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Epistémologie Generale        Chapitre V-9       

 

V-9 NDE, Après-vie et réincarnation

 

Comme promis au chapitre précédent, voici les états de conscience qui se produisent quand le cerveau est arrêté ou détruit:

Les NDE

Les NDE constituent le premier cas de phénomène parapsychologique explicitement reconnu comme tel dans une revue de science «mainstream» (science officielle) par l'étude «Dutch study» (Etude hollandaise) dans la revue médicale de référence «The Lancet». L'étude reconnaît explicitement que des NDE peuvent arriver avec des électroencéphalogrammes totalement plats (aucune activité neuronale), ce qui élimine toute explication pseudoscientifique du type «feu d'artifice de neuromédiateurs» ou du «cerveau qui ne peut envisager sa fin et qui construit une histoire». L'étude va même plus loin que ce que l'on attendait, en remettant explicitement en cause que la mémoire et la conscience soient situés dans le cerveau. Je cite: «Another theory holds that NDE might be a changing state of consciousness (transcendence), in which identity, cognition, and emotion function independently from the unconscious body, but retain the possibility of non-sensory perception» (Une autre théorie propose que les NDE sont un état de conscience modifié (transcendance), dans lequel l'identité, la connaissance et les émotions fonctionnent indépendamment du corps inconscient, tout en conservant la possibilité de perceptions extrasensorielles) Si le mot «parapsychologie n'y est pas, on a clairement du vocabulaire de ce domaine.

 

Rappel: les NDE pour les nuls Les NDE font aujourd'hui partie des choses que tout le monde est sensé connaître, comme la contraception ou le changement climatique. Pourtant je rencontre encore des gens qui ne sont pas au courant, d'où ce rappel.

Les NDE (Near Death Experiences, ou expériences au seuil de la mort) est un phénomène qui est souvent rapporté par des personnes ayant dépassé le point naturel de non-retour, mais que l'on a pu ramener à la vie grâce à la médecine moderne (de rares cas anciens sont signalés). Le cas le plus typique est l'arrêt cardiaque (comme dans la Dutch Study, réalisée dans les services de réanimation cardiaque). La personne rapporte que, pendant le temps où le cerveau ne peut pas fonctionner (pas d'oxygène, électroencéphalogramme plat) elle s'est vue elle-même depuis un point hors de son corps, avec l'environnement immédiat (médecins, scène d'accident, etc.) Des ESP sont souvent rapportées à ce moment: pensée des médecins ou scène de la famille dans une pièce voisine. Puis la personne entend des bruits (bourdonnements, cloches...) et se sent aspirée dans un tunnel obscur. La suite est appelée «core experience» (expérience principale): le témoin se trouve confronté à une lumière blanche très intense (mais sans éblouir) qui émane un puissant sentiment d'amour, comme un être infiniment aimant. Les expériences plus avancées continuent avec des visions de paysages paradisiaques. Le retour s'effectue souvent suite à une injonction, ou bien la personne souhaite pouvoir continuer quelque chose dans le monde (comme s'occuper de ses enfants). Ce retour au monde physique est désagréable, comme d'enfiler des vêtements boueux. Une minorité de NDE s'éloigne de ce schéma, et certaines sont terrifiantes (NDE négatives). Les NDE, contrairement aux autres phénomènes inexpliqués, ont été largement publiées dans la société ordinaire, sans censure ni déformation (mis à part quelques tentatives scientistes pour les dénigrer). Il vaut toutefois mieux ne pas faire état de nos expériences à des médecins ou une famille hostiles.

 

Explication selon la théorie de l'autogénération logique (ben oui). Dans les chapitres précédents de cette partie, nous avons compris la conscience comme un processus d'autogénération logique liant des éléments de l'expérience de conscience (images, sons, pensées, émotions...). Ce processus est en principe autonome, sauf qu'il a pour habitude de «coller» à l'activité des neurones, recopiant simplement leur contenu, au point que pour la plupart des gens, c'est le cerveau seul qui dicte leurs pensées, émotions, perceptions, etc. Nous avons toutefois vu quelques exceptions, comme le libre arbitre (passage d'information du processus de la conscience vers le processus physique), les instants de super-conscience, etc. Dans certains cas plus profonds, comme les paralysies du sommeil, la conscience «décolle» du cerveau, pour fonctionner de manière autonome, et donc avoir des expériences de sa propre création. Mais ce décollage reste partiel et bref (certaines fonctions cervicales restant actives). Par contre la NDE offre un décollage forcé et radical: le cerveau n'envoie plus aucune information au processus de la conscience, qui est alors forcé de fonctionner avec ses seules ressources. D'où des expériences uniques et très spéciales.

 

Mais si la personne revient, c'est qu'elle n'est pas vraiment morte? L'argument le plus vicieux contre les NDE a été que, si le retour est encore possible, ce serait que la personne ne serait «pas vraiment morte». La «vraie mort» se situerait plus loin, et personne n'en reviendrait, puisque la conscience serait détruite. Cet argument joue sur les mots et sur la définition de la mort. D'abord, les personnes que la médecine moderne sauve de la mort seraient belles et bien mortes sans elle: un arrêt cardiaque est naturellement irréversible. Mais surtout, c'est supposer gratuitement qu'un autre événement viendrait détruire la conscience plus loin dans le processus de la mort, alors qu'elle a survécu à la mort naturelle. Rien ne permet d'affirmer une telle chose, et la théorie ci-dessus ressemble plus à un culte athée masochiste qu'à une quelconque hypothèse scientifique, par des gens qui haïssent la vie au point de souhaiter leur propre annihilation.

En réalité, la NDE offre un point de vue fantastique sur le processus de la mort. En général, la mort naturelle est enclenchée quand une fonction organique vitale est arrêtée, le cas le plus simple étant l'arrêt cardiaque. Ce n'est qu'un certain temps après que la destruction d'autres fonctions, comme les neurones, rend le processus irréversible. Il y a donc un certain intervalle de temps pendant lequel le corps reste en état de marche. La médecine peut alors inverser le processus, par exemple en redémarrant le cœur. Mais bien entendu, quand les neurones sont détruits, la médecine ne sait pas les réparer. Seulement à ce moment la mort est irréversible. Mais il ne s'agit là que d'une raison pratique, pas métaphysique. Si on savait réparer les neurones, alors toute mort serait réversible! On pourrait même ressusciter les hommes de Cro-Magnon!

Par contre, du point de vue de la conscience, la mort naturelle arrive quand le cerveau s'arrête, et cesse de lui envoyer des informations. En effet, on a vu au chapitre V-2 qu'une expérience de conscience liée au cerveau ne se produit que quand l'aire du cerveau correspondante est active (contient un signal). Dès le moment où le cerveau n'émet plus aucun signal, alors la conscience n'a plus aucun moyen de savoir dans quel état est ce cerveau, qu'il soit encore en état de redémarrer ou qu'il soit déjà détruit. Le résultat est donc le même dans les deux cas: la mort psychique se produit donc au moment où le cerveau cesse d'envoyer des informations à la conscience, et cette dernière est alors totalement libre d'évoluer de son côté, en toute indépendance du monde matériel. La destruction définitive du cerveau se produit donc à un moment où la conscience est déjà causalement déconnectée du cerveau, et elle ne peut donc plus avoir aucun effet sur la conscience. Ce n'est que si le cerveau redémarre que ce processus psychique est interrompu. Le moment où la mort devient irréversible est donc bien quand le cerveau est détruit (D'où la définition de la mort légale), mais cela ne correspond à rien de particulier du point de vue de la conscience, qui est déjà fort loin à ce moment.

On pourrait appeler ce moment «l'horizon des événements», comme lors de la chute dans un trou noir. L'analogie est intéressante: dans les deux cas, il y a un moment précis et défini où un observateur extérieur ne peut plus recevoir aucune information. Mais pour la personne qui subit le phénomène, il ne se produit rien de particulier à ce moment, et elle continue son expérience de son côté.

 

Le début de l'expérience. Nous avons vu au chapitre précédent que le début d'une paralysie du sommeil ressemble étonnamment au début d'une NDE, avec la vision de notre entourage immédiat. Cela pointe fort probablement à un mécanisme commun: la conscience, soudainement libérée du flux d'information du cerveau, a besoin d'un nouveau contenu. Selon le principe d'économie d'absurdité vu au chapitre V-7, elle se précipite alors sur l'environnement immédiat, qu'elle perçoit selon les modalités dont elle a l'habitude avec les organes des sens.

Toutefois la similitude s'arrête là: dans la paralysie du sommeil, on se voit de notre façon habituelle (depuis un point situé au niveau des yeux), et les visions depuis un autre point sont moins courantes (OBE). Alors que dans les NDE, la vision est presque toujours d'emblée depuis un point différent (vision autoscopique). Puis les deux expériences divergent radicalement: vision d'une entité souvent lugubre dans notre chambre, pour les paralysies du sommeil, et tunnel suivi de l'être de lumière pour les NDE. Ces différences sont probablement liées au fait que la déconnection n'est pas totale lors de la paralysie du sommeil. Les éléments de ce cas (être sinistre) seraient alors induits par le cerveau primitif, alors que dans les NDE le contenu est produit par la seule conscience. Un type d'explication totalement différent est toutefois la rencontre avec de véritables entités de nature spirituelle (d'autres processus d'autogénération de conscience) qui induiraient les expériences.

L'être de lumière. Un des aspects les plus fascinants de l'expérience est sans conteste la rencontre avec une «lumière» d'une fantastique bienveillance, qui semble organiser toute l'expérience principale (core experience) et proposer de nombreux éléments très spécifiques, tels que la revue de vie. La nature de cet être a fait l'objet de nombreux débats. Les religieux monothéistes y voient bien entendu Dieu ou leur saint favori. Si cette interprétation ne pose pas de problème du point de vue des conséquences spirituelles de l'expérience, je me permet toutefois de proposer une explication différente. Nous avons en effet vu au chapitre V-6 que Dieu, si il existe, n'a que peu de chances d'avoir une apparence, ni même d'être un personnage que l'on pourrait rencontrer. Il pourrait même se réduire à un simple projet, une vision de la vie. Dans ces conditions, il ne peut pas être l'être de lumière, ni en général nous apparaître personnellement.

L'être de lumière serait alors essentiellement un reflet de notre propre conscience, idéalisée. Il n'y a rien de surprenant à cela, et c'est bien comme cela qu'elle nous apparaît dans les instants de super-conscience (personnellement j'ai vu un autre moi-même idéalisé), et c'est aussi la visualisation du Yidam dans les pratiques tantriques: le Yidam (déité modèle) est visualisé au dessus de nous, ou en face de nous, et il faut le méditer en même temps comme un modèle différent de nous, mais aussi comme nous-mêmes idéalisé. De plus le Bouddhisme explique en toutes lettres que, au moment de la mort, nous rencontrons la «claire lumière», qui est «la nature propre de notre esprit» ou «le reflet de notre propre esprit»!

Toutefois ce reflet de nous-mêmes est bien trop parfait pour justement n'émaner que de nous! Pour la plupart de ceux qui l'ont vu, c'est une fantastique découverte de choses qu'ils ignoraient totalement. Il y a très clairement une autre source d'information, et qui joue un rôle fondamental.

La solution de ce dilemme est que ces deux interprétations (l'être de lumière est Dieu, ou l'être de lumière est un reflet de notre propre conscience) sont en fait non-duelles, c'est à dire simultanément vraies, bien qu'elles soient contradictoires selon la logique Aristotélicienne. J'avais prévenu dès le chapitre I-9 qu'il fallait s'attendre à ce genre de trucs quand on Le rencontre.

Ainsi, le Dieu abstrait trouvé au chapitre V-6 peut-il «prendre chair», en quelque sorte, c'est à dire prendre une personnalité dotée d'intentions complexes, et qui plus est une personnalité qui nous connaît très bien, puisqu'elle est bâtie à partir de nous. D'où une expérience à la fois très personnalisée et très archétypale. Et aussi la source d'information inattendue, qui n'en est pas vraiment une, en fait: c'est juste une autre façon de voir la vie, qui donne cette impression d'une découverte fantastique. Et cette façon étant déjà une propriété fondamentale de notre conscience, on n'a pas à proprement parler besoin de recevoir d'information de quelqu'un d'autre, pour la découvrir. Simplement, la situation de NDE force ce changement de paradigme, en déblayant radicalement toutes nos conceptions, opinions, attachements, etc.

Ainsi considérer l'être de lumière comme Dieu n'est pas une erreur, du point de vue des conséquences spirituelles. Mais c'en est une du point de vue explicatif, qui pourrait avoir des conséquences graves. Heureusement, il est capable de déverser assez de sagesse dans notre esprit pour éviter que les expérienceurs de NDE tombent dans le fanatisme.

 

Enfin, les méditations tantriques dites de la «claire lumière» (le nom exact varie selon les écoles) permettent de faire l'expérience du contact avec cette lumière, et donc de bénéficier des fantastiques avantages des NDE, tout en étant confortablement assis sur son coussin sans risquer sa vie. Les méthodes scabreuses telles que saut à l'élastique, drogues, électrodes et autres champ magnétiques sont donc totalement inutiles.

 

Les expériences avancées se produisent généralement après la rencontre avec la lumière: des personnages qui semblent des habitants de l'après vie, dans des paysages complexes et magnifiques, comme des cités de cristal. Des expérienceurs rapportent avoir reçu des enseignements spirituels d'une ineffable beauté, simplicité et vérité, mais dont ils sont incapables de se rappeler après le retour.

Il est difficile de démontrer que ces expériences ne sont pas des sortes de rêve, parce que leur contenu concerne essentiellement l'au delà, et il est dont invérifiable ici-bas. Toutefois certains éléments annoncent le retour, et évoquent des enjeux tels que la famille de l'expérienceur. Il y a donc bien une information qui provient de l'autre monde, ce qui satisfait bien à la définition «incarnation dans cet autre monde» vue au chapitre III-6, postulats 4 et 5.

Ces éléments apparaissent toutefois sous forme symbolique, par exemple une rivière que l'on franchit sans retour, pour signifier un enjeu tel que le retour à la vie qui sera bientôt impossible. Cette transformation symbolique est intéressante, car elle semble indiquer comment les visions des mondes spirituels apparaissent, de manière similaire à celle des rêves (chapitre V-8), c'est à dire sous forme d'éléments tout faits. Et chacun ayant sa propre représentation de chaque élément (par exemple une maison apparaît en briques, en bois, une case africaine, une yourte, etc.) alors la vision du monde spirituel est probablement différente pour chacun, dans les détails, tout en ayant les mêmes enjeux pour tous.

 

Comment se rappelle t-on de l'expérience? J'avais remarqué dès la version 1 un point confirmé depuis par la «Dutch study»: comment se rappelle t-on de l'expérience, si le cerveau est totalement arrêté à ce moment? En effet la neurologie actuelle suppose (comme on l'a vu au chapitre V-7 précédent) que les souvenirs sont enregistrés par modification des synapses dans les neurones. Toutefois, encore faut-il qu'un signal soit présent dans les dits synapses, pour que l'information y soit écrite. Or justement, en état d'anoxie, faute d'énergie toutes les fibres neuronales sont dépolarisées (état d'énergie minimal), et il ne peut y avoir aucun signal, et donc aucune action sur les synapses. Et d'où dans le cerveau pourrait bien provenir un signal d'ESP ou de perception du divin? On n'a aucun organe pour ça.

La conclusion qui s'impose équivaut à une remise en cause radicale des conceptions matérielles du fonctionnement de l'esprit: la mémoire ne serait tout simplement pas écrite dans le cerveau, mais dans la conscience immatérielle. Que dis-je, elle ne serait même pas «écrite»: par sa seule existence, l'information est disponible au processus d'autogénération logique de la conscience (propriété fondamentale des processus d'autogénération logique, où le temps n'existe pas en tant que tel, mais apparaît comme une conséquence du déroulement du processus).

 

Selon cette vision, se rappeler un souvenir nécessite toutefois une action sur les neurones, similaire à celle que l'on a vue avec le libre-arbitre au chapitre V-4: l'égalité de sortie entre deux neurones produit un paradoxe logique, qui permet à l'information désirée d'influencer le monde physique. Pour que le rappel de souvenir se fasse aussi facilement (bien plus que le libre-arbitre) il faut alors que le cerveau aie des circuits spécialisés pour ce faire, conçus pour réaliser facilement les conditions matérielles nécessaires.

Et on observe effectivement que la suppression de certaines parties du cerveau entraîne différent types d'amnésie. Ces parties sont différentes des aires sensorielles habituelles, mais elles doivent forcément communiquer avec par des canaux à haut débit, en utilisant le codage vu au chapitre précédent, qui doit alors être le même dans l'aire sensorielle et dans la mémoire. La neurologie montre en effet que plusieurs aires sont spécialisées soit dans l'écriture, soit dans la lecture des souvenirs, sous le contrôle d'un petit nombre de centres nerveux qui activent l'écriture ou la lecture. La limite d'âge de trois ans, pour les souvenirs du début de la vie, correspondrait à la maturation d'un de ces centres.

Une telle organisation est contradictoire avec l'enregistrement des souvenirs dans les neurones, car cet enregistrement devrait nécessairement être dans les aires sensorielles. Or ces dernières seraient vite totalement débordées par la fantastique quantité d'information stockée là. Rappelons que ce n'est pas du tout leur rôle: la mémoire de l'aire de la vision sert à des choses comme reconnaître les plantes, et c'est là un processus d'apprentissage neuronal qui n'a rien d'immatériel. Il est fort probablement réalisé par une des innombrables zones adjacentes aux aires visuelles, auxquelles les neurologues n'ont pas trouvé de fonctions claires.

 

(Ajouté le 31 Octobre 2017) Concernant les aires du cerveau dont la destruction provoque l'amnésie, leur rôle ne serait pas de stocker l'information, cette information n'y transiterait même pas. Ces aires pourraient simplement contrôler les aires sensorielles, de manière à y produire des conditions de neutralité semblables à celles requises pour le libre-arbitre (Chapitre V-3). Ces conditions permettraient alors l'activation d'un apprentissage neuronal précis, qui décrit au mieux le souvenir recherché par la conscience. Le fonctionnement de la mémoire peut alors être observé facilement, par exemple quand on n'arrive pas à se rappeler un mot que l'on connaît pourtant bien: on a une impression diffuse du mot, qui proviendrait de la conscience. Mais forcer ou s'énerver produit une polarisation des neurones, qui s'oppose aux conditions de neutralité, rendant encore plus difficile de se rappeler le mot exact. Ce n'est que si on se relaxe, ou que l'on passe à autre chose, que le mot revient brusquement: notre conscience a fini par activer l'apprentissage neuronal de ce mot. (en effet le language est lui un apprentissage neuronal, codé dans le connectome d'une aire précise du cerveau, où chaque apprentissage est un mot)

 

Que la mémoire soit un phénomène parapsychologique ouvrirait des perspectives vertigineuses: Si notre cerveau a des capacités de perception extrasensorielles pré-câblées, comment se fait-il alors que nous ne soyons pas capable de connaître n'importe quoi, les endroits distants, les pensées des autres, le passé et même l'avenir? La réponse est stupide: parce que notre conscience n'a tout simplement pas l'habitude de fonctionner ainsi. Et justement, toutes les théories de l'éveil spirituel disent que nous avons tous la capacité de développer ces facultés fantastiques. Simple question d'apprendre à fonctionner différemment de ce que l'expérience du monde matériel nous a inculqué.

 

Le retour. Les témoins de NDE ont forcément du revenir dans leur corps à un moment ou à un autre. Dans les premières phases, ce retour se fait simplement, comme de se réveiller. Mais dans la «core experience», ce retour est négocié avec l'être de lumière, ou d'autres présences plus humaines rencontrées plus tard. Souvent, c'est l'expérienceur qui demande à revenir, le motif invoqué étant généralement de ne pas laisser ses enfants seuls. Souvent aussi, l'expérienceur a l'impression de rencontrer une limite, comme une rivière, au delà de laquelle le retour est impossible. Cette limite est souvent interprétée d'après des «symbolismes psychologiques» ou des récits mythologiques, mais j'y vois plutôt une manifestation très pratique du moment où les dégâts au cerveau rendent effectivement le retour impossible. En effet, on a vu précédemment que ce moment ne correspond à rien de particulier dans la mécanique de l'expérience. Toutefois ce moment peut être connu si cela est nécessaire, et comme souvent dans les mondes spirituels, cette connaissance apparaît à la conscience sous forme d'un symbole, d'une parabole.

Il n'est pas rare de constater que le retour à la vie est médicalement inexplicable, miraculeux. C'est en particulier vrai quand l'expérienceur demande à revenir. Apparemment l'être de lumière a de tels pouvoirs, mais il n'en fait usage qu'en cas de requête altruiste. Fort probablement, vu de l'autre côté, le retour à la vie terrestre n'est pas spécialement souhaitable, c'est juste une destination parmi d'autres.

Enfin le retour proprement dit est souvent désagréable, décrit comme d'enfiler des vieux vêtements boueux (sans parler de retrouver douleurs et malaises). Cela semble une simple conséquence du rétablissement des sens physiques. En effet, ces sens fonctionnent en permanence, mais la plupart de leurs messages sont supprimés, par exemple le contact des vêtements sur notre peau, sans quoi nous serions submergés de sensations. Le retour brusque de ces sensations fait alors un choc déplaisant, surtout après avoir connu la légèreté du monde spirituel.

 

Variantes et NDE négatives. L'esprit humain étant extrêmement diversifié, il ne faut pas s'étonner que des gens aient des visions totalement différentes du modèle standard, qui lui-même voit de nombreuses variantes ou options. Les NDE négatives (désagréables) ont toutefois focalisé davantage l'attention que les variantes. Au début, Raymond Moody craignait que ses révélations n'incitent les gens à se suicider en masse. Il a donc retenu dans son livre fondateur un cas de NDE terrible d'une personne qui s'était suicidée. Cette corrélation entre NDE négatives et suicide s'est toutefois avérée totalement fausse par la suite, et on n'a pas non plus observé de vagues de suicide. Au contraire, les NDE donnent envie de vivre!

Les NDE négatives donnent l'impression de résulter (il faudrait le vérifier) d'un blocage de la personne vis à vis e l'un ou l'autre des aspects techniques du monde spirituel. Dans ces conditions, le déroulement «normal» de la NDE est perturbé, et l'expérience se bloque à des stades intermédiaires, où elles prennent un tour cauchemardesque, qui n'est pas sans rappeler les visions des paralysies du sommeil.

Toutefois, j'inciterais les personnes victimes de NDE négatives à ne pas trop s'en inquiéter. Elles me font penser à un petit enfant terrorisé la première fois qu'on le met sur un manège, alors que l'expérience est sensée l'amuser. Ainsi des gens reçoivent le giga-orgasme de bienvenue au paradis, et paniquent devant son intensité! L'expérience reste toutefois une réussite sur un point essentiel: ces personnes sont revenues de la mort, et elles détiennent donc la preuve de la survie.

 

Pourquoi tout le monde n'a t-il pas de NDE? (D'après les statistiques les plus précises de la Dutch study, seulement 18% en ont une, et seulement 12% ont une «core experience», expérience principale). Pour le moment, c'est un mystère complet. Il y a beaucoup d'hypothèse, allant de causes organiques (y compris en avoir une, mais de ne pas s'en rappeler) à des causes spirituelles vraiment effroyables. Cependant, un indice sérieux est le résultat d'études statistiques, qui montrent un lien consistant entre NDE, paralysies du sommeil, instants de superconscience et idéaux spirituels, sans toutefois dire lequel d'entre eux cause les autres.

L'explication la plus plausible est que certaines personnes auraient un contact plus facile avec le règne de la conscience. Ceci suffirait à expliquer leurs aptitudes à la fois aux NDE, paralysies du sommeil, instants de la superconscience, et à trouver les bonnes valeurs spirituelles. Toutefois, cela ne signifie pas que les gens moins habiles seraient moins conscients, ou qu'ils seraient intrinsèquement plus mauvais (même si en pratique ils manifestent d'avantage d'opinions ou d'émotions mauvaises, par manque de maîtrise de leur psychologie).

J'ai lu un jour que que les personnes atteintes d'urémie n'ont pas NDE. Or l'urémie n'a rien à voir avec la conscience. Ainsi il pourrait y avoir des causes purement organiques. Un des symptômes de l'urémie terminale étant le coma, on peut supposer que l'intoxication nuit aux subtils processus de mémoire et interdit la récupération des souvenirs de NDE, ou qu'elle modifie l'ordre dans lequel les commutateurs neuronaux sont désactivés. D'autres conditions organiques plus bénignes pourraient aussi aboutir au même résultat, expliquant que la majorité des gens n'auraient pas de NDE.

Par contre, une hypothèse vraiment terrible est que certains pourraient tout simplement ne pas êtres conscients. Ils ne se rendraient compte de rien, et n'auraient pas démarré de processus d'autogénération de conscience. Le problème est qu'ils seraient indiscernables des gens conscients dotés seulement d'une conscience psychologique (chapitre V-2). Ils pourraient même manifester de la bonne volonté, ou de l'amour pour leur conjoint ou enfants. Mais en faits, ils seraient juste des robots, de la viande, des zombies, des choses, des tamagotchis biologiques, des robots sexuels, sans personne à l'intérieur. Pour être franc, je n'aime pas du tout cette idée effroyable; mais je ne connais pas d'arguments contre. Donc je me sens obligé de la mentionner, à titre d'avertissement: si cela est vrai, alors les gens avec zéro pratique spirituelle disparaîtraient pour toujours à la mort!

Un test est cependant que, si la mémoire à long terme est stockés dans la conscience spirituelle, alors ces personnes n'auraient pas de mémoire à long terme. Elles se souviendraient des noms, des visages, des enjeux, des langues, de leurs compétences, car ces choses sont codées dans les neurones. Mais elles ne se souviendraient pas du passé, elles feraient toujours les mêmes gaffes psychologique, oublieraient toujours leurs engagements, etc. Si par hasard elles nous entendent, elles trouvent toujours quelque argument bancal ou humiliant pour rejeter la vérité et retomber dans leur routine. Oh, mais on observe précisément beaucoup de gens dans ce cas... De toute façon, peu importe la raison, il semble inefficace d'essayer de les aider.

 

Pouvons-nous provoquer des NDE? Bien sûr les scientifiques aussi bien que les personnes spirituelles aimeraient beaucoup.

On entend des histoires de champs magnétiques, ou de drogues comme la kétamine, qui produiraient des NDE. Je suis prudent. Ces choses pourraient produire des visions similaires, mais qui seraient toujours des phénomènes de cerveau, davantage apparentés à la paralysie du sommeil, voire à des troubles psychiatriques. Toutefois, nous constatons que des expériences authentiques comme les instants de superconscience peuvent arriver alors qu'il n'y a aucun trouble organique. Ainsi des NDE authentiques pourraient arriver alors qu'il y a encore des activités neuronales, selon quels neurones sont arrêtés. Probablement, comme vu plus haut, il y aurait un centre neural précis dont l'arrêt pourrait fournir automatiquement une NDE (au moins chez 18 % des gens), mais nous sommes ici en terrain inexploré, et qui plus est dangereux.

Pour l'instant, la seule méthode connue pour produire des NDE authentiques avec expérience principale, est l'arrêt total de tous les neurones (et encore seulement chez 12 % des gens). Le cas le plus courant où cela se produit est l'arrêt cardiaque (ou arrêter la circulation sanguine dans le cerveau par strangulation, mais cela produit vite un arrêt cardiaque de toutes façons), ou en abaissant la température du corps (ce qui de toutes façons nécessite une circulation sanguine extra-corporelle, car le cœur s'arrête avec le froid). Inutile de dire que toutes ces méthodes sont dangereuses, et la seule façon de les utiliser est lorsqu'elles sont requises pour des raisons médicales.

Donc produire une NDE avec des moyens matériels nécessiterait d'arrêter tous les neurones, sans arrêter quoi que ce soit d'autre. On pourrait imaginer un médicament capable de le faire. Le problème est que l'arrêt de tous les neurones arrêterait aussi le cœur, comme dans l'étranglement. Peut-être que les centres nerveux précis dont l'arrêt «signale» la mort à la conscience spirituelle, sont étroitement liées au métabolisme de base et au système nerveux autonome qui contrôlent le cœur, voire au battement du cœur lui-même! Nous sommes donc toujours en terrain dangereux, et totalement inexploré.

Ainsi, dans l'état actuel des choses, il n'y a aucun moyen matériel connu ou prévisible pour produire en toute sécurité une NDE authentique, non polluée par des hallucinations du cerveau.

Un autre aspect est que, comme nous l'avons vu, les instants de superconscience ne se produisent pas en fonction de causes matérielles, mais en raison d'un enjeu dans le domaine de la conscience. Si les NDE obéissent aussi à cette loi, alors leur cause principale pourrait aussi être dans le domaine de la conscience, et l'état matériel du corps ne serait qu'une circonstance propice. Et ces enjeux de conscience sont bien connus: être innocent, avoir des préoccupations spirituelles, offrir amour ou aide à d'autres qui dépendent de nous. Si nous remplissons une de ces conditions, alors les conseils spirituels viendront de toutes façons par des moyens différents, et il n'y a pas besoin d'un arrêt cardiaque.

Car il y a beaucoup d'autres méthodes plus sûres de prendre contact avec la lumière: méditation commune, méditation avancée (où nous pouvons produire des expériences semblables aux NDE), lire des histoires porteuses d'espoir. Alors il vaut mieux laisser tomber vos électrodes et vos seringues, et venir écouter mes histoires d'elfes sur Inworldz... au moins vous ne risquez rien.

Et si un jour on trouvait un moyen matériel de produire une NDE, on sait qu'un motif spirituel juste est nécessaire au succès de l'expérience... Sinon, elle échouerait, et elle pourrait même être horrible.

Le livre des morts tibétain, le Bardo Thödol

Si le Bardo Thödol n'est pas un «document scientifique» au sens moderne du terme, il y ressemble toutefois bougrement. Juste que, au lieu de parler de physique ou de technologie, il décrit les expériences par lesquelles peut passer une personne qui meurt, avant de se réincarner, sur Terre ou dans un autre monde. Des données certes fascinantes, mais restées longtemps totalement invérifiables pour la science moderne. Ce livre a bien sûr été connu d'abord grâce à la fascination générale du bouddhisme tibétain. Mais il a attiré l'attention des scientifiques quand ils se sont aperçus qu'il décrivait précisément des aspects importants des NDE. Du coup le Bardo Thödöl devenait vérifiable, et donc objet de science!

Une discussion détaillée des convergences et des divergences est donnée dans le livre «Le Livre tibétain de la vie et de la mort» par Sogyal Rinpoche (le fameux «Khempo Tenzin» dans le film «little bouddha»). En particulier la description du «chikhai bardo» (première étape suivant immédiatement la mort) correspond pratiquement à la description scientifique des NDE. Quant à «l'être de lumière», le Bouddhisme le décrit aussi, en l'expliquant comme «la nature fondamentale de notre propre esprit», comme je le discute plus haut dans ce chapitre. Ce qui, à mon avis, n'exclut pas un aspect «divin», comme on l'a vu dans la même discussion.

Cette convergence, unique dans tous les textes mythologiques sur l'au delà, place justement le Bardo Thödöl en dehors de la mythologie, pour en faire un guide théorique incontournable, dans un domaine où les données vérifiées sont rares. En particulier c'est actuellement la seule autorité connue pour les étapes plus avancées de la mort, les mondes spirituels ou la réincarnation. D'où les emprunts que j'y fais jusqu'à la fin de ce chapitre.

Le «Bardo du Devenir»

En tibétain, «Bardo» signifie littéralement «état intermédiaire», mais l'usage qui en est fait serait plutôt «état de conscience», au sens où je l'emploie dans ce livre. En effet, les tibétains reconnaissent la veille, le sommeil et la méditation comme des «bardos», bien qu'ils ne soient en rien «intermédiaires». On devrait ajouter aujourd'hui la paralysie du sommeil et les RR4 à la liste.

Ainsi le «chonyid bardo», ou «Bardo du Devenir» semble un état où la conscience est seule, livrée à son propre processus d'autogénération logique, sans recevoir d'information d'aucun autre. Des visions très variées apparaissent alors, de sa propre création, que la conscience va immédiatement saisir et s'y accrocher, car elle a un besoin invétéré de s'attacher aux apparences, et de les considérer comme «la réalité», selon le processus vu au chapitre III-5. Pour une personne non préparée, ce besoin est si fort qu'il passe avant la peur et la souffrance: la conscience peut alors réifier des visions terrifiantes ou douloureuses, à laquelle elle s'accrochera pourtant désespérément comme à la seule «réalité», complètement incapable d'y échapper. Alors qu'un méditant moyen peut simplement reconnaître ces visions pour de simples visions, et ne pas s'y accrocher. Je doute toutefois que l'on puisse obtenir une «conscience vide», puisque, par définition même de la conscience, elle a forcément un contenu (on est forcément conscient de quelque chose, même du vide). La manœuvre de base dans ce cas est de visualiser les visions devenir belles ou intéressante. C'est ce que j'ai fait avec les visions peu reluisantes de la paralysie du sommeil, avec succès. Je pense donc que la même méthode vaut pour le Bardo du Devenir, et le Bardo Thödöl donne effectivement un conseil similaire, de visualiser des Bouddhas qui peuvent alors nous guider vers des réincarnations intéressantes, dans des paradis spirituels. La méditation avancée est de considérer ces visions comme de pures illusions, ce qui offre alors la possibilité de manipuler l'aiguillage nous-mêmes, et de nous diriger vers le monde de notre choix.

 

C'est comme cela que la maîtrise du fonctionnement de notre conscience, par la méditation, nous apporte la liberté de choisir dans quel monde nous allons vivre, ou quels rêves nous avons.

Les mondes spirituels

Dans certaines NDE avancées, l'expérienceur rencontre d'autres personnages (des sages, mais d'apparence plus humaine que la Lumière), ainsi que des paysages paradisiaques ou des monuments grandioses. Il est probable qu'il faille prendre ces visions au pied de la lettre, y compris les incroyables cités de cristal et autres monuments symboliques. Cela ne signifie toutefois pas forcément que ces villes existeraient quelque part de manière permanente. Pour comprendre pourquoi, il faut comparer avec les mondes virtuels actuellement disponibles sur Internet (2012). Ces mondes virtuels ne sont justement pas des mondes organisés comme la surface d'une planète. Au contraire, leurs habitants bâtissent des paysages ou des scènes, souvent provisoires ou sans connexions directes les unes avec les autres, et de nombreuses versions de la même scène peuvent exister, dans un espace flou sans dimensions ni plan fixe. Il n'y a en effet pas, dans les mondes virtuels, de notion de surface limitée à occuper et à gérer comme la surface d'une ville. Cet absence de contrainte pourrait libérer encore davantage les mondes spirituels, où bâtir est encore plus facile que dans le virtuel, ne demandant qu'un peu d'imagination: dans le monde de la conscience, le paysage est ce que l'on visualise! (Ou ce que l'on se rappelle). Ainsi une fantastique cité elfique peut-elle apparaître instantanément, et ne durer que quelques minutes: pourquoi la conserver quelque part, si juste s'en rappeler suffit à la recréer à l'infini? Ainsi la notion même d'espace continu cher à la physique perd son sens, au profit d'un espace flou (chapitre I-3), changeant, onirique, mais pourtant bien réel pour ceux qui y habitent.

Ces mondes incroyables ne sont que l'application de la troisième partie de ce livre: bien qu'ils n'ont aucune sorte d'existence absolue, ni même besoin d'un quelconque continuum d'espace pour les contenir, ils apparaissent «réels» à des consciences qui échangent des informations avec eux. Mieux, comme ils existent à l'intérieur de ces consciences (comme des visualisations), des consciences capables d'échanger des informations entre elles pourront littéralement partager leurs mondes intérieurs, et les ressentir comme aussi «réels» que nous sentons le monde physique. (Les témoins disent que c'est «plus réel» que le monde physique). Ce sont ces échanges qui créent le monde flou, bien que ces consciences puissent également s'arranger pour construire des lieux collectifs plus permanents.

Les maîtres bouddhistes affirment que des entités spirituelles puissantes créent de tels mondes stables, à l'usage des consciences qui ne maîtrisent pas encore ce domaine. Par exemple, chaque Yidam a le sien, et on peut choisir. On peut donc «naître» dans un tel univers, y vivre (le sentir comme «concret» et la seule «réalité objective», selon le processus décrit au chapitre III-5) et même y «mourir» quand on décide de le quitter. Toutefois cette «naissance» arrive selon des modalités totalement différentes de la naissance biologique, qui pourraient être plus proche de ce que l'on voit dans un monde virtuel, où on apparaît soudain au point d'arrivée, avec une apparence standardisée. Les gens parlent même de naissance («rezzday») et d'anniversaire! Et ils manifestent aux «noobs» (nouveaux) la même affection qu'à des bébés. Mais pour quelques jours seulement: on grandit vite!

 

Les mondes virtuels électroniques les plus avancés montrent à quel point et avec quelle force la conscience peut s'investir dans ce qui lui est présenté comme la réalité. On pense à l'exemple rigolo du joueur de tennis virtuel qui lance sa Kinect sur l'écran, oublieux qu'il est de sa nature locale. Mais j'ai aussi eu l'occasion de goûter au retour d'effort: l'impression de réalité est fantastique, on a vraiment l'objet de tâter un objet, dur ou élastique, alors qu'il n'y a que du logiciel. On peut imaginer les possibilités merveilleuses qui s'ouvriront quand sera levé le contrôle idéologique strict qui s'oppose aux applications de commandes du genre de la Kinect. Plus fort, les exosquelettes permettront une immersion totale dans des mondes virtuels sans limites.

La conclusion est que la conscience peut rapidement s'adapter et s'investir dans des conditions nouvelles, éventuellement totalement différentes du monde matériel.

La réincarnation.

Le Bardo Thödöl décrit également le processus de la réincarnation. Il existe un grand nombre d'histoires de réincarnation apparemment vérifiées, dans les pays où la réincarnation est admise. Dr. Ian Stevenson a rassemblé un grand nombre de tels témoignages. Vicki Mackenzie a écrit plusieurs livres convaincants sur la réincarnation de lamas tib├ętains se rappelant de leurs vies passés. Mais le label «science» est dur à obtenir: il est difficile de vérifier que le candidat réincarnation n'a jamais obtenu d'information avant de témoigner.

Le Bardo Thödöl apporte aussi une nuance de taille par rapport à ce que l'on attend dans les sociétés occidentales athées et matérialistes. Pour beaucoup d'entre nous en effet, la réincarnation apparaît comme le summum du désirable: pouvoir vivre et revivre à l'infini! Un désir que les maîtres de toutes les religions regardent avec une condescendance amusée: pourquoi souhaiter rester dans le monde matériel, qui plus est sur Terre, alors que le premier monde spirituel venu est mille fois mieux? Surtout que les réincarnations qui commencent en ces temps de changement climatique et de catastrophes nucléaires risquent fort de se terminer douloureusement, bien avant leur terme normal. Je ne serais donc pas surpris si la plupart des gens évolués fuient en fait cette Terre où on ne les écoute pas (ou pire), et qu'ils soient chaleureusement invités ailleurs, là où leurs compétences seront effectivement appréciées et employées utilement (chapitre VI-16).

Les maîtres toutefois encouragent la réincarnation dans ce monde, dans un cas précis: aider les autres à en sortir. Mais il faut déjà avoir acquis nous-mêmes ce que l'on veut transmettre!

 

Le Bardo Thödöl dit que le processus de réincarnation peut commencer quand la conscience sent une attirance pour un utérus, dans lequel on devine qu'un enfant est en cours de formation. L'attirance brute pour le monde physique risque alors de nous jouer de bien vilain tours, si l'utérus en question est un animal, voire un humain malveillant ou incapable. Mais c'est ce qui arrive à bien des consciences...

Une difficulté se pose à ce moment: il s'écoule trois mois entre la fécondation et l'apparition d'activités conscientes dans le cerveau du bébé. Comment la conscience est-elle reliée au corps pendant tout ce temps? Il faut pourtant qu'il y ait un lien, que le Bardo Thödöl fait remonter à l'acte sexuel fécondateur, et explique par l'amour des parents. Toutefois cela n'explique pas les grossesses survenant suite à un viol, où l'amour n'est pas impliqué. On a vu une autre solution au chapitre V-7: l'attachement de la conscience au cerveau se ferait par l'activité de centres nerveux primitifs, qui ne produisent pas d'activité de conscience. De tels centres commencent à fonctionner dès la 6eme semaine, en même temps que le cœur. En fait l'attachement serait graduel, d'abord purement affectif (vision des parents) puis deviendrait plus matériel quand les premiers centres nerveux inconscients commencent à fonctionner, jusqu'au troisième mois où le cerveau peut commencer à produire des expériences de conscience. Et la conscience vivrait tout ce processus de trois mois comme un seul «nib», c'est à dire un événement de conscience unique. Ainsi un événement qui dure plusieurs mois dans le monde physique lui semblerait instantané. Exactement comme une nuit de sommeil, qui nous apparaît comme un événement unique. Il n'y a donc pas de sens à se demander ce que la conscience fait pendant ce temps.

Au-delà, mondes spirituels et réincarnation d'après la théorie d'autogénération logique

Comme on le voit dans la troisième partie sur la métaphysique, en particulier au chapitre III-5, la conscience ressent un univers comme «réel» lorsqu'elle en reçoit des informations, lorsque les deux processus d'autogénération logique communiquent.

Cela fournit une définition très simple et très générale de l'incarnation: quand la conscience établit un lien de communication avec un univers. L'incarnation, c'est quand deux processus d'autogénération logique communiquent. Dans un sens, la conscience perçoit l'univers et elle le ressent comme «réel». Dans l'autre sens, la conscience peut agir sur l'univers, ce que l'on appelle avoir des pouvoirs spirituels. Du point de vue de la théorie de l'autogénération logique, ainsi que du point de vue du Bardo Thödöl, que cet univers soit «matériel» ou «spirituel» ne fait aucune différence fondamentale: ce sont tous deux des «réincarnations». Il y a toutefois d'importantes différences techniques: dans un monde spirituel, la conscience perçoit directement les éléments de l'expérience de conscience qu'il contient (images, sons...), alors que dans un monde matériel elle a besoin d'organes des sens et d'un cerveau pour interpréter le monde formé de particules. Dans l'autre sens, la conscience devrait pouvoir agir facilement sur un monde spirituel, sous forme de «pouvoirs magiques». Mais la difficulté pour la conscience d'agir sur le processus d'autogénération logique de la matière rend ces pouvoirs bien plus rares dans notre monde.

Actualités: Les indices des NDE négatives

Ajouté en Février 2017:

L'IANDS est devenue probablement la plus importante organisation d'étude des NDE, croissant tant en taille qu'en activité. Une des plus récentes études (Février 2016) concerne les NDE négatives. L'accumulation de tels témoignages permet maintenant de les étudier avec plus de finesse. Pour résumer l'article, il y a en gros quatre types de NDE négatives:

-Similaires aux positives, mais la personne trouve l'expérience désagréable (les cas les plus nombreux).

-L'univers vide (void), sensation de solitude et de non-existence absolus.

-Des expériences infernales, avec des êtres en grande détresse, ou des mondes sinistres.

-Le jugement négatif, similaire à la NDE positive, mais la «lumière» fait comprendre à la personne qu'elle est condamnable.

Il n'y a pas de relation statistique entre le type de NDE et les caractéristiques de la personne, sauf que les trois derniers types de NDE ont plus de chances d'arriver à des personnes en état de grand doute d'elles-mêmes. Les personnes victimes de NDE négatives les prennent généralement comme une leçon, et elles comprennent d'elles-mêmes les méthodes spirituelles applicables aux expériences négatives.

 

Du point de vue de la théorie de l'autogénération logique de la conscience, ces constatations tendent à confirmer que les NDE sont des expériences similaires à un rêve, et non pas la véritable après-vie. En effet, si la Lumière était un être existant objectivement («Dieu» ou «Jésus», etc.) il se comporterait d'une manière cohérente d'une expérience à l'autre. Les variations statistiques observées indiquent plutôt un processus de création de scénarios aléatoire, comme dans les rêves ordinaires. Mais surtout, il n'y a pas de sens à punir des gens qui n'ont pas su supporter d'intenses souffrances, au contraire n'importe quel être spirituel véritable leur témoignerait davantage d'attention.

Ce rêve serait produit par la conscience désincarnée, au lieu du cerveau pour les rêves ordinaires: un rêve psychique. Pour cette raison même, ces rêves sont souvent très significatifs pour la personne, qui en tire des leçons comme d'un livre ouvert, même en cas d'expérience pénible. Il y a donc bien un contact avec une influence spirituelle authentique, quoique impersonnelle, selon les processus décrits au chapitre V-6 et au chapitre V-7.

 

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Ceci confirme aussi l'interprétation du Bardo Thödöl, qui décrit la première étape de l'après vie comme un rêve transitoire.

 

Mais alors quand commence vraiment l'après-vie? Nous en sommes toujours aux hypothèses à ce stade, mais un schéma cohérent se dessine. D'après le Bardo Thödöl, la personne va vers une «réincarnation», ce qui dans ce livre a un sens différent de notre habitude: en effet cette réincarnation peut se faire dans un monde spirituel, ce que nous appellerions plutôt un paradis. Il ne s'agit donc pas forcément de reprendre un corps de chair, mais c'est tout de même un événement particulier où la conscience établit un contact avec un autre univers, qui cette fois n'est plus un rêve, mais bien une expérience objective, c'est à dire que l'on partage avec d'autres consciences. On peut faire l'hypothèse que les visions de paradis des NDE avancées seraient dans ce cas.

 

Exprimé selon la théorie de l'autogénération logique, un échange d'information s'établit entre les deux processus d'autogénération logique, celui de la conscience et celui du monde visé. Une fois cela fait, cette conscience perçoit alors ce monde comme «la réalité», «concret» et «observable», comme expliqué au chapitre III-6.

Ce qui laisse encore pas mal d'inconnues, en particulier comment ce chemin d'information s'établit. En effet, deux processus d'autogénération différents ne communiquent normalement pas (chapitre III-6). Pour qu'ils le fassent, il faut un événement spécial. Nous n'avons aucune donnée expérimentale, et le Bardo Thödol ne donne qu'une seule indication: c'est notre désir sensuel qui provoque l'attraction, et qui verrouille ensuite la situation, quand on reçoit les premières sensations. Il fallait s'y attendre, puisque le désir sensuel est «l'interaction forte» de la conscience.

Toutefois aversion et haine sont aussi du désir, juste de repousser au lieu d'attirer. Ce qui rejoint les nombreux avertissements venus de toutes les formes de spiritualité: notre état d'esprit va déterminer notre orientation dans l'après-vie. Et les NDE négatives nous indiquent que cette orientation commence dès les premiers stades, avant la réincarnation proprement dite. Il nous faut donc envisager sérieusement la possibilité de se retrouver dans des situations fort déplaisantes: réincarnations en animal, dans un enfer, etc.

 

Ce qui mène au moins à une conclusion pratique: il nous faut nous tenir constamment prêt à la mort, afin de pouvoir l'affronter dans un état d'esprit positif, même si cette mort est horrible (torture, humiliation), qu'elle pervertit notre conscience (coma, drogues, acharnement thérapeutique) ou même qu'elle soit inconsciente (mourir pendant notre sommeil).

 

Par contre nous ne trouvons nulle part de mention de personnes envoyées en enfer parce qu'elles auraient été homosexuelles, d'une «mauvaise» religion, auraient mal travaillé à l'école, touché leur zizi, etc. Ceci confirme donc indirectement les visions spirituelles modernes d'une vie bien plus libre, souple et même hédonique, tant qu'elle ne contredit pas ouvertement les principes spirituels de base comme de respecter les autres.

 

Et même si les NDE sont des rêves, ce sont tout de même des rêves qui se produisent bien dans l'après-vie: elles restent donc des preuves valables de la survie de la conscience après la mort.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre V-9       

 

 

 

 

 

 

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