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Epistémologie Generale        Chapitre V-3       

 

V-3 Le libre-arbitre

 

(Etait le chapitre 48 dans la Version 1)

Introduction.

Comme on l'a vu dans le chapitre précédent, pour que la conscience puisse avoir un quelconque contrôle sur le fonctionnement du cerveau, il faut que l'information aille du processus d'autogénération logique de la conscience, vers le processus d'autogénération logique du monde physique. D'après le dogme scientiste comme quoi la matière serait «plus existante» que la conscience, c'est impossible. D'après la théorie de l'auto-génération logique, c'est possible, mais il faut un événement spécial, capable de créer une nouvelle loi d'autogénération impliquant les deux règnes ensemble. Il est donc pas étonnant que le libre-arbitre ait eu besoin de 530 millions d'années pour apparaître, depuis les premiers cordons nerveux (poissons primitifs) jusqu'au cerveau humain... et il est encore loin d'être une acquisition stable de tous les humains, comme le montrent les résultats très contrôlés des élections politiques.

 

Nous avons déjà décrit un moyen possible pour le libre arbitre de se produire, au chapitre IV-9, comme un événement unique impliquant la création d'un «domaine» temporaire, où les lois de la physique sont légèrement modifiées, de manière à permettre à la conscience d'agir sur le monde physique. Nous n'allons pas répéter cela, mais nous avons besoin de voir plus en détails plusieurs processus qui peuvent permettre à des degrés variés de libre-arbitre de se produire, et dans quelle mesure chacun de ces degrés constitue un moyen pour la conscience immatérielle de contrôler le cerveau matériel (pour de l'information passer du processus d'autogénération logique de la conscience vers le processus d'autogénération logique de la matière). Mais si nous pouvons montrer que ce processus se passe réellement, alors nous pouvons le considérer comme une preuve de toute la théorie comme quoi la conscience est un processus d'autogénération logique indépendant du monde physique, mais capable d'interagir avec lui.

Le libre-arbitre d'après les religions, la loi et la philosophie.

(Complète le chapitre IV-9).

Au tout début, le libre-arbitre était un concept religieux, à propos de la capacité des êtres conscients à accepter la guidance de Dieu vers la vertu, ou la voix du diable vers le mal. Cependant, cette formulation religieuse ne doit pas nous induire en erreur: dans l'esprit des prêtres zoroastriens, qui ont créé les religions monothéistes, c'était déjà clairement un choix vers le bien (Ahoura Mazda, le «Dieu de la lumière», la lumière étant clairement une allégorie de la vérité, du bien, du bonheur, etc.). C'est donc un choix vraiment fondamental dans nos vies, et non pas n'importe quel choix ordinaire, comme de sélectionner un nombre ou appuyer sur un bouton dans certaines études de neurologie.

Il est intéressant de savoir comment les religions expliquent le libre-arbitre, et comment il se produit. A la base, il y a la voix de Dieu, externe (lecture d'un texte, audition d'un sermon) ou interne (cœur, voix intérieure, inspiration, grâce divine) qui s'oppose à la voix du mal (dans l'Islam, satan est «le chuchoteur», sans pouvoir propre, mais nous parlant dans notre for intérieur, afin de nous tromper et nous faire faire des mauvaises actions). Nous verrons dans ce chapitre comment ces descriptions religieuses étaient pertinentes et bien observées, il y a 2500 ans à Babylone. Les religions asiatiques, principalement le Bouddhisme, ne diffèrent pas beaucoup du Christianisme sur la question du libre arbitre. Le Bouddhisme moderne remplace satan par notre «ego», source de nos mauvaises actions, opposées à notre «nature de Bouddha», la graine de la perfection qui est dans chaque être conscient (le «cœur», dans les conceptions du Nouvel Age). Mais nous voyons toujours la personne ayant à faire un choix fondamental entre les deux. Cette convergence nous apprend que les anciens maîtres Bouddhistes avaient observé la même chose, qu'ils ont juste exprimée avec leurs propres concepts. Nous verrons au chapitre V-10 ce qu'est l'ego, pourquoi nous devons le détruire, et ce qui se passe quand nous y arrivons.

Enfin, les religions déduisent notre valeur humaine, mérite ou culpabilité, du choix précis que nous avons fait. CE choix et pratiquement rien d'autre. Quelle que soit notre religion, faire le mauvais choix entraîne des châtiments terribles, comme de longs séjours en enfer. Faire le bon choix nous donne droit à un paradis merveilleux, même si nous avons complètement échoué à traduire ce choix en actions au cours de notre vie. De plus, un vie de meurtre peut être pardonnée par un repentir de dernière minute, tandis qu'une vie vertueuse ne compte pour rien si nous n'étions pas sincères. Les seules nuances sont à propos de personnes qui n'étaient pas capables de prendre leur décision, comme les enfants, qui sont traités avec clémence. C'est donc bien cette décision qui compte, l'instant fatidique où nous la prenons, en totale indépendance de notre succès ou notre échec à la mettre en œuvre dans notre vie. C'est cet instant précis que la religion et la philosophie appellent «libre arbitre», et aucun autre moment dans toute notre vie. Bon, il faut tout de même un effort soutenu tout au long de notre vie pour tenter de mettre cette décision en œuvre, sinon ça serait trop facile.

 

La philosophie moderne, principalement l'humanisme et ses nombreux dérivés, reflète toujours ces vues, même si elles ne les basent plus sur les concepts religieux comme «Dieu» ou «le diable». Toutefois les idéologies totalitaires dérivés du positivisme (marxisme, technocratie, scientisme, athéisme intégriste), refusent généralement le libre arbitre. Curieusement pour une doctrine prétendant libérer l'humanité, le marxisme croit plutôt à une transmission génétique du péché: J'ai été plusieurs fois traité de fachiste parce que mon père était militaire. J'ai trouvé ça bien plus rigolo qu'insultant. Avant de comprendre que des millions de gens avaient été persécutés pour la situation de leurs parents... et là je ne rigole plus.

Les systèmes de lois modernes reflètent toujours le point de vue original zoroastrien, même si ils ne reconnaissent plus les religions ni les concepts religieux. Ainsi, la Loi considère que nous sommes responsables de nos actes, car nous avons choisi en conscience entre le bien et le mal. Même les exceptions sont fondées sur le libre-arbitre, lorsqu'il est rendu impossible: enfants, malades psychiatriques ou personnes agissant sous la menace ou la souffrance. Nous avons même remarqué une évolution récente vers la reconnaissance de la responsabilité des personnes ivres ou drogués, bien qu'elles n'aient aucun libre-arbitre réel sous emprise de la drogue: elles avaient encore ce libre arbitre au moment de la prise de la drogue, et donc elles sont responsables des conséquences finales.

Des politiciens qui tenteraient de supprimer la notion de libre arbitre du droit rencontreraient certainement de fortes oppositions.

Il serait très étrange que libre arbitre soit reconnu par le droit et par la société en général, mais pas par la science.

Pseudo-libre-arbitre neurologique

D'après le scientisme, et même d'après la neurologie actuelle, (2012), il n'y a pas de vrai libre-arbitre, mais des «tirages aléatoires» effectués par des influences nerveuses sur les neurones (ultimement au hasard). Ceci est possible parce que le comportement d'un neurone est déterminé par un petit nombre de molécules seulement. Ainsi le hasard quantique peut introduire une instabilité significative, appelée bruit, dans les réactions. Ceci, d'après les sciences neurales, explique le libre-arbitre. Mais c'est un libre-arbitre très différent de celui des religions: sélectionner un nombre aléatoire, ou une émotion au hasard, etc. Nous le faisons à chaque minute, et cela n'a aucune importance spirituelle ou morale que ce soit. Même un robot sexuel peut le faire, et cela ne fait pas de lui une personne réelle...

Ce point de vue peut être critiqué de plusieurs façons. Tout d'abord, il est très probable que la vie a évolué de manière à se protéger de l'influence du bruit quantique. Si nous examinons la synapse (le lieu où deux neurones échangent des signaux, par diffusion de molécules de neuromédiateurs) nous voyons qu'elle fonctionnerait aussi bien si elle était beaucoup plus petite, par exemple en n'utilisant qu'une seule molécule. Cependant, la synapse réelle fonctionne avec un grand nombre de molécules (et même plusieurs vésicules). Pourquoi donc utiliser plusieurs lorsqu'une seule fonctionnerait? Parce que, précisément, cela fait une moyenne de bruit quantique, et le rend négligeable devant le signal utile. Donc, clairement, l'évolution de la vie a poussé vers cette façon de se protéger contre le bruit quantique. La taille des synapses, en particulier, semble particulièrement optimisée pour être aussi petite que possible, tout en conservant une claire distance de sécurité devant le bruit quantique.

Un problème similaire va bientôt (2012) apparaître dans les transistors, où la technologie approche rapidement de la limite où le bruit quantique rendra le fonctionnement d'un transistor erratique.

Nous pouvons deviner que la raison pour laquelle l'Evolution a créé un cerveau à l'abri des fluctuations quantiques est d'obtenir des réactions constantes et prévisibles, pour des comportements essentiels comme l'alimentation, la défense, la reproduction. Et la taille de la synapse est juste à la limite où les fluctuations statistiques deviennent sensibles, mais pas suffisamment pour donner un fonctionnement erratique, noyant les émotions essentielles à la survie dans des rêves non pertinents. La preuve en est qu'il ne faut pas beaucoup de médicaments ou de maladie mentale pour nous faire avoir des hallucinations. Ces hallucinations peuvent en effet provenir de fluctuations quantiques aléatoires dans certaines synapses-clé, où elles peuvent alors rentrer dans le circuit, si le cerveau est dans un état anormal. Par exemple un faux signal atteignant les aires visuelles créera des images, c'est à dire des hallucinations.

Certains diront que les insectes fonctionnent avec des cerveaux bien plus petits. Toutefois, justement, l'intelligence des insectes stagne depuis 400 millions d'années, alors que l'intelligence des mammifères augmente régulièrement, surtout depuis les derniers 64 millions d'années. Cet écart peut provenir d'une organisation très différente des deux cerveaux: les insectes ont un jeu de neurones bien plus réduit, chacun avec une fonction spécifique. Par exemple, chez une mouche, suivre la femelle est l'œuvre de seulement une dizaine de neurones dans l'aire de la vision. Cela produit des comportements extrêmement stéréotypés, comme des automates sophistiqués, sans aucune possibilités d'adaptation. Par contre, le cerveau des mammifères a un grand nombre de neurones en réserve, où des circuits totalement nouveaux peuvent être formés par l'apprentissage. Ainsi, l'individu a la possibilité d'ajouter de nouveaux apprentissage au cours de sa vie. Et, en prenant le même exemple, le mâle humain a, non seulement des milliers façons de «suivre la femelle», mais surtout il a des sens et perspectives bien plus variées à donner à cette activité (sinon il se prend le même claque que la mouche). Cette plasticité, autant au niveau génétique qu'au niveau fonctionnel, dote les mammifères d'un meilleur potentiel pour diverses formes d'intelligence, et leur évolution est loin d'être bloquée d'aujourd'hui. Les insectes se protègent probablement du bruit quantique en ayant uniquement des messages simplifiés et extrêmes (comme un ordinateur numérique, qui se protège du bruit électrique en ayant des tensions de seulement 0 ou 1). Mais les mammifères ont des messages nerveux bien plus sophistiqués, capables de nuances. Pour cela, ils ont besoin d'un système de transmission avec une meilleure protection contre le bruit. Ils le peuvent, mais au prix d'avoir des synapses plus larges, et globalement de plus gros cerveaux. (comme un ordinateur analogique, qui nécessite un blindage plus efficace contre le bruit, avec de plus gros transistors fonctionnant en classe A, avec des courants plus élevé, etc.).

Nous pouvons même théoriser que des êtres extraterrestres intelligents auront probablement des synapses de taille similaire aux nôtres et de gros cerveaux capables d'une grande variété de sentiments et de comportements, tout comme nous. Et les insectes ont peu de chance de devenir l'espèce la plus intelligent sur terre. Ce n'empêche toutefois pas les extraterrestres d'avoir des formes d'insectes.

Nous pouvons effectivement voir, à l'œil nu, avec quelle efficacité incroyable notre cerveau élimine radicalement l'influence du bruit quantique, par exemple avec l'expérience du chapitre IV-2. L'animation du milieu montre l'effet de bruit quantique dans l'aire de la vision du cerveau. L'animation de gauche montre le bruit quantique venant de la rétine. Le moins que l'on puisse dire est que très peu de gens ont remarqué ces choses, pourtant parfaitement perceptibles. Ce qui indique avec quelle efficacité le cerveau les filtre. Non seulement le bruit quantique est éliminé du signal utile là où il est produit, mais il est encore filtré plus loin dans la chaîne d'information! Pour le percevoir, il faut des conditions très particulières, et focaliser notre esprit dessus.

On verra au chapitre V-8 comment les images brutes «en pixels» de la rétine sont transformées en «images vectorielles» par les neurones de l'aire visuelle, quand ils interprètent la scène brute en objets élémentaires (personnages, arbres, maisons, voiture, etc. D'ailleurs, plutôt que de vectorisation, on devrait parler de mise de l'image en primitives, c'est à dire en formes élémentaires). Un tel processus explique très bien comment des objets pourtant parfaitement visibles peuvent passer inaperçus à la conscience. On connaît par exemple le phénomène de l'angle mort en voiture, qui supprime le montant du pare-brise de l'image, et montre une rue vide, là où un piéton est pourtant engagé. Ce processus peut très bien expliquer comment le bruit quantique ou le bruit neuronal sont supprimés de l'image, exactement comme dans un logiciel graphique, où la vectorisation supprime les détails inutiles. Comment ai-je pu les trouver, alors? Par une petite méditation élémentaire: supprimer l'attachement à une interprétation de l'image. La conscience se met alors automatiquement sur l'image brute, en pixels. Pour vous ce sera encore plus simple, puisque j'ai créé des images et des concepts qui vous permettront de percevoir directement ces phénomènes.

L'efficacité de ce filtrage du bruit va à l'encontre de l'idée comme quoi le libre arbitre serait causé par des fluctuations quantiques aléatoires dans nos neurones.

Cependant, nous pouvons encore admettre que, lorsque deux signaux ont une force égale, par exemple deux émotions contradictoires sur un choix que nous avons à faire, alors une fluctuation quantique peut être l'élément déterminant qui fera pencher la balance dans un sens. Et alors oui, dans ce cas nous ne le maîtrisons pas.

Et précisément, si nous ne le maîtrisons pas, ce n'est pas du libre-arbitre, juste une apparence de libre-arbitre. C'est pourquoi je l'ai appelé «pseudo-libre-arbitre neurologique».

Libre-arbitre logique partiel

Supposons une tribu préhistorique P, où deux contribuables P1 et P2 doivent chacun deux moutons au percepteur d'impôt C. Combien le percepteur d'impôt obtient-il de moutons? Ne riez pas, l'humanité a forcément du apprendre à résoudre ce problème... avec un niveau culturel semblable à celui de nos présentateurs télé d'aujourd'hui... hmm.

Ce que produisent les mécanismes neurologiques est un sentiment (attachement, aversion) pour chacun des résultats possibles: 3, 4, 5... Selon notre personnalité, nos intérêts, etc. Ainsi, toute personne conditionnée par la physique des neurones choisira une des opinions possibles: celle qu'il aime. Et réflexion, raisonnement, calcul, etc., n'ont rien à voir dans ça.

Ainsi, le percepteurs est désireux d'obtenir cinq moutons, tandis que les contribuables rechignent à en donner plus de trois. Cette situation est probablement arrivée, et on peut imaginer qu'elle a produit des milliers d'années de guerres entre «intérêts de classe», avec des «prolétaires» disant que 2+2=3 et des «capitalistes» disant que 2+2=5, et des «think tanks» payés par l'industrie pétrographique disant que 2+2=4 est un complot contre la civilisation Neanderthal, et des sociopathes traitant de Hippies tous les Homo Sapiens disant que 2+2=4.

Cependant, les mathématiciens, et en général toute personne logique, connaît bien la démonstration des faits logiques (chapitre II-3). Et ils acceptent le résultat de ces démonstrations, même contre leur désir ou contre leur confort. Et tout le monde a fini par comprendre que 2+2=4, et on a fondé les lois et la comptabilité sur cette idée, que personne ne remet en question aujourd'hui.

Ainsi, nous sommes obligés d'admettre que le résultat d'un raisonnement logique est quelque chose d'indépendant de nos déterminismes neurologiques. Le raisonnement logique veut 2+2=4, alors que les neurones souhaitent 2+2=5 crèmes glacées ou 2+2=3 impôts.

Ainsi, chaque fois que nous faisons un raisonnement logique, nous échappons à un déterminisme neuronal, à une programmation psychologique, à un déterminisme génétique et même aux manipulations des médias. C'est comme cela que les sciences, les mathématiques et généralement la pensée rationnelle, ont permis à l'humanité, bien avant la construction de machines puissantes, de construire une société organisée et des systèmes philosophiques complexes, qui ont tous eu un impact considérable sur l'évolution de la Terre et l'évolution de la vie, selon des critères et des motivations qui n'ont rien de biologique ni de génétique.

Mais techniquement, que se passe-t-il dans le cerveau quand quelqu'un pose un acte de raisonnement logique? Il se passe que les réseaux de neurones ont la capacité de trouver la solution exacte d'un problème de logique, que ce soit avec un raisonnement Aristotélicien ou un raisonnement non-Aristotélicien (en utilisant les capacités spécifiques des réseaux de neurones, chapitre I-3). Donc cela peut fonctionner sans influence de la conscience sur les neurones, c'est-à-dire sans violation des lois de la physique (sans le processus de création d'un domaine vu dans le chapitre IV-9). Cela ne permet pas à la pensée rationnelle d'apporter des informations de la conscience vers le cerveau! Mais cela permet toutefois à la pensée rationnelle de comprendre objectivement le monde physique, y compris les actions des autres personnes. (Veuillez noter ici que le mot «rationnel» est utilisé dans le sens véritable expliqué au chapitre II-6, de raisonnement logique, et non d'être membre de quelque secte de dingues pronucléaires ou vivisectionistes)

Mais le pire défaut de la pensée rationnelle est qu'il n'y a aucun moyen de savoir si nous nous posons les bonnes questions! Fondamentalement, le raisonnement logique part d'axiomes, qu'il ne peut pas démontrer (chapitre I-9). Ainsi, la pensée rationnelle peut apporter la liberté de construire des machines et des sociétés complexes, mais il ne donne pas la liberté de leur donner une bonne direction! Il est en particulier incapable de donner des réponses à des questions comme le sens de la vie, ou tout simplement le bien et le mal, qui n'ont aucune réponse visible dans le monde physique, et aucun sens en logique, en physique ou en mathématiques. Ainsi, toutes nos fantastiques constructions rationnelles n'ont aucune fondation! Dans les faits, même si beaucoup de philosophes, depuis le siècle des lumières jusqu'à Auguste Comte, ont favorisé la pensée rationnelle comme seul moyen de connaître le monde et de mener nos vies, cela a clairement échoué à apporter une société heureuse, et au contraire jeté le monde dans les dangereux excès du rationalisme, de la technocratie, des manipulations génétiques et autres joyeusetés, qui sont aujourd'hui les principaux dangers auxquels nous devons faire face (changement climatique, sectes nucléaires, destruction de la nature, vie dans le béton...).

 

Ainsi, les gens n'utiliseront la pensée rationnelle que si ils ont un attachement psychologique à son résultat, sinon ils refuseront même ses conclusions les plus évidentes! Nous ne le voyons que trop souvent, même dans nos sociétés rationalistes d'aujourd'hui, surtout en politique. Dans les cas les plus élaborés, ils construiront des doctrines complexes mais biaisées, justifiant leurs conditionnements psychologiques.

C'est aussi la façon dont les théories conspirationistes ou climatosceptiques se maintiennent malgré toutes les démonstration de leur fausseté: leurs adeptes rejettent précisément le raisonnement logique lui-même!

Donc, de toute évidence, nous n'avons pas la liberté de nous engager dans la pensée rationnelle! Quand les gens le font, c'est seulement par attachement psychologique au monde technologique, voire par hasard!

Le fait est que, initialement le mouvement moderniste vers le capitalisme, l'athéisme et la liberté égocentrique, a des racines dans les idées de Sade (note 83), où la liberté n'a pas de limites éthiques.

La vraie liberté, c'est lorsque la conscience est capable d'envoyer ses propres informations, ses propres fins et déterminismes, vers le cerveau. Le raisonnement logique ne peut le faire. C'est pourquoi je déclare que la pensée rationnelle n'est qu'une forme partielle du libre arbitre, en dépit de ses avantages indéniables lorsque nous l'utilisons contre notre pensée neurale conditionnée.

D'où une autre définition du rationalisme: c'est quand la pensée neurale conditionnée nourrit la pensée rationnelle de faux axiomes (dogmes).

 

Mais nous avons encore besoin de reconnaître que l'étape de la pensée rationnelle est indispensable, dans l'organisation de la société, et même dans le domaine spirituel, où elle joue un rôle important à plusieurs étapes (chapitre V-10). par exemple les moines bouddhistes suivent des leçons de raisonnement logique, tandis que les techniques de motivation de toutes les voies spirituelles utilisent le raisonnement logique.

Au contraire, le mouvement du Nouvel Age, qui refuse «l'intellect» et fait la promotion de «chacun sa vérité», apporte beaucoup de confusion et de baratin dans le domaine spirituel, en plus de produire en série des sectes dangereuses.

 

Le cas le plus extrême est celui où la pensée rationnelle, consciente de sa propre fatuité, balaye intégralement tout axiome. La seule solution est alors celle que je décris au chapitre V-5, où l'on se base sur la seule nature de la conscience elle-même pour trouver un sens à la vie. C'est celle que j'ai utilisée personnellement, mais la plupart des gens n'éliminent les axiomes que très sélectivement, ce qui empêche alors le raisonnement d'aboutir. De plus, rien ne garantit qu'une simple opinion, aussi juste soit-elle, nous permette de construire une véritable conscience spirituelle. Cette voie, malgré son efficacité, ne retire donc absolument pas la nécessité d'une méditation soutenue pour l'obtention du véritable libre arbitre.

Libre arbitre émotionnel partiel

Les gens ont l'habitude d'opposer «le cœur» à «la raison». Cependant, tous les raisonnements fait précédemment sur la pensée rationnelle peuvent très bien être transposé à la pensée émotionnelle. En effet, la pensée émotionnelle est aussi très utile, mais aussi très piégeuse, et de toutes façons pas davantage un véritable libre arbitre.

On remarquera que certains spiritualistes, Chrétiens ou membres du Nouvel Age, emploient le mot «coeur» pour désigner le divin en nous. Je m'en garderais bien, car cela est un piège: Si on peut supposer que le divin est parfait, par contre notre «coeur», c'est à dire notre sensibilité émotionnelle, ne l'est pas. Elle peut être biaisée de nombreuses façons, et on peut facilement prendre une haine égotique pour un message divin qui nous désigne un ennemi à combattre... L'erreur a été faite suffisamment souvent pour que tout le monde soit considéré comme averti.

D'une manière générale, toutes les personne avec des préoccupations sociales, humaines ou spirituelles tiennent l'empathie (généralement appelés «sensibilité» ou «amour») en grande estime, puisqu'elle permet de comprendre la souffrance d'autrui, et donc d'adapter nos propres comportements et motivations afin d'éviter cette souffrance.

Ceci est très noble et très vrai, au point que les plus hautes réalisations spirituelles n'ont pas trouvé mieux.

 

Mais comment cela fonctionne-t-il? Les capacités neuronales normales de sensibilité du cerveau humain nous permettent de ressentir les émotions des autres. Nous avons des circuits neuronaux spécialement dédiés à cela, qui se basent sur un grand nombre d'indices tels que le ton, les mimiques, etc. De plus, notre imagination nous permet de créer des images mentales, et de penser comme si nous étions l'autre personne, soumis à sa situation. Nous pouvons alors ressentir directement son émotion, avec toutes son intensité. Ces fonctions cérébrales sont si fondamentales et si omniprésentes, que nous pouvons dire en toute sécurité que le manque d'empathie est une déficience mentale, et un symptôme qui peut indiquer des troubles mentaux graves tels que la psychopathie.

Cependant, ce sont des fonctions neuronales, et en tant que telle, imparfaites. Surtout, le processus d'évolution par essai et erreur qui les a créé n'était pas guidé par l'éthique ni par des préoccupation altruistes, mais par un processus de sélection Darwinienne aveugle, sur des critères tels que les conditions de survie brute. Prenons par exemple le sentiment de clan. Chez les tribus de singes, il est plus favorable à la survie que l'égocentrisme. Ce sentiment de clan nous fait ressentir empathie et pardon envers un membre de notre clan qui était mauvais envers nous, alors que nous ressentons de la haine envers quelqu'un d'agréable, mais pas de notre clan. Chez l'humain, ceci est la cause de nombreux névroses dangereuses telles que le racisme, le népotisme, le nationalisme, l'intolérance religieuse... Ces sentiments n'ont pourtant aucun fondement objectif, puisque les gens sont les mêmes quelle que soit leur race, naissance, religion, culture, pays, ou toute étiquette arbitraire que l'on peut leur coller dessus. C'est comme cela que la névrose qui assurait la survie des tribus de singes contre l'individualisme, est devenue une des principales causes de décès dans le monde humain moderne. Il est clair que l'évolution Darwinienne est prise en défaut sur ce point.

D'autres cas courants sont des gens sympathiques, souhaitant faire le bien, mais attaché névrotiquement à des dogmes religieux ramassés au hasard, par exemple le dogme chrétien comme quoi tout le monde doit être «converti». Bien qu'il soit parti d'un sentiment aimable et généreux, ce dogme fut pourtant une des pires causes de guerre, colonialisme et destruction culturelle dans l'histoire. Des gens «normaux» peuvent aussi être attaché à des dogmes sadomasochistes inutiles, comme la mortification ou la haine du sexe, qui les rendent malheureux et désagréables pour les autres. Même dans un cas extrême comme le nazisme, on a aussi vu de nombreux gens moyens de «bonne volonté», favorisant le naturisme, créant le premier ministère européen de l'environnement, et faisant même la promotion d'un «amour libre» comme les hippies! Très sympa, «juste» qu'ils se rendaient aveugles à certains «usines» émettrices de fumées malodorantes...

De souhaiter sincèrement faire le bien, ou de rechercher les «bonnes vibrations» n'est même pas une protection contre ces erreurs. Mon expérience personnelle du mouvement Nouvel Age et des contactés (chapitre VII-2) m'a permis d'observer aussi ce phénomène: tant de gens sympathiques ici, lorsque nous les rencontrons on parle d'amour spirituel, de bonnes vibrations, de maîtres illuminés, de la Terre sur le point de changer de dimension, etc. Mais à peine quelques jours plus tard, les «problèmes» commencent à «apparaître», et, comme si c'était automatique, les compagnons spirituels souriants aux bonnes vibrations se transforment alors en dictateurs très ordinaires, qui nous harcèlent tout en disant qu'ils sont si désolés de notre souffrance... J'ai vu cela plusieurs fois, et je dois admettre que cette contradiction est très déconcertante et difficile à comprendre. Dans le cas de la secte dont j'ai été victime, il y a même eu deux suicides.

(Je saisis l'occasion ici de dénoncer l'idée comme quoi «être sincère» nous absoudrait automatiquement de nos fautes, commises en pensant sincèrement faire le bien. Les inquisiteurs étaient sincères, les nazis étaient sincères, les gardes rouges étaient sincères, tous pensant faire le bien pour eux-mêmes et pour l'humanité. Mais leurs juges aussi sont sincères, alors...)

Cela fait que, neurologiquement, la très estimée compassion ne peut pas se distinguer d'un bête attachement psychologique, ni même de la haine: tous deux sont des imputations faites par des neurones spécialisés, chargés d'étiqueter les choses «bonnes» ou «mauvaises». Et, dans les sociétés humaines complexes, ces neurones ressemblent à des fonctionnaires fous privés de directives: ils sautillent impatiemment sur leur chaise, et frappent frénétiquement tout le monde avec leur tampon, au hasard!

 

Ces questions sont la raison pour laquelle les maîtres bouddhistes demandent toujours à cultiver «l'équanimité» (ne considérer personne comme «ami» ni comme «ennemi»), et notamment de n'avoir «aucun attachement»... même pour le bien, même pour le Bouddha, même pour leur propre doctrine! En clair, de n'avoir aucune névrose. Cela pourrait être plus sage... au moins ils n'ont jamais massacré les gens ni ruiné de pays.

 

Mais il y a un autre problème: accepter les injonctions de l'empathie nécessite un choix préliminaire de ce faire. Mais il n'y a nulle part dans le cerveau un seul neurone programmé à cet effet! De sorte que, si nous ne rencontrons pas à un événement précis qui nous induire dans le bon choix, nous pouvons errer indéfiniment en rond, entre erreurs regrettables et dictature sincère... Nous pouvons même trouver la vérité par accident et, ne l'identifiant pas en tant que telle, juste passer par dessus, et retomber à nouveau dans le mal!

 

Ainsi, la pensée émotionnelle a finalement des avantages et des lacunes similaires à ceux de la pensée rationnelle (car elle fonctionne, au fond, de la même façon). Même si l'amour est clairement noble et pertinent (On pourrait vivre sans technologie, mais pas sans amour), elle est tout autant incapable de complètement nous libérer de toute psychologie. L'utiliser à cette fin est un processus long, fastidieux et compliqué, avec de nombreux pièges, chacun capables de nous bloquer pour toute notre vie. C'est ce qui arrive à la plupart d'entre nous hélas.

Ainsi, ces capacités font de la pensée émotionnelle une étape obligatoire vers notre liberté, et un libre-arbitre partiel. Mais ce ne peut pas être un moyen pour la conscience de contrôler les neurones, ce n'est pas un véritable libre arbitre.

Ce que l'on peut réellement faire avec la pensée neurologique

Malgré les limites vues dans les deux sous-chapitres précédents, il est remarquable de voir à quel point cet instrument matériel imparfait, le cerveau, conçu par des millions années d'essais coûteux et d'erreurs cruelles, avec des bugs bien plus anciens que tous les bugs de Microsoft réunis, et totalement dépourvu de toute vue éthique ou buts de bonheur, se montre tout de même capable de nous fournir une quantité utilisable de compréhension de la vie et de liberté de décision. Même si la conscience ne peut pas le contrôler directement, il a tout de même développé un grand contrôle de son propre chef, et ses capacités emphatiques comme ses fonctions logiques sont capables d'approcher suffisamment la vérité par eux-mêmes, que ce soit en science, but de la vie, éthique, etc. Suffisamment en tous cas pour que tout un chacun puisse comprendre le bien et le mal, et être considéré comme responsable par les tribunaux si on s'y refuse.

Mais comment cela se passe t-il en pratique ? Alternant sessions de raisonnement logique et de méditation, alternant observation réelle de personnes autour de nous et visualisations, nous examinons les conséquences de nos choix et de nos actions. Puis nous les modifions ces choix afin de n'apporter que des conséquences heureuses, pour nous et pour les autres. Lorsque nous trouvons une loi générale, nous pouvons construire un système de philosophie et en déduire des règles d'éthique.

La méditation est exactement la même chose que le raisonnement logique, sauf qu'elle utilise les capacités cérébrales totalement différentes: non-attachement aux émotions, empathie, visualisation, etc. Toute personne non psychotiques peut le faire, même si nous avons besoin d'apprendre. Nous apprenons à faire des raisonnements logiques à l'école, nous devrions apprendre de la même façon la méditation et l'empathie à l'école. Peut-être que si j'ai des capacités spirituelles aujourd'hui, c'est parce que j'ai eu des séances de relaxation étant enfant.

 

Le problème toutefois est que ce processus prend beaucoup de temps, avec de nombreux pièges et écueils, si bien que peu d'entre nous peuvent vraiment y arriver seuls en une seule vie.

Ce qui fait qu'une démarche collective est bien meilleure, et c'est effectivement ce qui se pratique en sciences, éthique ou haute spiritualité. Au fil des siècles, une grande quantité de connaissances scientifiques et spirituelles, de valeurs éthiques (tels que les droits de l'homme) a été accumulée, qui est enseigné dans les écoles à chaque nouvelle génération. Cela permet d'économiser beaucoup de temps et de dangers à toute nouvelle personne qui naît, et offre à tous bien plus de chances d'aller jusqu'au bout du chemin.

Mais peu d'individus réalisent la chance qu'ils ont d'être nés dans un tel monde, et bien trop continuent à se comporter comme dans une tribu de singes. Pour la vaste majorité, leur avance ne repose que sur des rencontres rares avec les bonnes personnes, dans un monde dominé par les médias et les «copains» brandissant bruyamment égocentrisme, haine, paresse, ou se moquant lourdement de la bonté, de la beauté, etc. Ainsi, beaucoup de gens s'engagent dans la voie de la vérité, mais ils retombent dans leurs routines quelques années après (surtout si ils se sont faits gruger par une secte). Il est très clair que notre monde a besoin d'une bien meilleure direction, capable d'inspirer l'enthousiasme de la jeunesse, afin qu'ils s'engagent dans l'étude de la sagesse, au lieu du désespoir ou de l'inaction comme ils le font aujourd'hui.

Encore pire, tous ces siècles de progrès scientifiques et ces millénaires de progrès spirituel pourraient être perdus dans la catastrophe climatique qui menace, ou même dans un revers dû à une guerre ou au fachisme.

 

Ainsi, nous avons clairement besoin d'aller plus vite. Au moins au niveau individuel. La suite vous donnera des moyens d'au moins vous sauver vous-même, à défaut de sauver le monde. Pour sauver le monde de toutes façons, il faut déjà que suffisamment de personnes se sauvent elles-mêmes.

Libre-arbitre psychophysique faible

Comme expliqué notamment au chapitre III-8, la psychophysique concerne une interaction directe entre le monde physique et la conscience, ce que nous appelons généralement la parapsychologie. Les phénomènes parapsychologiques traditionnel, de leur côté, seront étudiées dans la septième partie.

 

Toutes les expériences décrites ci-dessus peuvent nous fournir une certaine liberté, mais elles sont encore toutes totalement dépendantes des neurones: libre-arbitre logique, ou libre-arbitre spirituel, peuvent se produire... ou pas. Même si ces capacités sont à portée de tout cerveau normalement constitué, elles se manifestent rarement dans une vie. Elles n'apportent que rarement une compréhension complète de la vie, sans parler de véritables réalisations spirituelles comme détruire l'attachement, ou détruire l'ego. Elles ne peuvent pas être provoquées ou planifiées , et elles dépendent énormément du hasard, d'événements rares ou des gens spéciaux, en une série statistiquement improbable de chances d'accomplir toutes les étapes de notre épanouissement spirituel: Il nous faudrait vivre 1000 ans pour accomplir cela!

Donc nous sommes obligés d'admettre que le seul véritable libre-arbitre, le seul qui peut vraiment forcer les neurones à obéir à notre conscience et nous apporter de réelles connaissances de manière suffisamment reproductible, est celui que nous avons décrit dans le chapitre IV-9: des conditions physiques particulières dans les neurones créent une indétermination logique, qui permet à des informations de passer de la conscience vers le monde physique. C'est ce que j'appelle «libre-arbitre parapsychologique faible», et c'est le seul cas où la conscience peut vraiment maîtriser les neurones et la psychologie, au lieu d'être déterminé par eux.

Et encore, ce n'est pas facile, car ces conditions se produisent rarement spontanément, par exemple dans un dilemme très émotionnel.

Nous avons cependant quelques moyens de les reproduire: stopper l'attachement aux opinions. Cela peut se faire grâce à la méditation, avec des méthodes de débutants enseignées dans n'importe quelle ville des pays démocratiques. Le calme mental remet alors tous les signaux neuronaux à zéro, ce qui crée l'indétermination. Toutefois, les arrêter complètement est une tâche de longue haleine, mais au moins nous pouvons être rapidement capables de produire de courts épisodes.

(Ce qui, soit dit en passant explique pourquoi tant les régimes totalitaires que les médias «démocratiques» dénigrent en choeur la méditation: si tout le monde méditait, aucun pouvoir ne tiendrait plus, ni par la peur ni par la manipulation.)

C'est pourquoi la méditation nous permet, comme décrit au chapitre IV-9, de vraiment découvrir la vie et de contrôler notre cerveau de façon fiable. Et encore, nous avons besoin de nous engager sur un long chemin de connaissance, pas seulement de changer une opinion juste pour rester coincé avec la nouvelle comme nous l'étions avec la précédente. Et cela ne dispense pas de maîtriser la pensée rationnelle, tout comme l'amour d'autrui, bien au contraire notre chemin nécessite les deux.

Une erreur que font beaucoup de gens est de remplacer leurs anciennes opinions par des opinions spiritualistes, sans toutefois remettre en cause les orientations fondamentales de leur vie. On dit alors que l'égo s'est approprié la spiritualité. Mais ce faisant il bloque justement la véritable attitude spirituelle de libération des opinions.

Cependant ce processus peut être engagé et mené à terme en une seule vie, et peut-être des centaines de milliers de personnes y sont arrivées. Bien sûr c'est encore mieux si nous recevons les directives correctes et si nous nous engageons sérieusement dans les pratiques appropriées.

Libre-arbitre psychophysique fort

Il y a tout de même d'autres événements particuliers, qui peuvent apporter des effets bien plus fort. Toutefois, nous ne pouvons pas les provoquer.

 

Certaines conceptions religieuses du libre-arbitre impliquent des événements magiques, comme des visites d'anges, des descente de grâce divine, etc.. Je ne le nie pas, mais clairement je n'ai rien vu de tel dans ma vie. Donc, au minimum, ce n'est pas courant, et il est préférable de ne pas attendre que cela arrive avant de commencer à explorer la vie!

(Il est à noter que, lorsque nous commençons à méditer, des sentiment de présence, des voix intérieures ou des visions oniriques sont des expériences courantes. Ils ne doivent toutefois pas nous leurrer à nous faire penser que nous avons déjà atteint de sainteté, ou que nous avons reçu un message du ciel: ces visions sont bien plus probablement des expériences de rêve que des rencontres réelles. En tous cas, elles semblent ne nous «révéler» que ce nous aimons nous voir révéler... si vous n'êtes pas convaincu, demandez-leur quelque information pratique dont vous avez besoin! Une rencontre de rêve est totalement incapable de répondre à une telle demande, alors qu'une véritable le peut. Ces visions ne doivent pas cependant pas être écartées: les maîtres tantriques demandent de les considérer comme notre Yidam, ou comme une version idéale de nous-mêmes. Mais dans ce processus, c'est nous qui contrôlons la vision, pas la vision qui nous trompe).

A moins que les religions se réfèrent tout simplement à ce qui suit:

 

Il est scientifiquement prouvé aujourd'hui que des changements spirituels radicaux se produisent souvent chez des personnes qui ont eu une NDE. Au cours d'une NDE, lorsque le cerveau est totalement arrêté (électroencéphalogramme totalement plat), la conscience de la personne s'échappe du corps et rencontre ce qui ressemble à un monde après la mort, tout en recevant souvent de forts encouragements spirituels vers la sagesse et l'amour. La personne réalise également qu'elle n'est pas juste un corps, mais une conscience, qui est immortelle. Ainsi, la plupart des gens ayant une NDE changent de centres d'intérêt, abandonnant leurs intérêts égocentriques pour l'amour ou la spiritualité. Cela se produit naturellement, même sans décision intentionnelle. Les NDE sont sûrement un phénomènes psychophysique fort (parapsychologique), ce qui signifie une occasion où la conscience provoque une action massive et décisive sur le monde physique.

Il y a d'autre phénomène semblables, comme les instants de super conscience: une personne dans une situation de menace mortelle expérimente des visions semblables à la NDE, mais sans dommages corporels. Le plus souvent, il n'y a pas vraiment de vision, mais une prise de conscience soudaine et aiguë de la valeur de la vie et l'amour. Dans de nombreux cas, la personne obtient des informations précises pour sauver sa vie. Dans le livre classique de Moody «La vie après la vie», il cite une personne qui a été guidée hors d'un piège mortel dans une usine. Et, dans ce cas, la personne n'avait aucun moyen matériel de connaître cette information. Cela m'est arrivé, lorsque j'ai été averti de la présence d'une vipère caché sous une pierre, que j'étais sur le point de ramasser à la main (après avoir soulevé des dizaines de pierres semblables à proximité). Cela prouve clairement que des informations du monde de la conscience peuvent atteindre le cerveau physique et le modifier (avoir des effets physiques sur les neurones).

Conclusion

Donc le libre arbitre, hormis quelques cas rares d'inspiration spirituelle directe, nécessite une certaine intelligence et culture, ainsi qu'une certaine capacité d'examiner nos émotions (introspection) et de penser rationnellement (dans le sens correct, voir chapitre I-8 et surtout chapitre II-6). En particulier, le libre arbitre émotionnel (compassion) et le libre-arbitre logique (pensée rationnelle) que nous avons vu ci-dessus, si ils ne constituent pas le libre arbitre proprement dit, en sont toutefois des étapes indispensables.

Il est aujourd'hui reconnu que l'exercice de notre liberté nécessite une information objective et une éducation de base au raisonnement logique, ce que la science nous propose. Mais nous avons tout autant besoin d'une éducation psychologique visant à l'introspection et à la conscience de nos émotions, qui seuls nous permettent de maîtriser nos actions. Cela, seule la spiritualité peut nous l'apporter. D'où le grave danger tant des sectes anti-intellectuelles que du dénigrement de la spiritualité dans cette société matérialiste. Ce dernier point est aujourd'hui de loin la plus grosse menace sur notre liberté.

 

Une fois ces outils en main, la question n'est plus alors que de vouloir.

 

Si nous avons maintenant une hypothèse générale sur la façon dont le libre-arbitre peut se produire, nous avons encore besoin d'étudier plus en détails comment un domaine peut apparaître, évoluer et disparaître. Ceci est étudié dans le chapitre suivant.

Libre arbitre, responsabilité légale et responsabilité spirituelle

Deux des fondements du droit sont que chacun est responsable de ses actes, et que quiconque a commis des actes nuisibles doit être puni en conséquence. Les exceptions sont justement réservées au personnes ne disposant pas de leur libre-arbitre: les déments, les enfants, les victimes de souffrance ou de chantage.

(L'impunité des personnes ayant commis des crimes d'état est un privilège qui échappe encore au droit).

Toutefois je fais remarquer qu'on applique ces principes à des névropathes (chapitre V-12), susceptibles d'être manipulés par leurs névroses, par exemple un raciste qui commet une discrimination, ou un technocrate qui ne «voit pas» une faille de sécurité. On les applique même à des sociopathes (chapitre V-13) à qui il manque pourtant la sensibilité humaine nécessaire pour évaluer leurs actes.

Du point de vue de la défense de la société, je ne vois pas comment faire autrement, et ces deux principes sont nos seules protections contre une généralisation du chacun pour soi et le retour à la féodalité. Après tout, les gens sont tout de même capables de comprendre le bien et le mal, et si ils n'arrivent pas à se discipliner, ils n'ont qu'à soigner leurs névroses. Il ne manque pas de méthodes pour cela, ni d'idéaux pour en donner envie. Moi même l'ayant fait seul, sans aucun guide ni méthode, il n'y a pas beaucoup d'excuses.

 

Toutefois aucune conscience ne souhaite vraiment souffrir ou faire souffrir. Mais des neurones névrotiques nous feront désirer ou aimer des actions qui produisent de la souffrance. La névrose est un terrible piège que le cerveau et les gènes tendent à la conscience... un piège extrêmement vicieux, puisque l'on sent du désir, parfois incontrôlable, pour une chose, qui en fait va nous nuire (par exemple boire), ou nous désigner comme déplaisant aux yeux des autres (par exemple voler). Pire, on le sent comme «notre désir», voire «notre volonté!» Pour bien comprendre cet état terrible, on peut considérer que des parasites peuvent parfois produire le même effet:

-L'oxyure produit des démangeaisons fort mal placées, mais qui obligent l'hôte à transmettre ses œufs. Le ver de Guinée (Dracunculus medinensis) est encore pire: il torture sa victime comme au fer rouge, pendant plusieurs mois, pour la forcer à aller dans l'eau, là où le ver pond ses œufs.

-Le champignon cordiceps prend littéralement le contrôle du cerveau des fourmis, en faisant des zombis (note 80) qui vont elles-mêmes se placer au bon endroit, et s'y planter définitivement avec leurs pinces, pour que le champignon dissolve tranquillement leurs chairs de l'intérieur.

-Une souris avec un kyste hydatique mûr ne ressent plus la peur, et va en toute confiance danser dans l'herbe et se laisser dévorer par le premier renard venu!

-Même chose avec un rat infecté par la toxoplasmose, qui perd la peur des chats, voire ne sent plus leur urine!

A la limite, les scientifiques suspectent que les toxoplasmoses puisse aussi avoir des effets sur le comportement des humains, ou bien qu'elles soient des causes majeures des schizophrénies ou des dépressions. En tous cas, comme de nombreux autres parasites, virus ou bactéries, elles produisent divers troubles neurologiques, au point d'avoir, selon certains, une influence majeure sur la vie politique des pays. Bon, peut-être la toxoplasmose explique la si fréquente soumission aux chats, voire l'insensibilité à l'odeur infecte du pipi de chat...

Ces exemples répugnants, que l'on croirait sortis de films d'épouvante, montrent à quel point le désir, et même notre «volonté» neurologiques peuvent être manipulés par de simples substances chimiques. Or notre propre cerveau, avec ses centaines de neuromédiateurs, fait exactement la même chose! Ainsi nous avons des neurones d'oxyure qui nous torturent avec un désir impérieux de boire ou de se droguer, des neurones hydatiques qui nous font aller à la guerre sans détaler de terreur, ou des neurones cordiceps qui nous font rester plantés des heures devant la télé, béats d'admiration devant les gesticulations ridicules de faux artistes, pour ensuite voter inconsciemment pour des politiciens sadomasos qui vont tranquillement ruiner nos économies de l'intérieur et ravager notre planète!

 

 

Quand on réalise toute l'horreur de cette condition de la conscience neurologique, et à quel point elle peut se jouer de nous, nous torturer et nous faire ruiner nos vies de nos propres mains en croyant que c'est là notre volonté, alors l'attitude purement spirituelle vis à vis de l'ensemble des fautes de qui que ce soit, devient la pitié, et le désir de punir perd tout objet. L'attitude purement spirituelle face aux fautes d'autrui, est l'amour universel et le pardon inconditionnel, indissociables du désir de libérer tout le monde de ce terrible esclavage neurologique. Et si j'avais les pouvoirs magiques nécessaires, je ne les utiliserais pas pour lancer quelque Armageddon ou extermination punitive, mais bien pour guérir névroses et ignorance. (Mais je n'ai pas de tels pouvoirs, alors il vaut mieux ne pas compter sur moi.)

Remarquons en passant que le pardon universel décrit ici n'a rien à voir avec le «s'accepter tel qu'on est» manipulateur du Nouvel Age ou des intellos de «gauche». Ce que ces gens demandent est qu'on accepte leur personnalité névrotique avec tous ses défauts, et surtout pas de morale pour y remédier. Alors que le pardon inconditionnel décrit ici s'adresse à la conscience spirituelle, qu'il faut libérer des névroses, et donc modifier profondément.

Nous verrons au chapitre V-12 comment maîtriser nos névroses, et au chapitre V-10 comment se débarrasser totalement de la terrible condition de la conscience neurologique. Toutefois il ne s'agit pas de méthodes que l'on peut appliquer à autrui, comme un médecin qui soigne un malade. Il ne s'agit pas non plus de réformes sociales que l'on imposerait aux autres, comme certains politiciens ont tenté de le faire. Il s'agit de méthodes que l'on applique tout d'abord à soi-même, par notre choix. Et toute aide extérieure n'est efficace que si la personne accepte ou demande cette aide. Désolé, mais il n'y a pas d'autres moyens.

Ceci est peut-être la raison pour laquelle l'Humanité reste livrée à elle-même: toute aide extérieure (en admettant qu'il puisse en venir) serait vue comme une ingérence, voire une invasion, ruinant de ce fait la seule façon efficace de sortir de la catastrophe en cours: motiver les gens à soigner leurs névroses. Si des puissances extérieures nous aident, elles doivent alors être discrètes (voir chapitre VI-17)

Enfin, en attendant que les gens fassent le bon choix, la société doit bien se protéger contre ceux qui se laissent aller à leurs désirs égotiques. Et donc on ne peut pas encore se passer de flics, de juges et de prisons... toutes conséquences obligées des névroses et de la conscience neurologique.

Cette contradiction entre le palliatif social et la solution spirituelle est un des arguments pour la séparation des pouvoirs, dans ce cas entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir spirituel. Toutefois, comme ils poursuivent fondamentalement le même but, ils doivent se reconnaître mutuellement, voire dans certains cas agir en coordination.Ça serait un peu gland de faire autrement.

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Generale        Chapitre V-3       

 

 

 

 

 

 

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