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Epistémologie Generale        Chapitre IV-8       

 

IV-8
Théorie des champs

 

Les photons n'existent pas.

Rappelons-nous la figure 1 du chapitre IV-5: les particules matérielles apparaissent comme des trajectoires formées de séries de nibs, reliés par une onde «mécanique». Toutefois les photons n'apparaissent pas ainsi. Ils sont une simple flèche unissant deux interactions quantiques observables, sans aucun effet observable sur leur trajet. Plus généralement, ils n'ont pas la flèche pointillée qui marque le transfert d'une masse (et d'autres charges) à une vitesse mécanique.

Mais il y a pire: d'après la Relativité restreinte, un observateur chevauchant un photon verrait un temps nul s'écouler entre son départ et son arrivée. En plus, il verrait l'univers complètement écrasé, au point que la distance entre le départ et l'arrivée serait nulle... Même si pour nous elle est de milliards d'années-lumière!

Il n'est donc pas nécessaire de supposer que les photons sont des particules existant en tant que telles (à la différence des protons, neutrons, etc.). Il suffit de noter qu'ils unissent deux interactions quantiques en un seul événement, dans un pur diagramme de Feynman. Et, effectivement, d'après la Relativité, le départ et l'arrivée d'un photon sont deux événement parfaitement superposables, et donc indiscernables. On peut donc légitimement poser qu'il ne s'agit que d'un seul et même événement quantique. Et effectivement, cet événement unique ne concerne que deux particules, et deux seulement.

Ceci explique très bien plusieurs propriétés fondamentales très intrigantes des photons: de pouvoir se superposer en un nombre infini au même endroit. Ou encore d'être inobservables (on n'observe que leur départ et leur arrivée). Ou, ce qui revient au même, de ne pas avoir d'influence sur la matière, le long de leur trajet. Ces propriétés s'expliquent très simplement et parfaitement, si ils ne sont pas là.

Tant qu'on y est, on peut faire le même raisonnement pour tous les champs de la physique: chaque champ aura sa manière de transmettre de l'énergie, voire d'autres charges, entre des particules «matérielles» comme l'électron ou le neutron. Et donc, chaque champ aura une (ou plusieurs) particule médiatrice, ayant les mêmes propriétés «immatérielles» que le photon.

Les deux alinéas précédents décrivent précisément une série de propriétés, que les physiciens résument ainsi, dans le langage de de la physique: chaque champ a une (ou plusieurs) particule médiatrice, appelée un boson, qui obéit à la statistique de Bose-Einstein.

De la métaphysique qui permet d'écrire des trucs comme ça, ça va tout de même un peu plus loin que la rubrique astrologie de la télé, pas vrai?

On peut même aller plus loin: si, pour le photon, le départ et l'arrivée sont superposés dans l'espace de Minkowski, par contre un observateur ordinaire comme nous, verra un bien point de départ et un point d'arrivée séparés. Donc une trajectoire entre les deux. La perspective relativiste déploie un point unique en une trajectoire! C'est ce déploiement infini (de zéro à une dimension donné) qui fait apparaître, à nos yeux, toutes ces choses comme les photons et les ondes se déplaçant à exactement la vitesse de la lumière. Toutes ces choses qui ne se voient que quand ce déploiement survient. De là ces propriétés des photons et d'autres bosons, de se propager précisément à la vitesse de la lumière, ou d'être indétectables sur leur trajet. Et toutes ces histoires de champ électromagnétique, équations de Maxwell et compagnie, ne sont que la description de la relation entre l'émetteur du photon et le récepteur, sans avoir besoin de supposer quoi que ce soit qui se déplacerait ou se déploierait dans l'espace. Même pas «quelque chose» qui serait un champ. De la pure logique. Jamais nous n'avons ressenti aussi sûrement qu'il n'y a aucune «matière» ni espace, seulement de la relation logique, et que les lois de la physique ne sont que des lois logiques.

J'avais cette intuition depuis longtemps, de par quelque chose que j'avais appris à l'école: quand la lumière passe dans la matière, elle subit une réfraction, à cause de la vitesse plus faible de la lumière. Et cet angle de réfraction est tel que la trajectoire pliée est toujours la plus courte pour les photons! Cela ne peut arriver que si les photons «savent» dans quelle direction partir. Mais cela est en contradiction avec la Relativité. Le dépoiement expliqué ci-dessus est une explication élégante de cet apparent transfert d'information vers le passé

Ajoutons en passant que certaines lois de la physique classique sont donc une conséquence directe et obligatoire de la Relativité. Pensons-y avant de chercher à les unifier!

 

Bien sûr, la vision d'ondes électromagnétiques se propageant dans l'espace reste pertinente, par exemple pour un technicien radio. Mais c'est uniquement un moyen pour notre esprit d'appréhender une réalité purement logique, qui n'a ultimement ni forme ni lieu. Un épicycle (note 79), en somme, mais qui simplifie les calculs, au lieu de les compliquer.

 

Enfin, même les particules «matérielles» comme le proton ou l'électron (la physique dit qu'elles obéissent à la statistique de Fermi-Dirac) existent elles aussi de manière abstraite, sous forme d'ondes, entre deux interactions quantiques (leur onde mécanique). Elles peuvent donc elles aussi se comporter selon la statistique de Bose-Einstein... à condition toutefois de ne pas subir d'interactions quantiques entre elles, ou venant d'autres particules qu'elles rencontreraient. Cette condition est remplie à très basse température. Et on observe effectivement, depuis peu, des «condensats de Bose-Einstein» à très basse température, où la matière se déplace de manière étrange, comme un seul atome géant.

Les champs n'existent pas.

Un des concepts de base de la physique est celui de «champ», comme le champ électrique. Ces champs expliquent tout, car c'est eux qui régissent les mouvements des particules, leurs changements d'état, etc.

Toutefois, ces champs sont des éléments nouveaux, et intrinsèquement différents des autres, que la physique classique n'explique pas, se contentant de les observer, mesurer, etc. Pour la théorie de l'autogénération logique, ils posent un problème, car ils nécessiteraient d'ajouter des éléments ad-hoc.

Il suffit toutefois de remarquer que ce qui transmet l'interaction est l'onde abstraite transmise par le nib. Chaque nib transmettant sa propre onde, des particules situées à une certaine distance seront influencées par tous ces nibs, de manière à modifier leur mouvement. Ainsi, il n'est nullement besoin de supposer l'influence de «quelque chose» qui serait un champ. Tout se ramène aux nibs, et à leurs ondes abstraites. Leurs propriétés ne sont certes pas très simples, mais au moins ils ont l'avantage de faire tout le boulot, sans rien délocaliser dans des pays inaccessibles à la science.

Les champs, tout comme les photons (bosons) ne sont donc que des concepts commodes pour notre esprit, sans existence propre, mais qui toutefois décrivent très bien la façon dont les nibs interagissent deux à deux.

 

Et on a même une preuve pratique de ceci (les champs n'étant que la conséquence des photons ou bosons): il est impossible de mesurer directement, ni même de détecter un champ, sans lui prendre de l'énergie, c'est à dire sans échanger des photons réels (ou d'autres bosons).

Au contraire, on peut très bien détecter la matière sans la modifier (sans lui donner d'information), par exemple avec une expérience d'interférences: on peut déduire qu'une des fentes est ouverte ou fermée par l'observation des interférences, sans que les fentes «voient» la lumière qui passe par elles.

Pourquoi ce système de nibs relativistes, et non pas un continuum?

On aurait pu très bien imaginer, au chapitre III-4, au lieu de nibs, un continuum d'espace, une «membrane», dont l'état en un point et un instant donné serait fonction d'un état précédent (Une modification dx, dy, et dz serait fonction des valeurs x, y, et z à un temps -dt, ce qui implique des équations différentielles et un espace dérivable). A première vue, c'est tout à fait concevable. On pourrait donc supposer que des univers existent, qui fonctionnent de cette façon. Bien entendu ces univers ne sont pas quantiques, ils ne contiennent même pas d'atomes, mais des champs de différentes sortes de matière, où chacune est plus ou moins présente en fonction du lieu. C'est comme cela que l'on imaginait le monde avant la découverte des atomes. Exactement comme une simulation de chimie où les concentrations des différents réactifs varient selon le lieu. A première vue, ça ressemble tout à fait à notre propre univers, sauf qu'il n'y a pas d'atomes.

De tels univers permettraient-ils une évolution menant à la vie? J'en doute, car il existe plusieurs arguments sérieux contre.

-Comment des «champs» de matière pourraient-ils réagir chimiquement pour donner des molécules nouvelles? L'incroyable variété de notre chimie est basée sur la disponibilité d'un grand nombre d'atomes différents, capables de se combiner en des millions de molécules possibles. Or, les atomes sont des quantas de matière. Sans Mécanique Quantique, donc, pas de chimie, et, partant, pas de vie. A contrario, on peut imaginer des jeux de particules entièrement différents des nôtres, à l'infini, du moment qu'ils sont quantiques: il doit bien s'en trouver au moins certains qui sont propices à une chimie du vivant, voire à d'autres choses encore plus extraordinaires.

-Pire, sans molécules, pas d'ADN, et donc pas de moyen de stocker l'information à petite échelle! Pas non plus de neurones, donc pas de raisonnement, pas d'information! Bon, une béatitude éternelle, peut-être...

-Si l'on reprend l'image 1 du chapitre IV-3, montrant deux continuums relativistes qui ne se raboutent pas, on a une vue d'un autre problème: des continuums d'espace non quantiques devraient pouvoir se rabouter en toutes circonstances. Sinon, bouger notre main suffirait à l'envoyer dans un univers parallèle, d'où on ne pourrait la ressortir! On pourrait même arriver à des situations où l'espace serait irrémédiablement chiffonné et déchiré, comme une vulgaire tôle de voiture (chacun sait qu'une tôle de voiture abîmée est irrécupérable). Pour éviter cela, notre continuum devrait avoir la même propriété que la surface de l'eau: quand deux gouttes d'eau se rencontrent, elles ne forment plus qu'une seule surface, au lieu de s'interpénétrer comme des anneaux Olympiques. Quelle que soit les déformations que l'on inflige à la surface de l'eau, tempête, tsunami, cataclysme, elle reforme toujours une surface parfaitement lisse et unie. Comme nos continuums hypothétiques... Mais justement, si l'eau a cette propriété, c'est parce qu'elle est quantique! Formée de molécules, capables de bouger et de se réorganiser, et de reformer une surface lisse et neuve un nombre infini de fois, sans jamais s'user. Eh oui, le superbe miroir d'un lac de montagne est un effet quantique...

Une autre difficulté des continuums, est que si des structures apparaissent, elles n'ont pas de dimensions propres: un microbe pourrait avoir la taille d'une voiture, ou bien au contraire une planète entière aurait la taille d'un microbe, avec toutes ses civilisations! Notre monde formé d'atomes de dimensions fixes (imposées par la mécanique quantique) ne souffre pas de ce problème, et chaque échelle a ses propres structures, qui permettent aux structures plus grandes de s'organiser à leur tour de manière stable et prévisible.

Pire, rien ne permet à ces structures de rester stable! Alors que une structure comme l'atome représente un minimum d'énergie, qui ne peut donc pas se dégrader en quelque chose d'encore plus simple.

-Enfin, les simulations numériques de continuums et d'équations différentielles (fonctions du temps) n'existent pas en tant que telles sur les ordinateurs. On ne sait même pas le faire, en fait. Cette branche des mathématiques, appelée analyse, ne sait résoudre exactement que quelques problèmes très particuliers. Au contraire, les simulations utilisent toutes la méthode dite des éléments finis: l'espace est découpé en cases, et le temps en tours, comme au jeu d'échec. On retombe donc dans quelque chose de quantique!

Les mathématiques savent bien faire des séries de nombres, et on peut facilement imaginer des séries faisant apparaître des trinômes, existant donc dans un espace indiscernable de notre espace physique. La Mécanique Quantique ne serait qu'une telle série. Mais autogénérer un véritable continuum (au sens mathématique d'une fonction de x,y,z,t, continue, dérivable, sans éléments finis) semble infiniment plus compliqué. Le seul moyen est de résoudre les équations différentielles de ces différents champs. Mais, justement, on ne sait pas résoudre ces équations!

Le seul cas où l'on a des continuums dérivables, avec des équations différentielles qu'on sait résoudre exactement sans éléments finis, sont les équations différentielles dites linéaires. Ces équations ont des solutions qui peuvent se calculer exactement, pour n'importe quelle date. Dans ce cas se trouvent les «ondes» des particules, dont la description n'est effectivement pas quantique. Par exemple les équations de Maxwell, qui décrivent les ondes radio. Toutefois ces ondes se croisent dans l'espace en s'ignorant mutuellement. Si elles seules existaient, notre univers ne serait qu'un vide glacial, peuplé seulement du chuintement du rayonnement originel. Pour que ces ondes interagissent de manière intéressantes, il faut des équations différentielles non-linéaires... qu'on ne sait pas résoudre.

 

 

Mais le plus grave est qu'un univers formé uniquement de champs continus, contient une indétermination logique: Pour qu'une loi de cause à effet puisse y jouer, à quel moment la cause doit-elle se situer, par rapport à l'effet? Une seconde avant? une microseconde avant? Les mathématiciens éludent ce problème, dans les équations différentielles, en appelant ce temps «dt» (delta t), que l'on peut rendre arbitrairement petit. Dans les formules... Pour le calcul effectif, il faut fixer une valeur! Par exemple on prend un temps élémentaire fini, suffisamment petit, avec le calcul par éléments finis. Mais dans un système réel, rien ne permet de lever l'indétermination logique, quand dt relie une cause et son effet, puisque rien ne permet d'assigner une valeur à dt.

Il faudrait donc que chaque instant présent en un point déterminé soit influencé par des éléments vraiment passés, excluant le présent (autrement il s'influence lui-même, ce qui est encore plus paradoxal). La cause doit également se situer à une certaine distance (dans l'espace) de l'effet, sinon on aurait un univers formé de «fils» évoluant chacun pour soi. La règle 5 du Chapitre III-3 impose que cette relation soit constante. La solution la plus simple est que une action à un instant et point précis ait sa cause à un autre instant et point unique dans le passé. De sorte que l'on a une série continue de résolutions de paradoxes, dans un univers qui, à grande échelle, apparaît comme un continuum.

C'est exactement ce qui se passe lors d'une... interaction quantique. Quand deux nibs échangent un boson. Voici donc l'origine de l'organisation quantique de notre univers! (Des solutions avec des événements quantiques à plusieurs causes, ou étalés dans l'espace, sont aussi possibles et théorie, mais beaucoup plus complexes.) Toutefois, si la distance (dans le temps ou dans l'espace) entre la cause et l'effet était constante, pour respecter la règle 5, on aurait alors un univers «soupe», où l'évolution resterait locale, sans influence à grande distance. Une solution bien plus riche était que ce soit le rapport temps sur distance qui reste constant. Or le rapport d'une distance sur un temps est une vitesse. De là vient donc la vitesse de la lumière, maximum absolu, à l'origine de la Relativité, qui permet aussi la gravitation. Ce monde relativiste est bien plus intéressant (anthropique) qu'un univers soupe, car il n'y a pas de distance maximum pour que les interactions quantiques se produisent. Ainsi les ondes électromagnétiques peuvent-elles nous apporter la chaleur du soleil, Internet, les images des galaxies lointaines, etc. Ainsi Mécanique Quantique et Relativité seraient tout simplement logiquement nécessaires pour le fonctionnement d'un univers empli de champs et muni d'une Histoire (Chapitre IV-3), au lieu d'un simple temps mathématique. Certes elles pourraient résoudre le paradoxe ci-dessus d'autres manières, mais la manière dont elles le font dans notre univers est fort probablement celle qui offre le plus grand rapport richesse sur simplicité.

Nous voici donc avec une solution au paradoxe, probablement la plus simple que l'on puisse trouver (reliant seulement deux nibs, avec un «angle» constant, donc relativistes). Et elle correspond justement à la façon dont les choses se passent dans notre univers! Selon la théorie de l'autogénération logique, l'apparition de cette solution a levé l'indétermination, par une absurdité créatrice (Chapitre III-3, règle 3), générant du même coup les nibs fondateurs de notre univers. Pour dire la même chose dans le langage de la physique du Big Bang, cette transition de phase serait la première qui se serait produite dans notre univers, lors du temps de Plank, et qui aurait vu l'apparition en une seule opération de la Mécanique Quantique (probablement d'une force unifiée), de la Relativité, de l'espace et du temps (Par rapport à un état précédent, que les physiciens appellent le «vide quantique», où aucune de ces choses n'est déterminée).

Il semble donc que la quantification de la matière, la Mécanique Quantique (et la Relativité), est forcée ainsi par la plus grande difficulté mathématique des systèmes continus, voire peut-être par l'impossibilité logique d'une physique non-quantique capable de produire une Histoire et des micro-structures stables. Des univers non-quantiques ne se prêtent probablement pas à la vie, tel qu'un univers ne contenant que des ondes radio... ou que des auras spirituelles. A contrario, une infinité de lois quantiques différentes semblent possibles, dont beaucoup se prêtent probablement à la vie. Ces univers ne sont même pas forcément physiques, puisque les univers psychiques sont aussi quantiques, à leur façon. On peut même imaginer des relations plus complexes entre deux nibs, ou davantage, ce qui donnerait des espaces munis d'une Relativité et d'une Mécanique Quantique plus complexes.

On peut certes imaginer des univers quantiques non-relativistes, mais ceux-ci n'ont alors pas de gravitation. Partant, la Relativité est aussi anthropique, au moins partiellement.

  

Ce qui est proprement sidérant, est que la nature n'ait finalement pas su faire mieux que les mathématiciens humains. Mes respects aux blouses blanches! Probablement, une solution analytique exacte d'une équation différentielle quelconque n'existe pas, ce qui expliquerait fort bien que notre univers ne fonctionne pas de cette façon... et que les mathématiciens ne l'aient pas trouvée.

Cette impossibilité constitue un argument fort, sinon une démonstration, que tout champ est nécessairement quantifié.

Or ceci est précisément un des axiomes de base de la mécanique quantique...

 

Je supposerais même que des simulations sur ordinateurs qui imiteraient les lois quantiques seraient bien plus efficaces que la méthode des éléments finis. Un cas où ces simulation peinent énormément est celui où des échelles très différentes sont en jeu: il faut alors prévoir plusieurs grilles, et passer de l'une à l'autre selon le déroulement du calcul. Une simulation quantique n'aurait qu'à utiliser des quantas de longueurs d'ondes différentes, et exécuter tous les calculs à la même échelle. Par exemple une simulation météo utiliserait des «aérons» de grande longueur d'onde pour les phénomènes d'ensemble, et d'autres de petite longueur d'onde pour les orages, un élément sur lequel les simulations météo pêchent encore. Ces «quantas» ressembleraient aux «ondelettes» de certaines méthodes d'analyse... une chose à laquelle les photons peuvent aussi se ramener.

Une dernière remarque est que même les «univers» de conscience pure, comme le rêve, sont aussi, d'une certaine façon, «quantiques», c'est à dire constitués d'éléments individuels arrangés en une chaîne de cause à effet, afin de donner un temps et une Histoire. On verra dans la cinquième partie, que la conscience elle-même est aussi «quantique», c'est à dire formée d'une succession de scènes instantanées, même si nous n'avons habituellement pas conscience de ce fait.

Ce que les physiciens disent des champs.

Ce qui précède semble en contradiction avec la physique, qui considère essentiellement des champs continus, comme le champ électrique des cours de radio. Alors que la théorie de l'autogénération logique considère au contraire des interactions individuelles, purement quantiques, dont les champs ne sont qu'une conséquence.

Toutefois cette contradiction n'est que apparente. On a en fait une non-dualité entre les deux visions (Chapitre I-3).

En effet, mathématiquement, on peut considérer les champs comme la conséquence globale des interactions quantiques individuelles (le champ électrique formé de photons), comme le prévoit la théorie de l'autogénération logique. Mais on peut aussi considérer mathématiquement les interactions quantiques (photons) comme une conséquence des champs. Dans ce cas, la non-dualité entre les deux interprétations ne résulte que d'un simple «changement de base»... ou deux système conceptuels différents équivalents (chapitre I-9), décrivant la même réalité.

En effet, les physiciens raisonnent de la manière suivante: si on considère des champs continus, interagissant avec la matière, alors il n'y a pas de solution analytique à la façon dont ces champs se comportent. Les mathématiciens utilisent alors un autre outil: la Théorie des Perturbations, où le champ se modifie par sauts, par petites perturbations individuelles. L'apparence de continu que nous expérimentons avec nos sens ne résulte que du grand nombre de tels petits sauts.

Si on considère que chacune de ces perturbations individuelles est, par exemple, un photon, alors on retombe sur l'affirmation apparemment absurde du début de ce chapitre: les photons n'existent pas en tant qu'objets individuels, ils ne sont qu'un artifice de calcul. Ce qui, à nouveau, explique leurs propriétés les plus étranges, comme d'être indétectables sur leur trajet!

Les physiciens sont donc tombés de leur côté sur la même conclusion «absurde» que nous avons trouvée au début de ce chapitre.

Le plus fort est que cet artifice de calcul peut être visible à l'oeil nu, par exemple des scintillations émises par un corps radioactif (qui excite un écran fluorescent, comme dans un spinthariscope), ou même directement avec l'expérience décrite au chapitre IV-2. Qu'un artéfact mathématique apparaisse à nos sens comme un objet physique (chapitre III-5) montre bien la nature ultimement logique de notre univers, sans aucun besoin d'une mystérieuse «réalité matérielle» pour l'expliquer.

Incompatibilité entre Relativité et Mécanique Quantique

Le plus gros problème que les physiciens ont aujourd'hui à résoudre pour obtenir une théorie unifiée de toutes les forces, est l'incompatibilité entre la Théorie de la Relativité (force gravitationnelle/géométrie de l'espace) et la Mécanique Quantique (forces électrique, faible et forte). La vision présentée dans ce chapitre, et dans le chapitre IV-6, mène à une solution possible à ce problème: la gravitation et la géométrie de l'espace sont une propriété émergente du comportement d'un grand nombre de nibs individuels, et non pas des forces existant par elles-mêmes comme la force électrique. La situation serait similaire à celle du comportement global des liquides et des gaz, comme en thermodynamique, à partir de la statistique du comportement des molécules individuelles.

Malheureusement, la solution à ce problème est très difficile, et par exemple on ne peut pas déduire facilement une chose simple comme la température d'ébullition de l'eau à partir des propriétés de sa molécule, pourtant une des plus étudiées.

Ainsi, si le contenu de ces chapitres est exact, alors on peut avoir une connaissance globale de la physique, si on accepte toutefois que la Relativité et la Mécanique quantique restent deux systèmes conceptuels incompatibles, (Chapitre I-9), tous deux valides dans des situations différentes.

Un domaine commun serait peut-être possible, à haute énergie, dans le cas d'une force unifiée. Mais dans ce cas, cette force, non seulement déplacerait les hypothétiques particules qui lui obéissent, mais en plus gouvernerait la forme de l'espace. Dans ces conditions, cette gravitation quantique n'obéirait probablement plus à la règle des trois dimensions.

la mécanique ondulatoire

 

(Modifié En Janvier 2017. Ancienne version sur la wayback machine)

J'ai délibérément évité de parler de la Mécanique Ondulatoire, ses concepts et ses descriptions, afin d'éviter des confusions ou surcharges du texte. Mais je ne pouvais pas l'ignorer totalement, d'où ce sous-chapitre.

 

En effet, la vision du monde de la Mécanique Ondulatoire semble totalement différente de celle de la Mécanique Quantique. En Mécanique Ondulatoire, un électron est un système d'ondes, qui peut par exemple tourner autour d'un atome, comme on verrait une vague tournant autour d'un tourbillon dans l'eau. Cette vague n'est pas en un point, elle s'étend dans l'espace à l'entour, et même théoriquement à l'infini, occupant tout le cosmos (ce qui permet la non-localité quantique, par exemple l'effet tunnel). Puis, lorsque certaines conditions sont présentes, cette vague commence à osciller autour de l'atome, par exemple de droite à gauche. L'oscillation augmente, jusqu'à ce qu'une partie de la vague se détache et forme un photon qui s'éloigne séparément, comme une vague indépendante. Le reste de la vague continue à tourner autour de l'atome, et à y représenter l'électron, juste sur une orbite plus basse.

Cette vision semble totalement opposée à celle du monde quantique, avec ses interactions instantanées en un point précis, que nous appelons ici un nib (chapitre III-4), avec son symbole ¤. Au contraire en Mécanique Ondulatoire, nous avons des champs continus partout, et l'émission est un processus qui prend du temps, impliquant une transformation progressive des champs et des ondes. Cependant, si nous réfléchissons en profondeur, nous constatons que toutes ces ondes sont la superposition d'ondes élémentaires, tout comme un son peut être décomposé en harmoniques. Et, devinez, chacun de ces harmoniques correspond exactement à une particule ou à un état de la Mécanique Quantique. Même leur apparition et leur disparition correspond exactement à l'apparition ou disparition quantique des particules.

Ceci fait que la Mécanique Quantique et la Mécanique Ondulatoire sont juste deux systèmes conceptuels (chapitre I-9) différents, qui décrivent exactement la même réalité. Malgré leur apparence incompatibilité, il n'y a pas de contradiction entre les deux. J'aurais pu utiliser la mécanique ondulatoire pour ma théorie, elle serait toute aussi exacte, mais plus compliquée. Les Nibs étaient bien plus parlants et accessibles que la symphonie des ondes. Peut-être quelqu'un réécrira t-il mon livre en utilisant la seconde.

Les physiciens ont longtemps cherché à réconcilier les deux théories, qui semblaient donner des résultats totalement contradictoires selon les expériences, par exemple la lumière qui se comporte tantôt comme une particule, tantôt comme un onde. Le débat sur la nature de la lumière a duré plus d'un siècle! Ils y sont finalement parvenus: les équations de l'une théorie peuvent se dériver de l'autre. L'image ci-dessus des harmoniques sonores donne une bonne idée du processus qu'ils ont utilisé, mais c'est bien sûr mathématiquement plus compliqué.

 

 

 

 

 

 

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