour des «expériences génétiques» destinées à «régénérer la race extraterrestre», présentation de «bébés hybrides» chétifs, mise en situation affective violente allant du viol et torture jusqu'à l'extase mystique, rencontre de «petits gris» plutôt répugnants, de personnages plus «humains» portant toges et insignes, de... militaires américains, dans des bases secrètes souterraines, implants dans le corps des témoins, implantation de foetus qui seront ensuite récupérés, etc. etc. etc.

Bien entendu, de nombreux écrivains ont rebondi sur l'affaire, qui a aussi occupé les organisation ufologiques survivantes de l'époque précédente. Le plus connu est sans conteste Bud Hopkins, qui a interrogé sous hypnose de nombreux expérienceurs, pour leur faire «se souvenir» des histoires les plus incroyables. Pendant un temps, les abductions ont aussi la caution d'autres scientifiques spécialistes du paranormal, comme John E. Mack, qui voyait dans les abductions une expérience spirituelle, plus précisément une «expérience de réalité autre». Ainsi, entre les cas d'abduction dans la chambre, les classiques RR4, et les cas extraordinaires de Bud Hopkins qui présentaient les caractéristiques à la fois de l'abduction et des RR4 (Enlèvements dans la chambre simultanément avec une vision de «soucoupes»), on avait alors la sensation d'un vaste phénomène protéiforme, qui commençaiT soudain à influencer fortement l'humanité, annonçant peut-être une sorte de révolution spirituelle où notre conscience prendrait enfin le contrôle de nos cerveaux limités.

En ce qui me concerne personnellement, j'ai aussi adhéré à ce courant d'idées, puisque j'ai eu à plusieurs reprises les mêmes expériences appelées à l'époque abduction (mais pas dégoûtantes comme celles de Strieber, tout de même). J'avais donc développé une thèse similaire à celle de Mack. C'est pour présenter cette thèse de l'interaction du psychique sur le matériel que j'avais consacré un long chapitre 68 de la première version de ce livre (2000), suivi d'un autre chapitre 69 sur les conséquences pratiques du phénomène (ou la conduite à tenir en sa présence). J'avais aussi écrit un plus petit livre «Quiet abduction» («L'abduction tranquille») plus accessible au grand public, dans l'espoir d'aider à accepter le phénomène. Dans la foulée du livre de Strieber, j'avais de bonne chances de toucher pas mal de monde... sauf un petit détail: un livre positif n'intéresse pas les éditeurs! Sa diffusion est donc restée confidentielle (Je l'ai retiré de la vente depuis, à cause des erreurs qu'il contient, mais je ne peux pas empêcher qu'il traîne encore sur Internet)

Parce qu'il y a une suite...

Les années 2000: le dégonflage de l'abduction

Des petits malins ont fini par remarquer que les récits dits «d'abduction» correspondent exactement à un type d'expérience que les spécialistes du sommeil connaissent bien: la paralysie du sommeil (chapitre V-8), aussi connue sous les noms d'expérience hypnagogique ou hypnopompique. Ou traditionnellement sous le nom de cauchemar... tout simplement. Et ces expériences n'ont rien d'inexplicable, elles ne sont qu'une variante du rêve, qui se produit quand on est à moitié réveillé (et elles ne sont pas des «hallucinations», comme on le lit trop souvent: elles arrivent à des personnes parfaitement normales, sans troubles psychologiques ni psychiatriques)

Qui plus est, ces expériences sont courantes, ce qui explique facilement les millions de «témoins». La seule chose extraordinaire est le degré de dissociation entre générations auquel il a fallu arriver pour que cesse de se transmettre la connaissance d'un phénomène aussi ancien, aussi banal et aussi commun, auquel presque tous les parents sont confrontés (puisque cela arrive souvent aux jeunes enfants).

Et bien entendu ces expériences n'ont absolument rien à voir avec les extraterrestres (quoiqu'elles se prêtent à des phénomènes parapsychologiques, comme le fait remarquer Simon J. Sherwood du Département de Psychologie de l'Université d'Edinburgh).

 

Dans la foulée, je remarquais vite que l'autre pilier de l'abduction, les témoignages fantastiques de Bud Hopkins, n'était pas plus solide. En effet ses témoignages sont essentiellement obtenus sous hypnose (chapitre V-8), une méthode qui a été fortement critiquée depuis (elle a aussi été utilisée lors de divorces pour soutirer de faux témoignages de pédophilie à des enfants, et condamner des pères totalement innocents)

Un cas typique, probablement le plus célèbre, est connu sous le nom d'affaire Linda Cortile (pseudonyme). Linda raconte une «visite» dans sa chambre de Manhattan par des «entités» qu'elle qualifie d'extraterrestres. Au même moment, des témoins, dont pas moins que Javier Pérez de Cuéllar, ex secrétaire général de l'ONU, voient une soucoupe volante stationnée à mi-hauteur d'un building, juste devant la chambre de Linda! Présenté de cette façon, un tel cas (parmi d'autres similaires rapportés par Bud Hopkins) apparaissait comme une preuve formelle que les abductions sont bien liées au ovnis. Ou qu'il existait toute une gradation entre les abductions (bénignes mais courantes) et les RR4 (extraordinaires mais rares), pointant à un phénomène unique dans tous les cas: les visions dans la chambre étaient bien des RR4! Rapidement Bud Hopkins a hypnotisé Linda pour la faire «se souvenir» d'histoires de rapport sexuels «scandaleux» à bord de la soucoupe, tandis que les témoins apportaient d'autres éléments, rencontrant Linda dans la soucoupe, révélant être des agents secrets, etc.

Quelques «détails» toutefois ont fini par attirer mon attention: les histoires de Linda n'arrivaient que sous hypnose par Bud Hopkins, les «témoins», bien sûr «anonymes», ne se manifestaient qu'à Bud Hopkins, et bien entendu Javier Pérez de Cuéllar dément formellement avoir jamais vu un ovni. Bref, sans Bud Hopkins, il n'y a aucun récit, aucune soucoupe, aucun extraterrestre... juste une très banale paralysie du sommeil par Linda.

Ainsi s'effondre à son tour le lien entre les paralysies du sommeil et les RR4, qui apparaissent alors bien comme deux phénomènes différents (quoique avec d'intéressants points communs au niveau des scénarios, ce qui suggère un générateur de scénario commun). Pendant quelques temps je me suis senti un peu seul, mais l'excitation sur l'abduction est redescendue aussi rapidement qu'elle est montée... et d'autres ont fini par remarquer aussi la même chose, comme par exemple un article du John E Mack Institute, qui met en garde contre les «prêtres de l'étrange», nommément Bud Hopkins.

 

En ce qui me concerne, j'avais basé ma Version 1 sur le livre «enquête sur les Enlèvements Extraterrestres» de Marie Thérèse de Brosses, en ces termes: (citation:) «une enquête fournie et circonstanciée qui fait le tour du problème des abductions, disant ce qu'il y a à dire sans pour autant perdre la tête. Merci a elle et à son vaste travail, sans lequel il ne m’aurait pas été possible d'écrire ces chapitres sur l'abduction. Sauf mention contraire, toutes les données sur l'abduction de ces chapitres sont extraites de ce livre, au point qu'il était difficile d'éviter quelques paraphrases. Par correction, j'indique donc ces passages «inspirés» avec les initiales (MT). On consultera également avec profit un dossier de la revue scientifique «Science et Avenir», peut suspecte d'«irrationalisme», «Rencontres du 4eme type», page 90, Juillet 1997)» (fin de citation, écrit en 2000).

L'ennui avec ce livre est que, depuis, Internet m'a permis de vérifier son contenu... et je n'ai tout simplement trouvé aucune mention des impressionnants cas qu'elle cite. Non seulement pas d'enquêtes, mais même pas de références, rien. C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille, avant même de comprendre ce qui s'était passé avec Bud Hopkins.

Il est aussi intéressant de noter ma référence à une revue scientifique sérieuse (qui mentionnait le livre de Marie Thérèse de Brosses): l'affaire avait pris assez d'ampleur et de crédibilité pour intéresser des scientifiques. Aujourd'hui, après ce dégonflage et ces révélations, il y a fort à parier que l'ufologie a encore perdu du crédit (et de fait, moins d'organismes officiels s'en occupent aujourd'hui en 2014)

 

Très vraisemblablement cet effondrement de l'abduction mènera d'autres ufologues au découragement, voire au scepticisme. Mais le plus grave est que, pour le grand public, le mot «ufologie» est devenu synonyme de délire ou de conspirationnisme, tandis que le petit visage hideux de Strieber est maintenant la norme sociale pour désigner les extraterrestres (on le voit même dans des revues scientifiques). Mensonge et vérité sont comme culture et mauvaise herbe: semez-les en quantité égale, vous récolterez toujours davantage de mensonge que de vérité. A la limite, ce serait de loin la meilleure méthode pour les reconnaître, hihihi!

Conséquences pratiques des paralysies du sommeil ou soi-disant «abductions»

(était le chapitre 69 dans la version 1)

Mes premières visions de paralysie du sommeil (que je qualifiais d'abduction à l'époque) étaient, comme presque tout le monde, des succubes grotesques, voire des entités d'apparence maléfiques. Mais, en tant que pratiquant de la méditation, j'avais vite remarqué que des visualisations quotidiennes faciles peuvent modifier ces visions. En fait, même de simples lectures sur l'abduction peuvent produire cet effet. Ainsi j'ai eu droit à un agent de la CIA, et même à un extraterrestre en uniforme argenté (Mais pas de militaires américains, désolé, je ne dois pas être assez anti-américain pour ça). Mais sous l'influence de la méditation, le contenu de mes expériences changea, pour de belles femmes et des expériences agréables... malheureusement j'ai atteint la «limite d'âge» (40 ans) au delà de laquelle ces phénomènes cessent de se produire (sauf un cas très utile en 2013, mais dont je ne peux pas publier la teneur)

Sur cette base prouvée, j'avais donc élaboré dans la version 1 ce long chapitre 69 où je décrivais différents enjeux et méthodes pour contrôler et utiliser le phénomène.

 

Une autre raison pour laquelle j'avais tellement développé cette partie était l'idée comme quoi les gens se rencontraient effectivement dans la réalité autre, commençant à élaborer une nouvelle société spirituelle. Cette idée se basait sur le concept de «dream mates» (compagnons de rêve) proposé par Marie Thérèse de Brosses, de personnes se rencontrant dans le monde de l'abduction, et se retrouvant ensuite dans le monde physique, une situation qui pouvait mener à de très intéressantes connivences spirituelles. Toutefois, quand Internet a commencé à devenir utilisable, je n'ai trouvé aucune autre référence sur les «dream mates» que... ma propre page!! (j'ai bien sûr retiré cette référence) Aujourd'hui encore, ce mot n'apparaît que dans un «lexique de l'abduction» en français, qui ne cite pas de sources ni de cas...sauf Bud Hopkins.

 

Evidemment, si la paralysie du sommeil n'est qu'une vision individuelle, les enjeux sont beaucoup plus limités, à la sphère personnelle. Toutefois c'est toujours très intéressant. En particulier, je maintiens que la paralysie du sommeil reste utilisable à des fins spirituelles, de méditation ou de visualisation tantrique (ou au minimum pour s'éviter des visions grotesques ou effrayantes). J'irais même plus loin, puisque la paralysie du sommeil peut produire des perceptions extrasensorielles (comme je l'ai observé) et probablement d'autres phénomènes parapsychologiques. Ainsi j'encourage tous ceux qui ont souvent des paralysies du sommeil à les utiliser dans leur pratique spirituelle, comme indiqué ci-dessus. On peut utiliser pour cela des visualisations quotidiennes simples, pour en diriger le contenu: visualiser que l'on est dans la situation, et que de belles visions apparaissent, ou que l'on perçoit des lieux lointains, etc. On peut aussi utiliser des pratiques plus élaborées comme le yoga du rêve (un des six Yogas de Naropa)

Concernant l'origine des visions spontanées des paralysie du sommeil, on consultera le chapitre V-16 sur l'instinct et surtout le chapitre VI-5 sur l'origine des fantasmes sexuels.

Pour les enfants, qui ont aussi des expériences de ce type, et qui peuvent être sérieusement effrayés voire traumatisés, mon conseil est de lire de belles histoires (fées, anges, elfes...) avant de s'endormir, et de jeter les horribles livres de sorciers ou de vampires. Les parents doivent aider dans cette direction. Le tout premier point pour cela est d'expliquer que ces expériences ne sont que des rêves, que l'on ne peut pas empêcher mais que l'on peut rendre moins effrayants en pensant à de belles choses avant de s'endormir.

 

Je pense que, dans l'hypothèse de Mack où les RR4 sont bien des immixtions du monde spirituel dans le monde physique, alors les méthodes précédentes pourraient s'appliquer aussi aux RR4, et produire des effets encore plus puissants. Toutefois c'est très difficile à vérifier, vu la rareté des RR4 (seulement 200 cas vérifiés à ce jour). Il faudrait trouver une personne qui en aurait fréquemment, mais je n'ai jamais entendu parler de tels cas.

Aujourd'hui (2014) et le futur

Assistant récemment à une réunion ufologique «libre», j'ai vu des «conférenciers» présenter des méthodes pipeau et des films sans rien d'inexplicable. Mais quand je leur parlais d'enquêter scientifiquement, un vide s'est fait autour de moi... Il est très clair qu'un grand nombre de gens qui se disent «ufologistes» aujourd'hui ne font que jouer à se faire croire des choses. Reste t-il des ufologues sincères? Que reste t-il dans grandes organisations des années 60? Faut-il inventer un nouveau mot, comme «ufonome», pour se différentiel de toutes ces magouilles?

Il y a pourtant toujours besoin d'enquêtes: semble t-il, des cas continuent à se produire, et chaque année des informations inestimables sont perdues. Et les témoignages ne semblent guère mieux accueillis que dans les années 1950, côté moquerie et répression.

Mais surtout, il faudrait réorienter la réflexion théorique en fonction des hypothèses psychiques ou spirituelles, celles de Méheust et Mack, que je présente plus en détails au prochain chapitre VII-3, dans le cadre théorique de la théorie de l'autogénération logique.

Erreur et honnêteté scientifique

Probablement certains me féliciteront pour avoir été capable de reconnaître la fausseté d'une théorie dans laquelle je m'étais investi avec enthousiasme.

Je me retire toutefois tout mérite: de telles remises en cause sont routine quand on recherche la vérité ou une meilleure société. J'en ai d'autres plus difficiles à mon actif, comme de devenir végétarien, ou d'éliminer les influences marxistes ou racistes de mon esprit. D'une manière plus générale, on a vu au chapitre V-12 la nécessité du non-attachement aux opinions, qui est de toutes façons une des bases de la méthode scientifique.

Par contre ce qui me paraît important de remarquer que cet abandon ne signifie pas prendre le contre-pied. Je ne suis donc pas devenu «sceptique»!

Ainsi je continue à penser que que les ovnis doivent toujours être étudiés objectivement. Des cas se produisent encore, même si ils sont plus rares. Des gens tentent toujours de s'en occuper, même si ils ne font probablement plus d'enquêtes, fautes de moyens. Je les admire, car il est très difficile, et très décourageant de travailler, et même de seulement discuter, quand Roswell, la CIA ou le hideux gris de Strieber surgissent toutes les dix phrases dans une réunion.

Je continue aussi à penser que les RR4 existent (elles sont connues par des enquêtes, et non pas par un seul auteur) et je continue de soutenir l'hypothèse psychique du défunt John E Mack comme quoi ces rencontres seraient des immixtions d'une réalité spirituelle dans le monde physique. Il y a certes d'autres hypothèses encore ouvertes, mais c'est celle qui colle le mieux avec les faits, notamment avec les incroyables violations des lois de la physique et du temps. Je tente donc de la présenter au prochain chapitre VII-3.

L'hypothèse plasma des ovnis

Cette hypothèse est moins aboutie, mais elle prétend expliquer les ovnis sans parapsychologie ni extraterrestres. Elle résulte de la convergence de diverses intuitions, et de l'étude de plusieurs autres phénomènes incompris.

Le premier à évoquer cette hypothèse a été Paul Devereux, sous le nom de Earth Lights. Il faisait le lien entre les ovnis et diverses manifestations lumineuses inexpliquées:

-La foudre en boule, généralement interprétée comme une boule de plasma. Toutefois personne ne sait comment elle peut stocker suffisamment d'énergie, ni surtout comment elle peut rester stable si longtemps. Il semble toutefois que personne n'ait remarqué que les descriptions de foudre en boule semblent généralement obéir aux lois de Méheust, ce qui implique une composante liée à la conscience (du témoin, ou d'une autre qui contrôlerait le phénomène).

-Les lumières associées aux tremblements de terre, dont l'existence est reconnue scientifiquement au moins depuis le tremblement de terre de l'Aquila en Italie (2009) (Voir chapitre VII-5) où plusieurs ont été filmées (mais je n'ai pas trouvé les films sur Internet). Leur explication est aujourd'hui inconnue (2014).

Le satellite Demeter a été lancé pour étudier ces phénomènes et d'autres similaires. Les résultats finaux montrent de légères perturbations de l'ionosphère avant les tremblements de terre, mais seulement de manière statistique (inutilisable pour une prédiction). Des perturbations bien plus importantes sont causées par des émetteurs militaires à basse fréquence.

-Les lumières de Hessdalen, souvent considérées comme ovni. Les observations scientifiques ont mesuré des spectres d'air ionisé (plasma) avec des puissances de plusieurs kilowatts.

-Les feux follets et autres «spook lights» que l'on observe particulièrement en certains lieux, et qui semblent réagir au comportement du témoin: approche, puis évitement. Là aussi on retrouve les Lois de Méheust.

 

Les premiers scientifiques officiels à parler de l'hypothèse plasma ont été le Projet Condign, qui attribue les ovnis à des phénomènes de plasma encore inconnus. L'avantage est d'expliquer avec une seule hypothèse une large variété de phénomènes. Mais l'inconvénient est que, justement, on a besoin d'une forme de plasma inconnue, capable de se maintenir tout en émettant des kilowatts, voire des mégawatts. On voit mal d'où proviendrait une telle énergie dans la nature.

Le Projet Condign expliquerait même les visions de personnages, RR3 et RR4, par des hallucinations provoquées par les intenses champs magnétiques. Cette hypothèse a de nombreux avantages, entre autres de ne pas nécessiter d'extraterrestres: les visions de RR4 ne seraient que des sortes de rêves analogues aux paralysies du sommeil. Voilà au moins qui expliquerait simplement les similitudes de scénarios entre les deux phénomènes! Toutefois cette hypothèse se heurte à de sérieuses difficultés:

-Les cas à plusieurs expérienceurs simultanés racontant la même histoire (un des cas les plus précisément connus est l'enlèvement de Pascagoula en 1973, Pascagoula Abduction affaire Hickson et Parker).

-De nombreux cas de RR3 ou RR4 ont aussi des témoins plus éloignés qui ont assisté à l'enlèvement (Affaire Valdez), sans être enlevés eux-mêmes, ou bien ils sont la culmination d'une vague locale.

-De nombreuses personnes ont été en contact direct avec la foudre, et même avec la foudre en boule, mais aucune n'a raconté de telles histoires.

-Certains cas montrent des violations des lois de la physique, et même de l'écoulement du temps, comme l'affaire Valdez en 1977. De telles anomalies sont totalement inexplicables pour la physique classique.

-Cela n'explique pas du tout les objets sombres ou d'apparence métallique (nombreux cas, y compris à Hessdalen).

 

Je ne rejetterai toutefois pas complètement l'hypothèse plasma. L'intuition de Paul Devereux pourrait s'avérer très intéressante, si on suppose par exemple que les plasmas, de par leurs complexes interactions, se prêteraient plus facilement à l'apparition d'une texture psychique, juste comme les réseaux de neurones le font. Ainsi une conscience pourrait s'en servir comme véhicule, et même renforcer le phénomène: le plasma se maintiendrait alors de manière inexplicable, rayonnant une énergie qui viendrait d'ailleurs. Les consciences impliquées pourraient être:

-Celle de l'expérienceur lui-même, ce qui expliquerait la similitude des RR4 avec les paralysies du sommeil

-Celle d'un «esprit des lieux» (chapitre V-17), une conscience qui apparaîtrait de par les complexes interactions dans un écosystème. Ce cas expliquerait les phénomènes récurrents dans un endroit donné, du type feu follet ou «spook light».

-Eventuellement, celle d'un «touriste» extraterrestre, qui viendrait faire des gouzi gouzi aux singes locaux, mais sans être autorisé à rester.

De plus, le phénomène serait favorisé quand il disposerait d'une source d'énergie pour démarrer: foudre, tremblement de terre en préparation. Mais il peut aussi le faire sans: ovni, feu follet.

 

La conclusion est que, même si les plasmas jouent un rôle, on ne peut pas vraiment exclure d'autres consciences.

D'éventuelles interactions entre la conscience et les phénomènes électromagnétiques prouveraient beaucoup d'hypothèses considérées aujourd'hui comme théories conspirationnistes.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre VII-2       

 

 

 

 

 

 

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