English English English        Réduire la page          page plus lisible  

Epistémologie Generale        Chapitre V-11       

 

V-11 Le Karma traditionnel

 

La vision populaire du karma

En Occident, le karma est une notion très floue, et assez édulcorée par rapport à la notion orientale d'origine. D'où des confusions dangereuses si on ne remet pas les pendules à l'heure. Il est de toutes façons indispensable d'éviter la dégénérescence d'une notion aussi importante, ou d'avoir un mot qui signifie des choses différentes selon la chaîne de télévision.

La vision occidentale populaire du karma serait une «force» qui rétribue nos actes, mauvais ou vertueux, en nous confrontant avec des situations douloureuses ou agréables. Cela semble plus proche du Christianisme que du Bouddhisme. Mais la confusion est encore plus profonde: le karma Bouddhiste ne fonctionne pas du tout de cette façon, et le Christianisme attribue ce rôle à des personnages de nature spirituelle, sans «force». Comme quoi le syncrétisme n'est pas toujours une bonne synthèse.

Bien entendu la science matérialiste ne reconnaît pas une telle «force». Mais elle pose aussi un problème à ma théorie de l'autogénération logique: D'où sort t-elle? Comment existe t-elle? Comment est-elle apparue? Rien dans ce que l'on a vu jusqu'à présent n'a permis de prédire son existence.

Exit donc le karma en tant que «force cosmique» existant par elle-même. Il reste tout de même la version «Chrétienne», ou des légions de fonctionnaires angéliques ou démoniaques tiennent une comptabilité méticuleuse de la moindre de nos actions sur des kilomètres de parchemin, dans d'immenses archives célestes, pour venir ensuite interférer avec le monde physique et nous jouer des sales tours. Clairement, si des entités capables d'une telle influence sur nos vies s'amusent à ça, alors elles perdent franchement leur temps: il serait mille fois plus utile de nous apparaître et de mettre clairement les choses au point, plutôt que de nous punir indéfiniment sans jamais nous expliquer pourquoi.

Le karma d'après les vraies voies spirituelles

En réalité, si on a l'humilité d'aller poser nos fesses sur un coussin dans un enseignement bouddhiste ou dans un cours de yoga, ce que l'on entend est très différent: le karma est tout simplement la loi de cause à effet, la même que celle de la physique ou de nos processus d'autogénération logique. Le Jaïnisme y inclut même explicitement les lois de la physique!

Il n'y a donc rien d'inexplicable dans la notion de karma, ni pour la science occidentale classique (Les lois de la physique aussi bien que les lois de la psychologie sont des «karmas»), ni pour l'Epistémologie Générale moderne: je pourrais réécrire tout mon livre en remplaçant l'expression «loi d'autogénération logique» par le mot «karma». Si je ne l'ai pas fait, c'est juste pour éviter l'allergie aux scientifiques qui me liront. Les yogis comprendront, eux.

 

Bien entendu le Bouddhisme et le yoga Hindouiste envisagent la chose surtout sous l'angle spirituel: les lois qui régissent le fonctionnement de notre esprit.

Selon le Bouddhisme, nous engageons notre karma (nous créons des causes d'effets futurs) quand nous voulons ou désirons faire une action, que cela reste une pensée, ou que cela devienne une parole ou un acte. Attention donc que ça marche aussi en imagination, voire dans les mondes virtuels: beaucoup de jeunes amateurs de jeux vidéo de baston se sont ainsi facilement accumulé un karma pire que les SS de Oradour sur Glane, sous les petits sourires discrets de leurs «éducateurs». Ce karma se manifeste premièrement en rendant la dite action plus facile à accomplir. Par exemple si on tue une fois, il sera plus facile de le faire ensuite. C'est ce que en langage courant on appelle prendre l'habitude, voir devenir dépendant. Deuxièmement, ce karma nous attirera dans des situations similaires: si on commet par exemple des actes de violence, on sera plus facilement confronté à des situations de violence.

Il ne faut toutefois pas confondre le karma Bouddhiste avec un déterminisme strict, et surtout pas avec quelque chose d'extérieur à nous. En effet, si on considère une catastrophe totale, comme Hiroshima ou l'holocauste nazi, tout le monde y est passé, bon ou mauvais. Il n'y a pas de bulle miraculeuse protégeant l'innocent du feu... Si cela n'arrive pas dans le cas global, cela n'arrive pas non plus dans les cas particuliers: les bons et les innocents peuvent aussi mourir d'un accident de voiture ou d'un cancer. C'est parce que la cause de ces choses est indépendante de notre esprit. Ainsi on ne peut donc pas affirmer par exemple qu'une personne qui souffre, le fait à cause de son karma: elle peut être totalement innocente. Pas moyen donc de se défausser sur le karma pour justifier inaction ou indifférence! Une telle justification hypocrite augmente même directement notre culpabilité de ne rien faire (non-assistance à personne en danger).

Par contre l'essence du Bouddhisme est que notre karma nous lie à ce monde matériel capitaliste, et plus généralement à la souffrance, ou qu'il détermine notre destination après la mort (paradis, renaissance, enfer...). Toute la pratique consiste précisément à se défaire des liens du karma, ce qui produit la «libération» (état d' Arhat) et nous permet de choisir nous même notre destination. Cela marche parfaitement après la mort, mais aussi dans le monde physique, où notre comportement modifie fortement la probabilité de rencontrer telle ou telle situation.

Le karma dans la théorie de l'autogénération logique.

Nous avons à plusieurs reprises évoqué la loi d'autogénération logique de la conscience, qui unit en une série de scènes les éléments de l'expérience de conscience (sons, images, idées, intentions, sentiments...). Nous avons vu, en particulier au chapitre V-7, des exemples de ce processus en cours de fonctionnement, dans divers états de conscience: la conscience psychologique, le rêve, la paralysie du sommeil, les NDE, l'après vie, etc. Chacun de ces états a donc ses propres lois d'autogénération, encore qu'elles doivent avoir de nombreux points communs. On imagine que ces lois sont en fait complexes et nombreuses, bien plus que dans les vues religieuses, et les étudier sera une science passionnante.

Ce qui correspondrait le plus au karma serait la notion que chaque conscience a une certaine «ambiance», et que cette ambiance va l'attirer vers des expériences de conscience correspondantes, laides ou belles, calmes ou violentes, etc. Dans le cas d'une expérience désincarnée, la conscience génère elle-même son contenu, et donc cette loi s'applique facilement. La conscience peut donc générer des visions qui lui correspondent dans le bardo du devenir, ou créer un lien qui va lui permettre de s'incarner dans un monde.

Toutefois dans le monde physique, la conscience neuronale, dont le contenu est créé par le cerveau, obéira donc à ce dernier. Il n'y a donc apparemment pas de place pour des lois de nature spirituelle, durant le séjour dans un monde matériel.

Pourtant il y a les lois de la psychologie et du fonctionnement de la pensée neuronale. Or cette pensée est souvent très routinière. De plus, goûts, attachements, etc. nous font rechercher certains types d'expériences. Voilà donc qui ressemble beaucoup au karma. Je pense que l'on peut poser que la conscience a appris à fonctionner avec le cerveau: même une fois désincarnée, elle continuera à fonctionner selon les mêmes lois! Voici donc comment seraient apparues les lois d'autogénération logique de la conscience désincarnée, et donc l'origine matérielle et psychologique du «karma» spirituel.

Ce «karma neuronal» peut-il déterminer nos expériences dans le monde physique? En principe non, puisque la conscience neuronale n'a pas d'action sur le monde physique. Pourtant notre pensée va déterminer notre comportement, et par là un grand nombre de circonstances autour de nous: les personnes que nous fréquentons, les idées que nous acceptons, nos réactions à diverses situations, etc. Cela peut suffire pour déterminer grandement notre vie, entre une vie calme et réglée, une vie de violence, etc.

De plus des événements comme les instants de super-conscience, ESP, prémonitions, etc. peuvent intervenir, certes rarement, mais de manière à infléchir dramatiquement le cours de notre vie. Et il est clair qu'ils sont produits par notre conscience spirituelle, pas neuronale.

Enfin, une conscience désincarnée produit elle-même ses expériences, ou bien elle détermine dans quel monde elle va se rendre. Dans ce cas il est clair que l'on a un fort déterminisme de type karma.

 

Ainsi, si on ne peut isoler une loi précise qui serait «la loi du karma», on trouve tout de même de nombreuses lois qui rentrent plus ou moins dans cette définition, ou qui s'appliquent à des états de conscience spécifiques.

Surtout, nous avons vu que de nombreux aspects de la relation entre la conscience et le cerveau ne s'expliquent que par des auto-limitations de la conscience, dues à son habitude invétérée des conditions du monde matériel. Par exemple pourquoi ne vivons-nous pas en permanence en super-conscience, ou pourquoi n'avons-nous pas en permanence des ESP si notre mémoire fonctionne de cette façon.

 

De telles auto-limitations de la conscience existent et sont facilement observables, par exemple quand nous votons pour des candidats sadomasos gris, alors que nous avons cette fantastique démocratie qui nous permettrait d'élire les meilleurs. Il est clair que faire sauter ces limites, ne serait-ce qu'une écaille, ferait de nous des êtres incroyablement plus puissants et heureux, comme le prédisent tous les enseignements spirituels. Simple question de changer d'habitudes, que l'on peut faire tranquillement grâce à des méditation appropriées.

Le karma peut-il agir positivement pour nous punir?

Prenons un exemple: un religieux traditionnel vous dira que l'usage de la vivisection pour la recherche médicale crée des maladies nouvelles, au lieu d'améliorer notre santé. Mais la théorie de l'autogénération dit que non, parce que ces choses ne sont pas directement connectées.

Toutefois l'observation montre que nous avons effectivement quantité de maladies nouvelles, malgré l'effort grandissant investi dans la recherche médicale et l'éradication des anciennes plaies de l'humanité. Comment cela peut-il arriver? L'examen précis montre que les maladies nouvelles arrivent par la pollution, notamment les pesticides agricoles (intoxications cumulatives, troubles hormonaux) ou la pollution nucléaire (cancers). D'autres arrivent par la standardisation de la médecine (vaccins ou médicaments qui produisent des allergies chez certaines personnes, souvent des années après). D'autres arrivent par la viande ( cholestérol, prions, SIDA passé à l'homme par des braconniers, virus mutant dans les camps de concentration pour animaux, d'où provient aussi la résistance aux antibiotiques). C'est à dire que, ultimement, aucune maladie nouvelle ne serait jamais apparue sans, à un moment ou à un autre, une de nos mauvaises actions, résultat de notre irresponsabilité écologique ou de notre cruelle attitude d'exploitation des autres êtres. Ainsi, même si les maladies nouvelles et la vivisection ne résultent pas l'un de l'autre, ils ont la même cause.

La conclusion qui s'impose est que, même quand il n'y a pas de relation de cause à effet directe, notre état d'esprit et nos actions peuvent créer des situations dangereuses, ou des pièges dans lesquels nous tombons plus tard. Ainsi le karma autogénéré se comporte t-il, statistiquement, exactement comme le karma religieux.

 

Il vaut donc mieux ne pas jouer au plus malin avec le karma, surtout quand on ne sait pas comment il fonctionne.

La conscience peut-elle se terminer?

Nous avons répété, tout au long des chapitres précédents, qu'un système d'autogénération logique ne peut être arrêté, ce qui, dans le cas de la conscience, a l'immense avantage de la rendre immortelle. Toutefois il pourrait y avoir des exceptions. Dans ce cas, une conscience pourrait effectivement se terminer, c'est à dire mourir, et ce définitivement.

En mathématique, on connaît des séries qui se bloquent pour certaines valeurs, par exemple x-1/x se bloque quand x vaut zéro. Pire, si on remonte la série à l'envers, on trouve que cette valeur bloquante a une infinité d'ancêtres! Bon, on peut se rassurer en pensant que la conscience est bien plus complexe qu'une série mathématique, et que, même si un truc ne marche pas quelque part, la conscience a d'autres éléments qui lui permettent de continuer.

Après tout, seulement 18% des personnes rapportent des NDE. Ce qui fait que 82% des gens disparaissent sans que l'on sache où ils vont, ni même si ils survivent. C'est bien plus que le pourcentage de gens vraiment mauvais.

En effet, une conscience trop nulle ou trop mauvaise pourrait disparaître sans laisser de traces, par absence de contenu ou par ses contradictions internes. Ou une conscience trop matérialiste pourrait s'autodétruire au moment de la mort: a force d'avoir visualisé le néant, c'est ce qu'elle obtiendrait effectivement. Il pourrait même y avoir dans l'au-delà des fossoyeurs chargés de détruire les consciences trop mauvaises.

 

Rien de sûr, donc, mais toute de même un sérieux risque. Façon de dire que l'on ne pourrait pas faire n'importe quoi, sans risquer de le payer. Un prix infini, en l'occurrence.

Existe t-il un karma collectif?

La notion de karma collectif (d'un peuple, d'une religion, etc.) est une invention purement occidentale, au nom de laquelle certains auteurs se sont permis d'écrire des choses telles que «les Juifs auraient mérité l'holocauste», à cause de telle ou telle exaction attribuée par la Bible à la tribu conduite par Moïse.

Cette idée ne correspond pas du tout à la notion de karma. En effet, cette dernière repose sur la notion de volonté, et donc de responsabilité. Un karma collectif nécessiterait donc une responsabilité collective, autre concept fumeux inventé par les lyncheurs: même si l'armée d'un peuple commet un crime, cela ne signifie pas du tout que l'ensemble de ce peuple ait voulu cela. Chaque individu garde donc la responsabilité de ses propres actes ou paroles, et de ceux-là seulement. C'est en comprenant cela qu'on a pu par exemple bâtir l'Union Européenne, malgré quinze siècles de guerres et le nazisme.

Enfin rien ne prouve que les Juifs qui existaient il y a des siècles soient toujours réincarnés en Juifs aujourd'hui. Selon toute probabilité, chacun d'eux a eu des expériences différentes, et ils sont aujourd'hui dispersés dans des peuples différents, voire dans des mondes différents. Rien ne connecte donc les Juifs actuels avec ceux d'autrefois, ni réincarnation, ni responsabilité, ni culpabilité. Ce sont des personnes différentes, tout simplement.

J'avais même vu une fois passer une théorie rigolote comme quoi les Israéliens se réincarneraient en Palestiniens, et les Palestiniens en Israéliens, histoire d'apprendre à vivre en paix ensemble.

Il est donc clair que la notion de karma collectif n'est qu'une... réincarnation de la pensée raciste.

C'est pas votre karma de savoir!

Une petite phrase culte, que j'ai entendue plusieurs fois, par des personnes qui se prétendaient voyantes, contactées, channel, etc. Posez-leurs des questions sur l'Atlantide, sur les extraterrestres, etc: elles sont incollables, et pourraient disserter des heures. Mais posez-leur une question plus vérifiable, comme par exemple l'adresse d'un ami perdu, ou d'un bon job, et la réponse vient automatiquement, du genre «ce n'est pas votre karma de savoir», ou des variantes comme «c'est à vous de trouver», etc. Et bien sûr, pour s'entendre dire ça, il faut payer, en argent, mais aussi souvent en reconnaissance sociale, voire en sexe. Inutile d'aller plus loin: cette personne est un escroc. Elle emploie de plus un procédé de manipulation mentale courant: se défausser sur vous de son engagement (dire que c'est de votre faute si elle ne peut faire ce qu'elle prétend pouvoir faire). N'essayez donc pas d'en tirer des informations, elle ne peut pas plus vous en donner que votre chien. N'écoutez pas ses «enseignements» spirituels, ils sont faussés, et ils peuvent vous fourvoyer pour des années. Et surtout n'essayez pas d'en tirer de la sympathie ou de la reconnaissance sociale: un manipulateur n'en donne que si vous lui rapportez quelque chose, sinon il vous casse (j'ai vu plusieurs suicides dans ce cas). Et bien sûr le sexe est la dernière chose à lui offrir!

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre V-11       

 

 

 

 

 

 

Idées, textes, dessins et réalisation: Richard Trigaux.

 

 

 

Comme tous les auteurs indépendants, j'ai besoin de votre soutient pour que je puisse continuer à travailler à ce site et que puisse exister une expression libre sur le net:

 

 

 

Notice légale et copyright. Sauf indication contraire (signe © dans la barre de navigation) ou exception légale (pastiches, exemples, citations...), tous les textes, dessins, personnages, noms, animations, sons, mélodies, programmations, curseurs, symboles de ce site sont copyright de leur auteur et propriétaire, Richard Trigaux. Merci de ne pas faire un miroir de ce site, sauf si il disparaît. Merci de ne pas copier le contenu de ce site, sauf pour usage privé, citations, échantillons, ou pour faire un lien. Les liens bienveillants sont bienvenus. Tout usage commercial interdit. Si vous désirez en faire un usage commercial sérieux, contactez-moi. Toute utilisation, modification, détournement d'éléments de ce site ou des mondes présentés de maniére à déprécier mon travail, ma philosophie ou les régles morales généralement admises, pourra entraîner des poursuites judiciaires.