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Epistémologie Generale        Chapitre V-12       

 

V-12 La conscience névrotique

 

Définitions

Comme vu au chapitre V-2, la conscience brute, non psycho-éduquée (sans méthode d'introspection ou d'évolution spirituelle), voire même pas éduquée (au sens courant du terme), est ce que j'appelle la conscience psychologique, c'est à dire entièrement soumise aux lois de la psychologie, elles-mêmes totalement déterminées par le comportement physique des neurones, tels que bâtis par les gènes.

Et effectivement les psychologues ont étudié en détail le fonctionnement de cet état de conscience, où ils règnent donc en maître, pour notre bonheur ou pour notre malheur, selon qui les paye. Et effet, contrairement à la spiritualité, la psychologie ne reconnaît ni buts de la vie, ni morale. Et effectivement, de nombreux psychologues servent les manipulations des gouvernements, de partis politiques, voire des harceleurs publicitaires. On verra la précision effarante de leurs résultats, au chapitre VI-11 sur la démocratie. Toutefois nous attendons avant tout des psychologues qu'ils nous aident à résoudre nos problèmes, et c'est (heureusement) ce que tenteront de faire les psys de base, qui respectent la morale commune et le serment d’Hippocrate.

 

L'état de base de la conscience psychologique est la névrose. Il y a ici un problème de définitions, qui diffèrent selon les sources. Ce que j'ai cru comprendre, à une époque, est qu'une névrose est un trouble psychologique (qui peut se soigner par la psychologie) alors que la psychose est du ressort de la psychiatrie. Cette différence viendrait du fait qu'une personne peut se rendre compte qu'elle est névrosée, et qu'elle peut donc y remédier, pour peu qu'elle en ait un motif et qu'elle connaisse des méthodes. La morale, ou un but dans nos vies (chapitre V-5), peuvent proposer des motifs, tandis que (normalement) le psychologue peut proposer des méthodes. La spiritualité propose (normalement) les deux. Par contre une personne ne peut pas réaliser qu'elle a une psychose, ni y remédier, parce que dans ce cas le cerveau est endommagé. D'où l'obligation d'un traitement médical, voire de l'enfermement psychiatrique (pour assurer la sécurité du malade, ou des autres).

Attention que j'utilise ces définitions de «névrose» et «psychose» dans tout ce livre, et aucune autre. Bon c'est une sur-simplification: les maladies mentales ne rentrent pas toutes dans une de ces deux catégories. Mais ces deux définitions représentent tout de même les deux principaux cas en pratique, d'où ces deux chapitres.

La névrose

Une autre différence majeure avec la psychose est que, du point de vue biologique, la névrose n'est pas une anomalie du cerveau. C'est la façon naturelle de fonctionner du cerveau, telle que programmée génétiquement. La névrose est l'association d'un sentiment d'attraction/répulsion à un concept ou à un objet. Par exemple, dans la nature, un jeune animal voit un prédateur. Comme il ne connaît pas la question, il ne s'en méfie pas. Mais il suffit d'une agression, et même d'un avertissement des parents, pour que le prédateur provoque dans son esprit un sentiment de répulsion: le jeune animal n'aime pas le prédateur. C'est cela la névrose, et c'est comme cela qu'elle apparaît. Le processus peut même être très rapide, car c'est une fonctionnalité de base du cerveau, découlant directement de l'action automatique de certains circuits parmi les plus basiques, implantés il y cinq cent millions d'années pour assurer un comportement adéquate des êtres les plus primitifs. Selon la personnalité, ce sentiment va se teinter de peur, de dégout, de colère, etc. et provoquer diverses réactions telles que fuite ou attaque. Mais cette diversité même est aussi programmée génétiquement: des réactions diverses offrent davantage d'opportunité de survie au groupe qu'une réaction standardisée.

Toutefois une erreur énorme serait de considérer que cette façon de fonctionner du cerveau serait «bien», ou «normale», et qu'on n'aurait pas le droit de la changer. C'est ce que demandent pourtant les idéologies d'extrême droite comme la déification de la nature, ou la déification des gènes. D'autres peignent ça de couleurs hippies, Marxistes, Nouvel Age ou écolo, mais elles ne font que renforcer leur égo pour mieux utiliser les autres. (J'ai personnellement vu beaucoup trop de cas dans ces milieux, pour penser qu'il ne s'agirait que d'anomalies isolées)

On peut se rendre compte facilement du problème: cette fois ce n'est pas un jeune animal, mais un enfant, qui rencontre pour la première fois une personne avec une couleur de peau différente. Les réactions normales sont la curiosité, ou la peur de l'inconnu. Mais une fois cela passé, des jeunes enfants de races différentes s'entendent aussi bien qu'entre race unique. Les enfants ne sont pas spontanément racistes... Si ils le sont, c'est qu'on leur a appris. En effet, une simple réflexion suffit pour associer dégoût, peur ou haine à la race en général, sans aucune connexion avec la valeur des individus. On a alors créé une névrose contre la race, qui est bien connue sous le nom de racisme. Et cela fonctionne avec les mêmes circuits neuronaux que chez l'animal! Rien de spécifiquement humain n'est entré en jeu. Une huître peut le faire aussi.

Il très clair sur cet exemple que le processus naturel pertinent il y a cinq cent millions d'années chez les vers et les mollusques est aujourd'hui totalement inadapté à la vie des humains, créateur de maladies sociales et de souffrance. C'est pour cela qu'on dit que la névrose est une maladie (névropathie, de pathos = souffrance), même si il s'agit de la façon naturelle est spontanée du cerveau de fonctionner. Ainsi donc il est clair que «naturel» n'est pas synonyme de «bien» ni même de «souhaitable» et même pas de «neutre». Et les idéologies qui idéalisent sans discernement les tendances brutes de l'esprit humain sont extrêmement dangereuses, même peintes en vert.

Comment la névrose nous manipule

La névrose est encore plus vicieuse que ça. Non contente de nous faire faire des choses idiotes, elle peut interférer avec notre capacité d'évaluer objectivement la situation. Par exemple, si on aime un objet, une idée ou une personne, alors on aime les arguments pour, et on n'aime pas les arguments contre. Ce qui peut conduire notre cerveau à ignorer automatiquement les arguments contre, avant même qu'on s'en aperçoive! Ce qui peut mener à des situations dangereuses, comme d'être attaqué par un parti politique, un conjoint, etc. et penser qu'ils nous protègent! L'inverse est aussi vrai, si on n'aime pas quelque chose, on ne peut pas intégrer les arguments pour. Ainsi la névrose peut-elle s'auto-entretenir notre vie durant, et mener à des conduites qui ruinent nos vies. Elles peuvent même atteindre une intensité totalement hors de proportion avec l'enjeu réel, voire se transmettre de génération en génération, aboutissant à des siècles de guerre sans motif!

C'est pour cela que je dis, même si la névrose n'est pas un trouble psychiatrique, elle peut tout de même être un trouble grave et dangereux, susceptible de conduire à des crimes. Elle est de loin la plus grosse cause de souffrance dans nos vies, par exemple quand nous «aimons» quelqu'un, ou un parti politique, qui en réalité nous fait du mal. Notre névrose peut alors nous empêcher de prendre conscience que le mal vient de l'objet aimé! C'est ce que l'on observe par exemple avec l'Union Européenne, où les gens votent, soit pour des partis «majoritaires» qui sabotent l'Europe avec leurs politiques d'austérité, soit pour des partis extrémistes susceptibles de détruire indistinctement tous les acquis de la dire Union. C'est aussi, on l'aura deviné, la raison pour laquelle la victime d'une secte ne voit pas les manipulations que pourtant tous les autres voient.

Les opinions

La névrose la plus courante est la névrose d'opinion. Une telle affirmation peut sembler choquante, dans un monde où la liberté d'opinion est tenue en haute estime. Mais justement, la névrose d'opinion est le pire ennemi de cette liberté. En effet, où est la liberté, si le simple fait d'entendre un argument nous fait développer une névrose pour la première affirmation entendue au hasard, sans que l'on puisse remettre ladite affirmation en cause par la suite? Le fait est que les gens ont tous des dizaines d'opinions sur tous les sujets imaginables, et on verra au chapitre VI-11 comment cela paralyse la démocratie. On peut même ramasser au hasard dans notre baluchon à névroses des opinions contradictoires, comme par exemple d'être Chrétien et capitaliste. Avec ça, quoi que l'on fasse, on est sûrs de se ramasser des gamelles.

En fait la notion même de liberté d'opinion est illusoire: quelle que soit la situation, il nous faut examiner objectivement les choses, et pour cela ne pas avoir les arguments sélectionnés par une névrose. Mais ce que l'on obtient alors n'est pas une opinion, c'est une connaissance. Et la connaissance ne dépend pas de nous, mais du monde! Nous ne pouvons pas la choisir! Combien font deux et deux n'est pas une affaire d'opinion. Savoir pour qui il faut voter pas davantage! Juste que, dans des domaines comme la philosophie, la religion, la politique, leur complexité (rôle de la logique quadripolaire, chapitre I-4) fait que nous avons besoin d'une plus grande quantité d'information pour juger de ce qui est vrai ou pas. Et que ce que l'on trouve est bien plus nuancé que les cases à cocher dualistes des «sondages d'opinions». L'opinion apparaît alors comme totalement inutile, une pure illusion dualiste induisant des réponses qui peuvent s'avérer totalement inappropriées. On peut argumenter que la connaissance est souvent imparfaite ou incertaine. Mais au moins nous avons conscience de ces incertitudes! Un peu de non-dualité (chapitre I-3) permets alors de gérer ces incertitudes, c'est une chose qu'un simple chef d'entreprise sait faire. C'est tout de même bien mieux que de se fermer arbitrairement des options dont on peut avoir besoin plus tard, de par notre arrogance ou nos préjugés!

 

On peut donc dire que, plutôt que de rechercher une illusoire liberté d'opinion, il nous faut protéger la liberté d'information (et sa base la liberté d'expression). Ceci, les philosophes et politiciens positifs le défendent depuis longtemps, au besoin les armes à la main. Mais la grande nouveauté en ce siècle spirituel est aussi la fantastique liberté que nous offre un esprit dégagé de l'attachement aux opinions (névrose d'opinion). Et ça, c'est aussi un combat, mais intérieur, contre nos propres névroses.

A la limite, se réclamer de la liberté d'opinion est souvent le dernier recours de ceux qui n'ont aucun argument réel!

Et pourquoi croyez-vous qu'on nous demande «notre opinion», alors que les média nous imposent la leur? Parce que, dans de douteuses «agences de communication», des centaines de psychologues Orwelliens ont besoin de cette information pour évaluer l'impact de leurs arguments et méthodes de manipulation.

 

Quelques exemples pour faire toucher du doigt à quel point une «opinion» peut être un trouble psychologique, et non pas un droit légitime:

L'archétype d'affaire ayant généré des opinions aussi arbitraires qu'opiniâtres est l'affaire Dreyfuss: les gens se faisaient «leur» opinion selon qu'ils aimaient les Juifs ou non, alors que la situation passait d'une accusation à une réhabilitation. L'affaire est restée connue comme une cause de division dans les familles. A mon avis, elle ne faisait que révéler des divisions sous-jacentes, ou bien leurs égos neuronaux se jouaient de ces gens en leur imposant des opinions au hasard, pour les faire s'affronter ensuite, comme si ces égos étaient des adolescents boutonneux jouant en ricanant à quelque jeu vidéo malsain.

On a vu la même chose à propos de Florence Cassez, une jeune française qui effectuait un séjour au Mexique, dans une ferme qui servait aussi de prison pour des prises d'otages. Le lendemain de l'arrestation de ses hôtes, Florence est aussi accusée et arrêtée. L'affaire dure sept ans, et envenime les relations entre le Mexique et la France, jusqu'à ce que la Cour Suprême du Mexique la relâche, au vu de l'absence de preuves qu'elle ait su ce qui se passait chez son hôte. Ce qui est intéressant de comprendre ici, est que sa culpabilité est devenu une affaire «d'opinion politique»: Ainsi la «droite» et les «associations de victimes» affirment qu'elle est coupable, tandis que la «gauche» affirme qu'elle est innocente, en toute indépendance de toute preuve...

Les climatosceptiques montrent a quel point l'opinion peut déconnecter de la réalité: ils considèrent qu'on est «pour» le changement climatique parce qu'on est «de gauche» (démocrate) tandis qu'on est «contre» parce qu'on est «de droite» (républicain), et que la science «prend une position politique démocrate» en affirmant la réalité du changement! Il est clair qu'il y a des coups de pieds au cul qui se perdent, et sur les deux fesses, car ni la droite ni la gauche ne font rien de toutes façons.

Ce second exemple montre bien que la névrose est un pur mécanisme du cerveau, qui peut mener à des comportements totalement absurdes, voire dangereux ou suicidaires. Dans le cas des délires climatosceptiques, l'attachement à l'opinion supplante même la peur de la mort! On en arrive ainsi à une véritable hallucination névrotique.

(Une hallucination est souvent définie comme la perception d'une chose qui n'existe pas. Toutefois il existe de nombreuses illusions ou fausses perceptions normales, qui peuvent mener à ce résultat. Il faut donc normalement, comme le font les psychiatres, réserver le mot «hallucination» au seul cas où un trouble psychiatrique rend la victime incapable de comprendre que son hallucination n'est pas réelle. Ce que je veux dire ici est que la névrose peut aussi produire, non pas de vraies hallucinations, mais au moins de sérieuses et dangereuses distorsions de la perception de la situation, dont la victime n'est pas consciente. Ce qui justifie le terme «d'hallucination névrotique». Toutefois ce n'est pas un trouble psychiatrique.)

En effet, la victime d'une névrose peut être persuadée d'une chose qui est fausse, ou elle peut être incapable de percevoir une vérité, sous la simple influence de sa névrose. Par exemple un raciste se sentira en insécurité face à une personne de la race visée, ce qui est clairement une illusion, dont elle est pourtant persuadée... au point que le raciste peut agresser un passant innocent, parce qu'il se «sent menacé». A l'inverse, si on montre à un pronucléaire un texte expliquant les effets de son activité, il ne le «voit» pas. Si, comme je le dis, la névrose n'est pas un trouble psychiatrique, elle peut tout de même conduire à des inadaptations sociales invalidantes (racisme), à des conduites criminelles (pollution, discriminations, persécutions policières) voire à des délires (climatosceptiques, femmes Iraniennes «responsables» des tremblement de terre, chômeurs «responsables» de la crise...). Vu sous cet angle, il devient difficile de différencier la névrose de la paranoïa, et on se demande si elles n'auraient pas la même cause profonde, ne se différenciant que par les centres nerveux touchés.

 

Paradoxalement, même une opinion vraie peut être dangereuse. Nous avons quantité d'opinions vraies, comme 2+2=4 ou la Terre est ronde. Toutefois, si nous ne savons pas démontrer qu'il en est effectivement ainsi, alors nous sommes plus exposés à des manipulations qui contesteraient ces faits. En clair, croire que 2+2=4 ne nous protège pas contre un jour croire que 2+2=5, alors que savoir que 2+2=4 nous protège contre ces manipulations. Cela peut sembler un cas limite, mais quand on voit le succès des théories conspirationnistes qui dénient les vérités les plus basiques (changement climatique, vols sur la Lune...), on réalise que c'est au contraire un cas fréquent.

 

Pire encore, avoir des opinions vraies ne fait pas de nous de bonnes personnes. C'est cependant une opinion très courante, et beaucoup pensent qu'ils sont «bons» parce qu'ils ont trouvé quelque opinion vraie au marché aux puces. La raison est simple: d'après nos opinions, nous devons nous conduire de certaines manières spécifiques. Mais notre cerveau névrotique (ou d'autres opinions) nous pousse dans d'autres directions, quand il ne nous interdit pas carrément de nous comporter d'après nos opinions. C'est la raison pour laquelle il y a souvent si loin entre dire et faire. Il ne manque pas d'exemples dans tous les domaines. En religion, les chrétiens ont l'opinion juste comme quoi nous devons pratiquer la compassion. Mais ils ont toujours trouvé des excuses pour participer à des guerres ou combattre d'autres opinions. En politique, les communistes avaient l'opinion juste comme quoi nous devons pratiquer l'égalité. Mais ils trouvaient toujours des excuses pour faire des ségrégation, et quand ils n'en avaient aucune, ils en inventaient à l'aide de la sophistique marxiste, afin de créer des cibles pour leurs jeux de bizutage. Plus récemment, les hippies avaient beaucoup de belles idées sur la liberté, l'amour de la nature et la vie en communauté. Cependant, la plupart furent totalement incapables de les mettre en œuvre, transformant le merveilleux rêve en cauchemar, au point que beaucoup de gens ont été découragés et pensent que c'est est impossible (réaction crado-punk).

 

Bon, il faut nuancer ce qui précède: nos goûts, nos fréquentations, notre couple, notre voie spirituelle... sont tous l'occasion d'effectuer des choix personnels qui ne reposent pas sur une plus grande «vérité» de l'une ou l'autre option. Ce sont en quelque sorte des «paramètres libres»: choisir l'un ou l'autre n'a pas une plus grande ou moins grande valeur morale ou scientifique, ce qui nous laisse effectivement libre de choisir. Mais je préférerais que l'on appelle cela autrement que l'ambigu «liberté d'opinion». Cela tombe de toutes façons dans le concept plus général de liberté tout court: liberté de goûts, de choisir ses amis, sa religion, etc.

 

 

L'exception importante du débat scientifique, philosophique ou spirituel:

Dans ces domaines, la liberté «d'opinion» est considérée comme un élément crucial du processus de recherche de la vérité par essai et erreur. Il existe beaucoup de littérature qui le confirme, qu'il est inutile de répéter. Ce qui se fait couramment dans ces domaines, c'est que chaque scientifique, philosophe ou pratiquant spirituel accepte différentes choses, comme Dieu existe ou pas, l'éther existe ou pas, on peut avoir une meilleure société ou pas, etc. Et il consacrera une vie de travail et d'efforts là-dessus: coûteux instruments scientifiques, action sociale dangereuse, ou années de retraite et de prière.

Je ne peux rien dire contre cela, n'ayant pas plus que les autres reçu la vérité révélée. Ce livre n'est donc qu'une autre contribution dans ce débat millénaire. Cependant, je pense pouvoir ajouter quelque chose de très important: ces choix ne doivent pas être des attachements névrotiques. S'ils le sont, nous prenons le risque que la névrose nous aveugle aux nouveaux développements, gaspillant inutilement tous les efforts investis. Et nous mourons avec elle, pendant que tous les autres comprennent la vérité. Les névroses n'ont aucune place dans la recherche de la vérité.

Ces choix doivent donc être juste de simples choix, dans un monde où la vérité est souvent très difficile à obtenir, ou bien des personnes différentes ont des preuves différentes. Donc, nous ne pouvons nier la liberté pour les gens de poser des hypothèses différentes et engager leur vie sur ces hypothèses. Le processus de recherche de la vérité par essai et d'erreur s'est montré infiniment meilleur que n'importe quel dogmatisme. Mais il implique parfois, hélas, que des vies de travail soient perdues, quand on a posé des hypothèses qui s'avèrent fausses par la suite. Mais montrer la fausseté de quelque chose est encore une victoire sur l'ignorance.

En outre, comme on le voit au chapitre I-3, des valeurs opposées sont souvent des dialectiques Yin-Yang. Dans cette situation, c'est toujours une faute que de choisir une extrême et de rejeter l'autre.

Enfin, de ne choisir qu'une seule hypothèse sur plusieurs réduit considérablement nos chances de succès. Ce que je fais plutôt est de maintenir toutes les hypothèses ouvertes dans mon esprit, dans une sorte d'intrication quantique. De sorte que, quoiqu'il se réifie au moment d'une interaction, je peux toujours trouver une bonne direction. Bon, bien sûr, ça ne marche pas toujours, parce que différentes hypothèses peuvent impliquer des comportements ou des engagements contradictoires, et il faut alors choisir de toute façon. Mais c'est bien plus efficace que de s'accrocher à une seule opinion, prenant alors le risque de voir tout notre travail s'écrouler si elle s'avère fausse. Et non seulement je fais ça dans les domaines de la science ou la philosophie, mais aussi dans la vie quotidienne: Telle personne sera t-elle mon ami? Ce parti politique défendra t-il le bien? Nous ne le savons que trop, dans le monde névrotique, des choses comme l'amitié peuvent soudain révéler des haines cachées. Ainsi ne fermer aucune hypothèse est le moyen de minimiser les risques. Certaines personnes de ma connaissance ont dû l'apprendre à leurs dépends, désolé.

Oh, je peux même pas prétendre être l'inventeur: c'est juste le pari de Pascal généralisé. Ma contribution est seulement d'ajouter l'intrication quantique entre plusieurs paris contradictoires.

Comment se forme la névrose d’opinion

(Ajouté le 19 Septembre 2017)

Nos neurones n’ont pas accès aux faits, mais à des sensations rassurantes ou désagréables, elles-mêmes produites par d’autres neurones. Nos neurones nous procurent donc une «sensation de vérité» pour les idées ou perceptions agréables, ou qui minimisent le stress. Pour les opinions, ce sera la perspective des conséquences sur nous. Par exemple, un ouvrier inculte, aveugle à la violence des révolutions, aimera le communisme, car il y voit une solution à son rêve de richesse (stress faible, sensation attirante). A l’opposé, un riche se sentira menacé par le communisme (stress élevé), et donc il «ressentira» que le communisme est mauvais. Mais une grande variété de conditions personnelles peuvent altérer le résultat, au hasard. Par exemple un riche intello peut devenir communiste fanatique, car sa richesse le protège de l’expérience humiliante d’être en bas d’un système de domination (stress faible). Un sociopathe soutiendra l’opinion dominante quelle qu’elle soit, car cela lui permet de s’amuser à ses jeux de répression (gratification). Ainsi ils se créeront tous les «opinions politiques» communisme ou anti-communisme, au hasard de leurs désirs personnels, séquelles d’agressions, etc.

On peut visualiser que nos neurones construisent une carte des faits du monde. Puis ils affublent chaque fait d’un jugement «bon» (si c’est rassurant, gratifiant) ou «mauvais» (si c’est angoissant, stressant). On peut donc se représenter cette carte comme un paysage avec des vallées et des montagnes: les endroits angoissants sont «haut» dans la carte, c’est à dire d’énergie élevée, tandis que les points rassurants sont «bas». Ainsi le fait d’attraper une névrose d’opinion est un processus neuronal automatique, équivalent à descendre une pente, d’une énergie élevée vers une énergie basse: nous suivons la pente, tout simplement. Et sans gouvernail pour contrôler cette descente, ni même de frein! Pire, cette carte est différente pour chacun d’entre nous, car nos neurones étiquettent les choses chacun à leur façon, au hasard de nos expériences positives ou négatives. Ainsi, ce qui pour certains est un sommet d’incertitude et d’inconfort, est pour d’autres une chaleureuse vallée de bonne conscience, où ils se sentent bien. Mais cette opinion plaisante est surtout un piège d’où ils ne peuvent pas sortir.

Ce sont ces sensations qui sont «l’énergie» qui anime les neurones, au sens où on entend «énergie de calcul» dans les simulations scientifiques. Ce sont ces sensations qui envoient à la conscience l’impression qu’une opinion est «juste» ou «fausse». Mais ces sensations ne sont que des appréciations, des imputations portées par nos neurones, au hasard de nos expériences personnelles! Chacun a donc des sensations différentes pour le même objet, et produit donc une carte des opinions différente. Ce caractère foncièrement hasardeux et trompeur du processus de formation des opinions, explique donc très bien la diversité des dites opinions, selon les personnes.

Ceci explique aussi pourquoi ces opinions sont si souvent en déconnexion de la réalité. En effet, les neurones, étant des objets matériels, ne peuvent pas percevoir directement cette réalité (seule la conscience le peut). Ainsi l’opinion peut se former même en contradiction avec la réalité. Pire, dès qu’une névrose commence à se former, elle filtre ladite réalité, de tous les faits qui la contredisent! C’est ainsi que les gens avec des opinions perdent leur objectivité, non seulement envers les autres opinions, mais même envers les faits concrets facilement vérifiables: dangers du nucléaire, du changement climatique, etc. Pour reprendre l’exemple du communisme, en France, beaucoup de militants sincères n’ont pas cru les témoignages des victimes du régime soviétique, qui bouleversait leur confiance en ce régime. A l’opposé, un anticommuniste voit l’idéal de justice sociale comme une menace. En faits tous les deux sont déconnectés, car tous deux se cachent une partie de la réalité.

Ce sont ces processus qui font aussi que nos opinions nous gouvernent, totalement à l’opposé d’être une manifestation de notre liberté.

On comprend alors pourquoi les remises en cause sont si difficiles: il faut remonter la pente, et retourner vers l’inquiétude, l’insécurité, la peur. Souvent c’est la souffrance ou la dépression qui nous y force. Cela se produit parfois naturellement, à l’occasion d’un choc (par exemple un communiste sincère qui se retrouve au goulag comprend l’hypocrisie soviétique). Ce processus de «remonter la pente» pour reprendre une meilleure direction est connu des mathématiciens sous le non de «recuit logique», car comme pour le recuit métallurgique il brise des liens figés et permet à nouveau la liberté de mouvement. Dans le cas présent, il nous permet de quitter une «vallée», pour une autre, en franchissant une «montagne». Toutefois c’est encore un processus neuronal, entaché d’erreur et de hasard: nous ne contrôlons pas dans quelle nouvelle vallée nous allons atterrir! Un exemple est une victime de secte, qui se voit proposer un catholicisme «sérieux et rassurant» (je le sais, j’ai essayé). On pourrait appeler ça l’effet Soljenitsyne, du nom de ce célèbre dissident soviétique retourné un siècle en arrière vers le capitalisme, au lieu de soutenir les idées de son époque.

 

Heureusement, on peut prendre le contrôle du processus, quand on raisonne scientifiquement: en posant toutes les opinions comme égales, on peut alors les envisager objectivement, leurs bons et leurs mauvais points, et sélectionner les plus vraies, soit par l’observation factuelle, soit par un acte de libre arbitre (chapitre V-3) si cela concerne l’orientation de nos vies. Seul ce processus peut être qualifié de libre arbitre: l’élimination de toute névrose, et une prise de décision basée sur l’appréciation la plus juste des faits.

Le scientifique classique doit toutefois se débrouiller sans aucun outil pour faire abstraction de ses névroses. Ce qui explique que la science n’ait pas produit un seul saint (écrit en 2017, à vous de le changer si ça ne vous plaît pas). Heureusement, la spiritualité facilite énormément le processus, par des méditations appropriées, capables de supprimer l’attachement névrotique aux opinions. Mieux, la méditation sur la non-dualité permet d’éliminer beaucoup d’erreurs de logique fondamentale (chapitre xxx et suivants) qui bloquent la compréhension de la politique, la société, l’éthique, etc. (sixième partie). La combinaison des deux permet alors de raisonner en utilisant les doctrines de notre interlocuteur, et donc de passer outre toutes les soi-disant «impossibilité à communiquer». Cet état de conscience est l’état d’Aria (chapitre xxx). C’est une des premières réalisations spirituelles, qui devrait être au programme du lycée, et compter pour le baccalauréat.

La névrose de croyance

(Ajouté le 19 Septembre 2017)

On considère généralement que la croyance est une forme d’opinion. La différence est le domaine d’application: on parle par exemple d’opinion politique (sur la façon dont la société doit être gérée, ce qui ressort du libre arbitre), tandis que la croyance concerne surtout les faits et données (par exemple croire que la Terre est ronde ou plate, ce qui ressort de l’observation). Le processus neurologique est exactement le même, bien qu’il semble beaucoup plus malsain de croire par exemple que la Terre est plate, que de croire aux promesses des créateurs de goulags. En fait le processus neuronal est exactement le même: les neurones marquent les faits avec des appréciations aime/aime pas. Y compris pour les faits «observables» et «objectifs», car les neurones n’ont pas davantage accès à eux qu’à la haute philosophie. Donc la croyance n’est pas plus barjot que l’opinion.

La croyance en la Terre plate ou ronde est un excellent exemple du processus de formation des croyances, et de l’interaction de ce processus avec la réalité. Pendant longtemps, les gens ont cru que la Terre était plate. En effet, tout dans leur expérience quotidienne leur montrait la Terre plate, et donc l’erreur était parfaitement excusable.

Pour expliquer plus en détail la progression des conceptions, au 6eme siècle avant J.-C., les marins grecs s’étaient bien rendu compte qu’un bateau s’enfonce derrière l’horizon, indiquant la courbure du monde. Anaximander, le premier géographe, avait représenté le monde en forme de bouclier, pour concilier cette idée avec celle d’une verticale constante. De là vient l’idée également très populaire comme quoi le monde aurait un «bord». Ce n’est qu’au 2eme siècle avant J.-C. que Erastothène a compris que la Terre est une sphère où la verticale dépend du lieu, et a ainsi pu mesurer son rayon avec une précision de 2%, restée inégalée jusqu’à l’ère industrielle.

Aujourd’hui, les gens pensent que la Terre est ronde. Ce changement de croyance est possible malgré la discordance avec l’observation quotidienne, parce que les gens ont confiance en la science, la société, l’école, etc. Ces choses creusent donc de larges et profondes vallées dans la carte des opinions, qui peuvent recevoir beaucoup de faits, y compris des faits incompréhensibles au commun, comme la Relativité, ou des crimes comme la vivisection, le nucléaire, etc. Mais encore peu de gens sont réellement scientifiques, capables de comprendre les raisonnements menant à la Terre ronde. Leur opinion reste alors une croyance. Une croyance exacte, certes, mais cela ne doit pas nous leurrer: c’est une croyance tout de même, dictée par la soumission à la société et à la science. Elle reste donc toute aussi dangereuse qu’une croyance fausse: risque de fanatisme (scientisme), voire d’inversion de la croyance:

On remarque en effet depuis quelques années un retour de la croyance en la Terre plate (dont il ne faut toutefois pas exagérer la prévalence: les médias aiment bien étaler ce genre de fausses nouvelles angoissantes, ce que j’appelle effet Bugarach). Une des conditions qui a permis ce retour est l’apparition des théories conspirationnistes. Ces théories proposent en effet un réseau de «preuves» que la société mentirait, ou que l’expérience courante serait fausse. Ce qui peut provoquer le «recuit logique» vu au sous-chapitre précédent, mais de façon perverse: après avoir lu les histoires de conspiration, les neurones voient la société ou la science comme source d’angoisse et d’incertitude, ce qui les force à remonter la «pente», et redescendre dans une autre direction, où la théorie conspirationniste leur semble alors plus rassurante que la société. C’est pourquoi des gens qui croient que la Terre est ronde sans savoir le justifier, sont-ils vulnérables à une contre-croyance comme la Terre plate. Déclencher ce processus est d’ailleurs d’une facilité déconcertante, chez les gens qui n’ont aucun contrôle de leur psychologie, qui vivent dans leur forum Internet, ou dans leur «milieu», sans aucun repère dans le monde réel (dans la cave de leur mère, comme on dit en anglais). Mais personne n’est vraiment à l’abri, surtout quand on est confronté à ces choses pour la première fois.

C’est ainsi la défiance envers la société, voire la haine, qui fait que les neurones de ces gens ont étiqueté le discours scientifique comme déplaisant, et donc produisent une sensation de «fausseté». (une autre explication plus ancienne est le complexe d’infériorité face à l’intelligence des scientifiques). Cette défiance envers la science et la société autorise alors toutes sortes de croyances loufoques et d’attitudes dangereuses. J’appellerai cela l’effet Trump, car ce dernier s’est amusé à regarder directement le soleil, lors de l’éclipse d’août 2017, depuis son squat à la Maison Blanche. Seulement quelques secondes, car il est bien moins stoïque que moi, lol! Mais il fallait tout de même qu’il fasse une pitrerie pour marquer sa haine des avertissements de la science.

Ces processus neuronaux ne sont donc pas anodins: ils peuvent créer des croyances ou des opinions très dangereuses. C’est ce qui arrive avec des choses comme le racisme, dont la propagande sélectionne et déforme les faits. Ou bien, dans une affaire criminelle, un enquêteur malade aura son «sens de la vérité» désignant une personne qu’il n’aime pas. Il sélectionne alors les preuves confortant sa croyance, ou il peut recourir à des choses comme le chantage ou la torture pour forcer la victime à confirmer sa croyance. Qui lui paraît un «fait objectif», exactement comme avec la Terre plate. On le voit bien quand une enquête innocente une personne, mais qu’elle est quand même laissée en prison: la croyance des juges a pris le pas sur les faits scientifiques (une faute professionnelle lourde, qui devrait entraîner un licenciement immédiat)

Ces choses ne sont pas des découvertes: la connaissance de ces processus neuronaux est à la base des méthodes de propagande, conversions forcées, lavage de cerveau, humiliation, etc. Tous les services secrets, médias, terroristes, publicitaires ou manipulateurs d’opinions les connaissent très bien, et ils payent des armées de psychologues pervers pour analyser nos réactions et trouver notre «carte» neuronale des opinions (voir ci-dessus). Ainsi ils peuvent nous pousser d’une «vallée» à l’autre, à leur guise. L’informatisation du processus leur permet même de le faire automatiquement, avec une précision diabolique, impossible à atteindre par un humain. Par exemple les algorithmes de la société Netflix répertorient pas moins de 2000 «vallées» dans notre carte neuronale! Et encore, il ne s’agit que de suggérer des films… d’autres sociétés, bien plus dangereuses, «suggèrent» des votes, des drogues, des guerres!! Même une chose d’apparence aussi inoffensive que la «musique» des supermarchés est soigneusement étudiée, sélectionnée et filtrée, pour que ces lieux apparaissent rassurants et familiers, tout en évitant soigneusement toute référence aux véritables sources artistiques et aux idées progressistes qu’elles propagent forcément. Je le sais, j’ai connu un gérant, qui m’a dit que cette «musique» était imposée par la direction générale, sans choix possible.

>D’où l’intérêt d’échapper à ces processus de création ou de modification des névroses d’opinion ou de croyance, par l’observation du fonctionnement de nos neurones (introspection), et surtout en ne se fiant pas à eux pour se faire une idée du monde (non-attachement aux opinions). La vérité peut souvent être dérangeante, mais quand on la connaît elle est toujours un million de fois plus utile que n’importe quel mensonge ou croyance. Et surtout, elle est sauvagement belle, quand elle est nue!

Dans le cas des faits concrets, la méthode scientifique est ce qui permet d’arriver à la vérité. Elle est certes imparfaite, en tant que processus d’approche par étapes de cette réalité, voire d’essai et d’erreur. Mais malgré cette imperfection, la science libre d’opinions reste toujours le meilleur choix, par rapport à n’importe quelle croyance. C’est la raison pour laquelle je la soutiens sans faille.

C’est aussi la raison pour laquelle je tente, par ce livre, d’étendre cette merveilleuse science aux domaines de la conscience, société, éthique, spiritualité, afin d’éliminer opinions, croyances et mensonges de ces domaines-là aussi. Toutefois, dans les domaines abstraits, par exemple la nature de Dieu, l’absence de preuves concrètes rend la démarche scientifique classique inopérante. Beaucoup de religieux prennent alors la défense de la croyance, qu’ils présente alors comme moyen légitime de connaître ce domaine. Je ne suis pas d’accord: l’absence de preuve matérielle n’est pas l’absence de tout moyen de savoir. Les mathématiciens le savent bien, qui refusent toute preuve matérielle ou observationnelle dans leur domaine, pourtant plus précis que la physique. Je soutiens donc que l’on peut aussi aborder scientifiquement les domaines abstraits de la conscience (seconde partie), et je le fais avec ce livre, spécialement dans cette cinquième partie. Je me permet même de proposer des solutions simples à de nombreuses énigmes qui turlupinent philosophes et les théologiens depuis des millénaires.

La névrose de malhonnêteté

(Ajouté le 19 Septembre 2017)

Même en excluant le cas des sociopathes (qui sont des malades psychiatriques, chapitre V-13), ou des gens qui ont un bon motif (cas de conscience, légitime défense, etc.), on a quand même beaucoup de gens qui mentent, volent, attaquent, etc. pour des motifs bébêtes comme l’intérêt personnel, le pouvoir, l’idéologie (névrose d’opinion), éviter de reconnaître un tort, se poser en supérieur, etc.

Contrairement à une croyance, où la personne est sincère et pense être dans son droit, une personne malhonnête sait que ce qu’elle dit n’est pas vrai, ou que ce qu’elle fait n’est pas correct.

Dans ce cas, la problématique peut se ramener à une seule névrose de croyance: la personne n’aime pas le bien. C’est, neurologiquement, une névrose d’opinion comme les autres, sauf qu’elle a des conséquences bien plus larges: c’est en quelque sorte «l’interrupteur général» qui va conditionner la plupart des opinions de la personne, sur la société et sur les autres. Chez les malades de cette névrose, leurs neurones inversent l’étiquetage correct, qualifiant de «mauvais» tout ce qui est bon, et vice versa. Ces gens sont faciles à reconnaître, même si ils ne sont pas sociopathes: ils dénigrent la gentillesse, l’écologie, la beauté, etc. De là aussi vient le virus idéologique comme quoi «il ne faut pas faire de morale», ou de qualifier les bonnes choses de «ringardes», «politiquement correct», etc. (ces deux expressions sont même des marqueurs très spécifiques de ce problème).

Ce qui est amusant, c’est que les personnes avec une telle névrose savent finalement mieux détecter le bien qu’une personne normale! C’est leur conscience qui le leur dit, et ils ne peuvent pas la faire taire. Alors ils se vengent en agressant les autres ou la société.

C’est ainsi qu’apparaissent les 20 à 50% de gens négatifs qui ne sont pas sociopathes (ces derniers ne sont que 2% à 10% selon les estimations). Si il s’y ajoute une névrose de rejet de la société, ces gens peuvent devenir des bandits. Mais le plus souvent, ils savent que c’est dangereux, ou bien ils ont une névrose de soumission à la société. Alors ils semblent normaux, mais ils émettent des opinions négatives, ils votent en cachette pour des candidats qui font du mal, ou ils se livrent à des petits abus chaque fois qu’ils le peuvent, dans les limites de la loi ou des conventions courantes, ou quand les autres ont le dos tourné.

A mon avis, une telle névrose est si grave que ne pas la soigner est une faute. D’autant plus qu’elle n’est pas une maladie psychiatrique, et que ces gens sont autant capables de libre-arbitre que moi. C’est pour cette raison qu’on met les malhonnêtes en prison, d’ac? Je sais que ce n’est pas la meilleure solution, mais il faut des années d’amour et d’abnégation pour supporter un malhonnête jusqu’à ce qu’il se repente. Il n’y a tout simplement pas assez de monde capable de ça. Faites-le donc vous-mêmes, les gars. Ou bien repeignez vos barreaux en rose...

Plusieurs recherches récentes montrent tout de même que de proposer une vie normale, dans la nature et une société d’entraide respectueuse, comportant les deux sexes, est bien plus efficace que ces prisons grises et violentes d’où l’on ressort endurci ou antisocial.

La névrose de «l'ordre établi»

Les difficultés à trouver la morale juste, et les nombreuses erreurs à ce sujet, font que, pour beaucoup de gens, il est plus «économique» d'adhérer à un «consensus» «majoritaire» ou imposé par «le pouvoir». En effet, dans ce cas, avoir à se soumettre a des diktats arbitraires, même très douloureux (mutilations sexuelles, restrictions budgétaires sadomaso de l'Union Européenne, Goulag...) est ressenti comme un inconvénient moindre que d'avoir à s'opposer à la société. Les gens construisent alors une névrose qui les font «aimer» le système, et détester ceux que ce système désigne comme «anormaux» ou «non intégrés» (Juifs, écologistes, tibétains, femmes, «vanilles», etc.)

Certains qualifieront l'alinéa précédent d'imaginaire, voire de «subversif». La preuve en est pourtant aussi simple qu'implacable: il suffit d'inverser la définition de «l'ordre établi», pour que la névrose s'inverse elle aussi! Et si cette inversion arrive par la menace physique directe, alors, comme dans la tribu de chimpanzés, la névrose peut aussi s'inverser en quelques minutes! C'est ce que l'on observe avec le syndrome de Stockholm (note 84): dans le huis clos pervers d'une prise d'otage, les gangsters représentent alors «l'ordre établi», tandis que la police représente «les anormaux» menaçants... et les otages demandent la protection des gangsters contre la police! Ce que je dis est que la névrose «d'adhésion à l'ordre établi» est exactement la même névrose que le syndrome de Stockholm, et que tous deux peuvent aussi bien mener à des comportements absurdes voire suicidaires, par exemple ces Allemands en 1945 qui se suicidaient à l'approche de leurs libérateurs, ou les types qui s'opposent aux mesures nécessaires contre le SIDA ou le changement climatique.

 

Que les causes des névroses soient bénignes ou naturelles ne doit en aucun cas nous leurrer: certains troubles névrotiques sont graves, on a vu par exemple le racisme. Et la soumission à l'ordre établi peut avoir des conséquences particulièrement dangereuses: mutilations sexuelles, voter pour des politiciens qui imposent des restrictions budgétaires sadomazo, crime d'honneur, voter pour des politiciens déments qui imposent le changement climatique, aider à traquer les Juifs, etc.

 

Remarque importante sur le sens de ce sous chapitre: il ne fait que critiquer l'attachement névrotique à la société. Il ne dit pas qu'il faudrait rejeter la société, ni devenir anarchiste. Quiconque «interpréterait» mon texte de cette façon démontrerait par ce simple fait qu'il n'a rien compris à la première partie sur la logique.

En effet, l'attachement névrotique à l'ordre établi n'est que l'un des deux pôles maléfique dans le diagramme quadripolaire entre discipline et liberté (chapitre I-4). Le pôle positif correspondant est la nécessaire discipline dans une organisation. Ce n'est pas une névrose, mais un choix (pas forcément librement consenti, mais nécessaire à une relation qui fonctionne). Ce pôle bénéfique de la discipline est équilibré par le pôle bénéfique de la liberté, qui permet entre autres de remettre publiquement en cause les défauts de la société, sans avoir à subir de rétorsion. Une société capable de fonctionner de cette façon n'a besoin que de quelques mois pour prendre des décisions efficaces, face à des alarmes telles que l'amiante, le tabac, le nucléaire, le changement climatique, etc.

Adopter une organisation hiérarchique n'est pas une névrose, mais un comportement. Ce je dénonce dans ce sous-chapitre, ce n'est pas ladite organisation, mais l'attachement névrotique à ladite organisation, qui transforme la nécessaire discipline en soumission masochiste.

Mais l'inverse est aussi vrai: c'est aussi une névrose que de détester ladite organisation quand c'est la façon la plus efficace d'agir. C'est l'incapacité à adopter une telle discipline, face aux multiples égos bourgeonnant de partout, qui a conduit à l'échec d'une tentative collective comme Linux, qui n'est pas arrivée à produire des systèmes gratuits de qualité et standardisation suffisantes pour remplacer les produits payants qu'elle prétendait remplacer.

 

Linux tentant d'échapper à une multitude d'égos bourgeonnants

(Extrait de «Tintin» par Hergé)

 

L'organisation de la société (le vrai sens du mot «politique») sera discuté dans la sixième partie, en particulier au chapitre VI-10.

Les virus idéologiques

En biologie, une bactérie est un organisme suffisamment complet pour vivre et se reproduire seul, et agir à notre encontre en provoquant des maladies.

Par contre, un virus est un morceau d'ADN isolé, incapable de vivre seul. Mais il sait utiliser notre machinerie génétique pour se reproduire. Ainsi il peut être plus dangereux ou plus difficile à combattre qu'une bactérie.

Similairement, en psychologie, nous avons vu qu'une idéologie (chapitre I-9) est un ensemble d'affirmations suffisamment complexe pour donner l'air d'être une bonne explication du monde, et emporter l'adhésion d'un nombre notable de personnes. On peut ainsi comparer l'idéologie à la bactérie. Mais alors, un virus idéologique est une affirmation toute faite, isolée, qui ne forme pas une idéologie politique ou religieuse à elle seule, mais qui, combinée avec d'autres idées, peut créer une sensation de vérité suffisante pour induire des croyances fausses ou des comportements inadaptés. D'une manière générale, le virus idéologique est arbitrairement tenu pour «une vérité» par une grande majorité, ou bien la démonstration de sa fausseté n'est pas aisée. De ce fait, il peut littéralement dévoyer des idées ou conceptions plus élaborées, bloquer tout raisonnement, ou dénaturer des connaissances en faussant les nécessaires conclusions. En plus, sa nature discrète, voire inconsciente, le rend plus difficile à éradiquer que les bruyantes idéologies. En effet les idéologies ont un point faible: leurs dogmes arbitraires, alors que les virus idéologiques n'en n'ont pas besoin pour s'implanter dans un esprit.

Il y a de nombreux virus idéologiques en circulation, qui sont d'autant plus dangereux que les gens ne se rendent pas compte de leur nature parasitaire, ou de la façon dont ils neutralisent ou dévoient des idées honnêtes. Mais le mieux est de citer quelques exemples.

-«Chacun sa vérité», ou «la vérité est relative» (signification exacte à la charge de celui qui le dit). Celui-ci prétend que nous ne pouvons pas nous baser sur la vérité objective, ou bien que notre démonstration n'a pas de racine réelle, n'est pas valable pour les autres.

-«Il ne faut pas faire de morale». A l'origine une contestation du puritanisme, ce jeu sur le sens des mots sert aujourd'hui à nous empêcher de nous défense contre des agressions (puisque c'est justement à cela que la morale sert). Son emploi dans un contexte éducatif ou judiciaire est une grave faute professionnelle.

-«C'est ton inconscient qui te fait dire ça» (nombreuses variantes: «ton égo», «ton idéologie» «ton mental», etc.). Sert à supprimer la validité même de nos raisonnements, comme s'ils n'étaient que le résultat d'un processus pathologique.

-«C'est naturel» «l'instinct» «les gènes» etc. arbitrairement considérés comme «bien», «infaillible», etc.

-«C'est la nature humaine, on n'y peut rien», généralement avancé pour refuser la possibilité d'une évolution positive de l'humanité. La notion de «nature humaine» n'a aucun fondement scientifique, bien au contraire la théorie de l'Evolution montre que l'esprit humain s'améliore constamment avec les générations. Le but de la psychologie ou de la spiritualité est également d'apporter ce changement à un niveau personnel ou social, avec des méthodes dont l'efficacité n'est plus à démontrer.

 

De nombreux autres virus idéologiques ne sont pas à proprement parler des affirmations, mais plutôt des défauts de la pensée comme l'esprit de clan ou le dualisme (chapitre I-5). De tels distorsions du raisonnement, peuvent produire de véritables hallucinations dualistes, qui font voir des ennemis mortels là où il n'y a que des gens ordinaires. En effet, la victime est tout simplement incapable de comprendre d'autres catégories que ami ou ennemi, et tout autre cas lui apparaît alors comme de la duplicité, de la trahison. Toutes les idéologies extrémistes provoquent régulièrement de telles hallucinations, au point que leurs victimes commettent des actes insensés comme les attentats suicide. Mais dans la vie quotidienne, la même erreur conduit aussi un grand nombre de personnes à divorcer, engager des conflits, etc. sans véritable raison.

Le biais psychologique

Que les névroses, en particulier d'opinion, paralysent notre jugement, est ce que j'appelais le biais psychologique, au chapitre I-8. Pour beaucoup, cela peut sembler abstrait ou difficile à comprendre, parce que justement l'acte mental d'écarter un argument est inconscient (nos neurones d'huître le font automatiquement, sans nous demander notre avis ni nous en informer). Ainsi nous allons voir quelques exemples de la vie quotidienne, puis plus précisément en science, où le biais psychologique se manifeste aussi.

Dans son livre «Le gouffre de la Pierre Saint-Martin», Haroun Tazieff raconte comment un treuil bricolé a tué un de ses coéquipiers. Il décrit des «blancs» dans ses souvenirs, quand les gens de l'équipe demandaient au concepteur du treuil des vérifications de sécurité élémentaires, en particulier de l'écrou qui devait lâcher: le concepteur refusa brutalement de retirer le cache qui protégeait cet écrou des chocs! Logiquement, l'équipe aurait dû forcer ce barrage. Mais ce qu'ils auraient trouvé aurait remis leur expédition en cause, ruinant des mois de préparation. La peur de la remise en cause a conduit à l'élimination automatique d'un argument du champ de la conscience! Tazieff, esprit à la fois rationnel et humain, a pu décrire précisément le processus. Mais exactement le même processus a joué simultanément pour vingt personnes, synchronisé à la seconde près! Les lois de la psychologie sont souvent d'une précision mécanique.

Je me souviens d'une amie sympa, prof de yoga, que son compagnon escroquait et trompait ignoblement avec une gamine pas sympa du tout. Elle me raconta que, un jour, se baissant sous la table pour ramasser un objet, elle vit leurs pieds enlacés. Une telle vision en aurait fait bondir beaucoup, mais pas elle: c'était tout simplement trop incroyable! Elle n'a donc pas accepté le fait, littéralement pas cru ses yeux. Je dois avouer que moi non plus, quand je les ai vu se parler à voix basse comme des amoureux. Ces visions n'étaient pourtant pas «inconscientes» (pour preuve, nous nous en rappelons) mais l'étape finale du raisonnement vers la conclusion ne s'était pas faite, inhibée par la peur de tout voir s'écrouler.

Ce phénomène joue aussi dans le sectes. C'est un des principaux éléments expliquant que des gens sensés et intelligents puissent se faire prendre par des faux gourous de pacotille, alors qu'en dehors de la secte tout le monde voit le piège. Le plus souvent, la névrose qui joue est ici la crainte de perdre le (faux) monde merveilleux de la secte (mais on trouve toute la gamme des manipulations et du harcèlement moral). Dans l'exemple de la secte «Les amis de la Douceur et de l'Harmonie» qui a volé neuf ans de ma vie, je n'avais tout simplement pas imaginé qu'une personne se réclamant de l'amour universel et de la non-violence puisse se livrer à du harcèlement sadique sur un enfant, par pur sexisme! Ce n'était pourtant pas les indices qui manquaient, mais sortir d'une secte demande toujours de refaire sa vie, ce qui n'est pas facile dans ce monde capitaliste sans vergogne. Bon, j'y suis arrivé quand même! Mais quelle galère pour en sortir les gosses...

 

La science n'est pas exempte de ce phénomène. Citons la fameuse remarque de Lord Kelvin, scientifique de valeur, mais qui pensait pourtant que «les rayons X sont une plaisanterie». Mais ce n'est pas du tout le seul exemple. Ainsi, ayant travaillé pour les balises ARGOS, j'ai entendu raconter que les premiers ingénieurs, ne croyant pas à la relativité d'Einstein, n'avaient pas voulu intégrer de correction relativiste au système! Heureusement, des techniciens subalternes l'ont fait pour eux, évitant un fiasco lors du lancement du premier équipement sur satellite. On était tout de même en 1978...

Le cas le plus typique est ce que j'appellerais «l'effet Schiaparelli»: dans les images floues et dansantes de Mars, à la limite du discernement, certains se faisaient voir les fameux canaux de Schiaparelli, et y croyaient dur comme fer, alors que d'autres ne voyaient rien. Il a fallu attendre les premières sondes spatiales en 1965 pour que les médias cessent de représenter Mars couvert de canaux.

Un autre exemple triste est Nikola Tesla, ingénieur et génial inventeur de toutes nos machines électriques. Mais il refusa aussi, jusqu'à sa mort en 1943, de croire à la Relativité: son attachement névrotique au référentiel Galiléen absolu lui faisait considérer la Relativité comme «insensée». Cela le mena à créer une théorie alternative des ondes électromagnétiques, qui prévoyait notamment une autre sorte d'onde, dite «scalaire». Rien de tel n'a jamais été observé, mais ce «refus de la science de considérer les théories de Tesla» est à l'origine de nombreuses théories conspirationnistes affirmant sans preuve la réalité du champ scalaire, par haine névrotique de la science.

Puisque, logiquement, on en arrive aux théories conspirationnistes, on peut comprendre comment une personne sensée peut s'y faire prendre: L'idée de conspiration suppose un mal caché, que la théorie nous révèle. Le sentiment logique est alors de vouloir dénoncer la conspiration à notre tour... jusqu'à ce qu'on se rende compte que l'argumentaire est foireux (Et si les médias font tant de propagande pour les théories conspirationnistes, c'est pour détourner l'attention des conspirations réelles, mais dont il est trop dangereux de parler pour un individu isolé).

 

On comprend donc que ce processus peut, non seulement nous faire commettre des erreurs, mais qu'il est surtout à la base de toutes les manipulations mentales. Il y a fort à parier que tous les manipulateurs, du colporteur de matelas à la haute secte, connaissent parfaitement ces phénomènes, et qu'ils guettent nos «blancs» pour comprendre nos points faibles. Par exemple j'ai vu une fois un escroc bancaire dire «ouais bon les articles en petit caractères, personne ne les lit», dans l'espoir de provoquer le phénomène.

Et les névroses positives?

Les psychologues sont parfois d'un réalisme impitoyable. Ainsi, ce que nous appelons «être amoureux», ils appellent ça la «névrose amoureuse». Bon. Je comprend que ça choque, quand on a idéalisé l'amour romantique comme le plus beau et le plus important sentiment de la vie. Et effectivement il faut savoir de quoi on parle. On a vu, dans le cas du racisme, une névrose d'aversion. Mais on a aussi des névroses d'attachement. Si elles semblent plus sympathiques, elles n'en ont pas moins la capacité d'obnubiler notre raisonnement et de nous mener à la souffrance, comme on l'a vu avec la névrose d'opinion.

Au départ, le mécanisme est effectivement le même: la personne amoureuse ressent une forte attraction avec la personne aimée, d'autant plus que cette personne aimée lui renvoie de la tendresse. Rien que de naturel, rien de mal, et on ne peut que leur souhaiter tout le bonheur d'une telle situation. Après tout, notre cerveau a été conçu par l'évolution pour fonctionner de cette façon, et produire une relation stable, qui apporte le bonheur aux deux partenaires. Et tant que rien ne vient perturber cette situation, pourquoi ne pas être heureux comme ça.

Mais la confrontation avec les défauts du partenaire se produit tôt ou tard (ou bien il ne se plie pas à notre égo... Mais c'est là notre défaut!). Là, les choses peuvent diverger de plusieurs façons. Si la personne idéalise son partenaire, et refuse de voir les mauvais points, alors elle se retrouve en position d'être manipulée et asservie: la névrose amoureuse la rend esclave! Si, à un moment, la découverte d'un défaut du partenaire (ou simplement qu'il ne se soumet pas à notre propre ego) produit un choc déplaisant, un sentiment d'être trahi, alors la névrose d'attraction se change en névrose de haine. Beaucoup de couples sont victimes de ce problème, et divorcent dans les insultes, alors qu'au départ ils s'aimaient sincèrement. Souvent même l'ancien partenaire devient un «ennemi», contre lequel tout est bon, y compris bouziller les enfants pour «se venger». Avant que le divorce soit autorisé, ils traînaient leur enfer en privé, leur vie durant. Dans les deux cas, la névrose «naturelle», «positive», a tourné à la névrose productrice de souffrance et de mauvaises actions. C'est pourtant exactement le même processus neuronal, voire le même neurone! Le fonctionnement physique de nos propres neurones est impitoyable, totalement insensible aux souffrances qu'ils nous infligent.

 

Le véritable amour sera discuté au chapitre VI-6.

Ce n'est pas inéluctable

Ceci est-il inévitable? Beaucoup d'idéologues menteurs et de fainéants se précipitent vite en souriant pour dire que oui, que c'est là la «nature humaine», «les lois de la psychologie» et autres concepts fumeux ou pseudoscientifiques.

Justement non, ce n'est pas inéluctable, et c'est là qu'on arrive à des choses intéressantes. Personne n'étant parfait, la confrontation aux défauts de l'autre est effectivement inévitable. Toutefois la maîtrise de la névrose permet à ce moment l'émergence d'une nouvelle attitude, un nouveau sentiment: le pardon. Le pardon n'est pas un sentiment «naturel» que les neurones produisent, ou qui serait génétiquement programmé (encore que, on l'observe couramment chez les singes, qui utilisent même des rituels élaborés pour cela). C'est quelque chose que l'on crée, avec décision et effort. La plupart des couples passent en fait par des crises, mais elles sont suivies de pardon, et toutes les noces d'or vous diront que c'est là leur secret.

Cela est-il suffisant? Pas encore: il faut aussi que chaque membre du couple n'impose pas ses problèmes au partenaire. Et cela nécessite souvent des remises en causes radicales des mauvaises habitudes, avec un effort constant pour y arriver. D'autant plus qu'en ces temps d'évolution à marche forcée, des innovations sociales extérieures peuvent aussi amener à l'intérieur du couple des remises en cause inattendues. Si un des partenaires refuse l'évolution sociale, alors il est automatiquement déphasé dans le couple, avec déjà un pied au tribunal.

Le dernier point enfin est que cet effort doit être réciproque. En effet, si un des partenaires pardonne, fait des efforts, s'élève, et l'autre non, alors la tension s'accroît, et à un moment la rupture est inévitable. L'attitude de chaque partenaire à propos de l'autre met pleinement en jeu le diagramme quadripolaire sur la confiance et la crédulité, cité comme premier exemple au chapitre I-4. En particulier des crises répétées avec toujours le même motif ont vite fait d'épuiser la capacité de pardon des meilleurs. La rupture est alors inévitable, et même nécessaire. Après tout, on se marie pour être heureux, pas pour être constamment agressé.

On pourrait conclure que de ne pas faire d'effort pour améliorer sa psychologie est de très loin la plus grosse infraction au contrat de mariage, et la seule qui justifie vraiment le divorce. Par contre elle le justifie toujours. Aux torts exclusifs de celui qui ne fait pas d'effort, bien entendu. L'intérêt des enfants commande alors qu'ils soient placés avec l'autre parent.

 

La solution: la psychoéducation

La problématique du couple vue ci-dessus s'applique en fait à tous les types de relations humaine: amitié, travail, jeu, groupe spirituel, tribu, village, etc. Toutes ces situations sont susceptibles de produire des problèmes de relation, et nécessitent donc que chaque membre améliore son comportement. Toutefois dans chaque cas, des névroses d'attachement, d'aversion, d'opinion, de clans, etc. vont contrecarrer ces adaptations. Chacun des membres du groupe pense alors que les problèmes sont de la faute des autres, et il crée une névrose de haine en conséquence.

La conclusion inévitable est qu'il nous faut apprendre à maîtriser nos névroses. Ne pas le faire nous met dans la position d'une balle de flipper, ballottée et frappée de tous les côtés. Le faire permet de maîtriser nos vies, d'éliminer toutes les sources de malheur produites par nous-mêmes, et de consolider les causes de bonheur.

Ce n'est d'ailleurs pas une découverte: politesse, morale, éducation, civilisation, lois, vont tous dans ce sens. Toutefois ces choses ne font que contrôler notre comportements, pas nos sentiments. Elles nous forcent à agir à l'encontre de nos haines ou attachements, en en créant d'autres plus violents: culpabilité, peur de la punition, de l'exclusion. Par exemple le mariage force des couples malheureux à rester ensemble. A l'inverse, le divorce automatique brise des couples qui auraient pu être guéris. Il en va de même pour les contrats de travail, et d'une manière générale de toutes les obligations sociales, qui donnent souvent l'impression d'un carcan, d'un esclavage, même quand elles concourent à des buts communs positifs. Par exemple l'ouvrier rivé à sa chaîne est malheureux, mais il est tout de même bien content d'aller en vacances avec la voiture qui sort de la dite chaîne. Nous verrons de toutes façons au chapitre VI-10 que, ultimement, il ne peut y avoir de système de loi ou d'économie totalement juste... et ce que je propose à la place.

 

La véritable psychoéducation consiste à modifier nos sentiments, plus précisément à contrôler nos névroses, au lieu de les laisser nous contrôler. Certaines névroses sont totalement inutiles, comme le racisme, et on peut les éliminer comme des poux. Mais d'autres névroses sont positives, comme la névrose amoureuse, ou protectrices, comme la peur des accidents. Dans ce cas, il faut, par des visualisations ou méditations appropriées, découpler le sentiment de l'objet: on détruit ainsi le conditionnement. Le sentiment peut alors continuer à jouer son rôle normal, de plaisir ou d'avertissement, mais sans plus fausser notre perception de la situation. Par exemple, si on est victime de soumission dans un couple, alors on peut prendre connaissance des indices, comprendre la situation, et agir en conséquence. Et si le partenaire dominateur refuse de changer, alors le divorce est à ses torts. (Nous verrons plus précisément mariage et divorce au chapitre VI-6.) Il en va de même avec les relations sociales en général: chaque personne devient libre d'évaluer objectivement ses relations avec les autres, et d'adapter son comportement en conséquence, sans avoir à se sacrifier. C'est alors ceux qui ne le font pas qui se marginalisent de la société psychoéduquée. Dans les mondes virtuels on les appelle des «drama queens» (littéralement: «reines du psychodrame»).

 

Une excellente comparaison serait avec une voiture. Le fonctionnement naturel de la voiture est de suivre les commandes du volant. C'est sa «névrose», câblée dans sa mécanique. Ce n'est pas une anomalie, ni un bug, ni l'action du diable ou du patronat. Mais si on laisse la voiture suivre sa «voie naturelle» être «elle même», elle nous conduit droit au fossé, ou dans l'autre voiture en face. C'est ce qui arrive quand on se laisse aller à nos névroses, qu'on n'accepte aucun conseil, qu'on veut être «soi-même» au détriment des autres. On se retrouve «au fossé» (paresseux, alcoolique, etc.) ou bien «dans la voiture d'en face» (en conflit avec les autres).

La façon habile de conduire une voiture n'est pas de lui laisser suivre sa «voie naturelle», mais de tenir le volant, sans jamais le lâcher une seconde. Ainsi le conducteur (la conscience) commande à la mécanique (les neurones). C'est un effort constant pour suivre la route (les défis et vicissitudes de la vie), mais ça s'apprend, et une fois cela fait, on y arrive sans plus y penser: la psychoéducation n'est pas beaucoup plus difficile que de conduire une voiture, quand on sait comment s'y prendre, et qu'on s'est assez entraîné. Et quand on y arrive, alors on est libre d'aller où on veut avec cette voiture (de choisir nos expériences de vie, au lieu de les subir).

Etre psychoéduqué, c'est comme de marcher: cela demande un contrôle constant (sinon on se casse la figure), mais qui est si bien intégré à notre esprit qu'on ne s'en rend même plus compte. Toute notre énergie peut alors aller à autre chose.

 

Certains pourraient penser que ce n'est «pas naturel» de contrôler notre esprit.

 

Justement si, ça l'est.

 

Mais c'est de la nature de notre conscience, pas de la nature de la matière ou des gènes.

 

C'est à dire NOTRE nature.

 

Et comment fait-on, alors?

Les méthodes traditionnelles, comme se forcer, avoir honte, se faire punir, taire notre souffrance, sont pénibles, peu efficaces et souvent dangereuses. En effet, l'esprit humain n'a qu'une capacité très limitée à supporter souffrance ou sacrifice. Au delà, des choses graves peuvent arriver. Clairement, les voies spirituelles qui n'ont pas d'autres outils à proposer que la culpabilité ont besoin de télécharger la dernière version.

Les «analyses psychologiques» du genre monologue sur un divan sont longues et d'une efficacité très discutable. Les «interprétations» selon tel ou tel système conceptuel, différent du nôtre, n'apportent pas grand chose, et risquent plutôt de nous égarer. A quoi sert-il de s'entendre dire qu'on a un complexe d'Oedipe ou un stade anal? Ça ne nous donne pas envie de pardonner à notre compagnon qu'on vient de trouver au lit avec quelqu'un d'autre.

 

La méthode la plus efficace, tout en restant à la portée de tous, s'appelle la visualisation positive. Bon, je sais, cette expression est utilisée par des sectes dangereuses, par exemple les harceleurs publicitaires. Mais les mots appartiennent à ceux qui les créent, pas aux idiots qui les dénaturent. Utilisons donc NOS mots, ceux qui ont été créés pour que nous puissions nous comprendre entre nous.

La visualisation positive donc, copyright les gens intelligents 1000 avant JC, est une technique mentale qui utilise la rêverie intérieure habituelle, mais dirigée de la façon qui suit. On pense que l'on est dans la situation problématique, mais que l'on éprouve un sentiment positif, qui donne de l'énergie. Il faut ressentir l'émotion, c'est le plus important. Par exemple, avec une névrose de racisme, on pense à une personne de la race visée, et que l'on éprouve un sentiment positif à son égard. On peut par exemple penser qu'elle est sympa, propre, qu'elle sent bon, qu'elle nous aide, nous protège, etc. (les odeurs corporelles jouent un grand rôle dans le désir ou l'aversion, et quand on déteste quelqu'un on déteste aussi son odeur. D'où le rôle important d'une bonne odeur). Ce sentiment positif visualisé va petit à petit remplacer le sentiment névrotique. L'effet est lent, d'où la nécessité de recommencer le plus souvent possible, jusqu'à ce que ça fasse effet. C'est lent à démarrer, mais une fois le processus mis en route, il ne s'arrête plus.

Bien entendu la méditation est plus puissante, plus rapide, et encore plus les techniques de purification avancées des Tantras. Il est facile d'apprendre la méditation dans les cours de yoga, taichi, etc. D'une manière générale, on a intérêt à associer cette visualisation positive avec nos pratiques spirituelles quotidiennes. Et si on n'en a pas, eh bien c'est l'occasion de commencer, en faisant la chose à heure régulière, ou un certain temps par jour, au besoin en s'aidant d'objets, de photos, etc. Par exemple on peut faire ça pendant le trajet au travail, pendant la promenade, etc. (Il faudra aussi apprendre un peu d'écologie: les bouteilles de rouge et les binouzes se vident dans l'évier, les clopes et le shit dans les sacs noirs, la télé et les jeux de baston au centre de tri sélectif.) Dans un groupe ou un couple, on a fort intérêt à le faire ensemble, mais n'attendez jamais que les autres le fassent pour le faire vous-mêmes. Il est au contraire souvent nécessaire de procéder discrètement, sans en parler à quiconque, ni montrer d'objets, et surtout pas à des personnes hostiles.

J'ai le regret aussi de dire que mon expérience des travailleurs sociaux m'a appris que, même quand ils ont l'air sympathiques, ils ne nous montrent pas ce qu'ils pensent, et en plus ils utilisent ces choses contre nos enfants. A partir du moment où on a des enfants, ces visites peuvent arriver sans prévenir: il vaut mieux donc cacher nos objets dans une pièce à part.

Attention qu'il ne s'agit que de visualisation, c'est à dire d'imagination contrôlée. Il ne s'agit en aucun cas de perception extrasensorielle, de voyance ou quoi que ce soit! L'imagination peut faire apparaître des tas de scène complexes et détaillées dans notre esprit, mais il ne s'agit que... d'imagination!

Bien sûr on peut adapter la visualisation positive à la situation. On peut, par exemple, penser à notre conjoint, à nos compagnons de travail, etc, de manière à éprouver un sentiment positif d'eux.

Mais pour réellement découpler le sentiment de l'objet, il faut aussi visualiser des situations diverses, plaisantes ou déplaisantes, mais sans en éprouver de sentiment particulier. Mieux vaut ne pas faire ça avec des gens que l'on connaît, ni même qui leur ressemblent. Découpler le sentiment de l'objet permet de ne plus se faire manipuler par des personnes, ni par notre attirance aveugle, ni par notre peur.

 

Cette méthode n'élimine pas les sentiments, mais elle leur retire le pouvoir de nous manipuler.

 

A ce point, on peut même augmenter ces sentiments, et en jouir consciemment. Effort sur soi et pardon des faiblesses de l'autre, là est la recette du véritable amour spirituel et romantique. Si cette attitude est réciproque, alors l'amour peut durer jusqu'à ce que la mort nous sépare, et peut-être même au delà.

Le psychologue qui nous a appris ça s'est retiré silencieusement, sur la pointe des pieds: il a gagné son paradis lui aussi.

Le faire pour le bon motif

Toute visualisation répétée, bonne ou mauvaise, modifie notre cerveau, et ce d'autant plus que l'on visualise aussi les émotions. C'est un processus parfaitement normal, appelé apprentissage par les neurologues, et c'est la même chose que d'apprendre à monter en vélo ou jouer du violon. Toutefois les neurones n'ont pas le sens du bien ni du mal: ce sont des objets, qui ne connaissent que les lois de la physique. Ainsi il est aussi facile de modifier le cerveau en mal qu'en bien.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les médias nous imposent tant de visualisations négatives: crimes, catastrophes, jeux vidéo violents, émission de télé«réalité» ridicules. Ça avait très bien marché en Allemagne dans les années 1930...

Il est donc important de ne faire les visualisations ci-dessus qu'à bon escient! Le faire à d'autres fins, comme manipuler les autres, renforcer notre ego, ou d'autres buts pervers, ruinera votre propre vie bien avant celle de votre cible!

 

Nous avons vu au chapitre V-5 le sens de la vie, et ses implications au chapitre V-6. Toute la sixième partie traitera de la morale, de la vie en société, de la politique, de l'économie, etc. et discernera en particulier les motivations légitimes dans chacun de ces domaines.

La société psychoéduquée

Des gens qui ont maîtrisé leurs névroses peuvent se qualifier de psychoéduqués. Ils ne sont qu'une petite minorité sur Terre aujourd'hui, mais y arriver tous est pourtant la seule façon de bâtir la société harmonieuse dont nous rêvons tous (voir sixième partie), libre de tous les conflits inutiles que l'on voit aujourd'hui (guerres, conflits sociaux, disputes, divorces, etc.). C'est aussi une étape obligatoire pour l'évolution de la Terre et de l'espèce humaine.

Nous sommes libres de le faire, d'appliquer les méthodes, de les expliquer à la télé, de les apprendre à l'école à nos enfants.

Nous ne sommes même pas obligés de le faire. Mais si nous ne le faisons pas, notre choix aura toutefois une conséquence: la seule autre voie est la sélection naturelle. Et si nous sommes effectivement dans un rebouclage logique comme vu au chapitre V-6, cette étape risque d'arriver très vite et très fort. Que ceux qui veulent choisir cette voie n'oublient pas qu'il y a sept milliards de personnes à sélectionner... Réfléchissons avant de ne pas agir.

Et si une minorité refuse? Oh, la société aimable et harmonieuse ne leur fera pas de mal, pas de haine, pas de discrimination... juste cette minorité se sera elle-même placée dans la situation de retardés mentaux. On sera très gentils avec eux, c'est promis. Mais il y aura des endroits où ils ne seront pas autorisé à jouer.

Le masochisme matérialiste et le refus des émotions

Une petite digression ici, mais je ne voyais pas de meilleur endroit où la placer.

Le matérialisme se prétend souvent une meilleure façon de voir les choses, rendue possible par les découvertes scientifiques ou par le rejet des dogmes religieux arbitraires.

Je dis qu'il n'en est rien: le matérialisme n'est qu'une «religion» comme les autres, une pure croyance. Mais qui est bien commode pour attaquer les bases de la morale et des droits de l'homme, en refusant de considérer la conscience et son contenu, forcément immatériels. Les applications sont multiples, du simple harcèlement moral personnel à la défense d'intérêts financiers infantiles. A ce titre, le matérialisme peut se montrer aussi dangereux que les dogmes religieux masochistes qu'il prétend éliminer.

Et l'effet planifié est en train de se produire: dans un monde de plus en plus privé de repères, on voit se répandre, au nom du matérialisme, des attitudes de plus en plus étranges, qui valent bien les pratiques de sectes les plus bizarres. Une de ces attitudes est le déni des émotions, et même des sensations.

C'est particulièrement visible dans la littérature érotique, où l'on entend des personnages décrire, non pas leurs émotions ou leurs sensations, mais leurs symptômes physiques: tension, sécrétions, accélération du pouls... voire même, en plein orgasme, des gens se mettent à parler... de leurs endorphines! Je trouve ça ahurissant: le but du sexe est tout de même d'avoir des sensations, voire des sentiments pour le plus téméraires. Si on n'a plus le droit, alors à quoi sert le sexe? La révolution sexuelle a perdu tout objet, et il vaut mieux retourner au monastère. Au moins on peut y humidifier sa chemise et accélérer son pouls au jardinage.

 

Plus grave, on retrouve ce langage en sociologie et en médecine. C'est particulièrement le cas pour la dépression et les envies de suicide, qui sont considérés comme des maladies, voire comme des troubles psychiatriques: on en décortique les processus neuronaux, on administre des médicaments, on fait des statistiques, on cherche des relations épidémiologiques («oh, ça touche davantage les chômeurs, méfions-nous donc de ces gens»). Or la dépression n'est pas du tout une maladie, mais une émotion!! Et, tout comme la peur nous empêche de faire certaines choses, ou la colère nous en fait faire d'autres, la dépression a des effets sur nous: elle nous retire l'énergie, voire l'envie de vivre. La dépression est un état continu de forte tristesse (avec des variantes comme les sensations de solitude, de perte, ou de ne rien valoir) dont les causes peuvent être multiples: dépit amoureux, mauvais partenaire, harcèlement moral, deuil, angoisse de perdre ses ressources dans une économie mal gérée, solitude, musiques tristes entendues au supermarché, etc. Et, tout comme la colère accélère le pouls ou la peur peut entraîner une syncope, la dépression peut produire des effets physiques importants et débilitants, sans aucune cause physique ou neurologique.

Sous réserve de certaines exceptions, j'affirme que décrire la dépression comme une maladie est malhonnête et dangereux. C'est même une manipulation mentale, un moyen de cacher les conséquences de harcèlement moral ou de mauvaises politiques, qui ne vaut guère mieux que la honte religieuse d'autrefois. Le déni des émotions est exactement le même dans les deux cas, seule change la justification idéologique qui l'enveloppe.

En réalité, quand quelqu'un est triste, la première des choses à faire est toujours de lui demander pourquoi. Et d'y remédier si on peut. Si on ne peut pas, la personne a toujours intérêt à suivre une psychothérapie ou une pratique spirituelle qui lui permettront de mieux résister à la tristesse, voire d'éliminer ce sentiment (qui de toutes façons ne change rien à la situation). Voici les vrais remèdes. Mais ceux qui sont en charge de les appliquer doivent commencer par être eux-mêmes au clair avec leurs propres névroses. C'est tellement plus facile de ne pas être déprimé quand on est riche et considéré! Voire quand on est un sociopathe sans émotions: ils sont toujours en pleine forme, eux.

Personnellement, la dépression est un vieil ennemi contre qui j'ai dû mener de durs combats, sans jamais vraiment éliminer la tristesse qui émane de cette société absurde. Elle a perdu le pouvoir de me manipuler, mais je vois souvent sa face blafarde au supermarché.

 

 

L'actualité française (Décembre 2013) fournit un exemple bien triste de négation des émotions humaines: quand «notre» président trompe et abandonne sa compagne, où cette dernière se retrouve t-elle? A l'hôpital! Ainsi, dans le monde étrange de ces riches privilégiés qui ont perdu tout repères, l'émotion est une «maladie», une «anomalie» qu'il faut «soigner»! Rien de doit entraver leur jeu de partenaires à consommer et à jeter, et surtout aucun sentiment! Je préfère encore les phallocrates d'autrefois, qui coupaient leurs soumises au collier, pas à la ceinture.

Il ne faudrait toutefois pas penser que ce problème serait réservé aux capitalistes ou aux matérialistes. Ainsi, au cours des années 1980, la soi-disant «communauté» où je vivais fréquentait une famille vivant en quasi-autarcie, selon des idées très «Nouvel Age». La mère nous avait averti que leur fille «avait des problèmes psychologiques», et je l'ai effectivement vue faire une «crise», avec la mère qui la «soutenait» d'une manière très intensive, lui disant d'être forte, de résister, etc. Bien des années après, j'ai compris que la fille avait tout simplement eu un chagrin non autorisé... mais dans ce monde étrange coupé de tous repères, c'est l'émotion qui était un «problème psychologique»!

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre V-12       

 

 

 

 

 

 

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