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Epistémologie Particulière        Chapitre 2       

 

SECONDE PARTIE
EPISTEMOLOGIE

 

Cette partie, après un rappel de l'épistémologie classique, expose les bases de l'Epistémologie Générale, qui permet d'appréhender exactement l'expérience intérieure, ou conscience, en plus de l'observation physique matérielle classique. Pour cela elle explique aussi l'erreur de la science traditionnelle matérialiste, que ce soit dans ses principes, dans son langage, ou dans de nombreux exemples concrets.

II-1 Rappel: L'épistémologie

L'épistémologie est la science de la connaissance: Comment acquérir des connaissances sur le monde. Bon, si quelqu'un veut juste persuader les autres de ses opinions, quelles qu'elles soient, alors il n'a pas besoin d'épistémologie. L'épistémologie ne sert qu'à découvrir les choses telles qu'elles sont, indépendamment de nos désirs personnels. Une épistémologie est une méthode pour explorer et connaître la réalité, généralement basée sur la notion de preuve. La plus utilisée aujourd'hui est la Méthode scientifique.

La notion fondamentale de l'épistémologie scientifique est celle de preuve expérimentale. Toute affirmation concernant la réalité physique doit être prouvée par l'observation de cette réalité. Une affirmation qui ne correspond pas à la réalité physique est fausse. Une affirmation non testée est incertaine, et donc inutilisable.

Généralement, on prépare une théorie, qui est un système axiomatique (voir la première partie sur la Logique). Elle prend pour axiomes des faits déjà observés, donc connus et sûrs, afin de prédire d'autres faits, au moyen de raisonnements. Idéalement on recherche des raisonnements qui seraient des règles auxquelles les phénomènes physiques considérés obéiraient de manière constante. Quand on pense avoir trouvé une telle règle, on monte alors une expérience pour tester si la réalité physique se comporte bien selon cette règle. Si c'est le cas, alors la théorie est valable, et la règle est une «loi de la physique», qui peut être utilisée pour trouver d'autres lois, ou pour fabriquer des objets utiles, des machines. Si non, alors la théorie n'est pas valable, et elle ne permet aucune utilisation d'aucune sorte.

Ainsi on découvre les lois de la nature, qui permettent de faire d'autres prédictions, menant à d'autres expériences, d'autres lois... Ceci est tout le processus de la recherche scientifique.

 

La méthode scientifique en pratique: On tend à éliminer les erreurs de type matériel ou d'observation par des méthodologies de plus en plus complexes et variées, selon les domaines considérés. Mais il s'agit d'un sujet qui est largement traité dans les études et la littérature scientifique, et dont nous n'aurons pas besoin pour la suite. Le biais psychologique (déjà vu au chapitre I-8) est lui aussi pris en compte dans les méthodologie expérimentales, afin d'éliminer ses effets, par différent moyens. Toutes ces méthodologies de vérification tournent autour des mêmes bases:

-La notion de preuve.

-La notion d'observation.

-La reproductibilité des expériences et le témoignage collectif, qui garantissent l'exactitude des résultats.

-Pour être scientifique, une hypothèse doit être testable.

-Des protocoles experimentaux.

-Les institutions et notamment le contrôle par les pairs qui jouent un rôle de garde-fou.

II-2 Brève histoire de la science

L'histoire de la science illustre bien le propos de ce livre.

 

La science telle que nous la concevons aujourd'hui a été fondée par des gens comme Copernic, le premier théoricien, Galilée, le premier expérimenteur, et Newton, le premier à formuler une loi physique. A peine plus tard des gens comme Leibniz, enthousiastes, souhaitaient «démontrer l'existence de Dieu par les mathématiques». Cet ambitieux projet échoua, car personne ne voyait vraiment comment s'y prendre. Aussi, le Siècle des Lumières préféra t-il se consacrer à des tâches plus concrètes, la géométrie, l'astrométrie, les techniques, l'histoire naturelle. Ces gens étaient encore des chrétiens, mais cette préoccupation n'interférait plus avec leur étude de la physique, qu'ils considéraient déjà comme un champ distinct de la spiritualité.

La Révolution Française renforça la science sans en changer l'essentiel. Mais, avec les persécutions contre les religieux, désormais le refus radical de la religion était devenu une tendance lourde de la société, qui comptait des adhérents parmi les scientifiques. L'idée d'utiliser la méthode scientifique pour contester la religion se développait.

Le 19eme Siècle développa une science très fière de ses succès matériels. Mais ce succès dans le domaine matériel fut pris comme une justification de la négation des domaines spirituels, en particulier justifier l'absence de Dieu et de l'esprit, menant aux modernes matérialisme et rationalisme.

Le 20eme Siècle vit une science très forte, soutenue sans faille par les pouvoirs politiques, avec le développement des grandes institutions publiques, et fortement teintée de rationalisme et de technocratie, qui ont aussi contaminé les pouvoirs administratifs. La matière et la «raison technique» y règnent en maître, souvent en «religion révélée». Les critiques qui apparaissent (écologie, préservation des paysages, renaissance spirituelle, phénomènes inexpliqués, médecines alternatives...) n'arrivent pas à faire reconnaître leur légitimité et même pas leur éventuelle validité. Malgré cela, des esprits puissants comme Einstein, Wignier, Chalmers… ont reposé régulièrement la question de la conscience et de la spiritualité, soit dans le cadre de l'institution, soit en se rapprochant des conceptions spirituelles Orientales.

Au 21eme siècle, la science a enfin pu jouer son vrai rôle, en donnant des avertissements clairs et institutionnels sur le changement climatique. On est toutefois encore fort loin d'un fonctionnement normal: ainsi la science a aussi apporté la preuve de l'existence réelle des phénomènes parapsychologiques et des ovnis, mais ses propres institutions «ignorent» encore ces résultats, des découvertes pourtant beaucoup plus importantes que celle de l'électricité.

Pour pallier à cette censure, les scientifiques se regroupent dans des institutions privées: IANDS, SETI, etc. Mais ce qui est intéressant, c'est que plutôt de développer une «science alternative», leurs résultats finissent par être acceptés par tous les scienctifiques, ce qui mène à l'idée d'une science une et indépendante des viviscitutes politiques ou idéologiques.

II-3 L'erreur de la science matérialiste

Comme je l'ai clairement laissé entendre dès le début, moi-même, et beaucoup d'autres, ne sommes pas totalement satisfaits de la science actuelle, malgré ses indéniables et très méritoires succès. La principale raison est que, si la science comme moyen de connaître le monde triomphe en physique et techniques, elle est par contre remarquablement absente dans les domaines immatériels comme la spiritualité, l'éthique, la signification de la vie, la politique... Au point que l'on dit que ces domaines «ne sont pas de la science», et qu'il y est laissé le champ libre à toutes sortes d'«opinions» arbitraires, de «croyances», voire à des idéologies dangereuses que l'on n'est pas libre de réfuter malgré leur fausseté évidente, puisqu'il ne «faut pas» en parler. Ainsi on arrive à une «légitimité de la croyance» dans ces domaines!

La science traditionnelle a clairement fait un CHOIX des sujets qu'elle accepte ou non d'étudier. Bien entendu ce choix de sujets admis et de sujets tabous est dicté par des idéologies (il ressort donc tout à fait du biais psychologique). Ces idéologies ont pour nom rationalisme, scientisme, technocratie, athéisme, matérialisme... mais n'allons pas trop vite car nous n'avons pas encore définis ces mots (chapitre II-6) ni étudié en détail ces idéologies (chapitre II-7).

Comment une science exacte a t-elle pu ainsi limiter elle même ses objectifs? Comment le projet d'une science générale, telle que envisagée par ses propres fondateurs, Newton, Leibniz et d'autres, a t-il été abandonné? Pourquoi ces idéologies, disons en gros matérialistes, ont-elles pu tromper et manipuler un milieu qui a pourtant su bien plus que beaucoup d'autres démontrer sa méthode, sa sincérité et sa capacité de remise en cause? C'est qu'il y a une raison profonde, un paradigme inconscient, une confusion de base inscrite dans la méthode elle-même:

DES LE DEPART ON NE S'EST INTERESSE QU'AUX PREUVES MATERIELLES.

LA NOTION DE REALITE A ETE CONFONDUE AVEC LA NOTION DE MATERIALITE!

 

Tout ce qui n'est pas matériel n'est pas considéré comme réel, n'est pas considéré comme observable, et n'est donc pas considéré comme digne d'étude. Pire, l'idée s'est répandue que toute affirmation dans les domaines immatériels comme l'éthique, la spiritualité, la politique, la signification de la vie, ne pouvant être matériellement démontrée, n'ayant aucun sens physique, est du domaine des croyances, et donc que cela ressort uniquement du biais psychologique!

On a pu même parfois voir cette démarche matérialiste devenir si naïve et si arrogante que l'on peut parler de véritable déification de la matière, nouvelle «religion» dont les «prêtres» seraient les «scientifiques» omniscients et infaillibles, avec leurs «temples» et leurs «livres saints».

 

Comment en est-on arrivés là? Comment une erreur aussi énorme et évidente a t-elle pu passer inaperçue pendant plusieurs siècles? Une relecture de l'histoire de la science (chapitre II-2) nous fera comment comprendre comment une erreur aussi grossière a pu se faite passer pour une «vérité de base acceptée par tous»:

Galilée trouva dans ses observation une preuve matérielle concernant une affirmation considérée comme étant du domaine religieux (sur l'organisation du système solaire). On en déduisit que la preuve matérielle était la méthode efficace, sans se rendre compte que le mot «preuve» était suffisant: il était inutile donc d'en réduire la portée en précisant «matérielle».

Le Siècle des Lumières, sans renier la religion et autres matières subtiles, en délaissa l'étude, car il ne s'offrait à eux aucun moyen matériel de vérifier ou d'infirmer les affirmations religieuses, éthiques ou spirituelles. Ce qui déjà à l'époque trouva les intellectuels sans défense devant les élucubrations d'un marquis de sade, laissant l'Eglise seule au front moral, qu'elle défendit très maladroitement: son dogmatisme et sa pudibonderie monta tout le monde contre elle. Et ceux qui posaient des revendications légitimes (liberté, démocratie) eurent à se battre contre l'intégrisme catholique… qui, lui, se réclamait de l'amour christique! Ce sac de confusions aboutit à un ressentiment très vif contre la religion, qui se concrétisa brutalement par les persécutions anti-religieuses de la Révolution Française.

Ce ressentiment devint une habitude au 19eme siècle, qui avait développé une grande aversion contre la religion, et les domaines «associés» de la morale et du spirituel. Cela finit même par être perçu comme une «vérité évidente»: le dogme matérialiste, toujours sous le prétexte qu'on ne peut aborder le monde de l'esprit par des expériences matérielles (forcément). On pourrait presque dire que ce dogme n'est qu'une rationalisation (au sens psychologique) de la haine de la religion. Les idéologies matérialistes et anti-spirituelles suivirent, avec pour conséquences des choses comme les théories racistes en anthropologie (justifications «scientifiques» du colonialisme), ou en politique les deux jumeaux insupportables: marxisme et capitalisme.

 

Ces délires ont abouti au vingtième siècle à une société dominée par un matérialisme quasi-religieux, où toute dimension humaine est rejetée comme «subjective», où la nature est une tache vide sur la carte, qu'il faut «aménager», où toutes nos souffrance humaine se «compensent» par des indemnités financières. Réduit à son compte en banque et à son emploi, l'être humain n'est plus sensé éprouver aucune souffrance à vivre dans un univers de plus en plus cacophonique, dangereux, solitaire et déstructuré! Un simple numéro sur une liste n'éprouvera certes aucun chagrin à apprendre que son cadre de vie à été débarrassé d'objets inutiles et non rentables tels que coins moussus, arbres, ruisseaux, douces prairies, pour y installer des objets éminemment rationnels et utiles tels qu'usines, supermarchés ou lignes haute tension; un compte en banque ne peut être dérangé par le bruit de l'autoroute voisin, ni se soucier de la survie de ses descendants... Quant à notre spiritualité, réduite à des «croyances», elle est de plus en plus assimilée à une maladie honteuse qu'il faut cacher en privé... (Forcément: si tout le monde se mettait à pratiquer l'altruisme en public, le capitalisme s'écroulerait).

Quand, dans les années 1970, confrontées à des interpellations comme le respect de l'écologie, la recherche du bonheur, voire la simple défense des droits de l'homme les plus élémentaires, ces idéologies se sont encore raidies, niant et rejetant comme «subjectives» toutes les dimensions de l'humain autres que économiques et techniques.

La science ne fut pas de reste, avec des barjoteries comme l'appel de Heidelberg (1992), signé par plus de quatre mille scientifiques de haut niveau. Ce genre de choses posait clairement la science en ennemie de la nature et de l'humanité, et il ne faut pas s'étonner si mes jugements étaient bien plus sévères dans la première version. Il faut aujourd'hui reconnaître que la manipulation était assez vicieuse: présenter le questionnement écologiste comme une forme d'intégrisme, qui allait «trop loin». Evidemment, les auteurs de l'appel, en relation avec la secte Moon, savaient comment manipuler! Et les blouses blanches sans expérience de la politique étaient faciles à berner, même avec ce vague texte aux phrases pompeuses et tordues.

Mais aujourd'hui (2010), la science, confrontée à ses propres découvertes sur le changement climatique, a su prendre ses distances avec toutes ces propagandes. Les réactions infantiles des idéologistes montrent à quel point ils avaient l'habitude de voir la science sous contrôle, et leur peur abjecte quand ils la voient à nouveau indépendante.

De plus, il faut reconnaître que de plus en plus de scientifiques s'intéressent à l'étude de la conscience. Mais ils doivent pour cela sortir des institutions, et ils n'ont pu jusqu'à présent que rassembler des faits, sans vraiment de méthode ni de cadre théorique. Ce livre ambitionne de les leur fournir. Voyons comment.

Et pourtant les mathématiciens savent le faire!

Il est bien évident que si il existe des réalités spirituelles, ou tout simplement morales, sentimentales, artistiques, la preuve ne peut absolument pas en être cherchée dans un domaine physique (matériel) qui n'est pas le leur, car il s'agit de domaines immatériels. On ne peut pas plus rechercher la preuve matérielle d'une loi morale qu'on ne cherchera de preuve spirituelle à une loi physique.

 

 

En effet, il existe tout de même un domaine immatériel reconnu et étudié par la science actuelle: Les mathématiques. Elles disposent de leur propre système de preuves, toutes immatérielles, qui permet infailliblement de savoir si un énoncé mathématique est vrai ou non, sans aucune référence à aucun objet matériel. Essayez par exemple de démontrer que deux et deux font quatre, vous utiliserez peut-être un boulier, mais ça marchera aussi bien si vous vous contentez de visualiser ce boulier. Voici typiquement un domaine immatériel où une expérience immatérielle, qui plus est intérieure à l'esprit humain, suffit seule à établir la vérité, sans le recours à aucune preuve matérielle. En mathématique, nous n'utilisons pas les organes des sens, mais nous observons tout de même des résultats de raisonnements, car notre conscience a la capacité de percevoir directement les phénomènes mathématiques sans le recours à aucun organe des sens. Les réalités mathématiques aussi sont observables, même si elles ne sont pas matérielles. Et il n'y a là ni parapsychologie, ni croyances, ni Nouvel Age.

Généralisation à d'autres domaines immatériels

Pourquoi ce qui est valable (et reconnu) pour les mathématiques ne le serait-il pas pour d'autres domaines immatériels? Tentons une expérience: pour la démonstration de deux et deux font quatre, nous avons effectué une visualisation de deux, puis deux autres boules, ou toute autre «chose». Les comptant mentalement, nous avons pris conscience qu'il y en a quatre au total. C'est ainsi que les mathématiciens procèdent pour démontrer TOUS leurs théorèmes, des plus simples aux plus compliqués, avec des visualisations certes plus élaborées, mais toujours sans la moindre trace de preuve matérielle, qu'ils refusent totalement. C'est au fond encore plus direct et plus sûr que pour une expérience de physique, qui nécessite l'utilisation d'organes des sens, d'instruments et d'un matériel expérimental. Et si les mathématiciens s'aident d'accessoires tels que crayon et papier, ou des ordinateurs, c'est uniquement pour pallier aux limites de la mémoire humaine, ces objets n'ayant aucun rôle dans la méthode elle-même.

 

Et si cette méthode était applicable dans d'autres domaines immatériels? Posons nous par exemple une question d'un ordre tout à fait différent, spirituel: la conscience humaine existe t-elle? (Restons ici avec une définition très simple de l'esprit humain, comme étant la conscience, la capacité de se rendre compte de l'existence ou l'apparence d'un objet, ici notre propre conscience). Et employons la même méthode qu'avec les quatre boules. Tentons la manip: êtes vous conscients? Arrêtez de lire un instant, et regardez si vous êtes conscients...

 

Mais tous les êtres humains qui ont tenté l'expérience sincèrement ont obtenu le même résultat: Nous sommes tous conscients. Nous observons le phénomène de la conscience quand nous réalisons que nous percevons quelque chose, image des sens, image mentale, idée, sentiment, ou la conscience elle-même. Observer un objet (extérieur ou mental) est certes un acte de conscience, mais quand je parle d'observer la conscience, c'est bien d'«être conscient que nous percevons un objet» qu'il s'agit: la conscience consciente d'elle même, et donc qui s'observe: la conscience est un objet observable au même titre qu'un objet matériel ou qu'un résultat mathématique. L'expérience est parfaitement reproductible et donne toujours le même résultat, aussi rigoureusement qu'une expérience de mécanique, aussi fidèlement qu'une démonstration mathématique. La conscience est une propriété de base de l'être humain.

Bien sûr on peut aller plus loin, se demander ce qui est conscient, et comment, mais cela suffit pour le moment: nous avons trouvé une réalité non-matérielle qui existe, qui est observable, en s'y prenant exactement de la même manière que pour affirmer l'existence d'une réalité mathématique, c'est à dire de la même manière que pour affirmer l'existence d'une réalité matérielle, mais dans un autre domaine d'observation. On peut s'amuser à explorer les propriétés de cette conscience: elle perçoit des images, des sons, elle comprend des situations, a des idées, des désirs, des intentions, et teinte ces éléments de toute une variété de poésies, de tendresses ou de chagrins, tous éléments qui n'ont aucune base ni contrepartie matérielle, mais que nous observons à chaque instants. C'est là le domaine de l'esprit humain, avec ses réalités observables.

Observable comment? Pas avec un cyclotron, bien sûr. Observable par cet esprit humain lui-même. On pourrait objecter que si cet esprit humain ne peut être observé que par lui-même, alors notre raisonnement est vicieux. Mais la situation n'est pas vraiment différente de celle de la physique ou des mathématiques: mathématiciens et physiciens utilisent aussi leur conscience pour observer. Et ça n'empêche pas nos Nobels de faire des maths ni de la physique. Ils se servent d'instrument de mesure, répondra-t-on. C'est que l'instrument physique le plus sophistiqué est inutile si il n'y a pas un observateur qui s'en sert. Et il est encore inutile si cet observateur dort sur l'instrument! Ou si il refuse d'admettre ce qu'il voit! C'est bien de la conscience de l'observateur dont on a besoin. Que signifie «science»? Qu'une conscience sait. Que signifie «observer»? Qu'une conscience a une expérience de perception de la réalité. Même en physique, seule cette conscience est capable d'observer le monde physique, même si elle a besoin pour cela d'un dispositif dans ce monde physique (qui inclura forcément un organe des sens de l'observateur, et éventuellement un instrument d'observation pour accroître la puissance de cet organe). Idem en math, où les constructions conceptuelles les plus subtiles ne sont d'aucun secours si personne ne s'en crée une image mentale pour prendre conscience du résultat. La seule différence est qu'en maths, au lieu d'utiliser un appareillage physique, nous utilisons une construction conceptuelle. De ce fait, nous n'avons pas besoin d'organe des sens, car notre esprit est capable d'être directement conscient des constructions conceptuelles. Quant au domaine de l'esprit humain, exactement comme en mathématique, les personnes qui travaillent dans ce domaine utilisent différentes méthodes de visualisation et d'introspection pour voir ce qui s'y passe et pour obtenir les résultats qu'elles recherchent. Instrument scientifique physique, construction conceptuelle mathématique, visualisation de méditation ont, chacun dans leur monde, le même statut épistémologique et heuristique de moyen pour que tel ou tel aspect de cette réalité devienne observable par la conscience.

 

Donc nous nous sentons maintenant le droit d'affirmer la réalité de cet esprit humain et de son monde, d'égal à égal avec les réalités mathématiques et physiques. Il est donc possible d'observer et d'explorer des réalités non matérielles, en plus de celles des mathématiques. Et c'est même très simple!

II-4 L'Epistémologie Générale©

Pourquoi changer une méthode scientifique qui a largement fait ses preuves? On va simplement rectifier l'erreur que nous avons mentionnée: Alors que l'épistémologie scientifique classique (dont le champ est restreint à la matière) se réduit à la seule preuve et observation matérielle, l'Epistémologie Générale© que je propose, généralise la notion de preuve et d'observation à d'autres domaines, en particulier éthiques et spirituels. On ira chercher la preuve dans le domaine que l'on étudie. En physique, on cherche une preuve matérielle. En mathématique, on cherche une preuve logique (Ceci est la position classique des mathématiciens). En spiritualité on cherche une preuve spirituelle (Dans tout ce livre, spirituel est à prendre dans le sens de: du domaine de l'esprit humain, simplement, sans forcément de références religieuses ou parapsychologiques). En éthique on cherche aussi une preuve spirituelle. Dans des domaines comme la médecine, la psychologie et la parapsychologie, il nous faudra même être pluridisciplinaires, et vérifier assertion par assertion chacune dans son domaine, matériel, spirituel... Ceci va nous permettre d'étendre la notion de science, d'objectivité et d'exactitude à tous les domaines de l'expérience humaine. Du moins dans une certaine mesure, car ces domaines ne sont pas toujours aussi précis et déterminés que la physique.

En particulier des choses comme les sentiments, les images mentales, un sens de la vie, la valeur de l'existence humaine, la beauté, la poésie, ne peuvent plus être considérées comme «du subjectif» arbitraire ou sans valeur. Ce sont maintenant des choses que l'on peut définir, dont on peut parler, sur lesquelles on peut faire des raisonnements et des affirmations exactes, dont on sera obligé de tenir compte dans la direction de nos vies personnelles, et qu'il serait dangereux d'«oublier» dans des domaines comme la politique, la société ou l'économie.

 

Des choses comme l'âme, la vie après la mort, la réincarnation, «Dieu», etc. ne peuvent absolument pas être appréhendées par l'épistémologie classique, et renvoient forcément à l'Epistémologie Générale. Depuis la version 1 de ce livre, on a pu établir scientifiquement l'existence de certains phénomènes parapsychologiques tels que les NDE et les OBE. Cela nous permet maintenant d'envisager scientifiquement la vie après la mort, ou une entité que l'on pourrait appeler «Dieu». Notre Epistémologie Générale sera sans doute très utile à cette fin, mais l'influence de l'esprit sur la matière doit, par définition, être matériellement observable. Aussi nous aurons toujours besoin de l'épistémologie traditionnelle. C'est d'ailleurs elle qui a été utilisée pour la démonstration de l'existence de ces phénomènes parapsychologiques: par l'observation classique de leurs effets matériels.

 

Tout d'abord, les scientifiques classiques vont nous demander ce que nous entendons exactement par preuve spirituelle, aussi nous avons intérêt à nous poser nous-mêmes la question. Une véritable science spirituelle, une morale scientifique, une explication des phénomènes parapsychologiques, outre qu'ils ne ressembleront pas du tout aux délires de la science-fiction, (ni du Nouvel Age-fiction) ne pourront résulter que de l'application d'une méthode rigoureuse et d'une traque systématique de tout biais psychologique (idéologies, attirances...)

Pire, ça ne sera pas du tout aussi simple que pour la science physique, car les preuves spirituelles sur lesquelles nous allons baser nos études ne sont pas des objets que l'on peut poser sur une paillasse et exhiber devant un amphithéâtre d'étudiants ou à la télé. Ce seront des aspects de notre esprit, que nous ne pouvons observer et percevoir qu'à travers le voile de notre propre biais psychologique personnel. Autrement dit notre propre esprit sera notre objet expérimental, mais aussi et surtout notre unique instrument d'observation. Et quand on voit la complexité, la subtilité, la sophistication, l'incroyable précision des instruments d'observation de la physique, le travail et la compétence extrême que demande leur maniement, on ne peut qu'être appelé à quelque modestie en y comparant nos esprits grossièrement englués de gangue psychologique et empêtrés de préjugés idéologiques, qu'il faudra pourtant bien soumettre aux mêmes incontournables exigences. Eh oui, dans l'éprouvette l'esprit, sous le microscope pour voir ses rouages les plus intimes, dans l'acide pour dissoudre les préjugés, sur le bec Bunsen pour brûler le biais psychologique, relié à la haute tension de l'exigence, transpercé par les neutrons des remises en questions! Sûr, on va s'amuser...

La notion de preuve matérielle «objective» (reproductible, collective...) de la science physique classique permet de contourner les effets du biais psychologique avec une assez bonne efficacité, puisque aucune erreur ni fraude n'a jamais pu s'installer durablement dans ces domaines de la physique et de l'observation de l'univers matériel. Mais dans les domaines de l'esprit nous n'avons pas cette possibilité d'éluder les effets du biais psychologique, puisqu'il est attaché à l'instrument d'observation lui-même!

 

Méthodologies de l'Epistémologie Générale

Voyons à quoi pourrait ressembler cette épistémologie généralisée, en comparaison avec la méthodologie traditionnelle que nous avons vue au chapitre II-1.

 

- La notion de preuve spirituelle. Une preuve est un objet observable, ou le déroulement observable d'un phénomène, qui se comporte comme une théorie le prédit. Seulement ici il s'agira d'observer un objet ou un phénomène qui est du domaine de la conscience. La preuve spirituelle d'une théorie sera donc une expérience de conscience. Tout l'art sera donc de provoquer une expérience de conscience pertinente, et d'en tirer les bonnes conclusions. Cela ne sera jamais aussi compliqué qu'une expérience de physique nucléaire, mais ça ne sera quand même pas simpliste…

 

-La notion d'observation est similairement transposée: comme en physique, c'est la conscience qui observe, mais au lieu d'observer des objets extérieurs, elle observe cette fois ses propres structures, des objets intérieurs.

Mais il y a une différence entre le domaine physique et le domaine spirituel. En physique, une expérience est une chose extérieure, à laquelle on assiste; en spiritualité une expérience est une situation dans laquelle notre être tout entier se trouve impliqué, une chose que l'on vit, que l'on ressent. En physique on peut faire confiance à quelques expériences dans quelques laboratoires. Mais on ne peut observer une expérience de conscience que en soi-même! Ceci implique que, pour être réellement convaincante, une expérience spirituelle doit pouvoir être répétée par chacun.

Une autre différence est que nous ne pouvons (chacun de nous personnellement) réussir cette expérience de conscience que si notre biais psychologique personnel ne la perturbe pas trop ni n'en voile le résultat. C'est pourquoi ce biais ne peut être éludé comme en physique, mais qu'il doit être supprimé au moins en partie. Les conditions à remplir pour que l'expérience réussisse sont, tout comme en physique, des conditions expérimentales qui doivent être décrites dans le protocole expérimental, qui décrit les qualités que l'expérimentateur doit satisfaire, tout comme dans une expérience de physique ou de chimie. Au lieu de parler d'un expérimentateur qui manipule une expérience de physique, je propose le terme d'expérienceur (inspiré de l'anglais «experiencer») qui observe les réactions de son propre esprit soumis à des conditions données.

Il faut bien comprendre ces exigences, sur la base d'exemples: comment une émotion inappropriée peut elle cacher ou voiler un résultat? Testons l'affirmation comme quoi pratiquer la charité avec les autres nous rend heureux en premier. Essayons: faisons un don à une association humanitaire. Et observons le résultat quand nous recevons en retour une photo d'un petit gamin Africain qui vous regarde timidement, nous son bienfaiteur! Ce regard emporte la conviction aussi fortement que d'observer une réaction chimique explosive! Mais si on souffre d'un biais psychologique tel que de manquer d'empathie ou d'être raciste, l'expérience ne marche pas! C'est exactement comme si, dans une expérience de physique, un faussaire coupait le courant ou masquait le cadran du résultat. Si on fait cela en physique, c'est une fraude, qui peut même nous conduire en prison. Et c'est tout autant une fraude dans le domaine de la conscience. Juste c'est plus difficile à éviter.

Un autre exemple expliquant comment un préjugé peut empêcher une expérience de fonctionner, est l'assertion comme quoi la relaxation de l'esprit tend à atténuer les tensions psychologiques, stress et angoisses. Pour vérifier cette assertion, il nous faudra apprendre à nous relaxer physiquement, puis mentalement (entraînement). Il nous faudra aussi être capables d'évaluer notre état de stress ou d'angoisse avec une certaine objectivité (maîtrise du biais psychologique). Une fois les conditions remplies, alors le résultat apparaît si simple et si évident à l'expérienceur, qu'il emporte la conviction immédiate et inébranlable, exactement comme l'observation de nos propres yeux d'un phénomène physique emporte la conviction, dans une expérience de physique.

 

-La reproductibilité des expériences. Une expérience de conscience ne peut être considérée comme authentique que si elle est effectivement reproduite par plusieurs expériences, et surtout moi-même ne dois l'accepter que si moi je puis la reproduire moi-même, en suivant les conditions expérimentales prescrites. Sinon, elle reste spéculative. Non-testable autrement que de le vivre soi-même. Contrairement à une expérience de physique, qui n'a besoin d'être faite qu'un petit nombre de fois, par des physiciens qualifiés, l'expérience de conscience devra être reproduite par un bien plus grand nombre de personnes, qui comprendront des spécialistes aussi bien que des gens ordinaires.

 

-Le témoignage collectif n'est pas transposable tel quel dans des domaines où les expériences sont surtout intérieures. Mais ce n'est pas trop gênant, car ces expériences peuvent être reproduites par autant de personnes que nécessaire.

 

-La notion récente de vérifiabilité est transposable avec certaines précautions. Les possibilités de test semblent plus étroites dans le domaine spirituel que dans le domaine physique, mais elles restent suffisantes, car centrées précisément sur l'essentiel.

 

-Les institutions et le contrôle par les pairs semblent transposables, mais leur fonctionnement sera forcément différent. Les pairs ne peuvent se contenter de vérifier que les affirmations d'un chercheur ne sont pas faussées par son biais psychologique, ils devront veiller à ce que ce chercheur soit lui même débarrassé de ce biais. Alors, le contrôle par les pairs, au lieu que ce soit des personnes instruites qui contrôlent les raisonnements et méthodes, ce seront des personnes déjà transformées, déjà débarrassées du biais psychologique, qui seront seules aptes à contrôler dans quelle mesure nous le sommes aussi.

 

-Le type de logique employé. En physique et en mathématique, on utilise exclusivement la logique Aristotélicienne. Toutefois les domaines de la conscience (éthique, économie, politique, psychologie, spiritualité) sont souvent non-Aristotéliciens, voire non-conceptuels (voir au chapitre I-9). Ainsi, de toute évidence, une approche réellement rationnelle (raisonnée) est ici d'acquérir d'abord cette forme d'intelligence non-conceptuelle.

Domaine d'application de l'Epistémologie Générale

On peut déjà avoir ici une idée de ce qu'une épistémologie spirituelle permettra ou non de faire. Il me paraît peu probable que l'on puisse donner rapidement une réponse à une question naïve telle que «Dieu existe t-il?». Par contre on peut s'attendre à ce que l'épistémologie généralisée au domaine spirituel permette d'explorer l'esprit humain (cinquième partie), de bâtir une éthique rationnelle, humaine et non-arbitraire (chapitre 52). Elle peut nous permettre de maîtriser ce biais psychologique qui nous bloque l'accès à la connaissance, et surtout qui nous coûte tant et tant de souffrances quotidiennes. Elle pourrait enfin nous permettre de trouver un sens à notre vie, exploit dont la physique est naturellement incapable mais qui pourrait s'avérer à notre portée peut-être même dès avant la fin de ce livre (chapitre 51). Nous verrons donc différentes tentatives d'application de cette science spirituelle dans toutes les parties suivantes.

Il est donc clair que, si elle tient ses promesses, notre Epistémologie Générale sera d'une très grande utilité, et une plus importante révolution que la démocratie ou l'électricité. On peut donc légitimement considérer toute opposition sur le fond comme un crime contre l'humanité, similaire à l'opposition à la science classique. La seule critique utile ou acceptable est celle qui permettrait de l'améliorer, ou de corriger d'éventuelles erreurs.

L'épistémologie Générale peut-elle bâtir une connaissance exacte?

Une science spirituelle ou éthique sera t-elle exacte, dans le sens où l'on entend que la physique est une science exacte, capable de mesurer des choses avec une précision incroyable? Oui, si l'on considère qu'elle permettra d'arriver à des résultats exacts et efficaces dans la vie réelle (Par exemple: «il est bien d'interdire les drogues», ou «la pratique de la non-violence permet effectivement de meilleurs relations sociales»). Mais on ne pourra certainement pas arriver à calculer ou mesurer des choses telles que les sentiments ou la conscience. Ces données ne sont pas mesurables, à cause de leur caractère non-Aristotélicien, voire transcendant (chapitre I-9). Toutefois on pourra considérer que ces sciences nouvelles sont au moins justes et efficaces, en tout cas infiniment plus que les systèmes d'a priori dogmatiques qui fondaient la morale, la politique et les religions avant elles. Quant aux «sciences humaines», psychologie, sociologie, ethnologie, elles ont tout à gagner avec notre Epistémologie Générale. Pour être juste, elle ne sera pas une surprise totale dans ces domaines.

Il ne faudrait toutefois pas déduire de ces limitations que les sciences de la conscience seraient des sciences mineures ou moins «prestigieuses» que la physique. On pourrait vivre dans un monde sans science, mais vivre dans un monde sans morale nous coûte très cher. J'ai autant d'admiration pour les grands scientifiques que pour les maîtres spirituels qui ont changé ma vie, et, en toute rigueur, si je devais choisir les deux personnalités les plus remarquables et influentes du 20eme siècle, je mettrais Einstein et Gandhi ex-aequo. Et encore, tous les deux déclineraient la première place au profit de l'autre...

II-5 Discussion sur L'Epistémologie Générale©

Comparaison du rôle de la mesure physique et de la sensibilité humaine dans la nouvelle épistémologie.

Dans l'épistémologie de la physique, on se sert d'une expérience, ou d'un dispositif expérimental, que l'on observera ensuite à l'aide d'un instrument d'observation. Ensuite un organe sensoriel (l'oeil) va transformer cette information en signal nerveux vers le cerveau, qui va enfin le transformer en expérience conscience: seulement alors nous observons. Ce quatrième élément semble aller tellement de soi qu'il est toujours implicite dans l'épistémologie physique classique; mais je le montre ici afin de bien montrer l'unité et les nuances entre les trois domaines.

 

En épistémologie mathématique, on retrouve le même dispositif: une expérience, qui est cette fois un système conceptuel (chapitre I-9). Ce système comprendra aussi un «instrument d'observation», c'est-à-dire quelques éléments conceptuels supplémentaires permettant de déduire une conclusion simple sur notre théorème. Toutefois nous n'avons plus besoin de l'organe sensoriel, car notre conscience est capable de percevoir directement les systèmes conceptuels utilisés dans la démonstration. C'est une propriété de la conscience. Je dirais ici que, en mathématiques, c'est notre conscience elle-même qui est notre instrument d'observation, car elle n'a besoin de rien d'autre.

Cette différence pratique entre l'épistémologie physique et l'épistémologie mathématique permet de comprendre l'épistémologie de la conscience, car elle est basée sur la même théorie que l'épistémologie mathématique.

 

Enfin dans l'épistémologie de la conscience que je propose ici, on retrouve encore le même dispositif qu'en mathématique, permettant d'observer quelque chose qui est dans notre conscience. La seule différence est que, au lieu de se limiter à l'observation d'une construction conceptuelle, on va observer n'importe quel autre phénomène de conscience. Ces phénomènes ont la même nature qu'une construction conceptuelle des mathématiques, juste d'une sorte différente. Le dispositif expérimental sera donc adapté à ce domaine: une expérience de conscience, tout comme un utilisait une expérience de physique dans le domaine physique, ou une construction conceptuelle en mathématiques. Et, comme en mathématique, notre conscience est capable d'observer directement les phénomènes de conscience... C'est la définition d'être conscient!

Mais comment observer ces éléments? Comme en physique: avec un système qui y est sensible. On ne connaît, en physique, aucun système sensible aux émotions, car les émotions ne sont pas une des quatre interactions fondamentales de la physique. On ne peut donc se servir d'aucun élément matériel dans cette expérience. Mais la conscience est, elle, sensible aux émotions, car c'est une des interactions fondamentales dans ce domaine. De plus, comme en mathématiques, notre conscience est capable de percevoir directement ces éléments (souffrance, bonheur, compassion, haine); il n'y a donc pas besoin d'instrument d'observation extérieur.

Ainsi, dans toute démonstration de science spirituelle, on s'efforcera donc, à l'aide d'un dispositif expérimental (expérience de conscience dans des conditions bien spécifiées) d'observer des phénomènes de la conscience, avec notre propre conscience qui est le seul et unique instrument d'observation adapté. Elle est de plus suffisance pour cette fin. Le langage courant parle plutôt de vivre les situations, mais si l'on y met une méthode rationnelle, c'est bien d'observation scientifique dont il s'agit.

L'objection du biais psychologique

En physique ou en mathématiques, il est contourné par les méthodologies expérimentales, le contrôle des publications, etc. Dans le monde de la conscience, il ne peut être contourné, et ses effets sont beaucoup plus forts. Il nécessite donc un travail de purification de la conscience, d'étalonnage de cet instrument de mesure.

L'objection de la subjectivité

Une objection plus sérieuse est qu'il n'y aurait pas de lois générales de la conscience à étudier. Par exemple dans l'exemple précédent du gamin Africain, on peut partir de la compassion, et chercher à montrer qu'elle est «juste». Mais on pourrait aussi partir de l'affirmation égocentrique de soi, et montrer qu'une attitude raciste serait tout aussi «juste». La science classique dit qu'il n'y a pas de «démonstration objective» de la justesse ou de la fausseté de l'une quelconque de ces deux affirmations. L'erreur ici est une fois de plus que «objectif» a été confondu avec «matériel»! On ne trouve en effet aucun fait matériel démontrant la vérité ou la fausseté de l'une quelconque de ces deux affirmations, rien de tel qu'une Loi de Dieu écrite dans le ciel. Mais cela n'implique nullement qu'il n'y ait pas de faits de conscience nous obligeant à faire l'un de ces deux choix! L'épistémologie Générale affirme précisément que la conscience, comme toute autre réalité, peut avoir ses propres déterminants et contraintes, qui ont résulté de son apparition, de son évolution ou de sa structure, forçant un des deux choix. Et ces déterminants sont objectifs, dans ce sens qu'on ne peut pas les changer, tout comme on ne pouvait pas créer une troisième solution à l'équation x2 = 4.

L'objection comme quoi si la conscience s'observe elle-même, alors ce qu'elle perçoit n'est que rêve ou imagination.

Les rêves et croyances concernent le contenu de la conscience. Si ce contenu est forcément subjectif, variable et personnel, ses lois de fonctionnement peuvent être, elles, objectives, et peut-être même rigoureuses.

Conclusions

En termes familiers, et avec les nécessaires adaptations, ceci justifie pleinement ce que certains appellent la logique du coeur ou la sensibilité humaine, comme moyens tout à fait valables pour comprendre nos vies et prendre des décisions en famille, en groupe, en politique ou en économie, tous sujets que nous explorerons de cette façon dans la cinquième partie et les suivantes. D'où l'importance énorme que je donne à l'Epistémologie Générale, comme moyen de comprendre nos vies et d'annihiler radicalement toutes les idéologies fachistes, «libérales» ou anti-vie, exactement comme la science naissante a fait table rase de toutes les croyances arbitraires sur le fonctionnement de l'univers.

Toutefois une condition indispensable est de bien s'affranchir du biais psychologique, sinon nous retomberons inévitablement dans le populisme et les remèdes de charlatans.

 

Si je pense lui avoir apporté une bonne fondation, je ne peut prétendre à moi seul bâtir complètement une Epistémologie Générale qui sera sans doute plus complexe que l'ancienne, laquelle demande déjà de lire plusieurs livres pour être entièrement comprise. Et ce que nous avons dit ici ne fait que s'ajouter à ce qui est déjà connu en physique, sans le contredire: Epistémologie générale = Epistémologie physique classique (preuve physique) + Mathématiques (preuve logique) + Epistémologie spirituelle (preuve spirituelle)!

 

Dans ce chapitre, nous avons replacé la notion de réalité matérielle à sa place, dans son parc, avec son foin, pour qu'elle laisse leur place à d'autres réalités tout aussi intéressantes, spirituelles, éthiques... sur une base égalitaire. Mais ce que nous avons dit souffre encore d'une critique: et si nous ne faisions que donner apparence de connaissance scientifique à ce que nous avons tout simplement nous mêmes créé dans nos têtes, et qui n'existerai que comme conventions ou rêves? La conscience est-elle une entité non-physique autonome, ou peut-elle se réduire au seul fonctionnement du cerveau? Il ne sera certes pas facile de convaincre tout le monde de la réalité d'autres domaines tant que la matière semble la base de toute expérience, même de conscience. Aussi, à cette notion de réalité matérielle, dans la href="?lang=fr&e=f" target="">troisième partie sur la métaphysique, nous allons carrément lui tordre le cou.

 

Mais chacun son tour, on va d'abord, dès le chapitre II-6, faire leur sort à diverses idéologies matérialistes et scientistes, ainsi qu'à quelques contre-pieds nouvelâgeux aussi ineptes.

 

II-6 Rationalité et rationalisme

Tout le monde Aristotélicien et scientifique a développé les notions de rationalité et d'objectivité: faire des raisonnements (et appliquer concrètement les décisions qui en découlent) qui décrivent bien la réalité et non des a priori, préférences, attachements ou aversions personnels, idéologiques ou culturels, qui ressortent tous du biais psychologique. On ne peut contester cette intention sur le fond, sinon il est inutile de parler de logique, de raisonnement ni même de vérité. Cet objectif a été en gros atteint dans les domaines des sciences physiques.

Toutefois dès qu'il s'agit de domaines ou l'être humain entre en jeu, les discours utilisant des mots tels que rationalité, science, objectivité, mènent fréquemment à des résultats humainement inacceptables, tels que la souffrance, l'exploitation des gens ou la destruction de la nature. Si l'on en croit ce genre de discours, on a la connaissance scientifique/économique rationnelle matérielle objective et exacte d'un côté, qui s'oppose aux croyances écologiques/spirituelles subjectives et illusoires de l'autre.

 

Bon. Mettons le sur la table, on va trier. Objectif est opposé de subjectif, oui, rationnel à irrationnel, oui, illusion et croyance sont opposés de connaissance, oui, matériel est opposé de spirituel, oui. Mais pourquoi donc avoir ainsi associé inséparablement ces quatre oppositions? Que voilà donc un beau fagot sémantique (note 17), typique des discours simplistes et dualistes:

Ce sac de noeuds ressemble étrangement aux diagrammes quadripolaires ignominieusement écrasés que l'on a vus au Chapitre I-5 et qui introduisent d'effroyables confusions entre termes qui ne devraient jamais être mélangés, ni même associés.

Déplions donc le fagot; effectivement si on coupe le lien arbitraire il s'épanouit avec soulagement en un beau diagramme quadripolaires (voir au Chapitre I-4 pour le sens des termes techniques).

Plus exactement c'est un diagramme hexapolaire, puisqu'il y a deux axes Yin-Yang horizontaux (un droite-gauche, et un devant-derrière). Mais on simplifiera en montrant deux diagrammes quadripolaires: à gauche, l'état d'esprit de l'observateur, et à droite (en italique) la réalité qu'il observe.

Oooh mais nous avons déjà vu celui de gauche au chapitre I-8, à propos de logique, où déjà il nous avait fallu démystifier une problématique similaire, à propos du sens du mot «rationnel». Il n'est pas étonnant que la même clarification profite aussi à l'épistémologie. Ainsi, avec ces deux diagrammes, il est maintenant facile de commenter chacun de ces points, cette fois du point de vue de l'épistémologie.

 

 

Bien entendu on retrouve l'habituelle pseudo-dichotomie science/croyance:

(1) est manifestement le domaine de la science physique s'occupant de (1'), la réalité physique. Du point de vue épistémologique, c'est une démarche exacte, objective, rationnelle, qui contourne le biais psychologique par la confrontation avec l'expérience matérielle objective, et est tournée vers l'extérieur de l'humain, vers la matière, et qui repose sur la preuve matérielle.

(4') est le domaine des croyances et a priori arbitraires, basés sur le conformisme social, l'attachement et l'aversion, l'absence de méthode, le biais psychologique. Beaucoup de religieux ont l'état d'esprit (4), ainsi que certains écologistes et certains adeptes du Nouvel âge. Bouh! Sortez-vous de là, les gars!

 

 

Mais maintenant, le diagramme démontre sa force prédictive et son utilité, en laissant prévoir l'existence de deux autres lieux. Ces lieux doivent correspondre à des comportements humains réels, que l'on peut donc s'attendre à rencontrer dans la vie.

L'esprit d'analyse (1) appliqué à (2'), l'expérience humaine, peut loger une science économique, sociale et politique qui tienne compte de l'ensemble des besoins fondamentaux de l'être humain, sans lui imposer de limitation arbitraire à sa vie intérieure, spirituelle, culturelle ou affective. (Voir la sixième partie sur la société). (2) est donc le lieu d'une science exacte de l'esprit humain. Du point de vue épistémologique, (2) est une démarche exacte, objective, rationnelle, qui doit passer par la suppression du biais psychologique de l'expérienceur. Elle est tournée vers l'intérieur de l'humain, vers l'esprit, et elle repose sur la preuve spirituelle, comme les mathématiques reposent sur la preuve logique.

Le procédé est toujours le même, depuis que la science (1) a supplanté la religion, en tant que référence la plus crédible pour nos sociétés: l'état d'esprit intuitif (2) et les données humaines (2') refont toujours surface (simplement parce que nous sommes des êtres humains), à chaque fois qu'ils sont menacés par des intérêts égocentriques, des décisions administratives inhumaines, la dictature, la violence, ou la destruction de la nature. Alors des idéologies pseudo-rationnelles (3') sont créées, pour justifier les comportements anti-humains, et leur donner l'apparence de la science, de la raison, ou d'une bonne administration.

Le cas de référence de telles manipulations est les théories racistes du 19eme siècle, inventées pour justifier la colonisation contre les revendications de liberté et d'égalité: les noirs étaient «scientifiquement» décrits comme inférieurs, et donc voués à être dirigés par les blancs. Ce cas est très rance aujourd'hui, mais on a toujours des tas de méthodes administratives et de discours «rationnels» inventés contre une économie juste, ou contre la préservation de la nature. Citons les fraudes scientifiques de l'industrie du tabac (affaire Ragnar Rylander), ou la théorie du lobby nucléaire comme quoi les faibles doses de radioactivité n'auraient aucun effet. Le cas le plus élaboré est la pseudoscience du béhaviourisme, inventée pour couvrir les cruelles expériences de vivisection sur les animaux. Le lobby climatosceptique n'a par contre pas pu compromettre la science, ce qui assurerait la survie de cette dernière... si les politiciens n'avaient pas choisi de mener l'humanité au suicide, lors des conférences de Copenhague et Cancun.

 

 

 

Le but de ce livre est de promouvoir une science de l'esprit (2'), utilisant les deux nécessaires méthodes rationnelles (1) et intuitives (2), tout en dénonçant les pseudosciences et manipulations rationalistes (3').

Ce livre se joint aussi à la science classique (1), contre les dogmes religieux (4'). Mais pour cela, il utilise la méthode correcte: favoriser (2), la science spirituelle, au lieu de (3'), le rationalisme.

 

 

En action

Il faut tout de même se rappeler, quand on oppose science contre scientisme, scientifiques contre scientistes, que dans la réalité quotidienne les choses ne sont pas si nettement tranchées. Les deux tendances coexistent souvent au sein d'un même groupe, voire d'une même personne et d'un même discours. Donc dénonçons le scientisme sans en faire une nouvelle affaire de clan, de manière non-violente, en interpellant le scientifique pour combattre le scientiste. Cet important point de déontologie est sous-entendu dans toute la suite, et le scientiste à qui nous casserons souvent la figure n'est qu'une allégorie.

Un point également très important, que l'on peut déduire des effets dynamiques dans le diagramme quadripolaire, Chapitre I-4, est que seul le vrai scientifique peut combattre efficacement le scientiste. Aussi il ne faut pas se tromper de cible. Répandre des billevesées «spirituelles» ou «écologiques» pour «combattre le scientisme» est la meilleure façon de l'aider, tandis que penser rationnellement dans les domaines spirituels, économiques ou écologiques est ce qu'il craint le plus. En particulier ce livre est l'arme anti-scientiste absolue: la bombe épistémologique!

 

 

II-7 Idéologies scientistes

Barjoteries «scientifiques» (3')

Alors que la rationalité (1) est un état d'esprit pragmatique qui utilise des moyens efficaces pour atteindre son but, tout en restant capable de recul critique et de remise en cause, le rationalisme (3) est une idéologie (chapitre I-9) qui ne peut admettre ce qu'elle ne contrôle pas. A ce titre elle peut être socialement dangereuse: les notions d'objectivité et de rationalité ont été transformées en une idéologie limitatrice et réductrice qui rejette tout ce qui peut être appréhendé seulement en référence à l'humain (éthique, esprit, sentiments, poésie, spiritualité...) Par exemple, le monde physique semblant sans finalité en lui même, il en est déduit que l'expérience de la conscience humaine n'en a pas non plus. Cela évacue d'emblée comme «subjective» ou «dénuée de sens» toute discussion éthique, culturelle ou de protection de l'environnement. Certains poussent même le rejet de la vie et de l'esprit jusqu'à la paranoïa. Mais curieusement il n'en est jamais déduit que les intérêts financiers qui détruisent l'environnement ou soutiennent les dictatures n'ont pas non plus la moindre finalité... C'est qu'en politique et société, les notions d'objectivité et de rationalité ne sont souvent guère plus que des arguments publicitaires, destinées à couvrir des intérêts personnels et des idéologies parfaitement irrationnelles et subjectives (dans le pire sens du terme). Ce courant rationaliste principal, souvent implicite (administrations...) s'exprime dans de nombreuses idéologies plus ou moins immorales ou antisociales.

Les exemples les plus connus d'idéologies rationalistes, abusivement présentées comme étant «la science» ou «la raison», sont (sans rentrer dans les détails) le matérialisme, l'athéisme, l'amoralité, le génétisme, le réductionnisme psychologique, les théories économique matérialistes, la (fausse) liberté individuelle, le positivisme, le béhaviourisme, certaines formes de sociobiologie, le Darwinisme extrémiste, le pessimisme rationaliste, le réductionnisme, la science utilistariste, diverses bourdes que je rassemble sous le nom de science punk, et le conspirationnisme dont le prototype historique est l'Appel de Heidelberg.

 

Ces théories sont généralement présentées au grand public comme étant «la science», et dépourvues d'enjeux concrets et d'intérêt pratique. Malheureusement, il n'en est rien: les grenouillages paranoïaque du genre de l'Appel d'Heidelberg, la désinformation des cigarettiers ou des climatosceptiques, systématiquement magnifiés dans certains grands médias, se font toujours de manière à retarder la solution de risques mortels: nucléaire, effet de serre, OGM, POP... ce qui va à l'encontre de nos intérêts de survie les plus essentiels. Je pense que ces groupes et idéologies sont de véritables SECTES APPELANT AU SUICIDE DE L'HUMANITE. On est donc en droit de mettre ces théories scientistes et rationalistes au même niveau que les idéologies appelant au racisme ou à la haine sociale, tandis que la dénégation des problèmes écologiques rejoindrait la dénégation des camps nazis. En tout cas je ne vois pas plus irrationnel et farfelu que cette politique de l'autruche à propos des problèmes écologiques...

Barjoteries «douces» (4')

On peut ici épingler également quelques idéologies «naturelles» ou «écologiques», qui ont l'air plus «douces», mais qui, si elles prenaient le dessus, pourraient se montrer tout aussi dangereuses (et elles le sont déjà, dans certaines sectes). On peut dire, d'après la logique quadripolaire, que le rationalisme des vieux birbes et le Nouvel Age le plus délirant sont deux situations réciproques, c'est à dire la même chose mais peint d'une autre couleur.

Quelques exemples de barjoteries «douces» plus ou moins en vogue sont l'antiscience, chacun sa vérité, on pourrat croire à n'importe quelle théorie, la nature serait parfaite, le relativisme, et bien d'autres.

Harmonisation

Il faut se rappeler que nous ne pouvons rejeter ni la science, ni les mouvements qui la critiquent. Ne perdons jamais de vue que dans le diagramme quadripolaire, à chaque force négative correspond une force d'aspect similaire mais positive. La science la plus classique (1) est riche de résultats prodigieux, de découvertes admirables et de personnages de grande stature. Le Nouvel Age, l'écologie, les mouvements naturistes (2) sont des jaillissements de créativité et d'esprit bruts qui ne demandent qu'à s'organiser pour créer une vie incroyablement plus heureuse. Tous deux pourront s'unir en une science-conscience unique, pour peu qu'on se donne la peine d'en éliminer les gangues. Et si cette purification se faisait spontanément, sans effort, dès que les deux accepteront d'entrer en contact? Dès que leur non-dualité est comprise?

II-8 Tabous scientistes

Certains thèmes, même accessibles à la science matérielle classique, ont pourtant été exclus de son champ d'étude. C'est parce que les idéologies rationalistes, comme toutes les idéologies limitatives ou réductionnistes, ont prétention de définir seules la réalité et son sens. De tels sujets sont alors qualifiés d'«irrationnels» ou de «non scientifiques». Cette attitude, parfaitement irrationnelle et non scientifique, est contre-productive et très dommageable, car elle conduit à négliger des découvertes originales ou importantes, voire à occulter des aspects majeurs de la vie. Pire, comme des champs entiers de la connaissance humaine sont ainsi laissés en friche, les mauvaises herbes, sectes, idées bizarres, phantasmes et autres idées réellement irrationnelles, peuvent y proliférer sans que la société ni personne ne puisse rien pour les contrôler. Ainsi scientistes et rationalistes favorisent-ils en fait les idées irrationnelles et anti-scientifiques qu'ils prétendent combattre. (C'est ce que j'appelle une collusion de fait, typique de ce qui arrive dans les situations réciproques, voir Chapitre I-4). Ce refus de la connaissance peut mener à des attitudes socialement dangereuses et condamnables. Nous allons le voir dans ces exemples.

 

Différents exemples sont discutés dans la version complète de ce chapitre, dans Epistémologie Générale, chapitre II-8. Citons: Les médecines naturelles, la vie extraterrestre, l'écologie, l'esprit et la spiritualité, les NDE, les pouvoirs spirituels, la réincarnation, l'éthique, les ovnis et «l'abduction», les phénomènes rares, les prédictions de la mécanique quantique…

 

Il me semble que dans ce chapitre il y a suffisamment de matière valable pour justifier des études scientifiques sincères. De nombreux chercheurs et témoins privés on accumulé suffisamment de données pour que l'on puisse envisager sérieusement de considérer tous ces phénomènes comme des faits expérimentaux, ce que je ne me priverai pas de faire tout au long de ce livre, pour baser dessus une bonne partie de mes conclusions. Personnellement je suis convaincu de l'existence au moins de certains phénomènes parapsychologiques, auquel j'ai assisté. Aussi dans la suite je tiens ces phénomènes comme des faits empiriques dont il faut bien trouver une explication. Justement j'en propose une, que je présenterai dans les parties suivantes.

 

La reconnaissance de ces domaines restera limitée, tant qu'elle est le fait que de groupes privés. Une telle reconnaissance ne peut être complète et effective que si les examens et contrôles nécessaires sont accomplis de manière rigoureuse par les personnes et les institutions qui font la science. A contrario si certains phénomènes inexpliqués se révélaient être seulement le fruit d'hallucinations, de croyances ou autres déviations psychologiques, seule une enquête complète, honnête et transparente, par des services officiels, pourra en convaincre définitivement l'opinion publique et retirer effectivement tout crédit à ceux qui font de la propagande pour de faux phénomènes.

 

Pour toutes ces vérifications, une volonté politique est nécessaire. Mais surtout les scientifiques qui auront effectivement à étudier les phénomènes, ou à contrôler les études privées, devront le faire sans préjugé matérialiste, rationaliste ou scientiste.

 

Du côté des «chercheurs alternatifs», il ne faut pas s'attendre à être reconnus tant qu'on traite indistinctement tous les scientifiques d'imbéciles bornés, et surtout tant qu'on n'a pas une méthodologie rigoureuse de contrôle des faits dont on veut faire reconnaître la réalité. Ces méthodologies sont connues de nombreux professionnels et étudiants, et il est facile d'en trouver qui accepteraient de travailler pour des associations crédibles. Mais il ne faut pas s'attendre à ce que tout les fatras de théories bidon qui encombrent chaque jour un peu plus les médecines douces et le Nouvel Age soient jamais reconnus par aucune sorte de scientifique, et l'Epistémologie Générale pourrait leur faire un sort encore plus rapidement que l'ancienne, en les rendant testables.

II-9 Le combat épistémologique

L’étude des phénomènes tabous a régulièrement fait l’objet de dénigrement, de falsifications et désinformation, qui ont discrédité ces domaines aux yeux de l’opinion publique et des soutiens financiers ou politiques. En clair, le chercheur dans ces domaines devra soutenir une lutte.

Exemple: les deux études MANTRA

La première publication de l’étude «MANTRA Pilot Study» dans le Duke magazine de l'Université Duke annonçait des résultats fantastiques sur l’effet de la prière sur des personnes malades. La seconde étude MANTRA II, identique et par les mêmes auteurs, (Papier dans The Lancet) a donné un effet nul! Le problème est qu’aujourd'hui, on lit partout que «les études» ont montré que la prière n'a pas d'effet... Voir par exemple sur wikipédia. La volonté de désinformation est ici clairement évidente!

 

Toutefois la véritable question scientifique est: Pourquoi donc deux études identiques ont-elles donné des résultats si différents? La volée de scepticisme qui a accueilli la première expérience positive aurait-elle pu agir comme une contre-prière dans la seconde expérience ? En effet, on ne peut pas isoler la pensée des uns de celle des autres, et de telles interférences vicieuses sont connues pour se produire dans les groupes de prière.

Oh, c'est comme d'essayer de prouver scientifiquement que le soleil rend joyeux... Tout le monde le sait et peut le vérifier tout de suite, mais une tentative de démonstration scientifique publique provoquerait scepticisme et moqueries dans les journaux, stressant les cobayes et annulant tout résultat...

Autre exemples de manipulations

Exemple: L’extravagante affaire Linda Cortile, avec ses témoins n’apparaissant qu’à Bud Hopkins, a beaucoup discrédité les «abductions extraterrestres».

Exemple: Les incroyables histoires de Roswell et de conspirations extraterrestres ont bien mieux discrédité l’ufologie et cassé les associations sérieuses que le «débunking» de sinistre mémoire...

Exemple: La «nouvelle ufologie» a fait tomber un grand nombre de groupes, à une époque où les associations d’amateurs commençaient à travailler scientifiquement.

Exemple: Une des manipulations les plus caractérisées a été celle du projet alpha, ou un «sceptique», James Randi, a tenté d’infiltrer un laboratoire par deux faussaires se prétendant «sujets psy». La falsification a été détectée à temps, mais la presse a quand même dénigré les scientifiques.

D’une manière générale, si les avertissements des «sceptiques» et autres «zététiciens» sont utiles, et font même partie intégrante de la démarche scientifique dans ce domaine, il faut bien voir que, pour la plupart de ces gens, leur but n’est pas d’établir la vérité, mais bien au contraire d’empêcher la manifestation de cette vérité.

Epistémologie au combat

Si un agresseur tente de falsifier une recherche scientifique, ou d’influencer les résultats, alors le détecter et annuler son effet devient partie intégrante des protocoles expérimentaux et de la démarche scientifique elle-même.

Des imposteurs, ou la publicité sélective donnée par les médias aux seuls échecs et erreurs, tend à décourager la recherche et à rendre difficile son intégration dans la société.

Mais l’hostilité peut intimider les sujets, voir directement modifier les résultats. En effet, si la pensée d’un sujet peut influencer un système matériel, alors la pensée simultanée d’un sceptique, ou même d’un simple spectateur, focalisée sur le même système, va aussi l’influencer! Ils font aussi partie de l’expérience! Il est alors clair qu’il faut éliminer cet effet parasite. Ceci vous paraîtra nouveau ou extraordinaire, mais c’est pourtant un fait déjà bien connu des scientifiques classiques: c’est tout simplement l’effet placebo causé par le «second aveugle» dans une expérience médicale.

 

Ainsi, il est clair qu’une expérience de parapsychologie telle que l’étude MANTRA doit être réalisée en TRIPLE AVEUGLE: les patients ne savent pas, les infirmiers ne savent pas, et le public ne sait pas.

Comme il n’existe pas de blindage anti-pensée, le seul moyen d’éviter cela est que ces personnes ne pensent pas du tout à l’expérience. Et le seul moyen pour qu’elles n’y pensent pas est qu’elles ignorent l’existence de cette expérience. Alors l'expérience n'est pas annoncée, et elle a lieu en toute discrétion, pour éviter que n'importe qui y pense et embrouille les résultats. Les résultats ne sont annoncés au public que plusieurs années après, et l'anonymat des personnes respecté. D'après ce troisième critère, l'étude MANTRA II n’est donc pas valide, parce qu'elle a reçu beaucoup de publicité, et quantité de gens on placé de fortes attentes ou une forte hostilité dessus. Or ces deux sont bien connus pour tuer l'effet de la prière! Il aurait fallu que MANTRA II se déroule à la suite de MANTRA Pilot Study, avec les mêmes méthodes, sans publication intermédiaire.

 

Le seul moyen de ne pas être visé par des manipulations est de procéder discrètement: les discussions concernant la direction de la recherche ne sont pas publiques, les chercheurs ne sont pas connus, et leur vie publique ne permet pas de déduire leurs véritables activités. Les «sujets psy» sont protégés des influences ou intimidations. Ce n’est que quand des résultats sont sûrs et consolidés que l’on peut les publier.

Il nous faut une recherche discrète, qui fait son travail en silence, avec ses propres publications et contrôles internes, sans se rendre dépendante des médias ou des maisons d’édition, sans avoir de comptes à rendre à des pseudo-philosophes «sceptiques».

 

A t-on le droit de dévoiler les phénomènes parapsychologiques au grand public?

Il y aurait plusieurs raisons de réfréner la publication vers le grand public:

-La possible utilisation des pouvoirs spirituels à des fins maléfiques

-Le danger de provoquer fanatisme ou attitudes dangereuses

-Une possible «élusivité» de ces phénomènes, où toute tentative de persuader l’ensemble de la société serait vouée à donner des résultats nuls

-La nécessité spirituelle de motiver nos actions par la compassion plutôt que par la recherche du pouvoir.

 

Ce que je préconise serait de se concentrer pour le moment sur la vérification et l’étude des phénomènes, en procédant avec les méthodes discrètes décrites au sous-chapitre précédent. La divulgation viendra en son temps, quand on aura un corps de connaissances suffisamment solides à offrir, ou des applications utiles par des spécialistes conscients des dangers possibles. D’ici là, les personnes intéressées pourront toujours facilement trouver les associations publiques et les revues. Ainsi les personnes intéressées pourront toujours s’informer, et, si elles satisfont les critères, elles pourront alors rejoindre les chercheurs, comme scientifiques ou comme sujets psy.

Parapsychologie et spiritualité

La parapsychologie, de par ses relations avec l’esprit, nous pose un défi: on ne peut l’étudier comme on le ferait de produits dans une éprouvette, puisqu’elle implique notre propre pensée (c’est d’ailleurs le but de ce livre que d’étendre la démarche scientifique à ce cas). Dans ces conditions, il me paraît nécessaire que toute personne impliquée dans ces recherches s’engage aussi dans une discipline spirituelle, visant au minimum à nettoyer notre esprit des névroses les plus courantes. De plus, il y a de fortes indications (surtout dans les NDE) que phénomènes parapsychologiques et vie harmonieuse soient reliés. Si il en est ainsi, la parapsychologie ne pourrait être utilisée que pour offrir amour, beauté et harmonie, pour rechercher une vie plus belle et plus harmonieuse. Il se pourrait même que l’on ne puisse l’étudier que dans ce but!

 

 

 

 

 

 

Epistémologie Particulière        Chapitre 2       

 

 

 

 

 

 

Idées, textes, dessins et réalisation: Richard Trigaux.

 

 

 

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