English English English        Réduire la page          page couleurs pastel  

Epistémologie Generale        Chapitre V-15       

 

V-15 L'education

 

On définit habituellement l'éducation par l'acquisition de connaissances. Ceci est bien sûr nécessaire, mais ne représente que, mettons, cinq pour cents du processus complet. Et ces connaissances sont bien inutiles, si ce processus aboutit à une personne névrosée, soumise, incapable d'être heureuse, révoltée ou immorale.

La psychoéducation constitue donc une part plus importante, mettons un quart.

Le reste, 70 pour cent donc, est constitué par la maturation du cerveau, qui est assurément la base nécessaire pour ne pas donner un sociopathe, idiot, pervers, délinquant, fachiste, etc.

Je passe donc ces trois parties en revue, par ordre de taille. Mais de toute évidence l'ensemble du processus est nécessaire. Si le cerveau représente 70%, il n'est que la base. Si les connaissances ne représentent que 5%, elles donnent le sens.

La maturation du cerveau.

Nous avons vu au chapitre V-14 précédent comment le cerveau se développe à l'aide d'un mécanisme d'auto-formation. L'éducation doit impérativement tenir compte de ce fait, car ce mécanisme résulte en des périodes de la vie où différents aspects de la personnalité se forment, ou peuvent être définitivement perdus si l'enfant est privé des conditions nécessaires. J'ai écrit ce chapitre avant le précédent, d'où les redites, mais aussi une meilleure compréhension à la lumière du précédent.

 

La maturation du cerveau est, au début, un processus entièrement automatique. Toutefois la conscience neurologique fait partie intégrante de l'automatisme: même si elle ne fait pas de «choix» au sens où on entend ces mots, ce sont tout de même ses réactions qui vont renforcer ou diminuer une expérience agréable ou désagréable. Le tout restant, à ce stade, sous contrôle entièrement neuronal, et donc matériel.

On ne peut pas dire grand chose de l'enfant dans l'utérus. En effet les perceptions sensorielles sont rares, et il va probablement se focaliser dessus (sons, mouvements, fonctionnement de son propre corps). On sait tout de même qu'il passe le plus clair de son temps conscient en rêves... mais de quoi rêve t-il? Probablement de ce qu'il perçoit, ou bien des rêves biologiques comme vus au chapitre V-7. Sans enjeux ni analyse, mais avec des émotions simples, telles que la peur ou le désir.

Avant trois ans, des maturations importantes ont lieu, concernant les voies sensorielles et motrices. Un élément important qui apparaît ici, que Maria Montessori a découvert par la seule observation, mais qui a été confirmé ensuite par de nombreuses recherches neurologiques, est la notion de période sensible: la maturation d'une faculté neurologique donnée ne peut se faire qu'à une période précise de la vie. En fait, tout comme pour la formation du corps, la formation du cerveau suit un plan de construction en une succession d'étapes. La principale différence est que ce processus se continue jusqu'à trois ans, à l'exception des fonctions sexuelles qui ne sont activées qu'à la puberté.

Un point important des périodes sensibles est que la personne a besoin que son environnement lui fournisse des expériences précises, au moment opportun. Cette condition est généralement satisfaite pour les expériences sensorielles, mais plus problématique pour les expériences sociales ou affectives.

Un exemple de période sensible est la maturation de la vision binoculaire. En cas d'échec du cerveau à coupler les deux images, un des deux yeux est «supprimé»: c'est l'amblyopie, un œil qui reste faible malgré le port de lunettes. La correction de ce problème est possible si il est détecté très jeune (d'où l'intérêt de la surveillance médicale pour tous les enfants). Mais plus on avance en âge, plus c'est difficile, et impossible après six ans.

Un autre exemple de maturation, cette fois «silencieuse» et entièrement automatique, est l'apparition de la mémoire à long terme, vers trois ans. Cela correspond probablement au démarrage de circuits nouvellement établis.

La mémoire à long terme apparaît bien dans une conscience déjà complexe et organisée. Par exemple, mes plus anciens souvenirs, vers trois ans, concernent l'achat d'une voiture, un voyage en train, un jardin, un déménagement. Dans ces souvenirs, je savais précisément à quoi servaient toutes ces choses et ce qu'elles impliquaient. Et la fois où j'ai mis le pot de chambre en plastique sur le poêle brûlant, c'était bien pour lui faire avoir des ennuis. (Encore que je fus surpris du résultat, ne sachant pas que le plastique fondait.) Ceci démontre clairement que la mémoire fonctionne bien avant trois ans, mais que tout est oublié ensuite.

 

L'âge de trois ans est une période charnière, où l'enfant sort de son état égocentrique pour découvrir les relations sociales. Avant, il est totalement inutile de lui infliger des compagnies qu'il n'apprécie pas, ou des punitions de quelque nature ou motif que ce soit. Par contre à trois ans il réalise qu'il a de l'effet sur les autres. Cela se voit très vite: en quelques semaines, l'enfant, jusque là mignon, se met à faire des bêtises ou des choses désagréables, avec le petit regard malicieux caractéristique: il ne fait plus n'importe quoi comme un bébé, il sait qu'il peut énerver les autres! L'apparition relativement rapide de ce comportement prend parfois les parents au dépourvu, se demandant ce qui ne va pas, ou pire tentant d'ignorer le problème. En fait tout va très bien: l'enfant commence à «chercher les limites», c'est à dire les règles sociales. Il n'est pas «devenu méchant», il n'a même rien décidé de lui-même, simplement s'élève en lui le désir d'interagir avec les autres, tout comme à la puberté s'élève le désir sexuel.

 

Que faire avec l'enfant qui cherche les limites? Il n'y a qu'une seule chose à faire, mais il faut le faire immédiatement: punir. Oh, pas de raclées, pas de cris, pas de psychodrame: dans un premier temps, montrer son mécontentement. Mais forcément, cela ne suffit pas, puisque c'est justement ce que l'enfant cherche à provoquer! Il ne peut pas encore comprendre par lui-même qu'il ne faut pas. Alors la punition est la seule solution: une tape soigneusement dosée sur les cuisses, répondre à un pinçon par un autre pinçon... simplement histoire de lui montrer que si il est déplaisant avec les autres, alors il doit en subir les conséquences douloureuses. Ainsi l'enfant intègre très rapidement l'idée qu'il doit respecter les autres, au lieu de les utiliser ou de s'amuser à leurs dépends. Si en plus les autres lui manifestent amour et respect, alors il sait qu'il peut compter sur eux. La combinaison des deux lui permet d'intégrer une autre notion encore plus importante: qu'il ne peut pas être heureux seul, mais que l'on est heureux ensemble. Ainsi la nécessaire discipline de la vie en société, au lieu d'être un ennui, devient un outil qu'il s'approprie pour exprimer sa personnalité: on a créé une personne normale et équilibrée, ni soumise ni abusive.

 

Notes importantes sur les punitions corporelles:

Tout d'abord, je suis conscient que, dans certains pays, les punitions corporelles sont illégales, et par conséquent, les conseiller est aussi illégal. Je me couvre donc en conseillant plutôt de ne pas faire d'enfants dans de tels pays. C'est de toute évidence le but de ces lois, d'accord?

Je suis conscient que beaucoup s'opposeront à l'affirmation ci-dessus, en assimilant punitions corporelles à mauvais traitement. D'autres au contraire verront dans mon texte une confirmation de leurs méthodes autoritaires ou fachistes. Mais tous deux commettent la même erreur de type de logique (chapitre I-7). En effet l'enjeu n'est pas «pour ou contre» les punitions corporelles, mais de réussir l'éducation. Tout n'est alors qu'une question de moment, ou de dosage. On a même un diagramme quadripolaire (chapitre I-4):

Discipline

Liberté

maltraitance, fachisme

Laxisme, libertarianisme

Et, comme dans tout diagramme quadripolaire, le bon choix n'est pas la droite ou la gauche, mais le haut. C'est ce que je préconise ci-dessus, et rien d'autre.

Ce dont je parle n'est pas de brimades ni de coups dangereux, mais de punition bénigne, à un moment stratégique et à une fin précise. Je dirais même que c'est d'en priver l'enfant à la période sensible qui est un mauvais traitement. En effet, cela lui enlève la possibilité d'apprendre à respecter les autres, et l'expose à des problèmes bien plus douloureux plus tard. Dans ce cas, la punition est comme un «vaccin», douloureux mais nécessaire pour éviter des souffrances bien pires. Et je ne vois pas de vertueux législateurs parler d'interdire les vaccins!

L'idée de ne jamais punir les enfants n'est pas nouvelle, elle vient des hippies et de mai 68. Ayant visité quelques «communautés» de cette époque, j'ai vite vu les terribles conséquences: ces enfants étaient colériques, agressifs, révoltés contre tout. Pourquoi? Parce qu'ils cherchaient toujours les limites! Ne les trouvant pas, face à des adultes qui acceptaient n'importe quoi d'eux, ils faisaient monter la pression indéfiniment, jusqu'à devenir des petits monstres, comme ceux que l'on voit dans le film témoignage d'époque «Zabriskie Point». Les autorités gouvernementales ou sociales ont beaucoup dénigré ces communautés. C'est extrêmement stupide de leur part, car elles commettent aujourd'hui (2013) exactement les mêmes erreurs! Avec le résultat prévisible: une génération crado-punk qui rejette tout idéal, fait des bandes racistes, brûle des voitures, se perd dans la drogue et la violence par ordinateur... Ils cherchent toujours désespérément des limites qu'on refuse de leur donner!

La loi et les travailleurs sociaux doivent donc servir les enfants, pas les idéologies. C'est à dire interdire autoritarisme ou maltraitance, tout en laissant quelque moyen pour les parents de transmettre le message éducatif. Ce que j'ai pu voir personnellement, ou dans l'actualité, est que les parents ou les professeur peuvent se retrouver littéralement en légitime défense...

 

On a vu au chapitre V-12 que les psychopathies apparaissent probablement à cet âge. Une des explications possibles est que, comme dans l'exemple de l'amblyopie, le processus d'auto-ajustement se déroule mal: quelque chose ne va pas dans la vie affective, et l'enfant s'en désinvestit. De la même façon que les liaisons nerveuses de l'oeil amblyope sont désactivées, les sentiments sont déconnectés du cerveau sociopathique. Ainsi, avec ses sentiments sous le boisseau, son égo est à l'abri des interactions avec les autres, et il peut enfler librement, hors de toutes proportions. Bon, ceci n'est qu'une explication possible parmi d'autres. On a déjà accusé les parents de provoquer l'autisme, et ça a été une catastrophe. Bien d'autres causes peuvent bloquer la maturation du cerveau: encéphalites, réactions auto-immunes, vaccins, chocs, «jeu» du bébé secoué, etc. Beaucoup de choses pourraient agir à la façon de la thalidomide, un excellent médicament, mais qui avait le défaut de bloquer la formation des membres de l'enfant, si il le recevait à ce moment précis. Y aurait-il des thalidomides de l'esprit?

 

Il existe de nombreuses autres périodes sensibles, où l'enfant s'intéresse à la morale, à la beauté, où à différentes activités sociales, intellectuelles, manuelles, artistiques. Bien entendu il doit à chaque fois recevoir les éléments dont il a besoin, sous peine de rater tel ou tel aspect de sa vie. Si on n'est pas prêt à lui donner ce dont il a besoin, alors il vaut mieux ne pas faire d'enfants.

Pendant une période sensible, les enfants se polarisent sur un type d'activité, où ils obtiennent alors des résultats remarquables. Ceci a donné naissance à différent mythes comme les enfants indigos, ou les enfants surdoués. La tentation est alors grande de bourrer l'enfant des connaissances correspondantes. Mais la période sensible passe, et l'enfant s'intéresse à autre chose... le bourrage est clairement contre-productif, car il entraîne plutôt un dégoût de la matière visée. Contentons-nous donc d'obtenir des enfants équilibrés.

 

Les dernières périodes sensibles observables sont à l'adolescence. On a bien sûr l'éveil à l'amour et à la sexualité, où, là encore, des expériences heureuses amèneront l'adolescent à s'investir dans ces domaine, alors que des expériences malheureuses (ou trop précoces) l'en dégoûteront. Bien entendu l'éducation sexuelle doit préparer ce moment, avant que le caniveau ne s'en charge (pornographie, sexisme).

Une autre étape importante de l'adolescence est le détachement des parents et la recherche d'autres modes de vie, d'autres groupes. Dans le monde moderne où tant de choses sont disponibles, cela s'accompagnera souvent de changement d'idées, de valeurs, de culture, de religion. C'est une étape normale et souhaitable, qui ne prend un tour dramatique que si on en fait un drame.

L'adolescence est intéressante pour l'étude des périodes sensibles, car à ce moment les adolescents sont capables d'expliquer ce qu'ils ressentent... a condition d'avoir déjà reçu suffisamment de psychoéducation pour être capables de regarder leurs émotions en face.

L'allaitement, base de l'éducation sensuelle et affective

Rappel: «sensuel» n'est pas synonyme de «sexe». Ce sous-chapitre ne parle pas de sexe.

Rappel: La sensualité est la capacité à jouir de toutes les sensations que nous procure le corps et la nature alentour: contact, mouvement, plantes, éléments, créations artistiques, autres personnes, etc.

Rappel: La … (pas de nom dans notre civilisation, merci) est la capacité à habiter notre corps et de nous y sentir bien, dans tous ses mouvements et capacités. Par exemple de savoir danser rien qu'en entendant la musique.

Rappel: L'affectivité est la capacité à offrir des sentiments positifs aux autres (les sentiments négatifs ne manquent jamais, merci) telle que l'affection, les câlins, l'amitié, l'amour, etc. et aussi d'être capable de ressentir ces sentiments quand les autres nous les offrent.

Ces facultés, qui définissent l'être humain, font la base de notre bonheur et de notre expression, en ce qui concerne la relation avec le monde physique et avec les autres. Il est donc primordial de les développer, avant toute autre chose, si on veut faire mieux qu'un saucisson dans la vie.

Et c'est une affaire très sérieuse: le cerveau humain n'est qu'un cerveau de chimpanzé avec certaines fonctions un peu plus développées. Si il ne reçoit pas l'éducation nécessaire, alors il reste avec un esprit de clan (note 63) de chimpanzé, qui ne trouve rien de mieux à faire de sa vie que de se battre entre bandes en brûlant les voitures.

 

La relation organique entre la mère et le bébé est de loin l'occasion principale de développer ces facultés, notamment par l'allaitement, la toilette, les câlins, les sourires, la parole aimable, et autres gestes de tendresse. Il s'agit donc d'un besoin fondamental de l'être humain, et ne pas l'offrir est criminel, un mauvais traitement au même titre que la privation de nourriture ou d'instruction. Je dis bien un mauvais traitement, dont les conséquences peuvent être graves: idiotie ou retard mental. Après on peut toujours leur apprendre la pensée rationnelle ou les convention sociales, mais le cœur humain est mort.

Ce jugement s'étend bien sûr à toutes les personnes qui tentent d'empêcher l'allaitement: médecins qui donnent des hormones anti-lactation, travailleurs sociaux qui découragent l'allaitement, publicité par les lobbies laitiers, etc. Après avoir culminé dans les années 1970, la criminalité anti-allaitement diminue. Mais le problème est loin d'être résolu, et nous en reparlerons au chapitre VI-6 à propos des «adoptions» homosexuelles ou des «mères porteuses».

D'autres occasions sont également nécessaires pour développer plus avant ces facultés: contact avec la nature, jeux avec les autres enfants, activités manuelles, etc. Une éducation bien conduite comprendra donc obligatoirement tous ces éléments, sous peine, là aussi, de mutiler l'enfant de son futur bonheur.

Quand ma fille avait deux ans, je la mettais dans un sac à dos, et je partais dans la forêt avec elle, pour lui montrer plantes et fleurs.

Le sport n'est qu'un bien piètre ersatz de … (pas de nom dans notre civilisation, merci). Il peut être utile en tant qu'activité d'exploration ou d'expression, mais les notions même d'épreuve ou de compétition lui retirent toute valeur éducative. Sans parler de l'argent dans le sport, qui le pervertit totalement.

 

Le manque fréquent de cette éducation conduit à tous ces gens gris et indifférents que l'on croise dans la rue (faute de les trouver dans des endroits plus intéressants), qui ne vibrent pas et ne s'intéressent à rien, à la sensualité atrophiée, qui ne «sentent pas» les vibrations, ont besoin de drogues ou de violence pour avoir des sensations. Cette incapacité à jour simplement de la vie est un handicap profond. Ceux qui leur ont fait ça ne méritent pas le nom d'humain.

 

Il faut se rappeler que le psychisme humain a été «conçu» par l'évolution pour fonctionner dans un certain contexte: une mère physiquement proche de l'enfant, un père, des grands parents pour les guider, et une tribu avec d'autres adultes et d'autres enfants. Il n'y a pas de «loi» qui nous oblige à suivre ce modèle naturel, mais tout écart se paie d'une façon ou d'une autre. Par exemple la famille nucléaire du monde capitaliste actuel est une des principales causes de la montée de l'égocentrisme, et de la perte de mémoire entre générations (voir un exemple absurde au chapitre VII-2 sur les «abductions»).

L'éducation sociale

L'éducation sociale permet de comprendre et maîtriser les relations avec les autres.

Elle commence par la maîtrise de l'égo, vers trois ans, comme vu ci-dessus. Sans surprise, les cultures où les enfants apprennent cela normalement sont celles qui fournissent le plus de personnes spirituellement développées.

La maîtrise de son égo permet à l'enfant d'avoir des relations normales avec les autres enfants, sans domination ni soumission, sans violence physique ni émotionnelle. Libre de ces obstacles, il peut alors expérimenter toute la gamme des relations humaines: amitié, solidarité, jeu, travail ensemble, camaraderie, groupe, rencontre d'autres cultures, etc. Ainsi il pourra aborder le monde adulte avec déjà une sérieuse expérience de ces choses, au lieu de les découvrir à ce moment. Des mouvements éducatifs comme le scoutisme proposent cela, mais ce serait encore mieux si ils le faisaient dans le cadre d'un idéal avancé comme les hippies avaient tenté de le faire.

Plus qu'avec tout autre aspect de la vie, l'enfant peut avoir des difficultés à trouver des relations humaines normales. Il suffit en effet d'un seul sociopathe ou dominant dans un groupe, pour complètement fausser les échanges, en particulier d'énergie (chap V-17) ou de reconnaissance sociale. Et dans ce monde, il est quasiment impossible d'éviter à l'enfant de rencontrer des idéologies ou des préjugés susceptible de restreindre son expérience, voire de stopper son développement spirituel.

Il faut bien comprendre ici que des choses comme le racisme, le sexisme, les clans, la dominance, les prises de risques (alcool, paris dangereux), l'ordalie (bizutage, «épreuves» etc.), etc. n'apparaissent pas spontanément chez les enfants. C'est comme avec les mots grossiers, ils ne les inventent pas, ils ne font que reproduire ce qu'ils ont entendu. Toutefois il est parfaitement possible aux éducateurs de réagir et de dénoncer ces choses, puis d'enchaîner sur des exercices sociaux qui permettent de les annuler avant qu'elles ne prennent racine. C'est la seule absence de réaction des éducateurs qui induit chez les enfants l'idée que ces choses seraient normales. Et c'est bien ce que j'ai observé lors de mes propres expériences: le silence des éducateurs était toujours compris comme une approbation.

Par contre je peux aussi témoigner de l'efficacité d'une attitude juste de la part des éducateurs: j'ai eu le grand privilège de participer à une soirée scoute contre le racisme, entre français et algériens, en 1967 dans l'oasis de Béni Abbès en Algérie, c'est à dire seulement cinq ans après la guerre. Certes il m'a fallu bien d'autres exercices pour effectivement éliminer tout racisme de mon esprit, mais au moins, dès ce moment, la bonne direction était donnée. Et seulement deux ans après j'ai eu ma première expérience spirituelle.

Ceci implique également que tout le monde soit d'accord dans l'entourage des enfants. Si une assistante sociale s'amène à ce moment pour dénoncer nos méthodes «sectaires», alors elle casse la confiance des enfants envers leurs éducateurs. Si elle voulait s'assurer d'avoir plus tard suffisamment de cas sociaux pour «justifier son emploi», elle a gagné.

 

Si, malgré ces précautions, certains enfants violents, harceleurs ou dominants continuent de perturber les autres, alors il faut les séparer. Cela est utile à deux niveaux: 1) les enfants normaux peuvent continuer leur développement sans être perturbés 2) les violents se font goûter entre eux leur propre cuisine, ce qui reste, à cet âge, le meilleur moyen de les calmer.

Il est de toutes façons toujours utile d'apprendre aux enfants à se protéger des harceleurs, sociopathes, bizuteurs, violents, etc. par différents disciplines psychologiques, spirituelles... ou martiales.

La psychoéducation.

La psychoéducation est l'apprentissage de la maîtrise des névroses, opinions, croyances, etc. qui nous empêchent de comprendre la vie, nous font éprouver des sentiments inadaptés, ou nous font faire du mal aux autres.

La psychoéducation (chapitre V-11) n'est pas quelque chose que l'on inculque à une personne, mais une chose que la personne va entreprendre elle-même. Les seules choses que l'on peut faire pour elle sont 1) de lui donner envie, en se montrant soi-même psychoéduqué, heureux, positif, aimant. 2) de lui enseigner les moyens, en lui expliquant les techniques psychologiques ou spirituelles efficaces.

Beaucoup d'utopies sociales, en particulier le régime soviétique, étaient basées sur l'idée fausse que la société forme les gens: une société communiste aurait du donner des travailleurs motivés et altruistes. Il n'en est malheureusement rien, et c'est la cause la plus fondamentale de l'échec économique des régimes communistes. D'autres communautés religieuses, ou les hippies, ont aussi échoué pour la même raison. Dans le cas du maoïsme en Chine, les religions de ce pays détenaient justement les méthodes de psychoéducation qui avaient manqué à l'Union Soviétique. Leur utilisation dans le cadre d'une société communiste aurait permis d'immenses progrès à la Chine. Le rejet de ces religions par Mao a donc scellé l'échec du communisme en Chine, avant même que commencent les atrocités et le rejet des droits de l'homme. Le comble c'est qu'il le savait, il l'a dit lui-même. Le plus grand tueur d'humains de tous les temps a aussi été le plus grand destructeur d'idéal.

La psychoéducation est basée sur l'introspection: être capable d'observer son propre état intérieur, ses propres tendances et sentiments, au lieu de se soumettre aveuglément à eux. En prendre conscience suffit déjà à diminuer leur emprise. Ensuite, visualisations et méditations permettent de les modifier, de les diminuer ou de les renforcer, selon qu'ils sont négatifs ou positifs.

Toutefois chez l'enfant la capacité d'introspection n'apparaît que très progressivement, de six ans jusqu'à l'âge adulte. Pour cette raison, le tout jeune enfant se contente généralement d'accepter des règles morales ou de comportement, sans les remettre en cause.

La remise en cause de ces règles doit immédiatement alerter: l'enfant cherche à comprendre le pourquoi de ces règles, souvent en se posant contre. Le temps des explications fondamentales est venu, sur le sens de la vie que nous avons vu au chapitre V-5 (amour, liberté, beauté, etc.), et l'éthique qui en découle, que nous verrons au chapitre VI-2 (respecter les autres). Soit dit en passant, les parents doivent être eux-mêmes au clair avec ces questions... sinon leurs explications ne convaincront personne. Ou alors ils produisent la transmission de leurs névroses, préjugés et limitations mentales à leurs enfants! On sait que ceci est à l'origine de dictatures qui se transmettent sur des dizaines de générations, ou de coutumes barbares comme les mutilations sexuelles.

Mais ce moment signale aussi qu'il est temps de donner des outils à l'enfant, comme des méthodes de visualisation simples, des bases de relaxation, etc. Oh, j'en vois qui crient à la secte... Sachez, hypocrites, qu'on m'a fait le coup, dans un cadre tout à fait «normal», et je n'ai aucun regret là-dessus, bien au contraire. Si c'est la seule chose que ces «éducateurs» gris et méprisants ont su m'apporter, au moins elle était de valeur.

Avec l'adolescence, apparaît la capacité de méditer, et bien sûr tout le monde apprend ça à l'école. L'adolescent est alors parfaitement capable de prendre lui-même le processus de psychoéducation en main.

 

Il existe toutefois une autre méthode pour les jeunes enfants qui ne savent pas encore visualiser: ce sont les contes pour enfants. (et bien sûr les livres, films, dessin animés...). Partout et en tous temps les contes ont été utilisés à cette fin, au point de former une large base de l'éducation sociale et morale, voire de définir des cultures entières. Le pouvoir des contes tient au fait que l'enfant s'assimile au héros: il va alors éprouver ses sentiments. Ainsi on réalise l'équivalent d'une visualisation, dont le résultat est toutefois imposé de l'extérieur, sans le contrôle de l'enfant. Bien entendu, ce sentiment est utilisé pour faire assimiler la morale qui conclut le conte.

Il est toutefois de bon ton, aujourd'hui en Europe ou aux Etats Unis, de se moquer de ces contes à la morale souvent entachée de conformisme et de puritanisme (Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi les neveux de Donald dorment dans cette position bizarre: les bras par-dessus les couvertures? Même si ils ne «parlent pas de sexe» dans les livres pour enfants, ces gens les préparent tout de même activement à la honte)

Toutefois les alternatives «libres» (2012) aux contes traditionnels font froid dans le dos: histoires de vampires, de sorciers, appel au racisme contre les blondes, bandes dessinées montrant des enfants caractériels, sexistes, matérialistes, égocentriques... et surtout qui n'évoluent jamais! Quand on voit les poncifs arriérés que cette littérature trimbale, on comprend qu'ils de trouvent pas de bons auteurs, et qu'ils doivent recevoir des permissions très spéciales pour pouvoir publier des histoires de gosses obsédés sexuels sans se faire accuser de pédophilie. Oh, si on vous a brûlé votre voiture, vous savez au moins qui est le commanditaire.

 

Une large part enfin de la psychoéducation est l'exemple que nous proposons aux enfants. Ne pas leur mentir, ne pas faire de promesses que l'on ne peut pas tenir, ne pas être grossier, ne pas se moquer d'eux, ne pas les punir injustement, respecter leurs aspirations, leur intimité, leur religion... sont autant d'exemples que l'enfant va assimiler inconsciemment, et même consciemment passé cinq ans.

Il faut penser que les enfants nous copient, avec fidélité, comme un magnétophone qui recopie un enregistrement. Ils sont toujours aux aguets, et le moindre écart est retenu! Alors bien entendu, si on leur offre un mauvais exemple, il ne faut pas s'étonner qu'ils le suivent, tôt ou tard. Si après on leur parle de morale, ils répondent: «Oui, mais toi tu... ». Inutile de préciser qu'à ce moment on a déjà perdu: l'enfant est sur sa seule course, bonne ou mauvaise, et on n'a plus guère de moyens de l'infléchir.

J'ai vu passer une fois une étude scientifique démontrant un taux plus élevé de délinquants chez les enfants à qui on a fait croire au Père Noël. Malheureusement je ne l'ai pas retrouvée sur Internet, même pas sur Baidu. Je ne suis pas du tout étonné d'un tel résultat: en mentant aux enfants, on leur fait intégrer le mensonge comme une chose normale, à un âge où ils n'ont pas encore de sens moral ni d'esprit critique autonome. Sans parler de ce qui se passe dans la tête de l'enfant quand il découvre que ses parents se sont moqués de lui... En ce qui me concerne, ma mère nous a expliqué que Noël était un jeu, et j'ai fait pareil avec mes enfants. La magie de Noël marche aussi bien comme ça!

 

Enfin un dernier point est que tout le monde doit parler d'une seule voix: père, mère, famille, copains, professeurs, éducateurs, psychologues, médias, bandes dessinées, jeux vidéos, voisins, etc. Sinon l'enfant va automatiquement suivre le chemin de moindre résistance, même si il mène au chaos. Si il ne le fait pas, vous pouvez commencer à vous demander si il est la réincarnation d'un saint.

l'acquisition de connaissances

Acquérir des connaissances demande du travail et du temps. Et les enfants n'en fournissent que si ils ont de l'énergie pour cela. L'école telle qu'elle est conçue aujourd'hui ne marche pas du tout de cette façon, et elle est une perte de temps considérable, par rapport au temps réellement passé à apprendre.

En effet, un enfant peut facilement apprendre des choses relativement compliquées, ou qui demandent du temps et de l'effort, si il le fait parce qu'il a envie, ce qu'il appelle par jeu, ou que nous appelons avoir l'énergie (chapitre V-17). La division puritaine-masochiste entre le jeu «futile» et le travail «sérieux» transforme la scolarité en un pensum déplaisant, ce qui augmente considérablement l'effort demandé à l'enfant, et bloque le désir d'apprendre. L'école pompe de l'énergie, au lieu d'en donner. La question n'est alors pas pourquoi il y a des échecs scolaires, mais comment il peut y avoir quand même des réussites.

Imaginons par exemple un cours de langue: l'enfant se voit expliquer des règles de grammaire. Bien. Puis, pendant le reste de l'heure, il entendra les autres enfants s'exercer. Mais il ne fait pas fonctionner ses propres centres nerveux, il ne modifie pas ses synapses! La semaine suivante, il est interrogé... et se trompe. Il a une mauvaise note. Avec un peu de chance, il comprend pourquoi, mais la mauvaise note reste! Et avec elle la honte, ou la sensation d'être incapable. Et si il ne comprend pas, la règle est sensée être connue pour le reste de l'année, ce qui peut gêner la compréhension d'autres parties. L'enfant accumule alors les mauvaises notes, et il est jugé «mauvais», voire incapable d'apprendre. Les réprimandes, insultes et scènes à la remise des bulletins aux parents ne feront qu'ajouter culpabilité et peur, pour mener à un véritable dégoût de la matière: l'enfant est devenu «mauvais en langues». Il risque alors d'être orienté vers des filières courtes, où il n'aura plus jamais l'occasion d'apprendre des choses importantes. Toute une vie gâchée pour une seule erreur?

Pourtant, à peine quelques années plus tôt, le même enfant a appris sa langue maternelle sans difficulté, simplement en s'amusant. Pas de leçons ennuyeuses, pas d'heures à attendre assis passivement, pas de mauvaises notes, pas de réprimandes en cas d'erreur, pas de culpabilité... Pourtant il applique précisément des règles de grammaires qu'on ne lui a jamais expliquées!!

 

C'est clair qu'il y a un schmoll.

 

Et encore, parler est une chose naturelle. Les maths ne le sont pas. S'investir dans les maths demande de construire des facultés d'abstraction. C'est un processus en plusieurs étapes, chacune demandant des efforts spécifiques. Pourquoi le faire, si on ne comprend pas le but de ces activités mentales? Avec un peu de chances, l'enfant apprendra les leçons par cœur, jusqu'à la prochaine composition. Puis il oubliera. Sinon il sera, là encore, orienté vers des métiers manuels, ou vers des «sciences humaines»... où on a pourtant autant besoin de raisonnements exacts qu'en électronique!

Si l'enfant est doué pour le «par coeur», ce terrible «par cœur» que Einstein détestait, il pourra mémoriser les formules complexes comme celles de la trigonométrie (qu'il suffit pourtant de noter sur un livret) et devenir ingénieur... Là, il n'hésitera pas à fabriquer armes et centrales nucléaires, car il n'a pas développé la capacité de raisonner en dehors de son domaine spécialisé!

 

Il faut également développer la confiance en soi des enfants. Ou plutôt ne pas la casser, car ils l'ont d'eux mêmes. J'ai rencontré récemment une femme retraitée, qui avait toujours eu envie de chanter dans une chorale. Mais elle pensait ne pas pouvoir le faire, parce que qu'un jour un idiot lui avait dit qu'elle chantait faux! Forcément, quand on n'a jamais appris, tout le monde chante faux. Alors qu'on apprend très vite! Ainsi cette femme était passée toute sa vie à côté de son rêve... à cause de quelqu'un dont la seule motivation était de casser les autres.

 

Il est clair qu'il faut utiliser l'énorme énergie des enfants, plutôt que de tenter de la casser. Cela peut se faire facilement, en créant des situations de «jeu» (oui, de jeu), ou bien des enjeux qui sont en rapport avec leurs vies. Alors ils s'investiront spontanément dans l'apprentissage, et obtiendront des résultats bien plus rapides. Apprendre une langue? Il faut que chacun parle! Et ait donc envie de dire quelque chose! Pour cela, il faut une activité qui intéresse les enfants, un jeu, des fêtes, n'importe quoi. Ça pourrait mieux marcher dans une boume, que assis pendant une journée sans rien faire. Apprendre les maths? Il faut que chacun ait vraiment quelque chose à calculer. Et surtout qu'il le fasse lui-même, au lieu de regarder faire sur un tableau! C'est la seule façon de faire fonctionner les circuits nerveux, et de provoquer l'apprentissage neurologique. Et c'est ainsi que les enfants peuvent apprendre sans effort, en s'amusant. Car c'est le plaisir qui est le moteur de l'apprentissage neurologique!

Cela a été compris au moins par les créateurs de jeux vidéo d'extrême droite, qui investissent énormément d'argent dans des jeux violents et immoraux, pour répandre leurs idées.

Ma proposition serait que l'école rompe totalement avec les notions de classe ou d'année scolaire, pour faire des modules de courte durée, avec chacun un thème précis, comme un camp de vacances ou un jeu de rôles. Chacun de ces modules aurait un enjeu qui motiverait les enfants, quel qu'il soit. Le même module pourrait être enseigné avec différent styles, selon les capacités des différents enfants. Surtout chaque enfant choisirait ses modules, en fonction de ses goûts, ou de ses faiblesses. Un des gros avantages d'un tel système est d'éviter les «chaînes d'échecs» quand on a loupé une notion de base qui nous manque par la suite.

La confirmation de ces théories est fournie par les cas d'enfants élevés dans des conditions exactement opposées. Par exemple, j'ai rencontré dans les années 70, et même 80, plusieurs «sortis de DDASS» (enfants arbitrairement incarcérés dans des centres, sans parents ni sorties). Le fait est qu'ils étaient tous d'intelligence inférieure, et bien entendu tous en situation d'échec scolaire absolu. Parce que, tout simplement, personne ne parlait à ces gosses, et on ne leur disait même pas à quoi servait l'école!!!! Le résultat très prévisible est qu'ils avaient tous totalement refusé de s'y investir. Pourquoi étudier un monde extérieur dont on leur interdisait l'accès? Pourquoi faire des efforts, si cela ne changeait rien aux visages indifférents de leurs geôliers? Où trouver des expériences épanouissantes quand on passe sa vie dans le même bâtiment, sans autres activités qu'un ballon ou des cubes?

 

Et quelles connaissances inculquer à nos chérubins? A part bien entendu les matières de base «connues»: écriture, lecture, calcul?

A supprimer, pour des raisons évidentes: L'histoire présentée comme une série de guerres, les langues mortes (sauf besoin spécifique) la fausse philosophie qui ne produit pas d'idéal, les romans et bédés qui présentent des gens incapables de changer.

A ajouter, pour des raisons évidentes: l'écologie, la diététique bio et végétarienne, les bases de spiritualité, la méditation, les méthodes de psychoéducation, le secourisme et bases de santé, la contraception, les différentes formes de logique, l'histoire et la géographie comme moyens de comprendre le monde qui en a résulté, l'histoire de l'Europe entre la fin de l'empire romain et le Moyen Age (y compris le 11eme siècle en Espagne), l'astronomie, la morale, et bien d'autres choses.

Les systèmes éducatifs ou pédagogiques

Il existe de nombreux systèmes et théories de l'éducation, qui vont de l'ignoble au merveilleux.

Le classique «à ne pas faire» est le lebensborn nazi, où ces gens plaçaient leurs enfants «illégitimes» dans des centres sans personne pour leur parler, avec des résultats catastrophiques. En France ou en Roumanie, de nombreux «orphelinats» de l'état ont pourtant continué ces méthodes barbares bien après la guerre. Une spécialité sadique française a été (et est peut-être encore) la torture des enfants en les changeant de famille d'accueil à chaque fois qu'ils établissaient un lien sentimental!! Outre l'effroyable souffrance, les victimes ont souvent des séquelles invalidantes, un statut social très inférieur et la peur des autorités, qui les empêchent de s'exprimer. L'une a pu obtenir son «dossier», montrant jusqu'à 70 changements! Imaginons la souffrance d'un enfant 70 fois orphelin...

Toutefois on assiste récemment à la naissance d'une extrême-droite «libertarienne», qui a ceci d'original qu'elle s'inspire davantage du «Meilleur des mondes» que des uniformes noirs. Un des dadas de ces gens est «l'éducation compétitive», dont on imagine aisément les ravages: être le plus apte à écraser les autres ne rend pas plus aptes à apprendre et à exercer un métier. Mon expérience personnelle montre plutôt le contraire: les plus écraseurs sont les moins aptes à diriger un groupe de manière sensée. Merci messieurs de ne pas tenter l'expérience. Bon, je sais, vous la tenterez quand même. Rendez-vous à Nurenberg, au tribunal.

 

Toutefois de nombreuses pédagogies positives se basent plus ou moins sur les principes exposés dans ce chapitre. Elles ont donné des résultats intéressant et ont gagné de la notoriété partout dans le monde, sauf en France où tout ce qui touche a l'esprit est considéré comme secte. Citons:

-La méthode Montessori, qui repose sur les périodes sensibles, une approche expérimentale de la part des enfants, et le choix des options. Elle a des milliers d'écoles rien qu'aux Etats Unis, et son efficacité a été scientifiquement établie, autant en ce qui concerne l'acquisition des connaissances que la construction d'une personnalité équilibrée.

-La méthode Freinet ou pédagogie active se base plus sur l'expérimentation personnelle que sur l'énoncé de la connaissance. A ma connaissance c'est la seule a avoir influencé les instituteurs en France. Elle est donc assez répandue, quoique pas d'une manière visible. J'ai compris, longtemps après, qu'un de mes instituteurs préférés (à l'école Jean Moulin à Saint Dizier) était un adepte de la méthode Freinet.

-La méthode Steiner, aussi connue sous le nom d'écoles Waldorf (1000 dans le monde) utilise une approche artistique des connaissances, dans des classes fixes. Elles développent aussi de manière efficace, comme j'ai pu le constater, la responsabilité et l'initiative des enfants. En Allemagne, il est conseillé de mentionner une éducation Steiner dans son CV. En France, le plus grand centre a dû faire face à des accusations de secte, qui ont bien évidemment été déboutées en justice.

 

Toutefois l'école traditionnelle, appelée je ne sais pourquoi «moderne», se base encore sur des principes sadomasochistes du 17eme siècle, de l'effort (casser l'énergie) et de l'individualisme (chacun apprend pour soi, compétition). L'élève n'est qu'un auditeur du discours de l'enseignant, qui représente «l'autorité» (féodale? Ou sadomaso?). Ces principes expliquent très bien les échecs scolaires, mais ils n'expliquent pas les réussites. En effet, le fonctionnement d'un enfant est tout autre: il n'apprend que quand il s'approprie une matière. Quand cela arrive, l'enseignant doit alors se mettre humblement au service de ce processus. Et pour l'autorité, la férule et tout ça, il y a des clubs (Pour adultes seulement, désolé).

 

Le rôle de l'entourage

Signalons enfin le rôle important et souvent méconnu joué par l'entourage social des enfants: voisins, amis, etc. En France par exemple, il est de mauvais ton de s'adresser aux enfants des autres, et les corriger provoque généralement une altercation (les parents «soutenant» leurs enfants malfaisants, ce qui bien sûr les enfonce encore davantage au lieu de les aider). Cela peut même nous conduire en prison.

Toutefois en Asie, en Afrique, ou dans les pays Arabes, l'action des voisins fait partie intégrante de l'éducation (ce qui suppose un consensus sur les valeurs à transmettre). C'est pourquoi, en France, on voit souvent les enfants d'immigrés «chercher les limites» auprès de leurs voisins français de souche, dans l'attente de leur action, qui ne vient jamais. Ainsi, les problèmes qui ont été attribués à la race ou à la culture sont en faits de la faute de l'individualisme des français de souche.

L'école et les parents doivent également parler d'une seule voix (et pour cela, donc, se concerter). Cela est évident dans le cas de l'expérience quotidienne, mais ce devrait aussi être le cas des orientation politiques ou philosophiques générales (qui, qu'on le veuille ou non, traversent aussi l'école. En tout cas, ceux qui nous bassinent avec leur «neutralité» laïque sont souvent les premiers à vouloir imposer leur propre religion matérialiste).

 

Exemple personnel, ma fille s'intéressait à la peinture. Bien entendu, moi-même et mes amis avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour l'aider et l'encourager. Ainsi la statue du Bouddha qu'elle a peinte est toujours sur mon autel, après avoir été tout à fait sérieusement bénie par les moines du Monastère Nalanda. Toutefois, quand elle est arrivée au lycée, on lui a expliqué que les tags sont de l'art. Et on lui a donc fait faire des tags... et elle n'a plus jamais peint depuis. Ce mensonge sur la définition de l'art a cassé son aspiration. Non seulement c'est une tragédie, mais en plus elle se produit pratiquement pour chaque enfant! Selon le mot de Gilbert Cesbron, chaque enfant est un Mozart qu'on assassine. Comment s'étonner d'avoir toute cette jeunesse cynique et désoeuvrée, si l'école les a méthodiquement cassés?

Ce cas est l'inverse de l'effet Père Noël vu ci-dessus, mais il mène au même résultat: quand un enfant a une éducation normale de la part de ses parents, mais que la société lui ment (comme on a fait aux miens), alors l'enfant n'a plus confiance en ses parents... Ce qui nous mène au cas suivant:

l'éducation comme outil de formatage idéologique

Les gens qui sont atteints d'idéologie (chapitre I-9, règle 8 et 8bis) tentent toujours de la transmettre à leurs enfants (ou à ceux des autres). Comme personne ne peut adhérer raisonnablement à une idéologie (qui est une névrose, pas une connaissance), le seul moyen est alors d'utiliser des manipulations mentales. C'est la raison pour laquelle les régimes totalitaires de tout poil cherchent toujours à embrigader les enfants les plus jeunes possible. Si ils ne le peuvent, ils ont alors recours à des procédés tels que les enlèvements d'enfants, pour les confier à des parents déjà contaminés.

Si la démocratie et l'état de droit nous apportent une certaine protection contre ces choses, ils ne guérissent toutefois pas les névroses. Les gens qui en sont atteints doivent alors composer avec l'état de droit, et déguiser leurs fantasmes sous des apparences de norme et de raison. Et pour ce faire, il leur est souvent facile de détourner les lois et les normes en vigueur. J'ai eu moi-même à faire face à de graves pressions, de la part de travailleurs sociaux ou de magistrats, qui ont tenté d'enlever mes enfants (le seul document que j'ai évoque un motif religieux). J'ai même vu passer une coalition de plusieurs personnes, dont deux médecins (y compris un «bio»!) et un pédophile («bio» lui aussi!!!), qui voulaient pratiquer une mutilation sexuelle sur mon gamin! Il est clair que les lois démocratiques (chapitre VI-11) en vigueur permettent encore, entre de mauvaises mains, de placer des victimes dans des situations de contention légale qui sont de véritables «niches totalitaires», où il ne manque que le brasero de l'inquisition, pour ces gens se livrer à leurs délires de «normalisation idéologique», ou à leur amusement sadique.

 

A l'opposé complet de ces choses, une véritable éducation ne cherche pas à transmettre idéologies, croyances ou opinions, mais à épanouir l'intelligence et l'esprit critique des enfants. Ce qui justement les protège des idéologies. Les enfants n'adhèrent pas forcément à «nos opinions», parce qu'ils sont d'autres personnes que nous. Mais si ils sont capables de rechercher la vérité par eux-mêmes, alors ils la trouveront un jour ou l'autre, et peut-être même mieux que nous.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre V-15       

 

 

 

 

 

 

Idées, textes, dessins et réalisation: Richard Trigaux.

 

 

 

Comme tous les auteurs indépendants, j'ai besoin de votre soutient pour que je puisse continuer à travailler à ce site et que puisse exister une expression libre sur le net:

 

 

 

Notice légale et copyright. Sauf indication contraire (signe © dans la barre de navigation) ou exception légale (pastiches, exemples, citations...), tous les textes, dessins, personnages, noms, animations, sons, mélodies, programmations, curseurs, symboles de ce site sont copyright de leur auteur et propriétaire, Richard Trigaux. Merci de ne pas faire un miroir de ce site, sauf si il disparaît. Merci de ne pas copier le contenu de ce site, sauf pour usage privé, citations, échantillons, ou pour faire un lien. Les liens bienveillants sont bienvenus. Tout usage commercial interdit. Si vous désirez en faire un usage commercial sérieux, contactez-moi. Toute utilisation, modification, détournement d'éléments de ce site ou des mondes présentés de maniére à déprécier mon travail, ma philosophie ou les régles morales généralement admises, pourra entraîner des poursuites judiciaires.