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Epistémologie Generale        Chapitre III-9       

 

Chapitre III-9 Vérifier

 

 

(Permalien)(Etait le chapitre 28 dans la version 1)

 

Le chapitre précédent est intéressant, car il pointe vers plusieurs conséquences testables de ces considérations métaphysiques autrement «très abstraites». Mieux, ces conséquences ne sont pas lointaines ou très difficiles à trouver: elles sont des phénomènes connus, qui se passent dans la vie quotidienne. Certains de ces phénomènes sont soutenus par de fortes preuves scientifiques, et de toutes façons quantité de gens les observent (ce qui m'est arrivé aussi). Aussi, étudier ces phénomènes devient le moyen scientifique de comprendre la réalité, au-delà des limitations de la physique, dans le règne de la conscience et des «univers paradis», avec quantité d'applications merveilleuses. Mais nous verrons dans la quatrième partie sur la physique que cette métaphysique est également une bonne explication de notre physique, en particulier elle explique de manière simple toutes les «bizarreries» de la mécanique quantique.

 

La toute première conséquence de la possibilité d'un principe conscient, est de fournir un cadre théorique pour l'étude de plusieurs phénomènes considérés comme hérétiques par la science classique, tels que la parapsychologie ou les ovnis. Des gens comme le PEAR Laboratory de l'université de Princeton, regrettaient déjà l'absence d'un tel cadre, et la plupart des scientifiques classiques arguent que l'absence d'un tel cadre interdit l'étude «rationnelle» de ces phénomènes. Nous avons maintenant un tel cadre pour engager cette étude. Et cela a déjà une conséquence: l'adjectif «antiscientifique» va maintenant à ceux qui refuseraient toujours une telle étude.

 

Mais, en ce qui concerne la discussion en cours, la possibilité d'un principe conscient immatériel nous fournit un test sur les autres univers et sur l'ensemble de la théorie, car seul un principe conscient serait capable d'aller dans un autre univers et d'en revenir, avec ses propres souvenirs. Sans principe conscient, il paraît totalement impossible de transférer l'information nécessaire pour reconstruire un cerveau avec les souvenirs corrects. (Cela vaut dans le voyage inter-univers, mais aussi dans le cas beaucoup plus courant de la réincarnation). Nous verrons ces tests dans la cinquième partie sur la conscience, où le principe conscient explique beaucoup de choses dans les domaines de la morale et du sens de la vie, et la septième partie sur les phénomènes inexpliqués, ou il permet aussi de fournir des explications logiques et plausibles à des phénomènes considérés comme «irrationnels».

 

Pour l'heure, nous avons vu que plusieurs sortes de processus d'autogénération logique semblent pouvoir exister, chacun avec sa propre façon d'interagir. Voyons ces différents cas de processus d'autogénération logiques, du plus classique au plus innovant:

 

 

Les théories mathématiques

(Permalien) A partir de quelques axiomes et éventuellement de quelques contradictions fondatrices (pas d'ensembles auto-contenus, i, pas de division par zéro...) une théorie mathématique se déroule avec un déterminisme absolu jusqu'à l'infini, enchaînant des théorèmes à d'autres théorèmes, générant des ensembles complexes tels que les espaces vectoriels, certains reproduisant les espaces de phase les plus bizarre de la physique quantique et de la relativité. Les théories mathématiques ne dépendent de rien. Cependant, la conscience humaine est en mesure de les explorer sans utiliser les organes des sens, grâce à ses capacités de raisonnement logique et de visualisation.

Le monde physique

(Permalien) Comme nous l'étudierons en détail dans la quatrième partie sur la physique, le monde physique est un processus d'auto-génération logique, dont la loi d'auto-génération est l'ensemble des lois de la physique. Il a commencé avec le Big Bang, et il crée la réalité physique. La conscience le perçoit comme «réel» et «concret», parce que les organes sensoriels lui envoient des messages très puissants de ce monde physique, sous la forme d'images, de sons, de sensations telles que le temps et l'espace. La conscience peut également agir sur lui, par les muscles. La relation exacte est complexe, et elle sera examinée dans la cinquième partie sur la conscience.

Les programmes d'ordinateur

(Permalien) Un programme d'ordinateur part d'un état initial, et il enchaîne de nouveaux états à chaque coup d'horloge, selon le programme et ses instructions. Idéalement, il s'agit d'un processus d'auto-génération logique parfait. Cependant, un ordinateur est un objet physique, qui dépend d'événements tels que des entrées de données, des dysfonctionnements, etc. qui vont interagir avec le processus et en modifier le cours.

Il n'est donc pas exagéré de parler de «dématérialisation» des documents entrants dans le système informatique, ou de dire que les mondes informatiques sont «virtuels». Les choses marchent comme ça, mais si l'ordinateur physique est détruit, alors le programme et touts ces documents cessent d'exister. Les données informatiques dépendent du monde physique. Des systèmes implantés dans le cerveau pourraient les faire dépendre de la conscience (ou la conscience de l'ordinateur, dans la version totalitaire).

Simulation par ordinateur

(Permalien) Les scientifiques utilisent de nombreux types de simulations sur ordinateur, afin de modéliser et de comprendre les phénomènes physiques. Une simulation sur ordinateur démarre à partir d'un état initial, et les états s'enchaînent selon les lois de la physique que l'on simule. Il ne faut toutefois pas confondre une simulation idéale, qui considère des variations continues, avec une simulation réelle, qui est un programme d'ordinateur. Une simulation réelle présentera des défauts tels qu'un pas de simulation, l'accumulation des erreurs d'arrondi, des erreurs de programmation, etc. Ces difficultés limitent la précision et la répétabilité des simulations. Cependant, nous avons la possibilité d'y ajouter des événements arbitraires, et même physiquement impossibles. Ainsi, la simulation dépend largement du programmeur.

Le rêve nocturne

(Permalien) L'exemple le plus banal de processus d'autogénération logique impliquant des éléments de l'expérience de conscience (images, sons...) est tout simplement le rêve. Le rêve ordinaire semble n'être qu'une émanation de l'activité du cerveau. Toutefois il semble qu'il partage les principales propriétés d'un univers psychique, mais qui serait en quelque sorte le contraire de virtuel: simulé physiquement. En tous cas, c'est bien un véritable processus d'autogénération logique, sur les éléments de l'expérience de conscience, comme on peut s'attendre de la part d'un véritable univers psychique. De là l'intérêt d'étudier le rêve. En particulier le «moteur onirique»© du rêve semble fonctionner par génération successive de scènes élémentaires qui s'enchaînent pour former une histoire. On peut donc s'attendre à ce que les véritables univers psychiques aient des fonctionnements similaires au moteur onirique. Et effectivement les visiteurs d'univers psychiques rapportent souvent un déroulement onirique ou symbolique de leurs expériences.

Dans un livre qui se veut scientifique, il est inutile de commenter les théories masochistes qui voient dans les rêves l'émergence d'un «inconscient» effrayant ou sordide, que nous ignorerions mais que nos ennemis connaîtraient très bien.

Le caractère apparemment incohérent ou absurde de la plupart des rêves est généralement expliqué par un processus de génération aléatoire de scènes. Je dirai plutôt que l'enchaînement des scènes obéirait à des lois logiques, non-Aristotéliciennes, mais rigoureuses. Pour autant que je le comprenne, le moteur onirique créerait d'abord une scène simple. Cette scène apparaîtrait à la conscience par les canaux normalement dévolus aux sens, et semblerait donc «réelle». Puis d'autres éléments seraient ajoutés ou soustraits pour former d'autres scènes élémentaires. Chaque scène élémentaire est instantanée, et résulterait d'une unique décharge cohérente de neurones, activant plusieurs ensembles de neurones correspondant chacun à une image élémentaire dans le cortex visuel. Ces décharges cohérentes de neurones seraient le «nib» de «l'univers» du rêve. Un rêve est formé d'une succession de telles scènes instantanées, dont l'enchaînement paraît une expérience de conscience continue, comme les images au cinéma. Le processus d'autogénération logique du rêve devient apparent (et différent d'un processus aléatoire) quand on observe des relations logiques contraignantes entre scènes successives. Par exemple il m'est arrivé de rêver que j'allais être opéré, et j'attendais que l'anesthésie fasse effet. Mais l'anesthésie ne marchait pas, et je devais donc être opéré à vif! L'apparition d'un tel scénario absurde et effrayant a pourtant une cause très simple: on ne peut pas perdre conscience en rêve, et toute scène de perte de conscience aboutit forcément à la scène suivante où cette perte de conscience n'a pas eu lieu, contre la logique interne de la scène, mais en accord avec la logique de fonctionnement du moteur onirique! Autre exemple fréquent d'illogisme apparent: Pour échapper à un poursuivant, on monte dans un avion, qui décolle en laissant le poursuivant au sol. Mais soudain ce poursuivant réapparaît dans l'avion! Simplement, le moteur onirique a modifié un élément de la scène: le lieu, sans modifier l'élément «poursuite». Les modalités parfois très strictes et répétitives du rappel d'éléments douloureux de la vie réelle indiquent également un fort déterminisme logique des lois de génération des scénarios de rêve. Ainsi le moteur onirique produit-il quelque chose du genre chaos déterministe, de par sa complexité, ou en brassant un grand nombre d'éléments très différents. On a donc bien un processus d'autogénération logique à l'oeuvre, basé sur la logique neuronale.

L'état de veille

(Permalien) Sans rentrer dans des justifications que nous verrons dans la cinquième partie sur la conscience, on peut dire que l'état de veille fonctionne de la même façon que l'état de rêve, avec toutefois plusieurs importantes différences: 1) les entrées depuis les sens s'imposent fortement sur le contenu auto-généré 2) nous disposons de mémoire et d'intention, qui nous permettent une continuité d'action et d'intention. 3) Nous savons reconnaître la vraisemblance des scènes. On a donc bien un processus d'autogénération, utilisant probablement les mêmes fonctions neuronales que le rêve, mais ouvert aux influences des sens, et avec des capacités supplémentaires normalement désactivées dans le rêve. Ce processus est donc, dans ce cas, et à la différence du rêve, fortement dépendant du monde physique. Si on compare avec l'ordinateur, le rêve serait une simulation tournant sans contrôle et sans interférences extérieures, tandis que l'état de veille, utilisant le même programme, traiterait des entrées de données, avec des intentions précises.

La paralysie du sommeil

(Permalien) Il s'agit d'un autre type de rêve, bien moins fréquent, aussi appelé expériences hypnagogiques ou hypnopompiques. Dans cet état de conscience (que 25% de la population a eu au moins une fois) la scène la plus fréquente est de nous voir dans notre lit, dans notre chambre, mais presque complètement paralysé. S'y ajoutent souvent des sensations de choc, de vibrations, de froid, d'écrasement, etc. Parfois des éléments supplémentaires apparaissent, tels que des personnages, à moins que l'on s'envole à travers le plafond.

C'est ce qui arrivait autrefois aux gens qui rapportaient des visions d'incubes ou de succubes, et c'est ce que aujourd'hui beaucoup appellent abusivement «abduction extraterrestre», que nous verrons au chapitre VII-2. Le nom traditionnel de cet état de conscience est «cauchemar» (étymologiquement: fantôme qui nous chevauche). En anglais on a «nightmare» (fantôme nocturne) et en allemand «alpentraum» (rêve d'elfe). Cela nous apprend que les paralysies du sommeil sont connues de longue date, où elles ont été la source d'un folklore abondant. Ces expériences peuvent êtres pénibles à très agréables, mais elles fichent généralement une sacrée frousse si on ne sait pas ce qui nous arrive. En tous cas l'ignorance spirituelle crasse de notre époque a fait oublier leur existence, et fait passer le mot «cauchemar» en novlangue, pour désigner quelque chose d'horrible, entourer tout cela d'une aura effrayante, et surtout éviter toute référence à un état de conscience très intéressant.

De toute évidence, les paralysies du sommeil fonctionnent comme les rêves, bien que les connexions soient différentes. Elles sont donc des processus logiques d'autogénération très similaires. Toutefois, je soupçonne fort que, à la différence des rêves ordinaires, les paralysies du sommeil soient de véritables expériences psychiques, indépendantes du cerveau. Ceci expliquerait leur contenu radicalement différent de ceux des rêves, et les rapprocherait plutôt des NDE ou des OBE.

Des spécialistes tels que Simon J. Sherwood, du Département de Psychologie de l'Université d'Edinbourg (Relationship between the hypnagogic/hypnopompic states and reports of anomalous experiences) notent que la paralysie du sommeil se prête bien mieux que l'état ordinaire à l'apparition de vrais phénomènes parapsychologiques. En ce qui me concerne, mes expériences vérifiées se répartissent à peu près également entre la veille, le rêve et la paralysie du sommeil. Vu le temps que j'ai pu passer dans chacun de ces états, il est clair que mes rêves ont été vingt fois plus productifs que ma veille, et mes paralysies du sommeil dix mille fois plus que mes rêves. Ces différences vont bien dans le sens attendu de la théorie des univers psychiques, si les paralysies du sommeil sont plus psychiques. Mais même les rêves ordinaires semblent avoir une composante psychique.

OBE

(Permalien) Les OBE («Out of the Body Experiences», ou «Expériences Hors Corps», couramment appelées «voyage astral») semblent un degré plus avancé de paralysie du sommeil, où l'on se voit sortir de notre corps, et percevoir le monde physique depuis un autre point, parfois très éloigné (ESP, ou Perception Extra Sensorielle). Il existe de nombreux cas où cette perception s'avère exacte, y compris quand l'expérienceur capte directement la pensée de personnes qu'il rencontre. J'ai un cas d'OBE avec ESP vérifiée à mon actif, et un expérienceur connu d'OBE, Robert Monroe, a eu de nombreux cas d'ESP vérifiées, souvent à distance. Les OBE avec ESP vérifiées sont clairement des expériences psychiques, qui ne peuvent s'expliquer par une activité du cerveau, puisqu'il y a un transfert physiquement impossible d'information. Toutefois ce dernier fonctionne toujours, son état physique est normal, juste il semble dans un mode autre. Les ESP pendant une OBE sont le phénomène parapsychologique le plus facile à tester, pourvu que l'on ait un sujet psy qui en ait suffisamment souvent. Mais nous avons clairement besoin de toutes les précautions décrites au chapitre II-9...

 

NDE

(Permalien) Les NDE («Near Death Experiences», ou «Expériences de Mort Imminentes») sont des expériences qui ont lieu pendant un évanouissement, une anesthésie ou un coma, voire quand les médecins ont déclaré la personne morte. Les expérienceurs de NDE rapportent des visions très variées, mais qui s'organisent autour d'un petit nombre de stéréotypes: sortie de corps de type OBE, passage d'un tunnel obscur, rencontre avec «un être de lumière», jugement de notre vie avec rappel instantané de tous les souvenirs. L'expérience se finit généralement par un retour pénible dans le corps, qui coïncide avec le «réveil». Certaines expériences plus longues semblent mener vers des mondes autres, souvent très beaux, où l'on rencontre des êtres très aimables, des cités de cristal, des enseignants spirituels, etc. Ces expériences sont régulièrement décrites comme «plus réelles que la réalité», et très enthousiasmantes. Elles entraînent souvent des changements positifs chez l'expérienceur, comme de ne plus avoir peur de la mort, de s'intéresser à l'écologie, la spiritualité, aux autres personnes. Il existe des cas de NDE atypiques, et même des NDE désagréables rappelant certaines paralysies du sommeil angoissantes. De nombreux cas de NDE sont rapportés dans la littérature.

En 2011, il est scientifiquement prouvé, au delà de tout doute raisonnable, que les NDE sont physiquement inexplicables, car beaucoup se produisent alors que le cerveau a stoppé toute activité. De nombreuses ESP vérifiées valident encore davantage le phénomène, tandis que les explications pseudo-rationnelles du genre «feu d'artifice de neuromédiateurs» se sont avérées être de la catégorie «gaz des marais». Dans le cadre des théories métaphysiques de ce livre, les NDE peuvent être interprétées comme de véritables phénomènes psychiques, l'activité du principe conscient (petit «univers psychique») privé de toute information sensorielle ou phénomènes du cerveau. Dans les cas extrêmes, il semble que ce principe conscient expérimente des contact avec des univers psychique à part entière (Même si aucune description objective d'un lieu donné n'a encore vu le jour, on a déjà des caractéristiques générales cohérentes). Ces univers psychique ont aussi l'air «oniriques», comme on peut s'y attendre de par leur nature. Cela fait des NDE la meilleure preuve aujourd'hui de la survie de la conscience après la mort, dans d'autres univers psychiques. C'est aussi l'un des meilleurs tests disponibles des théories métaphysiques expliquées ici. Cette théorie métaphysique est d'ailleurs la seule à passer ce test, elle n'a pas de concurrents à ce jour, sauf l'antécédent de la philosophie bouddhiste.

Cependant de nombreux points restent à expliquer. Le plus difficile est le problème des souvenirs de la vie psychique écrits dans notre cerveau matériel, à un moment où ce dernier ne fonctionne pas. Il y a clairement une interaction télékinésique «impossible» du psychique sur le matériel! Ce point très intéressant sera débattu dans la cinquième partie sur la conscience, et dans la septième partie sur les phénomènes inexpliqués. De meilleures explications pourraient être obtenues avec les RR3, un phénomène encore plus intéressant, mais beaucoup plus difficile à observer.

Instants de superconscience

(Permalien) Une forme de NDE réduite semble être les instants de superconscience, de courtes périodes dans notre état apparemment ordinaire. Les expérienceurs rapportent de brusques accès de compréhension spirituelle (sens de la vie et bonheur), des prémonitions d'un danger invisible, ou comment échapper à ce danger, etc. Les instants de superconscience se produisent quand nous sommes confrontés à un danger, échappons à un danger, lors d'un moment de bonheur intense, ou de séances de méditation.

J'ai moi-même eu une telle expérience où j'ai pu me dégager d'un danger imminent, sans le temps de latence des réflexes, alors que les personnes à l'entour n'avaient pas eu le temps de bouger. Dans un autre cas j'ai été averti de la présence d'une vipère cachée juste là où j'allais poser ma main. Moi-même et beaucoup d'autres avons été conduits à la spiritualité, suite à de tels éclairs de lumière transperçant les ordinaires grises certitudes du «réalisme».

Les instants de superconscience sont clairement des interactions épisodiques avec le cerveau, quand ce dernier est dans son état physique ordinaire. Toutefois il ne s'agit pas d'un simple phénomène: l'interaction est clairement un message, répondant à une situation précise, quelque chose d'intentionnel, comme le ferait une autre personne intervenant à ce moment. Probablement le principe conscient fonctionne lui-même à ce moment, au lieu de simplement coller au cerveau comme il en a l'habitude.

Mon impression personnelle, lors de tels épisodes, était en quelque sorte qu'une autre instance de moi-même me parlait, mais bien plus sage, et totalement désengagée de la terrible situation.

RR3

(Permalien) Il existe environ 200 cas bien documentés de rencontres rapprochées d'ovnis, voire «d'enlèvement» dans un «vaisseau spatial», que les spécialistes appellent des RR3 (Rencontres Rapprochées du 3eme type). Cela a commencé vers les années 1950, et continue aujourd'hui.

Une RR3 typique commence par une sensation de présence, ou l'apparition d'un objet lointain. Le scénario en est aussi assez stéréotypé: un «vaisseau spatial» atterrit, des «extraterrestres» humanoïdes y emmènent le (parfois les) témoin, qui est soumis à divers tests médicaux absurdes à forte connotation sexuelle ou reproductive. Dans un second temps, des expériences plus variées ou plus spirituelles ont lieu, tels que des encouragements à la paix ou à l'écologie. Puis le témoin est rejeté brusquement dans le monde ordinaire. Il ne ramène de son expérience que des souvenirs, parfois des objets très précieux pour lui, mais qui ne prouvent rien aux yeux de tous les autres. A la différence des NDE toutefois, le «vaisseau spatial», voire l'enlèvement lui-même, sont souvent vus par d'autres témoins, ou ils laissent des traces physiques. Les expérienceurs de RR3 sont souvent fortement traumatisés, mais certains évoluent positivement, de manière similaire à ceux des NDE.

On a vu que les millions «d'abductions extraterrestres» rapportées par les témoins sont plutôt des paralysies du sommeil, et non des observations d'ovnis.

Il semble qu'il existe aussi quelques centaines ou milliers de cas intermédiaires entre les RR3 et les paralysies du sommeil ordinaires, avec des scénarios semblables aux RR3, mais des modalités de paralysie du sommeil, c'est-à-dire dans la chambre, sans apparition de «vaisseau». (Allez, pour faire plaisir à certains, j'ai vu une fois un «gris» en tenue argentée dans une de mes paralysies du sommeil). Toutefois ces cas sont souvent mal documentés, vu la folie dogmatique qui entoure les histoires d'abductions et rend les enquêtes objectives très difficiles.

 

Les abductions de type RR3 sont donc ce qui ressemble le plus à une brève visite dans un univers psychique autre: on y voit beaucoup de phénomènes matériellement inexplicables (Lumière sans ombre, guérisons miraculeuses, télépathie…), tandis que l'expérience dans le «vaisseau» semble avoir lieu hors du temps et de l'espace ordinaire («missing time» (temps manquant): expérienceur restant plusieurs jours dans le «vaisseau» alors qu'un quart d'heure s'est passé dans le monde ordinaire). Toutefois le corps physique de l'expérienceur semble aussi impliqué. Contrairement aux NDE, les RR3 ne sont donc pas qu'une expérience de conscience, le phénomène agit aussi dans notre univers physique, en un incompréhensible mélange d'éléments matériels et d'éléments de rêve.

 

Toutefois apparaît ici une difficulté inattendue: ces bribes d'univers psychiques aperçues lors de ces expériences semblent incohérentes, variables, comme des rêves. Difficile donc dans ces conditions de parler de perception de lieux qui existeraient objectivement. Si de tels lieux existent, ces brèves expériences n'y ont pas encore donné accès. Au mieux verrions-nous des constructions provisoires, propres à l'expérienceur, produites de manière similaire aux rêves nocturnes ordinaires, mais de nature psychique, par un moteur onirique psychique© dont les lois d'autogénération imiteraient celles du moteur onirique neuronal©, quoique avec un contenu différent. Et, pour le moment du moins, quelques stéréotypes ou conseils spirituels banaux seraient les seules données objectives à nous mettre sous la dent. A noter toutefois, que dans les cas à plusieurs témoins, ils racontent la même histoire, aux détails près...

Le Bardo

(Permalien) Le Bardo Thödol, le fameux livre des morts tibétains, a justement prétention de décrire de véritables univers psychiques, où séjourneraient les morts, en attente de réincarnation, ou de manière permanente. Et ce n'est pas une simple anecdote: tout le système métaphysique et spirituel du bouddhisme tibétain tourne autour de ces notions, présentées comme expérience commune par ses auteurs.

On notera que la notion tibétaine de Bardo ne correspond pas simplement à la notion de «l'au-delà» du Christianisme. Il y a en fait plusieurs Bardos, ou qui sont plus des «états de conscience» que des lieux. Retenons: -l'incarnation dans notre univers physique; -le «Bardo du Devenir», un l'état complètement désincarné suivant immédiatement la mort; -l'incarnation dans un univers psychique, tel qu'un paradis ou un enfer; -le rêve; -la méditation.

Un abus de langage courant en occident est de dire «le Bardo» pour le seul Bardo du Devenir. Il a pourtant des propriétés très différentes des autres.

Il est clairement expliqué dans ce livre étrange que les expériences vécues dans le Bardo du Devenir sont essentiellement illusoires, de la nature d'une pure projection psychologique. Le problème, c'est que dans cet état, forcément privé d'organes des sens, on se retrouve dans une situation similaire à celle des expériences d'isolation sensorielle: livré au seul contenu de l'expérience, sans aucune perception «réelle» pour «nous réveiller» et constater que ce n'était «pas vrai». Le processus d'autogénération, utilisant les éléments de l'expérience de conscience, réifie toute pensée en images et sensations, avec une force souveraine, pour notre plus grande joie, ou notre plus grande terreur. Ce mot «réifier», qui semble avoir été créé exprès pour les traductions du Bardo Thödol, signifie littéralement rendre réel, plus précisément dans ce cas donner une très forte sensation de réalité concrète, comme dans l'expérience physique du monde matériel habituel. Et plus l'émotion est forte, plus la réification est efficace. Une personne qui a suffisamment médité pour maîtriser son esprit (l'enchaînement sauvage des pensées et émotions qui est notre expérience de chaque instant) ne sera pas importunée par les visions du Bardo du devenir, alors qu'une personne non entraînée pourra avoir des expériences atroces ou terrifiantes, quoique dépourvues du moindre danger réel.

Du coup, les autres mondes de l'au delà, enfers ou paradis, nous semblent beaucoup plus familiers, avec leurs paysages et leurs habitants. Ce seraient pourtant des univers psychiques, créées et entretenus, d'après le Bardo Thödol, par la puissance de la pensée d'êtres très évolués (les Bouddhas), et tout à fait comparables à des mondes virtuels créés par ordinateur: les simples habitants auront une expérience semblable à celle du monde physique (sans les limitations), tandis que leurs créateurs pourraient les modifier «par magie», de par leur seule volonté, un peu comme quand on construit un monde virtuel sur Internet.

Le scientifique remarquera que la description du Bardo du Devenir convient bien aux différents états tels que la paralysie du sommeil (Où l'on garde tout de même un certain contact avec le cerveau et les sens), les NDE (entre le tunnel et les «mondes spirituels», ou les NDE «négatives») et les RR3 (où il y a en plus des interférences physiques). Dans ces expériences, la conscience évolue sur son seul contenu, avec des interactions réduites ou nulles. Les «mondes spirituels» des NDE pourraient être, au contraire, de véritables univers psychiques, où la conscience rencontre une réalité objective (paysages, autres habitants) qui lui semble «réelle» comme le monde physique. On n'a toutefois pas encore assez d'éléments sur ces mondes pour pouvoir conclure scientifiquement sur leur existence objective. Ceci devrait être un des principaux axes d'étude des NDE, mais les conditions expérimentales ne peuvent pas être publiées.

Preuves?

(Permalien) Ainsi, la théorie métaphysique complète expliquée dans cette troisième partie permet des choses telles que des univers psychiques et un principe conscient, qui sont des processus d'auto-génération logiques sur les éléments de l'expérience de conscience. Des interactions de ces processus avec le processus d'auto-génération logique du monde physique peuvent être une bonne explication à des expériences du type NDE ou RR3. Mais aussi, cette théorie permet l'existence d'univers psychiques, que l'on pourrait rejoindre après notre mort.

Les différents phénomènes de ce chapitre ont probablement chacun leurs propres causes et modalités d'apparition. Toutefois ils impliquent tous plus ou moins des interactions phychophysiques, que l'on peut classer en cinq catégories:

1) Une ESP (perception extrasensorielle) est le passage d'information de notre univers physique vers une conscience psychique.

2) La télépathie est l'échange d'information entre deux consciences psychiques.

3) La psychokinésie (ou télékinésie) est le passage d'information de la conscience psychique vers le monde physique (ou, ce qui revient au même, quand ce dernier est modifié).

4) La téléportation serait l'échange d'information (ou d'objets) entre deux univers physiques (ou entre deux lieux éloignés de notre univers).

Il ne s'agit donc pas d'un phénomène psychique, mais il pourrait être provoqué par des causes psychiques. On ne connaît pas de tels exemples, sauf certaines histoires de «contactés» peu crédibles. La physique actuelle ne connaît que peu la téléportation.

5) La Transsubstantiation serait le transport d'un objet (le plus souvent d'un corps) du monde physique vers le monde psychique (ou vice versa) avec un changement de nature correspondant. Ce phénomène semble plus ou moins en jeu dans les RR3, et il est mentionné chez les grands méditants de tous les courants spirituels. Nous reverrons cela à propos des RR3 au chapitre VII-3 et chapitre VII-4.

Il est à noter que, pour que l'on puisse observer les deux premières interactions dans notre univers physique, la troisième doit aussi avoir lieu (la conscience psychique de l'expérienceur doit modifier le cerveau, pour qu'un souvenir y soit inscrit). C'est heureux, car cela nous permet d'utiliser les méthodes classiques, physiques, «objectives», pour observer et prouver ces phénomènes.

 

Ces phénomènes peuvent être considérés comme des preuves de ma théorie, si on parvient à démontrer qu'ils ne sont pas des rêves ou hallucinations du cerveau physique. Les NDE ont fait l'objet d'études scientifiques détaillées, dont le point final, la Dutch Study, lui ont assuré définitivement son statut de fait scientifique 100% valable et reconnu, tout en étant matériellement inexplicable. Une expérience sur les OBE, due à Charles Tart, parmi bien d'autres, a montré l'existence d'une perception extrasensorielle dans cet état. La perception extrasensorielle, la télépathie et la psychokinésie ont été confirmées par d'abondants travaux. En particulier les recherches du Pear laboratory de l'université de Princeton ont mis un point final à la démonstration de l'existence de la psychokinésie. Il est donc aujourd'hui anti-scientifique de nier la réalité des trois premiers types d'interaction. Que des expériences de conscience, quelles qu'elles soient, puissent avoir lieu quand le cerveau est arrêté, ou provoquer d'autres phénomènes physiquement impossibles, est suffisant pour nous obliger d'admettre que la conscience peut fonctionner en dehors du cerveau, selon ma théorie ou selon une autre. Exit donc le matérialisme.

 

Nous étudierons plus en détail ces phénomènes psychophysiques dans la septième partie.

 

Nous n'avons toutefois pas atteint notre objectif initial, qui était de prouver l'existence de véritables univers psychiques objectifs, ou d'autres univers physiques, par l'analyse des récits de visiteurs. Cela semble possible, quoique la preuve en sera probablement difficile, avec de longues enquêtes. Mais au moins nous pouvons scientifiquement envisager cette possibilité, comme très vraisemblable.

Ce problème est analogue à tenter de prouver que des touristes ont bien visité le même pays lointain, si ils ne savent pas dire son nom, qu'ils ne comprennent pas ce que sont les objets qu'ils voient, et qu'en plus ils visitent chacun une maison différente. Analyser les différents récits de NDE pose des difficultés pratiques de cet ordre. Les méthodes ne peuvent pas être publiées.

 

 

 

 

 

 

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