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Epistémologie Generale        Chapitre VI-11       

 

VI-11 49/51, ou pourquoi la démocratie coince

Avertissements sur l'intention de ce chapitre

Ce chapitre n'est pas «contre» la démocratie ou ses moyens (état de droit, liberté des partis, etc.) et je rejette par avance comme diffamatoire toute «interprétation» de ce genre. Mais il se trouve que la démocratie est au centre d'un diagramme quadripolaire (chapitre I-4), au niveau intermédiaire des compromis. Pour cette simple raison logique, la réponse à la question «la démocratie est-elle bien ou mal» dépend de la hauteur dans le diagramme où l'on se trouve. Au niveau inférieur de l'opposition dualiste, on est dans la dictature ou dans le désordre: la démocratie est donc un mieux, une libération, une organisation. Par contre, au niveau supérieur de la non-dualité, le compromis bloque les solutions. Dans cette situation, la démocratie formelle telle que nous la connaissons aujourd'hui devient un obstacle, voire un danger.

Ainsi toute opinion dualiste «pour» ou «contre» la démocratie et l'état de droit est vouée à produire des calamités. Et l'attitude juste dépend du niveau d'évolution des gens qui pratiquent la démocratie.

Ainsi, pour des gens psychoprimitifs, prêts à se battre les uns contre les autres, l'état de droit est nécessaire, avec la police et tout, jusqu'à ce qu'ils apprennent à vivre ensemble en paix. A ce point, la démocratie peut fonctionner harmonieusement, sans constamment appeler la police. Par contre on peut aussi pleinement affirmer qu'une société psychoéduquée (chapitre V-12), étant au niveau supérieur du diagramme, n'a plus besoin du compromis légal et démocratique. Une telle société apporte davantage de respect des personnes que l'état de droit, et davantage de liberté que la démocratie. Elle peut donc les oublier, non pas parce qu'ils seraient mauvais, mais parce que leurs buts seraient accomplis bien au delà de la vision qui les a inspirés.

Ainsi la démocratie et l'état de droit sont comme une bouée: indispensables pour un piéton traverser une rivière, mais un fardeau inutile pour l'oiseau qui sait voler par-dessus. Ou comme le tuteur pour un arbre, ou comme le moule pour le bronze: indispensable pour créer la forme, mais qu'il faut retirer ensuite pour révéler et parachever cette forme.

 

Il se trouve que aujourd'hui, La grande majorité des gens sont encore en-dessous du niveau intermédiaire: la démocratie est donc une bonne chose pour eux. Et un progrès encore attendu dans plusieurs pays. C'est aussi un guide indispensable pour les gens incapables de comprendre les non-dualités, qui ont donc besoin de la démocratie et de l'état de droit. Ainsi, la démocratie est-elle un progrès considérable par rapport à la dictature.

On a l'habitude de dire que ce progrès est dû au droit de vote et à l'état de droit, au point de définir la démocratie par eux. Je dirais plutôt que, comme dans tout diagramme quadripolaire, c'est l'état d'esprit de la majorité (plus ou moins dualiste) qui définit la hauteur dans le diagramme, à laquelle se trouve un pays donné: dualisme (dictature), compromis (démocratie) ou non-dualité. C'est donc bien l'état d'esprit des gens, leur niveau spirituel, qui détermine si un pays est démocratique ou non. Avec le niveau, la démocratie existe, même sans votes ni état de droit. Sans le niveau, la démocratie ne marche tout simplement pas, et elle retombe automatiquement dans les guerres civiles et les dictatures élues (nazisme et bien d'autres). Et si j'ai pu voir dans ma vie tant de dictatures disparaître, et tant de démocraties fleurir, je sais qu'on le doit bien à une évolution réelle des mentalités, et non pas à des artifices juridiques pour compter des voix.

 

Mais on commence aussi à trouver des gens au niveau supérieur de la non-dualité. Et de nombreux problèmes sont alors révélés, par exemple les difficultés des démocraties à appréhender une urgence grave comme le changement climatique. Ceci montre clairement que la démocratie a atteint ses limites, et qu'il faut rapidement trouver mieux que de renvoyer des «opinions» dos à dos dans des «débats» d'où les vraies solutions ont été exclues avant même de commencer.

 

Un problème plus profond est que la démocratie n'est pas un moyen de trouver la vérité. C'est ce que les psychologues appellent une méthode de réduction des conflits. Dans un système où la majorité l'emporte, seule une minorité est insatisfaite, et a donc plus intérêt à se taire qu'à engager un combat inégal. C'est un progrès considérable par rapport aux dictatures, où la majorité est insatisfaite. Mais si c'est la majorité qui a tort, ou si elle est manipulée, alors des problèmes graves peuvent rester non-résolus malgré les solutions objectives bien connues, comme par exemple le changement climatique, ou l'oppression par la haute finance. D'autres problèmes très graves comme l'avortement ne peuvent même pas être discutés, faute de moyen scientifique d'appréhender la conscience (ce que ce livre tente de corriger). On a donc clairement besoin de mieux que l'actuelle démocratie, et sans attendre que tout le monde soit psychoéduqué. C'est ce que cette partie propose.

Toutefois l'objectif de ce chapitre est beaucoup plus modeste: pourquoi la démocratie n'accouche t-elle le plus souvent que d'une sorte de dictature molle acceptée de mauvais gré, alors que les gens ont toute liberté de voter pour des solutions justes et des dirigeants valables.

49/51

49% et 51%, ces chiffres vous sont familiers: ce sont les résultats des dernières élections. Peu importe lesquelles, de 1850 ou d'hier, de France, des Etats Unis, de Russie, et même de Libye juste après Kadhafi.

 

Le problème est que, pour un statisticiens, cette constance est hautement improbable: les opinions humaines varient en fonction de nombreux critères, auxquelles s'ajoutent les personnalités des candidats, les situations politiques, etc. Il est tout simplement impossible que, dans une telle variété de pays, de peuples, d'enjeux, on retrouve toujours le même chiffre, avec une telle précision. C'est comme si on jouait à pile ou face des milliers de fois, et que la pièce retombe toujours sur la tranche! Cela n'arrive jamais.

 

Face à ce constat absurde, la première explication qui vient à l'esprit est que les élections seraient toutes massivement truquées. Une telle explication ferait une belle théorie conspirationniste, mais elle est toutefois très peu probable: en effet, les décomptes sont publics, et assurés par des assesseurs de chaque parti, qui se vérifient mutuellement. De toutes façons les exemples connus de bourrages d'urnes produisent plutôt des résultats extrêmes.

Enfin, affirmer sans preuve l'existence d'un tel truquage serait légalement de la diffamation. Je m'en abstiendrai donc. Mais en tant que scientifique, je n'ai pas non plus le droit d'affirmer qu'il n'y a pas de problème. Car c'est bien ce que la science statistique démontre avec une certitude quasi absolue: il y a quelque chose qui fausse massivement le résultat des élections. Et de toutes façons personne ne se reconnaît dans cette classe politique étrange, arrogante et effrayante, que nous avons pourtant portée au pouvoir par nos propres votes.

Comment fonctionne l'attracteur 49/51

En mathématique, un attracteur est un lieu qui attire les valeurs d'une série. On peut considérer que dans les élections telles qu'elles ont lieu aujourd'hui, 50% est un attracteur: il y a bien plus de résultat que prévisible groupés très près de 50%, parfois si près que plusieurs élections ont dû être refaites récemment, car le décompte n'arrivait plus à départager les candidats.

 

Quel est donc ce mécanisme qui déforme si violemment les intentions des électeurs? Et offre une poignée si commode aux manipulateurs? Il est suffisamment subtil pour que apparemment personne ne l'ait encore remarqué. Mais il est finalement assez facile à comprendre, une fois qu'on en a saisi les bases.

 

Prenons d'abord un exemple particulier: pourquoi en France les Catholiques ne votent-ils pas à gauche? En toute rigueur, si on lit les Evangiles, les valeurs christiques d'égalité, de solidarité et d'aide aux plus pauvres, sont étiquetées «de gauche» aujourd'hui. Mieux, dans les Actes de Apôtres, juste après la mort de Jésus, ses disciples s'organisent dans une communauté qui ressemble bien plus à un kolkhoze soviétique qu'à n'importe quoi d'autre, avec collectivisation totale de tous les biens, argent, terres, etc!

Alors pourquoi les Catholiques ne votent-ils pas à gauche? La raison, le premier à qui vous demanderez vous le dira sans ambages: la gauche s'oppose à l'esprit, dénie la dignité humaine, et touche souvent à l'intégrisme athée (les souvenirs de persécutions «révolutionnaires» sont encore vifs, et les nouvelles brimades racistes contre les Musulmans ravivent une plaie qui n'était pas vraiment fermée). Il est proprement ahurissant que des choses aussi cosmiquement contradictoires que les valeurs sociales et le rejet de l'esprit puissent coexister dans la même caboche, mais on en a pourtant la preuve écrite à chaque élection, sur presque toutes les professions de foi, même des «verts».

Par contre la droite «soutient» les Catholiques! Mais cette protection est livrée avec des valeurs capitalistes d'égocentrisme, de privilèges et de confiscation de la production, en clair l'exacte antithèse des valeurs chrétiennes. Le piège de la «droite» est grossier: soyez Cathos si vous voulez, mais uniquement le dimanche à la messe, le reste du temps taisez-vous et laissez-vous plumer.

Dans ces conditions, les Catholiques ne devraient voter ni pour l'un, ni pour l'autre, car les deux choix sont finalement aussi hypocrites et inefficaces. Toutefois l'abstention fait toujours monter des choses bien pires, aussi les gens préfèrent-ils voter quand même.

 

Cet exemple simple est suffisant pour comprendre

le dilemme des électeurs, qui ont à choisir entre deux valeurs fondamentales, mises artificiellement en opposition. C'est un peu comme si on demandait aux gens de voter entre être rôtis ou être bouillis, on trouverait sûrement quelque chose dans les 49/51 (Et même probablement le taux d'abstention habituel).

Un résultat sans aucune signification, car la seule bonne réponse, «rester en vie» a été évacuée des choix offerts. Mais si on posait cette question-là, on aurait sûrement 99% pour.

 

Bon, bien entendu, les élections réelles sont plus complexes. Mais justement cette complexité renforce le problème: les gens ont à choisir entre non pas une, mais entre plusieurs paires de valeurs, toutes artificiellement mises en opposition. Même l'écologie a été opposée à la protection contre les drogues, et encore plus récemment la liberté sexuelle a été opposée aux droits des enfants. Ainsi le choix réellement offert aux électeurs n'est jamais vraiment bon, et rarement vraiment mauvais: c'est un choix ambigu, entre un nombre à peu près égal de points positifs et de points négatifs. Dans ces conditions, le choix électoral au second tour est comme entre le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide, et les résultats reflètent parfaitement l’ambiguïté des propositions.

Les gens sont-ils conscients qu'ils se font berner? Apparemment non: la plupart étant encore trop dualistes, ils pensent que cette division est naturelle, ou eux-mêmes «voient» les choses de cette façon. Et quand on leur donne à choisir entre deux valeurs, la plupart «prennent parti», et se mettent à détester «l'autre bord» et toutes ses valeurs positives ou négatives, sans distinction. Sans voir le manipulateur qui leur a présenté les choses de cette façon. Ou il n'y aurait même pas de manipulateur, car les politiciens et les médias étant eux-mêmes plus dualistes que le peuple, et ils hallucinent déjà deux camps opposés. En finale, le choix des électeurs se fait selon leurs opinions sur un ou deux point des programmes, et, ces opinions se répartissant au hasard des névroses (chapitre V-12, où l'on a vu que les névroses ne résultent que du fonctionnement des neurones matériels, sans tenir aucun compte des souffrances ou du bonheur qu'elles produisent), tout se passe donc comme si une large majorité des électeurs votaient à pile ou face, tout en croyant avoir le choix. C'est ce qui statistiquement produit ces résultats proches de 50%. Même des enjeux importants n'arrivent pas vraiment à fléchir cette loi!

 

Même les politiciens semblent cocher les différents points des programmes au hasard, produisant tous ces partis gris sans vraiment de personnalité, tout juste capables d'empêcher la société de couler. Seules les extrêmes se remarquent par leurs positions dangereuses, mais même là aussi elles sont en quelque sorte interchangeables, et on a souvent vu les électeurs d'un bord voter pour l'autre.

 

Et encore, il s'agit du suffrage universel direct. Les systèmes d'élections à plusieurs niveaux sont encore pires, faisant toujours ressortir des partis rassis et des personnalités périmées, que personne n'attendait plus. Par exemple les Italiens se souviendront longtemps de Berlusconi, qui a continué à apparaître à la tête de différentes chambres pendant plusieurs années, malgré la haine des électeurs. Ce n'est pas par hasard si en France les diverses réactions du 19eme siècle ont rétabli un suffrage censitaire au détriment du suffrage universel. Même la Cinquième République refuse encore le référendum d'initiative populaire.

Comment manipuler les élections

Les manipulations que je vais décrire ici sont-elles intentionnelles, ou ne sont-elles que des résultantes statistiques des actions aléatoires de politiciens psychoprimitifs et dualistes? Je préfère ne pas tenter de répondre à cette question, me contentant de constater la réalité et l'omniprésence massive des faits. La vraie réponse, c'est à vous de la donner, en comprenant ce chapitre et en votant pour ceux qui tenteront d'appliquer les solutions proposées à la fin.

Manipuler les élections: classer tous les partis sur une seule échelle linéaire gauche-droite

Ce petit jeu pervers est aussi vieux que les élections. Politiciens et médias sont unanimes à le faire: ils nous considèrent comme plus ou moins «à gauche» ou «à droite» (les termes varient selon les pays), et tout ce qui ne rentre pas dans cette classification est qualifié d'«ambigu», de «nébuleux» (ce qu'ils disaient de l'écologie en 1978 en France). Cette classification peut se démonter facilement. Par exemple, si on considère la gauche comme partisane du progrès social, et la droite comme capitaliste, alors l'extrême gauche apparaît comme une «super gauche». Ce n'est pourtant pas du tout la même chose: l'extrême gauche est marxiste, alors que la gauche «modérée» ne cherche qu'à contrôler le capitalisme. Même chose à droite: le fachisme n'est pas du tout un super-capitalisme. Au contraire ils haïssent plutôt les patrons (Mais étant bien moins intelligents qu'eux, ils se font toujours berner). On a donc bien quatre choses totalement différentes, qui devraient plutôt se disposer en carré: Si on met le social à gauche et le capitalisme à droite, alors il faut mettre le libéral en haut et l'autoritaire en bas. Ce qui fait bien un carré avec quatre lieux, et non pas deux. Si on ajoute l'écologie, elle ne rentre ni dans l'une ni dans l'autre de ces quatre catégories: il faut un cinquième lieu. Oh même pas: qui peut bien être contre la survie de notre espèce? Normalement un vote concernant l'écologie ne peut pas avoir moins de 90% des voix (seuls les sociopathes pouvant réellement souhaiter la destruction de l'humanité). Ainsi, dire que l'écologie est «de gauche» a été une des manipulations mentales majeures de la fin du 20ème siècle, et de cela seul vient qu'elle reste confinée à quelques pour cent dans les résultats électoraux. En tous cas elle ne peut pas dépasser les fatidiques 50% tant qu'elle se prostitue à porter une étiquette partisane qui ne correspond à rien. Pour preuve, l'inverse est aussi vrai, et les régimes de droite ou d'extrême droite qui ont tenté d'utiliser l'écologie n'ont pas davantage réussi à la faire monter dans les voix.

Cette réduction de toutes les idées à une simple échelle linéaire droite-gauche est la cause directe de cette bipolarisation qui bloque toute la vie politique: tous les déçus du premier tour vont se reporter au second tour sur le candidat «de leur côté», même si il est totalement différent ou complètement nul. C'est précisément ce processus de report d'une variété de critères sur seulement deux candidats dans un second tour qui, par le jeu des lois de la statistique, sélectionne les deux candidats «verre à moitié vide» et «verre à moitié plein» que l'on y retrouve presque toujours. Et qui retire tout choix réel aux élections.

Et les politiciens manipulateurs le savent bien: ils prennent au hasard des positions justes ou fausses sur les différents points de programme, mais en quantité égale de chaque côté, afin de ne pas fausser la balance. Ou bien ils souffrent eux aussi d'opinions au hasard, ce qui revient à cocher les différents points de programme au hasard, donnant statistiquement le même nombre de chaque côté. Les élections sélectionnent alors les moins capables de contrôler leurs névroses d'opinion. Et c'est bien ce que l'on observe: on voit très rarement un politicien changer d'avis. Même si cela lui coûte son poste.

Manipuler les élections: le rôle des extrémistes.

On peut définir l'extrémisme comme le désir ou la volonté de recourir à l'autorité arbitraire, voire à la violence physique: négation des droits de certaines personnes, restrictions des libertés, censure, etc. Toutefois ceci est une maladie sociale, pas du tout une orientation politique. Ne sont extrémistes que les haineux et les frustrés (et bien sûr les sociopathes, mais ceux qui votent pour les extrémistes sont trop nombreux pour être tous des sociopathes).

Dans les propagandes électorales de tout bord, les extrémistes jouent le rôle de repoussoir: le «danger du communisme» incite à voter au second tour pour le candidat de droite «verre à moitié vide», tandis que le candidat de gauche «verre à moitié plein» apparaît comme le seul rempart contre le fachisme. Ainsi même l'extrême-droite et l'extrême gauche jouent-ils eux aussi un rôle actif dans le maintient d'une majorité servile de «verre à moitié vide» et «verre à moitié plein». On peut voir très clairement ça fonctionner sur des exemples récents:

-En France en 2013 lors des manifestations contre la «théorie de genre» à l'école et contre l'adoption homosexuelle, l'extrême droite a affirmé «soutenir les manifestants», qui ont alors été immédiatement étiquetés «extrême droite» par les médias. Ce qui bien sûr a entraîné leur démobilisation radicale. Si les théories du genre ne sont pas passées (pour le moment) l'adoption par des couples homosexuels a bel et bien été légalisée (en attendant l'adoption sadomaso, l'adoption zoophile, l'adoption scatologique, etc.), sans aucun vote démocratique, et sans aucun débat ni aucune étude sur les conséquences. Je n'appelle pas ça de la démocratie, mais de la pure manipulation mentale.

-En France vers 1995, alors que mes propres enfants étant victimes des discriminations contre les pères, j'avais contacté les associations de protection (il y en avait plusieurs, qui prenaient rapidement de l'importance). Mais on m'a répondu que «ils accepteraient l'aide de l'extrême droite». Inutile de préciser qu'ils n'ont pas eu la mienne, et que ce mouvement a rapidement périclité. En effet, les extrémistes n'entrent dans un mouvement que pour en pomper les électeurs. Mais pour que le transfert soit effectif, il leur faut ensuite détruire le mouvement visé, en décourageant les autres membres. L'extrême gauche a fait exactement la même chose avec le mouvement antinucléaire.

-En France en 2014, lors du scandale du barrage de Sivens, tout le monde s'oppose à la destruction inutile d'une des dernières zones naturelles de la région. Similairement, l'absurde projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, inutilement placé en pleine campagne, produit une vive opposition depuis des années. Une des formes d'action proposée est l'occupation non-violente des sites menacés, selon les méthode de Gandhi qui avaient si bien marché pour protéger le Larzac dans les années 1970. Cette action prend même un nom intéressant: les ZAD, Zones A Défendre, par parodie des vocables administratifs qui désignent les Zones A Détruire. Toutefois qui voit-on s'amener sur les ZAD? Anarchistes et gauchistes armés de cocktails Molotov, affrontant les policiers également amenés à cette fin (Pour qu'il y ait des «affrontements avec la police», il faut que la police vienne aussi, d'ac? Sinon il n'y a jamais d'affrontements). Et quand la police n'est pas là, alors ces gens se muent en clochards construisant des huttes en palettes et salissant les sites. Ainsi la population s'est très rapidement désinvestie de ces luttes, que les médias et wikipédia n'avaient plus qu'à présenter comme le fait d'extrémistes aux idées anti-sociales.

-Le mouvement Occupy Wall Street a été associé à des idées d'extrême gauche ou anarchistes, voire à la libéralisation des drogues, chassant les citoyens ordinaires qui l'avaient lancé.

-La spiritualité est aussi assimilée aux sectes, qui sont les extrémistes de ce domaine.

-Le terrorisme sert à justifier les brimades racistes contre tous les Musulmans, ou le rejet raciste des réfugiés Syriens.

-Les associations privées de recherche sur les ovnis ont été assimilées par les médias aux théories conspirationnistes (chapitre VII-2), elles aussi une forme d'extrême droite, souvent fascinée par les nazis. On verra au chapitre VII-5 à propos de la catastrophe de l'AZF, qui crée vraiment ces théories conspirationnistes et pourquoi.

On remarque que dans tous ces exemples, il y a collaboration de fait entre les extrémistes (qui investissent les mouvements) et les médias (qui présentent les mouvements comme étant le fait des seuls extrémistes). Souvent les médias eux-mêmes emploient les mêmes termes et les mêmes manipulations mentales que les extrémistes, voir le sous-chapitre suivant.

 

Ainsi les extrêmes servent-elles, par désinformation amplifiante et amalgame, de repoussoir à toute idée réellement progressiste. Mais il faut aussi se rappeler que les extrémistes peuvent aussi servir à mettre directement les peuples au pas, quand la démocratie ne suffit plus à les anesthésier. C'est ce qui s'est passé avec le nazisme, porté au gouvernement par décision arbitraire des médias, de certains grands patrons et de l'ensemble de la classe politique. Rien ne garantit que ce scénario ne puisse pas se reproduire aujourd'hui, au vu de tel ou tel «danger» réel ou supposé. Ainsi en France, 2016, seulement deux ou trois attentats ont servi de prétexte à instaurer un état d'urgence très pratique pour interdire différentes manifestations sociales ou événements artistiques.

Bon, comme le pouvoir dans le monde est essentiellement au grand capitalisme, on pensera qu'ils ne vont pas se servir de l'extrême gauche comme ils se servent de l'extrême droite. Toutefois dans les révolutions communistes sans psychoéducation, le grand capitalisme réussit presque aussi bien à récupérer le pouvoir à ses propres fins, comme en Chine.

Manipuler les élections: faire l'apologie des méchants

Une société qui ne repose pas sur un idéal partagé a besoin de répression contre ceux qui n'approuvent pas sa direction. Mais pour justifier la répression sans avoir l'air autoritaire, il faut un bouc émissaire, que tout le monde sera d'accord pour condamner. Pendant longtemps, l'extrême gauche et les anarchistes ont joué ce rôle en Europe et en Amérique. Mais aujourd'hui (2016), la momie de Marx tombe en poussière, tandis que les partis d'extrême gauche deviennent des amicales du troisième âge. Seuls restaient alors les sectes et les pédophiles pour justifier les lois spéciales et les rodomontades autoritaristes des politiciens sociopathes. Et encore pour les sectes doivent-ils les «aider à exister», comme avec la ridicule mise en scène de Bugarach, lol!

Toutefois, avec les actes terrorisme sur le sol français (2015, 2016) les médias se livrent à une véritable apologie, voire relaient directement leur propagande. Ainsi le visage des terroristes en France est resté plusieurs mois à la une des médias (comme chante Renaud: «Demain dans le journal il y aura mon portrait»), tandis qu'on détaillait leurs vies, leurs goûts, leurs activités sexuelles, etc. comme on le ferait de personnages formidables. Mais leurs victimes, orphelines, mortes ou mutilées, n'ont droit qu'à un silence méprisant! Les médias disent même que c'est de leur faute:

On peut constater chaque jour (France, 2016) que les médias relayent directement la propagande et les manipulations mentales du daesh, comme de le qualifier «d'état» (ce qui lui donne la même autorité que la police ou la justice) «islamique» (ce qui lui donne la même autorité morale que le Pape ou le Dalaï Lama) et même de «Jihadiste» (ce qui présente leurs activité comme une légitime défense, et leurs victimes comme des agresseurs violents!). Que de grands médias utilisent exactement les mêmes procédés de manipulation mentale qu'un petit groupe de barbares exotiques pose de grave questions. Il est en effet difficile de se rassurer en pensant qu'il ne s'agit que de psychoprimitifs aux structures mentales similaires. En tous les cas ils ne valent pas mieux que le daesh, avec leurs «forums» pleins de racistes et de trolls. Ne cherchez pas pourquoi des jeunes français ont envie de rejoindre un groupe aussi barjot et improbable que le daesh: ils l'ont «vu à la télé»! Que seulement une centaine tombent dans ce piège tendu par les médias Orwelliens est finalement extrêmement rassurant sur la valeur de l'humanité.

Manipuler les élections: l'effet tiercé et le vote utile

En France, le tiercé est un système de pari sur des courses de chevaux. Certains médias publient des «pronostics», des tentatives de prédiction des résultats, à l'attention des parieurs. Bien entendu, ces pronostics sont incomplets ou biaisés: si qui que ce soit savait faire des pronostics justes, il les garderait pour lui!! Mais l'immense majorité de joueurs n'a aucune information réelle sur les capacités des chevaux en jeu: les seules informations disponibles sont alors les différents pronostics. Donc une large part des joueurs parie sur les quelques chevaux que les pronostics désignent comme probable vaincoeurs: c'est l'effet tiercé. Appliqué aux élections, on retrouve le même effet: les électeurs n'ont que peu d'information sur ce que les candidats feront vraiment si ils sont élus. Mais si les médias prononcent de milliers de fois certains noms, en les créditant de sondages élevés, tout en ne prononçant jamais d'autres noms, cela entraîne une adhésion «sympathique», et des votes par effet tiercé.

Une variante de l'effet tiercé est l'effet de la notoriété: une part importante des électeurs votent pour le nom qu'ils entendent le plus (indifféremment en bien ou en mal). Ceci permet même à des candidats barjots ou extrémistes d'avoir ponctuellement des maires, voire des députés, dans la circonscription où ils se présentent. Mais si la fois d'après le candidat le plus connu est un écolo, c'est lui qui passera, pourtant dans la même circonscription.

De plus, il paraît souvent plus profitable de voter pour un moins bon candidat, mais qui a plus de chances d'être élu (face à la menace brandie d'un ennemi effrayant de «l'autre bord»). C'est ce que l'on appelle le vote utile, qui permet aux médias de manipuler facilement les élections. Bon, bien sûr, les cas de fraude directe par les sociétés de sondages sont rares. Mais les médias qui commandent ou publient les sondages ont toute latitude pour choisir les questions, et surtout pour choisir quels sondages seront publiés ou non. Ainsi ils peuvent déterminer plusieurs mois à l'avance quel candidat sera au second tour: il suffit de faire un sondage avec le candidat A désiré, qui a alors forcément toutes les voix, et de le publier bien en vue. Si un autre sondage était fait avec seulement un candidat malvenu B ou C, il aurait forcément un nombre similaire de voix, mais il suffit alors de ne pas publier ce sondage, de ne même pas le faire! Au moment de voter, une part importante de l'électorat votera donc «utile» pour le candidat A, même si ils préfèrent B ou C, croyant qu'ils n'ont que peu de chance de gagner. Ainsi les médias manipulateurs peuvent diriger les votes sur leur candidat, tout en écrasant les autres. Bien entendu si la même manipulation était faite en faveur du candidat B ou C, c'est lui qui passerait, tandis que A serait marginalisé.

Ces manipulations fonctionnent en toute indépendance du programme ou de la personnalité de ces candidats.

Autres méthodes de manipulation de l'opinion

Rumeurs et mensonges. Le protocole des sages de Zion a été un faux document abondamment utilisé par les nazis pour justifier leur politique raciste.

Le même procédé est ressorti aujourd'hui contre la spiritualité, avec des dénonciations de mouvement imaginaires: prophétie Maya, inédie (chapitre VII-5). Ces «risques» entièrement imaginaires sont alors utilisés pour mettre en place des contrôles réels.

Présenter une opinion unanime comme une opinion qui divise la population. Il suffit par exemple d'interviewer «objectivement» deux personnes, une «pour» et une «contre». Et de leur donner le même poids dans les présentations télévisées. Ainsi même si il n'y a qu'une seule personne «contre», on voit un vaste mouvement «contre», et un mouvement «pour» affaibli par des arguments opposés. C'est le cas par exemple pour l'heure d'été: alors que mon propre vote la rejette massivement, tous les sites de médias montrent une opinion partagée à 50-50.

Temps de parole inégaux. Les lois électorales garantissent un temps de parole égal pour tous les candidats. Effectivement, chacun voit sa tête cadrée par la télé pendant le même temps. Toutefois les médias détournent régulièrement et massivement ces lois, de différentes façons: -organiser des «débats» entre candidats «importants»; -mentionner abondamment les noms des candidats 49/51 et rarement des autres; -faire quantité de commentaires hors sujet sur la vie des candidats qu'ils soutiennent: leurs habits, leurs commentaires sur le foot, des scènes attendrissantes où ils rient, sont en compagnie d'enfants, etc. (On peut trouver sur Youtube des images d'archive où même hitler a l'air tendre et sympathique!) Bien entendu ce traitement entraîne la sympathie pour ces candidats, même si ils sont dangereux, alors que les autres candidats apparaissent inconnus, voire inhumains ou inquiétants.

Statistiques biaisées. Je me souviens, dans les années 1960, la télévision était contre les motards. Pourquoi j'en sais rien, une de leurs habituelles lubies, oubliée depuis. L'un d'eux interviewait un assureur, qui confirma que les motards étaient impliqués dans davantage d'accidents que les automobilistes. Mais alors qu'il s'apprêtait à dire les pourcentages d'accidents responsables, le journaliste lui coupa la parole pour poser une autre question, et éviter une comparaison révélatrice sur ces responsabilités. On peut voir chaque jour de nombreux faits similaires, tout au long des informations télévisées.

Informations incomplètes. Les médias sont friands de détails privés inutiles sur les personnes accusées, mais ils «oublient» généralement de donner «le» détail important qui permettraient de vraiment savoir si la personne est responsable ou non. Exemple: lors du déraillement de train de Saint Jacques de Compostelle, il a été dit que le conducteur était en train de consulter une carte en discutant au téléphone. Toutefois, même wikipédia ne précise pas si il le faisait de sa propre initiative, ou si il était soumis à des pressions de sa direction, ce qui l’exonérerait de sa responsabilité. Comme ça, on peut «débattre»...

Présenter une déclaration équilibrée comme une critique. Ceci est relativement rare, mais un exemple flagrant est visible depuis des années (2007) sur la page wikipédia du Projet Maitreya (2016), qu'ils accusent d'exproprier des terrains à bas prix. En fait le Projet s'y est toujours opposé lui-même, comme on peut le voir sur les propres sources de wikipedia: «La ligne de conduite de base du Projet est qu'il n'acceptera pas les terres offertes par le gouvernement de l'Utar Pradesh, tant qu'un accord complet, équitable et plaisant ne sera pas trouvé avec toutes les parties». Omettre cette information permet de cacher le but spirituel du Projet, et de le présenter comme une activité mondaine comme les autres.

Informations inutiles: accidents horribles, agressions, foot, pitreries des «pipoles», décolleté des actrices, etc. ne sont en aucun cas des «informations» utiles pour l'exercice de nos droits ou l'orientation de nos vies. Pourtant les médias y consacrent plus de la moitié de l'espace où l'on attend de l'information. Souvent même ils ne parlent que de ça, et leurs récits ridicules ou navrants nous sont parfois imposés jusque dans les supermarchés, les salles d'attente, voire sur les pages d'accueil des... navigateurs Internet. Microsoft Edge pousse même le persiflage jusqu'à appeler ce flux d'ordures «Mon fil d'actualité»!! Est-ce cela que l'on appelle le «Edge play», hahahaha!

Textes expansés. Certains articles ne font que reprendre le titre, avec des phrases plus longues, des explications sur ce que tout le monde sait (sauf celui qui l'écrit). Plus grave, les mêmes textes se répètent à l'identique sur tous les journaux et tous les sites d'information! Faire une recherche internet sur la véritable source devient alors une gageure.

Etouffer les moteurs de recherche. Un exemple flagrant est visible avec ma page sur l'heure d'été: pendant des années, elle est apparue en 2eme ou 3eme position. Mais petit à petit elle est devenue invisible, reléguée dans l'enfer des basses indexations, par des centaines de pages de média sur ce sujet, qui se répètent l'une l'autre sans apporter d'information. Ceci arrive tant que les moteurs de recherche considèrent une page de médias creuse comme «plus pertinente» qu'une page d'information détaillée sur un «site personnel». On peut même se servir de cet exemple pour avoir une idée de la pertinence des moteurs de recherche, selon le rang qu'ils accordent à cette page. Surprise, en faisant à nouveau ce test, 2016 donne plutôt de bon résultats: les plus importants ont fini par s'occuper du problème dénoncé ici. Bing: 8 (fort progrès) Yahoo: 8 (fort progrès) Google: 31 (en progrès) Duck Duck Go: 43 (en baisse) Yandex: pas trouvé (plus de 200). Baidu: absent des 67 résultats. Ce test doit être refait au moins tous les ans, car les résultats changent beaucoup. Un autre test intéressant est sur ma page «Epistémologie générale», un mot-clé très difficile.

Trolls payés. Aujourd'hui qu'une bonne partie de l'information passe par Internet, il est de bon ton d'avoir un «forum» discutant de chaque article. Mais il est facile de vérifier, par exemple sur un site comme Yahoo actualités, que la plupart des commentaires sont racistes, et qu'en plus ils sont publiés tous ensemble immédiatement après l'article. On a donc clairement un cas de bourrage et manipulation des forums, avec l'approbation de leurs propres gérants. (Une règle générale est que, si les trolls sont admis sur un forum, c'est que ça arrange les gérants d'une façon ou d'une autre.).

Faire passer une mauvaise pilule avec du sucre. Ceci est une manipulation très courante, mais que je ne vois pas souvent dénoncée. Le principe est simple: proposer des lois complexes, touchant de multiples domaines différents. Mais on ne peut pas «détailler»: ainsi les aspects souhaitables ou positifs servent à faire passer des points négatifs ou rétrogrades perdus ailleurs dans un texte complexe ou ambigu.

Négocier un soi-disant «juste milieu raisonnable». Le principe est aussi simple: on propose une loi visiblement excessive, qui produit forcément un mouvement de rejet. Ainsi il faut nécessairement passer par la case négociation. A ce moment, on propose un «juste milieu», ou une version «raisonnable» de la loi, un «compromis», qui retire les aspects les plus choquants, mais qui contient toujours le point négatif que l'on voulait vraiment faire passer. Et que les défenseurs sont obligés d'accepter, sous peine de tout perdre, et d'être en plus traités de psychorigides, extrémistes, etc.

Comment les syndicat font passer les mesures anti-ouvriers. Bien sûr les syndicats émettent des protestations contre toute régression des conditions du travail. Si ils ne le faisaient pas, ils perdraient leurs adhérents, et donc leurs ressources. Mais si les syndicats sont d'accord avec le système, alors leurs protestations sont limitées dans le temps, ou elles se combinent avec la manipulation précédente. Ils disent alors qu'il faut «savoir arrêter une grève» ou que «on continuera la lutte autrement». Le seul résultat net est de casser l'énergie des militants sincères (quand ils ne les laissent pas carrément tomber, cas fréquent de ceux qui appliquent l'objection de conscience). Ce sont des choses que j'ai vues de nombreuses fois, pour différents syndicats, y compris des syndicats étudiants «de jeunes».

Idées fausses sur la démocratie: La démocratie ne crée pas la paix (mais elle y contribue tout de même)

Un vote ne résout pas les problèmes. Prenons un exemple flagrant: l'avortement est un crime pour les uns, l'interdire est un crime pour les autres (chapitre VI-5). Chacune des deux opinions peut donc s'estimer en légitime défense, face à la pratique de l'autre. Le fait est qu'ils ne se battent pas.

Ce qui permet à la guerre civile de ne pas éclater dans une telle situation, est que les gens ont appris à vivre avec d'autres gens d'avis différent, et à faire avec. Au minimum, ils ont compris qu'un affrontement violent apportera plus de mal qu'il n'en résoudra. Ce n'est donc pas la démocratie qui produit la paix, mais un esprit suffisamment pacifié qui rend la démocratie possible. La meilleure démonstration est que beaucoup de jeunes démocraties voient encore des affrontements violents pour des motifs souvent futiles. Visiblement ces gens n'ont pas encore appris à vivre ensemble sans se taper dessus, et c'est bien par là qu'il faut commencer, avant de laisser les gens livrés à eux-mêmes. Bon, d'ac, la démocratie aide certainement, même si elle a besoin de flics pour exister: empêcher une action violente pro/anti avortement, on envoyer des troupes ONU pour que des élections puissent se dérouler. Quel est le pire: quarante ans de mandat ONU, ou quarante ans de guerre civile?

Le problème toutefois est que la suppression de tout moyen effectif d'infléchir l'attitude majoritaire décourage aussi les gens: la démocratie apporte un état de passivité qui dispense de réellement trouver les solutions aux problèmes dont elle bloque la discussion. De là vient ce fatalisme de la majorité des gens, qui se plaignent tous, mais qui ne font rien, pensant que toute activité politique ou sociale est vouée à l'échec ou à la récupération.

Idées fausses sur la démocratie: La démocratie ne permet pas de trouver la vérité

Toujours sur l'exemple de l'avortement. On se rappelle que, il n'y a pas si longtemps, l'avortement était interdit, et même réprimé. Je ne parle pas du Moyen Age, mais d'une période d'environ 100 ans, entre 1870 et 1970, où l'avortement était interdit par des députés élus démocratiquement. Bien sûr c'était interdit avant, mais ce qui est remarquable c'est que pendant cette période c'était interdit démocratiquement, en plein respect des processus démocratiques d'élaboration des lois. Si cela s'est produit, ce n'est donc pas parce qu'il n'y avait pas de démocratie, c'est parce que, à l'époque, il y avait une majorité de gens contre l'avortement! En contraste, l'avortement est démocratiquement autorisé depuis quarante ans. Que s'est-il passé pour justifier ce changement? Les enfants à naître sont-ils soudain devenus insensibles et sans âme? Non: les gens ont simplement changé d'opinion.

Ainsi, une opinion et son contraire sont donc tout autant «démocratiques»! Pour un scientifique, cela pose un grave problème: Une expérience de chimie qui donne des résultats différents selon l'opinion du chimiste, ça n'existe pas. Et le but de ce livre est précisément de faire comprendre que, dans une expérience sociale ou spirituelle ça n'existe pas davantage. En effet, les conséquences de l'avortement, sur les femmes comme sur les enfants, n'ont nullement changé entre 1870 et 2016. Ce qui a changé est purement subjectif: une opinion. Une simple préférence: avant on se s'occupait que des enfants et on sacrifiait les femmes; aujourd'hui on ne s'occupe que des femmes et on sacrifie les enfants.

Les gens s'en tirent généralement en disant que ces changements de mode sont des «progrès». Sans renier les progrès réels qui sont arrivés de par la démocratie, il faut toutefois reconnaître que l'inversion de l'opinion sur l'avortement n'a fait que changer les victimes, sans aucunement résoudre ce grave problème (voir la discussion complète chapitre VI-5). Et on peut citer bien d'autres changements survenus démocratiquement, mais dont on ne peut pas honnêtement dire qu'ils sont des progrès: adoption homosexuelle (chapitre VI-6), loi raciste suisse (interdiction des édifices musulmans), vote sadomaso pour la pseudo-constitution européenne, votes massifs et répétés pour des partisans des restrictions budgétaires sadomaso, des centrales nucléomaso, de l'effet de serdomaso, etc. Et encore je suis gentil, je ne mentionne pas l'élection démocratique de ahmadinejad ou de hitler (c'est à cause du shit qui était mauvais ce jour-là, hi hi hi)

 

La conclusion est claire et sans appel: Absolument rien ne garantit qu'un vote démocratique donne des résultats justes, ou qu'il révèle la vérité.

L'erreur vient des révolutionnaires de 1789 (France), qui étaient dans une situation extrême: le peuple, ultra-majoritaire, défendait ses droits, contre l'infime minorité des privilégiés de la noblesse et du clergé. Il se trouve que dans ce cas, la vaste majorité avait raison. Mais cette situation était un cas parmi des milliers d'autres possibles! Le plus souvent, les décisions importantes divisent l'opinion sans majorité claire, ou bien elles touchent des intérêts contradictoires. On voit même aujourd'hui, tout à fait à l'encontre de l'esprit de 1789, une large majorité soutenir servilement l'émergence d'une nouvelle noblesse financière et d'un nouveau clergé médiatique!

 

L'idée même que la majorité aurait toujours raison est extrêmement étrange: Si on devait voter pour les lois de la physique, la Terre plate serait une «vérité raisonnable et généralement reconnue», on serait probablement encore à condamner Galilée (pas de machines), et des théories comme la Relativité ou la Mécanique Quantique seraient ultra minoritaires (pas de GPS, pas de portables...).

Ceci n'est pas une spéculation gratuite: certains états des USA ont effectivement interdit des théories scientifiques démontrées, tout à fait démocratiquement. De là à interdire des principes moraux «subjectifs», il n'y a qu'un pas... que nos politiciens franchissent tous les jours.

Ainsi, non seulement la démocratie ne dit pas qui a raison, mais en plus il peut en sortir des trucs aussi barjots ou dangereux que les lubies des pires dictateurs.

 

En physique, on ne vote pas: on étudie, on raisonne, on vérifie. C'est le lourd et constant prix à payer pour le moindre bout de vérité scientifique arraché à l'ignorance, et toute affirmation qui ne répond pas à ces critère est impitoyablement rejetée comme erreur ou comme imposture. Pourquoi serait-on dispensé d'une telle exigence dans les domaines spirituels, sociaux ou politiques, où les erreurs ont des conséquences bien plus douloureuses qu'une erreur en médecine ou qu'un accident d'avion? C'est bien pour pousser dans cette direction que j'ai écrit ce livre.

 

Par contre, une fois que la vérité a été établie, les votes et la démocratie sont sans objet. Il n'y a jamais eu besoin de voter pour que deux et deux égale quatre, et on ne doit pas avoir davantage besoin de voter pour que deux et deux races soient aussi égales.

Des représentants qui ne représentent pas

Enfin, les scientifiques critiquent les systèmes de votes par représentants, l'accusant, justement, de ne pas représenter le peuple, ni même la majorité. Et c'est bien ce que l'on observe: même si par exemple les ouvriers et paysans sont de très loin majoritaires, on observe régulièrement que la moitié vote pour des partis anti-ouvriers ou anti-peuple.

La raison en est que les processus précédents favorisent la sélection d'une classe de politiciens aux idées toutes semblables («de droite» ou «de gauche» signifiant juste le côté de la table du restaurant de luxe où ils s'empiffrent ensemble en se moquant de nous). Ainsi, ils sont en fait tous d'accord.

Un exemple? Mieux: une démonstration mathématique! Lors des tentatives du gouvernement français pour faire passer de force la très réactionnaire «loi travail» (2016), 80% des députés ont signé une motion de censure qui aurait donc dû interdire cette loi, et même faire tomber ce gouvernement qui a trahi ses électeurs. Pourtant la loi est passée... Comment? Tout simplement il y avait en fait deux motions de censure, une «de droite» et une «de gauche». Et chacun a signé pour «sa» motion et contre l'autre! Le résultat net est que aucune des deux motions n'a eu assez de soutiens. Là il devient TRES DIFFICILE de penser qu'ils ne se sont pas entendus avant.

Seuls quelques-un ont signé les deux motions: notez bien leurs noms sur un petit papier, que vous rangerez avec votre carte électorale:

Amirshashi Pouria, Asensi Fran├žois, Attard Isabelle, Bocquet Alain, Buffet Marie Georges, Candelier Jean Jacques, Carvalho Patrice, Charroux Gaby, Coronado Sergio, Dolez Marc, Fraisse Jacqueline, Nilor Jean Philippe, Sansu Nicolas.

Ceci est la liste complète. Il est «amusant» de voir que seule une petite partie de la gauche s'est vraiment opposée à cette loi de droite (et seulement 2 «verts» sur 16) tandis que la droite s'est totalement abstenue de soutenir la motion de gauche. Et, ooooh surprise, aucun d'extrême droite: ils avaient pourtant là une fantastique occasion de défendre les français.

Les solutions des scientifiques

Toutes les personnes intelligentes ou instruites ont compris que les systèmes de vote actuels distordent massivement la volonté des citoyens. Les scientifiques ont analysé ces systèmes par différentes méthodes, notamment la théorie des jeux (qui est, malgré son nom, une étude sérieuse applicable à de nombreux domaines utiles, notamment l'algorithmique, l'administration, etc.). Si «jouer» avec le système électoral permet de le manipuler, une analyse scientifique de ces manipulations permet aussi de trouver les systèmes électoraux les moins manipulables:

-Suffrage universel direct

-Referendums pour décider de points uniques et précis. De tels référendums ont parfois lieu, mais il faut souvent voter pour différents points contradictoires, par exemple la soi-disant «constitution européenne». L'idée est d'avoir plus souvent des référendums, mais chacun sur un point précis et unique, pour éviter les manipulations du genre d'opposer des valeurs fondamentales.

On notera que certains sites civiques, tels que avaaz, we move europe, change.org, etc. réalisent cette fonction en organisant des pétitions en lignes. Ce ne sont pas des votes, mais elles semblent tout de même efficaces à pousser les choses dans le bon sens.

-Les référendums d'initiative populaire permettraient aux citoyens de décider sur ce qui les tient régulièrement à coeur, sans filtre par une quelconque classe politique.

-Non cumul des mandats, stricte limitations de leur nombre et durée, pour éviter l'apparition d'une classe de politiciens dont le seul but est d'être réélus.

-Certains scientifiques ont même affirmé récemment que

prendre des gens au hasard dans la rue pour remplir les parlements donnerait de meilleurs résultats que les occupants habituel de ces lieux. Cela peut effectivement se démontrer de manière flagrante: bien qu'il y ait depuis très longtemps une majorité de plus de 80% contre la chasse, le foie gras ou les corridas, rien n'est fait pour interdire ces horreurs. Et la raison en est très bien connue: les politiciens actuels, de droite comme de gauche, forment ensemble une coterie de privilégiés qui continuent à imposer ces choses, et à refuser tout référendum ou vote législatif.

L'idée de prendre des gens au hasard est intéressante. On fait bien comme ça pour les jurés aux tribunaux. Et autrefois le «jour des fous» produisait souvent des décisions intéressantes, adoptées après coup. J'y ajouterais toutefois impérativement des tests psychologiques, pour éliminer les idiots, violents, sociopathes, dogmatiques, caractériels, etc. faute de quoi le parlement deviendrait vite une foire d'empoigne, où les trolls bloqueraient toute réflexion. De tels tests ne modifieraient pas les pourcentages des différentes opinions, puisque les opinions sont seulement des névroses, chapitre V-12, pas des sociopathies: ces tests les laisseraient toutes passer également, mais ils filtreraient les formes d'extrémisme politique ou religieux.

Le nombre de députés ainsi choisi pourrait être plus important, mais avec un mandat plus court.

 

Une autre proposition que je fais ici serait d'élire les ministres, par thème: intérieur, économie, écologie, etc. Ceci briserait le système actuel où le président fait venir ses copains, tous idéologiquement biaisés de la même façon. Ou bien la manipulation bien connue de nommer un ministre de l'environnement comme appât le temps des élections, pour le virer juste après.

Ajoutons-y la capacité du peuple d'influencer les choix budgétaires, par exemple de forcer une augmentation des dotations pour l'environnement.

 

Toutefois l'inconvénient notoire d'une démocratie plus représentative est de faire monter les trolls: groupes politiques barjots ou dangereux, habituellement réduits au silence par le sens commun, mais qui à cette occasion trouverait une moyen de s'exprimer, de se «légitimer», voire de peser dans les décisions, en particulier entre deux blocs 49/51.

Pour cette raison, je proposerais plutôt de travailler sur les raisons fondamentales qui incitent les gens à prendre des opinions dangereuses et déraisonnables. Voir un peu plus loin dans ce chapitre. L'ensemble de ce livre est aussi un outil dans ce sens.

Les limitations métaphysiques intrinsèques de la démocratie

(Voir la définition scientifique de «métaphysique» dans la troisième partie. Toute personne surprise à braire que ça n'existe pas est priée d'aller chercher sa ration de foin dans cette partie, avant de continuer cette discussion.)

Seul le suffrage universel direct représente le peuple. Et encore, il ne représente pas davantage la vérité, comme vu ci-dessus. On a des exemples, comme le référendum raciste suisse contre la construction de minarets.

 

C'est que, exactement comme on l'a vu au chapitre VI-8 sur l'économie, la politique est un domaine humain, qui implique la conscience et ses valeurs humaines, que seule cette conscience connaît (cinquième partie). Il ne peut donc pas y avoir de solution technique ou algorithmique aux choix politiques ou sociaux, qui ressortent forcément du domaine exclusif et de l'autorité exclusive de la conscience, inaccessible à la pensée matérialiste comme à la pensée égotique (voir chapitre V-10 pour la définition de l'égo). Dit autrement, il n'y a pas moyen de se défausser sur un «système» de la nécessité de trouver le bien nous-mêmes. Et si on laisse un «système» se mettre en place, alors il nous trahit forcément (chapitre VI-13), de par sa nature même de phénomène non-conscient. Et c'est bien ce qui se passe, même avec les régimes démocratiques, qui se laissent si facilement manipuler par des intérêts politiques ou financiers. Ainsi, toute la psychologie calamiteuse de la dictature peut-elle continuer à fonctionner sous la démocratie, juste moins bruyamment, mieux huilée, plus «consensuelle».

 

La plupart des gens sentent bien qu'ils sont manipulés, mais sans comprendre comment. D'où le succès des théories conspirationnistes (Illuminatis, Ordre Mondial, etc.). Sans dénier les conspirations réelles (climatosceptiques, escroquerie à la dette chapitre VI-8), cet état de fait s'explique très bien par les seuls mécanismes psychologiques et statistiques vus ci-dessus: ces mécanismes étant... des mécanismes, précisément, eh bien ils fonctionnent, et ils produisent leurs effets: ce que nous appelons «le système» (chapitre VI-13)... tant que les gens sont suffisamment névrotiques pour servir eux-mêmes de rouage sans réagir. A contrario, une société de gens suffisamment responsable et actifs ne peut pas dégénérer en un «système», même en cas de dictature violente. De plus, une telle société n'a pas besoin de «méthode de résolution des conflits», ni démocratique ni autre, pour prendre des décisions. Ce sont des choses que je vois apparaître depuis quelques années (2016), quoique encore à petite échelle.

 

Ainsi toute l'histoire de la démocratie, et plus généralement de la politique, est régie par une lutte constante des humains éclairés (forces du bien) contre les névroses, atavismes et conditionnements des neurones matériels (forces du rien, car elles ne servent rien ni personne). Quand de grands esprits ou des mouvements populaires généreux existent, alors ils font avancer les choses, et la liberté et le bonheur augmentent. Mais quand les peuples se laissent aller (télévision, foot, shit...), alors manipulations et «système» recréent automatiquement injustices et privations de liberté. Ces choses sont comme la morve dans le nez: si on ne la mouche pas constamment, elle coule.

Comment le bien peut gagner: refuser tout marquage droite/gauche.

Sans renier les solutions scientifiques précédentes, mais en connaissance de leurs limites, on peut tenter de résoudre un aspect différent du problème: la manipulation par la division droite/gauche (ou toute autre forme de bipolarisation qui pourrait apparaître dans l'avenir)

L'idée est de proposer une liste électorale «pour le bien», refusant tout marquage droite/gauche (ou autre similaire). Ce procédé avait été utilisé par les écologistes en 1978 (les vrais, ceux qui s'occupent de pollution, pas de fumer des pétards). D'autres listes électorales «pour le bien commun» ou similaire, l'ont utilisé avec succès. La raison de ce succès est que les électeurs se méfient des formations politiques partisanes, qui ne recherchent que les voix, mais ne font rien une fois élues. Ils attendent clairement mieux. A nous de le leur offrir.

 

Toutefois l'absence de prise de position droite/gauche crée aussi un énorme risque de récupération ou d'entrisme, notamment par les extrémistes. Pour cette raison, il faut tout de même un marquage, non pas partisan, mais dans les faits. Parlons plutôt de repères dans ce cas.

Ainsi Ecologie 78 avait choisi deux repères stricts:

-Pas de désistement au second tour (pour refuser la récupération par la politique politicienne)

-Pas de nucléaire (pour éviter la récupération par des pseudo-écologistes sans projet sérieux)

Cela avait très bien marché, avec pratiquement pas de couacs, et un résultat de 5%, fantastique pour l'époque. Toutefois écologie 78 n'était qu'une structure temporaire, et il a été facile aux entristes de créer leur propre parti «de gauche». Les médias ont alors complété la manipulation, en les considérant comme «les écologistes», et en ignorant les véritables associations qui avaient animé Ecologie 78. Depuis, les «verts» restent plafonnés à ces 5%, alors que l'écologie devrait avoir dépassé les 80% depuis longtemps.

 

Il est intéressant de constater les énormes efforts déployés, et leur haut degré de coordination, tant par les médias de droite que par les politiciens de gauche, pour tenter de faire rentrer Ecologie 78 dans leur système: vol de temps de parole dans les réunions techniques (je l'ai vu personnellement, et plusieurs fois), entrisme massif, création de structures aux noms similaires, mais sous leur contrôle, mensonges dans les informations, Journalistes décrivant les écologistes comme étant «flous» ou «indécis», ou «hippies» ou «utopistes», au lieu de parler de leur programme, etc. Tant d'efforts frénétiques déployés montrent bien que Ecologie 78 était une menace majeure pour leur système. Que ces efforts aient été déployés de manière synchrone et unanime par des gens qui se disent ennemis montre bien une collaboration délibérée qui va plus loin qu'une simple connivence de fait. Il est donc très clair qu'il faut refuser dès le départ toute alliance avec qui que ce soit qui se dit de droite, de gauche, du centre, et a fortiori des extrêmes. Si qui que ce soit veut collaborer, c'est à lui de prouver ses intentions en travaillant pour les valeurs positives, pas à nous de nous soumettre à leur système trompeur.

Comment le bien peut gagner: ne sélectionner que des bons points dans le programme

En 2002 en France, le second tour de l'élection présidentielle était entre un candidat de droite et un candidat d'extrême droite. Le premier était l'habituel verre à moitié vide, qui avait sélectionné des bons points et des mauvais points au hasard, tandis que le second était un verre totalement vide, ayant délibérément choisi seulement des mauvais points dans son programme. Le résultat dans ce cas fut très loin de l'attracteur 49/51: 82% pour le moindre mal.

Nous pouvons aussi trouver des cas de larges déviations pour des candidats positifs: 62% (indirect) pour Mandela, 74% pour Lech Valesa, 89% (indirect) pour Aung San Suu Kyi. Cependant, je suis prudent avec ces chiffres, parce que ces personnages apparaissaient comme des libérateurs, un point qui passait bien avant tout autre point de programme. Surtout Lech Walesa a perdu les élections suivantes, après avoir affiché plusieurs points négatifs.

Y a t-il vraiment des candidats verre plein? Le seul exemple que je vois est le royaume du Bhoutan. Bien que ce ne soit pas une démocratie formelle, il semble être le seul régime autoritaire bénéficiant d'un large soutien populaire spontané. Ou du moins sans véritable opposition, en dépit de l'absence totale de tout système répressif.

Ces exemples nous apprennent quelque chose: les gens qui votent sont peut-être névrotiques, mais ils ne sont pas idiots. De sorte que, quand une orientation claire émerge, ils sont tout de même capables de la reconnaître, même statistiquement. Lorsque cela se produit, les statistiques des opinions n'obéissent plus au «système», et cela apporte naturellement de grands écarts positifs par rapport à l'attracteur 49/51.

 

Cette observation est importante, car elle montre qu'il est possible pour un bon candidat de gagner une élection, en présentant un programme avec seulement des bons points. Même si plusieurs de ces points sont considérés comme «polémiques» par la majorité, ils vont quand même statistiquement faire monter les votes au dessus de 50%, de sorte qu'un tel candidat «verre plein» peut espérer battre tout candidat «verre à moitié plein» par au moins dix pour cent, ou même beaucoup plus.

Cette estimation sommaire est basée sur les 10% de personnes qui ne se soumettent jamais au mal, comme trouvé par l'expérience de Stanley Milgram. Même si tous les autres étaient des gens névrotiques votant comme au hasard, cela conduirait tout de même à à 55% minimum pour tout bon candidat. Je pense que c'est une estimation très pessimiste, puisque la plupart des gens ont au moins une indication partielle du bien. Mais elle est la seule estimation que j'ai qui soit basée sur des chiffres établis scientifiquement.

Comment le bien peut gagner: connaître les personnes susceptibles d'aider.

Une difficulté pour une liste électorale est de rassembler suffisamment de gens: un élu, quel qu'il soit, a besoin de soutiens, de conseillers, de techniciens, d'administrateurs, formés et compétents, qui mettront la politique du bien en action. Se présenter seul à des élections n'inspire pas confiance, et l'élu se retrouverait de toutes façons face au redoutable problème de recruter à l'aveuglette quelques poissons rouges dans une piscine pleine de piranhas (Mandela s'en est très bien sorti: il a converti les piranhas, hahaha).

Cette nécessité est une des raisons d'être des partis politiques traditionnels. Un gouvernement disposant d'un parti puissant en accord avec son idéologie n'a aucun mal à recruter des personnes qui le servent: parti nazi, parti soviétique, et en France l'ENA, d'où sortent tous ces technocrates déréalisés. Toutefois, un parti a besoin de savoir clairement qui sont ses membres, et si ils sont suffisamment proches de l'idéologie pour exécuter correctement les ordres reçus. C'est cette nécessité qui recrée précisément les conditions d'une dictature: un parti est un état dans l'état, qui ignore souvent les libertés élémentaires de ses propres membres. En clair il devient très vite un «système» à lui tout seul, que personne ne contrôle vraiment, et dont les errements sont impossibles à corriger (comme les écologistes l'ont appris à leurs dépends, en seulement quelques années). Difficile de prétendre contribuer à la démocratie dans ces conditions!

 

Bien entendu ces gens doivent aussi être d'accord sur les bon points. Ceci est important, car le manque de telles personnes est ce qui a fait dégénérer un gouvernement tel que celui de Lech Valesa, après bien d'autres gouvernements novateurs ou révolutionnaires.

Le problème est qu'il est encore très difficile aujourd'hui de trouver des personnes qui soient d'accord avec tous les bon points, et avec aucun mauvais point. Normalement, mon Epistémologie Générale permet à tous de trouver scientifiquement les bon points... mais elle n'est pas encore «connue dans les médias»! (Gageons que, comme d'habitude, après avoir été bizutée pendant 40 ans, elle deviendra une nouvelle norme sociale, vers 2060 donc. Mais mon abonnement à ce monde sera terminé: ce sera à vous de jouer).

Par contre on peut trouver des gens qui sont d'accord avec seulement certains points positifs, mais tout de même suffisamment psychoéduqués pour ne pas se mettre en travers des autres points positifs qu'ils n'approuvent pas. Des gens capables de travailler ensemble quand ils sont d'accord, sans laisser leurs désaccords perturber ce travail. Ce sont ces gens-là qu'il faut faire se rencontrer, faire se connaître les uns les autres. Mais pour cela, il faut clairement trouver une autre solution que les partis traditionnels dualistes et incontrôlables:

Un réseau non-Aristotélicien

Ce problème n'est pas soluble aujourd'hui avec la logique dualiste des partis classiques: si on écrit une proposition Aristotélicienne pour l'acceptation de chaque valeur positive, l'intersection de tous ces ensembles contient aujourd'hui très peu de gens. Il est encore aujourd'hui très difficile de trouver des gens qui soient d'accord sur tous les points positifs.

(Ceci n'est pas une affirmation définitive ou pessimiste: de telles personnes apparaîtront forcément, et elles finiront forcément par devenir la norme, exactement comme avec les gens capables d'accepter que deux et deux font quatre: impossible à trouver du temps des chimpanzés, mais la norme universelle aujourd'hui)

 

Par contre ce problème se résout facilement avec la logique floue (chapitre I-3). Bon, quiconque surpris à braire que cette logique est «imprécise» ou «nébuleuse» devra rester quinze jours sans aucune drogue, et apprendre cette page par coeur. Pour éviter toute «ignorance volontaire», j'appellerai ça la logique graduée, mais c'est bien la création de Lofti Zadeh que je met en oeuvre ici.

L'idée est donc de considérer un minimum clairement défini, et un maximum, entre lesquels se place la gradation.

 

Voir la page wikipédia sur la logique floue.

Ces images sont adaptées de cette page, en licence Creative Commons.

Ces deux diagrammes représentent la valeur de vérité de la proposition «la vitesse est trop élevée».

L'image de gauche est en logique Aristotélicienne: on passe brusquement de faux à vrai.

L'image de droite est en logique floue: on passe progressivement, entre un minimum (80) et un maximum (100).

 

Ainsi, pour chacune des valeurs positives qui vont suivre, on définit aussi un minimum et un maximum. Bien entendu ce ne sera pas une vitesse comme dans le diagramme ci-dessus, mais tout de même une intensité. Ainsi, dans l'exemple de la protection des animaux, le minimum aujourd'hui (2016) est de refuser totalement chasse et corridas (80% des gens étant déjà d'accord avec ça, on peut même aller bien plus loin, peut-être mettre les cantines d'école végétariennes). Le maximum pourra aller jusqu'à accorder aux animaux des droits similaires à ceux des enfants. Ce minimum est bien sûr un minimum pragmatique, mais une personne qui accepte ce minimum est plus susceptible d'aller plus loin, et moins susceptible de se braquer contre des mesures plus avancées.

 

Avec ce système, l'intersection des différents ensembles est significativement plus large qu'en logique Aristotélicienne, comme visible ici sur les diagrammes.

 

On réalise cette intersection de la manière suivante: au minimum de ne pas combattre les autres valeurs, et de rester capable de travailler avec quelqu'un malgré un désaccord sur la limite exacte. Les gens qui se placent dans l'intersection ne sont pas forcément d'accord pour faire «un parti», mais on peut tout de même les considérer comme des membres d'un réseau de personnes positives. On a donc bien révélé des tendances positive chez les gens, même si ils ne les ont pas encore réalisées. Par contre, une personne qui se braque contre une seule valeur positive s'exclut elle-même du réseau.

 

De plus, il n'y a pas besoin de contrôle des membres, ni de direction centralisée que des égos puissent accaparer. Ce qui coupe à la racine les problèmes de la dégénérescence totalitaire des partis vue dans le sous-chapitre précédent.

 

Ce que je propose donc est, non pas un parti avec une ligne politique détaillée, adhésion formelle et contrôle des membres, mais l'adhésion volontaire à une charte, en un réseau de personnes aux idées progressistes, des personnes de coeur, intelligentes ou compétentes (universitaires, etc.). Non pas des «partisans», ni des «militants», mais des gens capables de prendre un poste dans une institution, un gouvernement, une entreprise, une organisation, etc. Ou d'apporter d'autres formes de soutient, financier, public, artistique, etc. (Les simples «partisans» peuvent aussi être très utiles, par exemple pour signer des pétitions, participer à des événements, etc. Ceci est même déjà fait, avec des rése

aux comme avaaz, we move europe, change.org, etc.).

La charte du réseau

Le réseau fonctionne sur le principe:

* Connaissons-nous, et travaillons ensemble là où nous sommes d'accord, sans laisser nos désaccords perturber ce travail.

«Connaissons nous» peut se référer à des annuaires, des rencontres, un réseau social sur Internet, etc. pour pouvoir rapidement trouver des personnes compétentes.

 

Lors d'élections, et en général de toute action publique, le tout premier repère sera d'empêcher la manipulation des votes par un système bipolaire:

* Pour le bien commun, non partisan: ni droite, ni gauche, ni aucun autre système bipolaire, et surtout pas d'extrêmes.

 

La seconde idée est d'empêcher la manipulation des votes par opposition artificielle de valeurs fondamentales:

* Les valeurs fondamentales ne peuvent pas être opposées les unes aux autres.

 

Maintenant il nous faut la liste des valeurs fondamentales elles-mêmes. Cette liste ne contient que des choix positifs. Tout le monde est d'accord pour ça, me direz-vous. Mais les opinions névrotiques font justement que beaucoup de gens étiquettent les valeurs comme bonnes ou mauvaises, au hasard. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre «Epistémologie Générale», qui permet de déterminer scientifiquement quelles valeurs sont bonnes ou mauvaises (chapitre VI-2 sur l'éthique, basé sur une définition objective du bien et du mal, chapitre V-5). Comme nous l'avons vu dans le sous-chapitre sur la manipulation par les systèmes bipolaires, une telle liste entièrement positive devrait donc se stabiliser dans les 60% au minimum, face à n'importe quelle autre liste comportant des choix négatifs au hasard.

 

* Cette liste est un ensemble de valeurs fondamentales inséparables et non négociables:

* Pour notre bonheur à tous: paix, liberté, prospérité, lieux de vie calmes et agréables...

* Ecologie: fin des industries polluantes ou dangereuses, transition énergétique, protection de la nature

* Economie au service de tous, répartition équitable du travail et de la production

* Minimums sociaux garantis pour tous

* Santé et contraception gratuits pour tous

* Liberté, démocratie, droits de l'homme, droits de l'enfant

* Liberté d'expression, et information objective

* Non violence, paix et coexistence pacifique, au pays et dans le monde

* Protection des animaux: ni chasse ni jeux cruels

* Egalité raciale, religieuse, sexuelle, aide aux réfugiés, etc.

* Se baser sur la science et les connaissances, eux-mêmes au service de la conscience humaine.

* Pour ceux qui le souhaitent, spiritualité paisible, non-sectaire et oecuménique

* Pour tous, connaissance et disponibilité de toute méthode pour transformer positivement nos esprits.

* Aucune substance ou procédé endommageant l'esprit ou créant une dépendance (drogues)

Maintenance de la liste: maintenir le «verre» plein

Les deux points suivants font partie intégrante de la liste:

* Cette liste devra être entretenue, en relevant les minimums en fonction de l'évolution de la société, et rester nettement au-dessus de la moyenne des opinions.

* Il pourrait même être nécessaire d'ajouter des points non prévisibles aujourd'hui.

Ainsi la liste restera un «verre plein», fournissant de l'énergie à la société, au lieu d'en pomper comme les vieux partis classiques «verres à moitié vides». En effet, si on n'améliorait pas la liste, alors l'ensemble de la société la rattrapera, et elle deviendra un autre parti 49/51.

 

Même avec une telle liste entièrement positive, il existe un risque grave: que des personnes créent des opinions comme quoi les minimas présentés dans cette liste sont «la vérité». Ils ne le sont pas, de par leur nature même de compromis, et qui plus est de compromis temporaires. Sur l'exemple des animaux, on voit déjà des opinions telles que les prédateurs «indispensables à l'écologie», la viande «nécessaire pour certaines races», le végétarisme affaire de «goût personnel», on peut tuer un animal si on «transmute sa souffrance avec un rituel», etc. De telles opinions sont non seulement négatives, mais elles sont aussi le germe d'idéologies et de partis réactionnaires, qui apporteront opposition et confusion quand la majorité de la société réalisera vraiment la nécessité de protéger les animaux et décidera de passer au végétarisme complet.

J'ai pris ici l'exemple des animaux, car l'Histoire est riche d'enseignements. En effet, même en Occident, la recommandation de ne pas manger de viande n'est pas nouvelle (zoroastrisme, 2600 ans, peut-être 4000). Mais la difficulté à la mettre en pratique a conduit à des excuses diverses, qui sont par la suite devenues des dogmes difficiles à contester, voire des idéologies réactionnaires, comme vu ci-dessus. Aujourd'hui que se passer de viande est facile, il faudra bien éliminer ces dogmes et revenir à l'intuition fondatrice. Des démarches similaires s'appliquent aux drogues (légales si elles sont «traditionnelles»), à l'argent (qui serait une «énergie»), etc. Même la «liberté d'expression», présentée comme un absolu, a besoin de limites (Par exemple publications sans discernement de noms de victimes par Wikileak, qui expose ces personnes à des rétorsions).

Egalement, au fur et à mesure de l'évolution des choses, des personnes différentes auront des interprétations différentes, sur ce qui correspond exactement à ces repères ou pas, ou comment les faire évoluer pour rester à la tête de la société. Il pourrait donc apparaître des sous-réseaux, voire même plusieurs réseaux différents. Evidemment, on ne le souhaite pas, mais ceci peut arriver (chapitre I-9), voire devenir indispensable si l'organisation du réseau devient un parti politique névrotique ou un nouveau système. Donc de telles divisions ne sont pas vraiment un problème, tant que ces différents réseaux restent reliés par des passerelles (sous-réseaux communs, membres communs) et qu'ils ne s'opposent pas les uns aux autres.

En clair, si la maintenance ne se «fait pas», les gens à cette époque pourront toujours créer un autre annuaire avec des minimums plus élevés.

Le réseau

Un tel réseau permettrait de résoudre un grave défaut de la société actuelle: la difficulté pour les gens de bien de se rencontrer, et même de se reconnaître. En effet, les membres prenant des initiatives (listes électorales, gouvernements, entreprises, associations, penseurs, artistes, recherches scientifiques, etc.) pourraient alors trouver facilement les partenaires capables d'assumer tel ou tel projet, ou de les appuyer. De telles personnes sont aujourd'hui dispersées et difficilement identifiables, diluées dans la masse, ou étouffées par les bruyantes affirmations sociopathiques.

Pour cela, il pourrait y avoir un (ou plusieurs) annuaire des membres, mentionnant leurs compétences et expériences réelles. Il pourrait même inclure des données plus personnelles, à fin de rencontres! (Mais pas de sexe, car alors on sait très bien que tout se réduira à ça).

 

Mais il faut aussi, à ce point, être conscients que de travailler ensemble est plus exigeant que de se signaler aux électeurs. Il faut donc pour cela un sous-réseau avec dès aujourd'hui des minimums plus élevés, plusieurs dizaines d'années en avance sur la société de 2016. Par exemple:

* Connaissons-nous, et travaillons ensemble là où nous sommes d'accord, sans laisser nos désaccords perturber ce travail.

* Pour le bien commun, non partisan: ni droite, ni gauche, ni aucun autre système bipolaire, et surtout pas d'extrêmes.

* Les valeurs fondamentales ne peuvent pas être opposées les unes aux autres. Si elles ont l'air de s'opposer, c'est soit qu'il y a une manipulation, soit que nous avons un état d'esprit dualiste qui nous empêche de voir une solution simple.

* Cette liste est un ensemble de valeurs fondamentales inséparables et non négociables:

* La recherche du bonheur doit être la valeur prioritaire de la société. Les autres valeurs en découlent: paix, liberté, prospérité, lieux de vie calmes et agréables...

* Ecologie: fin du nucléaire et des énergies fossiles, contrôle des industries polluantes ou dangereuses, alimentation biologique, protection de la nature en général (pas seulement dans des réserves) contre l'urbanisation, le bruit et la déforestation.

* Economie au service de tous, répartition équitable du travail et de la production.

* Minimums sociaux garantis pour tous.

* La robotisation ne «supprime» pas des emplois, elle libère du besoin de travailler. Mais cela ne peut marcher que si la production robotique est gratuite, par exemple sous la forme d'un revenu minimum obligatoire pour tous.

* Santé et contraception gratuits pour tous. Aucune grossesse non-désirée ne devrait survenir, ce qui rendrait l'avortement inutile.

* Liberté, démocratie, droits de l'homme, droits de l'enfant.

* Suffrage direct, référendums d'initiative populaire, non cumul des mandats et stricte limitation dans la durée.

* Liberté d'expression, et information objective, grâce à une presse libre et indépendante, un internet libre et accessible à tous, permettant à toute source d'information d'être accessible partout sans filtrage.

* Non violence, paix et coexistence pacifique, au pays et dans le monde. Les seules interventions militaires doivent viser à protéger les peuples.

* Protection des animaux: éduquer massivement au végétarisme, aider les producteurs de viande à se recycler, abolition de la vivisection, de la chasse, du foie gras, des jeux cruels

* Egalité raciale, religieuse, sexuelle, aide aux réfugiés, etc.

* Toute affirmation doit être basée sur un examen scientifique, avec des méthodes appropriées au domaine concerné. La science et les connaissance sont au service de la conscience humaine.

* Pour ceux qui le souhaitent, spiritualité paisible, non-sectaire et oecuménique. Leçons dès l'école, et rattrapage pour les adultes, sur les différentes religions et voies spirituelles sérieuses. Apprendre à se protéger contre les pratiques sectaires ou fantaisistes.

* Leçons dès l'école, et rattrapage pour les adultes, sur les méthodes de psychoéducation pour éradiquer violence et préjugés, et transformer positivement nos esprits.

* Aucune autorisation supplémentaire d'aucune drogue, réduire les autorisations existantes, aider les producteurs à se recycler, combattre les trafics par les moyens appropriés, éduquer sur la psychoéducation (point précédent) afin de supprimer le besoin de drogues.

* Cette liste devra être entretenue, en relevant les minimums en fonction de l'évolution de la société, et rester nettement au-dessus de la moyenne des opinions. Ce travail devra être accompli par des personnes positives ayant démontré leur capacité de pensée non-conceptuelle.

* Il pourrait même être nécessaire d'ajouter des points non prévisibles aujourd'hui.

 

Un tel annuaire pourrait prendre la forme d'un «réseau social» sur internet. Toutefois l'orientation idéologique et l'arbitraire de sites comme facebook les rend inappropriés. On utilisera plutôt le modèle des sites de rencontre, où les gens se rassemblent par centre d'intérêt et organisent spontanément des groupes de discussion. De tels groupes peuvent être les germes de futures associations, entreprises, voire pourquoi pas gouvernements. Le seul critère d'adhésion étant l'adhésion à la charte, et les seuls critère d'exclusion étant un désaccord total avec la charte, des agressions d'autres membres ou des activités malhonnêtes.

Par exemple les membres cocheraient différentes catégories, sur leurs compétences et capacités. Ils recevraient alors des courriers rassemblant des demandes d'aides correspondantes. Ces catégories pourraient être anonymisées: par exemple «peut apporter un soutient financier» exposerait la personne à des démarchages abusifs ou à des flatteries. Mais si la liste est privée, alors les soutiens potentiels reçoivent des demandes de financement, tout en restant parfaitement libres d'y donner suite ou non. Dans le cas d'offres ou de demandes d'emploi, différentes formes d'anonymat sont aussi nécessaires.

 

Il serait très intéressant d'avoir les enfants donner leur avis dans ces sites. Après tout, c'est leur monde que l'on prépare. Cela nécessite toutefois l'élimination stricte de tout contenu sexuel ou agressif.

 

Le financement du réseau se fera par abonnement, pas par la publicité. En effet, l'expérience des «revues gratuites» sur la nourriture biologique ou les médecines douces montre qu'il devient très vite impossible de supprimer les contenus sectaires ou pseudo-scientifiques, souvent imposés par une majorité d'annonceurs. Cela rebute même les annonceurs sérieux et les méthodes sérieuses.

 

Bien qu'un texte soit forcément conceptuel, la charte doit être médité de manière non-conceptuelle. Il ne doit être commenté, analysé, contrôlé et modifié que par des personnes positives capables de raisonner de manière non-conceptuelle (ou au minimum selon la logique floue). Ce point est une importante sauvegarde, destinée à empêcher la transformation du texte en idéologie ou en système normatif (Chapitre I-9).

 

Ces repères ne doivent pas être trop nombreux. Mais chacun est indispensable pour éviter un type de déviation ou de récupération. Par exemple on n'attend pas de spiritualité en politique, et ce repère semble inutile ici. Mais le matérialisme y est par contre extrêmement dangereux, d'où la nécessaire référence au spirituel. Bien entendu «si on le désire», «paisible» et «oecuménisme» sont alors indispensables pour éviter fanatisme ou sectes.

Actuellement, j'ai essayé d'avoir un nombre de points considéré comme auspicieux, comme 12. Mais j'ai dû y renoncer, me contentant d'éviter le nombre 13. Dans une tentative précédente, les «Réseaux Espérance», 5 s'est avéré trop peu, laissant encore de larges domaines ambigus.

 

Le réseau pourrait apporter une certaine protection des membres contre diverses arnaques et pièges idéologiques:

Un certain filtrage est nécessaire. Par exemple en 1985 j'avais souhaité rencontrer un «rézoteur» des Réseaux Espérance, qui disait s'intéresser à l'électronique, pour fabriquer des éoliennes (à l'époque c'était encore hérétique). Tant qu'on parlait d'ovnis, tout allait bien. Mais quand j'ai commencé à parler travail, il m'a répondu qu'il «ne voulait pas d'un nouveau catéchisme». C'est pour éviter de tels glandeurs qu'on a besoin de compétences professionnelles, pas de «centres d'intérêt».

D'autres problème fréquents sont les arnaques à l'investisseur, ou les sectes. En effet, les personnes qui découvrent que la société leur ment sont enclines à en prendre le contre-pied, et à accepter comme «vérité» tout ce qui va à l'encontre de cette société. Ce qui crée un milieu acceptant volontiers les sectes, les «énergies libres» et autres «médecines alternatives» improuvées. Ceci est une des raisons d'être des trois points sur la science et sur la spiritualité. Ces trois points restent généraux dans la charte, mais dans le cas d'un annuaire ils ont besoin d'une application très stricte: seulement ce qui est prouvé par des études scientifiques, et seulement ce qui est reconnu par les grandes religions.

Pour la même raison, les personnes qui découvrent soudain un domaine, ont fortement tendance à accepter sans trier tout le «package idéologique» livré avec. Par exemple l'écologie est souvent parasitée par des idées gauchistes/anarchistes, le matérialisme et l'intégriste athée, les drogues, et même par des influences d'extrême droite (si si si: la fascination pour les prédateurs, plus la régulation des espèces par les «forts» et l'élimination des «inadaptés». C'est arrivé par le soutient nazi aux naturistes allemands, ancêtres des écologistes actuels). C'est pour éviter de telles perversions que la charte du réseau associe l'écologie avec la spiritualité, le refus des discriminations, le refus des drogues, et la protection des animaux.

Enfin, les personnes qui font une prise de conscience dans un domaine, idéalisent souvent les gens de ce domaine, et manquent souvent de réaliser qu'il y a d'autres domaines. Ainsi elles s'associent avec des personnes de ce domaine: groupes, entreprises, mariages, communautés, pensant que tout ira bien avec ces personnes. Bien sûr ce n'est pas le cas, et les désaccords sur d'autres domaines ont davantage de chances de faire rater ces unions que chez des personnes qui s'assemblent au hasard. Pire, l'adhésion au «package idéologique» bloque souvent la prise de conscience d'autres domaines. C'est comme ça qu'on se retrouve avec des écolos pas spirituels, des scientifiques qui ne vibrent pas, et d'autres aberrations du même genre. En associant inséparablement tous les domaines, la liste ci-dessus aide les nouveaux venus à comprendre que la prise de conscience concerne tous les domaines de l'expérience humaine, et diminue le risque de resté bloqué par une allergie à un autre domaine.

 

Un tel réseau serait bien entendu international. Il communiquerait en routine par l'internet.

 

Un tel réseau ne serait pas un groupe formel avec adhésion et liste de membres, car cela entraînerait forcément désaccords, méfiance ou esprit de clan. Ce serait simplement un endroit où des gens intéressants peuvent trouver d'autres gens intéressants. La meilleure structure est probablement une entrée générale totalement libre (en marquant tout de même l'accord avec la charte), puis des sous-groupes par catégories, chacune sous la responsabilité d'un comité.

 

Un tel réseau aurait un statut privé, car les gens que ça n'intéresse pas n'ont pas besoin... de s'y intéresser. En particulier le statut privé interdit par exemple les divulgations malveillantes dans les médias. Il permet aussi aux membres de ne divulguer leur identité aux autres membres, que si ils le jugent nécessaire.

Toutefois il n'a pas besoin d'être secret. Et en tous cas toujours dans la légalité. Bien entendu les gouvernements démocratiques chercheront à savoir ce qu'il fait. Le principe est alors de n'avoir rien à cacher. Et si on y prépare des «happening», de le faire de vive voix, hors du réseau, et pas sur l'Internet.

Bien entendu dans les dictatures ceci est plus délicat. La tactique serait alors de ne rien faire d'illégal dans la dictature, de ne pas s'y opposer frontalement. Bon, si des personnes veulent s'y opposer, elles sont libres, et c'est tout à leur honneur. Mais elle ne peuvent pas engager le réseau, qui doit rester disponible sans risquer d'être interdit ou réprimé. C'est aussi une bonne raison pour considérer comme secrètes les listes des membres vivant sous une dictature.

Conclusions factuelles

J'ignore quand un tel réseau existera, quel nom il portera, etc. Mais là aussi, on est en train d'approcher la masse critique, et les choses pourraient aller très vite. Pour preuve, l'apparition de diverses initiatives qui vont dans ce sens:

avaaz , we move europe, change.org, socle citoyen, PoliCAT, ES BLEIBT DABEI. J'aime particulièrement ce dernier, tout neuf, site non-partisan rassemblant tout un pays dans une expression d'amour pour un candidat positif.

Epistémologie Generale        Chapitre VI-11       

 

 

 

 

 

 

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