English English English        Réduire la page          page plus lisible  

Epistémologie Generale        Chapitre VI-8       

 

chap VI-8 sur l'économie

 

 

L'objectif principal de ce chapitre est l'étude de la vraie Economie: les vraies solutions pour l'économie. Pour procéder d'une manière scientifique, il faut commencer par rejeter toutes les idées préconçues et les conventions existantes.

Cependant, j'ai voulu pousser ce chapitre en urgence, après les événements haineux anti-grecs en Europe (juillet 2015) et rappeler quelques faits de base sur la finance, que tous les économistes et politiciens sont censés savoir. Mais ces événements contingents ne méritent pas une place dans une étude globale, de sorte qu'ils n'ont droit qu'à un strapontin au bas de cette page (section VII) Bon, il y a quelque logique à suivre l'évolution des choses, car elles peuvent finir par changer significativement sur les 20 années de l'écriture de ce livre.

Bon, après écriture de ce chapitre, je dois ajouter que les choses arrivent à changer suffisamment rapidement maintenant pour que le début d'un chapitre soit obsolète avant que j'aie écrit la fin... j'ai donc du tenir compte de certains événements positifs arrivés depuis, qui redonnent de l'espoir. Ainsi j'ai mis ces condamnations au passé... en espérant qu'elles y restent.

Evidences fondamentales

Je considère comme connu, indiscutable et accepté de tous que:

 

A) l'économie a pour but fondamental de servir à notre bonheur. Cela découle directement du premier fondement de l'éthique scientifique (chapitre VI-2), et l'économie ne jouit d'aucun statut métaphysique particulier qui l'exempterait des lois de la morale. Humainement, ce serait masochiste que de le contester. Scientifiquement, l'absence même de «message divin» ou de but de la vie qui serait visible dans la nature (chapite V-5) ne laisse pas non plus d'autre choix pour l'économie que de servir à nos consciences. Socialement ou politiquement, tout autre but serait une imposture intellectuelle, diamétralement opposée à l'évolution de nos sociétés: le retour à des formes d'oligarchie, voire de ploutocratie.

 

B1) L'économie se doit de satisfaire les besoins de tous, de manière égalitaire. C'est l'application directe du second fondement de l'éthique scientifique, l'égalité de tous, bien connu depuis des millénaires: personne ne peut prétendre avoir des droits supérieurs aux autres, et nos complexes mécanismes sociaux modernes n'ont pas d'autre but que d'appliquer le troisième fondement de l'éthique:

B2) maintenir l'égalité entre personnes de capacités différentes, comme les sociétés tribales le font depuis des centaines de milliers d'années. Ceci est expliqué dans le chapitre VI-3 sur les dépendances naturelles et les différences naturelles.

L'égalité est un des fondements des sociétés démocratiques et la devise de nombreux pays. Toutefois cette égalité n'existe dans la réalité que si les personnes disposent de moyens économiques suffisamment égaux. Faute de quoi ces prétentions égalitaires ne sont qu'une vaste Tartufferie électorale.

 

C) L'économie n'est qu'un cycle supplémentaire dans les cycles écologiques. En effet, tout le monde sait très bien que nos activités économiques ne peuvent que prélever des matériaux dans l'écologie de notre planète (chapitre VI-7), et que tous nos résidus ou déchets y retournent forcément. Il n'y a rien qui «disparaît» ou qui «se dilue», ni rien qui serait «créé» ou qui serait «toujours disponible», même pas l'eau ou la lumière du soleil. Le croire est de la pensée magique, irrationnelle, équivalent à croire à la Terre plate et infinie. Ceci a deux conséquences obligatoires, qu'il serait fou ou suicidaire de passer outre:

-Nos ressources sont limitées à ce que l'écologie peut fournir, c'est à dire à des ressources renouvelables et écologiquement soutenables. Ce qui implique des limitations de notre consommation et de notre population.

-Nos déchets doivent être recyclés, soit par notre économie, soit par l'écologie. Pour cela il faut que notre production soit recyclable dès le départ, ou sinon d'empreinte écologique suffisamment faible pour être acceptée par les écosystèmes.

Ceci est étudié plus en détails dans la section V de ce chapitre, sur l'insertion écologique de l'économie.

 

 

 

Vu l'importance de l'économie, et vu le nombre incalculable d'études et de luttes la concernant, je considère ces trois point comme des évidences, et la base indiscutable d'une économie rationnelle, que tout le monde connaît, accepte et aime, sans aucun besoin de les discuter ou les justifier. Si il y en avait qui ne le feraient pas, ils auraient des scores minables aux élections, ils ne seraient pas autorisés comme patrons ou financiers, on ne parlerait même pas d'eux, d'ac?

 

Bon, comme d'habitude, je constate malheureusement qu'une part importante de l'activité des médias, des syndicats et des politiciens consiste à pédaler à l'envers du vélo, en se servant des névroses des peuples submissifs, ou en utilisant plusieurs manipulations mentales que nous verrons au chapitre VI-11. Cet état des choses est encore plus grôôôtesque que honteux, et ne devrait même pas d'être discuté quand on définit une économie rationnelle. On est toutefois obligé de dissiper les nombreuses croyances et idéologies dangereuses qui parasitent ce champ d'étude.

Notez que je ne met même pas les patrons dans la liste de l'alinéa précédent: si l'on exclut les idéologues, les patrons normaux sont encore plus que les employés coincés entre les exigences contradictoires du système.

 

La première publication de ces idées a été faite en 1999, sous le titre «LA VRAIE ECONOMIE© Version 1.2». Cette version est toujours disponible sur ce site. Je réclame donc la paternité de ces idées pour cette date.

Section I

Critique des systèmes existants

Critique du capitalisme

Les théoriciens et les partisans du capitalisme disent que c'est le meilleur système, selon l'argument comme quoi il a permis une augmentation considérable de la richesse économique et une vie bien meilleure pour tout le monde.

Toutefois, l'énorme expansion économique de la société moderne s'est produite en même temps que:

1) La révolution industrielle, qui a permis au même nombre de personnes de produire beaucoup plus de richesse

2) La montée de la démocratie et des droits de l'homme, qui a créé beaucoup plus de liberté et d'égalité

3) L'élimination de nombreux obstacles à l'économie: corporations moyenâgeuses verrouillant les connaissance, lourdes taxes sur les transports et le franchissement des frontière, antagonismes politiques entre pays (seulement ce point 3 peut être considéré comme une conséquence directe des conceptions capitalistes, et encore pas de toutes, seulement du libéralisme, par opposition au corporatisme et au protectionnisme)

4) L'abolition de l'esclavage et l'institution de solidarité sociale et de minimas sociaux, qui ont permis à tout le monde de participer à l'économie.

Comme tout cela s'est produit de manière plus ou moins simultanée, nous ne pouvons donc pas affirmer scientifiquement lequel est la cause de l'autre. En particulier, 2) et 4) sont apparus comme conséquences directes du progrès social et politique, alors que 1) est apparu comme une conséquence directe de la science. La seule chose que nous puissions dire objectivement, est que le système de libre marché a permis plus de variété et de liberté que, disons, le corporatisme, la planification communiste ou l'autarcie. En outre, les capitalistes ont été assez intelligents pour s'adapter aux nouvelles situations, au lieu de s'opposer à elles. Et aujourd'hui, précisément, lorsque la nouvelle noblesse financière tente stupidement de s'opposer à 4) avec les politiques d'austérité, elle crée une très prévisible récession (voir le dernier strapontin section VII du présent chapitre). Ces gens ne se souviennent même pas de Henri Ford, un des fondateurs du capitalisme moderne, qui avait compris que nous devons favoriser le flux de l'argent, au lieu de le restreindre.

Enfin, si le capitalisme était si supérieur que le prétendent ses partisans, l'expansion économique d'aujourd'hui aurait dû se se produire il y a 2500 ans, à l'époque de la Grèce de Périclès et des Etrusques, les premiers royaumes marchands capitalistes, ou encore plus tôt dans les mers de Chine. Et les conséquences revendiquées 1) à 4) se seraient produites à cette époque. Mais elles ne l'ont pas fait, et même pas à l'époque de la Renaissance. De sorte que le monde moderne aujourd'hui a clairement ses propres causes, et le capitalisme n'est qu'une situation où ces causes ont opéré.

 

La critique de «gauche» ou marxiste du capitalisme est bien connue. Cependant dans une analyse scientifique, nous ne devons pas nous fonder sur des dogmes, de sorte qu'il n'y a pas besoin d'en discuter.

 

Les principaux inconvénients du capitalisme sont cependant facilement observables:

-Le système de concurrence crée automatiquement une répartition très inégale de la richesse (voir pourquoi dans le sous-chapitre suivant «Avons-nous besoin d'argent?»). Dans les pays sans minimas sociaux, ceci conduit inévitablement une large part de la population à la misère, à l'esclavage, voire à la faim.

-Cette répartition inégale donne beaucoup de pouvoir aux plus riches, qui peuvent alors contrôler l'opinion publique en étant propriétaire des médias: exactement comme en URSS, seuls les opinions du pouvoir sont visibles au grand public, et la majorité des gens névrosés les accepte comme la vérité (voir chapitre V-12, surtout la partie sur la soumission). C'est ainsi que la nouvelle noblesse financière contrôle directement les voix démocratiques (plus quelques techniques de manipulation mentale étudiées au chapitre VI-12), et donc des gouvernements qui favorisent leur propre vision étriquée de la vie.

-Étant donné que les capitalistes sont eux-mêmes névrosés, exactement comme la plupart des gens, ils ont tendance à favoriser ce qu'ils pensent être leur intérêt, en ignorant des réalités telles que l'environnement, le changement climatique, les droits sociaux, la poésie de la nature, l'évolution spirituelle de la société, etc. Ceci est bien visible dans leur style de vêtements sadomasochistes et leur dénigrement général de beauté, des vibrations, de la spiritualité, etc.. Pire encore, ils ont développé tout un réseau de faux «médias», «d'agences de communication», de «spécialistes de l'information» et de «think tanks», afin de contrôler l'opinion publique, exact pendants du parti communiste en URSS (ou de la religion dans les temps anciens, c'est pourquoi j'appelle ces gens le nouveau clergé, servant la nouvelle noblesse financière). Ceci a été exposé au grand public par des scandales énormes comme le dénigrement du changement climatique ou le dénigrement des vols sur la Lune, mais c'est bien connu depuis au moins le 19ème siècle.

 

Ces critiques sont bien connues et déjà suffisamment graves pour que beaucoup de gens considèrent le capitalisme comme immoral ou asocial. Mais il y a une critique plus subtile: en faits, le capitalisme est un fardeau pour l'économie. Alors qu'il prétend être son moteur. Comment cela est-il possible? Pour une série de raisons.

La plus connue est que la concurrence conduit les gens à retenir des informations, et même des ressources, pour éviter d'aider leurs concurrents. Mais surtout, les impulsions névrotiques erratiques des capitalistes créent des réseaux économiques irrationnels, qui coûtent du travail, des ressources, du bonheur et de l'espérance de vie, au lieu de contribuer au bonheur commun. Voyons cela dans le sous-chapitre suivant:

La sophistique du plein l'emploi

La vraie idée morale comme quoi il faut éviter les parasites et les paresseux, a conduit à l'idée que tout le monde doit contribuer à la richesse commune. Dans le système de l'argent, cela a été mis en pratique de façon brutale: les gens ne peuvent gagner des ressources que si ils travaillent.

Mais, comme bien d'autres, cette «morale» a été pervertie: nous devons «créer des emplois», même si ces emplois sont en faits destructeurs de l'économie et du bonheur. C'est bien visible dans plusieurs exemples:

-Créer le désir pour des productions inutiles et dangereuses comme le tabac, qui coûte beaucoup de ressources, de travail, de bonheur et de durée de vie. Sans parler de l'épouvantable projet «de gauche» de légaliser d'autres drogues.

-L'industrie de l'armement, lorsque les fabricants d'armes favorisent l'antagonisme entre les États, en finançant ou en créant des médias et des partis politiques haineux. Ceci est bien documenté depuis qu'ils ont provoqué de toutes pièces la guerre de 1914-18, au point que cela a servi au scénario de l'album de Tintin «L'oreille cassée», fidèlement inspiré de faits réels et d'un personnage réel. Les choses sont-elles vraiment meilleures aujourd'hui? Ou simplement moins visibles...

 

Mais l'exemple plus sophistiquée de circuit économique parasitaire qui coûte beaucoup plus qu'il produit, est la viande. Comme chacun sait aujourd'hui, la viande n'est pas utile, et nous avons une vie bien plus heureuse et saine avec la nourriture végétarienne (chapitre VI-7). Cependant lorsque les minoteries industrielles ont introduit la farine blanche, le but réel était de garder les protéines et les vitamines pour nourrir les animaux, et donc la production de viande. Et c'est aujourd'hui la plus grande partie de la la production des champs (céréales et soja) qui va directement à les nourrir. Le problème est que c'est un gaspillage fantastique, puisque la conversion des protéines végétales en protéines animales a un rendement de 30% à seulement 10%, par rapport à la consommation directe des produits des champs, comme le pain complet et les protéines végétales. En plus, la production de viande demande beaucoup d'énergie, de ressources, de travail, et elle crée beaucoup de souffrance animale, de maladies, de pollution, de perte de temps de vie et autres nuisances. En effet, des études ont montré que nous pouvons nourrir immédiatement 10 milliards de personnes avec la nourriture qui est effectivement récoltée aujourd'hui. Mais avec l'énorme gaspillage de la production de viande, nous avons encore 1 milliard d'affamés à la place. C'est clairement un échec brutal de l'économie mondiale, et l'incapacité des gouvernements des pays riches à le saisir est clairement un manque abyssal de rationalité. Ils nourrissent les idéologies, pas les gens!

Le prétexte névrotique pour lequel ils font ça est cependant bien connu: la viande «crée des emplois». Des emplois inutiles, coûteux et horribles, un énorme gaspillage de temps de vie à patauger dans le sang, les excréments et les hurlements, mais des emplois. Que les chômeurs sont contraints d'accepter. Même les syndicats entrent dans ces escroqueries honteuses, en défendant des activités terribles comme la viande, les armes ou les centrales nucléaires, afin de «créer des emplois». Pour la même raison, beaucoup de médecins et de travailleurs sociaux passéistes pensent encore qu'il «faut de la viande», même à l'encontre des études scientifiques. En France, même dans des magasins d'alimentation biologique autrefois strictement végétariens, c'est le végétarien qui devient rare!

Il y a beaucoup d'autres exemples de faux besoins créés artificiellement, comme les vêtements de sport (laids et strictement inutiles au sport lui-même). Même des choses comme les voitures individuelles sont imposées par la terrible séparation entre le travail et le logement, ou par la suppression de voies de chemin de fer.

 

 

Un des moyens que les politiciens utilisent pour faire rentrer tout le monde dans le système du chômage, est de forcer un long temps de travail par semaine. Pour avoir des ressources, une personne doit travailler tout ce temps. Cela fait beaucoup trop d'employés disponibles, de sorte que les propriétaires d'entreprise peuvent choisir qui ils embauchent, ou bien forcer les travailleurs dans des productions inutiles. Ainsi, imposer un temps de travail élevé ou des retraites tardives permet de garder un pourcentage déterminé de chômeurs, de sorte que les gens sont obligés d'accepter les emplois tels qu'ils sont, au lieu de choisir ceux vraiment utiles.

40 à 44 heures par semaine de durée de travail (jusqu'à 48 dans certains pays) font de la société capitaliste aujourd'hui celle où nous travaillons le plus, par rapport aux sociétés plus anciennes. Ce qui annule tous les autres avantages de cette société capitaliste: pourquoi tant d'efforts, si il ne nous reste plus de temps pour profiter de leurs résultats (La plupart de notre temps libre étant en faits utilisé pour le repos, ou pour les tâches ménagères, de sorte qu'il reste très peu de véritable temps libre)

 

Ainsi la production réelle de notre société n'est pas la somme de tous les travailleurs moins les chômeurs, il faut aussi décompter l'industrie de l'armement, l'industrie des drogues, la moitié des travaux agricoles pour produire la nourriture gaspillée dans la viande, plus tous les affreux emplois d'abatteurs, plus tous les emplois pour réparer la pollution et la médecine pour guérir les maladies artificiellement créés. Si en plus on enlève toute la finance et les paperasses, le pourcentage de gens qui font un travail vraiment utile dans nos sociétés développées n'est probablement pas meilleur que le pourcentage de travailleurs sincères en URSS. Cela est cohérent avec d'autres estimations datant des années 1970, comme quoi seulement «deux heures par jour» est suffisant, sur la simple base de décompter les emplois inutiles comme la finance et les armes, ou les escroqueries comme l'obsolescence programmée. Une estimation plus récente (2015) et plus conservatrice, comme celles de la NEF, donne 21 heures par semaines, juste le double de la précédente.

Ainsi il est clair que, sans rien changer d'autre, une économie rationnelle peut produire bien plus, ou nous travaillerions bien moins. Ou entre les deux, de qui permettrait à l'humanité de développer de grands projets comme un monde plus beau (chapitre VI-9), la psychoéducation (chapitre V-12) ou la colonisation de l'espace (chapitre VIII-10).

 

Dans la cinquième partie sur la conscience, on n'a trouvé nulle part que travailler serait une nécessité philosophique ou métaphysique de la conscience. Le travail est juste une nécessité contingente pour exister dans ce monde. Et puisqu'il n'est pas la partie utile, nous pouvons légitimement agir pour le rendre aussi bas que possible (voir les fondements de l'éthique scientifique, chapitre VI-2). Ce qui laisse beaucoup de temps pour les activités qui intéressent directement nos consciences, qu'elles soient juste pour le plaisir, ou pour des projets qui signifient quelque chose.

 

À noter que, dans cette façon de voir les choses et à l'encontre de ces idées Pétainistes sur le plein emploi, science et progrès industriel, robots, ordinateurs et Internet apparaissent comme des choses positives, car ils peuvent réduire le travail inutile et augmenter les résultats des activités intéressantes.

 

Ajouté en Février 2017: le Parlement Européen, et plusieurs candidats aux élections Françaises, ont sérieusement envisagé d'introduire une taxe sur les robots. Quelle dose de pétainisme ou de méchanceté faut-il pour tenter de freiner l'inévitable déplacement du travail humain vers les machines, et l'accession à une société sans travail? A court terme, ces idioties retarderont encore plus les pays démocratiques mais économiquement irrationnels, par rapport aux pays non-démocratiques mais économiquement plus intelligents. Il est conseillé de commencer à apprendre le chinois.

Avons-nous vraiment besoin d'argent?

Après tout ça, le dernier argument des tenants du capitalisme est qu'il serait impossible de faire sans argent (ni les méthodes associées: contrats, statuts, emploi, etc.). Cet argent que précisément beaucoup considèrent comme la racine du mal. D'où la question: pourquoi nous avons besoin d'argent, et pouvons nous l'éviter?

 

La première chose à comprendre est que l'argent n'est pas quelque chose qui existe et qui se comporte de lui-même.

L'argent est une convention, qui n'existe que dans la tête des gens qui l'acceptent, et il fait seulement ce que ces gens lui font faire. Exactement comme un personnage de bédé. Et penser que l'argent est «réel» ou qu'il «fait» des choses, est le domaine de la psychiatrie, pas de l'économie.

Dans une analyse scientifique de l'économie, nous ne pouvons prendre une convention comme un «fait», et surtout pas prendre une convention comme quelque chose que nous devons garder à tout prix, ou qu'il serait hérétique d'abandonner. Ceci fait que l'argent est une convention que nous sommes libres de garder, de modifier et même de jeter si elle présente plus d'inconvénients que d'avantages. Cela vaut aussi bien sûr avec tous les autres incitations artificielles utilisées en économie aujourd'hui: contrats, structures, etc..

 

Mais l'analyse la plus profonde est: si nous avons besoin d'une pure invention pour nous faire nous comporter d'une certaine manière, c'est que nous avons renoncé à décider par nous-mêmes. Ou que nous sommes carrément incapables de décider par nous-mêmes! Nous vivons dans un monde totalement imaginaire, dans une hallucination!

Il en est ainsi parce que la plupart d'entre nous somme névrosés (chapitre V-12), et s'il y n'avait pas un système pour nous contrôler, les gens se comporteraient d'une manière chaotique, et très probablement ils ne feraient rien du tout. Pire encore, beaucoup se sentent «forcés» par l'argent de faire de mauvaises choses... forcés par un rêve, cela ressemble plus à la mauvaise défense de quelque délinquant drogué qu'à une justification rationnelle de l'argent.

 

En réalité, des personnes psychoéduquées, agissant en Non-Action, n'ont pas besoin d'incitations telles que des salaires pour faire ce que la situation demande de faire. Cela ouvre la possibilité réelle et immédiate d'une économie sans argent, la Vraie Economie, que je présente dans les prochaines sections, où n'importe quel problème qui se produit peut être résolu par compassion (nourriture, santé, logement...) ou par la curiosité (voyages, art, science, exploration...). Ces motivations surgissent spontanément et sans effort dans un esprit non-névrosé, puisqu'elles sont les motivations de base de la conscience, comme on l'a vu au chapitre V-5. Elles assurent que tous les problèmes économiques sont pris en compte, y compris le nécessaire rebouclage de l'économie: si les personnes qui travaillent sur quelque chose ont besoin de nourriture, d'outils, etc. d'autres s'assurent qu'ils en ont, également par la Non-Action. Et tout cela sans aucune sorte «d'échange» conditionné, même pas de troc: tous les producteurs de quoi que ce soit offrent gratuitement leur production à quiconque en a besoin. Ils travaillent en Non-Action, juste parce qu'il y a un besoin à satisfaire.

 

Aujourd'hui, la plupart d'entre nous choisissent de rester dans un état névrotique, paresseux ou égocentrique. Pour nous motiver à travailler à quelque chose d'utile pour les autres, il nous faut quelque chose en échange, comme de l'argent. Cela excite notre avidité égocentrique, ou c'est plus fort que notre paresse. Cet argent peut provenir de salaires (employés) ou de ventes (entreprises). Le nécessaire rebouclage de l'économie est assuré par l'ensemble du marché: si un besoin se fait sentir quelque part, une entreprise ou un vendeur va commencer à travailler dessus, parce que c'est une occasion de gagner de l'argent. C'est comme cela que la société fonctionne aujourd'hui. Sur trois pattes.

 

Ce qui apporte la réponse définitive à la question: avons-nous besoin d'argent? La réponse est clairement: non. Non pour des personnes psychoéduquées. Mais les personnes névrosées ont besoin d'un système de contrôle, et dans ce cas l'argent apparaît comme le moins mauvais système (par rapport à des choses comme la féodalité, l'esclavage, la dictature, etc.).

Et bien sûr ne considérer qu'une seule des deux catégories de personnes pose forcément des problèmes. Les communistes supposaient que tout le monde avait besoin de contrôle, et les hippies supposaient que personne n'en avait besoin. Tous les deux se sont plantés.

 

 

Les idéologues du capitalisme prétendent que le système du marché apporte une autorégulation, assurant une répartition harmonieuse des richesses. C'est la plus grande arnaque intellectuelle de tous les temps, et un mensonge évident comme le soleil dans notre œil: ce système crée de toutes pièces et maintient d'énormes inégalités sociales. La raison en est la concurrence entre les personnes égocentriques: une fois que quelqu'un a un peu plus d'argent que les autres, cette compétition devient biaisée en sa faveur: cette personne peut investir plus, alors que ses besoins de base (nourriture) s'amenuisent, en proportion. Si elle investit plus, elle gagne plus, de sorte qu'elle peut investir encore plus: ce processus se renforce donc lui-même, rendant les riches encore plus riches. Les pauvres, en revanche, ont tout leur revenu consacré à l'alimentation, de sorte qu'ils ne peuvent pas investir dans quelque chose, et ils restent toujours liés à la pauvreté. Cela fait que la répartition de la richesse diverge rapidement de manière exponentielle, vers une répartition extrêmement inégale: peu de riches, une petite classe moyenne et une grande majorité de pauvres. Et cela en toute indépendance de tout mérite ou aptitudes: seul le hasard des premières opportunités conduit la sélection, qui se renforce et se verrouille par la suite. Cette répartition est bien connue des spécialistes sous le nom de loi de Pareto: le résultat mathématiquement obligatoire de la concurrence capitaliste entre agents égocentriques. C'est la raison pour laquelle beaucoup brandissent cette compétition comme un dogme religieux: ils espèrent être dans les gagnants! Seules des règles strictes sont capables de maintenir un niveau de vie minimal pour les plus pauvres, dans les pays assez forts pour maintenir et faire respecter ces règles. Si ces règles sont absentes, les plus pauvres deviennent alors esclaves, ou ils meurent de faim. Un résultat assez facile à vérifier...

 

C'est pourquoi toutes les personnes spirituelles considèrent le système d'argent/concurrence comme intrinsèquement pervers. D'un point de vue spirituel, il offre à l'égo la tentation infantile de dominer les autres, ou de détruire l'environnement sans en supporter les conséquences. Mais au niveau économique et social, cela pose aussi des problèmes: le système de marché ne peut être régulé qu'au prix d'une lutte constante par des militants sociaux et des politiciens respectueux de l'humain, qui créent des lois et des institutions imposant des minima sociaux et la solidarité (retraites, sécurité sociale, etc.). Et seulement dans les pays où ils sont mis en œuvre, les gens ont un niveau de vie minimum, et ils ne meurent pas de faim ou de manque de soins.

 

Compte tenu de cela, beaucoup proposent des alternatives à l'argent: retour au troc, communisme, hippies, économie distributive, etc. Ces solutions de rechange sont sensés être plus juste, mais elles ne fonctionnent pas, à cause du vice fondamental: l'égocentrisme sous-jacent des personnes (y compris les travailleurs et les pauvres, tout autant que des grandes entreprises) ira toujours contrecarrer les efforts juridiques, sociaux et politiques pour amener un partage équitable des richesses, du travail et des ressources. Mais plus subtilement, il ne peut y avoir des solutions techniques ou automatiques pour ce qui est essentiellement un problème humain et spirituel: que tout le monde se comporte d'une manière honnête et responsable. Cela ne peut arriver que quand les gens ont développé suffisamment de psychoéducation pour créer les motivations correctes et émerger au-dessus des caprices névrotiques. Toutes les autres solutions sont comme d'attendre que les anges ou les extraterrestres viennent libérer la Terre.

 

De sorte que le choix fondamental ici est seulement entre:

1) Nous avons une pratique spirituelle qui permet de devenir psychoéduqué

2) Si nous n'en avons pas, alors il n'y a aucune utilité à critiquer le système. On la ferme et on se trouve un travail utile.

Pour ceux qui ont un cerveau, voter pour les politiciens qui en ont également un (chapitre VI-11). Pour les autres, simplement ne votez pas pour les noms que la télé répète tout le temps. Je vous garantis que même une ligne directrice aussi simple a le pouvoir d'atténuer de moitié les problèmes mondiaux.

 

Quant aux personnes prétendant qu'une économie juste et sans argent est «utopique», «impossible» «irréaliste», ou «contre la nature humaine», ce sont des escrocs ou des sociopathes, qui délibérément s'opposent à l'idée de psychoéducation. La raison en est que, avec le système égocentrique et une majorité submissive, ils espèrent obtenir plus que leur juste part de richesse (ou une part inférieure de travail, pour les employés ou les syndicalistes). C'est aussi simple que cela. De là vient aussi leur promotion constante du matérialisme et de l'athéisme, et leur dénigrement des mouvements sociaux positifs: si les gens développent des moyens spirituels pour réellement vivre leur idéal, alors ils n'ont plus besoin d'argent ni de contrôles, et le pouvoir des grandes entreprises et de la finance disparaîtra sans effort, comme la nuit qui disparaît lorsque le soleil se lève.

Alternatives au capitalisme: le retour au troc

Une analyse fréquente des problèmes créés par le capitalisme, est que l'argent serait le coupable, pas les personnes. En effet, l'argent pose d'énormes tentations, car il donne beaucoup de puissance. D'où l'idée de le refuser et de revenir à des formes plus primitives d'échange, comme troc.

 

Cependant nous avons vu, juste dans le sous-chapitre précédent, que l'argent n'est pas quelque chose qui existe et qui se comporte de lui-même. Alors, comment une chose qui n'existe pas pourrait-elle créer un désir? La réalité est que l'avidité pour l'argent n'est pas créée par l'argent lui-même, mais qu'elle naît dans l'esprit des gens névrosés. Tout comme le viol n'est pas causé par les femmes, mais que le désir s'élève dans l'esprit des violeurs. Et nous punissons le violeur, pas la femme, d'accord?

 

Les partisans du retour au troc imposent souvent leur point de vue aux partisans du don gratuit. Je l'ai vu plusieurs fois. La raison est que le système égocentrique pourrait s’accommoder d'un retour au troc, tandis que le don gratuit le tuerait. En tout cas les pays qui ignoraient l'argent (comme le Bhoutan jusqu'à environ 1968) prélevaient tout de même des impôts, mais en travail ou en production plutôt qu'en argent.

 

Une analyse plus approfondie montre que troc implique, tout autant que l'argent, les notions de mérite (une personne qui travaille mérite de manger, pas un artiste ni un parent isolé), la comptabilité de ce mérite, et l'échange conditionné. De sorte que, au fond, le troc ne retire aucun des problèmes causés par l'argent. Nous verrons dans la section II sur le non-échange pourquoi ces notions de mérite et de comptabilité du mérite sont si nocives (et qu'en réalité elles sont les principaux freins à l'économie mondiale)

Alternatives au capitalisme: les communautés sans argent.

Un préjugé courant assimile cette approche aux seules communautés hippies. Cependant des tentatives ont été faites dès le XIXe siècle, et en France, les communautés de mai 1968 étaient davantage un mouvement d'extrême gauche (comme je l'ai vu en visitant ces lieux). Des communautés religieuses de ce type ont également été tentées depuis des temps immémoriaux, souvent avec beaucoup plus de succès.

Un des principes les plus fréquents de ces communautés est l'autarcie: étant donné que les échanges sont sensés être le problème, ils sont réduits au minimum: le groupe cultive sa propre nourriture, construit ses propres maisons, fait ses propres vêtements, etc.. Dans les temps modernes, cela implique, pour être durable, une réduction radicale du niveau technologique, puisque la haute technologie ne peut pas être prise en charge par de petits groupes.

Un autre principe important est l'idée de «taille humaine»: pour éviter les problèmes imputés aux grandes structures, le groupe est maintenu suffisamment petit pour que tout le monde connaisse tout le monde. Ceci est censé éviter les problèmes et apporter des relations amicales et rationnelles. Il y a tout de même une certaine base réelle à l'idée de petit groupe: c'est le système naturel de la tribu, dans lequel les êtres humains sont génétiquement prédisposés à vivre. Ce qui en fait réellement l'échelle la plus facile à gérer. Bien que les échanges de personnes ou de compétences étaient également courants dans les sociétés tribales. Et ce n'est pas une panacée non plus: dans l'histoire, le système de la tribu a souvent conduit à des guerres et du chauvinisme entre tribus, qui peuvent aussi empoisonner une société moderne basée sur la tribu. Et effectivement, j'ai vu que les communautés de mai 1968 en France se haïssaient souvent mutuellement.

Ceci est pour la théorie. Dans la pratique, le succès de ces groupes est étroitement lié au niveau de travail spirituel qu'ils acceptent, afin de nettoyer leurs névroses. À une extrême, les communautés hippies «totalement libres» étaient très novatrices et intéressantes, mais incapable de rester ensemble plus de quelques mois, éclatant à la suite de disputes banales ou sous l'effet de la drogue. Les communautés sociales du XIXe siècle ont pu tenir des années, avant de se séparer lentement en familles plus traditionnelles. A l'autre extrême, certaines communautés avec les règles religieuses très strictes, comme les Amish, sont stables, heureuses et prospères, mais totalement incapables d'inclure les développements récents en spiritualité, économie et culture, vivant dans un 19eme siècle idéalisé.

 

Mon analyse ici est que, entre la liberté incontrôlée et la discipline rigide, peu essayé la voie médiane de la Non-action. Si ils avaient essayé, ils auraient encore eu à soutenir une lutte constante contre tous les égos individuels tentant de contrôler l'ensemble du groupe. Cela rend un travail spirituel obligatoire, avec les personnes psychoéduquées en position de pouvoir. Un bon exemple est la communauté de l'Arche en France, qui a souvent été citée comme un exemple de communauté qui a réussi (ou même comme la seule ayant réussi). En théorie, c'est un ashram, dirigé par Lanza del Vasto, dans une transmission directe depuis Gandhi. Dans un ashram, une forte dose de travail spirituel est obligatoire, pour tenir l'ego et les névroses à distance, tandis que le maître spirituel a le dernier mot sur les différends, et des moyens efficaces pour éjecter les fauteurs de troubles. Mais à la mort de Lanza, il n'avait pas de successeur, et l'organisation a dû soutenir des tentatives de prise de pouvoir et d'infiltration par l'extrême gauche ou des anarchistes. Seules les communautés de l'Arche les plus fortes spirituellement ont survécu.

 

Mais la faille plus subtile de cette approche du groupe autarcique «à dimension humaine», est qu'elle élude les problèmes plutôt qu'elle ne les résout. Surtout, éviter les relations à grande échelle interdit beaucoup de choses intéressantes: Internet, voyages, échanges, aide humanitaire... Pire encore, la chaleur humaine d'une communauté aimante, ou l'attachement commun à une idéologie, cache souvent la nécessité de résoudre les problèmes d'ego et de développer la compassion inconditionnelle et la Non-Action, même envers de parfaits étrangers. Clairement, il nous faut toutes les échelles, pas seulement les plus faciles. Nous avons besoin de quelque chose qui peut fonctionner dans toutes les conditions, dans tous les contextes et à toutes les échelles (voir les sections suivantes pour ça). Si rencontrer des inconnus ou tirer un fil électrique menace une communauté, alors c'est que cette communauté repose sur quelque chose de faux, fragile, artificiel.

Alternatives au capitalisme: Marxisme et communisme.

Une manipulation mentale fréquente consiste à dire «si vous être contre le capitalisme, c'est que vous êtes communiste» (sous-entendu: hérétique, grand satan). Le marxisme a effectivement joué un rôle dans l'évolution des conceptions économiques, mais je ne m'y réfère pourtant pas. Bien au contraire j'ai fait l'effort de soigneusement démarxiser ce chapitre de toute influence que j'aurais pu recevoir dans le passé. Il y a bien d'autres systèmes économiques qui ont été proposés, et centrer le débat sur une opposition marxisme-capitalisme n'est qu'un moyen de se défausser de la véritable discussion. Je n'ai même pas peur du capitalisme non plus, et on verra ce que j'en fait en discutant de la transition (section III). Maintenant, au fait.

Le XIXe siècle a vu un très fort mouvement «socialiste», bien que ce mot avait à cette époque une signification très différente qu'aujourd'hui, pas un clan politique, mais une réflexion libre et variée sur ce que devraient être l'économie et les relations humaines justes. Les modèles les plus influents ont été la révolution Française et des idées de Rousseau comme quoi supprimer les structures sociales artificielles produirait des personnes intrinsèquement bonnes.

Cependant, Karl Marx a verrouillé cette réflexion depuis environ un siècle, en faisant de celle-ci un système idéologique dogmatique (chapitre I-9): le marxisme. Depuis lors, non seulement le marxisme a produit la plupart des pires dictatures, mais en plus il a perverti presque toutes les tentatives d'émancipation, des révolutions communistes et de la décolonisation, jusqu'aux plus récents mouvements anti-mondialisation (toujours fortement anti-américains) ou écologistes (toujours «de gauche» et anti-spirituels). On trouve du marxisme même dans nos lits: la libération sexuelle et l'égalité des sexes ont été travestis en une lutte des classes des femmes homosexuelles contre les hommes hétérosexuels. Seulement aujourd'hui (2015) la réflexion sociale et politique commence à émerger de cette prise d'otage intellectuelle et à se reconnecter à la nature, la beauté et la spiritualité. Seuls les mouvement religieux ou spirituels ont échappé à cette énorme réduction intellectuelle, mais au prix d'abandonner le terrain de la vie sociale et de l'économie, pour éviter un affrontement avec ces opposants directs à la spiritualité. Aujourd'hui nous reconnaissons toujours les personnes infectées lorsqu'elles «évitent la religion», ou les personnes allergiques lorsqu'elles «évitent la politique». Si vous souhaitez participer aux activités ou militer, commencez par vérifier qu'ils acceptent la spiritualité (et la science aussi).

Le marxisme se prétend une théorie scientifique sur l'évolution de l'humanité. Mais ses dogmes de base, comme les classes sociales et la lutte des classes, ne sont pas des faits constants (ils étaient tous deux absents des sociétés tribales). Mais au nom de ce dogme, partout où ils sont allés les marxistes on exacerbé les antagonisme existant entre les gens, et au besoin ils en ont créé là où il n'y en avait pas. Plus vicieusement, les raisonnements du marxisme contiennent diverses erreurs, surtout le dualisme et l'erreur de type de logique (chapitre I-7), faisant d'eux une idéologie (chapitre I-9), loin de toute théorie scientifique pertinente ou système de pensée utile. Et comme toutes les idéologies, il trompe les gens, crée des conflits et des malentendus. Aujourd'hui, dans un pays comme la France, plombé par plusieurs générations d'intellectuels marxistes, nous avons encore des problèmes graves, comme les enfants autistes enlevés à leurs parents, exactement comme les enfants soviétiques.

 

Une des raisons pour lesquelles le communisme a soulevé tant d'enthousiasme et causé tant de révolutions, de tentatives et de guérilla, est qu'il semble éliminer le problème principal de l'économie: l'ego. Cet ego terrible qui crée une nouvelle classe de riches avant même que nous nous rendons compte de ce qui se passe. Pour ce faire, les communistes n'ont jamais hésité à tuer par millions, ou à eux-mêmes subir les pires tortures et massacres, puisque c'était «pour le bonheur de l'humanité future».

Hélas tous ces bains de sang, souffrances et sacrifices ont été en vain, car le marxisme a un défaut profond: le dogme comme quoi les gens sont déterminées par la société. D'après ce dogme, il suffisait de créer une société communiste, des lois communistes et des structures économiques collectives, pour contourner le long travail de psychoéducation et pour tout le monde devenir magiquement des travailleurs motivés et des dirigeants justes! La désillusion a été aussi profonde que l'espoir, puisque seulement environ 20% des gens travaillaient sincèrement pour cette société communiste. Nous devons admettre, cependant, que, contrairement aux préjugés anti-communistes courants, l'idée d'une économie collective avait une valeur énorme, pour permettre à un pays comme la Russie, émergeant à peine du Moyen Age, avec seulement 20% des personnes travaillant sincèrement, de rattraper son retard sur les grands pays capitalistes, gagner une guerre atrocement coûteuse sur les nazis, et devenir l'une des deux plus grandes puissances et un leader de l'exploration spatiale.

 

Mais le défaut le plus handicapant du marxisme est le matérialisme, le refus de la spiritualité. Au début du 20ème siècle dans une Europe dominée par la bigoterie religieuse, cela pouvait passer pour une «libération». Mais en réalité le refus de la spiritualité a fait que les communistes on rejeté précisément les outils spirituels qui leur auraient permis de vraiment changer leurs comportements et de surmonter leur ego. Le pire cas a été au Tibet: plusieurs lamas, voyant le communisme comme une opportunité pour construire enfin une société sans ego, ont offert leur collaboration spirituelle aux envahisseurs maoïste. Mais ils ont été accusés d'être «réactionnaires» et jetés en prison, de sorte qu'ils ont rapidement abandonné cette proposition. Depuis lors, tous les chinois travaillent dans la crainte de leur gouvernement, et le système a totalement échoué à produire une société sans ego, devenant plutôt une dictature capitaliste dirigée par l'état, où les gens ne peuvent pas échapper à leur rôle. En Russie et en Europe de l'est, la chute du communisme a ramené les religions, mais pas nécessairement le meilleur d'elles. En Europe de l'ouest et aux Etats-Unis, il n'y a jamais eu de gouvernement communiste. Cependant l'influence marxiste y est plus profondément enracinée que dans les anciens pays communistes: les idées de liberté et de progrès social sont désormais associées au matérialisme et au rejet de la spiritualité.

Alternatives au capitalism: anarchisme et libertarianisme.

l'anarchisme traditionnel part des idées de Rousseau, comme quoi les gens non perturbées par les lois et structures sociales artificielles deviendraient automatiquement suffisamment aimables et de bonne volonté pour se comporter d'une manière idéale en économie et en société. Les anarchistes ont monté cette idée au niveau d'un dogme et d'une ligne politique, rejetant tous les états, lois et structures. Et aussi, tout comme les marxistes, ils ont rejeté la religion et la spiritualité, pensant que la violence ferait le travail plus rapidement. Ce qui a totalement échoué, puisque personne ne peut être contraint à contrôler son ego ou ses névroses. La nitroglycérine ne peut pas détruire l'ego (même si elle est efficace sur l'impuissance, ha ha ha). Mais l'échec le plus magistral de l'anarchisme est que, précisément, une structure de pouvoir féodale/chimpanzé refait toujours surface automatiquement dans les communautés anarchistes sans règles ni travail spirituel. Nous le voyons aussi dans les bandes fachistes urbaines.

 

Le libertarianisme est un courant beaucoup plus récent, qui veut aussi limiter le pouvoir des gouvernements. Cependant ils ne favorisent pas une économie libre, mais un capitalisme libre, sans aucun état susceptibles de le gêner ou de le réglementer. Ils ne combattent pas les religions, mais la spiritualité leur est en quelque sorte étrangère. Le résultat serait donc très différent de ce qu'attendent les anarchistes: un retour au féodalisme. C'est pourquoi les pouvoirs financiers sont appelés des barons, ou la nouvelle noblesse.

Alternatives au capitalisme: l'économie distributive.

L'économie distributive s'appuie sur des principes radicalement différents: l'argent est toujours utilisé comme un moyen de réguler les comportements des gens. Toutefois, pour éviter toute spéculation conduisant aux inégalités, l'argent distributif est créé selon la production effective, et partagé de façon équitable entre tout le monde, en garantissant même un revenu minimum. Ensuite, cet argent ne passe pas entre les gens, mais il est détruit lorsque la production est consommée. Ceci n'est qu'un très court résumé d'un système complexe initialement conçu par Jacques Duboin en 1930, et développé depuis par de nombreuses études. Autant que je le sache, il n'a jamais été mis en pratique. Il ne faut pas le confondre avec plusieurs autres mouvements avec des noms similaires, mais de principes très différents.

 

À la fin des années 1970, le mouvement écologique était encore un lieu de réflexion libre, et l'économie distributive y était étudiée et débattue. J'avais moi-même essayé de faire des simulations manuelles d'économie distributive avec elle, pour montrer qu'elle converge vers des résultats équitables. Cependant ce que j'ai trouvé a été très différent de prévu: il fallait partir de l'hypothèse que les gens étaient prêts à se comporter d'après la théorie, pour qu'elle fonctionne (ce qu'elle faisait fantastiquement bien à ce point). Mais si ils n'étaient pas prêts à le faire, l'économie restait juste au point mort. De sorte que, là aussi, le défaut est que rien n'oblige les gens à se comporter selon l'idée. Certes, ils sont bien guidés vers un comportement idéal, mais s'ils ont le moindre motif égocentrique, ils peuvent tricher, et ils trouveront certainement des moyens de le faire, ruinant tous les efforts pour la création de ce système idéal. En particulier les paresseux et les égocentriques n'ont pas la motivation des salaires, de sorte que nous retombons sur le même problème que dans l'Union soviétique: seule une minorité de gens honnêtes travaille vraiment.

 

Cela m'a conduit, dès 1978-1980, à me rendre compte de la faille inhérente à tous les systèmes économique possibles: aucune technique, aucune méthode, aucune loi ou système ne peut automatiquement réguler l'égocentrisme des gens (qui peut se manifester de plusieurs façons: paresse, avarice, recherche du pouvoir, discriminations, etc.) C'est un problème humain, qui ne peut être traité que par l'action humaine, par une intervention humaine constante, volontariste et bien intentionnée. Cela est vrai pour le capitalisme, bien sûr, mais c'est également vrai pour toute alternative.

Mais cela implique également une autre curieuse conclusion: pour les personnes ayant maîtrisé leur ego, n'importe quel système peut fonctionner, même si elles n'ont besoin d'aucun. Cela servira à la Vraie Economie de transition.

Vers la Vraie Economie.

De sorte que, au bout du compte, seules les personnes ayant une motivation correcte peuvent comprendre la Vraie Economie. Cette façon de penser, nous l'appelons «la vision» de «la Vraie Economie», voir la section II. Mais ce n'est encore qu'une opinion: pour être efficaces, les gens ont besoin d'être en mesure de contrôler leur ego et leurs névroses, de sorte que dans n'importe quelle situation ils sentent réellement un désir spontané du comportement approprié, sans effort. Appelons cela la capacité à la Vraie Economie. Et pour développer cette capacité, ils ont besoin de méthodes de psychoéducation, des outils spirituels de redimensionnement de l'ego, et de balais à purifier les névroses. Mais une fois qu'ils ont assez de capacité, rien ne peut les empêcher de créer une société efficace sans ego, sans argent, sans lois et sans inégalités.

 

Toutefois, pour les gens avec la bonne motivation, mais avec une capacité insuffisante, nous pouvons proposer une variété de structures et de protections, plus ou moins inspirées des systèmes précédents (collectivités, coopératives, argent alternatif...) que nous pouvons rassembler sous le nom de «Vraie Economie de Transition», voir plus loin la section III.


Enfin, aux gens sans aucune motivation de Vraie Economie, nous pouvons leur proposer une «société mixte», voir la section IV. Ici, au moins, leurs motivations avides peuvent toujours les mener à des activités utiles pour la société, tout en éliminant la plupart des dangers du capitalisme incontrôlé.


De cette façon, la Vraie Economie peut vraiment aborder l'aspect spirituel de l'économie, y compris lorsqu'il est absent, au lieu de bêtement refuser de voir cet aspect des choses et de sacrifier des générations dans des systèmes irréalistes.

Section II

La Vraie Economie: la Vision
Ou Vraie Economie Absolue

Introduction

Cette section aborde une économie idéale, qui est accessible uniquement aux personnes suffisamment psychoéduquées pour contrôler leur égocentrisme et leurs névroses, et s'impliquer dans l'économie dans la Non-action. Cependant, il est fondamental que tout le monde comprenne cette section, afin d'appliquer correctement les sections suivantes qui portent sur le cas de personnes non-psychoéduquées.

 

Avant de commencer toute étude scientifique sur «comment l'économie devrait être», nous devons rejeter toute idée préconçue ou pensée magique dans ce domaine, tels que la Terre plate ou les marchés qui s'autorégulent. Tout comme en métaphysique, il ne faut pas partir de faits «déjà connus» ou «généralement acceptés»: des choses comme le marché sont juste des conventions, avec pas plus de statut métaphysique que Tintin et Milou. Ce ne sont pas des choses qui existent et se comportent par elles-mêmes, et que nous serions obligés de faire avec. Ce qui fait que nous sommes totalement libres de les garder, de les modifier ou même de les jeter. L'important est que c'est «nous» qui les accepterions, pas «eux» qui nous obligent. Clair?

 

Et donc sur quoi faut-il fonder notre étude d'une économie scientifique?

 

Tout d'abord, nous devons nous débarrasser de toute névrose, dogme, croyances ou idéologies. Et comme il y en a pas mal dans ce domaine, et que les fondements mêmes de l'économie aujourd'hui sont de toute évidence massivement tordus, il faut commencer à zéro. Nous pouvons toujours réintroduire des objets utiles plus tard, mais si nous le faisons, alors ce sera un choix libre, ou un réel besoin, pas un dogme.

 

Deuxièmement, nous avons défini les bases de l'éthique scientifique au chapitre VI-2. Bien sûr, l'éthique s'applique partout, y compris en économie, sinon c'est de la haute foutaise. Les bases de l'éthique scientifique, appliquée à l'économie, se traduisent de la façon suivante:

(Ceci est un résumé du chapitre lié) :

1) la Vraie Economie a pour premier objectif le bonheur des gens.

Elle favorise aussi la science, l'éducation, la liberté, la vie sociale, la beauté corporelle, les mouvements sociaux et spirituels positifs. Pour cette raison, les impératifs fondamentaux sont la satisfaction de tous les besoins économiques permettant à la conscience d'exister et de s'exprimer.

 

2) Les droits, les protections, les devoirs et les moyens sont les mêmes pour tous les êtres humains.

La Vraie Economie doit être conçue de manière à assurer l'égalité des richesses économiques et du pouvoir économique, sans autoriser un quelconque pouvoir personnel à créer des privilèges.

 

3) Les deux premiers fondements s'appliquent à des êtres qui ont des capacités et des aspirations différentes. Si ces différences amènent une contradiction entre les deux premiers fondements, alors moduler droits, ressources, protections, devoirs et moyens doit toujours aller dans le sens de rétablir un accès égal pour tous au premier fondement de l'éthique.

C'est ce qui est fait avec des institutions comme la Sécurité Sociale, les retraites, les allocations familiales, les allocations de chômage, le revenu minimum. Cependant la vraie Economie utilise des méthodes radicalement différentes. Pour commencer, ces méthodes sont intégrées au système, pas des choses que les gens doivent demander spécialement.

 

4) Les trois fondements précédents sont l'expression de la Transcendance.

N'importe quelle discipline de l'esprit humain, qu'elle soit psychologique, religieuse ou spirituelle, doit évidemment être mise en pratique dans toutes les occasions de la vie quotidienne, y compris dans le travail, la production et la distribution. Dire que l'économie doit être découplée de l'esprit humain est la plus grosse manipulation mentale jamais faite, dont le but évident est d'échapper à la morale et aux devoirs de citoyen, et ouvrir la voie aux magouilles égocentriques qui nuisent à tout le monde. Si quelqu'un pense que je me trompe, alors s'il vous plaît apportez-moi une dispense signée par Dieu. Si vous ne pouvez pas, alors arrêtez de dire ce qu'Il ne doit pas faire.

En particulier, cette quatrième Fondation signifie que mettre l'éthique dans l'économie (ce que fait la Vraie Economie) est la volonté de la Transcendance (chapitre V-6), ou la façon correcte d'honorer la Transcendance, quel que soit ce que nous entendons par Transcendance: Dieu, Allah, Dharma, Tao, Nature, Force, ou n'importe quel courant spirituel ou religion valables. Même des idéaux comme le socialisme ou l'humanisme, qui affirment ne pas être religieux, ont tout autant besoin de faire face à leurs esprits et maîtriser leurs névroses, pour parvenir à leurs fins. Les partis politiques qui ne font pas cela ne font que tromper tout le monde, en commençant par eux-mêmes.

 

Étant donné que la spiritualité ne peut pas être imposée, cette quatrième Fondation ne peut pas être traduite en lois ou en règles. Cependant, nos réalisations spirituelles seront certainement un élément important de la confiance en la Vraie Economie que les gens nous accorderont (voir le sous-chapitre à ce sujet à la fin de cette section).

Le concept de base de la Vraie Economie: le Non-échange, comparé à l'échange conditionné.

Argent, tickets, troc, distribution, ont tous quelque chose en commun: ils sont des échanges conditionnés. Ce qui signifie que quelque chose va dans un sens seulement si une contrepartie va dans l'autre sens. Il s'agit d'un échange, pas d'un cadeau. Et cet échange a lieu uniquement si les deux parties sont d'accord, si les deux obtiennent quelque avantage. Si une des parties n'a aucun avantage à l'échange, alors il n'a pas lieu. Même si une des parties est forcée dans l'échange (comme des esclaves), il a toujours lieu contre quelque avantage (comme la nourriture).

Pour bien comprendre ce que «échange conditionné» signifie, il faut considérer que même des allocations telles que les allocations familiales, les allocations de chômage, la retraite, le revenu minimum, ne viennent qu'après des calculs compliqués du mérite de la personne qui les reçoit. Par exemple, les retraites sont calculées après un contrôle paranoïaque de toute la vie de la personne, décidant quand elle «travaillait», «chômait» ou était «inactive». Même pour les indemnités obligatoires, les personnes doivent donner en échange quelque conformité idéologique dans le système, comme dans le cas de personnes utilisant des toilettes à compost qui voient leurs allocations familiales supprimées, ou ceux qui travaillent bénévolement voyant leurs indemnités de chômage retirées, et leur retraite diminuée. Ou encore les nomades qui n'ont aucun droit, même pas d'un compte en banque, appelés de façon péjorative et confondus avec des clochards ou des délinquants. Enfin les personnes qui vivent de l'aide sociale sont considérées comme incapables ou asociales, hébergées dans des endroits laids, contraintes à de «l'aide psychologique» et autres humiliations.

 

Ceci pose un sérieux problème: tout le monde a le même besoin de manger, de dormir, de rencontrer d'autres personnes, d'être respecté, et d'exercer une activité utile ou agréable. Et a le même mérite de le faire! De sorte que, fondamentalement, il n'y a aucune utilité à comptabiliser ce mérite, et cette notion disparaît, tout comme les notions de virginité ou de noblesse ont disparu.

 

De là découle le principe le plus profond de la Vision de la Vraie Economie: le don inconditionnel. Il s'agit d'un aspect de la Non-Action: faire juste ce que demande la situation, ici donner à ceux qui en ont besoin, sans aucune interférence de notre ego ou de nos névroses. On peut aussi appeler ceci le Non échange, pour rester en ligne avec d'autres vocables comme la Non-violence, la Non-action, le Non-soi, qui sont la même chose appliquée à des domaines différents. Bien que ce «non... » soit trompeur, lorsque nous l'entendons pour la première fois. En effet il ne signifie pas une négation, mais une non-dualité (chapitre I-3).

 

Que le Non-échange ne soit pas comptabilisée ne signifie qu'une chose: nous donnons sans compter notre temps, et les gens qui travaillent pour nous ne vérifient pas si nous avons travaillé aussi. Étant donné que tout le monde est en Non-action de toute façon, il y aura toujours quelqu'un pour répondre à tout besoin qui se présenterait. La Non-Action interdit également la paresse: ce n'est pas de ne rien faire ! Ainsi, de toute façon, tout le monde contribue, à sa manière, sans aucune sorte de commande centralisée. D'après les sciences sociales ou les sciences robotique, cela fonctionne comme un nid de fourmis: il n'y a pas de commande centralisée, et chacun s'occupe uniquement du problème à portée de main. Mais ce système est souvent plus efficace qu'un contrôle centralisé.

Une coutume répandue est de penser que nous sommes encore redevable de quelque chose que nous recevons: même s'il n'a pas de date précise, nous devrons de toute façon rembourser un jour ce que nous avons reçu, à la personne précise. Le Non-échange va au-delà même de ça: il n'y a aucune obligation de rembourser un jour, même pas une sorte de dette morale subtile ou implicite, infériorité ou obligation.

La seule véritable engagement dans la Non-Action, est de rester dans la Non-Action, de sorte que les autres sont sûrs que, si un jour la Non-Action nous place à notre tour en position de donner, alors nous ferons quelque chose. C'est certainement une obligation informelle non-Aristotélicienne, sans aucune manière prédéfinie de s'en acquitter, mais c'est un engagement spirituel, de sorte qu'il est en fait plus fort que les lois d'aujourd'hui.

 

Soyons clair aussi, pour les gens qui «ne comprennent pas encore» ce qu'est la Non-Action: elle exclut la paresse autant que la cupidité. Par exemple, à l'époque des hippies ou des communautés de mai 68, on voyait beaucoup de gens chauds pour la Non-action quand il s'agissait de recevoir, mais qui se sauvaient quand le temps venait de donner. Ces personnes ne sont pas du tout dans la Vraie Economie, et ils peuvent en être expulsés, vers des structures plus classiques où leur paresse ou leur égocentrisme trouveront des incitations plus appropriées (dans leur cas, des coups de pied aux fesses. Je me porte volontaire en non-action pour cette production, car ils me doivent toujours une dette implicite).

Dans un monde où l'égocentrisme est considéré comme une qualité, ce sera certainement un problème pour les premières tentatives, qui devront construire lentement la confiance dans la Vrai Economie comme quoi tout le système peut fonctionner, au moins entre pairs, au besoin dans des groupes avec quelque forme d'entraînement spirituel, plus ou moins ressemblant à des ashrams. Mais si nous voulons être intégrés dans la Vraie Economie, la façon de prouver que nous méritons cette confiance est simple: se comporter en Non-Action. Après ça, le réseau de la Vraie Economie nous fera confiance.

 

Bien sûr, vient la réponse «mais si ils travaillent pour construire des maisons, ils ont besoin de nourriture en échange». C'est une confusion, qui se produit seulement parce que nous sommes si profondément conditionnés à lier/confondre deux choses totalement différentes: 1) le besoin de nourriture et 2) conditionner la satisfaction de ce besoin aux travaux de construction. En réalité, que les gens construisent des maisons, ou des accordéons, ou quoi que ce soit ou même rien du tout, ils ont toujours besoin de nourriture de toute façon. Cela fait qu'il n'y a aucun sens à décider qui a besoin de nourriture. Qu'ils soient travailleurs, artistes, parents, vieux, malades, conditionner leur nourriture à n'importe quel critère ne fait que rendre les choses plus difficiles, sans apporter aucun avantage. Non seulement comptabiliser qui mérite des aliments est une totale perte de temps (car nous en avons tous autant besoin), mais c'est aussi accepter que des gens puissent être laissés sans nourriture du tout. Et ce n'est pas une métaphore, nous savons trop bien que des millions sont encore assassinées chaque année par la faim ou par manque de soins.

La réponse de la Vraie Economie, c'est qu'en pareil cas, le besoin de nourriture des travailleurs est aussi satisfait par la Non-action: les personnes qui cultivent les aliments le font pour tout le monde, et ce quelle que soit leur activité, tout simplement parce que c'est nécessaire. De sorte que les gens produisent selon le Non-échange, décidant quoi produire après un examen des besoins réels. Ceci assure le rebouclage nécessaires de l'économie: tout le monde a ce dont il a besoin, même si il est occupé à plein temps à construire des maisons ou quoi que ce soit. Et cela se passe sans le «marché». Ou bien le Non-échange fait naturellement ce que le marché est censé faire dans les visions idylliques naïves du capitalisme. Et d'une manière beaucoup plus efficace.

 

Une objection plus grave est que si les gens n'ont pas d'incitations, cela ne fonctionnera pas. C'est, comme nous l'avons vu, ce qui condamne tous les autres systèmes à l'échec (y compris le capitalisme, qui est un échec en lui-même). Mais précisément, ce n'est pas vrai pour tout le monde: seulement pour les personnes qui ne sont pas psychoéduquées. Puisque les gens psychoéduqués peuvent facilement développer la motivation Non-action nécessaire, ils peuvent mettre en œuvre la Vraie Economie tout de suite, et nous commençons à voir des exemples (voir plus loin). Et encore, nous avons vu dans l'exemple de l'Union Soviétique, que quelque chose comme 20% des personnes non-psychoéduquées peuvent encore donner leur temps, et même leur vie, pour une cause, de sorte que la Vraie Economie peut encore fonctionner pour eux.

En revanche, si les gens ne sont pas encore assez psychoéduqués, nous ne pouvons pas les forcer à la pleine Vraie Economie, car quelle que soit les méthodes que nous utiliserons, leur ego ou leurs névroses vont les déjouer. Nous réglerons cela avec les méthodes spécifiques de la Vraie Economie de transition, voir la section suivante III. Quant à la société mixte décrite à la section IV, même les sociopathes peuvent travailler avec elle.

 

Pour conclure ce sous-chapitre: comme nous l'avons vu au chapitre V-10, dans une conscience libre de tout ego ou névrose, le désir de faire des choses utiles ou significatives s'élève spontanément, de sorte que les gens peuvent s'engager par eux-mêmes dans des activités utiles ou significatives, avec plaisir, sans effort ni incitation. Pour cette raison, les gens se sentiront beaucoup plus libre et heureux que sous le fouet des esclavagistes, ou même qu'avec la rémunération des entreprises. Ceci est la base même de la vraie Economie, et ce pourquoi elle est plus efficace à apporter la richesse, et beaucoup plus efficace à apporter un bonheur réel et durable. C'est ce qui montre la grande pertinence et l'efficacité supérieure de fonder l'économie sur la spiritualité, au lieu de les traiter comme des «domaines distincts» où la spiritualité et l'éthique «ne doivent pas» s'immiscer.

La structure de base de la Vraie Economie: le Cercle d'Activité.

Dans la Vraie Economie, les gens se rassemblent dans un seul type de structure: le Cercle d'activité, qui prend la place des entreprises.

Mais il y a quelque chose de fondamental qui distingue les Cercles d'Activité des entreprises et même de toutes les alternatives connue (coopératives, autogestion, kolkhozes, groupements d'achat...): au lieu d'un ego démarrant une activité dans le but de tirer un profit d'autres personnes qui ont besoin de quelque chose, ce sont toutes les personnes ayant besoin de quelque chose, qui se réunissent pour satisfaire ce besoin. Cela inclut aussi les utilisateurs ou les consommateurs, et souvent ce sont les usagers qui se réuniront et commenceront à travailler sur le problème. Le fondement même du Cercle d'Activité, c'est que ce ne sont pas les producteurs qui viennent vendre quelque chose, mais les utilisateurs qui se rassemblent pour identifier leurs besoins et y répondre.

 

Nous pourrions résumer en disant qu'un Cercle d'Activité est la traduction en Non-action et Non-ego de l'entreprise capitaliste. Ce l'est en tous cas bien plus que toutes les structures proposées auparavant, comme les kolkhozes, kibboutz, les communautés autarciques, les coopératives, etc.. Dans la pratique, ce qui crée cette différence est que le pouvoir de décisions appartient aux utilisateurs, qui décideront des objectifs de production et des moyens pour les accomplir. Les personnes qui effectuent le travail ont aussi leur mot à dire, car ces objectifs de production doivent être réalisables avec les moyens et le temps disponibles, avec les méthodes techniques correctes et d'une manière humainement soutenable.

 

Des méthodes techniques correctes signifie que les méthodes et les exigences de qualité sont exactement les mêmes que dans les entreprises capitalistes aujourd'hui. Je précise cela ici, parce que j'ai très souvent vu des personnes dans la construction «alternative», qui faisaient du mauvais travail exprès pour «remettre le capitalisme en question». C'est ridicule et ça ne mène nulle part. En fait ces constructions ressemblaient à des repaires de clochards, exactement à l'opposé d'un monde de beauté (chapitre VI-9)

 

On remarquera que, d'après ces définitions mêmes, passer de l'entreprise capitaliste au Cercle d'Activité est un processus d'évolution spirituelle, et non pas une révolution violente avec antagonisme et destruction de l'existant. Ceci est aussi très important, et montre le processus fondamentalement non-violent, adaptatif et ouvert à tous de la Transition vers la Vraie Economie, à l'opposé des révolutions autoritaires ou du marginalisme (le mouvement marginal, dans les années 1970, considérait que la société est fondamentalement mauvaise et irrécupérable, pour en recréer une autre ailleurs). Ces deux démarches, révolution autoritaire et marginalisme, sont fondamentalement vouées à l'échec, car les egos et névroses incontrôlés reprennent instantanément le pouvoir dans le nouveau contexte. Même si on allait sur Mars, toutes les inégalités sociales ressortiraient dès qu'on ouvrirait nos valises. Par contre le processus de psychoéducation est possible partout et pour tout le monde, dans tout contexte, système ou culture. C'est pour cela que l'on n'a rien besoin de détruire.

 

Ainsi, démarrer un cercle d'activité se produit quand des gens, pensant qu'ils ont tous besoin de quelque chose, se réunissent pour trouver des solutions et satisfaire ce besoin. Plus tard, les principales décisions de gestion sont prises ensemble par toutes ces personnes. Seules les décisions de travail peuvent être prises par les personnes qui effectuent réellement le travail, et toujours sous la supervision de l'ensemble du groupe, si ces décisions de travail ont une incidence sur l'objectif général du Cercle d'Activité.

Un point important ici est que tout le monde ne travaille pas forcément, parce que certains ne le peuvent pas du tout (vieux, handicapés, enfants...), et la grande majorité est déjà occupée à temps plein dans d'autres milieux, travaillant pour d'autres besoins, selon le principe de non-échange vu ci-dessus, qui remplace le marché capitaliste. De sorte que l'on doit la plupart du temps trouver la même proportion de travailleurs et de bénéficiaires, que d'employés et de clients dans les entreprises capitalistes. Ce qui est normal, puisque cette proportion est déterminée uniquement par le rendement du travail lui-même, et non pas par l'organisation sociale.

Après, les Cercles d'Activité auront de nombreuses variantes sur la proportion de travailleurs et de consommateurs, le domaine ou besoin précis auquel ils répondent, le caractère local ou global, etc. Mais les règles ci-dessus s'appliquent dans tous les cas, ce qui fait du Cercle d'Activité quelque chose de totalement différent de n'importe quelle structure classique, qu'elle soit dirigée par un seul ego (entreprise), ou par de multiples egos (coopératives, autogestion).

 

Être membre d'un cercle d'activité implique donc au strict minimum de participer à des réunions, où sont décidées des choses telles que les plans de production et des affectations de travail. Ces réunions sont exemptes de l'étiquette sadomasochiste souvent associée aux affaires (costumes gris, cheveux coupés, etc..). Dans les cercles comme l'agriculture, cela peut être l'occasion de quelques repas commun ou festivité, célébration de la nature, etc. Les plus grands cercles peuvent utiliser l'Internet ou les mondes virtuels pour communiquer.

 

Également un Cercle d'Activité n'est pas intrinsèquement un lieu de vie ou une communauté. Bien que ces choses gagneraient beaucoup à être gérées comme des Cercles d'Activité.

 

Aujourd'hui, il y a peu de Cercles d'Activité purs, de sorte que ce qui suit est davantage de la Vraie Economie de Transition. Mais plusieurs choses ont commencé à aller dans ce sens, de sorte que nous sommes... un siècle en avance sur les Phallanstères de Fourier.

Le système Linux et d'autres logiciels libres produits par des organisations comme la Fondation Apache (qui fait fonctionner le serveur de ce site et le traitement de texte utilisé pour ces pages) sont le meilleur exemple aujourd'hui (en théorie) d'utilisateurs se rassemblant pour proposer une solution à un besoin. Cependant, en pratique, les deux structures sont des fondations, parce qu'ils ne sont pas connectés à d'autres structures de production alimentaire, de sorte que les travailleurs doivent être payés. Linux en particulier est entravé par son manque d'écoute des utilisateurs pour un système plus facile à utiliser. Il n'a donc pas, contrairement aux attentes, réussi à remplacer Windows.

L'action humanitaire est souvent conforme à la définition d'un Cercle d'Activité à répercussion des coûts. Un Cercle d'Activité n'est pas intrinsèquement pour défendre une cause ou promouvoir un modèle social. Mais ils peuvent être utilisés à ces fins, de sorte que l'action humanitaire peut être considérée comme un Cercle d'Activité.

Les organismes de bienfaisance ciblent souvent des personnes non impliquées dans le groupe lui-même, mais cela peut encore être considéré comme un Cercle d'Activité à répercussion des coûts, appliquant le troisième fondement de l'éthique (chapitre VI-2) qui commande de compenser les inégalités.

Les groupes d'entraide entre voisins sont souvent des Cercles d'Activité. Sans que cela ne résulte d'aucune analyse économique, intention sociale ou politique.

Dans la société fractale de la Vraie Economie, chaque échelle est l'échelle humaine

Une confusion grossière serait entre un Cercle d'Activité et une communauté autarcique, produisant tout ce dont elle a besoin, comme l'étaient les phallanstères de Fourier ou les communautés hippie. Tout à fait au contraire, un Cercle d'Activité est une structure économique ouverte, que richesse et travail traversent, et qui collabore avec les autres Cercles de manière concertée et complémentaire. En fait, nous pourrions prendre le marché capitaliste, avec tous ses cycles et réseaux d'entreprises, ajouter de la psychoéducation de base et du Non-ego, et chacune de ces entreprises avec ses clients deviendrait un Cercle d'Activité. On n'a besoin de rien changer d'autre à cette organisation. Cette structure est justement ce que permet au marché capitaliste de remplir une grande variété de besoins, tout en préservant la liberté des individus de choisir leurs produits et leur mode de vie. La structure de la Vraie Economie fonctionne exactement de la même façon, ce qui mènera aux mêmes résultats puissants. La seule différence est la suppression de l'ego, ce qui éliminera également les obstacles tels que la nécessité de bénéfices individuels pour que le système fonctionne. Cela conduirait à un système encore plus puissant (C'est facile à vérifier avec les simulations mathématiques de l'économie, si les agents ont un comportement altruiste au lieu d'égocentrique. Mais aujourd'hui, les simulations considèrent seulement des agents «parfaitement égocentriques»...).

Ainsi, si l'égocentrisme est à la base du capitalisme, en fait il limite plus son efficacité qu'il ne le sert. Ceci a été étudié dans la première section de ce chapitre, dans «La sophistique du plein l'emploi».

 

De sortes que de nombreuses collaborations entre Cercles se produiront. Un exemple simple est un Cercle de mécanique. Comme les personnes exerçant cette activité sont relativement rares, elles doivent travailler à plein temps dans ce domaine. Si elles devaient également cultiver leur nourriture, construire leurs maisons, coudre des vêtements, etc., elles seraient inefficaces comme mécaniciens. Mais elles peuvent être membres de nombreux autres Cercles qui leur offriront toutes ces choses. Là aussi, nous ne sommes pas loin de l'organisation capitaliste classique, où chaque personne capable de travailler exerce une activité à plein temps, tout en achetant à de nombreuses entreprises. Bon, en pratique, les gens sont plus heureux si ils peuvent partager 2 ou 3 activités, ou changer avec le temps, de sorte que l'équivalent de l'emploi est beaucoup plus souple et non-Aristotélicienne dans la Vraie Economie. Surtout les intellectuels apprécieront des travaux dans les champs, tandis que les agriculteurs aimeront aussi des activités artistique. Voilà comment le partage du travail est organisé dans la Vraie Economie, entre les Cercles.

 

Aussi, que les Cercles d'Activité travaillent ensemble implique qu'ils doivent fournir une partie de leur production aux autres Cercles, ou recevoir des fournitures d'autres Cercles. Ces productions sont gérés de la même manière que donner ou de recevoir des individus: comme Non-échange entre les Cercles.

 

 

Une autre revendication commune des mouvements alternatifs est la notion d'échelle humaine, qui permettrait les petites structures et interdirait les grandes. Cette idée est souvent soutenue par des affirmations comme quoi les grandes entreprises et les gouvernements seraient intrinsèquement mauvais.

Cependant, pour une personne psychoéduquée, avoir de grosses responsabilités ne crée pas de problème particulier: il suffit de considérer cette activité comme Non-Action, comme un service à la communauté, tout comme pelleter du gravier sur une route ou balayer une chambre.

Mais la Vraie Economie a une réponse spécifique au problème des grandes structures: il suffit de remarquer que, plus une structure est grande, plus spécialisée elle est. Par exemple, nous avons de petits mais nombreux groupes agricoles, de plus grands groupes de construction et de transports mais toujours locaux, de plus grands groupes de sidérurgie et des groupes de circuits intégrés très spécialisés avec seulement quelques personnes. Ajoutons à cela que, à chaque échelle, nous avons plusieurs, ou même de nombreux groupes exerçant des activités complémentaires.

Cela fait que chaque groupe reste plus ou moins à l'échelle humaine.

La seule chose qui n'est pas logique serait une entreprise agricole globale possédant de grandes surfaces de terres et nourrissant des milliards de personnes. Cela ne peut arriver dans la vraie Economie, et c'est de toutes façons une terrible tentation du pouvoir.

 

J'affirme que cette structure est fractale.

Il est intéressant de noter que j'ai trouvé cette structure fractale et sa propriété d'auto-similitude en 1974 ou 1975, alors que la notion de fractale n'a commencé à apparaître dans les revues scientifiques que plusieurs années après. Mais je ne peux pas prétendre avoir découvert les fractales, car je n'ai pas généralisé l'idée, ni trouvé leur définition mathématique.

Ce qui rend la structure fractale précieuse pour l'économie, est une importante propriété des fractales: l'auto-similitude (dans ce cas quasi auto-similitude), où chaque échelle reproduit les structures des autres échelles. Cela conduit à une propriété importante de la structure fractale de la Vraie Economie: toutes les échelles sont l'échelle humaine. A condition, bien sûr, que l'augmentation de leur portée géographique soit compensée par une réduction correspondante de leur champ d'activité technique ou social. C'est facile à mettre en œuvre.

Bon, cette démonstration peut sembler abstraite pour les non-mathématiciens. Alors j'en donne une autre: à chaque échelle de l'économie, les personnes exerçant une activité doivent interagir étroitement avec environ le même nombre de personnes, pour environ le même volume de travail et de demandes. Et, étant donné que les grands groupes sont plus spécialisés, le pouvoir qu'ils donne sur les autres n'augmente pas: les décisions affectent davantage de gens, mais dans un domaine plus restreint. Une situation qui poserait réellement problème serait quelque chose comme une société agricole possédant les terres d'un pays entier. La charge administrative serait sans commune mesure avec le résultat, et en tout cas une trop grande tentation de pouvoir egotique sur les autres. Bon plan pour une secte, mais pas de ça dans la vraie Economie. C'est précisément pour éviter l'apparition de ce genre de situations que nous avons étudié au chapitre VI-3 comment éviter les dépendances. Eviter les dépendances et les concentrations de pouvoir sont à la racine de la Vraie Economie.

 

Les comités de normalisation des formats électroniques et des langages Internet constituent un exemple croissant de Cercles d'Activité n'impliquant qu'un petit groupe de travailleurs, mais dont le bénéfice atteint librement des milliards d'utilisateurs. Il est toutefois dommage que les besoins de ces utilisateurs sont souvent ignorés, ce qui entraîne des normes compliquées qui ne sont pas facilement appropriables par tous (exemple: le cauchemar du CSS pour la mise en forme des pages Internet).

 

Il est à noter que ces comités de normalisation seront d'une importance capitale pour la gestion de la société mondiale en Vraie Economie. La raison en est que certaines activités, comme la construction d'avions, d'engins spatiaux, de grands ponts, la recherche médicale, etc sont tellement complexes qu'ils ne peuvent pas être entrepris par un groupe ou structure unique. Même les capitalistes d'aujourd'hui ne le font pas, se basant plutôt sur des réseaux complexes de sous-traitants et d'organismes de contrôle et de certification. Dans la Vraie Economie, les mêmes besoins surviennent, et de même, la réponse ne sera pas de grands Cercles d'Activité avec beaucoup de pouvoir. Au lieu de cela, la Vraie Economie cherche à interfacer tous les petits groupes travaillant pour un grand projet. Cette interface ne peut que prendre la forme de normes, méthodes et évaluation/contrôle de la qualité. De sorte que lorsqu'on effectue l'assemblage final de par exemple un avion de ligne, toutes les parties joignent convenablement, et toutes ont le niveau de qualité requis. Si les capitalistes peuvent le faire, nous pouvons également le faire, je pense. Ces exigences sont moins strictes dans les activités locales telles que la construction de maisons, mais il y en a encore besoin, sinon ces maisons vont s'effondrer sur la tête de leurs habitants.

Ayant travaillé dans des domaines de haute technologies comme l'aviation ou l'espace, j'ai trouvé intéressant de concevoir des choses dans cet environnement étroitement normalisé. Pas de place pour le flou ou l'approximatif! En revanche, j'ai trouvé ridicule de voir des militants «écologistes» incapables de monter une tente correctement, infichus de mélanger du béton, confondant l'aluminium avec le fer, ou des adeptes du «Nouvel Age» dénonçant un «nouveau catéchisme» quand j'ai commencé à parler d'organiser notre travail. Pauvres gusses, même un tipi doit être fait selon les règles, sinon quand vient la pluie vous devrez retourner à l'Agence pour l'emploi.

Local comparé à global

C'est la mode dans les mouvements sociaux les plus courants d'agir de manière locale, préférer les produits agricoles locaux, etc. En revanche, les entreprises et les gouvernements pensent que la mondialisation et les organisations mondiales conviennent mieux à leurs fins.

Les deux points de vue ont des avantages et des inconvénients.

Local est bon pour ce qui affecte directement notre soutient de vie, la culture ou les personnes que nous connaissons: agriculture, bâtiment, collectivité, etc.. Mais le local ne peut pas appréhender la haute technologie, les transports, Internet, la science, l'exploration spatiale, etc. De sorte que le local nous lie à un faible niveau technologique, et même à l'isolationnisme. Quoique dans un monde où la communication Internet et les mondes virtuels remplacent de plus en plus les voyages réels, les mondes virtuels et la réalité augmentée permettront une communication très appropriable, avec un volume relativement faible de matériel de haute technologie par personne.

Global a les avantages et les inconvénients opposés: bien meilleur dans la gestion de la haute technologie, la science, l'exploration spatiale, etc. Toutefois, dans le système de l'argent, global crée un pouvoir énorme, et beaucoup de gens pensent que la nouvelle noblesse financière et leur clergé médiatique favorisent la mondialisation dans le but de créer un pouvoir mondial totalitaire dépassant les gouvernements démocratiques (voir section VII). Et il ne faut pas se laisser cacher la vérité par toute la désinformation amplifiante des théories conspirationnistes: cette possibilité est très réelle.

 

La structure fractale de la vraie Economie ne nous lie à aucun des deux. Ce qui fait que nous pouvons prendre les avantages des deux, sans aucun des effets indésirables.

Par exemple une personne peut vivre dans une sorte de ferme, y partager un travail physique, s'occuper des enfants, tout en étant aussi présente dans un monde virtuel, gérant des projets de haute technologie ou concevant des composants spatiaux. Je dois avouer que ce serait le bonheur idéal pour moi. Pour beaucoup aussi, je pense.

 

Comme dit l'adage écologiste des débuts: agir localement, penser globalement. Ce qui, dans les années 1970 était juste une ligne directrice spirituelle, peut devenir un réel moyen de gérer la vie locale ou des projets mondiaux, grâce à Internet et d'autres méthodes de communication, grâce aussi à la structure fractale de la vraie Economie. «Le travail physique local, le travail intellectuel dans le monde». Bonne devise pour une société de Vraie Economie.

Le traitement des contrats par la Vraie Economie

Les contrats sont des engagements juridiques ou formels forçant plusieurs parties à un comportement donné, sous peine de rétorsion ou de punition. Comme la Vraie Economie absolue repose sur la Non-Action, il n'y a aucun besoin d'eux, et toute personne qui prend un engagement informel à faire quelque chose, va le faire, à moins que des circonstances défavorables l'en empêchent. Si la personne devient incapable de tenir son engagement, alors c'est une question qui doit être discutée dans le groupe, pour trouver un remplaçant.

Dit autrement, le seul engagement «dur» est de rester dans le Non-ego et la Non-Action. C'est encore informel, mais les personnes ne voulant pas le faire risquent au minimum l'expulsion du groupe, voire de l'ensemble de la Vraie Economie.

Le traitement de la propriété et des dépendances par la Vraie Economie

Nous avons étudié au chapitre VI-3 comment traiter les dépendances, que l'on dépende d'autres autres personnes, ou de la terre, d'une maison ou d'une production, voire la dépendance des jeunes, handicapés, malades ou vieux. Puisque tout le monde n'est pas capable de travailler, tous les Cercles d'Activité comprendront des handicapés, des enfants, des vieux, etc. en tant que bénéficiaires de plein droit de leur production. Ces personnes seront traitées comme les autres, sans leur faire sentir qu'ils doivent quelque chose au groupe, qu'elles seraient inférieures, ou qu'elles devraient rembourser d'une manière ou d'une autre. La seule manière légitime selon laquelle elles peuvent rembourser ce soutien, est d'être des membres sympa et agréables, se comporter en Non-Action et en Non-Echange.

 

Aussi bien la Vraie Economie absolue que relative refusent totalement toute dépendance ou catégories de personnes qui seraient créés artificiellement, que ce soit sur des critères fumeux (idéologie, clan, noblesse, «honneur») ou réels (pays, race, lieu de vie, vêtements, couleur de cheveux...).

 

La Vraie Economie Absolue ne reconnaît pas la propriété formelle des terres ni des moyens de production. Même la propriété intellectuelle formelle est limitée à la reconnaissance de paternité et à la protection contre les déformations. Au lieu de cela, la Vraie Economie absolue reconnaît les situations de dépendance résultant du besoin de terre, de moyens de production, de logement et d'objets, de concepts et d'informations. Comme expliqué dans le chapitre VI-3, d'après les fondements de l'éthique, ces situations sont résolues en donnant aux personnes dépendantes le contrôle des ressources dont elles ont besoin. Si cela ne suffit pas, des tierces parties peuvent aider avec abnégation et neutralité, comme les parent envers les enfants, ou les infirmières vers des handicapés.

 

Encore une fois, la Non-action conduit le cours de... l'action: les dépendances sont juste des situations qui se produisent, et auxquelles nous devons trouver des solutions. La seule idée de profiter de personnes dépendantes est juste un excrément de l'ego, sur lequel il faut tirer la chasse dans tous les cas. D'après les fondements de l'éthique (chapitre VI-2), la solution est d'aide et la réparation envers les personnes handicapées, jeunes, etc. et le contrôle des ressources par ceux qui en ont besoin.

La Capacité de Vraie Economie et la Confiance en la Vraie Economie

Ces importantes définitions sont étalées un peu partout dans ce chapitre. Mais, étant donné leur importance, je les rassemble ici:

 

La Capacité de Vraie Economie est notre capacité individuelle à nous comporter en Vraie Economie, en tant que membre loyal de celle-ci. Ce n'est pas un titre ou une dotation, mais une réelle capacité intellectuelle et psychologique:

-Comprendre la Vision de la Vraie Economie absolue

-La tenir comme supérieure à n'importe quel système d'économie égocentrique

-L'intention sincère d'appliquer cette vision, soit absolue soit en transition,

-La capacité psychologique qui résulte de la psychoéducation (chapitre V-12) de maîtriser nos tendances névrotiques et égotiques (ce qui manquait aux communautés hippie pour réussir).

Il s'agit d'une capacité de faire les choses, tout comme être handicapé est un manque de capacité à faire des choses.

Ce n'est pas d'un privilège, mais d'un devoir. D'éventuels systèmes de reconnaissance ne doivent pas créer des privilèges arbitraires et surtout pas de fausse reconnaissance.

En fait il n'y a aucune méthode de reconnaissance parfaite, mais la plus connue est une évaluation psychologique. La plus pratique est l'épreuve du temps.

 

La Confiance en la Vraie Economie (dans le système) est la connaissance et le sentiment que la Vraie Economie peut fonctionner, dès que toutes les conditions sont réunies, et que les personnes le font sincèrement. L'attachement et le conformisme social ne comptent pas.

 

La Confiance en la Vraie Economie (dans les personnes) est le fait d'être à l'aise avec d'autres personnes, ou de leur faire confiance:

-Quand nous intégrons un groupe (Cercle d'Activité)

-Quand un groupe (Cercle d'Activité) accepte un membre.

Nous avons généralement besoin d'une plus grande confiance quand nous allons vers la Vraie Economie Absolue, puisqu'il y a peu ou pas de garanties, et le préjudice peut être bien plus grave si une personne se comporte mal.

 

Dans la pratique, ces deux types de confiance augmenteront progressivement, au fur et à mesure que l'on découvre les gens et leur historique de comportement.

La Vraie Economie et la spiritualité.

D'après le quatrième fondement de l'éthique (chapitre VI-2), toute personne spirituelle illustrera parfaitement n'importe quelle religion ou spiritualité en utilisant les méthodes de la Vraie Economie.

Cependant cela n'arrive pas par la simple adhésion à une opinion. Non seulement cela ne suffit pas, mais en plus c'est dangereux.

La capacité à la Vraie Economie est une condition obligatoire, qui peut être définie comme la capacité psychologique ou spirituelle à nous comporter naturellement selon la Non-action et le Non-ego, sans effort et sans se sentir frustré de nos désirs égoïstes. Nous pouvons y arriver quand nous éradiquons (ou contrôlons) nos névroses et notre égocentrisme, de sorte que nous ne ressentons plus le désir de nous comporter de l'ancienne manière égocentrique (ou du moins ce désir est contrôlable).

Et cela se produit uniquement avec une certaine quantité de travail psychologique ou spirituel, appelé psychoéducation (chapitre V-12). Pour la Vraie Economie relative, un entraînement de base et l'apprentissage des principes est suffisant. Quelques années de méditation et de visualisation positive sont nécessaires pour la Vraie Economie absolue. Il est à noter que toute personne normale peut le faire. C'est plus difficile que d'éradiquer une névrose telle que le racisme, mais beaucoup moins difficile que de devenir un saint ou de sourire tout en s'immolant par le feu.

De sorte que s'engager dans la Vraie économie est un choix, qui devient effectif lorsque nous accomplissons avec succès la quantité nécessaire de nettoyage de névroses ou de contrôle de l'ego. Les gens sont libres de ne pas faire ce choix (de ne pas effectuer et terminer le travail spirituel nécessaire). Toutefois, lorsqu'ils utilisent cette liberté, ils perdent la liberté de s'amener pour semer la pagaille dans les lieux et les groupes de la Vraie Economie. C'est bien ainsi que fonctionne un choix: nous allons dans une direction, et pas dans l'autre.

 

Quand on parle de Vraie Economie, il faut bien comprendre que les pires ennemis ne sont pas les capitalistes. Ce sont certaines théories du développement personnel ou du Nouvel Age, affirmant que nous devons être totalement libres de faire tout ce que nous désirons. Cette approche est si tentante, mais une illusion extrêmement dangereuse, quand nous ne contrôlons pas nos névroses: ce que nous pensons être «notre volonté» ou «notre désir» ne sont alors que des impulsions électriques aléatoires dans nos neurones, résultant du seul fonctionnement matériel de ces neurones (voir la partie 5 sur la conscience et au chapitre VI-5 comment surgissent les fantasmes sexuels), qui se produisent dans le mépris le plus total des conséquences heureuses ou douloureuses. Prêter attention à ces trucs est la meilleure façon d'accomplir des actions totalement absurdes et dangereuses, dont nous sommes souvent les premières victimes (drogues, paresse...). Un aller simple pour l'enfer, sans passer par la mort. (Je l'ai souvent vu moi-même, quand ce genre de personnes arrivent quelque part, elles commencent par poser leur sexe sur la table commune, s'emparent de la nourriture, donnent des ordres à tout le monde, posent partout des étiquettes «bon» ou «mauvais», et se mettent fort en colère quand on leur demande de prendre soin de quelque chose. Et bien sûr ils confondent Non-Action avec littéralement ne rien faire!) Les politiciens «de gauche» sont aussi des adversaires considérables, en raison de leurs réductions intellectuelles et de leur hostilité active envers les méthodes spirituelles pour la construction de la capacité à la Vraie Economie.

Pour cette raison, je n'envisagerai que les seules tentatives impliquant une forme de spiritualité, qui doit être non-ego, œcuménique, ouverte et non sectaire. Les autres sont libres, mais sous leur propre responsabilité. Portez un gilet de sauvetage, les gars. Oh, bon, n'en portez pas, si vous pensez que cela va diminuer votre «liberté».

Le travail spirituel sur la motivation

Une des méditations les plus élémentaires dans tout travail spirituel est d'éveiller et maintenir la bonne motivation pour la pratique spirituelle, et plus généralement dans toute notre vie (puisqu'une spiritualité déconnectée de notre vie et comportements réels ne serait qu'un rêve, ou une vie matérielle sans lien avec la spiritualité serait juste de l'esclavage).

A la base, ces méditations sont des visualisations des conséquences de nos actions, bonnes ou mauvaises. Bien sûr ces visualisations doivent être assez réalistes, et inclure les émotions, les nôtres et celles des bénéficiaire ou des victimes de nos actions. Ceci suffit pour que la compassion s'élève spontanément dans nos esprits (étant donné que la compassion est une propriété intrinsèque de la conscience, voir chapitre V-5).

Dans le domaine de l'économie, du travail et de la consommation, la compassion se traduit par le désir d'aider. Ce désir nous permet de nous engager facilement et avec plaisir dans une activité utile, ce que nous appelons ici la Motivation de Vraie Economie. Des effets collatéraux fréquents sont une motivation pour construire un monde plus beau, respecter l'écologie, favoriser la paix, etc.

Cela fonctionne très bien, pour changer notre personnalité et y apporter de nouvelles tendances (en clair: faire de nous une meilleure personne).

Mais cela fonctionne également très bien dans l'immédiat, à l'échelle de l'heure: méditer avant de s'engager dans un travail est un coup de pouce très efficace pour notre esprit, ou pour surmonter l'ennui et la paresse. Fêtes et célébrations collectives sont également des aides puissantes, pour construire un esprit de groupe et mieux connaître les gens. C'est pourquoi ces choses sont si communes dans le monde entier et à toutes les époques, sauf dans nos sociétés occidentales masochistes (être saoul ou écouter de la musique bruyante ne compte pas comme célébration).

Un problème commun qui se produit dans la méditation est qu'à un moment, la méditation devient une corvée, et il devient très difficile de rester dedans. Les Tibétains appellent ça «avoir le loung», et c'est la même chose que l'épuisement professionnel, ou «burnout», pour les personnes avec une lourde charge de travail et de responsabilité. Cela arrive parce que notre esprit (probablement notre cerveau) déteste faire toujours la même chose, et nous avons besoin de plus de variété, et aussi d'un certain temps de repos ou d'activités «inutiles». Une fois ceci fait, la concentration sur notre activité principale revient spontanément.

Enfin, une partie importante de notre motivation provient de notre reconnaissance sociale par les autres, et par l'énergie que nous recevons d'eux (chapitre V-17). C'est en fin de compte la raison pour laquelle la Vraie Economie est inséparable d'une meilleure société, plus heureuse, comme nous le voyons au chapitre VI-14. Nous avons clairement besoin d'une société où les gens nous accueillent et nous encouragent, qu'il s'agisse d'un conjoint, de voisins, de collègues, des populations locales, des administrations ou du gouvernement.

Section III

La Vraie Economie de Transition.

Introduction

Beaucoup diront que les idées présentées dans la section précédente sont «impossibles» à mettre en pratique, ou qu'elles vont trop loin, ou qu'elles ne pourront se produire que dans des milliers d'années, avec une humanité meilleure. Je considère tout cela comme des mensonges, car il suffit de pratiquer un peu d'entraînement de base de psychoéducation pour être en mesure de le faire en quelques années.

Toutefois, en raison des idéologies matérialistes dominantes d'aujourd'hui, le manque d'entraînement en psychoéducation est un véritable problème, touchant la plupart des gens et les rendant incapables de s'engager vraiment dans la Vraie Economie pure. Il nous faut donc tenir compte de cette situation, et proposer des moyens pratiques pour que les gens névrosés soient tout de même en mesure de s'engager dans des pratiques utiles et efficaces. C'est le but des nombreuses méthodes de Transition proposées par Vraie Economie.

Le principe de la Transition

Le principe de la Vraie Economie de Transition est de se comporter comme dans la Vraie Economie Absolue, tout en utilisant des incitations et des garanties plus classiques pour compenser le manque de véritable Motivation à la Vraie Economie, ou de Capacité à la Vraie Economie. En langage plus familier, si les gens veulent faire des choses comme des Cercles d'Activité, mais ne sont pas assez motivés pour travailler gratuitement, ou pas suffisamment confiants pour offrir le fruit de leur travail, alors ils peuvent utiliser des incitations classiques, comme les salaires, et des garanties classiques comme la propriété, l'argent, etc., de telle façon que leur comportement imite celui de la Vraie Economie.

 

Plusieurs fausses vues peuvent surgir ici.

Tout d'abord, se revendiquer de la Vraie Economie de Transition, tout en n'ayant aucune intention d'évoluer vers la Vraie Economie Absolue. Pour cette raison, les gens doivent commencer par être d'accord avec la Vision Absolue exacte et complète (Au lieu de la considérer «impossible», «utopique» ou «pour l'avenir» et autres excuses nullardes). Puis, une fois seulement que les gens veulent sincèrement la Vision Absolue, mais qu'ils pensent qu'ils ne disposent pas suffisamment de Confiance ni de Capacité à la Vraie Economie, alors ils peuvent se mettent d'accord ensemble pour les garantie dont ils ont besoin, et dans quelles proportions: échange conditionné (salaires ou ventes), propriété, contrats, structures, qu'ils jugent dont ils ont besoin pour se livrer à une activité donnée, de manière à se comporter toujours aussi près que possible de la Vision de la Vraie Economie Absolue. Ceci est la seule façon honnête de se dire de Transition.

Une transition est vers quelque chose, non? Si nous prétendons être une transition du capitalisme vers la Vraie Economie, mais qu'il n'y a que du capitalisme déguisé, alors ce n'est même pas une transition du tout.

 

Une vue fausse plus subtile serait de dire que l'utilisation de garanties est encore de la Vraie Economie absolue. Ce qui serait équivalent à dire que d'être dans un fauteuil roulant est comme se promener librement dans une forêt. A la limite, de justifications en compromis, les pratiques d'entreprise les plus perverses seraient appelés de la Vraie Economie! Tout comme cela s'est passé avec le green washing, où même les destructeurs les plus directs de l'Environnement prétendent être verts.

 

Encore plus tordu, certains diront qu'ils sont d'accord avec la Vision Absolue, mais ils ne feront pas d'effort de psychoéducation pour devenir capable de l'incarner, se contentant de profiter de la Transition pour obtenir des produits gratuits. Comme disait Tartuffe...

Je dis cela parce que je sais que beaucoup vont mettre la Vision Absolue sur un autel, l'honorer et l'entourer d'or, mais ils ne la toucheront jamais (ne feront jamais d'effort de psychoéducation). Ce qui ne serait évidemment pas de la Transition, mais juste une nouvelle sorte de bigoterie. (Et de faits c'est comme ça que la bigoterie religieuse a commencé: brandir une vision très haut, tout en trouvant des excuses pour ne pas la mettre en pratique. Nous n'avons clairement pas besoin de recommencer ça)

 

Seulement quelque chose qui aide significativement les gens à améliorer leur comportement réel, en direction de la Vraie Economie Absolue, peut prétendre être de la Vraie Economie de Transition.

 

Ce processus d'ajouter des garanties peut réussir ou échouer à maintenir la Vision (indépendamment de son succès économique). Cependant, si trop de garanties sont ajoutés, ou si les gens ne parviennent pas à se comporter selon la Vision, il y a un moment où ils doivent honnêtement renoncer à leur étiquette «Vraie Economie».

C'est ce qui est arrivé avec les groupements d'achat d'aliments biologiques dans les années 1970 en France, qui pouvaient être considérés comme des Cercles d'Activité à répercussion des coûts (De fait, j'ai eu beaucoup d'inspiration et d'expérience pratique avec eux, pour trouver la Vraie Economie). Cependant, beaucoup n'ont duré que quelques années, tandis que les équipes survivantes ont fondé des coopératives, qui sont aujourd'hui les supermarchés d'aliments biologiques. Dans le processus, ils ont été fidèles à leur objectif écologique positif, et ils ont réussi économiquement. Mais ils ont manifestement perdu leur statut de Vraie Economie. Ayant été témoin de la façon dont ça s'est passé, je peux donner quelques conseils utiles:

-Avoir un entraînement en psychoéducation réel (qui peut être de toute forme: jeu de rôle, psychologique, religieuse, spirituelle...)

-Avoir une direction spirituelle, pour maintenir un groupe impliqué et supporteur pendant des années

-Que les détenteurs de la Vision aient suffisamment de leadership social, pour enlever tout pouvoir aux individus négatifs (Les Drama queens, les opiniâtres, les sociopathes et les extrémistes effrayent et chassent les gens normaux, et pratiquement tous les échecs se sont produits à cause des conflits et des problèmes qu'ils ont créés. Donc, les enlever est une exigence certes contingente, mais très stricte). Ce contrôle ne doit cependant pas se faire au détriment de la diversité des gens.

Cela explique pourquoi ce sont surtout les religions et la spiritualité qui prennent la tête de l'innovation sociale dans ce 21ème siècle spirituel (2015), tandis que les tentatives d'infiltration par l'extrême gauche et les anarchistes dans les années 1980 ont laissé le domaine des alternatives sociales/économiques ravagé et toxique comme un ancien champ de bataille la Première Guerre Mondiale.

Les garanties

Nous pouvons proposer de nombreuses structures de Vraie Economie de Transition, qui vont démontrer concrètement la valeur de l'idée. La Motivation de Vraie Economie peut s'élever de cette situation.

 

Avant de commencer, nous avons vu dans la première section que les personnes non-égotiques n'ont pas besoin d'un quelconque système, mais aussi qu'ils peuvent s'accommoder de n'importe lequel. Comprenons que la Vraie Economie peut encore fonctionner dans n'importe quel système existant de lois, d'argent, de contrats, de structures, de rôle de l'État, etc., tout en n'ayant pas besoin d'eux. Ceci a une conséquence pratique importante: il est inutile de faire une révolution, ou en aucune façon de forcer les gens à changer la façon dont ils se comportent, ni les structures où ils vivent. Cela fait que nous pouvons nous concentrer sur l'essentiel: la construction de la Motivation de Vraie Economie, et de la Capacité à la Vraie Economie. Quand les gens en auront suffisamment, ils abandonneront spontanément les structures inutiles.

 

Il y a une variété de garanties qui peuvent être ajoutées. La plupart ne sont rien d'autre que les garanties utilisées depuis des temps immémoriaux par la société capitaliste, quoique utilisés à des fins totalement différentes: pour protéger l'effort collectif, plutôt que de servir certains egos. Voyons-en quelques-unes:

Les Cercles d'Activité avec comptabilité considèrent le mérite des gens, pour éviter les abus tels que certains qui prenant trop, ou qui ne donnent pas assez. Les méthodes peuvent être du troc, des tickets, la planification, etc. L'inconvénient évident est que la notion de mérite peut être utilisée pour des discriminations, ou pour réintroduire des buts égocentriques.

Un Cercle d'Activité à répercussion des coûts achète quelque chose en groupe, et le revend à ses membres. Dans la forme la plus simple, c'est juste un groupement d'achat (comme les groupements d'achat d'aliments biologiques dans les années 1970, que j'ai vu). Dans une forme plus sophistiquée, il peut y avoir transformation, ce qui implique du travail et des outils de production. Mais ce qui le différencie des coopératives est que ce travail est toujours gratuit (sans salaire). A l'extrême limite, il peut y avoir certains emplois-clé payés à des taux normaux, comme la comptabilité. Mais cela ouvre la possibilité d'une personne faisant plus de bénéfices que la simple rémunération de son travail, ou retenant des informations importantes.

Une coopérative gérée par des utilisateurs, avec des salariés.

Des structures telles que les coopératives, les kolkhozes et l'autogestion, ne sont pas en eux-mêmes de la Vraie Economie, même de Transition. La raison est que les gens cherchent toujours à obtenir un profit de leur travail, en le vendant, tout comme une entreprise. Cependant, ils sont encore une réappropriation intéressante de l'économie par les gens de base, au lieu de sa confiscation par la finance. À noter que, malgré la chute de l'URSS, la plupart des kolkhozes fonctionnent toujours, sous d'autres noms, preuve de la popularité, l'utilité et la durabilité du concept. Et qu'une société non-egocentrique a tout de même une certaine efficacité à éduquer les gens, une observation qui valide l'idée le la Vraie Economie de Transition.

Un Kibboutz intègre la production économique et une communauté vivante dans une seule unité. Comme expliqué dans la Vision, ce n'est pas une exigence de la Vraie Economie, même si il y a un fort besoin culturel/social/écologique d'avoir des lieux de vie proches des lieux de travail, souvent dans une seule unité. Le statut des kibboutzim est flou, puisqu'ils travaillant de manière non-égocentrique pour leurs propres besoins, tout en vendant aussi à l'extérieur.

Ashrams, monastères et autres communautés religieuses subviennent souvent à leurs besoins par une certaine quantité de travail gratuit, donné pour la réussite de l'objectif commun. En plus, ils offrent un travail spirituel qui permet aux membres de créer la la Motivation et la Capacité à la Vraie Economie. La direction d'un maître spirituel garantit également contre les troubles sociaux, conflits etc.. Cependant il y a eu de nombreux cas de sectes prétendant être des ashrams, de sorte qu'une simple déclaration n'est clairement pas suffisante.

Un Cercle d'Activité par abonnement est un groupe d'utilisateurs qui réunissent les fonds nécessaires pour démarrer une activité, ou atteindre un objectif. Cela inclut bien sûr des matières premières, des outils, et des salaires si les gens demandent cette garantie. Lorsque assez d'argent est rassemblé, alors le travail peut commencer. Lorsqu'il est terminé, la production finie est distribuée à ses futurs utilisateurs. Ce peut être en proportion de l'abonnement, ou autrement, selon l'accord préliminaire. Ce peut aussi être pour la charité, la recherche scientifique, etc., de sorte que la richesse qui en résulte va à des personnes autres que les abonnés, ou même elle est offerte gratuitement à tout le monde.

Cette structure est l'une des plus intéressantes, qui nécessite peu de Capacité à la Vraie Economie, et qui peut marcher tout de suite dans le système actuel, dès que suffisamment de gens se rassemblent pour le faire.

Bien sûr, quand j'ai d'abord décrit cette idée dans mon livre (1997), elle fut jugée «utopique». Mais maintenant cette idée est en train d'émerger rapidement dans la société en général (depuis environ 2010), sous les diverses formes du crowdfunding et des finances alternatives. Cependant, décider si c'est de la Vraie Economie de Transition ou pas, dépends fortement des méthodes utilisées, et surtout de la finalité: servir des gens, ou gagner un bénéfice.

Un des exemple les plus connus est le récent projet Mars One (2014) pour réunir suffisamment de fonds pour envoyer des colons sur Mars. Malheureusement, cet exemple illustre plutôt la mauvaise utilisation de la méthode: collecter de l'argent (et le gaspiller dans des études, la collecte de fonds, etc.) pour un projet qui a très peu de chances de jamais arriver à son but.

 

Vous avez probablement remarqué que je ne fournis pas de critères ou limite précise entre Vraie Economie de Transition et l'économie classique. La raison principale est que cette limite est floue, dans le sens de la logique floue (chapitre I-3). Et de toute façon, les gens trouveront une grande variété de méthodes pour s'approcher doucement de la Vision. Et effectivement, maintenant que les choses commencent à bouger (2015), nous voyons beaucoup de nouveautés, certaines même que je n'avais pas du tout prévues.

Un des critères plus précis reste toutefois l'intention de réaliser un profit ou non. Mais à la limite, nous pourrions avoir des dirigeants d'entreprises classiques qui poursuivent un but non egocentrique avec les moyens classiques des capitalistes.

Le meilleur critère serait d'adhérer totalement à la Vision de la Vraie Economie. Les gens qui prétendent d'être transitoire, tout en disant que la vraie Economie est utopiste, irréaliste, que les gens «ne le feront pas», ou que «c'est contre la nature humaine», etc. ne sont pas de la Vraie Economie du tout, parce qu'en faits ils s'opposent à la Vision.

En tout cas, monopoles, jeux d'argent, spéculation, escroqueries, porno ou tripotage de la conception, esclavage, ne peuvent jamais prétendre être n'importe quelle sorte de Vraie Economie.

Vraie Economie de Transition, lois et taxes.

La Vraie Economie, Absolue ou Relative, est l'avenir, ce qui arrivera de toutes façons un jour. C'est tout de même un bien meilleur service à rendre à la société que de maintenir des formes obsolètes de recherche du profit individuel. Pour cette raison, les lois ne peuvent pas l'interdire ou la supprimer. Au contraire, la loi se doit de la protéger (contre les escrocs ou les fauteurs de troubles se faisant passer pour elle) et la faciliter (en fournissant des structures appropriées).

Aujourd'hui (2015) tout va à peu près dans cette direction. La raison en est que les législateurs cherchent plutôt à réprimer des choses comme les escroqueries, l'évasion fiscale, le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme, etc. une préoccupation que tout acteur sérieux de l'économie alternative partage avec eux. Il y a toutefois quelques gaffes, comme récemment (2015) l'imposition aveugle de tout l'argent des mondes virtuels comme un revenu.

Le problème le plus grave serait toutefois que le travail dans la Vraie Economie Absolue soit taxé comme un travail rémunéré. Bon, il est inévitable que la Vraie Economie contribue également au financement des collectivités classiques, à moins qu'elle ne commence à organiser sa propre sécurité sociale, ses réseaux routiers, etc.. Les taxes arriveront donc. Toutefois, elle ne peut pas être imposée en argent. De sorte que ces taxes seraient plutôt des travaux d'intérêt public ou de la production... si on se souvient bien le l'Histoire: c'est sous ce prétexte que les membres de la communauté brésilienne Cecilia ont été mis en travail forcé, et finalement enrôlés de force dans l'armée pour la guerre. Ainsi, les choses ne pourront se faire correctement que dans une société mixte section suivante IV) où la Vraie Economie est acceptée de plein droits comme une partie de la société, et encouragé au lieu de dénigrée comme aujourd'hui.

 

Un autre point où le droit est sérieusement en rade, est que travail bénévole n'est pas compté dans le calcul de la retraite, de la sécurité sociale, etc. (personnellement, je suis une victime de ces discriminations: 5 ans sans sécurité sociale, et maintenant une retraite minable). OK, vous avez besoin de discours juridiques et de papiers, mais s'il vous plaît corrigez cela rapidement. Parce que nous, dans le monde réel, c'est de nourriture dont nous avons besoin.

Libre échange équitable

Ajouté le 28 Décembre 2016, suite à l'actualité des négociations des traités transatlantiques par l'Union Européenne

Le libre-échange consiste à permettre des échanges commerciaux libres entre les pays, sans barrières ni taxes. Il présente de nombreux avantages, par rapport au protectionnisme, où de lourdes taxes sont imposés sur les produits importés, limitant le commerce international. Pour cette raison, il existe aujourd'hui de nombreux accords de libre-échange dans le monde, et d'autres apparaissent.

Cependant, le libre-échange a aussi des inconvénients: nuisible aux entreprises locales, effets douteux sur l'écologie et sur le social. Ces effets néfastes peuvent prendre des dimensions catastrophiques lorsque les pays connectés ont des taux de change inégaux ou des taux de rémunération inégaux. Voir seulement les avantages, et ne pas tenir compte des inconvénients, fait du libre échange une idéologie, tout comme le marxisme. Dans certains cas, les accords de libre-échange sont délibérément mauvais, comme pour l'Union européenne, qui devient de plus en plus un simple moyen de contention pour administrer des fessées d'austérité sadomasochiste aux peuples d'Europe, ou les récents traités transatlantiques qui ont provoqué la colère du grand public avec des histoires dingues de tribunaux inquisitoriaux secrets contre l'écologie ou le social. (Il faut aussi considérer ici la privatisation des entreprises. Même si ce n'est pas la même chose que le libre-échange, les deux impliquent en gros les mêmes problèmes et réponses, ce qui fait qu'on peut les traiter ensemble.)

 

L'idée de ce sous-chapitre est d'établir un modèle de base pour les accords de libre-échange locaux ou mondiaux, dans le cadre d'une économie non psychoéduquée (capitalisme), mais en utilisant les méthodes de cette section IV sur la Vraie Economie de transition dans une société mixte.

 

Pour commencer, il faut être conscients des limites du libre-échange:

-Ce qui ressort des droits humains fondamentaux, comme la santé

-Des choses comme le problème de la ligne de train non rentable: une entreprise privée va la fermer... et ruiner toute une région. Ou bien, les économies accomplies par l'état en fermant un petit bureau de poste, créent en fait des dépenses plus élevées pour les habitants du lieu. Ainsi ce genre de problème peut être un motif légitime pour l'état intervenir: nationaliser, exempter de taxes, ou subventionner l'entreprise pour garder ces services en vie.

-Des pratiques qui au contraire sont rentables pour les entreprises, mais qui engendrent de lourdes pertes pour l'ensemble de la société, comme l'énergie fossile ou l'énergie nucléaire.

Ces limitations sont raisonnables, car elles apportent des exceptions aux principes du libre-échange, fondées sur l'intérêt général, au contraire d'une application idéologique des principes de libre-échange à l'encontre du bien commun, c'est à dire contre les avantages du libre-échange lui-même.

 

Nous pouvons donc établir une liste de limites claires au libre-échange. Cela ne signifie pas que tout doit être nationalisé dans ces domaines, il y a encore place pour les entreprises privées. Mais dans ces domaines, les états doivent garantir que ces entreprises atteindront réellement leurs objectifs sans faillir.

-Les droits de l'homme doivent être garantis dans tous les cas: santé (sécurité sociale, allocations pour personnes handicapées), éducation (écoles, allocations familiales, psychoéducation), survie (retraites, revenu minimum, aide humanitaire), justice (tribunaux, police, droits des travailleurs)

-Les services de base, comme les transports, la communication et l'énergie, doivent être garantis par l'état, même lorsque qu'ils sont assurés par des entreprises privées.

-Protection de l'écologie, où les méthodes respectueuses de l'écologie peuvent être subventionnées, et les processus polluants taxés. Dans la plupart des cas, les subventions vont à la recherche et aux processus de transition (comme l'isolement des maisons). Mais l'état peut également aider à la reconversion des mauvaises entreprises (industrie pétrolière), ou passer des commandes à des entreprises vertueuses (centrales solaires). Ces concepts et outils juridiques peuvent être utilisés pour d'autres transitions, comme l'agriculture biologique ou la suppression de la viande.

-Emploi. Dans l'économie basée sur l'ego, les gens ont besoin d'un salaire pour être actifs. Mais aujourd'hui, il y a moins besoin de travail (et avec des robots cela va continuer). Alors la perte des salaires mène à la misère, même si les besoins sont remplis: les gens ne peuvent pas acheter la production disponible. Cela peut être un bon motif pour certaines actions spécifiques, comme favoriser les entreprises locales, recycler les emplois perdus dans d'autres activités, réduire le temps de travail, abaisser l'âge de la retraite, augmenter le revenu minimum, etc

Il est également possible de déplacer les personnes pour l'emploi, mais souvent les gens n'aiment pas ça. Pour cette raison, il peut être préférable de s'appuyer sur les migrations naturelles des gens, elle-même provoquées par de meilleures conditions de vie. Des conditions de vie meilleures déplacent les gens, et non le contraire.

-Les cultures locales et les exceptions culturelles. Souvent, des régions ou les milieux particuliers ont développé des modes de vie spécifiques, ou elles s'appuient sur une écologie, une économie ou des productions spécifiques. Nous pouvons les considérer comme des réserves, où des exceptions aux lois générales peuvent s'appliquer. Ces réserves peuvent être un lieu (comme avec les réserves indiennes, ou les réserves naturelles), mais elles peuvent également être un domaine, comme les arts.

-Les appellations d'origine contrôlée peuvent appliquer la même idée, non pas à des lieux ou à des communautés, mais à des produits spécifiques, sur la base de la méthode de production, du lieu de production, de la signification culturelle, etc. Ce procédé, ainsi que le précédent, peuvent fournir des outils juridiques couvrant pratiquement toutes les exceptions concevables au système de libre-échange ou aux privatisations.

-L'économie solidaire (aide humanitaire, interactions non-égocentriques, Vraie Economie) ne doit pas être entravée par les limitations du libre-échange et du capitalisme.

-Textes lisibles par tous. Ce sous chapitre peut fournir une base simple et claire aux accords de libre-échange. Toutefois de tels accords peuvent contenir beaucoup de détails. Ils doivent donc être organisés de manière logique et hiérarchisée, avec un index de recherche, et dans une langue compréhensible par les gens du commun. Il doit y avoir des liens hypertextes, menant à des concepts connexes, ou à un glossaire. Ce que nous ne devons plus voir, c'est par exemple une déclaration écologique généreuse, anéantie par de nombreuses exceptions cachées dans des lieux inattendus ou dans des détails juridiques.

-Pas de juridiction d'exception. Les litiges doivent être traités publiquement selon les méthodes standard du droit et les tribunaux ordinaires, en tenant compte de l'intérêt général (social, écologie). Les tribunaux nationaux doivent intervenir tant qu'il n'y a pas d'extraterritorialité (Comme il n'y a pas encore de droit clairement défini dans ce cas, il est préférable d'éviter l'extraterritorialité)

-Pour rester juste et profitable pour tous, le libre échange doit s'accompagner de mesures pour stabiliser et égaliser les taux de change, les rémunérations et les protections sociales. (De telles mesures ont été la cause du succès de l'Union Européenne, avant le sabotage par les politiques d'austérité)

 

Cette courte analyse peut conduire à un modèle de base qui peut être convenu et utilisé partout, tout en appréhendant sainement toutes les exceptions de détail possibles avec des outils juridiques simples et communs.

 

Preuve si il y en a besoin de l'utilité de ce sous-chapitre, pendant que je le rédigeais a été mise en ligne la Déclaration de Namur, à l'initiative de Paul Magnette, président de région en Belgique. Bien entendu les deux textes sont différents, et la Déclaration de Namur est plus technique (notamment sur le règlement des différends). Toutefois on peut considérer que les deux textes relèvent du même état d'esprit. J'ai ajouté ici le point sur les juridictions d'exception, d'après le travail de Magnette.

Bonnes et mauvaises lois sur les méthodes de transition

Ajouté le 22 Juin 2016:

Certains pourraient penser que la Vraie Economie de Transition a besoin d'une législation spécifique. Ceci peut être piégeux, et en finale l'entraver plus que de l'aider. Disons-le donc clairement: ces lois ne sont pertinentes et utiles que si elles reconnaissent la vision non-egocentrique (sans but lucratif) et les motivations en rapport (égalité sociale, entraide, etc.) Toute loi contredisant ces motifs, ou tentant de les ramener à des motivations classiques telles que le profit, seraient en fait des lois répressives. Voyons sur quelques exemples, la complexité de la question, et les multiples dérapages possibles:

Au début de l'année 2016, la France a été secoué par un conflit social des chauffeurs de taxi contre la société UberPop, un service permettant à des conducteurs non-professionnels d'être contactés par des clients et d'effectuer une activité de taxi rémunérée. Certains médias ont présenté UberPop comme une «économie alternative». Ce qui, selon notre description de la Vraie Economie de Transition, ferait de UberPop une activité échappant à la réglementation du travail et aux taxes sur les bénéfices. Je réponds clairement que ce n'était pas une «économie alternative», parce que la conduite était rémunérée (à la différence du covoiturage, qui est gratuit, et est donc une méthode de Transition acceptable). En effet, ce n'est pas la Vraie Economie qui a causé des troubles, mais ce que les chauffeurs de taxi professionnels considéraient comme une concurrence déloyale. Pour preuve, ils n'ont jamais critiqué le covoiturage.

Un autre exemple est une véritable activité de Vraie Economie de Transition, un groupement d'achat de nourriture biologique. Ce groupe a été fermé après la dénonciation d'un marchand d'aliments biologiques (oui!), en colère de ce qu'il appelait une concurrence déloyale. Mais les administrations ne pouvaient pas interdire le groupe sur ce motif, car c'était un groupe sans but lucratif. Mais ils l'ont interdit pour «raison d'hygiène»: la nourriture était stockée et distribuée dans un lieu qui ne satisfaisait pas aux critères d'hygiène pour un magasin.

 

De ces deux exemples, nous pouvons tirer plusieurs conclusions pratiques:

-La loi doit protéger la Vraie Economie de Transition contre une utilisation abusive de cette appellation.

-La loi peut prévoir des structures et des méthodes pour La Vraie Economie, basée sur la vision appropriée: sans but lucratif, à but social ou d'intérêt général.

-Les impôts doivent favoriser la Vraie Economie, tout comme ils favorisent déjà les activités à but non lucratif, les fondations humanitaires ou d'intérêt général, etc.

-La Vraie Economie doit répondre aux exigences légales en matière de sécurité, d'hygiène, de conditions du travail, etc. (plusieurs sectes ont pu être inculpées en raison des conditions de travail, souvent le seul moyen de les contrer légalement).

 

Mais aussi:

-Les plus dangereuses tentatives pour bloquer la Vraie Economie pourraient ne pas venir des activités commerciales classiques, mais de «penseurs» manipulateurs.

-Les lois et les règlements peuvent être pervertis de bien des manières, afin d'interdire ou de récupérer la Vraie Economie. Ce processus peut inclure des méthodes de manipulation mentale, comme de dire que le but naturel de toute activité ou structures économique est le profit.

-La loi ne peut pas saisir ce qui est essentiellement une question spirituelle. Mais elle peut encore utiliser des critères visibles, tels que l'absence de profit, de spéculation, d'exploitation, etc.

Se tenir à distance de...

Des idées récentes sont apparues, prétendant être des économies alternatives. L'un des meilleurs exemples est l'argent «virtuel» appelé bitcoin, dont le but est d'avoir des transactions d'argent en dehors du contrôle des gouvernements. En plus son taux variable en fait une monnaie de spéculation, ce qui est précisément à l'opposé de la Vraie Economie.

Pire, le libertarianisme veut supprimer le pouvoir des gouvernements, afin de favoriser un capitalisme sauvage et libre de toute réglementation. Nous avons cependant vu dans la section précédente, dans le sous-chapitre «Alternatives au capitalisme: l'économie distributive» que précisément, il est impossible qu'une économie égocentrique s'autorégule. Les États démocratiques d'aujourd'hui sont notre seul rempart contre un retour au féodalisme et du servage. Inutile donc d'affaiblir cette défense... La Vraie Economie va dans le sens diamétralement opposé, de sorte qu'aujourd'hui elle a besoin de la démocratie et de l'état de droit.

Au contraire, je dis que nous ne devons pas craindre les gouvernements démocratiques (au moins, nous ne devrions pas, mais certains font des fautes graves). N'oublions pas que les gouvernements (et les taxes qui les soutiennent) sont ce que protège notre liberté, notre sécurité et notre prospérité (ou au moins c'est ce qu'ils sont censés faire). Sans l'état de droit, nous retournerions rapidement à la féodalité, ou même pire, comme en témoignent les nombreuses tentatives de vie «libre», rejetant l'état de droit: les communautés Hippie et aujourd'hui les forums Internet et les mondes virtuels, entravées par toutes sortes de trolls et de fauteurs de troubles.

Donc, le parapluie gris de l'état de droit n'est peut-être pas la plus haute vibration, mais au moins, il nous protège de bien pire.

Quand nous n'en aurons plus besoin, nous pourrons supprimer les gouvernements, ce qui se fera alors sans difficulté ni conséquences néfastes.

Section IV

Vraie Economie: la Société Mixte

Fondamentalement, la Capacité à la Vraie Economie, ou tout simplement la bonne volonté et l'honnêteté, sont des choses spirituelles, que nous ne pouvons pas forcer les gens à acquérir. En plus, certains les acquerront, d'autres non, certains s'y opposeront même.

Par conséquent, le principe de la Société Mixte est de faire avec les diverses gens tels qu'ils sont, en leur offrant une variété de structures et de niveaux de Transition, où chacun pourra trouver une niche où il se sentira bien et motivé à prendre une part utile à la collectivité.

Cette approche Pacifique est finalement celle qui a le plus de chances d'apporter finalement une motivation pour tout le monde passer à la Vraie Economie.

Incitations

Bien sûr, pour ce faire, chaque niveau de transition a besoin d'incitations et de garanties appropriées. D'une manière générale, dans les niveaux supérieurs les gens auront moins d'incitations, afin de sélectionner les plus idéalistes. Pas trop toute de même, car ils toujours besoin d'un niveau de vie correct et de possibilités dans leur vie personnelle.

Dans les niveaux inférieurs, les personnes égocentriques doivent trouver un emploi. S'ils le font, ils obtiennent plus d'argent que les niveaux plus élevés. C'est ce qu'ils veulent, et ils paient le prix pour cela. S'ils commencent une entreprise, ils peuvent même gagner beaucoup plus. Toutefois, ce capitalisme est réglementé, afin d'éviter les excès et les déséquilibres.

Aux niveau de Transition, les gens gagnent moins d'argent, mais ils peuvent bénéficier de la production gratuite de leurs Cercles d'activité. Ils peuvent même alterner le travail classique rémunéré et le travail gratuit dans la Vraie Economie.

Dans la Vraie Economie Absolue, les personnes ne gagnent pas d'argent du tout. Par conséquent, ils vivent des dons gratuits des autres personnes qui sont aussi dans la Vraie Economie. Pour cela ils doivent gagner leur reconnaissance en tant que membres loyaux, capables de travailler dans la non-action et le non-ego.

De sorte que, en fin de compte, les gens joindront tel ou tel niveau, de leur propre volonté et selon leur propre Capacité de Vraie Economie.

Un piège ici est que, aujourd'hui, si les gens n'ont pas un contrat de travail rémunéré, ils ne bénéficient pas de la sécurité sociale ni des retraites. Aujourd'hui, ils sont encore appelés «marginaux», «SDF», ostracisés ou considérés comme des clochards. En outre, les personnes essayant de vivre sans un contrat de travail rémunéré se déclarent souvent comme demandeur d'emploi, ou même comme mentalement handicapés, pour pouvoir quand même bénéficier de la sécurité sociale. Voici de bien pitoyables expédients pour faire face à un système fortement discriminant. Ces situations font que la moindre chose est que la société doit clairement établir un système pour offrir des droits normaux pour tout le monde, quelle que soit sa position ou son style économique. Même aux vrais clochards! En tout cas, je soupçonne fort que la paperasse pour calculer des droits inégaux coûte plus cher que de donner les mêmes droits à tout le monde.

Bien sûr les gens dans les niveaux les plus élevés de la Vraie Economie auront moins d'incitations par l'argent. Cela fait partie du jeu, et met leur motivation à l'épreuve. Cependant cette épreuve ne doit pas aller au point de restreindre leurs droits, mettre leur santé en péril ou compromettre leur éducation ou leur vieillesse.

Secteurs économiques

Ceci fait que, en Transition, la Vraie Economie a la possibilité de vivre ensemble avec le capitalisme. Toutefois, s'ils travaillent pour la même production, les problèmes arriveront vite. Une solution possible est que le niveau de Vraie Economie ne soit pas le même dans les différents secteurs de l'économie. Certains secteurs qui ont besoin de plus d'idéalisme ou de motivation peuvent être confiées à des niveaux plus élevés, tandis que les personnes avec des motifs plus égocentriques obtiendront de meilleurs résultats dans d'autres secteurs. Le capitalisme peut même être interdit dans certains secteurs, ou dans certains endroits.

Le point est que ces attributions, au lieu d'être un obstacle ou un problème, font que la Vraie Economie et l'économie egocentrique peuvent travailler en synergie. C'est certainement plus intelligent que de combattre la Vraie Economie comme aujourd'hui.

Il suffit de garder à l'esprit qu'il s'agit d'une Transition. Une Transition est nécessairement un compromis. Mais c'est un compromis temporaire. Le but reste toujours d'avancer vers la Vraie Economie dans tous les domaines. Où elle sera efficace à 200%.

Le piège de l'élitisme

Une société où tout le monde ne vit pas de la même manière est exposée à cet écueil sérieux: les classes sociales, clans, castes, nomenklatura, élitisme, etc. Les personnes vivant dans la Vraie Economie Absolue seraient considérées comme des super citoyens avec des capacités supérieures (ou le contraire, comme aujourd'hui). En revanche, les egocentriques seraient considérées comme inférieurs, avec des capacités inférieures, ou même comme des méchants. Bien sûr, en Vrai Economie de Transition, tout le monde doit avoir les mêmes droits (deuxième fondement de l'éthique, chapitre VI-2), et la seule différence est la moindre Capacité de Vraie Economie chez certains. Moindre capacité qui, d'après le troisième fondement de l'éthique, doit être compensée, de manière à égaliser les possibilités dont les gens jouissent. Le faire en forçant les gens à rentrer dans une économie non-égocentrique ne marcherait de toutes façons pas, de sorte qu'ils ont besoin les méthodes traditionnelles de l'économie égocentrique, comme un salaire. Je ne vois pas de meilleure façon, et certainement pas de les envoyer dans des goulags Nouvel Age.

Ce faisant, nous pouvons aussi éviter l'écueil qui a plombé l'URSS: supposer que tout le monde avait la même motivation, et confier aux gens des responsabilités dont ils ne voulaient pas. Cela s'est produit dans l'ensemble de la société, des fermes au plus haut programme spatial, où les échecs majeurs ont résulté de litiges personnels entre fort égos. Une chose qui, d'après le marxisme, ne pouvait pas arriver.

En particulier, les gens joignent tel ou tel niveau de leur propre volonté, de par le résultat de leur propre travail. Ainsi des clans ou des classes sociales ne peuvent pas arriver. Appartenir à la Vraie Economie n'est pas un critère objectif comme la race ou le sexe.

 

Bon, soyons clairs, si un jour une tentative de Vraie Economie tourne aux classes sociales et aux discriminations, c'est que la Vision de la Vraie Economie aura disparu depuis longtemps, et que le tout a tourné à la farce pitoyable. A ce stade, la seule chose à faire est de tirer la chasse.

Section V

Insertion environnementale de l'économie

 

Le plus gros de cette section est discuté de manière plus détaillée au chapitre VI-7 sur l'écologie, de sorte qu'elle est très courte. C'est toutefois la plus importante de ce chapitre, puisque ne pas respecter l'écologie tue.

On ne peut discuter ici que de la règle C) du début de ce chapitre:

 

C) L'économie n'est qu'un cycle supplémentaire dans les cycles écologiques.

 

Ce qui a d'importantes conséquences:

 

-La population en un endroit donné est limitée à ce que la terre peut nourrir. Et même moins, car l'occupation des sols ne peut être complète: il faut des lieux de nature entre les lieux humains. Donc on ne peut pas utiliser toute la terre agricole possible.

-La production doit être prioritairement locale et écologique. Pour cette raison, on préfère des matériaux locaux et naturels (bois, brique, argile...) et on n'utilise des matériaux de haute technologie que en petite quantité, et seulement si ils apportent un avantage réel: tuyauterie, étanchéité, électricité, Internet... Exemple: la plupart des travaux de construction (maisons, lieux collectifs, ateliers...) ne nécessitent pas de hautes performances. Il n'y a donc pas de sens à utiliser par exemple du béton et du fer fabriqués à des centaines de kilomètres. Par contre cela vaut la peine d'employer des matériaux rares pour un ordinateur, d'autant plus que cet objet peut être facilement retraité pour récupérer et réutiliser ces matériaux sans les perdre.

-La production doit être renouvelable, ce qui signifie de n'utiliser que l'énergie ou les matériaux disponibles localement, et de récupérer systématiquement tous les matériaux de plus haute technologie (métaux, certains composés chimiques) et même de basse technologie (briques et tuiles réutilisées, bois de démolition utilisé pour le feu...).

-Nos déchets doivent être recyclés, soit par notre économie, soit par l'écologie. Pour cela il faut qu'ils soient recyclables dès le départ: modulaires, récupérables, matériaux faciles à recycler ou à détruire. En particulier il ne doit pas y avoir de «déchets ultimes»: tout doit pouvoir être soit recyclé, soit relâché dans la nature sans nuisance.

-Mettre fin à des escroqueries telles que l'obscolescence programmée.

-Une méthode qui serait très utile dans le monde capitaliste serait de faire payer le prix de tout ce qui ne peut pas se défendre lui-même. On paie bien le travail, au lieu d'utiliser des esclaves, parce que les travailleurs se sont défendus. Similairement on pourrait instaurer des taxes sur les destructions de la nature, les déchets ou les ressources non-renouvelable, qui ne peuvent pas se défendre. Les choses vont déjà dans ce sens, avec les taxes pour le recyclage, la taxe carbone, etc. Mais ce n'est clairement pas suffisant. Par exemple on remarque que les autoroutes passent systématiquement dans les zones de nature vierge, qu'elles dépoétisent de leur bruit. La «raison» en est que ces zones coûtent moins cher à exproprier. Alors qu'elles sont les plus précieuses! Il y a clairement une grosse incohérence ici. Similairement on pourrait mettre des taxes sur certaines ressources. Par exemple des ressources très limitées comme le cérium ou le lanthane sont stupidement dispersées à des trucs aussi inutiles que des... pierres à briquet! Ainsi chaque clope détruit des technologies d'avenir! On pourrait taxer ces ressources à la façon des consignes d'autrefois: le produit serait alors cher à acheter, mais l'utilisateur récupérerait la différence si il peut rapporter le déchet.

 

Mais surtout, au delà de ces méthodes déjà connues, la Vraie Economie est inséparable d'un état d'esprit d'amour et de respect de la nature, sans laquelle elle n'aurait tout simplement pas d'objet.

 

En se rappelant que ne pas respecter l'écologie est forcément fou ou suicidaire, d'une façon ou d'une autre.

Section VI

Le temps des tests

Toute théorie se doit d'être testée avant d'être reconnue. Il était donc logique que je recherche toute tentative dans ce sens. Malheureusement, quand j'ai écris le tout premier livre sur la Vraie Economie, en 1997, il y en avait peu, et je ne pouvais qu'évoquer «certaines communautés religieuses», sans précisions faute d'informations concrètes.

Mais en 1997, il était difficile de savoir ce qui se passait dans le monde, et de trouver des exemples réels de tentatives de Vraie Economie. Les seules sources étaient des revues militantes, ou les milieux religieux, tous deux tendant à être «trop optimistes». Presque vingt ans plus tard, Internet permet de mieux voir notre monde. Je ne m'attendais toutefois pas à ce qu'il allait révéler: des tas de tentatives de Vraie Economie sont apparues, qui n'existaient pas en 1997. Bon, il ne s'agit que des premiers niveaux de Transition, et souvent par des gens qui n'ont pris conscience que d'une petite partie de la Vision. Mais finalement les choses sont allées bien plus vite que je ne le pensais, et pile dans la bonne direction. Ce qui valide a posteriori les idées que j'avais publiées sur Internet dès 1999.

Il est toutefois fort peu probable que tous ces gens m'aient lu. Cette convergence montre alors que la Vraie Economie est nécessaire, et que tous les gens qui pensent rationnellement et humainement arrivent aux mêmes conclusions.

Ce qu'en dit la science

Mais d'abord, il était intéressant de tester cette hypothèse scientifiquement: des acteurs altruistes arrivent automatiquement à une société égalitaire. J'ai donc réalisé en 2004 une petite étude scientifique (publiée en peer referee dans Physica A) basée sur une simulation (visible ici). Cette simulation utilise la même méthode que celles des économistes, et donc elle n'est pas moins valide que les leurs. En l'occurrence, des «agents» effectuent des transactions économiques au hasard avec les autres agents (des «investissements» ayant une certaine probabilité d'être rentables). Les économistes donnent toujours un comportement «parfaitement égocentrique» à leurs agents, ce qui donne toujours la distribution inégalitaire de Pareto. C'est ainsi que ces économistes prétendent «démontrer» que cette répartition serait «inévitable»! Toutefois, dans ma simulation on peut apporter différents pourcentage d'altruisme. Vous pouvez suivre le lien ci-dessus et voir par vous-mêmes avec la simulation: en ajoutant de l'altruisme, la répartition de Pareto disparaît, pour une courbe en cloche bien plus équitable et plus naturelle. Le programme est aussi visible dans le code source de la page. Que cela marche va déjà à l'encontre de tous les dogmes et préjugés. Mais il est même surprenant de constater que, finalement, un pourcentage d'altruisme relativement modeste suffit à faire disparaître la honteuse répartition de Pareto! En chiffres, il suffirait que les gens consacrent 15% de leurs ressources à des dépenses purement altruistes. Ce qui, d'un point de vue humain, ne représente pas un si gros effort. Bien moins qu'une guerre, en tous cas, où on nous ordonne de sacrifier 100% de nos ressources, voire notre vie, sans aucun bénéfice en retour. On peut donc affirmer scientifiquement qu'un niveau de psychoéducation relativement modeste, en tous cas accessible à tous, permet de maîtriser la Vraie Economie et d'éliminer totalement le capitalisme et tous ses inconvénients. On est même assez près du point de basculement, comme on va le voir dans quelques lignes.

 

Pour être précis, la simulation ci-dessus permet de simuler trois formes d'altruisme, séparément ou combinées:

- Un pourcentage d'individus sont toujours totalement altruistes. Si cette méthode est utilisée seule, c'est la moins bonne, car ainsi ils se font facilement abuser même par une petite minorité d'égocentriques.

- Un pourcentage minimum d'altruisme pour tous les individus

- Les 5% plus grosses fortunes contribuent à soutenir les 20% plus pauvres. Ce critère peut recouvrir une action charitable volontaire, mais aussi une taxe, dont l'intensité peut simuler une variété de systèmes, du libéralisme au bolchévisme.

En fait, le meilleur résultat est obtenu avec une combinaison des trois. C'est donc une telle combinaison qui demandera le moins d'efforts ou de psychoéducation de la part des gens du commun. C'est une conclusion intéressante, que je n'avais pas remarquée à l'époque de la publication scientifique: les taxes de solidarité sociale (Sécurité Sociale, retraites, allocations handicapé, revenu minimum...) abaissent considérablement le niveau d'altruisme individuel que les gens doivent manifester (le niveau de phychoéducation dont ils ont besoin). C'est un très bon point pour les sociétés démocratiques modernes, l'état de droit et une forte action sociale.

Des études similaires ont été faites par d'autres, qui confirment ces résultats. Par exemple M. Rodrıguez-Achach, R. Huerta-Quintanilla, The distribution of wealth in the presence of altruism in simple economic models, in Physica A: Statistical Mechanics and its Applications 361 (1) (2006) 309–318. doi:10.1016/j.physa.2005.07.001, arrivent précisément aux mêmes chiffres: 50% des gens pratiquant 30% d'altruisme (soit 15% en moyenne) suffisent à créer une répartition plus juste. Toutefois ils concluent (dans l'abstract) que l'on peut difficilement attendre un tel niveau d'altruisme d'une économie réelle! («It is found that altruistic behavior does lead to a more equitable wealth distribution, but only for unreasonable high values of altruism that are difficult to expect in a real economic system»). Mais justement, on va voir que dans la réalité on n'est pas loin de la valeur indiquée, avec les taxes existantes et l'accroissement des dons.

 

Bon, taxer les riches pour aider les pauvres va faire hurler certains. Mais ne soyons pas hypocrites: être riche et payer 50% de nos revenus en impôts est toujours une bien meilleure affaire que d'être pauvre et ne pas payer de taxes du tout. Un rupin jaloux des habitants des bidonvilles, c'est totalement ridicule! Personnellement, si j'étais riche, je serais heureux d'aider. A un moment, j'avais un bon salaire, alors j'ai donné à plusieurs groupes d'orientations variées, et j'ai payé toute la scolarité d'un réfugié politique. Modeste contribution certes, mais je n'ai aucun regret.

Juste que, beaucoup apprécieront de décider eux-même où va leur argent. Mais c'est précisément pour encourager cela, que nous avons des exemptions de taxes si nous donnons à des organismes de bienfaisance ou à des activités à but non lucratif.

Mais aussi, les politiques d'austérité sadomasochistes vont directement à l'encontre de la Vraie Economie. Je les prend donc comme une attaque délibérée, en plus de nuire gravement à nos sociétés.

Ce qu'en disent les faits

En ce qui concerne les évolutions récentes, on a des comportements entièrement nouveaux (commerce équitable, monnaies complémentaires, systèmes d'échange ou d'entraide, investissement responsable, banques alternatives, crowd funding) ou des organisations déjà anciennes (mutuelles d'assurances, groupements d'achat, charité) mais en croissance rapide. En fait, c'est tout un secteur économique qui est apparu, l'économie sociale et solidaire, que l'on peut considérer comme un début de Transition à la Vraie Economie, dans une Société Mixte ( section IV).

Une nouveauté récente est l'apparition de concepts et de vocabulaire pour nommer toutes ces choses. Et aussi des nouveaux outils législatifs en création, pour leur donner un cadre.

On a même des nouveaux théoriciens, comme la New Economics Foundation, Global citizens movement, Tellus Institute, New Economy Coalition, et bien d'autres que l'on peut trouver en suivant les liens «see also» dans wikipedia. Je n'ai pas examiné ces liens en détails, aussi je ne garantis pas leur honnêteté: vous ferez donc attention avant de vous engager. Mais ce qui est intéressant à noter est qu'il y en a beaucoup.

L'impression que l'on a en regardant ces sites, est qu'on les imagine tous en costume cravate, mais au moins débarrassés du folklore Mai 68 et du Marxisme (Bon, il y a encore des attardés du marxisme tentant de noyauter et désamorcer le mouvement, mais je ne les ai pas mis dans la liste). En tous cas les préoccupations principales de ces groupes peuvent se résumer en: écologie, égalité, bonheur. Comme ils ne remettent pas l'argent ni le capitalisme en question, certains crieront donc à la récupération. Le risque existe, mais on peut aussi y voir une approche des tout premiers niveaux de la Transition vers la Vraie Economie, où des motivations non-égocentriques commencent à infuser dans les entreprises et les administrations. C'est ainsi la chair même du capitalisme qui change!

Cela peut être, pour beaucoup, une approche plus facile que les tentatives radicales de créer de toutes pièces une meilleure société (jusqu'ici des l'échecs, de par le manque de psychoéducation). En tous cas, après avoir longtemps préféré l'approche radicale, je les considère maintenant toutes deux complémentaires... tant qu'elles travaillent en harmonie.

 

Cette... expansion de l'économie solidaire entraîne évidemment des oppositions imbéciles, comme par exemple ces «libéraux» qui veulent ramener les activités d'entraide à leur «finalité naturelle»: le profit. En clair, nier notre humanité et nous imposer LEUR égocentrisme. Ou qui veulent taxer les activités solidaires comme si elles étaient des activités de profit, ou les forcer à adopter des statuts juridiques d'entreprises totalement inadaptés. Portez toujours des coussins pour protéger vos fesses, les gars.

 

En fait, tant le volume de ce secteur que son augmentation rapide font que l'on n'est pas si loin du point de basculement, où les gens verront par eux-mêmes que la Vraie Economie est finalement bien plus avantageuse que le capitalisme. Et, avec le retour de la spiritualité, ils auront les outils nécessaires pour s'approprier cette nouvelle organisation.

La mécanique de la Transition

En mathématiques, un attracteur est un lieu où les valeurs d'une série ont tendance à converger, même à l'encontre d'autres causes. De même, dire que l'argent et le capitalisme sont des attracteurs signifie que l'évolution de l'économie et des sociétés a tendance à converger vers eux. Ou nous disons tout simplement qu'ils sont attirants, même davantage que des systèmes théoriquement meilleurs. Que les sociétés convergent vers le capitalisme et l'argent est clairement visible dans l'histoire ancienne et récente.

L'argent est un tel attracteur parce que son caractère décentralisé et libre fait de lui le système le plus facile à gérer: une action directe et immédiate entre deux personnes. Signer un chèque suffit pour avoir une voiture, une maison, etc. sans aucune justification, délai ou examen bureaucratique de notre mérite ou de nos besoins.

Une autre raison plus subtile mais importante est que, dans le diagramme quadripolaire (chapitre I-4) le capitalisme est à la mi-hauteur: le niveau des compromis, où on trouve aussi la démocratie et l'état de droit.

Ces éléments expliquent très bien pourquoi toutes les sociétés dans le monde aujourd'hui convergent vers l'argent, la démocratie et l'état de droit. Même les dictatures, et dans ma vie, j'ai vu plus de dictature mourir que dans toute autre période de l'histoire de l'Humanité. L'attracteur aspire irrésistiblement tout le monde vers le haut, écrasant les dictateurs et nivelant les démocraties en un système unique.

 

Il y a cependant un inconvénient grave à cette situation. Jusqu'à aujourd'hui, la démocratie, l'état de droit et une économie plus libre ont aidé à pousser la société vers le haut, hors du féodalisme ou de la dictature (qui sont au bas du diagramme, le niveau des oppositions). Toutefois, en ce XXIe siècle, nous atteignons le point où l'évolution de la société la fait passer AU DESSUS de l'attracteur. Et donc, l'attracteur la tire maintenant VERS LE BAS. C'est une situation très dangereuse, qui se manifeste par le dénigrement des mouvements sociaux, spirituels ou écologiques avancés, et la cause première des forces économiques et politiques s'opposant à ces mouvements.

Cette inversion radicale de paradigme fait également que les forces qui étaient progressives il y a quelques dizaines d'années sont désormais réactionnaires. Un exemple flagrant est la libération sexuelle (chapitre VI-5), positive quand elle s'est produite dans les années 1960, qui est en train de devenir un piège asservissant les gens dans de plus en plus de désirs et de fantasmes. Beaucoup d'autres choses, comme le marxisme, la laïcité ou les drogues, autrefois considérées comme progressistes, sont devenues des forces réactionnaires dans le nouveau paradigme. Si on laisse ces nouvelles forces s'organiser, alors la démocratie elle-même s'opposera à son tour à la vérité, et deviendra un attracteur vers le bas, tout comme autrefois le féodalisme. C'est un peu difficile de comprendre comment ça se passe, mais c'est déjà bien visible avec toutes les manipulations des médias et des élections, et la raison pourquoi je consacre un chapitre VI-11 complet sur pourquoi la démocratie ne fonctionne pas comme prévu.

 

 

Heureusement, rien ne peut arrêter l'évolution de l'humanité. Alors qu'une majorité patauge encore dans le jeu de rôle de domination/soumission, ou soumettent leur esprit à la télévision, il y a une minorité croissante qui a dépassé le niveau des compromis, et qui se dirige vers le niveau supérieur de la non-dualité, le plus puissant attracteur. La meilleure preuve en est que la spiritualité est redevenue le leader, contre les anciennes idéologies matérialistes épuisées, par exemple lorsque le pape François ou le Dalaï Lama appellent à notre responsabilité spirituelle dans l'environnement.

Aujourd'hui, il semble qu'encore très peu détiennent toute la vérité et la sagesse; la plupart n'en ont juste qu'un élément, dilué dans leurs croyances aléatoires (les écologistes sont seulement écolos, les spirituels seulement spirituel, les sociaux seulement sociaux, etc.). Pourtant, une image cohérente d'une meilleure société commence à émerger. C'est un fait nouveau, qui ne se produisait pas encore quand j'écrivais la première version de ce livre en 2000. Et le point de basculement arrivera bientôt, lorsque le puissant attracteur supérieur de la non-dualité surmontera l'attracteur du compromis.

 

 

Section VII

L'état lamentable de la finance aujourd'hui

J'ai ajouté cette section strapontin et poussé ce chapitre en priorité (2015, fini en Février 2016), car nous avons tous vu le calvaire du peuple grec, forcé de se soumettre à de terribles vexations, bien pire que les «politiques d'austérité» sadomasochistes dont je suis moi-même victime en France. Ces choses ne peuvent pas être tolérées, et elles posent des menaces sérieuses sur l'Union Européenne, s'engageant dans des politiques ethniques discriminatoires et autoritaires, tout se sabordant elle-même dans la pauvreté et le chômage, de par sa gestion financière absurde. Il est prudent de porter un masque à gaz et une tenue de protection pour la lecture de cette section.

 

Pour comprendre ce qui se passe réellement il faut rappeler quelques faits de base sur la finance. Démêler cet écheveau de discours volontairement incomplets rendra les conséquences évidentes.

Mise au point avant de commencer

On peut légitimement considérer les évidences fondamentales vues au début de ce chapitre, comme toujours valables dans le système de l'argent. Ce système n'a été conçu que comme un autre moyen d'éviter le chaos en économie, et les gens ne l'acceptent que parce qu'il tente de moraliser l'économie, par exemple en évitant les paresseux. Tout autre but est donc forcément malhonnhête.

Combien d'argent y a t-il dans le monde?

Dans l'antiquité, l'argent lui-même était une richesse (un métal précieux), que l'on devait obtenir. Les peuples avec des mines d'or ou d'argent étaient riches, les peuples sans mines étaient pauvres (même si par ailleurs ils disposaient de larges ressources). Mais avec l'avènement de l'argent fiduciaire (l'argent comme convention, sans valeur intrinsèque), l'argent peut être créé selon les besoins, avec juste une presse à imprimer, ou en écrivant un nombre arbitraire dans une mémoire d'ordinateur.

 

Oui, mais combien?

 

La réponse à cette question devrait être un nombre simple et facilement accessible. Mais dans les faits, elle est curieusement floue: il n'y aurait davantage de «prêts» et même «d'argent virtuel» que le total de tous les comptes bancaires et des billets. Et il n'y a aucune publication sur ce que signifient ces expressions, ou sur les critères utilisés pour établir ces chiffres. Pour comprendre, voyons de combien d'argent nous avons réellement besoin.

Dans un système économique très simplifié, il y a, disons, des familles de travailleurs. Ces travailleurs sont employés dans des entreprises, qui produisent ce que ces familles ont besoin pour vivre. Au début de chaque mois, les familles ont besoin de suffisamment d'argent pour leurs dépenses de tout le mois: aliments et autres objets. A la fin du mois, tout cet argent est passé aux entreprises, qui ont ainsi assez pour payer tous les salaires du mois suivant. Cela fait clairement un cycle de l'argent, et un chiffre relativement précis du total de l'argent qui doit être créé au début: le salaire de base multiplié par le nombre de travailleurs.

Une complication ici est qu'il n'y a aucune échelle absolue pour la valeur de l'argent (et comment pourrait-il y avoir une, puisque l'argent est une convention). L'astuce est alors que les salaires doivent être en mesure d'acheter exactement la production réelle. Ils le font, dans le modèle simplifié ci-dessus, où les seuls frais à payer par les entreprises sont les salaires. De sorte que, fondamentalement, le salaire de chaque travailleur doit être le prix de toute la production, divisé par le nombre de travailleurs. Dans un premier temps, ces prix sont arbitraires. Mais une fois un prix fixé, tout le reste peut être calculé avec précision. De sorte que nous savons exactement combien d'argent doit être créé, que ce soit en billets de banque ou sur des comptes bancaires gérés par ordinateur.

Et si plusieurs monnaies sont utilisées, ou si la valeur de l'argent change avec le temps, nous pouvons toujours convertir toutes les valeurs en un chiffre familier dans la monnaie que nous utilisons ici et aujourd'hui.

Pour éviter ces problèmes, certains pays communistes a essayé d'indexer l'argent sur un bien réel comme le pain ou le riz. Mais ce n'est pas non plus un étalon stable et objectif, étant donné que le travail réel de production varie avec le progrès technique, le lieu, la météo, et d'autres circonstances. L'argent étant quelque chose qui jaillit de notre seule imagination, il ne peut pas y en avoir une mesure objective ou matérielle.

Bien sûr, une société réelle est plus compliquée, puisqu'il y a plusieurs cycles économiques de durée différente (salaires mensuels, taxes annuelles pour les écoles, plusieurs années pour des équipements comme les voitures, maisons, routes, ponts, etc.). Mais les raisonnements faits avec le modèle simple ci-dessus restent valables, et nous pouvons encore trouver une réponse utile à la question: combien d'argent doit être créé au début.

 

Et si la production totale augmente, de par l'augmentation de la population ou l'accroissement la productivité, nous savons précisément combien d'argent nouveau doit être créé chaque année.

 

Il y a toutefois deux écueils à éviter quand on crée de la monnaie: l'inflation et la récession.

Le problème de l'inflation et de la récession

L'inflation se produit lorsqu'il y a trop d'argent créé: comme cet argent ne peut acheter des biens réels, sa valeur s'effondre (les prix augmentent), jusqu'à ce que la valeur totale corresponde à la marchandise effectivement disponible. L'inflation n'est pas un problème en théorie, puisqu'il n'y a pas de définition absolue de la valeur de l'argent. De sorte que, si une définition relative dérive au fil du temps, il n'y a pas d'autres inconvénients que de changer les étiquettes des prix. Cependant, en pratique, l'inflation est dangereuse dans la plupart des cas:

- Le coût de la nourriture et des nécessités dérive plus que les salaires, ce qui apporte la pauvreté

- En particulier les minimas sociaux et aides «oublient» souvent de suivre

- La dérive diffère entre les pays, ce qui apporte la pauvreté dans certains, et en fin de compte la pauvreté dans tous.

- Les riches ne font plus confiance dans l'argent, et ils préfèrent les investissements non productifs (métaux précieux, spéculation sur l'art, etc.) au lieu de soutenir la production utile. Le manque de confiance dans l'argent a été la cause de plusieurs grandes crises financières, au cours de la révolution Française ou de la grande dépression aux États-Unis dans les années 1930. Ce qui nous rappelle très efficacement que l'argent est juste une convention. Cela peut sembler abstrait, mais si les gens arrêtent de soutenir une convention, tout en comptant toujours dessus dans la pratique, alors nécessairement ils se cassent la figure, et ils se font très mal.

Pour ces raisons, les «banques» centrales prennent bien soin d'éviter de créer trop d'argent. Jusqu'à présent, rien à dire.

Un autre processus commun d'inflation est lorsque les gens augmentent les prix, par intérêt égoïste. Nous pensons aux commerçants, mais aussi les syndicats se rendent souvent coupables d'imposer des augmentations de salaire qui ne sont pas couvertes par des augmentations réelles de production. Et, puisque l'économie fonctionne en boucle, augmenter les prix dans n'importe quel endroit oblige les autres partenaires à augmenter également leurs propres prix. Cela se traduit également par une spirale perverse d'inflation, celle-ci sans bornes, ce qui la rend encore plus dangereuse.

 

La récession survient lorsqu'il n'y a pas assez d'argent pour acheter l'ensemble de la production, pour quelque raison que ce soit. Il est facile de comprendre qu'une famille qui n'a pas assez d'argent ne peut pas acheter ce dont elle a besoin aux entreprises. Ces entreprises, à leur tour, ne pourront pas vendre ce qu'elles ont produit, et par conséquence, elles seront incapables de payer les travailleurs. Cela se traduira par plus de chômage, et donc encore moins de salaires pour les familles, dans une dangereuse spirale de récession, d'autant plus perverse qu'elle se produit dans une économie en bonne santé et productive.

Le chômage se traduit également par une moindre production réelle, de sorte que la pauvreté qu'il engendre est réelle, pas seulement un manque d'argent. Prendre des mesures visant à accroître le chômage, comme aujourd'hui, est totalement irresponsable.

Comment les discriminations «de gauche» ou «de droite» apportent les mêmes résultats catastrophiques

Un système monétaire étant un système en boucle, l'effet de n'importe quelle politique monétaire ne dépend pas de l'endroit où elle est appliquée.

Nous pouvons par exemple avoir une politique «de gauche»: augmenter les salaires, taxer les «vilaines» entreprises, etc. Mais ces entreprises devront alors augmenter leurs prix, annulant ainsi l'effet de l'augmentation des salaires et des subventions de l'état. Le résultat net de ces politiques est l'inflation, sans augmentation du niveau de vie. En effet, la production n'est pas augmentée, elle coûte juste plus cher à acheter. Et si quelqu'un quelque part n'a pas son salaire ou ses indemnités augmentées par la politique «de gauche», il devient pauvre. C'est ainsi que les syndicats et les gouvernements «de gauche» agissent pour maintenir la pauvreté en Afrique.

Nous pouvons aussi avoir des politiques «de droite»: punir les travailleurs avec des salaires inférieurs, abaisser les minima sociaux, augmenter le temps de travail et l'âge de la retraite afin de créer du chômage, etc. Puis, les familles ayant davantage de dépenses et moins d'argent (et un niveau de vie réellement diminué dans ce cas), elles achèteront moins aux entreprises. De sorte que tous les avantages accordés aux entreprises sont annulés, elles offrent moins d'emplois, etc. Le résultat net de ces politiques est la récession pour tout le monde, les entreprises aussi bien que les familles. Cette récession est en argent, mais aussi en production réelle, étant donné que les chômeurs ne contribuent pas à une production utile. De nombreux gouvernements de droite ont pu maintenir une illusion de richesse et de plein emploi, avec des projets pharaoniques ou avec l'industrie de guerre, mais ces trucs ne créent pas de richesse utile, seulement une chute plus dure plus tard.

Par conséquent, la structure rebouclée de l'économie monétaire apporte une conclusion de la plus haute importance: toute action en un point donné a des résultats sur tous les autres. Et toute politique discriminatoire, soit contre les travailleurs, soit contre les entreprises, apporte des résultats tout aussi mauvais: inflation et récession. Et dans les deux cas, des injustices graves.

Personnellement, j'ai été «de gauche» pendant une dizaine d'années dans ma vie. Cette connaissance intérieure m'a montré que, de ce côté de la politique, les gens ne sont pas meilleurs que les autres. J'ai pu voir que les politiciens de gauche, et aussi les syndicalistes, peuvent être exactement aussi égoïstes, tricheurs, bornés, matérialistes, prosaïques et anti-esprit que n'importe quel banquier ou chef d'entreprise peut l'être. Par exemple je me souviens, quand je travaillais dans les locaux de l'usine Airbus, d'avoir été convoqué devant un dirigeant syndicaliste, qui m'a invité à travailler 2 à 3 fois plus lentement, comme apparemment tout le monde faisait dans ce bureau. Les gars, vous avez du culot, d'accuser les entreprises d'êtres des tricheurs, après.

De toutes façons, taxer les salariés ou taxer les entreprises apporte exactement la même comptabilité: dans les deux cas, les taxes sont la différence entre ce que les entreprises paient et ce que les employés reçoivent. Appeler cette différence part salariale ou part patronale est juste un changement de dénomination, de la propagande électorale, qui n'apporte aucune différence perceptible en pratique. Quant à réduire les impôts eux-mêmes, nous savons trop bien que cela se traduit par une réduction des subventions, de l'éducation, des infrastructures publiques, de la sécurité et des aides sociales.

Le système financier tel qu'il est aujourd'hui.

Alors comment ces difficultés sont-elles gérées aujourd'hui, quand les «banques» centrales doivent créer de l'argent?

 

La nécessité d'une régulation a conduit, dès la fin de la seconde guerre mondiale, à la création de plusieurs organismes nationaux ou internationaux, en charge de la création d'argent en quantités appropriées, suivant l'augmentation générale de la production et de la population (appelée expansion de l'économie). Étant donné que le même système existe partout dans le monde, il est bien évident qu'il a été concerté entre tous les pays, y compris un pays pseudo-communiste comme la Chine. Toutefois, il est à noter que ce processus de décision n'a figuré dans aucun débat démocratique: tout a été décidé par des comités fermées, puis les résultats mis en œuvre, et nous n'avons jamais été officiellement informés. Aujourd'hui, sans Internet, nous pourrions encore ignorer la plupart de ces choses, et nous demander d'où viennent «les problèmes».

 

Une confusion importante ici est que ces organismes sont appelés «banques centrales», alors qu'ils ne sont pas du tout des banques. Les banques sont des entreprises (généralement privées, mais publiques est aussi possible), dont le but est de faire des profits. Ils reçoivent de l'argent de titulaires de comptes, des épargnants ou des investisseurs. Avec cet argent, et avec cet argent seulement, elles peuvent faire des prêts, habituellement aux entreprises (pour augmenter leurs moyens de production) ou aux familles (pour acheter des biens). Le seul moyen pour les banques de faire un profit provient de l'intérêt de ces prêts, et elles doivent partager ce profit avec leurs clients investisseurs.

 

Et surtout, la création d'argent est un privilège fantastique, quand tout le monde doit gagner cet argent, par son travail ou par ses ventes. Même les gouvernements doivent «gagner» les taxes (les faire accepter par les gens). Et les fabricants de fausse monnaie sont très sévèrement punis.

De plus, une chose telle que la création d'argent est évidemment un levier majeur pour orienter et améliorer l'économie, un moyen politique qui appartient à tout le monde, aussi important que l'éducation ou la sécurité.

Ainsi nous devrions voter pour savoir quel secteur recevra la monnaie nouvelle. Pour donner une idée, la nouvelle monnaie peut par exemple aller à l'éducation, pour accroître les connaissances et les talents des personnes. Ou elle peut aller à la sécurité, afin de parer à de nouveaux dangers.

 

Bon, si on se garde de la confusion ci-dessus, les actuels organismes créateurs sont une méthode parmi d'autres, tant qu'ils sont contrôlés par les gouvernements démocratiquement élus (ou des fédérations ou l'ONU), et qu'ils servent la société en créant la bonne quantité d'argent pour éviter l'inflation et la récession.

 

De toute évidence, la façon dont cet argent neuf est introduit dans le cycle économique doit être décidée démocratiquement: éducation, santé, pauvreté, développement du tiers monde, solidarité, sécurité, gros problèmes, grands projets, etc..

Mais c'est précisément là que les choses commencent à sentir vraiment mauvais:

Comment fonctionne la fraude à la création monétaire

(Les problèmes que je décris ici ne sont pas résolus aujourd'hui Février 2016. Mais dans ce sous-chapitre, je met mes dénonciations au passé, pour donner leur chance aux politiciens) (et bon, aussi aux électeurs...)

 

Ce qui suit n'est pas des trucs de théorie conspirationniste: c'est une citation non modifiée de ce que l'on pouvait lire sur le site Internet de la Banque Centrale Européenne (https://www.ecb.europa.eu/explainers/tell-me/html/what-is-a-central-bank.fr.html tel que visible le 24 Novembre 2015)

«Une banque centrale est une institution publique qui gère la monnaie d’un pays ou d’un groupe de pays et contrôle la masse monétaire, c’est-à-dire la quantité de monnaie en circulation. Le principal objectif de nombreuses banques centrales est la stabilité des prix. Dans certains pays, les banques centrales sont tenues par la loi d’agir en faveur du plein emploi.

«L’un des principaux outils à la disposition d’une banque centrale consiste à fixer les taux d’intérêt, autrement dit le « coût de l’argent », dans le cadre de sa politique monétaire. Les banques centrales ne sont pas des banques commerciales, c’est-à-dire que les particuliers ne peuvent pas ouvrir de comptes ou solliciter des prêts auprès d’elles. En tant qu’instances publiques, elles n’agissent pas dans un but lucratif.

«En revanche, elles agissent en tant que banque pour les banques commerciales et influencent, par conséquent, les flux de monnaie et de crédit dans l’économie de manière à assurer la stabilité des prix. Les banques commerciales peuvent s’adresser à leur banque centrale pour emprunter des fonds, généralement dans le but de satisfaire des besoins à très court terme. Pour emprunter auprès de leur banque centrale, elles doivent apporter la garantie du remboursement des sommes dues en remettant des actifs tels que des obligations d’État ou du secteur privé.

«Les banques commerciales étant susceptibles de prêter des fonds déposés à long terme contre des fonds à court terme, elles peuvent faire face à des problèmes de « liquidité », situation dans laquelle elles disposent des fonds nécessaires pour rembourser une dette mais ne peuvent les transformer rapidement en liquidités. C’est là où une banque centrale peut intervenir en tant que « prêteur en dernier ressort » pour contribuer à maintenir la stabilité du système financier. Mais la politique monétaire n’est pas la seule mission des banques centrales, loin de là : elles émettent généralement la monnaie fiduciaire, assurent souvent le bon fonctionnement des systèmes de paiement au bénéfice des banques pour les opérations sur instruments financiers, gèrent les réserves de change et participent à l’information du public concernant l’économie. Nombre de banques centrales contribuent également à la stabilité du système financier en contrôlant les banques commerciales et s’assurant que les prêteurs ne prennent pas de risques excessifs.»

 

Tout ça ressemble bien au techno-baratin habituel, bien intentionné, avec les habituels effets soporifiques sur toute critique. Rien à redire, réponse juste à tous les arguments, pas un seul pli à leurs costumes noirs, la cravate parfaitement ajustée, le sourire juste imperceptiblement condescendant. Ils étaient sûrs de savoir, ils étaient sûrs d'avoir raison. Ils créaient de l'argent afin d'amortir les variations du marché (causées par leurs copains les spéculateurs, mais chhht). Comme c'est gentil. Comme c'est «sérieux» et «responsable»! Mais avez-vous remarqué que tout l'argent créé allait aux banques privées, sans aucun contrôle sur ce à quoi ces banques allaient l'utiliser, en particulier sans aucun contrôle démocratique ou gouvernemental! Nulle part il était dit qu'ils parent à des problèmes économiques, sociaux ou écologiques importants, comme les inégalités, la pauvreté ou la pollution. Nulle part il était dit que les gouvernements élus sont ceux qui décident où l'argent nouvellement créé doit aller. L'argent qu'ils créaient allait à leurs copains, et à leurs copains seulement. Ils géraient le monde et établissaient leurs privilèges avec un aplomb incroyable. Wikipedia enfonçait encore davantage le clou: «les banques centrales dans la plupart des pays développés sont conçues institutionnellement pour être indépendantes de toute ingérence politique» (https://en.wikipedia.org/wiki/Central_bank, novembre 2015). Comprenons bien: nous avions zéro contrôle démocratique sur ce que ces gens faisaient. Et ils n'avaient strictement aucune obligation que ce soit de servir la société. Et nos gouvernements élus (nous!) devaient mendier des taxes pour les services de base, sans aucun contrôle sur les orientations générales et les objectifs de l'économie!!

 

Je vous avais prévenu, ça empeste comme le Styx.

 

Clairement, cela créait, pour les gens de la finance, les banques privées et les spéculateurs, un ensemble de privilèges stupéfiants, tout comme ceux de l'ancienne noblesse:

- Le privilège d'obtenir de l'argent à volonté, et de l'utiliser pour ce qu'ils veulent.

- Le privilège de posséder la plus grande partie des moyens de production, tout comme la noblesse d'autrefois possédait la plupart des terres.

- Le privilège de n'être soumis à aucun contrôle démocratique ou par les états, tout comme la noblesse d'autrefois échappait à la loi commune.

C'est pourquoi j'appelle cette haute finance la nouvelle noblesse. Et beaucoup de gens les appellent des barons.

 

Et ces privilèges, ils les utilisaient sans aucune mesure, à leurs propres fins égo pot-pot:

-Affichage d'un train de vie arrogant de riches, grands bâtiments inhumains, voyages en avion, villas de luxe et lieux de villégiature, loisirs coûteux, etc. Alors que nous, il nous fallait vivre dans des logements collectifs et justifier notre nourriture, notre santé, nos allocations de handicapé ou nos retraites.

-Imposer partout leur mode de vie sadomasochiste, costumes noirs, cravates pour ralentir le flux sanguin dans le cerveau et éviter les émotions supérieures, relation maître/soumis, haine de la spiritualité (certains sont religieux, mais c'est juste dogmatique)

-Acheter et posséder le nouveau clergé: les médias et les politiciens, afin de contrôler l'opinion de la majorité et les gouvernements (le tiers état, c'est toujours nous, merci)

-Quand a eu lieu la crise des subprimes en 2007-2008, ce sont plusieurs centaines de milliards de dollars qui apparemment ont été créés et offerts aux banques escroc. Alors que nous, si nous avions seulement quelques centaines de dollars de découvert à notre Banque, nous serions suspendus, et donc contraints de devenir sans abri et sans ressources. Cet énorme scandale a déclenché le mouvement des indignés, la plus grande protestation populaire jamais vue. Il a été totalement ignoré par le pouvoir financier et dans certains cas soumis à des brutalités policières gratuites.

-Deux milliards de dollars offerts à Facebook pour contrôler l'Internet et vanter leur mode de vie simpliste. On peut aussi deviner que les autres grands «réseaux sociaux» ou les moteurs de recherche recevaient leur puissance financière insolente de sources cachées, peut-être de la surfacturation massive de la publicité. Internet devait être soumis comme le reste!

-Des sommes énormes investies dans la presse pourrie pour dénigrer l'idée du changement climatique, mais pas un seul centime pour développer des centrales aérothermiques (aussi puissants qu'une centrale nucléaire) ou thermochimique (qui produisent de l'essence solaire). Les gens qui le font devaient s'appuyer sur de rares fonds institutionnels ou des financements privés quasiment absents. Parce que, non seulement la noblesse financière était d'un égocentrisme sans vergogne, mais en plus ils étaient totalement irresponsables.

(Ajouté en Juin 2017) Une confirmation intéressante de ce sous-chapitre a eu ce mois-ci: La banque américaine JPMorgan Chase a retiré ses publicités du média CBS, car ces derniers s'apprêtaient à publier une interview d'un malade conspirationniste particulièrement dangereux (Rien moins que la dénégation du massacre de Sandy School, avec menaces de mort aux parents des victimes).

On se rappelle le rôle de la banque JPMorgan Chase dans différent scandales, principalement la crise des subprimes. Si l'on en croit les vagues informations publiées par wikipédia, cette crise aurait été résolue par une création monétaire de 700 milliards de dollars aux USA, et 1700 milliards en Europe, gracieusement offerts aux banques.

On tire deux conclusions intéressantes des deux paragraphes précédents:

1) La confirmation du fonctionnement du «système»: la création monétaire va réellement aux banques, qui s'en servent effectivement pour maintenir les médias manipulateurs, via des «publicités» (probablement sur-facturées).

2) La même banque semble toutefois faire une prise de conscience civique intéressante sur les théories conspirationnistes, dans le contexte du scandale de la présidence Trump, qui a mis en lumière le danger de ces théories. Continuez comme ça, les gars, et rendez donc tout ce sous-chapitre obsolète, j'en serai ravi!

L'escroquerie de la dette

(Les problèmes que je décris ici ne sont pas résolus aujourd'hui Février 2016. Mais dans ce sous-chapitre, je met mes dénonciations au passé, pour donner leur chance aux politiciens) (et bon, aussi aux électeurs...)

 

Afin de comprendre comment fonctionne un plan d'esclavage par la dette, nous nous rappellerons que, dans les pays du tiers monde, certains employeurs peu scrupuleux proposent souvent des salaires attractifs, assortis de prêts à des intérêts élevés pour la consommation. Les ouvriers inexpérimentés, heureux de leur nouvelle richesse, prennent des prêts, sans se rendre compte qu'ils devront rembourser beaucoup plus qu'ils ont reçu, avec l'accumulation rapide des intérêts. Et en effet, si ils prennent trop de prêts, ou si ils ratent une ou deux mensualité, ils atteignent rapidement le point où les intérêts s'accumulent plus vite qu'ils peuvent rembourser. Le résultat net est que les employeurs ripoux n'ont plus besoin de payer d'autre salaire que les aliments de base. De cette façon, des millions dans le monde se retrouvent littéralement en esclavage, contraints de travailler dans la misère et le danger, juste pour rembourser une dette à laquelle ils sont à jamais incapables de mettre fin. Dans les pays riches, certains supermarchés sans scrupules utilisent la même méthode. Ils savent qu'ils n'obtiendront jamais tout l'argent qu'ils prétendent posséder, mais leurs victimes sont obligées de payer chaque mois, beaucoup plus que si elles n'avaient pas pris de prêt.

La fraude inverse consiste à accorder des prêts aux copains, tout en sachant parfaitement qu'ils ne pourront jamais les rembourser, et que ces dettes devront être «abandonnées à cause de circonstances imprévisibles». Cela fait de ces prêts l'équivalent d'une surfacturation, ou d'un financement caché. C'est probablement ainsi que sont financées ces sociétés Internet à la croissance miraculeuse, qui nous espionnent avec leurs logiciels. Un scandale de ce genre a été bien visible en France en août-septembre 2015, quand les producteurs de souffrance animale ont fait d'ennuyeuses manifestations dans tout le pays, pour finalement obtenir un financement de 500 millions par l'Union Européenne. Qui sait pourtant très bien que leur activité est en baisse (les gens mangeant moins de viande) et qu'ils ne pourront pas davantage rembourser ces sommes que n'importe quel prêt précédent qui leur a été offert. Mais la torture des animaux ne doit pas cesser.

 

 

Comme on le déduit directement de la citation précédente de la «Banque» Centrale Européenne, ils utilisaient le même système: l'argent créé n'était pas donné, il était prêté.

De sorte que nous ne possédions même pas l'argent que nous avions dans nos poches!

Bien sûr, il était très difficile de deviner dans tout ce fouillis qui contrôlait vraiment ces prêts, et à qui allaient les intérêts (le taux d'intérêt que les «banques» centrales encaissaient, ce qu'ils appelaient le «coût de l'argent», ce fameux «taux directeur» dont les médias parlaient tout le temps sans rien expliquer)

 

Le résultat net de tout ça a été cette situation où tous les pays avaient ces dettes absurdes, dont les médias nous rebattaient les oreilles sans jamais dire comment c'était arrivé ni à qui nous devions cet argent. De là vennaient aussi ces chiffres astronomiques, qui étaient des crachats au visage de chacun des sept milliards d'entre nous, qui devions travailler 8 heures par jour juste pour pouvoir manger et avoir un toit. Eux, ils pouvaient créer de l'argent autant qu'ils le souhaitaient, et l'utiliser pour afficher leur arrogance - ou plutôt se cacher dans leurs villas de luxe sous vidéosurveillance, parce qu'il leur a été impossible de ralentir l'évolution spirituelle de l'humanité depuis l'époque de Versailles, et ils ont maintenant peur du public.

 

Bon, que les deux tiers de l'argent soient «virtuel» ne serait pas tant un problème, tant que cela n'affecte pas le prix du pain.

 

Mais cela faisait que le monde était entièrement hypothéqué!

 

Et, sous prétexte que certains débiteurs seraient fiables et d'autres «non fiables» alors ces gens commençaient à demander arbitrairement à ceux qu'ils n'aimaient pas de rembourser cette dette imaginaire.

 

C'est ce qui est arrivé au peuple grec, contraint à de sévères humiliations sadomasochistes et au servage, tout en piétinant leur volonté démocratique. Ceci n'était pas un accident ni une incompréhension, mais bien une intention: si les Grecs sont vraiment trop pauvres pour rembourser l'aide précédente qu'ils ont reçue, alors ils méritaient la solidarité, pas une punition. Il faut regarder les choses objectivement: la Grèce est un pays aride, avec peu de ressources et de nombreux obstacles naturels (îles, montagnes). En plus, c'est une jeune démocratie, qui émerge juste de la dictature des colonels. Leur croissance récente a résulté du tourisme, pas de la construction d'un vrai tissu de production autonome. Toutes ces conditions défavorables indiquent que, même avec la meilleure volonté, la Grèce est très loin d'égaler les performances de la France ou de l'Allemagne. Mais, comme pour les travailleurs inexpérimentés ci-dessus, l'État grec était une cible parfaite pour un plan d'esclavage par la dette...

Aussi, avez-vous remarqué que les peuples européens à qui on demande de rembourser leur dette sont les plus bronzés: Grèce, Portugal... Sans commentaire.

Rappelons-nous des propriétés de l'hydrogène sulfureux: quand nous arrêtons de sentir son odeur nauséabonde, c'est que nous sommes déjà intoxiqués. Nous perdons alors conscience du danger, et nous laissons passer la dernière occasion d'en échapper vivant.

Autre preuve, d'après wikipedia le Japon avait autant de dette que la Grèce, mais le gouvernement japonais était sur la liste des copains, de sorte que nous ne voyions pas nos politiciens humilier le peuple japonais ou imposer des contrôles anti-démocratiques à leur pays.

Même les pays riches comme la France devaient se soumettre aux diktats de la noblesse financière. La manipulation était simple: abaisser les impôts qui financent, par exemple la sécurité sociale, le chômage, les retraites, etc. Abaissement qui faisait toujours plaisir aux milieux d'affaire et à leurs copains les syndicats. Mais après un moment, la sécurité sociale s'est retrouvée en dette (comment peuvent ils accumuler des milliards de dette, si j'avais seulement 200 euros de découvert je serais sévèrement puni et condamné à être un clochard). Alors les médias se sont mis à parler «des problèmes de la sécurité sociale», ou des retraites mises en danger, etc., sans bien entendu un seul mot sur la façon dont cela est arrivé. Puis des politiciens habillés en maîtres BDSM se sont mis à proposer la «solution» «courageuse»: punir les malades, les retraités, etc. ce que ces politiciens arrogants et sinistres appellaient les «politiques d'austérité». C'est comme cela que nouvelle Noblesse financière mettait en acte son mépris du Tiers Etat et en particulier sa haine de la compassion et de la solidarité.

 

D'une manière générale, cette escroquerie à la dette, et en particulier l'exigence sélective de remboursement, mènait de nouveau à une augmentation de la pauvreté et des inégalités dans les pays riches, une nouvelle dépendance coloniale du tiers-monde et un nouveau pouvoir de quelques uns, à l'encontre de la progression générale de la démocratie et de la société depuis le 19ème siècle. Si le problème persiste, il peut ramener le monde à la pauvreté, au féodalisme et au servage.

 

Bien pire, cette hypothèque sur l'ensemble de la société donnait aussi à la nouvelle Noblesse un énorme pouvoir politique d'imposer leur point de vue libertarien anti-démocratique, leurs idées de Petain sur le travail, leur haine de l'écologie et de la vie. Cela leur donnait aussi de puissants moyens d'écraser rapidement tout gouvernement qui tenterait de s'échapper des fers de la dette. Avec leur surveillance de l'Internet par le biais des «réseaux sociaux», ils construisaient aussi une capacité à nous cibler individuellement.

 

C'était le premier exemple de dictature mondiale. Et une bien Orwellienne.

 

Comme on peut s'y attendre, la perception diffuse d'une dictature financière mondiale croissante a conduit à de nombreuses théories conspirationnistes. Dans un livre de science, nous ne pouvons pas les accepter littéralement, mais nous pouvons les considérer comme le signe d'un manque évident de confiance: les peuples comprennaient de moins en moins ce que faisaient leurs gouvernements et les institutions financières internationales. A noter que se réunir en secret pour renverser les gouvernements établis (la démocratie) est la définition exacte d'un complot. Mais comment dénoncer un complot réel quand tout le monde dénonçait les théories conspirationnistes? Oh, mais... c'était LEURS médias qui, en même temps, faisaient connaître les théories conspirationnistes, et qui les dénonçaient... vous comprenez maintenant?

 

 

Les «politiques d'austérité», une pure mise en scène sadomasochiste

(Les problèmes que je décris ici ne sont pas résolus aujourd'hui Février 2016. Mais dans ce sous-chapitre, je met mes dénonciations au passé, pour donner leur chance aux politiciens) (et bon, aussi aux électeurs...)

 

«L'austérité» était une autre escroquerie intellectuelle: présenter les minima sociaux ou la solidarité comme «trop coûteux» et même «injustes». Toutefois, pas une seule comparaison, courbe ou chiffres n'ont été fournis, seulement quelques virus idéologiques simplistes (chapitre V-12), comme quoi il y aurait «plus de vieux», que les malades «abusent», que «les gens qui veulent travailler doivent pouvoir travailler plus longtemps», ou que les chômeurs n'ont qu'à «chercher davantage» pour trouver miraculeusement des emplois qui n'existent pas.

Comme les économistes avertissent à l'unanimité, le résultat net de l'austérité est l'exact inverse de revendiquée. Étant donné que les gens travaillent plus d'heures par jour et à des âges plus avancés, ils sont moins productifs. Ceci augmente également les taux de chômage dans la proportion exacte de l'augmentation des heures de travail et de l'âge de la retraite (comme si c'était le résultat escompté). Et comme les gens sont plus misérable (chômeur, moindres aides sociales, moins bonne santé), ils achètent moins aux entreprises. En conséquence, les entreprises font moins de ventes, et peuvent employer moins de gens... ce qui augmente encore davantage le chômage et la misère, bouclant ainsi un cercle vicieux de l'affaiblissement de l'ensemble de l'économie et de la société, appelée récession, comme expliqué au début de cette section. L'austérité c'est comme mettre un garrot sur une personne souffrant d'anémie, sous prétexte «d'économiser du sang»: cela ne fera qu'aggraver le problème, sans jamais le guérir.

La Grande-Bretagne fut la première à essayer le jeu de rôle sadomasochiste de l'austérité, avec une célèbre maîtresse, ce qui lui fit perdre immédiatement son leadership économique dans le monde. Depuis, de nombreux autres gouvernements sont fascinés par le fantasme Britannique, et comme conséquence immédiate, des anciens pays riches sont maintenant des «pays immergents (un jeu de mots sur «pays émergents»).

 

En vérité, le coût des minimas sociaux et de la solidarité est exactement zéro, puisque c'est juste une répartition différente de l'argent que les employeurs paient déjà pour les salaires et les taxes sur le travail. Et les avantages sont énormes, dans une société où tout le monde est heureux et peut partager les richesses.

Les politiques d'austérité étaient également le prétexte de jeux sadiques et d'instruments de bizutage, comme les «contrôles plus stricts» pour les chômeurs, ou pour les pays qui «n'obéissent pas» aux diktats de la finance. Ou les «Agences de notation», meneurs de jeu qui désignaient la prochaine victime à intimider et à pousser vers la crise financière. On nous donnait même un «choix» cynique entre deux humiliations: avoir notre retraite plus tard, ou moins de retraite, tout comme dans une scène BDSM. Sans safeword...

Incroyable? Désolé, mais je suis forcé d'y croire, par expérience personnelle. En fait, je suis resté au chômage à Rodez, France, avec une petite allocation comme seule ressource (puisque c'est comme cela que l'on traite les gens qui travaillent pour un monde meilleur). Tous les 2-3 mois, je recevais un «contrôle annuel» à renvoyer, sous menace écrite de perdre tous mes revenus et de devenir sans abri. CHAQUE FOIS pendant plusieurs années, ce document a été «perdu» et j'ai dû mendier le retour de mes allocations. Plusieurs fois aussi, j'ai remarqué les employés faisant des airs très étonnés en voyant mon fichier sur leur écran. Clairement, il y avait un adepte du BDSM chez Pôle-Emploi à Rodez, s'amusant à effrayer les gens, peut-être à marquer des trucs idiots sur les dossiers. Et pas qu'à moi: un voisin a également eu des problèmes avec la même agence. Pour une demande spécifique, on lui a demandé trois fois, par courrier simple, de rajouter un autre papier. Jusqu'à ce que bien sûr il fut trop tard pour sa demande. Dans une époque où il est à la mode de critiquer le harcèlement mesquin des gens dans les anciens pays communistes, l'histoire fera t-elle une différence?

Et quand je dis que c'était une politique haineuse, c'est facile à démontrer: dans une société où tout le monde travaille et est en bonne santé, les riches auraient davantage de richesses pour jouer avec (capitalisme libéral de base, bien connu depuis Henri Ford). Dans un monde où les gens sont misérables et malheureux, la nouvelle Noblesse perdait en richesse. Mais ils gagnaient le sentiment d'être supérieurs...

Le complexe de Versailles.

 

Des motifs secondaires de telles politiques idiotes, condamnées par tous les économistes, ont pu être les suivants :

- Lutter contre les mouvements sociaux positifs et l'altruisme qui menacent les privilèges de la nouvelle Noblesse financière.

- Contrecarrer le pouvoir de la démocratie et recréer une oligarchie.

- Dogmatisme religieux, puisque certains théologiens sont interprétées comme favorables au libéralisme, au prêt avec intérêt, à l'austérité, aux inégalités, etc.. Surtout un terrible principe comme la prédétermination Calviniste peut être interprété comme fixant irréversiblement le revenu et la classe sociale d'une personne. Bien sûr, aujourd'hui les politiciens concernés sont tous les athées, ou pire. Mais les dogmes survivent souvent aux inversions de paradigme...

Les véritables causes du chômage aujourd'hui

Au-delà de tout le blabla, les deux principales causes du chômage sont bien connues et très visibles:

1) Les inégalités monétaires dans le monde. Le système financier irrationnel d'aujourd'hui embrouille complètement les gens, avec les taux de change qui cachent la valeur réelle de chaque monnaie. Alors raisonnons ici après conversion de toutes les sommes dans une même monnaie, quelle qu'elle soit. Dans un pays comme la Chine, ce qu'un travailleur gagne lui permet d'acheter localement en gros la même chose qu'un travailleur européen ou un américain. Cependant, sur le marché international, un chinois ne peut acheter la moitié de ce qu'un européen ou un américain peut acheter, ou il doit travailler deux fois plus pour le même achat. Ce truc tordu produit deux énormes injustices: d'abord, les chinois restent pauvres, par rapport à d'autres pays. Leur plus faible rémunération fait aussi que de nombreuses entreprises se déplacent vers la Chine, pour exploiter cette main-d'œuvre bon marché, et aussi y apporter toute la pollution. Cette «délocalisation» est la cause principale du chômage dans les pays riches. Elle contribue aussi notablement au changement climatique, avec des transports inutiles.

2) Les conceptions pétainistes du travail. Le régime de Pétain, connu pour sa collaboration avec les nazis, a mis en œuvre d'autres politiques nuisibles, comme le corporatisme et la déification du travail, considéré comme un sacrifice masochiste. En corollaire, les chômeurs étaient considérés comme coupables de ne pas effectuer ce sacrifice. Ces barjoteries n'ont jamais été vraiment expurgées de la politique depuis, et elles continuent à infecter les politiques économiques de la plupart des pays dans le monde. La solution évidente au chômage, de réduire massivement le temps de travail, permettrait aux entreprises d'économiser beaucoup d'argent (puisqu'elles n'auraient plus à payer de taxes pour les chômeurs), mais cela n'a jamais été fait, à cause de l'idéologie pétainiste comme quoi ce travail est un sacrifice que nous devons accomplir jusqu'à épuisement. Même les syndicats corporatistes s'opposent activement à l'idée. Et aujourd'hui (2016), rattraper 70 ans de retard social impliquerait une réduction massive des salaires mensuels, de sorte qu'il n'y a pas de solution facilement soutenable à court terme.

Et bien sûr les remèdes à la poudre de perlimpinpin:

- Faire culpabiliser les chômeurs, avec «des contrôles plus stricts», parce qu'ils «trichent».

- Les humilier avec des «conseils psychologiques»

- Les forcer à vivre dans des quartiers où la délinquance est laissée sans contrôle

- Et après ça, publier des statistiques disant que les chômeurs sont délinquants

- Dire aux chômeurs de «chercher davantage» pour trouver par magie des emplois qui n'existent pas

- Proposer des «formations», même si les gens formés sont aussi au chômage. Mais les personnes en formation ne sont pas comptées comme chômeurs.

- Proposer des demi-contrats ou des «apprentissages», pour réduire le compte des chômeurs sans augmenter le travail disponible.

- Sous prétexte de lutter contre le chômage, prendre des mesures qui en faits l'augmentent: augmenter le nombre d'heures par semaine, faire des salaires plus bas, des contrats de travail affaiblis et des licenciements plus faciles.

Quelques points de base pour un système financier international optimum

Bon, nous revenons au temps présent ici. Mais n'attendons pas un quelconque futur, d'accord?

 

Bien sûr «optimal» est ici un compromis entre la nécessité d'avoir une économie libre, et la nécessité de contrôles pour amortir les effets de l'égocentrisme des gens. Aujourd'hui, ce point optimal est toujours vers des règles strictes mais justes, mais il commence à se déplacer vers plus de liberté et vers la Vraie Economie, au fur et à mesure que les personnes développent de la psychoéducation et du non-ego, jusqu'au point où la finance deviendra inutile, comme cela est expliqué dans les sections précédentes du présent chapitre.

De ce qui précède, et des principes fondamentaux de l'économie vus au début du présent chapitre, nous pouvons déduire les mesures suivantes applicables dès maintenant à l'économie d'aujourd'hui:

 

 

Une politique monétaire sensée est:

-Les personnes qui ont soutenu des arnaque comme l'austérité, les fausses dettes ou le financement étatique des énergies nucléaire/fossile, doivent être inéligibles et «beruf verboten»

-Les agences d'état ou les organisations internationales qui ont pratiqué l'arnaque de la dette doivent être corrigées ou fermées.

-Toutes les fausses dettes existantes doivent être annulés, et «l'argent virtuel» doit être converti en argent réel (c'est-à-dire appartenant à la personne qui l'a sur son compte).

-Les hedge funds et autres, dont le seul but est de spéculer sur notre système monétaire, doivent être stoppés (au besoin sans indemnité, selon le principe des mains sales)

-Lorsque les pays sont confrontés à des situations terribles, les dettes réelles doivent aussi être annulées (Grèce, tiers-monde...).

-Le nouvel argent doit être émis de façon à couvrir la production réelle, pays par pays.

Dans la pratique, c'est plus compliqué qu'expliqué dans la Section I, puisqu'il y a plusieurs échelles de temps très différentes pour les différents cycles de l'économie. Pour dire simplement, au premier janvier de chaque année, chaque famille doit avoir sur son compte bancaire de quoi faut payer sa part pour le mois, alors qu'un gouvernement ou une école doit avoir assez pour payer sa part pour l'année. De sorte qu'une famille utilise 12 fois la même somme d'argent par an, contre une seule pour un gouvernement. Cela fait 12 fois plus d'argent pour les gouvernements. Pire, certaines productions ont des délais longs ou irrégulier: maisons, voitures, bâtiments d'usine et machines, etc. De sorte que nous avons besoin d'une moyenne pour un grand nombre d'entre eux: les dépenses courantes en cours.

-L'argent nouvellement créé doit être donné, pas prêté. Cependant, dans certains cas, un gouvernement qui le reçoit peut jouer le rôle d'une banque ou d'un investisseur, et prêter de l'argent à des entreprises privées.

-L'argent nouvellement créé doit être injecté dans le système là où il y a des déséquilibres ou des problèmes. Aujourd'hui, il faut 1) un investissement massif dans les usines solaires 2) réparer le social endommagé par l'austérité sadomasochiste 3) fournir aux pays du tiers monde ce dont ils ont besoin pour bâtir une économie normale.

-Seuls les gouvernements démocratiquement élus peuvent créer de l'argent (ou des organismes internationaux contrôlés par plusieurs de ces gouvernements), et surtout décider qui le reçoit. La raison est que c'est un privilège énorme, qui ne peut être utilisé que dans l'intérêt de la collectivité entière.

(Les élections démocratiques sont le moins mauvais système connu aujourd'hui, voir chapitre VI-11. Si quelqu'un trouve mieux, je suis preneur)

 

 

Sur l'aspect social:

-Les impôts indirects augmentent les inégalités sociales, puisqu'ils impactent les pauvres autant que les riches (soit beaucoup plus en proportion). Pour cette raison, ils doivent être réservés à des cas spéciaux, lorsqu'il est nécessaire de compenser certains problème (deuxième base de l'éthique): taxe carbone, taxes sur l'alcool et la viande, etc.

-Pour une entreprise, le coût horaire de l'emploi (salaires plus taxes) ne doit pas dépendre du temps de travail par semaine (sauf si on arrive à des heures supplémentaires, où travailler doit bien sûr être plus cher). Cela rend possible pour la Loi, ou pour les gens, d'ajuster facilement le temps de travail par semaine.

-Une durée maximale du travail permet de partager le travail de manière équitable. La loi peut réduire la durée maximale du travail, afin que les entreprises soient obligées d'embaucher plus de personnes, ce qui élimine facilement le chômage. Dans un premier temps, les emplois à temps partiel permettront à tout le monde d'avoir un emploi, et à long terme le temps de travail sera moyenné. Ce temps de travail moyen peut être ajusté d'après les besoins de la société, tandis que les individus sont réellement en mesure de choisir entre plus de revenu ou de plus de temps libre.

-Nous avons estimé dans la section I «La sophistique du plein emploi» que seulement deux à quatre heures par jour seraient vraiment indispensables. Si on y arrive, alors les gens peuvent se porter volontaires pour plus de travail, pour la culture ou pour des grands projets (comme l'exploration de l'espace). Et au lieu de faire cela gratuitement sur leur temps de repos, ils pourront être payés.

-Il n'y a aucune différence réelle entre les taxes salariales et les taxes patronales. Juste que le montant total doit être connu par les deux. Les gens dans les pays communistes acceptaient des hauts niveaux de taxes et de travail communautaire, parce qu'ils jouissaient des résultats directs et visibles: école, santé, retraite, transports gratuits, et autres services disponibles à tous les citoyens de base.

-Il doit y avoir des minima sociaux suffisants pour permettre aux personnes les plus pauvres de vivre de manière décente: éducation et santés gratuits, congés payés, revenu minimum, retraite significatives, allocations de parent isolés, allocations de handicapés, etc.

 

 

Sur l'aspect financier:

-Une Banque est un organisme à but lucratif (habituellement privé, mais qui peut être plus ou moins possédé par les pouvoirs publics) qui rassemble les économies ou les comptes des personnes et investissent ces sommes dans des prêts commerciaux ou de consommation. Une banque qui prête de l'argent qui n'est pas dans son inventaire ne «crée» pas de l'argent, elle exécute une escroquerie pyramidale, voire elle fait de la fausse monnaie. Si je faisais ça moi-même, j'irais en prison.

-Les cours de la bourse et les taux de change des monnaies ne «varient» pas: ils sont modifiés par quelqu'un (qui change les étiquettes, comme dans une épicerie). Dans les temps anciens, ces changements se faisaient à la main. Aujourd'hui, ils sont effectués automatiquement par des ordinateurs, mais ces ordinateurs ont toujours les propriétaires et les concepteurs, qui fixent des critères et des objectifs aux algorithmes. Ces personnes doivent expliquer pourquoi ils changent les prix, et publier leurs critères et leurs algorithmes, d'une manière clairement compréhensible pour tout le monde.

-L'objectif de la bourse et des actions n'est pas la spéculation. C'est pour que les gens avec de l'argent financent des entreprises. Elles sont rémunérées pour ce service, par les dividendes.

Si le prix des actions change, alors les investisseurs peuvent aussi gagner de l'argent de cette façon. Mais dans ce cas, le moins que nous pouvons faire est un contrôle plus rationnel sur les algorithmes qui calculent le taux de la bourse: le bénéfice de l'évolution du prix des actions doit toujours provenir des bénéfices des sociétés, et non pomper leurs actifs. Egalement, tous les petits jeux d'attaques en bourse et de tactiques pour nuire aux concurrents doivent devenir illégales ou inutiles.

-Seules les personnes physiques doivent pouvoir échanger des devises ou des actions, dans un bureau de banque (les entreprises peuvent être représentées par des employés). Il est totalement obscène et absurde d'avoir des robots spéculant partout dans le monde, ou possédant une société pendant dix millisecondes.

-Il faut un plan sur 30 ans, pour stabiliser les taux de change progressivement et arrêter toute spéculation sur un si précieux patrimoine commun que notre argent. Pour cela, il faut atténuer progressivement les variations des algorithmes qui calculent les taux de change, jusqu'à ce que toute modification devienne impossible. C'est une méthode beaucoup plus douce que le «serpent monétaire» qui a servi à stabiliser les monnaies européennes avant l'introduction de l'Euro. A noter que le Yuan et le Dollar apparaissent clairement synchronisés depuis plusieurs années déjà, de sorte que cette exigence est probablement déjà en vigueur dans certains endroits, voir les courbes à la fin de cette section.

-L'avantage réel de l'opération précédente serait que le coût de la vie devienne à peu près identiques entre tous les pays, mesuré en n'importe quelle monnaie. Cela peut nécessiter une poussée progressive sur les taux de change afin de compenser les écarts, dans le même plan de 30 ans. La raison est que, par exemple un travailleur aux USA et un ouvrier chinois peuvent acheter environ la même quantité de la production locale de leur travail. Toutefois, le travailleur chinois peut payer seulement la moitié de la production internationale, par rapport à l'américain. Une telle situation déloyale sème des graines de troubles et d'injustices.

-Les monnaies «virtuelles» n'ont pas à être imposés sans discrimination comme «revenus». Les lois et impôts doivent plutôt faire la distinction entre leur véritable source: don, bénéficie, spéculation, jeu d'argent, etc. tout comme avec l'argent «réel».

En faits, il y a trois sortes d'argent :

1) les monnaies avec un cours légal.

Nous ne discutons pas ici des lois et des taxes qui les régissent, mais nous les utilisons comme référence pour les autres cas.

2) les monnaies sans cours légal, qui s'inscrivent dans trois catégories :

2-a) dans un monde virtuel où la devise peut être échangée avec de l'argent légal 1) ou contre des biens. De sorte que, bien qu'on les appelle «virtuelle», nous devons les considérer comme de l'argent réel, c'est à dire avec une valeur réelle. Étant donné que les lois protégeant 1) ne s'appliquent pas dans le cas 2), la société qui gère le monde virtuel doit garder une sauvegarde en monnaie 1) comme sauvegarde en cas de faillite.

Les mondes virtuels sont souvent internationaux et non locaux. Ainsi, par manque de lois internationales suffisantes, il est difficile de taxer l'argent à l'intérieur. De plus, cela ouvre de dangereuses brèches dans la liberté de vie virtuelle, par exemple d'avoir des personnages anonymes. Ainsi, la tendance récente est d'imposer l'ensemble des sommes virtuelles comme des revenus, au moment où elles sont échangées contre de l'argent légal 1). Cependant, ce n'est pas juste d'appliquer globalement les impôts à n'importe quelle somme 2-a), puisqu'elles peuvent être des dons non imposable (des organisations caritatives gagnent des sommes notables comme ça). Ces taxes doivent au contraire distinguer la source: dons, prébendes d'artiste, ventes, jeux de hasard, etc. Les mondes virtuels sérieux offrent des relevés des paiements permettant de distinguer dans quelle catégorie placer ce sommes.

2-b) sont des monnaies sociales alternative, ou billets, tickets, etc. mis en oeuvre par des collectivités locales, des groupes sociaux, des groupes spirituels, etc., pour favoriser une économie plus équitable. Il y a une grande variété de cas, mais le plus souvent, leur but est la répartition et la solidarité, bien que certains proposent également des entreprises alternatives pour le développement. Les taxes doivent alors être appliquées selon les cas: aide mutuelle, action humanitaire, ou entreprises. Bien que ces entreprises peuvent aussi avoir une utilité sociale qui peut leur faire appliquer des exonérations fiscales.

2-c) sont les devises de spéculation. Dans leurs formes et leurs «justifications», elles sont difficiles à distinguer de 2-b), sauf pour un critère très pertinent: leur taux de change est variable selon un «marché» et calculés par des algorithmes à des fins de spéculation. D'un point de vue spirituel et social, elles prétendent être des «monnaies alternatives» 2-b), mais en faits, elles vont dans le sens inverse de 2-b): renforcer l'égocentrisme. Politiquement, ce sont des tentatives libertariennes d'échapper au contrôle des États. C'est pourquoi elles utilisent le cryptage, le secret et l'anonymat pour exister. Tout cela ressemble plutôt à une magouille pour éviter de payer les impôts tout en se sentant «politiquement bien». Bien sûr, ces rémunération 2-c) doivent être taxée selon leur nature, de la spéculation dans ce cas.

Une manipulation mentale fréquente est d'appeler les monnaies 2-c) de «l'argent virtuel», ce qui amène la confusion avec le cas 2-a), dans le cadre général du dénigrement des mondes virtuels, ou de répandre l'idée fausse comme quoi tous les mondes virtuels seraient des lieux immoraux.

Cependant, on aurait intérêt à vérifier ce qui se passe réellement dans les mondes virtuels utilisant des monnaies 2-c): casinos déguisés, antres de blanchiment d'argent, ou pire encore. Aucune beauté elfique là, en tout cas !

3) les monnaies de jeu de rôle, qui sont utilisés uniquement dans un jeu de rôle et ne permettent pas d'acheter de biens ou de services en dehors de ce jeu de rôle. Elles se répartissent en deux sous-catégories :

3-a) est une monnaie de jeu qui ne peut pas être échangée contre un bien, un bénéfice ou une monnaie du type 1) ou 2), car cela gâche le jeu, apporte des avantages indus à certains joueurs, ou favorise la dépendance au jeu. Les monnaies de jeu de rôle 3-a) ne peuvent être imposées dans aucun cas, puisqu'elles ne deviennent jamais des revenus réels. Ils n'ont pas non plus besoin d'être garantis par des sommes légales 1).

3-b) est une monnaie de jeu qui peut être échangée avec l'argent des catégories 1) ou 2). Dans ce cas, les sommes obéissent aux mêmes lois que les casinos ou les jeux d'argent (idéalement interdits) et doivent être imposées en conséquence.

Il est fortement recommandé aux mondes virtuels honnêtes de garder une distance suffisante avec 2-c) et 3-b). Au moins cela améliorerait la réputation de la vie virtuelle.

Idéalement, les banques classiques pourraient proposer des comptes d'argent virtuel 2-a) et 2 b). Ces banques peuvent fournir aux gouvernements des moyens efficaces pour lutter contre l'évasion fiscale et autres activités illégales, tout en gardant le niveau requis de vie privée et l'anonymat pour les utilisateurs de mondes virtuels. Ces comptes virtuels serait également d'une grande utilité à la vie virtuelle elle-même: protection contre la fermeture des mondes, échange d'argent entre deux mondes, guichet unique pour chaque utilisateur, identités fédérées, sauvegarde des biens virtuels, etc.. A la limite, nous pourrions même leur confier de argent de jeu de rôle 3-a).

Pour plus d'informations sur les besoins de la vie virtuelle, consultez mon site kailye.net.

 

 

Pour échapper aux fers:

Je sais très bien ce qui se passera lorsque les personnes concernées liront ce sous-chapitre: ils diront que je ne suis pas sérieux, étant donné que je ne porte pas de costume noir ni de cravate. De sorte qu'il est totalement inutile d'attendre une quelconque réponse, ni même un débat. Alors, je donne quelques conseils aux gouvernements qui vont tenter d'échapper au carcan de la dette. L'expérience de la Grèce nous a montré quelques pièges:

-Construire une équipe de gens instruits en mesure de maîtriser leur psychologie, au lieu de dépendre d'un seul dirigeant charismatique.

-Ne jamais dire que vous êtes de gauche ou de droite (chapitre VI-11) et ne faire aucune alliance avec quiconque est impliqué dans l'escroquerie gauche-droite, en particulier les «libéraux», les libertariens ou les marxistes (et d'autant moins les extrêmes).

-De même, refuser strictement toute association avec les nationalistes, rétrograde, violents, théories conspirationnistes, extrémisme religieux/athée, anti-science, anti-spiritualité, astrologie, etc.

-Dans les négociations, arrêter toute discussion à 18h et n'acceptez jamais d'alcool. Plus tard, c'est pour les clubs BDSM, pas pour les débats démocratiques.

-Être au 21ème siècle: utiliser les mondes virtuels pour les réunions, pas une centaine d'avions de ligne.

-Une des propositions grecques intéressantes était une monnaie alternative, le «You» («je te dois» en grec) qui serait un argent réel que nous détenons, échappant au mécanisme de la dette. Bien sûr la Grèce ne pouvait pas faire ça toute seule. Mais dans quelques années, plusieurs pays peuvent être capables de s'unir dans un tel projet.

-DONNER l'argent nouvellement créé là où il est le plus nécessaire: usines solaires, les plus pauvres, entreprises en difficulté, etc.. Vous pouvez être sûr que ces gens le dépenseront immédiatement, ce qui en fait le moyen le plus rapide pour rentrer dans le cycle de l'argent, là où il sera utile pour tout le monde. En revanche, dans l'escroquerie de la dette, l'argent nouvellement créé va surtout à la spéculation ou à l'arrogant étalage du pouvoir.

-Ne pas jeter l'argent de la fausse dette. Il sera utile pour... payer la dette. De cette façon, les gens en costume noir n'auront rien à dire.

-Et surtout, ne pas «revenir» aux «anciens» argents et systèmes, protectionnisme et isolationnisme, mais au contraire aller de l'avant vers le libre échange, l'amitié et les unions entre pays, la monnaie mondiale unique et la non-dualité entre global et local (voir la section II sur la Vraie Economie Absolue, et mon idée d'une constitution européenne sérieuse). Nous sommes dans un flux de progrès spirituel de l'humanité, et essayer d'aller dans n'importe quelle autre direction est comme essayer d'arrêter un train avec notre doigt.

 

 

Monnaie complémentaire:

Pour faire face à la raréfaction intentionnelle de l'argent, de plus en plus de collectivités locales émettent des monnaies locales. L'exemple le plus connu est la livre de Bristol.

La plupart des monnaies locales existantes peuvent s'expliquer avec une histoire bien connue des économistes: dans une petite ville en proie à des problèmes économiques, une riche américaine séjourne une nuit. Elle dépense un billet de 100 dollars à l'hôtel, une fortune pour les gens du pays. L'aubergiste utilise ce billet pour l'achat de matériaux dont il avait besoin. Le marchand l'utilise ensuite pour payer un maçon pour effectuer une réparation. Le maçon utilise pour payer une dette, et ainsi de suite jusqu'à ce que le billet revienne à l'américaine parce qu'elle a vendu quelque chose. Ainsi, simplement par son voyage circulaire, le billet n'a pas apporté de richesse en soi, mais il a résolu beaucoup de problèmes économiques. Cette histoire est souvent utilisée par les idéologues de l'argent, car à leurs yeux elle «démontre l'utilité de l'argent». Bien sûr dans le monde réel elle ne démontre rien du tout, comme nous l'avons vu dans la section I sur les systèmes existants: puisque des choses comme la dette et le mérite sont les conventions, de simple croyances, les gens qui ont maîtrisé leurs névroses peuvent travailler en Non-action, de sorte qu'ils n'ont absolument pas besoin du billet pour accomplir les actions indiquées. Mais dans le monde de l'argent, cette idée du billet de l'Américaine est à l'origine d'une monnaie locale comme le livre de Bristol: elle ne crée pas réellement de l'argent, car elle est garantie par des dépôts de livres légales (et est donc techniquement des bons). Mais elle permet à cet argent de circuler plus rapidement dans l'économie locale. Elle est donc un palliatif efficace à la raréfaction de l'argent et aux politiques d'austérité sadomasochistes qui étranglent l'économie.

L'idée de l'argent complémentaire est d'augmenter la quantité de l'argent, rendu rare par les politiques d'austérité sadomasochistes et l'arnaque de la dette. Il ne s'agit en aucune manière de vraie Economie comme décrit dans la section II, mais au moins elle permet à l'économie classique de fonctionner efficacement et de résoudre les nombreux problèmes créés artificiellement.

 

Cependant, il y a peu de chances que les maîtres sadomasochistes de l'économie fassent quelque chose pour aider l'argent complémentaire. De sorte que, à un moment, nous devrons passer à l'étape de la construction d'une monnaie complémentaire (ou chèques, billets, troc, etc..) NON soutenu par une monnaie légale. Ceci devrait être considéré avec attention, cependant, puisqu'un tel système peut s'effondrer si les gens lui retirent leur confiance (puisque l'argent est une convention, elle disparaît si les gens l'abandonne). Pour cela, la séparation d'avec l'argent sadomasochiste doit être progressive.

Un gage de succès pour la monnaie complémentaire serait de viser les pauvres (voire le Tiers Monde, pour une monnaie mondiale). Il y a bien sûr là une motivation éthique: ce sont eux qui en ont le plus besoin. Mais il y a une autre raison technique plus impérieuse: les pauvres seront forcés de l'utiliser (la dépenser), et ils ne peuvent pas l'utiliser à des fins de spéculation. Il ne peut donc pas y avoir de crises liées à la confiance où à la spéculation. De plus, les plus pauvres représentent tout de même une masse économique considérable, qui pourrait rapidement amener le nouveau système à déborder l'ancien.

Le succès d'un argent alternatif comme le bitcoin peut encourager les gens. Cependant, il faut être conscient que les monnaies à taux variable comme le bitcoin sont intrinsèquement un argent de spéculation, utilisé principalement à cette fin, et seulement marginalement pour les échanges commerciaux. De sorte que le bitcoin va en fait à l'encontre des buts de l'économie. En plus il y a eu des cas de personnes qui utilisent leur connaissance du système pour le truquer. Ainsi le bitcoin n'est pas un exemple à suivre. L'argent complémentaire doit donc avoir un taux de change STABLE (au moins assez stable pour décourager la spéculation).

Une monnaie complémentaire a été proposée en Grèce pour échapper aux exigences sadomasochistes de l'Union européenne: le «You». Malheureusement, le «changement de politique» de Monsieur Tsipras a reporté le You aux... calendes grecques.

 

 

L'Afrique et l'Amérique du Sud:

L'arnaque de la dette recrée les conditions de la colonisation dans les pays du tiers monde (si toutefois la colonisation avait vraiment cessé). Pas une occupation militaire du terrain, mais l'esclavage économique, où on fait aux pays pauvres des prêts «généreux», puis on les étrangle lentement et sadiquement, sous le prétexte de rembourser ces prêts, comme nous l'avons vu plus haut sur l'arnaque à la dette des ouvriers. Comment avons-nous pu imaginer une seconde qu'ils laisseraient vraiment les noirs être libres.

Ainsi, ces régions ont fort intérêt à créer leur propre argent, basée sur la production réelle, comme expliqué ci-dessus. Une chose qu'ils peuvent faire tout de suite, tant qu'ils détiennent encore les lois dans leur pays (je dis «encore», parce qu'on entend dire que certains accords internationaux «commerciaux» supprimeraient cette liberté aux pays). Ce faisant, une région comme l'Afrique peut non seulement échapper à la pauvreté et au néocolonialisme, mais aussi devenir leader économique et même spirituel du monde.

Les africains devraient également examiner de très près ce qui a causé l'énorme inflation au Zimbabwe. Trop d'argent émis, comme expliqué au début de la présente section, politique incompétente/autoritaire/corrompue, et l'impitoyable expulsion des fermiers blancs compétents. Tout cela doit être soigneusement examinées et évité dans toute politique Africaine.

 

 

Asie:

-N'abandonnez pas vos traditions. Surtout restez végétariens, puisque la viande consomme trois à six fois plus de ressources. Ou bien êtes-vous prêts à diviser votre population par trois, comme en Europe ou aux Etats-Unis?

-N'abandonnez pas vos traditions. Pourquoi vous habiller comme un banquier puritain de New York, quand vous avez des cultures aussi riches?

-Chinois: augmentez vos paies au niveau européen ou américain. Vous perdrez ce marché, mais vous n'en avez plus besoin maintenant, puisque vous avez rattrapé leur niveau technologique.

 

 

Société mixte et réunification de la Corée.

J'affirme que la société mixte décrite dans la section IV est la seule solution pour la réunification de la Corée. En effet:

-La réunification de l'Allemagne a été relativement facile, car les deux parties ont été séparées relativement peu de temps, et leurs niveaux économiques sont restés comparables, rendant acceptable le coût de la remise à niveau. Par contre les deux Corées sont restées séparées bien plus longtemps, et elles ont divergé radicalement, tant en niveau économique qu'en organisation économique.

-La Corée du Nord souffre d'un retard considérable en nourriture, industrie, Internet, droits de l'homme, spiritualité.

-Une guerre en vue de l'élimination du régime du Nord aurait des conséquences catastrophiques pour les Coréens, et pourrait entraîner le monde entier dans le chaos. Pour cette raison, on ne peut pas souhaiter cette solution. Seule une solution négociée est envisageable. C'est ce qui finira forcément par se passer.

-Dans ces conditions, si le Nord accepte la réunification, il est fort probable qu'ils mettront comme condition de garder leur organisation économique collectiviste.

-Similairement, le Sud mettra probablement comme condition de conserver son organisation économique capitaliste.

-Ni le Nord ni le Sud ne pourront faire face à une migration massive de gens fuyant la famine. Chaque coréen doit donc se voir proposer des solutions sur place.

 

Dans ces conditions, les deux systèmes économiques devront cohabiter, chacun avec son propre système de lois, conventions et taxes. Afin de respecter la liberté de choix de chaque Coréen, cette cohabitation devra être possible en tout lieu. Chaque Coréen pourra alors choisir l'un ou l'autre système, selon ses préférences, ou selon ses avantages ou inconvénients respectifs.

Dans tous les cas, la réunification nécessitera une aide massive, pour le Nord pour rattraper son retard. Une société mixte permettra d'apporter cette aide sans avoir à forcer un changement de système économique.

Conclusion

Mes mots ci-dessus peuvent paraître sévères. Cependant, tout le monde doit savoir que le traitement injuste des Grecs, et plus généralement des agressions comme l'austérité et l'escroquerie de la dette, ont généré un tollé et la défiance, dans tous les pays et dans toutes les couches de la société (sauf dans les médias, qui font comme si de rien n'était). Certains ténors de la politique et des finances ont parlé de «diktat inacceptable», ou évoquant «le démon qui nous fait nous engager à nouveau dans les erreurs du passé». C'est une claire allusion au nazisme, dans une situation qui recrée les conditions de son apparition. De sorte que mes propres termes sont finalement beaucoup plus conciliants.

Mais les mots les plus durs sont finalement ceux «du marché», ce marché que ces gouvernements fantoches traitent comme leur Dieu. Et les preuves se trouvent encore sur le site de la Banque Centrale Européenne, où j'ai rassemblé plusieurs courbes de l'évolution des taux de change avec les années. Notez que, contrairement à l'intuition, quand une monnaie descend, elle gagne en valeur par rapport à l'euro, alors que quand elle monte, elle perd de la valeur.

Il est tout à fait visible que l'Euro, qui est resté élevé et stable pendant des années, commence à perdre de valeur par rapport aux principales autres monnaies (Dollar, Roupie, Yuan) depuis la récente mise en œuvre des politiques d'austérité sadomaso.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre VI-8       

 

 

 

 

 

 

Idées, textes, dessins et réalisation: Richard Trigaux.

 

 

 

Comme tous les auteurs indépendants, j'ai besoin de votre soutient pour que je puisse continuer à travailler à ce site et que puisse exister une expression libre sur le net:

 

 

 

Notice légale et copyright. Sauf indication contraire (signe © dans la barre de navigation) ou exception légale (pastiches, exemples, citations...), tous les textes, dessins, personnages, noms, animations, sons, mélodies, programmations, curseurs, symboles de ce site sont copyright de leur auteur et propriétaire, Richard Trigaux. Merci de ne pas faire un miroir de ce site, sauf si il disparaît. Merci de ne pas copier le contenu de ce site, sauf pour usage privé, citations, échantillons, ou pour faire un lien. Les liens bienveillants sont bienvenus. Tout usage commercial interdit. Si vous désirez en faire un usage commercial sérieux, contactez-moi. Toute utilisation, modification, détournement d'éléments de ce site ou des mondes présentés de maniére à déprécier mon travail, ma philosophie ou les régles morales généralement admises, pourra entraîner des poursuites judiciaires.