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Epistémologie Generale        Chapitre VI-10       

 

Chapitre VI-10 La politique

 

(Permalien)

Section I: Démêlage

(Permalien) Il est temps que nous nous réapproprions la politique.

 

En effet, la politique, selon l'étymologie, est la façon dont nous organisons notre société. On comprend donc son importance, et surtout que tout le monde a le droit d'y participer.

 

C'est donc notre affaire primordiale, qui appartient à tous et à toutes.

 

C'est donc à NOUS de prendre les décisions, pas à des «politiciens» auxquels nous devrions obéir.

 

Obéir à des politiciens, ce n'est pas de la démocratie, c'est du féodalisme.

 

Il n'est écrit nulle part non plus que la politique soit une espèce de match de foot ou de tiercé, selon l'image bêtifiante qu'en donnent les médias. Cette image n'est qu'un écran de fumée, pour nous amener à nous désinvestir de la gestion de notre propre société. On pourrait même dire, comme les marxistes, que cette image ne sert qu'à protéger les intérêts d'une minorité. Mais je dirais plutôt ici que cette politique spectacle n'est que l'extension de l'égo infantile de psychopathes dominants (chapitre V-13).

 

Mais avant de rentrer plus dans les détails, il nous faut faire un constat: les gens ont peur de la politique, ils évitent de s'en mêler, ou même seulement d'en parler avec des proches. Une situation qui résulte logiquement en encore plus de sujétion aux politiciens, éloignant encore davantage la solution de problèmes urgents ou criants.

 

Au contraire, les gens devraient pouvoir s'investir facilement dans la vie politique: donner leur avis, participer à des réunions, des associations, à la rédaction d'accords, etc. sans qu'il en résulte disputes, marquages, divisions. Et sans attendre que des décisions absurdes nous soient imposées à coup de matraque.

 

Ainsi on devrait pouvoir décider ensemble de choses comme l'économie, les minimas sociaux, la transition énergétique, l'immigration, sans que automatiquement se mettent à brailler des idiots aux opinions aussi violentes qu'absurdes, qui gâchent la fête, bloquent toute discussion et accaparent toute l'attention, voire se mettent à emprisonner ou tuer les gens.

 

Mais pour cela, il faudrait que la politique soit quelque chose de sympathique et facile à vivre, dont on devrait pouvoir discuter en famille, entre amis, au travail, sans risque de voir les gens se braquer et se fâcher.

 

Ainsi, les sections suivantes vont traiter de ce qui pourrit la politique, puis des solutions. Le reste sera à propos des différentes névroses d'opinion, puis des compléments.

Section II: Pourquoi les gens détestent la politique,
alors qu'ils devraient l'aimer

(Permalien) Aujourd'hui (2016) la plupart des gens considèrent la politique comme quelque chose de dangereux, dont il ne faut pas se mêler, ni même discuter entre amis ou en famille, au risque de créer des disputes, de se faire des ennemis, d'être saqué au travail ou par l'administration, etc. Voire même peur de la répression, des arrestations, etc. En effet, même dans les pays qui ont connu plusieurs générations de démocratie, la peur des guépéou et autres polices politiques est encore vivace, et beaucoup de gens craignent par exemple d'être écoutés au téléphone, ou de subir des rétorsions administratives (crainte malheureusement fondée, je peux témoigner de plusieurs exemples)

Pour les plus téméraires qui regardent la politique à travers le filtre bêtifiant des médias ou des professions de foi électorales, la politique est une espèce de tiercé, de jeu télévisé, où il «faut» voter pour les candidats des médias, sans vraiment comprenne les enjeux. Et sans jamais rien gagner, contrairement au vrai tiercé.

Cet état de fait est lamentable, et probablement une des plus grosses frustrations que nous ayons à subir dans la société actuelle. C'est aussi grave et obscène que si on ne comprenait pas à quoi sert une maison, et que l'on reste dans la pluie et le froid, en tentant de se protéger avec des gamelles et des vieux vêtements. Le prochain chapitre VI-11 expliquera les manipulations qui ont transformé cette activité primordiale en ce cirque honteux que nous connaissons aujourd'hui.

 

Les causes de cette situation absurde sont:

-L'idée que le gouvernement «commande» le pays. Il ne le commande pas, il le sert. Pourtant les gens lui obéissent, comme à un seigneur d'autrefois, et même contre leur intérêt!!

-L'idée que l'importance de la politique justifierait la violence, la répression, les goulags, et leurs variantes «démocratiques» (fausses accusations, décisions arbitraires, harcèlement administratif, dossiers qui prennent 50 ans pour être examinés...)

-L'apparition d'une classe politique, similaire à la noblesse d'autrefois, où le but est d'obtenir des positions sociales et les bons salaires correspondants. Dans ces conditions, le contenu des professions de foi électorales ou des discours ne sert pas à faire comprendre quoi que ce soit, bien au contraire, mais à caresser telle ou telle catégorie d'électeurs dans le sens du poil, à seule fin d'obtenir leurs votes.

-L'idée que les politiciens et administrations sont «sérieux» avec leur vision du monde sadomasochiste, grise et sans vibration, leur costumes en cinquante nuance de gris et leurs discours autoritaires, tandis que nous ne serions «pas sérieux» quand nous parlons de bonheur, d'émotions, de désirs, de spiritualité, de poésie, etc. Toutes choses dont on ne peut pourtant pas se passer, et qui devraient dicter toutes les décisions politiques.

-Les manipulations des élections, chapitre VI-11

-Les manipulations des médias et de wikipédia: par exemple dire que la guerre en Yougoslavie était une guerre de religions, alors que tout le monde sait très bien que la cause unique en était le régime fachiste de Milosévic (chapitre VI-12).

-Les manipulations des médias: parler de certains candidats et pas d'autres. Sachant que les votes sont en proportion du nombre de citations dans les médias, il est facile à ces derniers de façonner les gouvernements à leur guise.

-Les manipulations des médias: parler par exemple de la dette comme de notre faute, alors qu'elle résulte d'un système financier complètement idiot (chapitre VI-8)

-Le «système» et les égrégores (chapitre VI-13)

-L'attachement dualiste à des idéologies, qui résulte en l'idée «d'opinion politiques» incompatibles et conflictuelles. Nous examinerons ces maladies sociales plus loin dans ce chapitre.

-On a vu aussi au chapitre V-13 sur les sociopathes la notion de ponérologie, ou comment le mal prend le pouvoir sur la société. En pratique les sociopathes sont habiles à prendre le pouvoir sur des partis ou sur des pays.

 

On pourrait résumer toutes ces activités vicieuses et perverses sous le nom de pornopolitique ©, (pornpolitics © en anglais) car elles sont une dégradation de la politique de la même façon que la pornographie est une dégradation de l'amour. Après avoir donc étudié la pornopolitique dans cette section, nous étudierons l'eupolitique © dans le sous-chapitre suivant, c'est à dire les méthodes harmonieuses et efficaces pour organiser nos sociétés et prendre les décisions collectives (merci de se référer aux étymologies grecques, ou au chapitre VI-5, pour bien comprendre la différence entre ces deux mots)

Section III: La politique sans idéologie et sans douleur

(Permalien) Les précautions suivantes peuvent supprimer les causes de disputes en politique. Une fois cela fait, les gens pourront commencer à reconquérir ce domaine. NOTRE domaine.

Mettre fin au n'importe quoi

(Permalien) Le tout premier point serait de neutraliser toute opinion idiote ou extrémiste, que ce soit en politique, dans le social, en science, spiritualité ou religion, incitant à des violences, des ségrégations, des disputes, des mensonges, des attitudes dangereuses.

En politique, ce sont le marxisme (surtout le bolchévisme, mais pas l'idéal de justice sociale), l'anarchisme (mais pas l'idéal libertaire), l'extrême droite (même «démocratique»), le libertarianisme (mais pas l'idéal des entreprises responsables), le terrorisme (tous prétextes toutes orientations) le populisme, l'oligarchie, la ploutocratie, le nationalisme exclusif, la «loi positive», etc.

En religion ce sont toutes les formes de contrôle, d'intolérance, de rigidité dogmatique (y compris l'intégrisme athée), le fanatisme, le refus de l'oeucuménisme, les sectes, le satanisme (sauf cas spécial comme les Yazidis qui usent ce nom dans un autre sens), etc.

Au social, ce sont les idées de contrôle, de censure, l'austérité sadomaso et l'escroquerie par la dette, le pétainisme (sacralisation du travail et du chef), les classes sociales, le sexisme, le racisme, les théories conspirationnistes, les manipulations, la domination-soumission, les bizuteurs, les trolls, la drogue (toutes, y compris tabac et alcool), la séparation entre le sexe et l'amour, les défis dangereux, les enfants sans parents, etc.

En science, ce sont les théories pseudoscientifiques refusant ou dénigrant la conscience, le refus du changement climatique, la justification des pollutions, la vivisection, l'expansion éternelle de la population, etc.

Et quand je dis interdiction, il ne s'agit pas seulement d'une condamnation philosophique, mais bien d'un recours efficace pour faire stopper immédiatement toutes ces expressions pathologiques où qu'elles se manifestent. Ceci est une affaire de société. De nombreux groupes le font bien en interne (souvent de manière trop large: interdiction de toute politique ou religion).

La raison pour laquelle l'interdiction est nécessaire, avant toute forme de dialogue ou de persuasion, est que les personnes qui professent de telles opinions savent très bien au fond d'elles-mêmes qu'elles ont tort, ou qu'elles agissent mal, mais elles persistent par défi, ou pour «s'affirmer». Toute démonstration est donc inutile, tant qu'on n'arrive pas à leur faire aimer la vie et la vérité. Et l'expérience le confirme toujours. Bon, en toute rigueur, ces personnes peuvent finir par comprendre, mais c'est un processus long, pendant lequel il faut bien protéger la société: attend t-on que les cambrioleurs «comprennent» avant d'interdire les cambriolages? Non, on interdit d'abord. Le travail d'éducation vient ensuite.

Bon, le problème ici est bien connu: les démarches de type «salubrité sociale» ont toujours mené à des dictatures, souvent pires que le mal dont elles prétendent nous protéger. La première raison en est que les sociopathes sont toujours les premiers à saisir les levier d'un pouvoir quel qu'il soit, souvent sous le nez de ceux qui l'ont construit. Donc l'accession à toute autorité, politique, scientifique, sociale, judiciaire, spirituelle, religieuse, leadership social ou philosophique, gourou, etc. doit être conditionnée à une bonne santé mentale, prouvée par des examens.

Cela ne sera toutefois pas suffisant: l'autorité chargée de définir le bien ou le mal devra en être capable, et pour cela maîtriser les raisonnements logiques (scientifiques), non-duels (chapitre I-3), non-conceptuels (chapitre I-9), et surtout être capable d'empathie et de motivation altruiste. Ce dernier point est primordial, car c'est lui qui donne la direction!! C'est cette démarche que j'ai suivie pour écrire ce livre et créer la liste ci-dessus d'opinions à interdire.

Si on ne remplit pas les conditions ci-dessus, eh bien, il vaut mieux s'abstenir, et laisser s'exprimer n'importe qui et n'importe quoi... En effet, tenter de contrôler la pensée elle-même ne peut mener qu'à Big Brother. Il vaudra donc se contenter d'interdire l'expression publique de ces opinions, ou toute méthode pour les légitimer et leur faire gagner de l'influence. Le chaos actuel tue des millions de personnes chaque année, mais au moins il laisse une chance au Bien d'émerger un jour. Alors qu'un contrôle de la pensée éliminerait toute possibilité d'évolution.

 

Bon je sais, les politiciens ne «voudront pas». Que au moins chacun se garde des opinions ci-dessus, et évite leurs zélateurs, pour assurer sa propre sécurité.

Ne pas en faire une affaire de conflit ou de compétition

(Permalien) C'est un fait d'observation courant, partout où les gens se réunissent pour décider de matières collectives: tant que personne ne pose d'acte hostile, les choses se passent bien, et les gens font de la politique sans s'en rendre compte. Et en plus ils aiment ça! Les choses tournent mal précisément au moment ou quelqu'un commence à s'imposer, bloquer, se fâcher ou agresser. A ce moment précis, alors la plupart des gens s'en vont.

Cela peut aller très loin: j'ai ainsi connu quelqu'un qui avait «séjourné à l'Arche de Lanza del Vasto» (comprenez: il s'était fort probablement fait virer). Ce type n'élevait jamais la voix, mais il avait une façon de «donner son opinion» en opposition systématique, qui ne laissait aucune chance aux autres, et bloquait toute discussion en le posant immédiatement au centre. Quand un sociopathe devient non-violent... il fait de la non-violence juste une autre arme pour écraser les autres.

Ainsi se réapproprier la politique passe par la résolution des conflits, au besoin par l'exclusion de ceux dont le but est précisément de créer des conflits. On peut même leur proposer de se faire soigner. On le fait bien aux délinquants sexuels.

Ne pas en faire une affaire de clan

(Permalien) Il serait difficile d'éviter que les gens d'opinions similaires s'organisent pour augmenter leur influence. De là viennent les partis politiques (ou les religions, organisations, entreprises, etc.) Les problèmes apparaissent quand:

-Ces partis deviennent de simple outils dans les mains de leurs chefs (Pour éviter cela il ne faut pas que les membres soient submissifs)

-Un parti entretient une névrose d'opinion (chapitre V-12) qui filtre la réalité: ne pas voir «nos» défauts, et ne pas voir «leurs» qualités.

-Les médias ignorent tout groupe hors d'une courte liste de quelques partis, et autres magouilles dénoncées au chapitre VI-11.

-Deux partis formant une dialectique Yin-Yang se considèrent ennemis (chapitre I-3).

Eliminer l'attachement aux opinions.

(Permalien) En effet, prendre des décisions communes implique forcément d'avoir à faire à des personnes d'opinions différentes et d'intérêts divergents, qui voudront actualiser des choix différents. Le plus souvent il en résulte des décisions qui sont des compromis pragmatiques, qu'il faut donc accepter tel quel.

Toutefois il y a souvent des solutions plus subtiles que les compromis. Exemple: faut-il proposer des nourritures halal dans les cantines scolaires? (Un débat «d'actualité» en 2017, mais quand j'étais étudiant en 1974 les restaurants universitaires le faisaient, et personne n'y voyait un «problème»). Plutôt que d'invoquer des «coûts» ou de lancer des «grands débats de société» ou de «défendre la république» (sans même parler de laisser le racisme et l'intolérance religieuse empoisonner a discussion), on peut proposer une solution simple: si les cantines scolaires sont végétariennes, alors personne n'est lésé, c'est plus simple à organiser et tout le monde y gagne. A moins d'être sadique contre les animaux, mais c'est là que l'on voit l'intérêt d'interdire les opinions cruelles ou extrémistes.

(Note: cette idée est si évidente qu'en France en 2017 elle a été proposée par plusieurs députés et candidats aux élections, après que je l'ai eue, mais avant que je publie ce chapitre)

On voit sur cet exemple que d'éviter de se crisper sur «la défense d'un intérêt» permet souvent de trouver des solutions multiples ou astucieuses, qui en finale préservent mieux les intérêts de chacun, ou offrent davantage de liberté, dans une société où des modes de vie et philosophies très différentes peuvent coexister sans se gêner.

J'élabore un exemple précis au chapitre VI-5 sur la sexualité, où l'on trouve des «intérêts» diamétralement opposés, entre les enfants fragiles et chastes, et des adultes amateurs de rencontres et de sensations fortes. Comment garantir la liberté de chacun sans nuire aux autres? Avec une règle simple: 1) «le sexe est privé» (c'est même pas une nouveauté, hi hi hi) et 2) une technique facile a mettre en oeuvre: des lieux de rencontre avec une signalétique indiquant le type de pratique. Ainsi chacun peut trouver ce qu'il cherche, ou éviter ce qu'il n'aime pas: même un enfant tombant accidentellement sur un de ces signes peut comprendre qu'il ne doit pas aller plus loin, sans avoir besoin de savoir ce qu'il signifie exactement.

Mais le plus bel exemple est au chapitre VI-8 sur l'économie: la Vraie Economie de Transition permet d'accommoder ensemble des gens avec des approches très différentes, dans une société mixte. Chacun fonctionne en prenant les précautions qu'il juge utile, selon sa plus ou moins grande confiance en les autres, ou selon sa conception de son intérêt, dans un système qui est pourtant cohérent, efficace et propice à l'évolution.

Contrôler nos égos

(Permalien) On pense bien évidemment à l'égocentrisme et aux «intérêts personnels», qui ruinent la vie de milliards de personnes. Mais on a vu au chapitre V-10 que l'égo est plus subtil: ce n'est autre que le moteur d'inférence du cerveau, c'est à dire l'ensemble des mécanismes cérébraux qui déterminent nos pensées, nos intentions, nos plans, etc. Dans le cas de décisions collectives, il tend à vouloir nous faire organiser les choses d'une certaine façon. Manque de pot, étant des phénomènes matériels, les égos ne peuvent pas communiquer entre eux, et chacun a son propre plan ou sa propre vision! D'où des désaccords sans cause réelle, mais obligés de se produire, si on ne contrôle pas nos égos. La nature même de l'égo fait que de tels désaccords arrivent même entre gens de même opinion. En effet chacun voudra gérer la situation à sa façon...

Développer la pensée non-conceptuelle

(Permalien) (chapitre I-9). On constate très souvent que des divergences d'opinions peuvent se ramener à seulement des concepts différents pour exprimer la même chose. Ce qu'on appelle pinailler, en langage courant.

 

Ce point et les deux précédents sont affaire de psychoéducation. Seuls des groupes où les gens sont suffisamment psychoéduqués (chapitre V-12) peuvent fonctionner harmonieusement, sans disputes. C'est la raison pour laquelle tout projet doit prévoir des méthodes de psychoéducation.

 

Enfin, les conceptions pessimistes ou masochistes de la politique affirment qu'il y a forcément des divergences d'intérêt entre groupes ou personnes. Je dis que non, si on adopte une éthique scientifique telle que celle que je décris au chapitre VI-2 et suivants. En effet, la seule base pour justifier une éthique est celle des motivations fondamentales de la conscience. Le point intéressant ici est que suivre les motivations fondamentales de la conscience ne peut pas mener à des conflits, ni même à des divergences d'intérêt. Même en cas de pénuries de ressources fondamentales, l'application du second et troisième principe de l'éthique aboutit à un mal minimum, qui sera toujours infiniment meilleur que n'importe quel conflit, et même que la démocratie. (voir le chapitre VI-11 pour les avantages et les limites de la démocratie)

Ne plus se fier au médias (euphémisme)

(Permalien) «Média» signifie «qui sert d'intermédiaire». Intermédiaire entre les producteurs d'information (les gens qui agissent ou réfléchissent) et ceux qui ont besoin de ces informations (les gens qui organisent leur vie, votent, etc.)

Cette position permet aux médias d'effectuer une sélection et mise en forme des faits, afin d'influencer nos comportements et nos votes, selon les directives des actionnaires des dits médias. Et ils ne s'en privent pas:

-Censure systématique des solutions positives (écologie, autogestion, monnaies complémentaires, non-violence, psychoéducation...) et absence totale de toute réflexion réelle.

-Au contraire mettre l'accent sur les problèmes et sur les faits divers sordides, afin que nous faire nous sentir mal et voter pour les «solutions» extrémistes.

-Politique-spectacle, présentée comme un éternel affrontement idiot entre «partis» irréconciliables.

-Dénigrement de la spiritualité et des idéaux positifs.

-Mise en spectacle de personnes psychologiquement évaporées, sans introspection (télé«réalité»).

Bon, en ce début 2017, les médias se posent en pompiers (fact check) des feux qu'ils ont eux-même allumés (théories conspirationnistes, racisme, extrémisme...). En espérant qu'ils ne soit pas trop tard...

A noter que des sites de «crowd sourcing» anonymes et incontrôlés comme wikipédia peuvent aussi se pervertir comme les médias: on y trouve fréquemment des interprétations idéologiques, des mensonges, des pages partisanes ou avec un «baron».

 

On peut théoriquement imaginer des médias qui feraient leur travail sans tomber dans les travers ci-dessus. Cet espoir existe, et il est même fort: on l'a vu mener les gens à soutenir la fondation d'un journal comme «libération». Espoir vite déçu, en seulement quelques mois, car un tel projet a de nombreuses pierres d'achoppement. Il existe quand même un mouvement de critique des médias (Par exemple Acrimed ou Propublica). Sans parler du fact check, qui, fait intéressant, a commencé sur facebook et google, qui sont effectivement les nouveaux médias du futur. Et effectivement on commence à y trouver (2017) des publications importantes censurées par les médias traditionnels.

 

Mais l'idéal est carrément de court-circuiter les médias, afin de remonter directement à l'information pertinente:

La révolution douce de prendre directement nos affaires en main

(Permalien) L'attitude intéressante, grandement facilitée par Internet, est que les personnes qui ont à prendre des décisions sur leurs vies, consultent directement les sites de ceux qui produisent les informations nécessaires, sans plus passer par des médias intermédiaires. Exemple: au lieu d'entendre dire à la télé que les éoliennes c'est mal, on regarde sur les sites scientifiques pourquoi il faut en construire. Et tout à l'avenant.

Effectivement, de plus en plus d'information est accessible à tous sur Internet, permettant à chacun de s'approcher de la vérité, au besoin en consultant les informations «divergentes».

Comment cela fonctionne t-il? Voyons sur un exemple: le nucléaire est-il bien ou mal?

Sur les sites pro-nucléaires on lit les avantages du nucléaire. Sur les sites écolo, on lit les dangers du nucléaires. Sur les sites scientifiques, on confirme les dangers de la radioactivité. Sur les sites économiques on lit que la plupart des mines d'uranium sont épuisées, et que les énergies renouvelables sont maintenant moins chères. De sorte que, d'où que l'on parte, en surfant d'un site à l'autre tout en recoupant les informations, on arrive tous a la même conclusion: il faut arrêter cette folie. Et on peut.

Comment cela devient-il une «décision politique»? Normalement, en votant pour un candidat qui préconise les énergies renouvelables. Problème: aujourd'hui les candidats qui font ça l'associent à des choses encore plus dangereuses que le nucléaire: libéralisation des drogues, athéisme sectaire, enfants sans père (chapitre VI-6) et j'en passe. Etonnez-vous que des gens soient contre l'écologie, après.

Il nous reste toutefois plusieurs leviers, au niveau de la vie quotidienne: économies d'énergies, choisir un fournisseur d'énergie verte, investir dans les énergies vertes, etc. C'est ce que signifie vraiment l'expression «écologie politique», avant que les «Verts» ne novlanguisent ce terme: des actes de la vie quotidienne qui construisent une société différente, c'est à dire des actes politiques au sens noble du terme. Ainsi chacun d'entre nous peut-il «voter» de cette façon, non récupérable, et qui semble finalement plus efficace que les élections auto-castrées (chapitre VI-11).

Qui va le faire?

(Permalien) Aucun candidat ne peut proposer les points ci-dessus dans son programme. Par contre, ces points peuvent être mis en application immédiatement, par chacun d'entre nous. Les choses évolueront donc en fonction exactement de ce que nous ferons.

Et si c'est pas commencé? Eh ben c'est que c'est à vous de commencer.

 

Bon, je vous rassure: c'est commencé. Vous avez eu peur, hein? :-D

Section IV: En pratique

(Permalien) La première chose ici est que toutes les personnes concernées par un enjeu donné doivent pouvoir se réunir et se concerter pour prendre ensemble les décisions nécessaires. C'est ce qu'étaient sensés faire les «soviets» (conseils, en russe), ou que l'on fait en autogestion, assemblée générale d'association, etc.

«Se réunir» n'est pas forcément une rencontre physique: le monde moderne a créé des possibilités nouvelles: forums Internet, mondes virtuels, etc.

 

L'objection ici est que l'on ne peut pas réunir tout un pays. Toutefois on a vu au chapitre VI-8 sur l'économie, que l'organisation des activités économiques se prêtre très bien à une structure que nous avons qualifiée de fractale. On y trouve en effet de nombreux groupes locaux, avec beaucoup d'enjeux. Puis, comme la portée géographique des groupes s'étend, en même temps ils deviennent plus spécialisés. Ainsi, chaque échelle reste l'échelle humaine!

La même chose joue en politique, avec toutefois une différence: les décisions d'ordre général impliquent tout le monde. L'effet fractal ne joue donc pas ici. Toutefois les décisions économiques sont contingentes et variables en fonction de circonstances, tandis que les décisions politiques posent des principes généraux bien plus stables, qui n'ont que rarement besoin d'être redéfinis.

Mais précisément ces principes généraux ne sont pas des choses que l'on choisit, même démocratiquement: ils ressortent, eux aussi, d'une démarche scientifique, qui examine les conséquences de nos actes sur les personnes qui vont les subir.

Oui, c'est bien une erreur fondamentales de la démocratie: penser que l'on ait a choisir, et même que l'on puisse seulement choisir, des points fondamentaux comme les théories scientifiques, la spiritualité, ou même la morale, comme décrit dans ce livre. On ne le peut, car ces choses sont déterminées dans le monde, y compris dans le domaine de la conscience. Tenter d'imposer des «opinions politiques» quelles qu'elles soient ne peut donc que mener à des conflits futurs, car forcément des gens souffriront, seront lésés et mécontents. C'est exactement comme si on devait voter pour savoir si la gravitation existe ou pas. Un vote populiste sur un tel «choix» nous ferait inéluctablement... tomber de haut! Présenté de cette façon, l'idiotie de voter pour des choix fondamentaux est évidente: chacun les connaît! Pourtant c'est effectivement ce que les gens font quand ils votent sur des choses comme l'avortement (chapitre VI-5), l'austérité sadomaso, etc. Et ils tombent de haut... et accusent «les politiciens» de les trahir!!

La nécessité de faire connaître de tels choix n'apparaît que parce que des gens trompent et manipulent la société, chapitre VI-13. On verra plus précisément les manipulations des élections au chapitre VI-11.

Ainsi toute tentative politique ne peut être basée que sur une connaissance objective des faits de la conscience et de leurs conséquences en société, comme dans ce livre. Et on peut facilement vérifier que c'est bien ce qui a garanti le succès des groupes positifs qui ont essayé: créer une vie sociale harmonieuse sans «système» oppressif ni conflits. Même si la plupart d'entre eux avaient des objectifs bien plus modestes que ce livre.

Ainsi, ce que j'écris ici n'est pas de la spéculation, c'est un fait régulier, d'expérience commune.

 

Une fois ces bases saines établies, alors la politique peut effectivement devenir un domaine sympa, cool et appropriable, où chacun peut donner son avis et participer à des décisions, sans plus être rejeté ni manipulé par un quelconque «système». Les grands moments de la vie politique d'un groupe, d'une région, etc. peuvent même devenir des temps forts dans la vie de chacun: des fêtes, des célébrations, des rencontres, des échanges artistiques, économiques, culturels, etc.

Une telle façon de faire transforme la société en profondeur: elle n'est plus un «système» étranger ou inhumain, mais quelque chose d'agréable, que l'on aime, qui nous soutient.

 

Plus important encore, la politique libérée des idéologies permet de s'occuper de l'essentiel, au lieu d'idioties cotées en bourse: la nature, notre bonheur, l'esprit, la science, et peut-être encore d'autres choses.

 

C'est ainsi que la politique peut-elle, non seulement être appropriable par tous, mais en plus effectivement devenir agréable au lieu d'angoissante, une force d'union au lieu de division, une compréhension globale de la vie, au lieu de querelles idéologiques sans signification.

Section V: Les grandes névroses d'opinion

(Permalien) Ce qui perturbe tant la politique classique sont les opinions, ces terribles névroses d'opinion (chapitre V-12) qui nous font halluciner des «vérités» illusoires, et voir des «ennemis» imaginaires. Qui plus est des opinions dualistes, qui nous font diviser tous les autres en «bons» et «mauvais», sans nuances, justifiant tous les crimes: guerre, répression policière, «lutte des classes», «races supérieures», «migrants», etc. Bien entendu, les opinions étant des névroses, créées par le fonctionnement physique des neurones, sans intervention de la conscience, les gens se font des tas d'opinions sur tout, au hasard, et souvent contradictoires. (La conscience a tout de même possibilité d'éliminer les névroses et les opinions, par la science, le libre-arbitre, l'entraînement psychologique ou spirituel, voir chapitre V-12. C'est même assez facile, et j'ai trouvé comment tout seul. Mais de fait, peu de gens le font). De la viennent la variété des opinions sur tout, encore qu'elles se répartissent en quelques grandes catégories, selon l'état d'esprit de base de la personne.

En effet, les névroses d'opinion ne s'installent pas totalement au hasard: selon leur vibration (chapitre V-17), les gens ont plus de chances de contracter telle ou telle opinion, et moins d'autres. Mais le processus restant aléatoire (par exemple au gré d'une première rencontre plaisante ou déplaisante), les gens ont quand même des tas d'opinions différentes sur tout les sujets, souvent incohérentes ou contradictoires.

Toutefois les grandes orientations politiques restent chacune liée à une vibration bien définie:

Le capitalisme

(Permalien) L'attachement névrotique au capitalisme résulte d'un état d'esprit égocentrique. Les personnes souffrant d'un tel état d'esprit cherchent à tirer profit des autres (ce qui ne veut pas dire que tous les pratiquants du capitalisme aient un tel état d'esprit: de plus en plus le font parce que aujourd'hui il est encore difficile de faire autrement). Les partisans du capitalisme présentent volontiers leur système comme «naturel» et «inévitable». Comme on le voit au chapitre VI-11 sur l'économie, il ne l'est pas: le «marché», et les inégalités qu'il génère automatiquement, sont la conséquence de la compétition entre personnes égocentriques luttant chacune pour tirer la couverture à elles.

Contrairement à ce que pensent les marxistes et la gauche en général, il faut comprendre que «les «travailleurs» sont eux aussi égocentriques et capitalistes, contribuant donc à ce système et à ses inégalités tout autant que les patrons ou les financiers. La preuve: si ils n'étaient pas égocentriques, ils se seraient tous associés en Vraie Economie depuis longtemps, au lieu de seulement... faire grève!

Les méthodes du capitalisme (argent, contrats, salaires, propriété...) ne sont que des palliatifs, patiemment mis au point au long de plusieurs millénaires de vie sociale, pour que les gens dans un tel état d'esprit arrivent tout de même à faire quelque chose d'utile ensemble.

On pourrait ne voir dans ces palliatifs qu'une forme de pragmatisme, si ne s'y mêlait pas une (très grosse) part de sentimentalité névrotique: les partisans du capitalisme utilisent alors ces palliatifs pour contrôler les autres et les empêcher de jouir de la vie (Longues journées de travail, heure d'été, constructions laides, bruit, pauvreté, pollution, jeux de domination-soumission, honte d'être pauvre face aux «supérieurs», vêtements sadomasochistes noirs, etc.)

Bien entendu, un système qui n'émerge que de l'égo est forcément incontrôlable et nuisible, et donc à éliminer sans nuances. Pour cela, la Vraie Economie (chapitre VI-11) propose une économie idéale, sans égo. Toutefois, les égos ne sont pas facile à éliminer, et donc elle propose aussi une Vraie Economie de Transition, utilisant les palliatifs du capitalisme (ou de tout autre système) de façon pragmatique, en non-Action, c'est à dire sans la névrose d'opinion.

La droite

(Permalien) En théorie la droite serait le contrepoint stable Yin aux ardeurs Yang de changement de la gauche, voire aux excès révolutionnaires. En pratique toutefois, elle est presque toujours une simple force d'inertie, voire une attraction vers le bas qui veut toujours faire retomber tous nos mouvements.

Ce qui en général pousse les gens à l'attachement envers la droite est le goût des jeux sadomasochistes de domination et soumission: culte des chefs, de l'autorité, honte et soumission de la plèbe face aux «supérieurs», vêtements noirs ou ternes, refus des bonnes vibrations (chapitre V-17), fétichisme des critères de sélection sociale idiots (costume, coupe de cheveux, maquillage, talons bizarres...), contrôle de tous les aspects de la société, normes sur tout et sur rien...

Ce goût pour la soumission provient fort probablement d'anciens conditionnements animaux: le troupeau et sa hiérarchie, par exemple les vaches qui se soumettent à un mâle dominant. Ces conditionnements se retrouvent chez les chimpanzés, qui forment des tribus hiérarchisées et xénophobes. Il est donc fort probable que nous ayons hérités de gènes qui nous conditionnent à la soumission. Et, comme vu au chapitre V-12 sur les névroses, cette soumission va fort loin, jusqu'à aimer l'autorité, même si elle n'apporte que des souffrances. De là cette attitude masochiste de la majorité, de toujours soutenir n'importe quel pouvoir autoritaire, même à l'encontre de leur intérêt, même si il ruine ou trahit leur pays (guerre, austérité, anti-écologie, fachisme, etc.).

Contrairement à par exemple le marxisme, la plupart des politiciens de droite n'ont aucune théorie organisée: leur discours variable selon le contexte (capitalisme, féodalisme, religion...) se ramène toujours à une éternelle opposition à toute émancipation ou initiative. Historiquement la droite a soutenu toutes les réactions, toutes les divisions entre les peuples, toutes les guerres, toutes les dictatures non-communistes, la colonisation, l'esclavage, le racisme, l'inquisition, les persécutions religieuses, la persécution des religions, le féodalisme, l'absolutisme, l'oligarchie, les castes, le matérialisme, le scientisme, le nazisme, le fachisme, les pollueurs, les drogues «traditionnelles», les traditions idiotes ou cruelles, la malbouffe, la misère, les bizutages, les bandes, les mafias, les musiques sans vibration, les couleurs ternes, la ploutocratie, le gouvernement européen auto-proclamé, l'austérité économique sadomaso, l'escroquerie de la dette (chapitre VI-8), etc.

Aujourd'hui (2016), la droite soutient les puissants du moment: la nouvelle noblesse financière, avec leur clergé médiatique. Mais la droite existait bien avant, et elle s'accommode tout aussi bien des autres formes de pouvoir: noblesse, armée, féodalisme, religion, empires antiques, et même les sociétés tribales avec un chef.

Bien entendu des partis politiques avec un tel programme anti-tout n'ont rarement plus que quelques centaines de membres, là où les partis de gauche en rassemblent automatiquement des millions. Toutefois ils ont autant de votes que la gauche: pourquoi alors les gens votent-ils pour des partis qui sont contre eux? La seule réponse possible est: par soumission masochiste à l'autorité douloureuse. D'où la définition de la droite que j'ai donné ci-dessus, indépendante de son discours politique du moment.

De toutes façons la droite actuelle ne représente même pas les entreprises, dont elle se veut pourtant l'émanation. Par exemple, le secrétaire de l'ONU, Ban Ki Moon, a dit, peu de temps avant de quitter ses fonctions (2016), que les milieux d'affaires étaient trop engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique pour que les ennemis de l'humanité puissent les en empêcher. Comme je l'écris au chapitre VI-8 sur l'économie, c'est le sang même du capitalisme qui change, et qui finalement se montre le plus fidèle indicateur de l'évolution spirituelle de l'humanité.

L'autorité religieuse est la raison pour laquelle les simple croyants, sans démarche spirituelle, votent soumission masochiste à la droite. Et la perte de pouvoir temporel des religieux est la seule raison pour laquelle il y a moins de «croyants» aujourd'hui, dans un monde où il y a pourtant chaque jour davantage de spiritualité.

D'une manière générale, il convient d'être prudent de tout ce qui se dit de droite. En effet les partis de droite traditionnels ne servent à rien, ils n'ont aucun projet, aucun plan autre que de garder le pouvoir envers et contre tous, parasitant tout notre processus collectif de prise de décisions politiques ou sociales. Les quelques idées et personnalités intéressantes gagneraient à créer des mouvements plus positifs.

On aurait toutefois tort de rejeter indistinctement tout ce qui vient de la droite: face aux délires dangereux d'une gauche déboussolée (2016) qui veut légaliser les drogues, changer nos enfants de sexe ou imposer les mères esclaves (chapitre VI-6), la voix du bon sens doit bien trouver refuge quelque part. Ainsi la droite vient équilibrer les effets malfaisants de la klipha de la gauche (voir chapitre I-4 pour ces termes techniques). En faisant toutefois bien attention que cela n'attise pas la klipha de la droite: le fachisme.

(Ajouté le 29 Octobre 2018): En France, la remarque précédente apparaît prémonitoire: suite aux efforts de la gauche Marxiste puis socialiste pour se discréditer, on assiste à la montée d'une nouvelle droite modérée qui fait des propositions int√©ressantes, alors que la droite caricaturale classique se réfugie dans un parti dont le nom est déjà discrédité par leurs homologues américains: Les Républicains.

Le marxisme

(Permalien) J'en parle aussi au chapitre I-9 sur les idéologies, et au chapitre VI-8 sur les alternatives au capitalisme. Le marxisme prétend être l'aboutissement des réflexions sociales généreuses du 19eme siècle, alors qu'il n'est que leur rigidification en une seule idéologie dogmatique, une terrible conception du monde figée un soir glacial d'Octobre 1917.

L'adhésion au marxisme résulte d'un état d'esprit jaloux, où tout ce que les autres ont devient objet de colère et de culpabilité: être beau, blanc, blond, riche, intelligent, spirituel, avoir des gros seins, porter des lunettes, être fils de militaire (on me l'a dit plusieurs fois), être américain, européen, bhoutanais, tibétain, Israélien, autiste, et même un chevalier de Rohan (si si je l'ai vu). Les marxistes sont moches, aigris et incapables de jouir de la vie, et ils ne supportent pas qu'on soit mieux qu'eux. C'est la raison pour laquelle ils créent des conflits et des guérillas partout, afin que les gens soient tristes et malheureux. Si ils ne le peuvent, alors ils se livrent au harcèlement moral d'innocents, tentant de les faire culpabiliser avec des accusations de duplicité. Ou bien ils étalent partout toutes les horreurs et injustices qu'ils peuvent trouver. L'art marxiste traduit bien cet état d'esprit: sans vibration, sombre, froid, tragique et masochiste, à l'exact opposé de la gaîté colorée d'une véritable émancipation. Cela devrait être un indice suffisant pour se tenir à l'écart de ces gens. Cela ne vous suffit-il pas? La première victime de la Révolution d'Octobre fut un piano, jeté par une fenêtre. Toute la suite a suivi logiquement.

Le marxisme a trompé beaucoup de gens, qui l'ont soutenu avec enthousiasme, parce qu'il se présente comme une solution simple aux injustices sociales: il suffirait d'éliminer les prétendus coupables désignés par l'idéologie. Malheureusement, si on élimine les plus privilégiés, il s'en recrée automatiquement d'autres, par le jeu de la compétition entre égos (voir mon étude). D'où l'échec de toutes les tentatives basées sur l'élimination de certaines personnes (communisme, maoïsme), ou même seulement sur la sélection des «bons» (hippies, communautés...). La meilleure preuve en est le Cambodge, où les marxistes ont massacré tous les porteurs de lunettes: la proportion de myopes n'a pas changé.

Dit en termes plus théoriques, la base du marxisme est une erreur de type de logique (chapitre I-5) appelée dualisme, qui produit l'hallucination de voir la société séparée en deux groupes, censés être les bons et les méchants. D'où l'illusion qu'il suffirait d'éliminer certaines personnes pour accéder au bonheur parfait, et l'ardeur de ses partisans à massacrer. En réalité, ça ne marche jamais, car la division entre le bien et le mal ne passe pas entre les gens, mais en chacun d'entre nous, entre notre conscience spirituelle et les illusions de la pensée neurologique (chapitre V-10). Sans oublier bien sûr qu'en massacrant on se place automatiquement du mauvais côté.

La raison pour laquelle la plupart des régimes marxistes ont échoué dans leurs buts généreux, est que les militants commençaient par tenter de réformer les autres, avant de se réformer eux-mêmes. Ainsi ils ne faisaient que reproduire l'ancien schéma de culpabilisation et d'hypocrisie des fanatiques religieux, sans proposer de méthode efficace pour effectivement devenir meilleur. Eux-même se considéraient comme parfaits, du simple fait de leurs opinions!

On notera aussi que le marxisme, voire les services de «certains gouvernements», continuent à plomber divers mouvements politiques ou sociaux: «l'intelligentsia» française, l'altermondialisme, le mouvement logiciel libre, les Verts, le féminisme, le mouvement LGBT, la psychanalyse, les «luttes de libération nationale», wikileaks, sans parler bien sûr d'imbécillités comme le «retour à la guerre froide» et les massives campagnes de désinformation associées. En France, je l'ai bien vu quand j'étais étudiant, les gauchistes se dirigeaient vers des métiers comme travailleur social, afin de pouvoir «rééduquer» les gens. De là vient que j'ai eu tant de problèmes en essayant de sortir mes enfants de la secte: enquêtes sociales à charge, accusations de «religion», harcèlement moral, culpabilisation, sexisme, mes enfants amenés à des réunions secrètes, etc. Désolé les gars, mais je n'apprécie pas plus que les autres d'être attaqué pour des faux motifs.

Un autre virus idéologique (chapitre V-12) marxiste plus subtil mais aussi très dangereux est cette sensation d'avoir à faire quelque chose d'urgent pour sauver l'humanité. Cela peut conduire à des choses déraisonnables ou terribles, mais «justifiées» par la révolution qui vient. Ou bien l'idée d'un changement imminent, qui justifierait par exemple d'abandonner nos études, notre travail, ou notre famille. Des virus idéologiques similaires se retrouvent dans le Nouvel Age et dans beaucoup de sectes. Spirituellement, ces sensation sont, à un certain moment, un obstacle majeur aux obtentions.

Tout cela fait du marxisme une idée fondamentalement négative, à dénoncer, éradiquer et oublier.

Attention toutefois à ne par éradiquer l'idéal de justice sociale avec, comme le font les anti-communistes primaires. Nous ne sommes pas des anti-communistes primaires. Nous sommes des anti-communistes secondaires. Notre job c'est de libérer le progrès social de l'emprise paralysante du marxisme, et de reprendre les réflexions sociales mises sous le boisseau depuis un siècle maintenant (1917-2017).

Les gens qui analyseront mon livre devront bien être conscients que je n'ai jamais été «de droite», et que donc mon opposition à l'idéologie marxisme ne vient pas de quelque état d'esprit capitaliste ou réactionnaire. Ce qui s'est passé en fait est que mes premiers idéaux de justice sociale m'ont amené à considérer le marxisme, qui semblait refléter ces idéaux, et à fréquenter ces milieux qui étaient la seule alternative sociale organisée au début des années 1970. Toutefois je n'ai jamais adhéré formellement, vite gêné par tous les problèmes de rigidité mentale et de dualisme, à une époque où la compréhension de la non-dualité commençait à être accessible au grand public, par le Zen macrobiotique. J'ai bien tenté d'aider mes camarades à comprendre, pensant que cette rigidité mentale n'était pas inhérente au marxisme. Mais elle l'était, et quand j'ai compris j'ai abandonné. Depuis je dénonce le marxisme comme une idéologie réactionnaire qui contredit et pourrit tant de choses importantes.

La gauche

(Permalien) La gauche est en théorie l'héritière des réflexions sociales du 19eme siècle, avant qu'elles ne soient stoppées par la catastrophe marxiste. A ce titre, elle est fidèlement soutenue par tous ceux qui souhaitent le progrès social, la liberté, une meilleure répartition des richesses ou une démocratie plus directe. Et il y aurait effectivement beaucoup à faire ici, avec toutes les idées avancées sur l'économie, l'argent, l'entreprise, la société, l'écologie. Ce livre contribue à ce travail.

Le gros problème toutefois est que beaucoup de politiciens de «gauche» aujourd'hui se contentent d'encaisser les voix populaires, sans réellement proposer autre chose que la droite classique, allant même jusqu'à porter le même costume noir sadomasochiste. Et, une fois élus, ils se font rien d'autre que de toucher leur paie, goûter au caviar, et aller aux restaurants de luxe quand les politiciens de droite les y invitent. Une fois bien saouls ils signent n'importe quoi. Ou même sans être saouls, car le plus souvent ils n'y connaissent rien, et ils demandent l'avis de la droite «sérieuse» avant de faire quelque chose.

Bon, c'est un peu caricatural, et on trouve certainement davantage de gens valables et d'idées positives dans la gauche. Mais leurs copains se chargent de les rendre inefficaces, ou bien ils l'emballent dans de l'intégrisme athée, des théories du genre, etc.

La gauche a l'habitude de défendre la science et la laïcité. Toutefois, elle est ici victime naïve du phénomène d'oscillation entre deux extrêmes vu au chapitre I-5: si, au 19eme siècle, s'affranchir d'une religion bigote et arriérée était une révolution, au 21eme siècle rejeter le renouveau spirituel est une réaction, qui mène souvent à des positions arriérées dangereuses: matérialisme, rationalisme (chapitre II-6), drogues, bigoterie anti-religion, intégrisme athée, chasse au hijab, etc. Toutes positions qui limitent radicalement l'électorat de gauche aux seuls athées. Ainsi la gauche, pour survivre sans se renier, doit s'ouvrir au véritable progrès: réintégrer le domaine spirituel (et la science) comme base de ses idéaux sociaux ou politiques, et comme moyen de enfin réaliser ces idéaux sans reproduire une fois de plus les lamentables erreurs des 19eme et 20eme siècles.

Il est de toute façon difficile de faire quoi que ce soit de nouveau sur le champ stérile laissé par le marxisme, avec une opinion publique hyper-allergique suite à des dizaines d'années de massacres et de goulags. Même les autogestionnaires peinent à exister en tant que gauche non-marxiste. Les seuls qui sont arrivés à quelque chose sont les utopistes des années 1970 (voir plus loin à propos des révolutions)

 

Ce qui pourrait finir par arriver est que les gens réellement avancés finissent par rejeter totalement cette gauche déboussolée qui leur tire dans le dos. C'est ce qui a failli arriver avec l'écologie (la vraie, celle des années 1970), et la raison pour laquelle la gauche s'est donné tant de mal pour l'infiltrer et la neutraliser.

Soumission à l'ordre établi

(Permalien) Dans n'importe quel régime, politique ou religieux, libre ou autoritaire, progressiste ou rétrograde, nous trouvons toujours une majorité de personnes qui lui obéissent et acceptent de travailler pour lui, sans se poser de questions sur l'utilisation de ce travail. Et non seulement ils obéissent, mais en plus ils aiment ce régime, et font leurs ses opinions et ses objectifs, même si ils sont très pénibles pour eux. La cause de ce fait est bien connue: une majorité de personnes développent une névrose de soumission (chapitre V-12), comme les vaches dans un troupeau, qui les font aimer le mâle dominant. Cette soumission peut aller jusqu'au masochisme: accepter et justifier le bizutage par le système. Même dans les élections démocratiques, le simple fait qu'un candidat soit étiqueté «du système» (ou «sérieux», la forme actuelle de «noble») lui suffit pour rassembler une large part de votes, même si ce candidat est ostensiblement idiot ou dangereux.

Personne ne peut libérer les gens d'une névrose, la seule solution est que les gens entreprennent eux-mêmes un travail psychologique et spirituel pour éliminer ces névroses, afin de devenir capables de se faire des opinions et des décisions par eux-mêmes. C'est la condition préalable à la démocratie et à la liberté, bien des années avant toute élection.

Vous vous attendez probablement à ce que je sorte encore la psychoéducation. Mais je dirais que pouvoir penser par soi-même est encore plus basique: il s'agit simplement d'éducation tout court, et la raison pour laquelle l'école et l'apprentissage de la lecture ont été rendus obligatoires pour commencer. Mais un point important a été oublié par les révolutions athées: lire les nouvelles ne suffit pas pour prendre les bonnes décisions, si les gens ont des névroses qui filtrent les faits et corrompent leurs sentiments. De sorte que que tout politicien qui prétend être un démocrate ou un progressiste ajoute immédiatement à son programme l'enseignement des bases de la spiritualité, à l'école et pour tout le monde chapitre V-7.

Rejet de l'ordre établi

(Permalien) Vu le sous-chapitre précédent, nous pouvons penser qu'il est bien d'éliminer l'ordre établi parasite. Ça l'est certainement, mais il y a un piège dangereux attaché après. Nous avons étudié ce piège au chapitre I-4 et au chapitre I-5, et c'est la raison pour laquelle nous avons commencé ce livre par la logique.

En effet, ce qui s'est passé avec presque toutes les révolutions (voir la section suivante) est que les gens ont simplement inversé les valeurs: l'athéisme contre la religion, les plébéiens contre les nobles, les travailleurs contre les patrons, le cannabis contre le tabac, etc. C'est ce que j'ai appelé une révolution illusoire: simplement échanger des valeurs contre d'autres, sans changer le degré d'aliénation à ces valeurs. Ce faisant, l'obéissance névrotique et l'adhésion à l'ancien ordre établi restent entièrement disponibles pour nous aliéner au nouvel ordre établi. Un changement qui peut être très spectaculaire et romantique à voir, mais qui ne modifie pas réellement notre degré de souffrance et d'aliénation.

Une situation similaire se produit quand les gens se réfugient dans une société parallèle. C'est une démarche efficace, qui a permis à la science et à la spiritualité de survivre à des millénaires d'oppression, ou à de nombreuses alternatives sociales intéressantes d'exister. Toutefois le même risque apparaît: si on s'attache névrotiquement à notre refuge paradisiaque, alors il devient un autre système, que dans ce cas on appelle une secte (religieuse, sociale ou politique).

Une conclusion utile ici est que ce n'est pas son dirigeant qui fait la secte, mais la soumission névrotique des membres.

Une autre conclusion est que «l'ordre établi» est juste une secte qui a réussi.

 

Ces problèmes se produisent parce que la politique a changé, mais les gens eux-mêmes n'ont pas changé, n'ont pas augmenté leur degré de maîtrise psychologique. De sorte que la conclusion de ce sous-chapitre peut paraphraser celle du précédent:

Vous vous attendez probablement à ce que je sorte encore la psychoéducation. Mais je dirais que apporter une véritable libération de n'importe quel ordre établi est encore plus basique: il s'agit simplement d'éducation tout court, et la raison pour laquelle l'école et l'apprentissage de la lecture ont été rendues obligatoires en premier lieu. Mais un point important a été oublié par les révolutions athées: lire les nouvelles n'est pas suffisant pour prendre les bonnes décisions, si les gens ont des névroses qui filtrent les faits et corrompent leurs sentiments. De sorte que tout politicien qui prétend vraiment changer les choses et libérer les gens ajoutera immédiatement à son programme l'enseignement des bases de la spiritualité, à l'école et pour tout le monde (chapitre V-7). Pour que les gens soient libres de penser par eux-mêmes, au lieu d'obéir aux journaux.

Le populisme

(Permalien) Le populisme cherche seulement à être élu, en flattant les plus bas instincts. Ce mot est d'ailleurs piégeux, de deux façons:

-Ce n'est pas parce qu'on est pauvre qu'on est idiot ou fachiste. J'en suis la preuve.

(Merci au gouvernement commun Sarkozy-Hollande pour la démonstration: vous avez diminué ma retraite de 20%, mais mon QI n'a pas changé, de sorte que votre politique d'humiliation a complètement raté)

-Au contraire d'un mouvement populaire, qui soutient le peuple, le populisme se retrouve toujours à oppresser ce peuple.

Pour les populistes, réfléchir est pénible, voire douloureux, et ils sont tellement démunis qu'ils ont absolument besoin qu'on leur remplisse la cervelle, même avec n'importe quelle saleté. J'ai connu des gens comme ça, d'avoir à penser les tétanisait physiquement. Le populisme se reconnaît bien sûr à ses calembredaines, mais surtout par le ton péremptoire avec lequel elles sont assénées. Bien entendu un tel état d'esprit prédispose à l'extrémisme: fachisme, marxisme ou extrémisme religieux/athée, car ces extrêmes semblent toujours plus simples qu'un juste milieu non-Aristotélicien, ou même qu'un compromis pragmatique. C'est cette incapacité au compromis qui rend les populistes pénibles en famille, et mauvais en affaires: on les trouve donc dans les bas quartiers, dans les bistrots, parmi les chômeurs, cas sociaux, etc. Contrairement à ce que les sociologues disent, dans ce cas précis c'est bien leur état d'esprit qui crée leur situation sociale, pas la pauvreté qui rend stupide.

Si le populisme classique reste un très large marchepied pour le fachisme classique, il faut toutefois bien être conscient que d'autres formes plus «modernes» sont tout aussi dangereuses:

L'anti-science parasite de nombreux domaines: médecines douces, écologie, Histoire (archéologie fiction), etc. avec des croyances absurdes et des idées dangereuses, qui, avec les médias, peuvent prendre des proportions déraisonnables (anti-gluten, anti-ondes, anti-contraception, anti-Darwinisme, anti-extraterrestres, anti-SETI, etc.), discréditant ces domaines et éloignant les soutiens sérieux.

Les théories conspirationnistes éloignent similairement les gens de la politique, de l'Histoire, de la science, de l'ufologie (chapitre VII-2), etc. Là non plus le soutient des médias n'est pas innocent: dans une telle ambiance il devient très difficile de dénoncer les véritables conspirations (climatosceptiques, pouvoir des banques, traités internationaux anti-écologie ou anti-social).

La critique des politiciens, pour justifiée qu'elle puisse être, est une pente très glissante menant facilement à l'extrémisme, au je m'en foutisme, au libertarianisme.

Cru 2017: la critique du système, autrefois outil de liberté, devient le rejet des institutions qui protègent la démocratie et l'état de droit (Elections présidentielles, France 2017, ou plusieurs candidats ont été poursuivis en justice pour diverses malversations. Ils ont donc «critiqué le système»... mais ils n'ont pas perdu leurs soutiens politiques, démontrant ainsi l'existence de leur propre «système»!).

D'une manière générale, le populisme ne doit pas être considéré comme une idée politique sérieuse. Des tests spécifiques devraient facilement détecter les défauts intellectuels qui le produisent, pour les candidats aux élections et aux emplois de responsabilité, sans toutefois éliminer les candidats de faible QI mais de grande valeur humaine.

Théories conspirationnistes, «fake news» et «alternative facts»

(Permalien) De quelques moisissures au bas fond de certains forums internet douteux, les théories conspirationnistes ont été promues en quelques années au rang de «parti politique majeur» par les médias. L'idée de base du conspirationnisme, «fake news» et autres «alternative facts», est que «la société» ou «le système» nous ment sur des faits important, proposent une version biaisée de la réalité, ou nous manipulent en sous-main (chapitre VI-12). On doit surtout cette poussée frénétique aux nouveaux médias Internet, propagateurs ardents de ces barjoteries, qu'ils présentent comme des normes sociales, afin de cacher les fantastiques changements positifs de la société en cours en ce début de 21eme siècle.

Il peut certes arriver à tout le monde de faire confiance à une source foireuse. Mais quand cela arrive, on peut se détromper en consultant d'autres sources (fact check), en particulier les personnes qui produisent l'information: les victimes, les témoins, les associations, etc. Par exemple, la mère des théories conspirationnistes, le soi-disant crash extraterrestre de Roswell, ne résiste pas à un examen un tant soit peu sérieux: la dépêche originale du FBI dit bien que le «disque volant» était «suspendu à un ballon», ce que confirment trois enquêtes, une par les militaires, une par la cour des comptes, et une par des ufologues privés.

Egalement, la société des années 1950 à 1980 était bien plus mauvaise qu'aujourd'hui, avec de véritables manipulations. Mais à l'époque personne ne s'en rendait compte, alors que aujourd'hui le mal encore présent ressort avec une acuité multipliée, par contraste. Pourquoi alors ne pas reconnaître les changements positifs qui ont eu lieu en ce moment? La réponse à cette question nous mène tout droit à la névrose fondamentale des tenants des théories conspirationnistes et autres folies:

Les conspirationnistes n'aiment pas cette nouvelle société positive en train d'émerger, car elle les sort de leur torpeur ou de leurs petites habitudes malsaines. Surtout ils n'aiment pas cette réalité mouvante et enthousiasmante du 21eme siècle, qui par contraste montre leur propre nullité et fatuité. Ainsi ils se réfugient dans un rêve, un rêve où ils sont forts, un rêve où ils ont raison, un rêve où ils ont le pouvoir de rabaisser les autres. Un rêve que leurs hallucinations névrotiques (chapitre V-12) leur feront ressentir comme «la réalité», d'autant plus facilement qu'il se base sur de l'inobservable: imputations d'intention, interprétations, faux-semblants, etc. Ou encore qu'il est «partagé avec d'autres» dans une «bulle Internet» qui leur sert de substitut de société, voire de substitut de réalité.

On conclura vite que les conspirationnistes doivent être profondément idiots, ou infantiles, ou malades psychiatriques, pour s'imaginer que leur rêve va effectivement devenir la réalité. Effectivement c'est souvent le cas, mais pas toujours:

-Le conspirationniste sait bien que son discours est faux, mais il le jette à la face des autres comme moyen de «s'affirmer», de se «rendre intéressant», voire de «défendre une cause». Ce qui est une moquerie directe à l'encontre de tous les gens responsables qui effectivement défendent des causes positives ou utiles.

-Le conspirationniste peut être intelligent, mais profondément manipulateur et immoral. Ainsi un webmaster de fake news, interrogé récemment (Mars 2017) avoue avec cynisme qu'il sait très bien que son site est dangereux. Mais à ses yeux les revenus publicitaires qu'il reçoit «justifient» son activité!!

(Ces mystérieux «revenus publicitaires» qui pleuvent miraculeusement sur certains sites ne sont qu'un moyen détourné pour la haute finance de soutenir de tels sites. La preuve: un site comme le mien ne reçoit pas seul centime de «revenus publicitaires». J'avais pourtant fait ce qu'il fallait: une année à Google Adsense m'a rapporté... 10 dollars! Ce qui montre bien que la pub soutient sélectivement certains sites et pas d'autres. De toutes façons si la haute finance désirait me soutenir, elle peut utiliser le lien Paypal en bas de cette page, sans que j'aie besoin d'encombrer mes pages avec des images de godasses et autres trucs bizarres de la publicité. Justement, elle ne le fait pas, CQFD.)

-Bien entendu un sociopathe mentira sciemment, pour affirmer son égo et se placer au centre de la conversation.

Ces attitudes ne sont pas nouvelles, elles existent depuis toujours, sous des formes plus discrètes ou plus spécialisées. Mais de les comprendre et de les nommer permet de les isoler. C'est ainsi que le mal lui-même fournit l'énergie pour sa propre destruction.

Voire que Internet est en train de devenir une sorte de cerveau collectif, capable de se nettoyer lui-même.

 

Si on reprend la métaphore des virus idéologiques (chapitre V-12), on peut comparer les théories conspirationnistes à des bactéries idéologiques. En effet, contrairement aux virus, les bactéries ont un génome complet, capable de fonctionner indépendamment d'un hôte. Similairement, une théorie conspirationniste est un ensemble complet et fonctionnel de «raisonnements» tordus et de fausses «preuves», capable d'emporter l'adhésion consciente, comme une vraie théorie.

Ainsi, tout comme avec les bactéries, on peut proposer des désinfectants:

-Education scientifique pour tous (complète, même si adaptée au niveau de chacun)

-Gouvernements et élites aimant les peuples, au lieu de les écraser de leur supériorité.

-Une immunité, homologue des globules blancs, de contre-théories capables d'attaquer les théories conspirationnistes une par une. De telles contre-théories peuvent être facilement dérivées des théories vraies ou de faits connus.

-Toutefois les théories conspirationnistes sont souvent des infections opportunistes, qui apparaissent partout dans la société où il y a des tissus mal irrigués par les richesses, le savoir ou la reconnaissance sociale. Donc la solution la plus efficace pourrait être une médecine douce revitalisant ces parties, avec plus d'amour dans la politique, et des mesures d'hygiène comme de stopper les politiques d'austérité malsaines et l'escroquerie de la dette (chapitre VI-8).

Climatoscepticisme

(Permalien) J'ai hésité à mettre le climatoscepticisme dans un sous-chapitre séparé du conspirationnisme, tant ils ont en commun. Disons que le climatoscepticisme va plus loin, car il tue effectivement des gens, y compris au hasard parmi ses propres tenants. Ainsi il résulte plus spécifiquement d'une tendance suicidaire, ou de divers troubles psychiatriques produisant une altération de la perception de la réalité. Bien sûr on retrouve ici aussi les fachistes, qui jouissent du déni de la réalité objective comme d'un fascinant jeu de persécution (Voir les malades dans «1984» de Orwell, torturant un innocent pour lui faire admettre que 2+2=5). Sans surprise on retrouve ici aussi des barjots religieux pour qui l'affirmation d'un dogme passe avant la perception des faits.

Le climatoscepticisme résultant de troubles psychiatriques, ou d'une malhonnêteté délibérée, il ne peut pas être considéré comme «une opinion politique», et ses partisans doivent être exclus de tout poste de pouvoir ou de responsabilité, comme pour le fachisme. Cela est même en train de devenir rapidement un second point Goldwin.

 

Faire connaître ou promouvoir le climatoscepticisme devrait même être illégal, sur la même base que faire connaître ou promouvoir l'anorexie ou le suicide. Par exemple voici une véritable citation du National Association of Anorexia Nervosa (ANAD) (je traduis): «Les sites pro-Anorexie peuvent présenter un danger grave pour certains individus, pas seulement parce qu'ils font la promotion de désordres de l'alimentation, mais aussi parce qu'ils construisent un esprit communautaire malsain. Ils appâtent les impressionables, et les persuadent que la communauté pro-anorexie propose des aides et des conseils de santé». Ceci peut être paraphrasé comme suit: (sous ma responsabilité): «Les sites climatosceptiques peuvent présenter un danger grave pour la société, pas seulement parce qu'ils font la promotion de comportements dangereux, mais aussi parce qu'ils construisent un esprit communautaire malsain. Ils appâtent les impressionables, et les persuadent que la communauté climatosceptique propose des avis responsables et des actions économiques valables».

L'écologie

(Permalien) On pourra s'étonner de trouver l'écologie ici: normalement, l'écologie n'est pas une «tendance politique» et encore moins un parti. L'écologie concerne tout le monde de la même façon, quelle que soit notre orientation politique ou religieuse. Tous les partis devraient donc soutenir intégralement les mesures écologiques. Ceux qui ne le font pas sont des barjots dangereux, qui ne devraient pas avoir une seule voix.

Si l'écologie trouve effectivement de plus en plus de soutiens dans toutes les couches de la société, y compris notons-le chez les patrons et les investisseurs, les politiciens sont encore en majorité coincés dans le dénigrement, au mieux dans la minimisation ou l'argumentaire électoral. Ou bien ils la neutralisent avec des revendications totalement sans rapport: athéisme sectaire, légalisation des drogues, enfants sans père, croyances idiotes (gluten toxique, compteurs électriques nocifs, etc.), etc.

L'histoire de l'écologie politique est celle d'une immense entreprise de récupération et de novlanguisation, que l'on voit plus en détail au chapitre VI-7. Cette situation fait que les partis politiques qui s'en réclament ne sont pas ceux qui la défendent: au contraire ils embrouillent plutôt les esprits. Faites le test parmi vos voisins et collègues de travail: beaucoup pensent que les «Verts» sont des bobos occupés à fumer du shit. Ces poncifs arriérés ne viennent malheureusement pas des barjots climatosceptiques, c'est effectivement l'image que donnent les «Verts» d'eux-mêmes, quand ils défendent la légalisation des drogues, ou des horreurs comme les enfants sans parents. Et c'est la raison pour laquelle je n'ai jamais adhéré à ce parti, même si j'ai activement participé à l'écologie indépendante des années 1970.

L'écologie est une nécessité pour tous, que tout le monde doit défendre. Toutefois elle doit être basée sur des bases scientifiques, sociales, économiques, morales et spirituelles saines, si on ne veut pas en faire une nouvelle «religion» et rentrer à nouveau dans un cycle de croyances arbitraires et d'oppression.

L'apolitisme

(Permalien) (A ne pas confondre avec le fait d'être politiquement neutre, par exemple en médecine ou dans l'humanitaire) En tant que «mouvement politique» l'apolitisme va bien plus loin que le simple refus de prendre publiquement position: c'est le mépris de toute la chose politique, et donc de la société en entier, aussi appelé «je m'en foutisme»: l'indifférence aux souffrances des autres. Cette attitude a toujours existé, mais on la retrouve aujourd'hui, attisée par les médias, comme «mouvement de jeunes», ou «attitude cool». Bien entendu le jour de voter, l'apolitisme se manifeste sous sa vraie nature asociale, avec des votes défi, ou en soutenant le pire.

Le fachisme

(Permalien) Le fachisme est pudiquement appelé «extrême droite», car il amplifie tous les traits sadomasochistes de la droite et des idéologies du pouvoir: fantasmes de domination-soumission, culte de l'effort sacrificiel, normes sociales arbitraires, etc. Mais les fachistes y ajoutent leurs hallucinations spécifiques: division du monde en «pays», «races», «religions», etc. (alors qu'un capitaliste non-fachiste se fiche pas mal de ces trucs).

Il existe des cas de dualisme extrême (chapitre I-3) produisant des hallucinations d'ennemis imaginaires. Mais le plus souvent, ce qui mène au fachisme est la sociopathie, la haine, le sadisme. Aussi, contrairement à la droite, les fachistes ne se contentent pas de se cacher de la plèbe dans des villas de luxe: ils aiment bien s'amuser à persécuter activement les gens, trouver des prétextes, créer des polices secrètes, lancer des accusations délirantes, torturer, terroriser, etc. En fait, on pourrait dire que la droite autoritaire est névrotique (ce qui ne la rend pas inoffensive) alors que les fachistes sont des sociopathes (ce qui les rend toujours dangereux, même quand ils s'abstiennent de tuer ou de torturer).

Ainsi le fachisme (ainsi que bien sûr toutes les formes d'extrémisme, de droite, de gauche ou religieuses) diffère fondamentalement des autres opinions politiques, par son origine psychotique au lieu de névrotique. Pour cette raison le fachisme reste une maladie psychiatrique, un parti asocial à interdire dans tous les cas. Il ne peut jamais être un «parti comme les autres», même quand il se cache sous des formes «démocratiques».

Quand on parle du fachisme, on pense aux nazis, qui sont en quelque sorte l'idéal de ces gens. Toutefois c'est une illusion dangereuse que de réduire le fachisme à cette seule extrême: en fait cette expression regroupe tout un tas de régimes dictatoriaux, pas forcément violents, mais qui sont quand même des entraves graves à nos libertés et à nos vies. Le critère pertinent est quand apparaissent des censures sur l'art ou les idées, des persécutions sur les habits, la religion, l'origine, le style de vie, etc.

Le franquisme tardif a été un exemple de fachisme «doux», qui ne tuait et torturait que des supposés terroristes. Pourtant, question social, il n'était pas mieux que le nazisme, et quand il s'est terminé l'Espagne a du passer par un processus de reconstruction.

Il faut aussi ajouter que les fachistes ne sont pas forcément «de droite»: par exemple les marxistes inversent le racisme contre les «occidentaux», c'est à dire contre les blancs.

Mais surtout le fachisme sait beaucoup mieux que la gauche se fondre dans les différentes cultures crado-punk des années 2000: jeux vidéo violents, halloween, zombies, sorciers, musique «gothique» ou «dark», ne sont qu'à un clic de souris des satanistes et des skinheads, tandis que rap, tags et bandes des cités sont sans surprise le lieu de recrutement obligé des barjots du daesh. Ça fait depuis 1990 que j'avertis de ce problème, et je le cite nommément dans la version 1 de ce livre en 2000. Mais apparemment les «décideurs» préfèrent le daesh à mon Epistémologie Générale.

Le fachisme résultant de troubles psychiatriques, ou au moins d'une volonté délibérée de nuire, il ne peut pas être considéré comme «une opinion politique», et ses partisans doivent être exclus de tout poste de pouvoir ou de responsabilité. Si besoin, les personnes dangereuses doivent être internées.

Le nationalisme

(Permalien) Toute discussion sur le nationalisme et autre «identité» est menteuse et manipulatrice, si elle ne reconnaît pas qu'il y existe deux sens fondamentalement différents à ce mot:

1) La défence d'une communauté (face à une invasion, déculturation, etc.) dans un monde d'échanges et de solidarité,

2) Le rejet d'autres personnes (migrants, races, pays «ennemis», etc.) dans un monde de violence et de chacun pour soi.

Si le premier sens est légitime, par contre on peut rejeter le second sans nuances. Toutefois, en pratique, on trouve le plus souvent un mélange des deux. Pire, invoquer le premier semble automatiquement susciter le second. Pour cette raison on évitera les références aux races, nations et ethnies, ailleurs qu'au concert ou au bal folk.

L'extrémisme

(Permalien) Bien entendu, des extrémistes marxistes, anarchistes, fachistes ou religieux, n'auront pas les mêmes discours, et en tout cas ils ne s'assembleront pas. Mais ces catégories ont toutes en commun le goût de la violence et la haine de la société, qui est leur premier déterminant dans leur choix politique de la violence (physique ou même seulement verbale). Après, leur orientation à «droite» ou à «gauche», «athée» ou «religieux», dépend de névroses secondaires.

Ces gens sont pénibles en politique, mais aussi ineptes en famille ou au travail. D'où leur habitude de se regrouper en organisations où ils peuvent compenser mutuellement leurs inaptitudes sociales.

Les seuls extrémistes que j'ai eu l'occasion de fréquenter étaient des anarchistes or d'extrême gauche. Même si rien de grave ne s'est produit, je dois dire que ces gens étaient tous très désagréables à vivre avec.

Libertaires et libertariens

(Permalien) Les névroses pour entrer dans ces mouvements ont en commun le rejet de la morale, et plus généralement de toute la discipline nécessaire à une vie sociale heureuse. Pour cette raison, ils s'opposent aussi à toute forme de spiritualité, en particulier religieuse. Toutefois il s'agit de deux partis totalement différents: les libertaires (anarchistes) sont «de gauche», alors que les libertariens sont «de droite» (hyper-capitalistes, pensant par exemple que la morale est affaire de choix personnel, une perversion très dangereuse que je dénonce au chapitre VI-2). Là où ils se rejoignent toutefois est que l'absence de toute organisation sociale, morale ou discipline, aboutit automatiquement à un système féodal de pouvoir des plus forts sur les plus faibles. Se dire anarchiste ou libertarien sans psychoéducation est donc une position extrémiste dangereuse, même si on n'est pas violent.

La théocratie

(Permalien) Cette expression est déjà en elle-même une manipulation mentale. En effet, l'étymologie dit «un gouvernement par Dieu», alors que les utilisateurs de ce mot veulent dire «un régime qui se justifie par la religion». Or justement, si Dieu voulait gouverner, il commanderait Lui-même, ou au moins Il indiquerait clairement qui sont Ses porte-paroles, au lieu de se servir d'intermédiaires incapables de donner des preuves de leur qualité. Donc, sous couvert de rejeter l'autorité religieuse, ce mot rejette en fait la Transcendance elle-même. Et tout ça juste pour prendre sa place et la remplacer par l'autorité capitaliste... Les variantes de ce mot, comme «intégrisme» ou «fondamentalisme», sont aussi piégeuses: ils insinuent que le fondement des religions serait un pouvoir fachiste ou dogmatique, alors que justement on aurait bien besoin de revenir au fondement aimant et spirituel des religions. Trois mots à ne pas employer donc, car ils insultent en fait ceux qui les emploient. (Mais je renvoie ce bâton aux intégristes athées, hi hi hi)

Cette clarification faite, nous pouvons maintenant parler de la chose réelle. Problème, je n'ai connaissance d'aucun pays qui serait effectivement gouvernés par Dieu Lui-même. Je pense donc que la théocratie n'existe pas, et qu'il est donc inutile d'en discuter plus avant. Par contre il y a des pays gouvernés par les prêtres d'une religion, que l'on devra donc appeler des papacraties, si on veut éviter toute novlangue. Maintenant, que la papacratie soit bonne ou mauvaise dépend de si ces prêtres eux-mêmes sont bons ou mauvais!

Aujourd'hui la tendance serait plutôt à des pouvoirs politiques neutres sur le plan religieux. On gagnerait pourtant énormément à rendre ses bases spirituelles à la politique: altruisme, amour, non-violence, bonnes vibrations (chapitre V-17), psychoéducation (chapitre V-12), etc. et donc de confier la politique à des gens spirituels. Certains pays d'Asie le font. Au 21eme siècle c'est de ne pas le faire qui est réactionnaire et plouc.

Rappel: le jeu droite-gauche

(Permalien) Il convient de rappeler que le jeu droite-gauche en politique a un fondement logique: en théorie, la droite et la gauche se placent dans un diagramme quadripolaire (chapitre I-4) entre d'un côté la stabilité et l'ordre, et de l'autre côté l'évolution, le progrès. Des diagrammes similaires existent dans pratiquement tous les champs de la politique. Toutefois ceci ne fonctionne que si les gens sont dans le niveau supérieur de la non-dualité, où ils ne prennent pas parti pour une valeur contre une autre. Un parti politique sérieux évitera donc de telles prises de position inutiles, en proposant un programme où les valeurs qu'il défend sont déjà harmonisées de manière non-duelle, sans nous forcer encore dans un siècle de révolutions et contre-révolutions aussi sanglantes qu'inutiles. Ce parti intelligent agira donc dans un sens ou dans l'autre, selon ce que la situation demande, mais toujours en non-action (chapitre I-3), c'est à dire sans attachement/rejet névrotique de l'une ou l'autre valeur.

Ceci est une chose que malheureusement la quasi-totalité des politiciens sont incapables de comprendre, car ils sont dualistes comme des vaches, prenant parti au hasard pour ou contre telle ou telle valeur. De là, et de là seulement, viennent la diversité des opinions politiques «opposées», et l'état général de haute foutaise dans ce domaine. Cette incapacité les place, au mieux, au niveau des compromis (démocratie), au pire au niveau des oppositions (dictatures). On comprend que c'est le principal frein à l'évolution de la société.

Section VI: Les révolutions

(Permalien) Différent mouvements ont tenté de réformer la politique et la société, sur des bases avancées parfois très intéressantes. Généralement ces mouvements injectent une énergie positive considérable dans la société, et ils font avancer les choses... jusqu'à ce qu'ils deviennent à leur tour des névroses d'opinion, et donc un nouveau système, qui devient un frein à son tour.

Les révolutions du 18eme siècle et la démocratie

(Permalien) A partir des Révolutions Française et américaine, les anciens pouvoirs féodaux-monarchiques ont été remplacés par des républiques, où le peuple choisit les présidents, les députés et les pouvoirs locaux (Des rois ou des reines existent toujours en théorie, mais avec peu de pouvoir).

L'idée de la démocratie a été un fantastique progrès, mais en cette fin de 2016 il apparaît qu'elle est menacée par les techniques de manipulation de l'opinion (chapitre VI-11, chapitre VI-12 et chapitre VI-13), ce qui pourrait nécessiter une mise à jour importante. Nous en parlons au chapitre VI-11.

En particulier n

Le socialisme du 19eme siècle

(Permalien) Pour commencer, le socialisme au 19eme siècle n'a pas grand-chose à voir avec les partis socialistes de la fin du 20eme siècle: c'est une réflexion sur une meilleure société, influencée par la Révolution Française, Rousseau, le romantisme, etc. Si certains ont préfiguré le marxisme et la gauche, d'autres ont plutôt préfiguré l'écologie, par le romantisme puis le naturisme. La séparation entre gauche sociale et romantisme-naturisme a été complète quand toute la réflexion «de gauche» a été bloquée par le marxisme. Seule la gauche autogestionnaire est restée indépendante (phalanstères, coopératives), mais faute d'énergie spirituelle ils se sont petit à petit fondus dans le capitalisme ambiant.

Les révolutions marxistes

(Permalien) Les révolutions marxistes ont toutes suscité de grands espoirs: être enfin libre de cette classe dominante oppressante! A deux petits problèmes près:

-En fait d'éliminer des «classes dominantes», presque toutes les révolutions marxistes se sont en réalité produites aux dépends de tel ou tel groupe social, religieux ou ethnique.

-L'idée même de «dictature du prolétariat» a toujours mené à des dictatures tout court: une fois les leviers du pouvoir entre les mains d'un «représentant», la tentation est trop forte: presque tous les régimes communistes sont devenues des dictatures d'un petit groupe, qui servait ses intérêts au nom du communisme.

Cette situation a fait que presque toutes les révolutions communistes ont dégénéré, ou ont été renversées.

Les utopies et les hippies

(Permalien) Ces mouvements existent en fait depuis longtemps (socialisme et romantisme du 19eme siècle, naturisme des années 1920) mais le considérable influx d'énergie spirituelle des années 1960 et 1970 les a remis en scène, sous des formes entièrement nouvelles. Les choses ont commencé avec les communautés hippies: des tentatives pour vivre un véritable socialisme, ou une véritable spiritualité (les deux interprétations ont existé). Toutefois ces communautés se sont heurtées à la difficulté à vivre ensemble sans psychoéducation. Ces gens auraient pu développer la psychoéducation. Ils en parlaient, et c'est d'ailleurs en entendant de telles discussions que je j'ai moi-même entamé le processus. Mais drogue, marxisme et athéisme ont avorté ce projet.

L'écologie, les Verts

(Permalien) L'écologie (chapitre VI-7) a surgit comme solution aux effroyables pollutions et destructions du 20eme siècle, avec des propositions techniques (agriculture biologique, énergies vertes, recyclage, économies d'énergie, etc.) mais aussi politiques et sociales: démocratie directe et participative, modes de vie locaux et autogérés, non-violence, vie proche de la nature, etc. A ce titre, le mouvement écologiste aurait normalement du prendre la place d'une gauche discréditée par ses compromissions, son athéisme et ses dictatures communistes brutales. Toutefois les Verts ont préféré la soumission masochiste à cette gauche, ce qui a figé l'écologie, autant dans son évolution que dans les votes. On pourrait même dire que aujourd'hui (2016) la majorité des gens ayant une sensibilité écologique sont spirituels, et donc ils ne votent pas pour une gauche athée intégriste qui parle de les réprimer, ou qui fait la promotion des drogues.

En effet, la défense de la nature n'est ni de gauche ni de droite: c'est un besoin universel.

Mais avant même ce renoncement politique, les «Verts» s'étaient déjà séparés de leurs propres racines spirituelles, en défendant matérialisme, drogues, adoption homosexuelle forcée (chapitre VI-5), etc. C'est pour cela que aujourd'hui (2016) des gens comme le Pape François ou le Dalaï Lama, ou des associations indépendantes comme Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot, représentent bien mieux l'écologie que les membres des «Verts». Ou que Nicolas Hulot lui-même est si populaire: il offre des solutions enthousiasmantes, au lieu de parler de réprimer les gens en fonction de leur religion.

Sans parler des scientifiques qui ont lancé le mouvement, et que personne n'honore plus. La perte des racines scientifiques ajoute son lot de conséquences terribles: arnaques comme le sans gluten, la définition du bio qui devient floue, etc. (chapitre VI-7)

Le Nouvel Age

(Permalien) La révolution du Nouvel Age s'est déroulée pratiquement en secret, ignorée par les médias et la société, au cours des années 1980. Le nouvel Age a repris le flambeau de la spiritualité libre et non-dénominative abandonné par les hippies. Il en est résulté les plus belles créations artistiques de tout le 20eme siècle, surtout en musique et en peinture. La musique du Nouvel Age (dont il existe des variantes instrumentales, synthétiques, folk, religieuse, etc.) explore systématiquement les diverses vibrations (chapitre V-17) positives associées à la paix, à la nature ou à l'esprit. La peinture nouvel Age reprend les thèmes féériques ou spatiaux. Avec les années il s'est diversifié, avec diverses inspirations, notamment les elfes, le celtique, ou un très beau croisement avec les mangas.

Le problème qui s'est passé toutefois avec le Nouvel Age est l'omniprésence de virus idéologiques (chapitre V-12), par exemple que l'on a le droit d'écrire n'importe quoi (du moment que ça ait l'air spirituel), et que cela devient «notre vérité». A une époque où différentes sectes étaient encore puissantes, les dégâts ont été considérables, et beaucoup d'adeptes se sont fourvoyés dans des techniques inefficaces, trompeuses ou dangereuses. Aujourd'hui encore des problèmes graves subsistent, et on a vu plus d'un «gourou» auto-proclamé se retrouver en prison pour des malversations financières ou pour des choses pas jolies avec les enfants.

Ces conditions font que, en finale, les personnes qui ont une démarche spirituelle sérieuse préfèrent maintenant se rapprocher des grandes traditions et de l'autorité de maîtres reconnus (Christianisme, Bouddhisme, Soufisme, Inde, Chine). Ainsi de belles choses sont en train de mûrir dans le giron des religions classiques.

Il est aussi intéressant de noter que plusieurs organisations initialement considérées comme «sectes» en France, sont maintenant reconnues comme religions officielles en Inde, par exemple Hare Khrishna.

Section VII: Les réactions

(Permalien) Si certaines réactions sont des réactions mécaniques aux excès d'une révolution illusoire ou violente, la plupart résultent de conspirations organisés par les pouvoirs déchus, afin de retrouver leur emprise sur nous. Ce qui fait que même une réaction légitime comprend toujours des éléments négatifs.

Quand on parle de réaction, on pense par exemple aux réactions monarchistes ou bonapartistes du 19eme siècle français, ou encore aux réactions racistes aux USA (KKK, meurtres racistes par la police...). Toutefois limiter ainsi notre vision est dangereux: il y a eu en effet plusieurs réactions importantes qui se sont déroulées sous nos yeux, sans que les médias ni les livrets scolaires ne les nomment pour ce qu'elles sont. Voyons:

La chute du régime soviétique

(Permalien) C'est techniquement une réaction mécanique à une révolution illusoire qui était supposée amener liberté, paix, prospérité et démocratie (voir la discussion chapitre I-5). Mais à plusieurs reprises il s'y est ajouté des éléments d'un véritable retour en arrière, entre autres:

-Le chaos économique de Boris Eltsine

-Le retour à la guerre froide de Poutine

-En 2016 en Pologne la tentative pour recriminaliser l'avortement (Important: avant de discuter ce point, voir le jugement nuancé de l'Epistémologie Générale sur l'avortement, chapitre VI-5)

Les mouvements crado-punks

(Permalien) C'est une véritable contre-révolution négative, organisée contre les idéaux de non-violence et d'amour des années 1960-70. Il est intéressant de l'analyser un peu en détails. Cela a commencé avec le mouvement punk, qui se présentait comme une sorte d'humour contre les «militants sclérosés». Mais il n'en introduisait pas moins les bases d'une réaction point par point aux idéaux positifs de l'époque: style vestimentaire masochiste, modifications corporelles morbides, je-m'en-foutisme politique, dérision de la gentillesse, de la beauté et de la non-violence, dénigrement des «babacoules» (hippies), signes nazis (si si si regardez les archives Libé de l'époque, si ils ont osé les garder), musique cacophonique aux vibrations noires, etc. Et ça a marché: alors qu'ils affirmaient agir par humour, tout le monde les a pris au premier degré!

Il est intéressant de constater que le mouvement punk a eu très vite un important soutient institutionnel, voire gouvernemental: je me souviens très bien avoir vu des notices scolaires, à l'intention des lycéens, où les élèves étaient tous représentés en punks (c'était une notice sur les MST, ça faisait très crade). Ou de la récupération médiatique de mots comme «cool» (non-violent) pour dire «réac». Ou encore du matraquage publicitaire pour Halloween, les histoires de sorcellerie, etc. Ainsi les adolescents, et même les enfants, recevaient le crado-punkisme comme LA norme sociale, ou comme «un mouvement de jeunes». D'où la progression rapide du mouvement, qui est rapidement devenu dominant.

Puis le mouvement s'est diversifié en différentes branches, au fur et à mesure que des sensibilités différentes l'investissaient à leurs propres fins: skinheads (néo-nazisme), bandes racistes et sexistes des «cités sensibles», musique «dark» (vibrations noires), drogue, etc. Ce qui a en finale a posé le décors pour le retour des partis fachistes «sérieux»:

Le retour du fachisme.

(Permalien) L'Europe de l'immédiat après-nazisme a connu un état de grâce, d'où toute extrême droite était bannie. Toutefois les générations actuelles (2016) ont déjà «oublié» les fumées d'Auschwitz, ce qui a résulté en une renaissance «en douceur» de la «bête immonde». Ça a commencé avec des mouvements «de jeunes», ou des mouvements «culturels», comme le mouvement crado-punk, les bandes fachistes des cités, les «styles de musique» sombres, ou le populisme «cool», «des jeunes», «style Internet». Tout cela invitait la réapparition de l'extrême droite «sérieuse», avidement soutenue et normalisée par les médias. Bien entendu cette nouvelle extrême droite «gentille» et «républicaine» ne parle pas de «races» (pas encore), mais elle se focalise sur «les problèmes de l'immigration» ou «de l'Islam», ce qui revient exactement au même. Quant à leurs chères théories conspirationnistes, une fois que suffisamment de ploucs ont gobé ces bobards, il suffit de «révéler» que les «illuminati» sont en faits «les juifs», et c'est reparti comme en 40.

Section VIII: le programme du parti politique idéal

(Permalien) Cette section est plus pragmatique que celui sur la politique sans douleur. En effet, il ne s'applique pas à une situation idéale dans quelque futur, mais à la situation actuelle, aux prochaines élections. Toutefois il reprend bien les mêmes principes: pas d'extrêmes, pas d'idéologies, pas «d'intérêts», pas de choix anti-conscience. Et il laisse la responsabilité des conflits à qui veut en créer.

Ce n'est pas un parti, en fait: il s'abstient de toute «ligne politique» qui réduirai forcément son assise.

C'est un rassemblement de personnes cultivées, universitaires, personnalités sociales, spirituelles, de coeur, à l'exclusion des personnes qui ont trempé dans la politique politicienne. Idéalement, le spirituel donne le sens, et le scientifique guide la réalisation.

Toutefois il a un programme minimum:

-Rejet absolu du parti unique de droite-gauche.

-Pas d'alliances avec ces partis: si des votes ont lieu, c'est à chacun de pédaler dans le sens du vélo.

-Interdiction de extrémisme, racisme, xénophobie, intolérance, soumission/rejet de la société, etc.

-Sélection des candidats sur la base de leurs compétences, valeur morale, etc.

-Aucun costume imposé.

-Abolition des enfants-jouets (adoption forcées dans des familles inadaptées), des séquestrations d'enfants dans des centres (autistes), ou de la torture d'enfants en les changeant inutilement de famille d'accueil.

-Urgence nucléaire/climatique: développer massivement les centrales à énergie renouvelables: thermochimie, aérothermiques, off-shore (chapitre VI-7) etc.

-Urgence sociale: abolition des politiques d'austérité sadomasochistes et de l'escroquerie de la dette (chapitre VI-8).

-Urgence financière: création d'une monnaie réelle, contrôlée par les gens réels, pour les besoins réels, et protégée des spéculations (chapitre VI-8).

-Urgence spirituelle: apprendre les méthodes de psychoéducation à l'école, et en rattrapage pour les adultes.

-Education spirituelle: pensée non-duelle, techniques de visualisation, se protéger de l'autosuggestion (ondes, gluten, etc.)

-Education psychologique: se protéger des manipulations, fausses nouvelles, théories conspirationnistes, etc.

-Rétablir la liberté religieuse, tout en protégeant des sectes et des extrémistes.

-Absence de prises de position idiotes à l'international, genre nord-sud ou est-ouest.

Je traite ce programme de manière plus détaillée au chapitre VI-11.

Section IX: dynamique des mouvements novateurs

(Permalien) Je préfère parler ici de «mouvement novateur» plutôt que seulement de «révolution». En effet, «révolution» est plus spécifique, et cela implique souvent une rupture, voire un conflit. Tandis que «mouvement novateur» est plus général, incluant également des mouvements plus consensuels ou plus progressifs. De plus de tels mouvements peuvent concerner d'autres aspects que la politique, comme l'économie, l'écologie, les moeurs (révolution sexuelle), voire même les techniques (révolution industrielle) ou l'ouverture de nouveaux moyens d'expression (imprimerie, Internet, mondes virtuels).

Pourquoi les mouvements novateurs tendent à dégénérer

(Permalien) Beaucoup de sociologues se sont penchés sur la dynamique de tels mouvements, comment ils naissent, se propagent, deviennent majoritaires, puis comment ils dégénèrent, devenant un nouvel ordre établi, puis un nouveau moyen de contrôle et d'oppression. Les analyses scientifique invoquent des phénomènes de propagation, de percolation: au delà d'un certain nombre de connections dans un réseau, une idée nouvelle «apparaît» et se propage sans origine visible (c'est de cette façon que l'épidémie de SIDA s'est révélée et propagée dans la communauté gay aux Etats Unis, malgré son origine chez des braconniers africains)

 

Sans renier ces approches scientifiques utiles, je voudrais ajouter quelques éléments entièrement nouveaux et originaux, issus des considérations scientifiques du chapitre V-6 et du chapitre V-7: tant que la conscience habituelle ne fait que subir l'enchaînement mécanique du fonctionnement des neurones, alors elle ne peut pas se libérer de ses névroses, préjugés, etc. qui la maintiennent dans les erreurs, la souffrance et les comportements anti-sociaux. Une innovation authentique se peut se produire que quand la conscience d'une personne est capable de passer de l'information à son cerveau, et d'y apporter des éléments propres à la conscience: vérité scientifique, éthique, sens de la vie, parfois information sur l'après-vie. Autrefois, dans les sociétés où la religion était la référence, on appelait cela une révélation religieuse, et une telle personne un prophète. Mais en pratique, tout le monde peut le faire, et aujourd'hui on appelle cela plus modestement une intuition, une vision, voire tout simplement une idée nouvelle. Toutes les grandes idées sociales du monde moderne sont apparues selon ce processus, qui n'a rien de fondamentalement religieux. Mais qui est indéniablement spirituel.

Une fois cela fait, une idée novatrice peut apporter une énergie (chapitre V-17) considérable, de par la compréhension ou les opportunité qu'elle offre. «Energie» signifie ici bien sûr qu'elle va donner envie aux gens d'accomplir des choses, ou à en changer d'autres. Par exemple l'imprimerie a poussé beaucoup plus de gens à écrire, développant philosophie, sciences, romans, etc. Quant aux idées, elles se répandent d'autant plus facilement qu'elles apportent de l'énergie. Par exemple, en écologie, la simple dénonciation des pollutions n'apporte pas d'énergie. Mais les solutions écologiques comme la transition énergétique ont apporté suffisamment d'énergie pour changer des pans entiers de la société, même dans les entreprises.

Après, on en revient aux considérations scientifiques précédentes sur la propagation des idées: si quelqu'un arrive à convaincre quelques «apôtres», si l'idée nouvelle ou ses adeptes ne sont pas éliminés par la répression, et si elle trouve un écho dans les préoccupations de la population générale, ou si elle trouve le soutient de quelque gouvernant ou riche mécène, alors l'idée nouvelle se propage, touche beaucoup de gens, et elle peut même devenir dominante.

Ce qui se passe souvent à partir de ce moment est un processus de dégradation de l'inspiration originale de la conscience, de plusieurs façons:

-Pour commencer, pour les gens qui entendent parler de l'idée, sans en être les receveur originaux, elle n'est souvent qu'une névrose d'opinion parmi d'autres. La personne peut y être attachée, et même l'adorer, il n'en reste pas moins que cela ne constitue pas forcément une prise de pouvoir de sa conscience sur son cerveau. Ainsi, livrée au seul déterminisme physique des neurones, l'idée peut dégénérer, sans plus de relation avec ses bases spirituelles ou scientifiques. C'est ainsi que la science a pu dégénérer dans le matérialisme, ou l'écologie dans le sans-gluten ou les «compteurs électriques toxiques»: des idées aussi fausse que la Terre plate, mais qui sont acceptées névrotiquement parce qu'elles ont «l'air écolo». Ainsi une personne sans formation scientifique ne peut pas les distinguer d'une vraie idée écolo, comme par exemple le problème des perturbateurs endocriniens.

-De telles personnes adhérant à une idée par simple attachement névrotique, sans plus de référence à la vision originale, sont alors incapables de protéger cette idée de la pollution par des éléments extérieurs. Un exemple de tel élément extérieur polluant est la misogynie, qui apparaît dans les textes fondateurs de toutes les religions, malgré l'appel de tous les fondateurs de religions à nous aimer les uns les autres également. Même les inspirations à caractère scientifique n'échappent pas à ce type de pollution, comme avec l'idée «catholique» comme quoi la population doit croître indéfiniment.

-Dégradation d'une vue non-Aristotélicienne en un système conceptuel Aristotélicien, puis en idéologie (chapitre I-9). Dans un système de pensée non-Aristotélicien, le processus sans «entropie» vu au chapitre V-7 permet à tout un chacun de comprendre simplement l'inspiration spirituelle originale, sans erreur ni incompréhension (sans entropie). Toutefois quand la pensée devient Aristotélicienne, de multiples sources d'erreur apparaissent: le processus sans entropie cesse alors de fonctionner. A ce moment apparaissent des «débats», des «interprétations», des «courants» (entropie), qui égarent la pensée des membres ou des personnes extérieures (cas du mouvement écologiste lors de sa récupération politicienne)

-Puisqu'un système conceptuel ne peut pas avoir de base démontrable (chapitre I-9), une fois perdu la base observable dans la conscience (ou dans l'expérience, en physique ou en médecine), alors n'importe quel système peut être utilisé par n'importe qui, même à des fins totalement opposées à l'inspiration originale (marxisme, écologie politicienne qui fume du shit, inquisition au nom de Jésus, etc.). A ce stade, des amateurs de pouvoir peuvent facilement investir le mouvement et en faire un système d'oppression (communisme, fanatisme catholique). Si personne ne le fait, alors le mouvement périclite simplement, car il a perdu son énergie originale et les gens cessent de s'investir dedans (cas du mouvement hippie, auto-détruit par la drogue et les zonards, note 89).

-Enfin une idée positive, ou des concepts, peuvent être récupérés par des personnes malhonnêtes, à des fins différentes de celle pour laquelle elles étaient proposées. Par exemple la libération sexuelle visant le bonheur en amour a été récupérée en anti-morale et rejet du sentiment amoureux.

Voici donc comment des mouvements populaires ou importants peuvent dégénérer et devenir à leur tour des obstacles à la liberté ou à la conscience.

Exemples

(Permalien) Un exemple dont la fondation et l'histoire sont bien connus est le Christianisme. Parti d'une seule personne sans pouvoir social ni politique particulier, il a d'abord touché un petit groupe «d'apôtres», puis un petit mouvement local. C'était déjà suffisant pour être la cible de la répression, qui a assassiné Jésus. Toutefois Jésus n'était pas un «chef tribal», et ses adeptes (les apôtres) n'étaient pas ses soumis névrotiques: ils avaient déjà saisi l'inspiration spirituelle. Aussi l'élimination de Jésus n'a pas pu éliminer ses idées ni son mouvement.

Dans un second temps, le Christianisme s'est répandu dans le monde romain, grâce aux voyages (relativement aisés à l'époque). Sa direction s'est alors statistiquement déplacée vers le centre culturel et social de l'époque: Rome. Que le Christianisme ait pu survivre a quatre siècles de répression sociopathique s'explique par sa nouveauté radicale par rapport aux religions antiques: la promesse d'un paradis après la mort, là où le culte romain ne proposait qu'un séjour souterrain terne et triste.

Toutefois, séduire la bourgeoisie romaine a demandé aux premier prêtres de renoncer à la vision radicale de vie commune presque «communiste», des premiers chrétiens (Actes des Apôtres), qui s'est transformée en une simple exigence de prière, bien moins «coûteuse» qu'une véritable vie fraternelle d'amour et de partage. Cela n'a pu arriver que parce que ces prêtres eux-mêmes avaient perdu la vision spirituelle originelle: l'interrogation de la conscience «comment exprimer l'amour» a alors été remplacée par une analyse logique stérile des paroles fondatrices. Le fanatisme et l'idéologie se sont également introduits pendant cette période (Saint Irénée, Gnostiques...) ainsi que de nombreuses déviations et même déjà des «théories conspirationnistes» («Evangile» de Juda).

Ainsi, de compromission en raidissement, le Christianisme a fini par devenir une idéologie, séduisante mais inopérante, juste plus jolie que la précédente. Ainsi, il pouvait être accepté par le gouvernement, qui en a fait une idéologie dominante (cinquième siècle). De là, il n'y avait plus qu'un pas pour en faire un système d'oppression: interdiction des jeux Olympiques, répression des cultes antiques, etc. Oppression dont il ne sort que aujourd'hui (21eme siècle) qu'il a perdu son pouvoir temporel sur les gens.

Les Chrétiens valident souvent leur opinion en invoquant les miracles de Jésus. Les Actes des Apôtres disent que les Apôtres réalisaient aussi de tels miracles après la mort de Jésus. Toutefois aucun miracle n'est plus mentionné ensuite (ou seulement sporadiquement, par certains saints). Ainsi ces sources confirment-elles précisément quand et par qui l'inspiration spirituelle a été perdue (ou parfois retrouvée).

 

La science subit exactement les mêmes phénomènes, même si elle s'y prête moins que le domaine spirituel. Mais la science a tout de même une composante spirituelle: l'idée de démarche rationnelle (voir chapitre II-6 pour la désambiguïsation de ce terme). Et la dégénérescence d'un principe aussi fondamental peut avoir des effets aussi graves qu'en religion: scientisme, rationalisme ou technocratie sont aujourd'hui parmi les principales causes de dégénérescence de la société moderne, directement opposés à l'écologie ou au renouveau spirituel.

Le problème est moins apparent en science qu'en religion, car il ne peut pas altérer les «résultats objectifs de la méthode expérimentale». Mais il peut facilement altérer l'interprétation ou la signification de tels résultats, et leurs conséquences sociales ou éthiques, exactement comme en théologie. Ou plus radicalement, décider des domaines qui seront étudiés et ceux qui ne le seront pas (chapitre II-7 et chapitre II-8). On pourrait même aller aussi loin que des fausses «vérités scientifiques» descendant sur les citoyens de base, aussi incapables de les vérifier qu'un paysan du Moyen Age était incapable de vérifier le discours des prêtres.

Certains crieront à l'hérésie si je dis que la science puisse à son tour devenir une sorte de «religion», c'est à dire un système de croyance, puis un système d'oppression. On en n'est pas encore là, mais on observe des pas significatifs dans cette direction:

-Théories arbitrairement élevées au rang de «théorie standard» (Lune formée par un impact, théorie des cordes, gènes déterminant nos intentions, «feux de scandium» à Hessdalen, etc.)

-Baisse de niveau dans plusieurs domaines («experts» qui se contredisent, «vérités» basées sur une trop petite statistique, biais de publication, comité de lecture par les copains, mauvaise vulgarisation, faux journaux scientifiques «prédateurs», «instituts» chevaux de Troie, etc.).

-Faiblesse grandissante face aux conflits d'intérêt et à l'influence délétère de certaines grandes sociétés (médecine, génétique, pesticides, Internet...)

-Peu de progrès dans le domaine de l'éthique, ni pour déterminer la bonne ligne de conduite, ni pour l'imposer.

-Des domaines entiers toujours ostracisés (ovnis, psychophysique, conscience, spiritualité...) On a même des cas d'«inquisiteurs scientifiques» déterminant l'«orthodoxie» de théories, voire de faits. (Ceci est une discussion délicate, entre les vraies pseudosciences, les vraies sciences ostracisées, et les «pseudosciences officielles», voir la discussion détaillée au chapitre II-7 et chapitre II-8)

A ce propos, je remarque que mon Epistémologie Générale reste totalement ignorée, 17 ans après la publication de la version 1. Bon, même des théories standard ont aussi été ignorées pendant des dizaines d'années. Mais bon, s'il vous plaît, ne pourrait-on pas passer ces enfantillages inutiles?

En rappelant ici que le but de l'Epistémologie Générale est précisément d'éviter cette dérive de la science: supprimer les idéologies limitantes, supprimer le filtre (matérialisme) qui sélectionne les résultats scientifiques «orthodoxes», et rappeler que le progrès de la science ne se fait pas toujours dans une direction unique, mais que la science peut également investir d'autres domaines dans des directions différentes, parfois totalement inattendues.

 

L'écologie enfin est aussi partie d'une intuition, basée sur des connaissances scientifiques exactes: diététique, toxicologie, thermodynamique, écologie scientifique, etc. Toutefois, beaucoup de militants étant plutôt opposés à la science, les connaissances de cet ordre ont été «débattues». Pour compenser cette faiblesse, le mouvement a du figer ses bases en systèmes d'affirmation dogmatique: les «cahiers des charges» de l'agriculture biologique, impossibles à modifier en cas de découverte scientifique imprévue (voir chapitre VI-7 pour plus de détails). Aujourd'hui ce manque de contrôle permet l'apparition de croyances idiotes et d'escroqueries: «gluten toxique», «laine de verre cancérigène», «ondes nocives», «compteurs toxiques», etc. On se rassurera en pensant qu'on n'en est pas encore à un système d'oppression, mais cela pourrait arriver très vite: en France en 2016, lors du vote de la très réactionnaire «loi travail», seul deux députés verts sur 16 s'y sont opposés (en signant les deux motions de censure pour la bloquer), tandis que d'autres «verts» rejoignaient l'extrême-droite dans la très raciste chasse au niqab.

Solutions

-(Permalien) Les leaders du mouvement doivent être capable de pensée non-conceptuelle. Oui, mais comment le vérifier? Seuls des adeptes aussi capables de pensée non-conceptuelle le peuvent. Ce n'est que quand ceci sera fait que l'humanité cessera de déraper sur ses propres étrons. En rappelant que la pensée non-conceptuelle est une des premières réalisations spirituelles, quand on élimine l'attachement aux opinions et aux concepts. C'est possible en quelques années d'entraînement, sans difficultés particulières, et devrait être enseigné à l'école. La pensée non-conceptuelle est aussi l'antidote absolu aux idéologies et au dualisme. L'enseigner devrait donc être une priorité publique. Les candidats aux élections qui ne mettent pas cela dans leur programme ne sont pas sérieux.

-Si vous ne connaissez personne capable de vérifier... apprenez la pensée non-conceptuelle vous-mêmes.

-Les leaders d'un mouvement doivent être capables de retrouver l'intuition fondatrice eux-mêmes. Et donc être capables de bases de méditation: amour, vacuité, lumière. Et là aussi le seul moyen de vérifier qu'ils le font bien est aussi... d'en être capable soi-même.

-La pensée non-conceptuelle offre aussi une certaine protection contre la récupération, puisqu'on n'est pas attaché à des mots, ni même à des concepts. En effet seuls les mots et les concepts peuvent être récupérés: Des gens assez idiots pour manipuler sont incapables d'accéder à la vision spirituelle qui les produit (voir chapitre I-9 pour les définitions plus exactes de ces termes)

-Ce n'est pas pour faire joli que j'ai proposé de concrétiser mon épistémologie générale dans une «université»: un réseau de personnes capables de pensée non-conceptuelle, oeuvrant discrètement à répandre les nouvelles bases. La tradition utilisait les gourous pour cela, mais un gourou finit par mourir, ou des manipulateurs peuvent les singer: les adeptes de base ne savent alors pas faire la différence. Seule la pensée non-conceptuelle et l'accès renouvelé au domaine de la conscience peuvent pérenniser un mouvement quel qu'il soit.

-C'est la raison pour laquelle les proches disciples, ou la hiérarchie du mouvement, doivent aussi être capables de pensée non-conceptuelle, et de retrouver l'intuition fondatrice spirituelle à chaque fois qu'ils en ont besoin pour résoudre un problème inattendu. C'est aussi comme cela que la science se maintient, en transmettant la pensée rationnelle. A l'opposé, un maître sans disciples valables voit son mouvement péricliter à sa mort. Ou dégénérer automatiquement en secte, si il a confié du pouvoir à des gens incapables de pensée non-conceptuelle.

Le rôle des égregores

(Permalien) Un tel tableau de la dégénérescence facile de tout mouvement peut sembler très pessimiste. Toutefois il y a un élément qui n'apparaît pas dans les analyses scientifiques ou statistiques: les intuitions fondamentales peuvent arriver à n'importe qui et n'importe où. Et elles ne se gênent pas pour arriver de plus en plus souvent. Par exemple, il remarquable qu'un mouvement comme l'écologie, apparue comme un groupe minuscule en France en 1973, emballée dans un torchon comme Charlie Hebdo, ait pu se répandre dans le monde en quelques années, toucher toutes les composantes de la société, passer le rideau de fer comme s'il n'existait pas, et entrer même dans des dictatures. Cela ne peut s'expliquer par les théories scientifiques comme la percolation: il n'y avait tout simplement pas de pores ouverts dans le rideau de fer. Et à l'époque personne ne lisait Charlie Hebdo hors de quelques jeunes soixante-huitards en France.

L'explication, on la verra au chapitre VI-13 sur les égrégores, est qu'une intuition donnée peut apparaître simultanément dans de nombreuses personnes. Ceci est probablement la preuve la plus directe qu'il y a bien «quelque chose» qui aide l'humanité, sans que l'on puisse toutefois dire quoi ou qui (chapitre VIII-9 sur l'aide par des extraterrestres, chapitre IV-6 sur le rebouclage logique). Cette situation est même relativement récente (environ 1967, avec quelques antécédents an 5eme siècle avant JC). Si cela est effectivement le cas, alors l'activité fébrile de dénigrement et récupération des mouvements positifs pourrait coûter fort cher à ses auteurs (bien plus que ce qu'on les paie pour leur minable activité, en tous cas).

 

Ce qui mène à une indispensable conclusion: Une façon simple et efficace d'aider l'humanité aujourd'hui est de rejoindre cette méditation. Chacun peut utiliser ses méthodes habituelles pour cela. D'après le peu que j'ai pu voir, les directives sont:

-Rester dans une vibration pure, lumineuse, couleurs vives ou pastel (chapitre VI-9), etc. Encore mieux, ne pas rechercher les sensations physiques du corps, mais les sensations psychiques du yoga (la plus accessible étant le pranayama, les plus développées celles des Tantras).

-Ne pas souhaiter la mort des mauvais, mais qu'ils deviennent bons. Ce n'est pas pour protéger leurs fesses que je dit ça, mais pour une raison bien plus importante pour nous: notre part du boulot est d'aimer tout le monde et de rester purs. En effet seule une infime proportion d'entre nous se retrouve effectivement en situation d'engager des actions contre les mauvais. Il est donc inutile de penser à ces choses, cela ne fait que souiller notre karma et celui de la société. Bon, si jamais vous êtes dans les 0.00007% de la population en charge de le faire, dans le 0.00003% de votre vie à effectivement avoir un terroriste aligné avec votre arme, alors pratiquez la non-action sans doute ni hésitation. Avis aux terroristes: renseignez-vous bien sur la non-action, avant de faire vos imbécillités.

-Chacun peut garder sa religion ou sa voie spirituelle (c'est même recommandé). Mais dans tous les cas il faut rester dans l'oecuménisme strict. C'est encore mieux si on étudie et comprend les autres courants spirituels. On peut alors utiliser la vue non-conceptuelle commune à tous (chapitre I-9). Ce pourrait même être le seul moyen officiel de communiquer dans ce domaine.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre VI-10       

 

 

 

 

 

 

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