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Epistémologie Generale        Chapitre V-8       

 

V-8 Les états de conscience

 

Notre conscience n'est pas toujours dans le même état: veille, méditation, sommeil, rêve, paralysie du sommeil, instants de super-conscience, NDE, après vie, sont chacun un état de conscience. Voyons dans ce chapitre les états de conscience liés au cerveau, et dans le chapitre suivant V-9 ceux qui se produisent quand le cerveau est arrêté ou détruit.

La veille

Comme nous l'avons vu au chapitre V-2 et les suivants, la conscience est un processus d'autogénération logique enchaînant les éléments de l'expérience de conscience: images, sons, idées, sensations, sentiments... C'est cet enchaînement qui nous donne la sensation du temps qui passe, et d'événements qui se produisent, au fur et à mesure que se déroule cette succession.

Toutefois, dans la conscience ordinaire (non-parapsychologique), ce processus d'autogénération n'est pas autonome: il recopie les événements physiques qui se déroulent dans le cerveau. Ainsi le contenu de la conscience ordinaire est créé par le cerveau, résultat des traitements d'information qui s'y déroulent, alors que la conscience elle-même existe indépendamment de lui. Les imputations que fait la conscience sur l'activité des neurones lui permettent alors de faire correspondre des éléments de l'expérience de conscience à des signaux présents en des endroits sélectionnés du cerveau, là où ils sont les plus pertinents. Par exemple nous voyons une image parfaite au lieu de l'image distordue et inversée que nous envoie la rétine, à laquelle nous n'avons pas accès.

Et, comme vu au chapitre V-4, cette activité des neurones se déroule par impulsions. Le cerveau est «relativiste», dans le sens où on l'entend en théorie du traitement de l'information: les signaux, limités par la vitesse de l'influx nerveux (et non pas par la vitesse de la lumière!) ne permettent pas aux différentes parties de synchroniser leurs horloges, qui sont de toutes façons «floues» (au sens logique, chapitre I-2). Ainsi chaque partie du cerveau produit ses propres séries d'impulsions, à son rythme.

Il est alors tentant de penser que chacune de ces impulsions, avec sa signification, produit un «nib» dans le processus d'autogénération de la conscience.

 

Ainsi on y arrive: la conscience est elle aussi «quantique», c'est à dire formée d'instants élémentaires.

 

La question est alors, comment ne nous apercevons-nous pas de cette succession? La réponse naïve serait: comme au cinéma. Dans un film, une succession suffisamment rapide d'images fixes donne l'illusion d'un mouvement continu, parfaitement fluide. Les neurologues diront que c'est à cause de la persistance rétinienne, qui ne permet pas de différencier deux images se succédant rapidement. Mais cela se produit également pour tout phénomène de conscience: par exemple nous avons l'impression de lire continuellement un texte, alors que notre œil l'explore par saccades. L'explication que je donne alors est plus subtile: tout simplement du point de vue du processus d'autogénération logique, il n'y a pas de réalité définie entre deux nibs successifs de l'expérience de conscience. Il nous est donc strictement impossible de percevoir un intervalle vide entre les deux.

On peut toutefois percevoir les nibs individuels, par exemple quand une scène est illuminée par des éclairs très brefs séparés par de l'obscurité: on n'a alors pas le temps d'insérer une pensée entre les éclairs, ce qui montre bien qu'il s'agit de nibs individuels adjacents. On peut aussi se rendre compte de la succession des nibs quand on tente de maintenir une image mentale présente en permanence dans notre esprit: tout le monde sait qu'elle papillote, s'évanouit, réapparaît, etc.

Plus fort, notre conscience est capable de percevoir le mouvement lui-même: un mouvement bref, comme un salut, un mot, un aboiement, etc. forme alors un nib à lui tout seul. Une succession de tels nibs est alors particulièrement apte à produire la sensation de mouvement continu.

 

Dans le cas de l'image mentale, nous nous rendons rapidement compte qu'elle n'est pas continue. C'est parce qu'entre deux de ses apparitions, d'autres pensées s'intercalent. Ainsi notre pensée peut changer de sujet, mais elle ne stoppe jamais. C'est une propriété du cerveau en état de veille.

Également, notre conscience ne colle pas forcément à toute entrée sensorielle: nous pouvons aussi réfléchir, visualiser des souvenirs, rêvasser, méditer, etc. Dans ce cas, la conscience colle à l'activité autonome et spontanée des neurones. Cette capacité d'introspection est fondamentale, basée sur le fait que rien ne permet de distinguer l'activité d'un neurone sensoriel de celle de n'importe quel autre neurone du cerveau. Elle a donc du apparaître très tôt dans l'évolution, même si les êtres ne s'en sont pas forcément servi. (L'apparition et le renforcement évolutifs d'une faculté inutilisée tend à indiquer que ce serait l'action en cours d'un rebouclage logique, tel que vu au chapitre IV-6, dont le but n'est pas encore manifeste, chapitre VI-16)

 

Toutefois que se passe t-il si les neurones s'arrêtent?

Le sommeil

A première vue, si les neurones s'arrêtent, le processus d'autogénération devrait pouvoir s'en détacher: nous aurions alors une NDE chaque nuit. Toutefois ce n'est pas du tout le cas. L'explication en est probablement que, justement, les neurones ne s'arrêtent pas lors du sommeil. L'électroencéphallogramme montre en effet des ondes différentes, mais jamais d'arrêt. La question est de savoir alors pourquoi nous sommes inconscients à ce moment. Il y a plusieurs explications, notamment que nous n'enregistrerions pas de souvenirs, ce qui, après coup, donnerait une sensation d'inconscience. La neurologie dit aussi que les voies sensorielles ou motrices sont fermées, mais cela ne suffit pas à assurer l'inconscience: nous pourrions toujours penser, et, de fait, nous rêvons.

Avec un peu de théorie d'autogénération logique, on peut supposer que les neurones encore actifs ne fourniraient tout simplement pas d'information à la conscience, ou très peu. Des neurones seraient actifs, mais pas ceux qui produisent des expériences de conscience. Ou bien ils ne produisent pas les signaux nécessaires. (Peut-être que les ondes du sommeil ont pour fonction de bloquer les neurones impliqués dans la conscience).

Ainsi les nibs de la conscience seraient très espacés, ce qui donne cette sensation d'un temps d'absence que l'on a quand on se réveille. En effet, pour le processus d'autogénération de la conscience, aucun temps (selon la définition du chapitre IV-3) ne s'est passé, et le réveil vient juste après l'endormissement. Ceci explique bien que nous ne gardons pas un souvenir d'un long temps d'obscurité.

(Ajouté le 3 Octobre 2017) Cet effet ressemble beaucoup à celui de la distraction: si nous sommes distraits par rapport à une activité ennuyeuse, au moment de reprendre contact nous avons la même sensation d'avoir «loupé quelque chose». De fait nous n'avons réellement pas été conscients de la situation ennuyeuse, car notre conscience s'était fixée sur autre chose.

 

Toutefois au réveil nous avons encore une claire impression d'un temps passé, plus ou moins long, même si on n'a aucun repère de temps dans le monde physique. Il faut donc penser que l'on a une horloge biologique, qui nous donne en gros une indication de l'heure.

Un fait que j'ai observé vient à l'appui de ces théories: j'étais enfant, il y avait encore des convois militaires américains en France, et on les entendait passer de chez moi, avec un bruit très reconnaissable. Une nuit j'ai été réveillé par une violente détonation (Je réalisais après qu'un de ces convois était arrêté derrière chez nous à ce moment). Toutefois un détail qui m'a longtemps intrigué est que je n'ai pas été réveillé en sursaut: après la détonation, j'avais le souvenir de quelques secondes avant. Ce genre d'observation tend à montrer que la conscience n'est pas totalement abolie pendant le sommeil, mais qu'un mécanisme la bloque (il n'y a pas de nibs de conscience).

Toutefois, il y a une chose absolument extraordinaire avec le sommeil: la faculté que l'on a de se réveiller à temps, souvent à quelques minutes près, quand quelque chose d'important l'exige. Dans la version 1, j'avais raconté la première fois que ma fille a dû se lever tôt pour aller au lycée: je me suis réveillé quelques minutes avant, pour l'entendre se lever elle, puis... son réveil a sonné!

Quand on y réfléchit bien, il n'y a pas d'explication matérielle à cette précision: notre horloge biologique n'a pas la précision nécessaire. Et de toutes façons nous sommes inconscients à ce moment... Ce n'est pas non plus le réveil à côté du lit: une fois je me suis réveillé pile à l'heure nécessaire... mais le réveil retardait de vingt minutes!

Si c'est un phénomène parapsychologique, alors c'est un des plus fréquents et des plus faciles à provoquer.

Le rêve

Beaucoup a été dit sur le rêve, avec d'innombrables interprétations Freudiennes aussi désobligeantes que fantaisistes. Bon, je n'ai pas la prétention de dire pourquoi nous rêvons, mais je peux dire au moins comment.

Les neurologistes considèrent que les voies sensorielles sont fermées pendant le rêve. Je pense que cela est exact, encore qu'il y ait des exceptions, puisque l'on perçoit parfois des bruits, et on peut même discuter avec certains rêveurs (je l'ai vu). Les voies motrices sont aussi normalement fermées, encore qu'il y ait là aussi des exceptions.

Par contre j'affirme que cette fermeture ne suffit pas à définir le rêve. En effet, le rêve lucide peut démarrer quand nous sommes encore éveillé, c'est à dire sans fermeture des voies sensorielles ou motrices. On observe alors qu'il s'interrompt abruptement, dès que nous focalisons notre attention ordinaire dessus, et c'est sans doute pourquoi si peu de gens jouissent de cet état. Comme nous le verrons au chapitre V-10, «notre attention ordinaire» est l'activité du cortex frontal, qui gère nos intentions et activités de conscience, tout ce à quoi nous pensons. C'est en quelque sorte le moteur d'inférences du cerveau, et son activité détermine entièrement le contenu de notre conscience (opinions, intentions, etc.) au point que je l'appellerai «égo neuronal».

Que le rêve ne puisse démarrer que quand le cortex frontal est inactivé (endormissement, méditation profonde, rêve lucide) indique clairement qu'il est dû à un autre moteur. Dans la version un je l'appelais le «moteur onirique», et je décrivais son fonctionnement, expliquant les propriétés du rêve. Le rêve est donc dû au fonctionnement de ce «moteur onirique», quand le cortex frontal est inhibé, mais sans rapport direct avec la fermeture des voies sensorielles ou le sommeil (ce dernier ne faisant qu'assurer l'arrêt du cortex frontal, ce qui est un moyen de permettre le rêve).

 

Et comment fonctionne donc le moteur onirique?

Tout d'abord, il faut savoir comment une scène est codée dans le cerveau. Une image, par exemple, n'est jamais codée en pixels (seule la rétine le peut) mais en «vectoriel», par éléments tout faits. Imaginons un exemple simple: essayez de visualiser «des arbres et des vaches dans un pré». Une description aussi succincte évoque pourtant une image mentale très complexe, qui nécessiterait des millions de pixels si on voulait la peindre en détails. Comment une si fantastique compression de donnée est-elle possible? Tout simplement le cerveau associe chaque concept (pré, vache, arbre) à des images toutes faites, elles-mêmes formées d'éléments plus simples (formes, textures). Ainsi ces huit mots suffisent à créer une scène complexe... mais qui, si on la peignait, serait différente pour chacun, emplacement et formes des arbres, taille et race des vaches, pré plat ou vallonné, etc. Le cortex frontal (et d'autres parties du cerveau) pourront y ajouter des enjeux (le prochain pique-nique, l'exode rural...) ou des sentiments (souvenir d'enfance, amour de la nature...). Tous ces éléments sont bien sûr présents dans les parties correspondantes du cerveau: images dans le cortex visuel, sons dans l'aire auditive, enjeux dans le cortex frontal, etc.

Bien évidemment le cortex frontal utilisera ces éléments pour faire ses plans, échafauder ses stratégies, ou penser à ses enjeux, se remémorer d'autres scènes, etc.

Mais le moteur onirique a aussi accès à tous ces éléments, et il peut les utiliser à sa façon, différente. Comme tout système d'autogénération logique, le rêve sera donc une succession de telles scènes. Mais à la différence de l'égo neuronal, il semble que les éléments soient modifiés un à un, sans plan ni objectif défini. Ceci explique bien des propriétés des rêves, principalement d'être composés de scènes qui se modifient progressivement, ou qui se répètent avec des variantes, des éléments interchangés. On aura compris que, comme dans le cas de l'image mentale ci-dessus, ces éléments forment une scène visuelle, mais qui peut également être associée à un enjeu, des sentiments, etc..

Ainsi, ce schéma explique bien les rêves, et pourquoi ils n'ont habituellement aucune signification. Ils ne sont même pas utiles pour aider la mémorisation, ou d'autres pseudo-explications que l'on voit souvent.

Mais c'est aussi une bonne explication de l'apparente absurdité de nombreux rêves.

Par exemple nous sommes poursuivis par un ennemi. Nous l'écrasons avec une voiture, puis l'éclatons avec un bazooka, le clouons à un mur, et pour finir nous montons dans un avion, et décollons en le laissant sur le tarmac. Pour nous apercevoir qu'il est dans l'avion avec nous... Cette scène illogique s'explique parfaitement si la scène visuelle est modifiée, mais pas l'enjeu «poursuite». Autre exemple: nous devons être opérés chirurgicalement. On nous injecte l'anesthésique... mais rien ne se passe: nous restons conscients! Là encore, il n'y a pas de symbole Freudien bizarre à décoder: simplement nous ne pouvons pas perdre conscience en rêve! Ainsi, si une quelconque scène telle que anesthésie, sommeil ou mort se présente en rêve, nous restons conscients. Ces scenarios sont en contradiction flagrante avec la logique ordinaire, mais en parfait accord avec celle du moteur onirique.

 

Rêves prémonitoires

Comme on le verra au chapitre V-10, la désactivation de l'égo neuronal favorise l'action de la conscience immatérielle sur les neurones, ce qui explique que l'on puisse avoir des rêves prémonitoires, ou qui apportent des conseils importants pour la conduite de nos vies (orientation spirituelle, dénoncer des manipulateurs). Toutefois ces choses restent des phénomènes parapsychologiques, soumises aux conditions techniques décrites au chapitre V-4. Ce qui explique que les rêves ordinaires sont très loin d'égaler les NDE à ce sujet.

Un rêve prémonitoire est donc un rêve apparemment ordinaire, mais dont on s'aperçoit ensuite qu'il décrivait des événements qui se sont effectivement produits après. Bien entendu, l'abondance tant des rêves que des événements du monde produit statistiquement de nombreuses coïncidences. Cela fait que, pour être qualifiée de prémonitoire, un rêve doit comporter un ensemble d'éléments liés, suffisamment nombreux pour exclure une telle coïncidence statistique. Par exemple voir en rêve quelqu'un qu'on n'a jamais vu, puis le reconnaître quand on le rencontre le lendemain, peut être qualifié de prémonitoire. C'est encore mieux si on le reconnaît aussi psychologiquement, au lieu de seulement le visage. J'ai eu plusieurs rêves de cette sorte. Je rêve aussi souvent de ma voiture... mais ces rêves ont commencé un an avant que j'aie seulement le projet d'en acheter une! Avec la couleur et tout.

De tels rêves sont un des phénomènes parapsychologiques les plus courants, et qui arrivent au plus de gens. Mais on ne peut malheureusement pas les provoquer, d'où l'absence d'études à leur sujet.

 

 

On peut aussi faire des rêves significatifs, avec des messages psychologiques ou spirituels. C'est le cas de ces rêves répétitifs qui nous poursuivent parfois notre vie durant. Mais les interpréter est difficile, et parfois trompeur. J'avais quelques rêves de cet ordre, assez angoissants, qui ont disparu quand j'ai compris une manipulation dont j'étais victime. Mais d'autres continuent de se produire sans que je comprenne ce qu'ils représentent.

La difficulté d'interpréter les rêves viennent de ce qu'ils utilisent des symboles non évidents, mais aussi qu'ils inversent souvent affirmation et négation, ce qui peut nous faire prendre un avertissement pour un conseil. Je m'y suis fait prendre une fois, et ça m'a coûté cher...

De nombreux livres prétendent interpréter nos rêves. Ils sont souvent basés sur une symbolique propre à une culture donnée, voire sur des «Freudaines» (fausse psychologie, souvent péjorative ou friande de symboles sexuels dégoûtants) ou des interprétations idéologiquement biaisées (dire que rêver de voler correspond à une maladie du foie, c'est aussi idiot qu'arbitraire). Mon conseil serait de n'en lire aucun, sous peine d'ajouter les problèmes psychologiques de l'auteur aux nôtres.

Je me permet de donner tout de même quelques exemples qui pourraient être fort utiles, sous réserve des problèmes précédents.

-Le plancher d'une maison se dérobe sous vos pieds, vous retombez d'un paradis à une ville grise, un escalier descend vers une cave obscure avec une sensation de danger ou de peur, de la belle peinture sur des matériaux pourris: des gens vous manipulent avec un bel idéal, mais ils ne sont pas sincères, ils peuvent même être dangereux. Ces rêves sont probablement causés par des signes perceptibles (non-dits, sous-entendus, murmures, etc.) mais auquel nous refusons de prêter attention, de par leurs implications catastrophiques.

-Vous êtes au bord de l'eau, quand une vague se soulève soudain et menace de vous submerger: des gens jouent avec vos sentiments, alternant gentillesse et haine. Attention, c'est un avertissement sérieux: dans le cas réel que j'ai vu, il y a eu des suicides.

-Une usine dangereuse, menaçante (explosion, gaz, radio-activité): vous craignez quelqu'un sans vous en rendre compte. Mais la personne n'est pas forcément mauvaise.

-Vous avez un rapport sexuel avec une personne inappropriée: ne vous inquiétez pas, ces rêves n'ont en fait aucune signification sexuelle, ils indiquent seulement vos sentiments envers une personne qui a de l'importance pour vous. Mais ce rêve n'est évidemment pas PAS une invitation à passer à l'acte!

-Nuages sombres, noirs voire écailleux: une personne vous fait souffrir par incompréhension ou désespoir (voir le cas de la vague)

-Violentes tornades: (sous réserve) des gens hostiles vous poussent à l'énervement, à la faute. Attention a ce que vous dites ou écrivez, prenez du recul.

-(Ajouté en Janvier 2017) Rêver d'être nu en public est probablement le plus répandu des rêves répétitifs incompréhensibles. Et bien entendu il y a autant d'explications que de sites de psycho-astrologie, avec sans surprise la psychanalyse qui nous accuse de désirs malsains refoulés (aucune imagination, ces mecs, ha ha ha!). J'ai toutefois observé récemment une petite «avancée», qui pourrait finalement craquer ce rêve et nous expliquer scientifiquement ce qu'il représente pour nous.

Premièrement, il faut se rappeler que, comme dans tout rêve, les personnages que l'on observe ne sont que des images, incapables de penser ou de réagir de façon autonome (Pour qu'ils le fassent, il faudrait que le moteur onirique ajoute un enjeu supplémentaire). Ainsi, que ces personnages ne réagissent pas montre que, pour le moteur onirique, le seul enjeu de ce rêve est notre propre ressenti: gêne, honte, incongruité. Deuxièmement, il faut se rappeler que, pour le cerveau, la honte d'être nu n'est pas naturelle: c'est la séquelle d'un traumatisme, suite à une agression sexuelle. La personne qui vous a fait subir cette agression peut très bien penser qu'elle vous «éduquait», pour nos neurones ça n'est est pas moins une agression sexuelle pleinement caractérisée. Troisièmement, que nous désirions peloter notre voisine de classe, comprendre la mécanique quantique ou aller au monastère pour devenir un saint, le cerveau ne fait pas la différence: dans tous les cas c'est notre recherche du bonheur. Ainsi, comme toute victime d'abus sexuel peut le confirmer, un traumatisme sexuel affaiblit aussi l'ensemble de notre personnalité: nos buts dans la vie, notre recherche du bonheur, sont tous devenus objets de honte, que l'on n'ose plus montrer en public. Donc si la nudité représente quelque chose dans ce rêve, c'est bien nos aspirations profondes, nôtre être authentique, par oppositions aux conventions sociales qui les nient. Et effectivement, ce rêve se produit toujours dans des lieux où la société nous force à aller, et à jouer un rôle artificiel, indépendamment de nos aspirations: école, lieu de travail, rue, cérémonie, etc.

L'expérience personnelle qui m'a amené à cette compréhension? Simple: dans le rêve, la «société» était composée de gens positifs (écolos, spirituels, etc.). Si certains étaient encore habillés en noir submissif, d'autres étaient déjà en partie déshabillés: bikinis colorés, shorts, voiles vaporeux, etc. Me trouvant moi-même nu, je déclarais alors gentiment mais clairement que le lieu autorisait le naturisme. Ce à quoi les plus déshabillés répondirent avec un sourire approbateur. Ainsi ce rêve s'explique finalement très logiquement et simplement, si notre nudité représente notre personnalité et nos aspirations: la honte représente alors notre sensation d'être rejeté par la société, d'être forcé de jouer un personnage qui n'est pas nous, ou le manque d'occasion de réaliser nos aspirations.

Bien entendu le projet de l'Epistémologie Générale est une société où chacun peut aller «nu», c'est à dire où l'on peut être ce que nous voulons vraiment être, sans se faire imposer une image ni un rôle qui n'est pas nous.

-(Ajouté en Aout 2017) Vous descendez dans une caverne sombre, un gouffre très profond, au fond duquel se trouve une eau noire, lisse, inquiétante et mystérieuse. (Sous réserve de confirmation): quelqu'un manigance contre vous. Les rêves ne sont pas habituellement des perceptions extrasensorielles. Mais souvent, ils traduisent des indices visibles, que nous n'avons pas su percevoir consciemment. Ainsi ce qui semble des erreurs, des actes apparemment séparés, des actions incidentes, des «sacrifices nécessaires», peut en fait participer d'un plan pour vous nuire. Bon, faites quand même quelques vérifications objectives, afin de ne pas verser dans la paranoïa ou les accusations infondées.

-(Ajouté en Aout 2017) Vous rêvez à plusieurs reprises que vous rencontrez des proches décédés: préparez-vous à quitter ce monde.

 

 

Le rêve lucide est une série d'expériences de conscience involontaires, similaires à un rêve, mais qui se produit alors que l'on n'est pas endormi. (A ne pas confondre avec la rêverie habituelle, qui est produit par l'égo neuronal, par notre désir ou notre volonté). On dit que certaines personnes en sont capables spontanément, mais en général cela n'arrive qu'avec une longue expérience de la méditation. Il faut en effet être capable de déconnecter l'égo neuronal... Mais, un peu comme avec le rêve d'anesthésie, c'est impossible: l'égo neuronal va attendre le résultat de la déconnection, ce qui, justement, le maintient connecté! On comprend donc que le rêve lucide soit difficile à obtenir, et qu'on ne puisse y arriver qu'en méditation avancée, sur la vacuité de nos expériences de conscience. La véritable méditation n'est en effet pas une belle rêverie comme dans les groupes Nouvel Age, c'est en réalité une maîtrise du fonctionnement de notre esprit, qui peut aller jusqu'à la déconnection de l'égo neuronal, des fonctions supérieures du cortex frontal. Une fois cela fait, le rêve lucide ouvre les possibilités parapsychologique du rêve, mais sous contrôle. D'où l'intérêt de le maîtriser.

 

Un rêve instinctif, ou un rêve biologique, est un rêve qui est en quelque sorte codé génétiquement dans le cerveau. Un peu comme ces images que l'on trouve dans un ordinateur neuf. Comment cela est-il possible, et à quoi servent de tels rêves? Répondre à cette question revient à répondre à la question: comment un animal peut-il exécuter avec précision tous les gestes nécessaires à accueillir ses nouveaux-nés, alors qu'il n'a aucun langage pour avoir appris ou reçu des explications? J'ai un jour vu accoucher une chienne, et j'étais stupéfait de la précision de ses gestes, dans une situation où beaucoup d'humains auraient paniqué. Il est clair qu'elle savait ce qu'elle faisait, elle n'était pas seulement guidée par des sentiments. On parle alors «d'instinct», terme vague et chargé de connotation magiques. Mais justement il n'y a rien d'inexplicable ni de magique... si ce n'est la fantastique magie de la vie.

L'explication est pourtant très «science classique»: Prendre soin des nouveaux-nés est un enjeu bien trop crucial pour que l'évolution l'ait laissé au seul hasard, et toutes les connaissances nécessaires sont codés directement dans les neurones, «hardwired». Ainsi l'animal sait tout sans l'avoir appris, et il peut même avoir déjà vécu ces situations en rêve...

Comment en être sûrs? Tout simplement parce que les humains sont exactement comme les animaux de ce point de vue. Et les femmes qui accouchent sans savoir ce dont il s'agit sont quand même capables de faire ce qu'il faut! Les cas d'abandons d'enfants à la naissance sont très rares chez l'humain, hormis bien sûr les cas pathologiques (viol, pressions sociales, troubles psychiatriques)

Il en va évidemment de même pour le sexe: on doit pouvoir facilement trouver comment, même sans avoir jamais appris. Personnellement, mes premiers rêves sexuels d'adolescents étaient très romantiques, mêlant en un seul champ le désir sensuel, l'amour romantique et le désir de beauté (preuve que le sexe seul ne suffit pas, amour et beauté comptent tout autant, même pour la biologie et les gènes). Par contre quand j'étais enfant, les rêves sexuels utilisaient des symboles incompréhensibles et angoissants, genre gros ver caché derrière les tuyaux de la salle de bain. Peut-être ces images sont-elles une mise en garde contre d'éventuelles tentatives inappropriées.

Un autre rêve biologique se produit chez un homme qui a éjaculé: il se sent triste, et rêve qu'il va chez la femme avec qui il a eu des contacts (ou qui lui a manifesté de la tendresse)... La signification biologique est évidente (incitation à rester avec la porteuse de ses enfants, et à l'aimer) et en passant incite à une société matrilinéaire.

On peut supposer que d'autres rêves biologiques concernent la nourriture. Par exemple, je faisais régulièrement d'abominables rêves de corps décomposés... jusqu'à ce que j'aie arrêté de manger de la viande! C'est un excellent exemple de rêve répétitif apparemment absurde, qui avait pourtant une signification précise, et qui s'est arrêté immédiatement dès que sa cause a été supprimée.

La méditation

Dans un monde qui se targue tant de liberté d'opinion, on peut trouver plus de définitions de la méditation que de gens qui la pratiquent sérieusement. Et il faut faire très attention, car il y a des définitions qui sont fantaisistes, et même de très dangereuses. Un exemple est l'idée de visualiser le monde tel qu'il devrait être, pur et paradisiaque. Une telle visualisation est intrinsèquement bonne, mais elle n'est pas en soi une méditation. En effet, si elle ne s'accompagne pas d'une maîtrise de nos névroses, alors la différence entre la visualisation et la «réalité» va vite devenir une source d'intense frustration, qui peut nous conduire à la dépendance envers une secte, à la dépression, voire au suicide. D'autres méthodes de «développement personnel» peuvent rendre les gens arrogants, ce qui peut mener à des conflits, des divorces. Ces méthodes agissent en renforçant l'égo, ce qui va droit à l'encontre de tout but de libération. Donc, face à de tels dangers graves, on n'a clairement pas le droit de laisser dire n'importe quoi, et la vraie méditation devrait s'apprendre à l'école, selon un cursus établi par des gens qui ont obtenu des résultats vérifiés.

Une des activités simples servant à introduire à la méditation (il y en a beaucoup) est par exemple celle du Hatha Yoga (les «postures de yoga»), où on doit obtenir la non-dualité entre l'effort nécessaire pour maintenir la posture, et l'absence d'action, d'intention. Comme vu au chapitre I-3 sur la logique non-Aristotélicienne, ce résultat apparaît très naturellement quand on cesse d'utiliser le cortex frontal, siège des intentions et actions (que j'appelle «égo neuronal», ou moteur d'inférence du cerveau), pour laisser les neurones fonctionner de leur manière naturelle, non-Aristotélicienne. Cela permet alors d'appréhender naturellement et facilement les nombreuses non-dualités nécessaires pour comprendre le monde spirituel.

On peut donc définir la méditation de base comme un état de conscience différent de la veille habituelle, où le cortex frontal est inactivé: on n'a donc plus d'égo, d'intention, de concepts. (Il ne s'agit pas de renoncer à toute gestion de notre vie, mais d'un état de conscience où ce n'est plus l'égo neuronal qui organise l'enchaînement des pensées). A la place, des faits non-Aristotéliciens apparaissent spontanément dans notre conscience.

Toutefois il serait dangereux d'utiliser cet état à n'importe quoi. Toutes les voies spirituelles introduisent donc simultanément des objectifs tels que la compassion envers les êtres, une vie sociale harmonieuse, ou l'obtention d'un paradis par des techniques de purification ou l'accumulation de mérite éthique (des «bons points» quand on accomplit de bonnes actions).

De fait, la méditation permet d'appréhender les nombreuses non-dualités qui régissent la vie sociale ou politique (c'est pour ça qu'une formation en méditation est bien entendu obligatoire pour tous les politiciens, en plus des tests d'embauche de QI et de culture générale). Mais elle permet aussi de nous purifier de nos nombreuses névroses. Par exemple on peut assez facilement éradiquer une névrose de racisme, en visualisant les sentiments purs correspondant. C'est une des premières choses que je suis arrivé à faire, contre un certain racisme qu'on m'avait inculqué pendant trois années d'enfance passées en Algérie. A l'époque, cela m'avait pris des années, faute de connaître de véritables méthodes, mais il n'en reste plus trace aujourd'hui. Une telle névrose ne résisterait pas plus de quelques semaines à des méditations tantriques avancées. On comprend donc l'utilité fondamentale de la méditation et des méthodes de purification de l'esprit qu'elle permet, et pourquoi cela devrait être enseigné à l'école, au même titre que l'écriture ou l'écologie, au nom de la liberté fondamentale se maîtriser nos vies.

 

Ces méditations pour débutants ne sont toutefois pas des phénomènes parapsychologiques, et on reste dans un fonctionnement classique matériel du cerveau. Il est déjà fantastique qu'un cerveau qui n'a jamais été prévu pour cela puisse fonctionner de cette façon, selon une organisation totalement différente du cerveau animal, et donner en plus des résultats importants qu'aucune évolution n'a jamais anticipé ni suggéré.

Mais on peut aller plus loin, comme on le verra au chapitre V-10. En effet, la méditation permet le libre-arbitre (chapitre V-3), qui est une prise de pouvoir directe de notre conscience immatérielle sur le cerveau matériel. Pour un débutant, ce libre-arbitre peut se manifester épisodiquement, et il donne alors l'impression d'une merveilleuse prise de conscience. (Ce qui entraîne une certaine frustration si on ne peut le reproduire, d'où le besoin de développer d'autres qualités, comme la patience ou la non-action.).

Mais un pratiquant avancé entrera dans des méditations bien plus puissantes, dans le domaine des Tantras ou du Yoga, la principale étant la méditation de la vacuité, qui permet de neutraliser l'égo neuronal et son lieutenant l'attachement aux apparences. D'autres pratiques, le Yidam, le contrôle des rêves, etc. permettent de renforcer le pouvoir de la conscience sur le cerveau, ce qui, à un moment, va entraîner la réalisation de pouvoirs parapsychologiques.

L'orgasme

Une particularité très intéressante de l'orgasme est de neutraliser le cortex frontal, ce que j'appelle l'égo neuronal, dont on verra au chapitre V-10 qu'il est un des principaux obstacles à la méditation profonde et au contrôle de la conscience sur le cerveau.

On comprend donc pourquoi des techniques de yoga ont été développées pour pouvoir multiplier le nombre d'orgasmes, notamment par la rétention de l'éjaculation. Ces orgasmes renouvelés permettent alors de pratiquer des méditations très spécifiques et intenses, plus facilement que par un long entraînement.

Toutefois l'attachement aux apparences, en particulier l'attachement au plaisir ou au corps matériel, constituent des obstacle graves à la méditation profonde. C'est la raison pour laquelle bien plus de gens préfèrent la chasteté! Il convient donc de n'aborder les yogas sexuels que dans le cadre d'une pratique spirituelle sérieuse, qui comprendra en particulier la méditation de la vacuité (ou équivalent). Seulement aux conditions ci-dessus on peut parler de yoga sexuel, qui sont une des techniques des Tantras (en rappelant aux moldus que les Tantra ne se définissent pas comme des pratiques sexuelles, auxquelles ils ne font appel que dans certains cas).

Les risques graves de ces pratiques (durcissement de l'égo, attachement au corps matériel, fausses conceptions sur la liberté sexuelle) font qu'elles étaient traditionnellement tenues secrètes. Leur publication hors contexte à des fins de pur plaisir est donc un piège terrible, qui risque de ruiner la vie de bien des gens, et d'apporter plus de souffrance que de plaisir. De toutes façons une bonne méditation réduit l'attachement au corps, ce qui différencie fondamentalement le simple amateur de sexe du véritable yogi. Inutile donc de se chercher des prétextes spirituels pour juste se vider les organes. Laissez les Tantras aux pros. Quant à aller à Dharamsala chercher des partenaires, pas la peine d'essayer: la réputation des occidentaux est déjà faite.

La pratique des yogas sexuels avancés produit de toutes façons un résultat curieux: la conscience s'investit dans le monde spirituel (c'est la but) et le sexe physique apparaît alors comme grossier, tandis que les sensations physiques gênent la méditation.

La paralysie du sommeil (la soi disant «abduction extraterrestre»)

La paralysie du sommeil est un phénomène normal et naturel, qui arrive à un pourcentage significatif de la population (habituellement au cours de deux périodes de la vie, entre 8-12 ans ou entre 20-40 ans). L'expérience la plus courante est de se sentir paralysé pendant quelques instants au réveil, d'où le nom. Les scientifiques parlent d'expériences hypnagogiques (au réveil) ou hypnopompiques (à l'endormissement).

Les expériences varient énormément, tant en type qu'en profondeur ou en durée:

-simples sensations de choc (décharge électrique, chute, basculement) parfois accompagnés de sons ou d'éclairs

(Les scientifiques considèrent ces «hypnagogic jerks» comme des décharges neuronales bénignes, similaires à celles de l'épilepsie. Je le crois, car j'ai aussi observé de telles secousses à l'occasion de bruits soudains. Mais elles se produisent dans un état de demi-sommeil propice aux expériences plus intéressantes)

-bourdonnements, voix, cris

-vibrations, frissons, tremblements, vents glacés, etc.

-sensation de pression comme si quelqu'un s'asseyait sur nous, excitation sexuelle, etc.

-apparition de personnages de type divers, allant du démon à l'ange, qui nous entreprennent sexuellement, ou nous envoient des «rayons» douloureux ou voluptueux. Ces sensations sont proches de celles du yoga de la Kundalini.

-Expériences parapsychologiques, ESP (surtout de type OBE), télékinésie, etc.

Personnellement j'ai eu droit à toute la gamme, sauf la télékinésie. Mais j'ai rencontré fortuitement des gens dans ce cas.

 

Un auteur de livres d'épouvante, complaisamment soutenu par les médias, a répandu dès 1985 la mode de voir dans les paralysies du sommeil des expériences réelles d'enlèvement (abduction) par des extraterrestres malveillants, les «gris». Comme des millions de personnes ont naturellement de telles expériences, il s'en est suivi une vague de terreur et de racisme anti-extraterrestres. Nous verrons plus en détail au chapitre VII-2 les ravages que cela a produit sur l'étude des ovnis, ou sur la perception de ce phénomène par le public (et même sur la version 1 de ce livre).

Toutefois ce n'est pas la première fois que ce phénomène est utilisé pour terroriser les gens: déjà au Moyen Age, l'inquisition interprétait les visions des paralysies du sommeil comme des entités démoniaques réelles, les incubes et les succubes. Puisque un certain pourcentage de la population a automatiquement de telles visions, cela permettait à tout ce que le clergé comptait de pervers et de sadiques de s'amuser à faire culpabiliser des innocents.

Ce phénomène a d'ailleurs un nom très familier, qui montre bien qu'il est très connu, et depuis très longtemps. C'est tout simplement le cauchemar, un mot du vieux français qui signifie littéralement «fantôme chevaucheur», en référence à la sensation fréquente de sentir le poids de quelqu'un sur nous. En anglais on a «nightmare» («fantôme de nuit») et en allemand «alpentraum» («rêve d'elfes», ce qui indique l'ancienneté pré-Chrétienne du concept). Le sens normal du mot «cauchemar» a toutefois été oublié, et le mot est aujourd'hui employé pour n'importe quelle expérience douloureuse ou terrifiante. Ah si les gens se rappelaient de ce que leurs parents leur apprennent, on n'aurait pas eu les extravagances anti-extraterrestres ci-dessus...

La science moderne n'est pas en reste dans ces petits jeux, puisque certains scientistes font des «rapprochements» avec des troubles de la personnalité qu'ils ont inventés pour l'occasion, ou parlent «d'hallucinations» comme si le phénomène était un trouble psychiatrique. Comme quoi la science peut se dévoyer aussi bien que la religion, pour ces petits jeux sadiques. Bien entendu ces affirmations pseudoscientifiques ne tiennent pas face aux études statistiques réelles. Ces études montrent au contraire une corrélation entre les paralysies du sommeil, les NDE et plusieurs traits de personnalité positifs (altruisme, curiosité face à la vie, etc.)

 

 

Si quelques spécialistes du sommeil étudient ce phénomène, on n'a toutefois que peu de résultats. Une des explications les plus courantes est que la paralysie serait une conséquence normale du sommeil (où les voies neurales motrices sont coupées, pour éviter de gesticuler quand on rêve). Toutefois cela n'explique pas grand chose d'autre, en particulier comment on peut tout de même avoir la sensation de bouger... à travers les draps. J'avais même rencontré dans Second Life une spécialistes de l'Université de Montréal, à qui j'ai posé une question embêtante, à laquelle elle n'a pas su répondre: comment voit-on notre chambre, si on a les yeux fermés? Je suis catégorique qu'on a des perceptions réelles, j'ai souvent pu remarquer que des formes dans la vision correspondaient à des arrangements d'objets fortuits dans le monde physique, par exemple les plis du drap, qui ne peuvent être connus d'avance. Mais il y a aussi de pures fabrications, comme la fois où je suis passé à travers le plafond, chez mon voisin du dessus... alors que j'avais déménagé depuis plusieurs mois au dernier étage!

 

Un des résultats scientifiques les plus intéressants est que les paralysies du sommeil sont propices aux phénomènes parapsychologiques, sans toutefois en être elles-mêmes. (Relationship between the hypnagogic/hypnopompic states and reports of anomalous experiences, par Simon J Sherwood. L'auteur n'est pas associé aux pubs jointes à cette page) Personnellement, j'ai eu au moins une fois une ESP pendant une paralysie du sommeil. Et, rappelons-le, quand on rêve, on a habituellement les yeux fermés. Si on voit la chambre à ce moment, en particulier des éléments imprévisibles, alors c'est une ESP.

 

Si les voies neuronales motrices sont coupées pendant le sommeil, on peut valablement poser que d'autres fonctions le sont aussi, par exemple les voies sensorielles. Mais cela ne suffit pas à assurer l'inconscience pendant le sommeil: bien d'autres centres doivent aussi être arrêtés, les aires sensorielles où se produisent les images mentales (le rêve), le cortex frontal siège de la pensée, etc. On peut donc poser que l'endormissement comme le réveil sont en fait des séquences complexes impliquant l'actionnement de plusieurs interrupteurs neuronaux, simultanément ou dans un ordre bien défini. Quand tout se passe bien, on a un endormissement et un réveil rapides et sans manifestations particulières. Mais des écarts dans la séquence peuvent alors se manifester par une grande variété d'expériences sensorielles fortes, quoique très limitées dans le temps (la séquence continue quoi qu'on ressente). Des électroencéphallogrammes pris à ce moment montrent effectivement un grand nombre de types d'ondes inhabituels, intenses et difficiles à décrypter. Certains peuvent correspondre aux expériences les plus basiques: sursauts, cris, etc.

A la limite, le rêve ordinaire pourrait n'être qu'un bug de la séquence, où les aires sensorielles resteraient actives, produisant des séries de scènes liées au hasard. Et nous n'aurions aucun contrôle sur elles, car le cortex frontal serait en grande partie inactif. On a donc une belle relation entre un état de conscience et les positions d'un ensemble d'interrupteurs dans le cerveau.

Mais la présence de visions oniriques dans les paralysies du sommeil requiers une autre explication. On a vu ci-dessus que les rêves font appel à un «moteur onirique» qui crée du contenu dans les aires sensorielles (images, scènes, sons, enjeux). Toutefois le contenu des scènes de paralysie du sommeil est différent de celui des rêves, et bien plus stéréotypé, ce qui tend à indiquer que on affaire à un moteur onirique différent. Je me fends donc de mon hypothèse:

L'arrêt de certaines fonctions cérébrales sans arrêt de la conscience pourrait résulter en ce que le cerveau ne fournit plus de contenu à cette dernière. Une situation paradoxale, puisque par définition la conscience a un contenu. Elle créerait donc son propre contenu, indépendamment des neurones. J'appelais ce phénomène «décollage psychique» dans la version 1, ce qui signifie que la conscience n'est plus connectée aux neurones, comme dans la conscience neuronale habituelle. On a donc une situation très similaire à celle des NDE, et d'ailleurs les premières scènes des paralysies du sommeil ressemblent énormément à celle des NDE (sensation de voir son environnement, éventuellement d'un point différent des yeux). Toutefois la comparaison s'arrête là, car après cet instant initial les scénario typiques divergent: tunnel et lumière pour les NDE, et présence d'une créature dans notre chambre, pour les paralysies du sommeil.

On peut comprendre que, dans une NDE, l'arrêt des fonctions cérébrale est complet et sans discrimination, alors que lors d'une paralysie du sommeil, certaines fonctions cérébrales restent actives. Les scénarios de paralysie du sommeil pourraient par exemple être induits par l'activité de centres nerveux primitifs (présence d'une créature effrayante, excitation sexuelle). Toutefois on trouve des scénarios similaires dans les RR4, ce qui a d'ailleurs contribué à la confusion entre les deux phénomènes, comme on le verra au chapitre VII-2 sur les RR4. Et L'explication purement neuronale ne vaut probablement pas pour les RR4, qui sont un phénomène totalement différent, avec des éléments physiques externes. On ne peut donc pas conclure, sinon que les deux phénomènes (trois, avec les NDE) doivent être étudiés simultanément dans les mêmes laboratoires.

Les gens trouvent souvent ces expériences sexuelles très embarrassantes, et même physiquement douloureuses. Cette contradiction entre nos goûts conscients et la paralysie du sommeil vient probablement du fait que ce sont différentes parties du cerveau qui les produisent. Et ce n'est pas nécessairement un «conseil» de suivre la seconde, tout à fait au contraire:

 

Un aspect intéressant des paralysies du sommeil, que je développais longuement dans la version 1, est que l'on peut en contrôler le contenu. C'est même bien plus facile qu'avec les rêves. La méthode est assez simple: visualiser que l'on est dans cet état, et que les visions désagréables, répugnantes, démoniaques, se transforment en visions merveilleuses, angéliques, romantiques, etc. Ça marche très bien, et j'ai pu assez facilement modifier le contenu de mes expériences. Malheureusement je n'ai pas pu continuer, ayant atteint la «limite d'âge». Il semble toutefois que l'on ne puisse changer le fait que les visions aient une telle charge sexuelle, seulement rendre la chose plus romantique.

L'intérêt d'une telle pratique va plus loin que de simplement faire cesser des cauchemars effrayants ou répugnants. En effet, cet état est assez similaire au «Bardo du devenir», qui, d'après le Livre des Morts tibétains, suit immédiatement la mort. On obtient donc un contrôle direct de ces conditions, qui nous sera très utile à ce moment, et d'une manière générale dans toute notre pratique spirituelle. Ce n'est en effet pas par hasard si toutes les religions sont unanimes à rejeter les aspects laids, vulgaires ou démoniaques, pour favoriser les aspects paisibles, beaux, angéliques. Toutes les religions et toutes les pratiques spirituelles sont d'accord que cela est déterminant pour les conditions que nous aurons à expérimenter après notre mort.

Ce qui nous fait aussi remarquer que l'étude scientifique de ces phénomènes est indissociable d'un engagement spirituel sérieux (qui fait donc partie des «conditions expérimentales»).

L'OBE

L'OBE, plus connue sous le nom de voyage astral, a fait couler beaucoup d'encre. Le principe est que nous aurions un «corps subtil», capable de voyager «dans l'astral» et de voir ailleurs ce qui se passe. (ce vocabulaire date de la fin du 19eme siècle, et ils reflète les théories spirites à la mode alors). De nombreuses personnes ont prétendu en être capables, et écrit des tas de livres, sans toutefois jamais nous dire «comment elles font». Malgré cette débauche de belles histoires, les résultats vérifiés se font désirer. Par exemple personne n'a pu aller sur Mars ou sur Neptune, pour décrire des scènes confirmées depuis par les sondes spatiales. Même en restant sur Terre, on n'a que peu de résultats vérifiables, en regard du potentiel que l'on est en droit d'attendre d'une capacité aussi fantastique.

En fait le phénomène existe bien, mais je ne pourrais citer personne capable de le provoquer à volonté. Il est scientifiquement observé dans les NDE, où des expérienceurs se rendent parfois dans la pièce voisine pour y voir leur famille en pleur. (Bien entendu, on ne parle ici que d'expériences vérifiées, où le témoignage de la dite famille confirme celui de l'expérienceur). Il se produit aussi dans les paralysies du sommeil, dont il semble une simple extension. La seule expérience à mon actif est d'ailleurs celle où j'ai eu une ESP vérifiée pendant une paralysie du sommeil. (l'OBE comprenant nécessairement une ESP du lieu visité, sinon ce n'est pas une OBE). Mais c'est une chose qui m'est arrivée une seule fois, pas une chose que je serais capable de reproduire. Aux USA et en URSS ont eu lieu des tentatives d'espionnage par OBE, qui ont échoué. Apparemment l'espionnage militaire ne fait pas vraiment partie des motivations altruistes pour un monde de beauté et d'harmonie.

En théorie, les adeptes des méditations avancées devraient être capable de produire des OBE sur commande. Je pense qu'il y en a, mais ils sont soumis aux limites vues au chapitre II-9, et ne font pas état de leurs expériences en dehors de cercles très restreints.

A l'opposé, de nombreux stages du Nouvel Age prétendent nous apprendre le voyage astral, le souvenir des vies antérieures, etc. En fait ces méthodes ne font qu'éveiller l'imagination, ce qui, chez des personnes qui n'en ont pas, apparaît comme une fantastique révélation. Les victimes placent alors une énorme charge émotionnelle sur ces visions, et il est très difficile de leur faire comprendre qu'elles se font berner. Mais toute personne rationnelle se rend très vite compte que ces visions ne correspondent à aucune réalité, ou qu'elles sont indiscernables de l'imagination.

(Ces visions ne donnent pas de détails qui permettraient de reconnaître une époque ou un lieu réel, ou bien on a toujours des réincarnations de rois, jamais de paysans...)

Instants de super-conscience

Les instants de super-conscience sont aussi un phénomène parapsychologique très commun, que beaucoup de gens ont connu. Récemment (2012), de nombreux soldats de la coalition servant en Irak ou en Afghanistan en on fait état.

Il s'agit de brèves expériences qui surviennent juste avant, pendant ou juste après une situation dangereuse, mais sans blessure.

Typiquement, une expérience survenant juste avant contient la prise de conscience soudaine et non-provoquée d'un danger caché (dont on ne peut en être averti par les voies sensorielles normales, ce qui en fait clairement une ESP). Dans mon cas, j'ai une fois été averti de la présence d'une vipère juste sous une pierre que j'allais soulever (je ne pouvais donc pas la voir). Les soldats ci-dessus étaient similairement avertis de la présence d'un IDE (engin explosif artisanal) caché sur leur passage.

Une expérience survenant pendant la situation dangereuse peut contenir des informations ESP pour en échapper (Un cas est répertorié comme NDE par Raymond Moody dans son premier livre «La vie après la vie» («Life After Life»), où un ouvrier est guidé hors d'une cuve se remplissant d'acide) ou des informations plus spirituelles comme l'acceptation de la mort vers une nouvelle vie (Le cas type de l'alpiniste Albert Heim, pendant qu'il effectuait une chute de plus de 100 mètres en montagne, qu'il raconte dans un essai «Notizen über den tTod durch absturz»). Parfois la victime sera simplement rassurée, comme cela m'est arrivé étant enfant, victime d'une blessure spectaculaire mais sans gravité.

Enfin une expérience survenant juste après avoir réchappé d'un danger comprendra souvent une réalisation soudaine de la beauté et de la préciosité de la vie, comparée à nos habituelles préoccupations socio-économiques insignifiantes.

 

Je n'ai pas d'hypothèse détaillée pour expliquer ce genre de choses. Je dirais que, en toute vraisemblance, la présence de la mort, ou au moins de blessures, est un enjeu suffisant pour faire sortir la conscience de son état neuronal habituel, et lui permettre de prendre le contrôle du cerveau. De plus, cela peut arriver même à des gens tout à fait ordinaires, sans préparation spirituelle. (Il serait toutefois intéressant de vérifier si cela arrive aussi aux mauvais).

Nous avons vu au chapitre V-3 et au chapitre V-4 sur le libre-arbitre comment cette interaction peut se produire. Toutefois nous invoquions pour cela un paradoxe, un moment où les neurones ne peuvent pas déterminer leur comportement, pour permettre à la conscience d'influencer ce comportement. On peut provoquer ce paradoxe par la méditation sur la non-dualité, ou sur le vide mental. Toutefois dans le cas d'un soldat en pleine action, ce n'est clairement pas ce qui arrive. De plus le phénomène n'est pas ici déclenché par un état des neurones, mais par un enjeu. Et un enjeu n'est pas quelque chose de matériel, mais un élément de la conscience. Ce n'est donc clairement pas un «phénomène» qui «se produit», mais une action intentionnelle. Et qui plus est une intention informée avant que le cerveau matériel le soit.

Je propose donc deux types d'explications:

-Une tierce personne, un «ange gardien» vivant dans le monde spirituel, déclenche et contrôle le phénomène.

-Notre propre conscience spirituelle sort de son état végétatif habituel, pour prendre le contrôle.

Aucune des deux explications ne me satisfait pleinement. En effet, dans un cas comme dans l'autre, se pose la question: si cela se produit aussi facilement, alors pourquoi cela ne se produit-il pas plus souvent, à chaque fois que nous en avons besoin? La réponse est probablement du style «nos enjeux habituels sont trop insignifiants pour ça».

 

Ce qui nous en apprend long, et nous donne une leçon d'humilité: ayons donc des préoccupations plus spirituelles.

 

Et effectivement, les personnes ayant des préoccupations spirituelles profondément implantées peuvent constater que ces choses arrivent bien plus souvent, même si c'est de manière moins spectaculaire, mieux intégrée dans la vie quotidienne. On dit que le saut à l'élastique peut provoquer le phénomène, mais travailler sur notre motivation altruiste lui permet de se produire à chaque fois qu'il sert cette motivation. Ce pourrait même être bien plus efficace que les pratiques yogiques profondes.

Si il existe des anges-gardiens, clairement ils se fichent pas mal de nos motivations mondaines, se contenant de répondre aux appels d'urgence, et encore pas systématiquement. Si c'est notre conscience spirituelle qui produit le phénomène, c'est encore plus grave: pourquoi notre propre conscience reste t-elle endormie la plupart du temps, si elle est capable de choses aussi extraordinaires que de savoir à l'avance ce qui va nous arriver? La réponse est probablement aussi: c'est de notre faute, nous sommes bien trop accaparés par nos préoccupations quotidiennes ou mondaines.

 

Quand ses copains demandaient à Jésus pourquoi ils ne pouvaient pas faire de miracles eux aussi, il se mettait en pétard et leur répondait que c'est parce qu'ils manquaient de foi (plusieurs passages dans les Evangiles). Il a fallu qu'il meure pour qu'ils y arrivent eux aussi (Actes des Apôtres).

La mémoire

Nous avons vu plus haut à propos du rêve, comment les images mentales sont codées dans le cerveau. Sons et concepts ont nécessairement des codages basés sur le même principe. La présence de cette information dans le cortex explique très bien la mémoire à court terme, par exemple lire un nom et le recopier. Il me paraît évident que la mémoire à long terme utilise ces codages, ou des codages similaires.

Les scientifiques expliquent généralement la mémoire par des modifications des synapses des neurones. Mais nous avons vu dans les premiers chapitres de cette partie que cela correspond plutôt à un apprentissage neurologique, c'est à dire la modification des circuits neuronaux afin de les rendre capables de fournir une réponse donnée à une certaine situation. Il s'agit d'un processus qui demande à être répété, et qui fournit ensuite une réponse inconsciente (par exemple savoir conduire un vélo), alors que la mémoire à long terme est implantée parfaitement avec un seul événement, et son rappel fournit un élément de l'expérience de conscience (son, image...). De plus la fantastique quantité d'information que l'on peut rassembler au cours d'une vie nécessiterait probablement des tonnes de matière cérébrale pour y être inscrite en entier!

C'est pourquoi je me permet d'exprimer mon doute envers la théorie scientifique courante, et de supposer que la mémoire des événements passés pourrait en fait se situer dans la conscience spirituelle (le processus d'autogénération logique de la conscience). Cette hypothèse est soutenue, et même rendue nécessaire, par les souvenirs de NDE, qui sont créés alors que le cerveau est arrêté et que aucun processus neuronal ne peut enregistrer de souvenir (comme cela est démontré scientifiquement par la Dutch study). Cela toutefois ferait que le rappel de souvenirs serait un phénomène parapsychologique, ce qui pose d'autres problèmes. En particulier pourquoi tout le monde pourrait produire facilement ce phénomène-là, mais pas les autres. Cela n'explique pas non plus pourquoi des blessures à certains endroits du cerveau perturberaient la mémoire, en écriture ou en lecture. Clairement la mémoire est un processus complexe, qui implique les deux niveaux, neuronal et spirituel. Nous verrons cela plus précisément au chapitre V-9 suivant.

Une autre théorie couramment admise en science que je remets en question serait que les rêves serviraient à organiser et renforcer la mise en mémoire des événements du jour. Je n'ai tout simplement jamais observé de tels rêves en rapport avec les événements de la journée. On peut juste admettre que des événements traumatiques produisent des rêves la nuit qui suit, ou des rêves répétitifs. Mais il s'agit, justement, de processus traumatiques, pas de mémoire normale.

Faux souvenirs

Un faux souvenir est un élément de l'expérience de conscience qui apparaît dans notre conscience de la même manière qu'un véritable souvenir, mais qui ne correspond pas à un fait réel que l'on aurait vu dans le passé. L'exemple le plus cité est celui de se «rappeler» avoir vu Bugs Bunny à Disneyland, ce qui est impossible puisqu'ils appartiennent à deux entreprises concurrentes (et que je ne vais pas à des endroits comme Disneyland). On peut facilement observer le phénomène en regardant un film que nous n'avons pas vu depuis des dizaines d'années. Par exemple dans «Ben Hur», que je n'avais vu qu'une seule fois à l'époque, j'étais persuadé que Jésus était descendu dans la fosse aux lépreux. Rien de tel pourtant, comme on peut le vérifier en regardant le film.

On comprend sur ces exemples que les faux souvenirs apparaissent par échange accidentel d'un élément entre deux scènes similaires, codées par éléments selon le principe ci-dessus. Il n'y a là rien d'extraordinaire, et ce n'est même pas la plus grosse imperfection de la mémoire humaine. En tous cas ce n'est pas du tout un trouble psychiatrique, c'est un phénomène bénin qui peut nous arriver également à tous.

Un phénomène similaire est la sensation de déjà vu. Il est clair que c'est une illusion, car elle peut se produire même lors d'événements historiques uniques. Je le sais depuis des lustres, pour l'avoir ressentie en assistant à l'alunissage d'Apollo 11... qui était clairement une première. Certains en ont pourtant fait un phénomène parapsychologique démontrant je ne sais pas quoi. Clairement ce n'est pas vrai.

Faux souvenirs et vraie pseudoscience

La notion de faux souvenirs a été utilisée par certains scientistes pour dénigrer des phénomènes qu'ils n'aiment pas, par exemple les paralysies du sommeil, renommées pour l'occasion abduction extraterrestres, qui seraient d'après eux des faux souvenirs. Bien entendu leur conclusion est que les gens qui ont des paralysies du sommeil seraient des malades psychologiques... Ça fait un peu Staline et Guépéou, comme façon de raisonner, je trouve.

Faux souvenirs et vraies manipulations

Un autre exemple tragique a été au contraire l'induction de faux souvenirs chez des enfants victimes de divorce. Le parent coupable, à l'aide de psychologues véreux utilisant des méthodes Orwelliennes, arrivait à faire dire à l'enfant qu'il avait été victime de pédophilie, mais qu'il ne s'en souvenait pas (selon une théorie pseudoscientifique ad-hoc comme quoi les souvenirs traumatiques seraient «supprimés»). Plusieurs dizaines d'hommes innocents ont ainsi été lourdement condamnés aux Etats Unis, avant que cette insanité ne soit découverte. Je ne sais même pas si ils ont été libérés.

Un cas similaire a été l'utilisation de l'hypnose dans des cas d'ovni, comme on le verra au chapitre VII-2.

Pendant que j'écrivais ce chapitre (Mai 2013), a été publiée une expérience de l'université d'Utrecht aux Pays-Bas, sur l'induction de faux-souvenirs chez des soldats revenus d'Afghanistan (Source: Lommen, M., Engelhard, I., & van den Hout, M. (European Journal of Psychotraumatology,2013) Susceptibility to long-term misinformation effect outside of the laboratory ). Les soldats se voyaient poser des questions sur une attaque imaginaire. Puis, six mois plus tard, ils étaient interrogés à nouveau: certains se «rappelaient» alors de l'attaque! Ceci a d'importantes conséquences sur la façon d'interroger les protagonistes d'affaires judiciaires ou les témoins de phénomènes bizarres (ovni, objets astronomiques...). On peut effectivement, par des interrogatoires répétés, suggérer, puis obtenir un scénario conforme aux intérêts idéologiques de l'interrogateur. Inutiles de chercher des exemples, l'actualité n'en fournit que trop.

Les drogues

Les années 1960 et 70 ont vu un engouement pour les drogues, qui étaient sensées libérer notre conscience des conditionnements de la société «mauvaise», ou permettre l'accès à des états de conscience supérieurs. En fait cette idée n'était pas du tout nouvelle, les Impressionnistes et les Années Folles étaient déjà passés par là. Les seules nouveautés étaient le vernis scientifique apporté par des gens comme John Lilly, en conjonction avec des mouvements de masse de contestation de la société matérialiste, inédits depuis les temps évangéliques: les Hippies, le refus non-violent du racisme (Luther King) et de la guerre du Vietnam.

Le moins que l'on puisse dire est que les résultats sont encore attendus... Personne n'a développé de compassion ou d'éveil spirituel avec aucune drogue, et les communautés hippies ont été des échecs magistraux, souvent à la suite directe des désordres sociaux induits par les drogues. Il n'existe aujourd'hui aucune communauté vivant en harmonie sans loi ni chefs, dont la réussite soit basée sur la drogue. Bien au contraire les gens qui manifestent des réalisations réelles (non-violence, éveil spirituel, compassion...) évitent soigneusement les drogues de toutes natures, «douces» ou dures, légales ou illégales, traditionnelles ou synthétiques.

En fait, les drogues ne produisent que des perturbations de la conscience, que l'on peut faire facilement passer pour une «ouverture» aux yeux d'une personne non informée. En effet, une personne qui n'a jamais eu de telles ouvertures de conscience ne peut avoir une idée, même approximative, de ce que cela signifie. On peut donc lui vendre n'importe quoi, et lui faire passer la vision du mur qui se gondole pour un «état de conscience avancé»... d'autant plus facilement qu'on lui fait croire que la société réprime les drogues parce qu'elle est contre la liberté! Voire que «l'occident» réprime les drogues des autres pays, comme les gangsters le disent maintenant. Ou bien wikipédia, où le lobby de la drogue est très actif, présentant sans opposition les drogues comme «récréatives», voire «médicales», et l'interdiction comme... religieuse!

Objectivement, la plupart des drogues peuvent provoquer des sentiments agréables (plaisir, euphorie, forme, hallucinations agréables, etc.) Mais ces sentiments ont un prix: nous devons payer chaque fois que nous les voulons. En plus d'endurer le danger et les vibrations d'extrême droite des trafiquants. Et nous ressentons une grande frustration si nous n'avons pas notre dose, bien avant même d'être accro! C'est précisément ce sentiment que les trafiquants veulent que nous ressentions, et non PAS le plaisir, car ainsi ils gardent leurs clients ! Une affaire totalement inutile, car toutes les expériences agréables des drogues peuvent être obtenues sans argent, sans dépendance et sans danger avec la méditation, autant de fois que nous le voulons. Mais il n'y a pas de lobby de la méditation, car il n'y a personne à exploiter là...

Il est intéressant de noter que certains hystériques anti-drogues manifestent un attachement tout aussi hystérique à «nos» drogues: tabac et alcool. Or le tabac favorise la pensée dualiste (voire sociopathique), tandis que l'alcool favorise prosaïsme et matérialisme. Tous deux nuisent fortement à notre perception des belles choses, à notre connexion spirituelle et à notre libre-arbitre. Voici donc la vraie motivation de ceux qui se disent contre les drogues, tout en fumant et buvant! Je me désolidarise clairement de cette attitude hypocrite, en condamnant toutes les drogues de la même façon, légales ou illégales, dures ou douces, naturelles ou synthétiques, nouvelles ou traditionnelles.

Certaines publicités pour la drogue les qualifient de «enthéogènes» (littéralement «qui fait voir Dieu»), ce qui aux yeux des trafiquants justifierait une libéralisation totale. Pourtant deux générations d'utilisateurs de drogue, la Belle Epoque et les Hippies, n'ont produit aucun saint, ni même qui que ce soit de remarquable. En supposant malgré tout que certaines drogues puissent effectivement provoquer des expériences mystiques, leur consommation devrait tout de même rester une exception, et une tolérance seulement, dans un contexte spirituel précis. Sinon tout le monde consommerait les dites drogues, et les expériences seraient alors du genre rhodoproboscidogènes. Les méthodes proposées par les voies spirituelles connues, ou dans ce livre, sont sans danger, gratuites, et elles ne nécessitent aucune torsion de l'éthique ou de la loi.

 

Aujourd'hui que l'usage des drogues se répand dans une impunité de plus en plus grande, encouragé par une «gauche» matérialiste et populiste, on peut légitimement s'interroger sur les conséquences à long terme de ce nouvel asservissement, qui produit une nouvelle classe sociale de gens à l'intelligence réduite, incapables d'appréhender la beauté ou le sens de la vie. Oh qui a dit que c'était justement le but?

Car il ne faut pas se faire d'illusion: ce n'est plus depuis longtemps le bel idéal des Hippies qui anime drogués ou gangsters, mais les idéologies masochistes/fachistes issues des mouvements crado-punks, des bandes des citées, du rap, des jeux vidéo noirs, voire les idéologies totalitaires d'extrême gauche-droite. On ne se drogue plus pour épanouir ses sensations, mais au contraire pour fuir une beauté de la vie que l'on est incapable d'appréhender. La drogue est devenue un rite dangereux d'admission dans un groupe violent et hiérarchisé. Et une personne ne peut aimer ces vibrations noires que si son cerveau est perturbé par la drogue, exactement comme les beaufs d'autrefois avaient besoin du vin et de l'odeur du tas de fumier sur la place du village.

Si les drogues se répandent encore, on risque d'arriver à une société où seule un minorité tempérante sera consciente, les autres fournissant une vaste «majorité» manipulable à merci pour voter pour le système. Un cauchemar dystopique où les gens fuient leur misère spirituelle dans des drogues abrutissantes offertes en masse par le gouvernement...

L'hypnose

L'hypnose est une chose que je n'ai jamais vue. Il semble que cet état de conscience n'existe pas en tant que tel, et que tous les effets attribués à l'hypnose s'expliquent par des jeux d'influences psychologiques ordinaires, en particulier chez des personnes particulièrement influençables ou soumises.

La coyance en l'hypnose comme «pouvoir magique» infaillible a parfois conduit à de terribles abus, comme d'emprisonner des pères innocents avec de faux témoignages de pédophilie «révélés» par hypnose. Nous parlerons aussi du rôle trompeur qu'ont joué les «régressions hypnotiques» dans l'étude des ovnis, chapitre VII-2.

le coma

Le coma est un état d'absence totale de conscience. Cela peut aller d'une simple syncope (émotion, malaise orthostatique privant le cerveau de sang) à un état prolongé. Ce sous-chapitre traite des comas qui ne sont pas causés par des destructions de parties du cerveau.

Une question qui se pose toutefois est pourquoi les gens dans le coma n'ont pas de NDE, alors que les gens en anoxie cérébrale complète en ont. Il n'y a en effet qu'une simple différence de degré entre une hypoxie totale (arrêt cardiaque) et un simple malaise orthostatique (diminution du sang dans le cerveau, par exemple quand on se lève brusquement). Probablement la NDE nécessite t-elle un arrêt total de tous les neurones, ce qui n'est pas le cas dans le coma. Le coma ou la syncope sont probablement des «safe modes» (modes de sécurité) utilisés pour éviter aux neurones de consommer leurs réserves d'énergie, et les préserver plus longtemps quand l'approvisionnement en oxygène est problématique.

(Ce qui précède a été écrit en Février 2013. En Avril 2013, le docteur Sam Parnia confirme cette théorie du «safe mode» quand la fourniture d'oxygène est problématique)

Toutefois cela ne nous dit pas pourquoi il n'y a pas de NDE dans cet état. L'explication la plus probable est qu'il reste une activité du cerveau, au niveau de centres de contrôle biologiques. Cette activité ne produirait jamais d'éléments de l'expérience de conscience, mais le processus de la conscience resterait informée de la présence du cerveau par l'activité de ces centres. Le même mécanisme jouerait pendant le coma, mais aussi pendant le sommeil, puisque tous deux sont des phénomènes naturels. Ainsi la conscience sauterait les périodes où ce mécanisme fonctionne (les nibs seraient très espacés), ce qui donnerait après coup la sensation d'une période d'inconscience, sommeil ou évanouissement. De sorte qu'il n'y aurait pas d'inconscience réelle (la conscience ne s'arrête jamais), mais nous percevons les choses comme quand on saute une partie d'un film. Cette sensation est particulièrement visible quand on a un micro-sommeil en conduisant, car alors le temps manquant se traduit aussi en distance que l'on n'a pas vu passer.

Et ce n'est que quand le cerveau est totalement arrêté, y compris les régulations biologiques, que la conscience perd tout moyen de connaître son état. Le processus de sauter un laps de temps est alors arrêté, et le processus de la NDE peut commencer.

 

Encore plus fin: lors de l'arrêt du cerveau par hypoxie, les centres les plus primitifs, moins gourmands en énergie, s'arrêteraient plus tard que le cerveau supérieur responsable du contenu de la conscience. Cet écart de séquence produirait le début des NDE (vision de notre environnement proche), qui est une expérience très similaire à celle des paralysies du sommeil. Ce n'est que quand ces centres primitifs s'arrêtent à leur tour que l'on divergerait de la paralysie du sommeil, et que démarrerait la «core experience» (tunnel, lumière, etc.). Ainsi l'analyse fine des éléments des NDE, paralysie du sommeil, etc... pourrait mener a une compréhension détaillée des liens complexes entre la conscience et le cerveau. On a vu au chapitre V-2 que l'activité du cerveau supérieur produit le contenu de la conscience. Mais des centres plus primitifs pourraient être responsables de l'attachement d'une conscience unique à un cerveau unique, et aussi contenir les interrupteurs neuronaux mettant la conscience à l'arrêt pendant le sommeil ou le coma, empêchant des expériences de type NDE de se produire à chaque fois que l'on dort. Ce n'est que quand ces interrupteurs sont tous à l'arrêt que la conscience pourrait devenir autonome et connaître une NDE.

Les atteintes au cerveau

Il y a eu longtemps confusion entre un coma véritable et ce que l'on appelle aujourd'hui le «locked-in syndrom», où une personne est parfaitement consciente, mais paralysée. Au Moyen Age, c'était excusable, quand on confondait conscience et mouvement. Mais aujourd'hui cette confusion est une faute lourde. On a pourtant eu des scandales de personnes torturées pendant des années de cette façon, sans aucun moyen de se défendre, et qui plus est dans des hôpitaux modernes. Si vous avez des doutes à propos d'un de vos proches, le test est simple: la personne garde toujours la possibilité de bouger les yeux de haut en bas. Vous pouvez lui poser des questions et lui demander de répondre oui ou non de cette façon (posez des questions simples, puis des compliquées, puis impliquant des souvenirs personnels). Ce test est parfaitement connu des médecins et des infirmiers, et toute «omission» ou obstruction doit entraîner une plainte pour torture et actes de barbarie. Quant à la victime, souvent son seul souhait sera de mourir, et cette situation peut être considérée légalement comme un cas de conscience. Posez-lui tout de même la question avant de tenter quelque chose, elle est parfaitement capable de donner son avis. Si vous vous retrouvez vous-mêmes dans ce cas, la seule solution est de pratiquer le powa tibétain (que bien sûr tout le monde a appris à l'école, depuis des années qu'on en parle). Et je déconseille vivement de faire le coup à un yogi, car cela risque d'être très désagréable pour ses tortionnaires.

 

A côté de ces cas extrêmes (heureusement rares), on a toutes sortes de situations où des parties du cerveau sont détruites (coups, empoisonnements, problèmes sanguins, cancers et leurs traitement, chirurgie répressive, etc.), et donc les facultés de conscience correspondantes ne peuvent plus se produire. On a vu au chapitre V-2 qu'il n'y a pas de «centre de la conscience» dans le cerveau, mais un grand nombre d'aires du cerveau contribuant chacune à une faculté de conscience particulière: aires de la vision, aire de l'audition, aire du raisonnement, etc. Par exemple une blessure précisément localisée entraîne l'impossibilité de distinguer un cercle d'un carré! Cet exemple étrange montre bien plusieurs notions: -que la conscience ne disparaît pas d'un coup, mais faculté par faculté -que la victime peut être incapable d'expliquer son état, voire être incapable de s'exprimer -vu le mépris de la science moderne pour la conscience, dans des hôpitaux où les personnes sont souvent considérées comme des corps, il peut être extrêmement difficile de faire valoir leurs droits, voire même de seulement s'enquérir de leur état.

La difficulté est toutefois réelle, et il est souvent difficile de comprendre ce qu'une personne ressent. Les idéologies ne font que verrouiller un problème déjà complexe, où le vocabulaire même est vague: «état végétatif», patient réduit à l'état de «légume», etc. Difficile de savoir, même pour un proche, ce que ces mots recouvrent: inconscience totale, ou seulement destruction de la volonté chez une personne pourtant parfaitement consciente? Même les concepts précis de la psychiatrie ont considérablement évolué ces dernières dizaines d'années, et les pages de wikipédia sur ce sujet donnent l'impression d'un monde flou et changeant.

La rage de la lobotomie est un exemple flagrant de mépris de la conscience, surtout de la façon dont elle a été déifiée et imposée partout, malgré ses effets dévastateurs. Il est intéressant de noter que, dans certains pays, la lobotomie visait surtout les femmes!!! Difficile dans ces conditions d'échapper à l'accusation de chirurgie répressive. Même remarque pour les «troubles de la libido»!! Il est remarquable que le premier pays à l'interdire franchement comme inhumaine a été... l'URSS! C'était en 1950, avec encore Staline au pouvoir. On peut donc se poser franchement la question de la motivation des lobotomies effectuées depuis dans les pays dits démocratiques, peut-être encore aujourd'hui.

Les techniques modernes d'observation du cerveau devraient bientôt permettre une chirurgie bien plus précise, capable par exemple d'éliminer un seul neurone responsable d'une psychose. Toutefois je resterais très prudent, car il serait généralement difficile d'associer un fonctionnement global de l'esprit à un seul centre du cerveau, ce qui rendrait tout espoir de chirurgie psychiatrique totalement vain. Les effets extrêmement variés de la lobotomie devraient nous renseigner: certaines victimes devenaient idiotes, alors que d'autres continuaient une vie active apparemment normale. Les choses dépendraient donc bien plus de la façon dont la conscience utilise les ressources du cerveau, que du cerveau lui-même. En conclusion, il faudrait réserver les méthodes «forcées» (médicaments, chirurgie) aux seuls psychotiques, qui sont incapables de comprendre leur état, et n'utiliser que les méthodes psychologiques ou spirituelles pour les autres, qui sont capables d'introspection.

 

Tout ce qui suit est ajouté le 30 octobre 2017: avec les affaires récentes, de nouvelles informations appellent à une certaine modération à ce qui précède: le test de l'œil ne fonctionne pas toujours. Pire, on retrouve encore dans la presse des insultes, comme de dire «cette personne est un légume», éludant la question de savoir si la personne est locked-in, ou inconsciente.

Nous pouvons en déduire quelques lignes directrices:

-Quels que soient les moyens de communication restants, la personne doit être autorisée à les utiliser pour ses activités quotidiennes. Cela a été fait pour Stephen Hawking (le plus connu des locked-in), donc cela peut être fait pour tout le monde.

-Même si on ne sait pas si une personne est consciente, et d'autant plus si on le sait, cette personne doit être bien traitée, dans un environnement calme et agréable (comme notre chambre) et non harcelée ou agressée par les bruits de l'hôpital, des télévisions, des bavardages, des «tests», etc. Les «tests de douleur» en particulier sont une torture claire et intentionnelle (Dannion Brinkley rapporte de tels «tests» alors qu'il était paralysé)

-Si la personne peut communiquer, alors il faut tenir compte de sa volonté, pour toute activité qu'elle demanderait (comme voir des films, surfer sur Internet, rencontrer des gens, etc.) (A noter que être locked-in est une raison valable pour la personne demander une fin de vie, mais SEULEMENT si la personne le demande explicitement, et MEME si la famille refuse)

 

Heureusement il y a une solution simple et de bon sens: quand une personne est consciente, sa pensée consciente apparaît comme une activité de l'électroencéphalogramme. Elle peut alors décider quand elle pense à quelque chose. En conséquence, cette personne peut volontairement provoquer des signaux dans l'électroencéphalogramme. L'idée est alors simple: par exemple demander à la personne d'attendre 10 secondes, pour penser à quelque chose. Si après 10 secondes, l'électroencéphalogramme est modifié, alors on a une preuve évidente que la personne est consciente et capable de volonté. Nous pouvons même aller plus loin: sur un écran d'ordinateur, une lumière se déplace sur une sorte de planche ouija. La personne confirme quand la lumière passe sur la lettre désirée. Ainsi elle peut taper un texte. Bien sûr, cela peut ne pas être aussi simple qu'il n'y paraît, mais les personnes dans cet état ont tout le temps nécessaire pour s'entraîner, et devenir expertes en dactylographie EEG. Ceci n'est donc pas seulement le test de conscience le moins coûteux et le plus fiable pour les personnes locked-in, même avec le cerveau partiellement détruit, mais c'est en plus un moyen de communication facile, sans que la famille ou les infirmières n'aient à y consacrer énormément de temps. Aucune excuse donc pour ne pas généraliser cette méthode à tous les locked-in connus, et à l'essayer immédiatement sur tous les comateux.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre V-8       

 

 

 

 

 

 

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