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Les Elfes du Dauriath

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L'histoire de Jaime et Zetna,
ou le pouvoir des vertus sur les apparences trompeuses.

 

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Je suis connu dans le virtuel sous mon nom d'artiste Yichard Muni, ainsi que dans le groupe «Elf Dream» (Rêve elfique) dans MEWE, réseau social respectueux de notre vie privée, approuvé comme tel par les créateurs de l'Internet.

 

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Ce texte s'insère dans une intrigue plus vaste. Il vaut donc mieux lire d'abord «Le Baiser des Mondes», afin de ne pas gâcher la surprise.

 

L'histoire de Jaime et Zetna,
ou le pouvoir des vertus sur les apparences trompeuses.

Par Yichard Muni, barde elfe

 

 

Ces événements ont eu lieu environ un siècle après que les derniers elfes furent exilés du Monde d'Ici, le Nyidiath, vers le Monde dans le Ciel, le Dauriath.

A cette époque, les Humains, définitivement seuls dans le Nyidiath, réalisaient confusément qu'ils loupaient quelque chose de très important, depuis qu'ils avaient chassé les elfes.

Mais la plupart d'entre eux étaient perdus dans leurs histoires d'argent et de pouvoir, et ils continuèrent leurs vies sans vraiment traduire ce sentiment en décisions.

Et les elfes étaient en train de devenir quelque chose d'étranger, comme une légende. De toutes façons, les humains n'avaient guère de nouvelles d'eux, car personne n'était jamais revenu du terrible passage du Horiathon, le chemin vers le Dauriath. Certains pensaient même que les elfes étaient tout simplement morts en tentant de traverser.

 

Toutefois les choses bougeaient encore, même si ce n'était que lentement, sans action visible.

 

En effet, des humains aspiraient à devenir des elfes...

 

Oui, dans ce monde, les humains peuvent devenir des elfes. Pour cela, il leur faut développer un bon coeur. Quand ils ont assez de bon coeur, la magie des elfes les prend, et ils deviennent beaux et immortels (ou avec une très longue vie).

Il en avait toujours été ainsi. Mais il semble que le départ des elfes avait accéléré ce mouvement, plutôt que de le stopper. Toutefois c'était devenu difficile, un processus semé d'embûches, faute d'authentique guidance elfique. Ainsi, les candidats devaient maintenant trouver le chemin seuls, dans un monde où de nombreux humains avaient toujours peur des elfes.

Ainsi les elfes en devenir devaient fuir la société humaine en général, et vivre dans des lieux isolés. Une difficulté supplémentaire était que certains humains disaient qu'ils voulaient devenir des elfes, alors qu'ils n'avaient pas bon coeur, mais plutôt des plans pour abuser et exploiter les apprentis elfe.

 

L'un des lieux de rassemblement des apprentis elfes était autour du Anar Shantar Marjun, ou Temple Doré. Cette merveilleuse construction laissée par les elfes disparus, était faite de trois dômes et de deux minarets, arrondis comme des Kremlins, échelonnés le long d'une pente, et entièrement plaqués or. Il était niché dans le magnifique paysage forestier des Montagnes Bleues.

On disait que ce lieu était là où vécurent les tout premiers elfes Shelenaë et MakTar, qui avaient créé le mode de vie elfique. Shelenaë avait aussi créé l'agriculture, afin de stopper la chasse aux animaux. Ils étaient restés là pendant des siècles de méditation, et, quand ils moururent, ou plus exactement quittèrent ce monde pour les règnes spirituels, ils devinrent les dieux des elfes.

C’était donc un lieu sacré très révéré, que même les humains respectaient. Ce qui explique probablement que, quand les elfes furent exilés, les traités stipulèrent que les Montagnes Bleues demeureraient une réserve, à garder intacte... sauf par les elfes en devenir, qui pourraient prendre refuge autour de l'Anar Shantar Marjun, dans son merveilleux paysage de forêts et de montagnes.

 

Les apprentis elfes n'allaient que rarement dans le Marjun lui-même, qui était maintenant froid et vide. La raison en était que des soldats humains gardaient les trésors dans le Marjun, pour les protéger des cambrioleurs et de toutes sortes de dingues qui pourraient abimer ce merveilleux chef d'oeuvre d'habileté elfique. Les authentiques objets elfiques devenaient rares, atteignant des prix très élevés au marché noir. Aussi il était vraiment nécessaire de garder le Marjun, et de nouveaux gardes étaient ajoutés de temps à autres. Mais ils regardaient les apprentis elfes avec mépris, ne leur accordant qu'une seule cérémonie par mois dans le bâtiment.

Ainsi les apprentis elfes devaient habiter à quelque distance, dans la forêt entourant le Marjun. Et ils construisaient des maisons pour se rassembler, et de petites huttes pour habiter.

C'était une époque difficile... Les elfes étaient partis depuis un siècle, les témoins oculaires étaient tous morts, tandis que le plus gros des traditions et connaissances elfiques glissait tristement dans l'oubli. Les humains étaient occupés, ne se souciant guère de nature ou de beauté. Certains commençaient même à dire que la magie des elfes n'était qu'une légende, une histoire inventée pour effrayer les enfants et démoraliser les soldats. De toutes façons elle n'était plus visible.

Dans ces conditions, ce rassemblement de candidats elfes était indécis et mal organisé, sans vraie direction elfique. La plupart des gens cherchaient leur voie vers l'état d'elfe, sans savoir vraiment comment l'obtenir, ni par quoi commencer. Les anciens du groupe rassemblaient quelque disciples, mais parmi ces leaders se trouvaient quelques escrocs très ordinaires, jouant à l'elfe dans le seul but de tromper les nouveaux peu méfiants. D'autres ne cherchaient que le pouvoir, sur ce qu'ils pensaient n'être que des naïfs ou des faibles. Et ces escrocs étaient habiles à se donner des airs elfiques, portant de belles tuniques et des bijoux, racontant de belles histoires, alors que les enseignants sincères ne portaient que des barbes et vêtements humains. Oh oui, parmi les apprentis elfes se trouvaient des riches, ou de belles jeunes femmes, aussi les escrocs étaient nombreux...

Ainsi la forêt autour du Marjun hébergeait une sorte de communauté, rassemblée en deux ou trois villages avec des cultures. Et ces gens méditaient et s'entraînaient à avoir bon coeur, en se demandant quelle était la bonne façon d'aimer la nature. Naïfs comme ils étaient, ils ne réalisaient pas qu'ils avaient déjà un bon coeur, avec seulement quelques mauvaises habitudes à se débarrasser... Mais leurs esprits embrouillés ne savaient pas qui suivre parmi tous ces beaux parleurs qui leur indiquaient des chemins différents. Ainsi la prospérité de cette petite communauté était freinée par de nombreux obstacles. Les nouveaux étaient souvent problématiques, et les anciens étaient arrogants, disant aux autres ce qu'il leur fallait faire ou pas. Mais les plus beaux parleurs étaient les vrais escrocs, et souvent les nouveaux venus étaient dépouillés de leur argent, puis renvoyés chez les humains, dégoutés et sans rien.

 

Mais voyons donc maintenant quelques personnages.

 

Jaime était un homme d'environ 30 ans, non marié, de taille moyenne, d'aspect agréable, le visage plutôt serein et régulier, avec une courte barbe et les cheveux noirs frisés.

Il avait du fuir son pays et son travail, et depuis il voyageait tout en vivant de petits travaux. Cela était arrivé suite à une terrible révolte contre des prêtres locaux corrompus et vénaux. Elle avait été immédiatement stoppée et écrasée dans le sang. Bien qu'il ne fut en aucun cas impliqué, Jaime avait échappé de justesse à la recherche de «personnes subversives» qui s'en était suivi.

Mais des intellectuels et ingénieurs avaient publié un livre expliquant que regarder les planètes au télescope ne montrait pas des Dieux, mais simplement d'autres sphères comme le Dauriath et le Nyidiath. Face à la colère sans nom des prêtres, de nombreux gouvernements locaux censurèrent ce livre, mais trop tard: le mot se répandait vite, en particulier parmi les gens instruits, les marchands, puissants maîtres de forge et banquiers. Et maintenant, certains commençaient à dire que adorer les dieux était une perte de temps, qu'il était plus utile de travailler pour son employeur, et gagner de l'argent pour acheter des choses réelles. Cette fois les prêtres durent de taire, sous la menace de perdre une grande partie de leur soutient financier.

Aussi, un trouble subtil envahissait le monde humain, entre nouvel espoir d'une meilleure vie matérielle, et peur de terribles changements menaçant les valeurs morales essentielles.

 

Jaime aussi ressentait ce trouble dans son coeur, craignant quelque sombre avenir d’égoïsme débridé. Mais pour le présent, il était sûr de ce qu'il faisait, ayant depuis longtemps remarqué qu'amabilité et moralité améliorait grandement ses relations avec les autres, si ce n'était sa paie.

Il pratiquait principalement le dieu elfique MakTar, et aussi un peu la déesse elfique Shelenaë, qu'il appelait Mylena dans sa langue. La pratique de MakTar n'était pas facile, requérant discipline, courage, persévérance et labeur, afin d'accomplir ses buts, mondains ou spirituels. Il était souvent dit que MakTar n'était pas pour les coeurs faibles, c'était un culte de guerriers. Jaime n'était pas un guerrier, il était profondément quelqu'un de pacifique et calme. Mais même dans la paix le courage est nécessaire, face aux oppositions mesquines et à l'adversité.

Ainsi Jaime mettait consciencieusement tous les principes de MakTar en pratique, en s'assumant seul, en prenant soin de lui et en essayant d'aider les autres, sans se lamenter inutilement sur sa pauvre condition.

Mais pour le moment, Jaime marchait de lieu en lieu, travaillant par intermittence, quand il entendit parler de la communauté du Marjun. L'idée qu'il puisse devenir lui-même un elfe le frappa comme une révélation...

Sa vie prenait soudain un sens, balayant toutes les incertitudes. Il fallait qu'il fasse ça, quel qu'en soit le prix!

En ce temps-là, les voyages étaient très lents, à pied. Il lui faudrait des mois pour arriver là... Des mois pendant lesquels il lui faudrait manger et prendre soin de lui, dans un monde égoïste qui devait faire face à un terrible changement climatique, à cause des océans se déversant sur le Dauriath. Les villes devaient déménager, des ateliers fermaient, des millions de paysans fuyaient des plateaux de plus en plus froids. Et tout ce monde devait courir et se battre pour un terrain sur les côtes nouvellement découvertes. Il arrivait souvent que l'on rencontre sur les routes des charriots de migrants désespérés et affamés, comme en temps de guerre. Et de faits il était souvent dangereux d'avoir à faire à eux.

 

Ainsi Jaime marchait, approchant jour après jour du pays du Marjun, stoppant ici ou là pour gagner un peu d'argent, travaillant dans les fermes ou les ateliers. Prendre ainsi soin de lui-même sans se plaindre était la voie d'un bon pratiquant de MakTar, et les gens le reconnaissaient comme tel, même si il ne portait aucun insigne visible. Ainsi, on lui faisait confiance, comme à une personne honorable, qui ne tenterait pas de voler ou de tricher. C'était un avantage important, dans un monde où chacun avait à se tenir constamment en garde de nombreux voleurs ou escrocs. De toutes façons Jaime était tout à fait incapable de se comporter de manière malhonnête.

Jaime ne se plaignait pas de ses lents progrès. Il trouvait intéressant de découvrir toutes sortes de gens et de modes de vie, avec les Montagnes Bleues à l'horizon.

 

Mais il fut vraiment soulagé d'être pris par une carriole. C'était une voiture à cheval, conduite par une femme appelée Zetna. Elle avait aussi environ 30 ans, l'air un peu enfantin et joyeux. Elle était mince, avec de longs cheveux bruns. Elle portait un costume d'apparence modeste, afin d'éviter d'attirer les voleurs, mais sous son manteau usé se trouvaient quelques riches tissus colorés. En faits, elle était plutôt aisée, avec deux serviteurs et deux chevaux Elle avait l'air elfique, mais c'était assez courant chez les femmes.

Jaime, en contraste, ne portait que de pauvres vêtements bruns faits de sacs coupés et cousus. Mais il était propre, ne manquant pas une occasion de se baigner dans les rivières, tout en réparant ses vêtements avec de nouveaux sacs récupérés au travail. Une aiguille n'est pas un lourd fardeau, mais si utile...

Résoudre ainsi les difficultés avec les moyens disponibles est encore la marque de la véritable autonomie de MakTar.

 

Zetna lui dit qu'elle se dirigeait elle aussi vers le Marjun. Ainsi aime échappa à un long et pénible voyage. C'était, après tout, une bien meilleure façon d'admirer le paysage...

Ils devinrent rapidement amis intimes, mais il y avait un puissant tabou sur une relation entre une femme riche et un pauvre travailleur sans emploi. Aussi ils n'osèrent pas parler de leur sentiment naissant. Ils l'attribuèrent à leur seul intérêt partagé pour le monde des elfes...

Mais Zetna pris Jaime comme serviteur, avec salaire. Ceci au moins fit cesser les ricanements des autres serviteurs.

Un jour, Jaime défendit le groupe seul contre deux petits voleurs, tandis que les deux autres serviteurs détalaient. Comme chacun sait, on est bien toujours mieux défendu par des gens pacifiques mais courageux, que par des trouillards pleins de discours haineux. Cet effrayant incident fit beaucoup pour rapprocher Jaime et Zetna, et ils en retirèrent une grande confiance, un fort lien.

Et, oh, en passant, elle rendit leur liberté aux deux serviteurs, qui avaient de toutes façons peur d'approcher le Marjun. Ainsi, Jaime put s'asseoir juste à côté d'elle, sur le banc du conducteur.

Zetna adorait la Déesse, que dans son pays elle appelait Alia. Mais elle avait été récemment introduite au culte de Shelenaë, la Déesse des elfes. Shelenaë avait la réputation d'être plus douce et de pardonner plus facilement que MakTar... mais La mettre vraiment en pratique était en fait plus exigeant: vivre en pleine conscience, compassion, vérité, loyauté, persévérance et bonté. C'était cette dernière exigence qui avait conduit Zetna à mettre l'hospitalité en action, en prenant Jaime sur sa carriole.

Shelenaë demandait aussi un profond sens de l'honneur, mais différent de MakTar: être fidèle à la nature et à la vie.

Cela signifie d'aimer et de protéger toutes les formes de vie, plantes, animaux, jusqu'aux paysages, et bien sûr les êtres faibles, anciens ou enfants.

Mais une forte exigence de Shelenaë était la beauté et la pureté, incluant la propreté du corps et des vêtements.

Shelenaë était aussi révérée parmi les humains en tant que déesse de l'agriculture et de la richesse, et bien amie avec Alia à ce sujet. Mais la mythologie elfique ajoutait qu'Elle avait inventé l'agriculture pour éviter chasse et tueries d'animaux. Pour cette raison, il était demandé à Ses adorateurs de ne pas manger de viande, et Jaime découvrit cette pratique de compassion, facile à mettre en œuvre concrètement. C'était un échange, car il lui apprit à ne pas boire de bière, afin d'éviter de perdre son esprit. Ainsi ils commencèrent à construire un fort lien spirituel, par cet échange de pratiques.

Jours après jours de leur lent voyage, la silhouette des Montagnes Bleues se rapprochait constamment.

Jusqu'à ce qu'un matin, ils eussent enfin la vue encourageante du temple doré du Marjun, brillant au soleil levant comme une étincelle d'espoir et de lumière.

Mais quand ils arrivèrent au pied de la montagne, ils comprirent vite que les habitants du lieu se méfiaient des elfes, disant que des choses terribles arrivaient dans la montagne, des gens disparaissaient, etc. Jaime et Zetna l'imputèrent à l'habituelle défiance envers les elfes, et en particulier la peur que la magie elfique inspirait encore aux paysans.

On leur raconta aussi d'incroyables histoires qui se seraient passées dans la montagne. En particulier, on disait que, puisque les Elfes étaient partis, Shelenaë apparaissait parfois en personne dans le monde humain... Après tout, Elle était une Déesse, et pas engagée par le traité.

 

Après un long chemin montant, ils arrivèrent enfin à la communauté d'apprentis près du Marjun.

Zetna pensait ne rester là que quelques jours, ignorant l'existence de cette communauté. Mais elle fut enthousiasmée de rencontrer de vrais elfes, portant des tuniques et prononçant de l'elfique, évoquant nature, beauté et fleurs, organisant de magnifiques rituels dans le grand temple du Marjun (seulement une fois par mois, mais avec tant d'application...). Elle décida donc de rester avec Jaime, qu'elle considérait maintenant comme son ami. Les statuts sociaux perdaient toute leur importance dans le monde des elfes!

Au début, tout se passa très bien pour tous les deux. Ils passaient leur temps à travailler dans les petits champs autour des villages, se nouer d'amitié avec les autres apprentis elfes, écouter les discours et les enseignements, se promener dans les forêts alentour, parler aux plantes et aux animaux, ou méditer pendant des heures dans leurs huttes, sur le bon coeur et la beauté. Sans oublier bien sûr les longues soirées autour du feu, à chanter joyeusement et à jouer des instruments...

Il faut dire qu'en ce merveilleux endroit, il était facile de méditer, et, au coeur de cette superbe forêt, ils ressentaient tous une forte énergie et une inspiration très positive à faire de belles choses. Ils ne pouvaient faire que peu, de par leur pauvreté, mais ils le faisaient avec beaucoup d'enthousiasme. Zetna se découvrit un goût immodéré pour cultiver des fleurs, et Jaime à chanter et sculpter le bois.

Il aurait aimé sculpter des instruments, mais il n'avait pas d'outils corrects pour ce faire.

Ils se sentaient tous déjà des elfes, engagés sur un chemin de paradis, s'attendant du jour au lendemain à être pris pour le Dauriath, par quelque force magique. Juste que personne n'aurait su dire comment cela se passait vraiment, et les anciens leaders maintenaient une aura de mystère à ce sujet. Jaime, comme toute personne logique, était intrigué, mais pas encore assez pour entamer sa confiance.

 

Mais les choses commencèrent à prendre un tour aigre, quand Jaime réalisa que Zetna lui parlait de moins en moins, passant plutôt son temps avec un autre type. Cet homme avait pris un nom elfique ronflant, mais nous ne retiendrons que son nom humain bien plus ordinaire, juste Frombert. Et Frombert était un des leaders de la communauté. Il commença à favoriser outrancièrement Zetna, lui faisant des cadeaux, l'invitant aux places d'honneur, disant qu'elle avait beaucoup de talent. Puis, brusquement, elle se mit à snober ouvertement Jaime.

Zetna fut bientôt reconnue comme une elfe authentique par Frombert, puis par plusieurs autres.

Inutile de raconter en détail les hideuses magouilles qui suivirent... Frombert n'était qu'un petit escroc manipulateur, qui ne jouait à l'elfe que pour accomplir ses ténébreux desseins. Zetna, incapable de seulement imaginer une telle hypocrisie, était une proie facile et intéressante, car elle était riche, et de plus jolie. Le pire fut pour Jaime, qui du assister, impuissant, à tout le processus de capture, à son grand chagrin car il l'aimait déjà beaucoup. Mais il n'était guère mieux armé qu'elle pour la défendre...

Un soir à une réunion communautaire, Jaime commença à entendre des insinuations contre lui. Cela le mit en colère, et tenta de dénoncer le piège. Mal lui en prit, car ça ne fit qu'empirer les choses: il fut traité d'humain mesquin et possessif... Toute la communauté commença à le regarder de travers, y compris Zetna, aussi il n'eut plus qu'à se taire. Quoiqu'il dise maintenant serait utilisé contre lui.

Maintenant, tout le monde parlait désagréablement à Jaime, lui donnant toutes les corvées, lui trouvant toutes sortes de défauts, lui disant qu'il ne méritait pas d'être un elfe. Certains allèrent même jusqu'à le qualifier de traître ou d'espion...

Jaime ne suspectait pas encore Frombert d'être un escroc, et en plus il se sentait profondément coupable, et humilié des accusations contre lui, comme si elles étaient vraies. Mais il était toujours un pratiquant de MakTar, et il persévéra dans son comportement honorable envers les autres, allant jusqu'à s'excuser de sa colère. Cela diminua le mépris, sans toutefois le supprimer. Ces gens avaient clairement besoin de quelqu'un à haïr.

En faits, Frombert, comprenant la force de la pratique spirituelle de Jaime, décida de ne plus l'attaquer de front. Mais il organisa le vide autour de lui, incitant les autres à ne plus lui parler, à ne plus l'impliquer dans aucune activité, à le faire se sentir déplacé, hors de leur groupe.

Mais le plus douloureux pour Jaime fut de voir Zetna changer, devenir folle de Frombert, et ne plus même regarder Jaime, prenant un air dégoûté quand elle le rencontrait. Bientôt l'escroquerie prit forme: ils inventèrent une histoire d'un projet pour établir une résidence elfique secrète. Jaime comprit que l'irréparable allait se produire, quand il entendit que la seule manière sûre de transférer le patrimoine et les propriétés de Zetna était un mariage...

Une merveilleuse cérémonie dans le Marjun fut préparée. Zetna n'avait d'yeux que pour son futur époux, et elle snoba complètement Jaime.

C'en était trop pour Jaime, qui n'eut pas le coeur d'assister à son humiliation finale. Il quitta très discrètement la communauté, tôt un matin, son coeur plein de chagrin, pensant qu'il était trop mauvais, et qu'il ne serait jamais un elfe. Il brûla lui-même quelques vêtements elfiques et sculptures qu'il avait faits, et il reprit ses vêtements en sacs.

 

Il s'en retourna dans le monde des humains, trouva un petit emploi, juste assez pour louer une chambre dans un village, et accomplir toutes les tâches quotidiennes nécessaires à la survie.

Mais tout était maintenant si triste à son coeur, même allumer une bougie le soir, ou peler des patates, tout lui paraissait vide de sens, noir et laid...

Il pensa que sa tristesse passerait, mais il n'en fut rien.

Même le simple fait de regarder le ciel, les fleurs, la nature, n'éveillait qu'une douloureuse nostalgie... Après toutes les promesses de paradis qu'il avait reçues, retourner au monde gris ordinaire était tout simplement insupportable.

Une fois qu'on a vu la lumière, le désir pour elle ne peut jamais s'éteindre.

Il caressa même l'idée de mettre fin à cette vie inutile. Ce qui le sauva fut encore de se tenir à sa pratique de MakTar, mettre la persévérance à l'oeuvre, et commençant à comprendre que probablement Foggier, le Dieu Tentateur, le testait. Il ne fallait pas jouer au plus fin avec le terrible Foggier, et la seule façon sûre de lui échapper était de faire précisément le contraire de ce qu'il commandait.

 

Les mois passèrent, n'apportant que douleur, noirceur et chagrin, sans espoir.

 

Un jour, le patron de Jaime lui demanda un voyage vers un port, pour convoyer des objets en fer qu'il fabriquait.

Le voyage se passa bien, et l'action soulagea un peu sa tristesse.

A la ville, il se rendit en un lieu où se rassemblaient toutes sortes de pauvres, trimards et mendiants, pour manger et avoir une balle de paille pour dormir. C'était vraiment un lieu répugnant, plein d'affreux braillements et de rires grossiers.

Il était en train de manger quelque mauvais gruau, quand il remarqua une mendiante vêtue de haillons, venue s'asseoir en face de lui. Elle couvrait son visage avec un capuchon, comme font souvent ceux qui ont quelque difformité à cacher. La faible lumière des lampes à huile n'arrivaient pas à dissiper l'obscurité qui voilait ses traits. Mais elle ne cessait de le regarder...

Cela l'intriguait...

Et soudain elle retira son capuchon: c'était Zetna!

Même en présence de tous ces durs, ils ne purent que se jeter dans les bras l'un de l'autre, Zetna pleurant contre lui... Ils étaient si émouvants qu'aucun des vagabonds et mendiants autour d'eux n'osa rire, comprenant que quelque chose de beau se passait. C'était comme si le soleil apparaissait soudain après des mois d'obscurité et de froid!

Zetna, pleurant, expliqua comment Frombert avait commencé par calomnier Jaime, afin de les séparer. Mais juste après que les papiers furent faits avec le notaire, Frombert commença à la critiquer violemment, comme il avait fait avec Jaime, jusqu'à ce qu'elle se révolte. Ce fut le prétexte pour Frombert de l'appeler traîtresse à la nation elfique! Il fit venir cinq complices, abusa d'elle, et l'éjecta de sa propre maison! En toute légalité, maintenant que les papiers étaient faits.

Jaime conta comment les calomnies de Frombert l'avaient fait douter de lui-même, et sa tristesse de l'avoir vue victime de l'escroquerie.

Enfin ils réalisèrent que tous deux avaient tout perdu...

... sauf le plus important: leur âme d'elfe, et leur bon coeur!

 

Plus tard le soir, le réfectoire fut fermé, tandis que hommes et femmes étaient envoyés dans des dortoirs séparés. Ils profitèrent de cette agitation pour s'échapper hors de l'auberge, vers le port voisin, sans même que Jaime ne réclame sa paie à son patron.

Ils avaient fait tous les deux le même rêve, et ils savaient exactement ce qu'ils avaient à faire.

Personne ne les remarqua quand ils se glissèrent dans les eaux du port, nageant vers un navire d'apparence ordinaire ancré un peu plus loin.

Ils dirent les mots de passe aux elfes dans le navire, bien qu'ils fussent aussi avertis de leur arrivée. Une fois à bord, ils furent réconfortés, lavés, soignés. Puis ils reçurent des vêtements et un bon repas.

C'était un navire elfique secret, qui faisait partie de la petite ambassade elfique restant dans le Nyidiath à des fins diverses. Ces elfes ne portaient que des cheveux courts et des vêtements humains ordinaires, et leur bateau était un vieux cargo à la peinture décrépite et aux voiles brunes.

On n'aurait pu trouver aucun riche tissus, aucun bijoux rare, aucun instrument de musique délicat dans le navire, même par les soldats humains qui avaient l'habitude de fouiller consciencieusement les navires pour y chercher des denrées de contrebande. Pas de chants, pas de contes, même pas un seul mot elfique n'aurait pu s'entendre de l'extérieur.

Personne n'aurait pu deviner que c'étaient des elfes... Mais leur accueil fut si chaleureux, et leur amitié si émouvante, que Jaime et Zetna furent instantanément délivrés de tout doute ou chagrin!

Sans aucune question, comme de quelque chose d'évident, on leur donna la même cabine de planches brutes, pour le reste de la nuit.

 

Ainsi la magie des elfes agissait toujours, même si discrètement. Les elfes dans le monde du Dauriath étaient en train de reconstituer, lentement mais sûrement, leur force endommagée, tout en devenant nombreux. Les Anciens, en particulier, avaient des pouvoirs de vision au loin. Ainsi, ils savaient parfaitement tout ce qui se passait dans la communauté du Marjun... et qui était un elfe ou pas. Malheureusement, ils ne pouvaient pas agir directement, aussi il leur fallait guider les sincères vers la sécurité, tout en laissant les escrocs faire le tri.

Personne ne remarqua la disparition de Jaime et Zetna du monde humain.

Ils ne se doutaient pas qu'ils étaient déjà des elfes, avec un bon coeur, ne demandant qu'à montrer leur sincérité.

Deux ans plus tard, ils se marièrent officiellement et ils reçurent la vie magique des elfes.

Peu de temps après, ils prirent un navire noir croiseur de Horiathon, pour le terrifiant voyage vers le Dauriath, le paradis des elfes.

Puis ils vécurent une vie de bonheur, de lumière et d'amour, dans un monde de conte de fées, plein de fleurs, de forêts, de maisons peintes et de chants émouvants.

Ils furent vraiment étonnés de tout le travail que les elfes avaient déjà accompli dans le Dauriath. Ils leurs dirent que leurs maisons peintes et sculptées étaient aussi belles que les quelques anciennes maisons elfiques qui restaient dans le Nyidiath.

Pendant quelques temps, ils s'occupèrent d'éduquer leurs enfants, tout en cultivant et construisant leur nouveau monde. Mais plus tard, au long de leur millénaires d'existence, ils devinrent des membres importants de la société elfique dans le Dauriath.

Dans plusieurs siècles, quand le Horiathon sera ouvert dans les deux sens, ils seront parmi les les premiers elfes à revenir dans le monde du Nyidiath, pour dire à tous les humains qu'ils ont aussi un bon coeur, avec seulement le besoin de retirer les mauvaises herbes de l'égocentrisme, de l'avidité et de la haine.

 

Mais c'est là une autre histoire...

 

 

 

Lire la suite de cette histoire

 

 

 

Génération de cette histoire (gâche la surprise!)

 

Ce conte elfique a été présenté en Janvier 2009 au concours bardique au pays des elfes dans Second Life. Il faut partie d'un thème plus vaste des elfes du Dauriath. Le thème était les neuf vertus de la communauté elfique «Elf Circle».

Mais cela fut tout d'abord une improvisation que j'avais faite lors d'une soirée bardique. J'ai ajouté les Neuf Vertus pour le concours, mais il était facile de le faire sans que cela paraisse comme une addition artificielle: sans les Neuf Vertus, ou n'importe quel autre jeu de puissants principes moraux, cette histoire n'aurait tout simplement pas pu arriver de cette façon, et les personnages auraient été jetés loin les uns des autres par la violence sauvage des émotions non maîtrisées.

Pour moi, être un elfe dans les mondes virtuels n'est pas un jeu. Il s'agit de vivre pour un monde de beauté et de gentillesse, quel que soit l'univers ou la forme corporelle dans lesquels on se retrouve à vivre.

 

Voici les Neufs Vertus, telles que décrites dans la charte de «Elf Circle»:

Hospitalité: Aussi connue comme la courtoisie, l'hospitalité est de se montrer généreux, aimable, et loyal envers ceux qui entrent dans notre maison, ou avec qui nous avons à faire.

Courage: Le courage est un état d'esprit qui conduit la personne à accomplir une entreprise, quelle que soit la peur ou le danger.

Vérité: La reconnaissance, acceptation et promotion de ce qui est.

Loyauté: La Loyauté est l'engagement sans faille au bien être de ceux qui sont jugés dignes d'un tel engagement.

Honneur: L'honneur est l'expression de l'estime de soi par un individu qui s'engage à tenir des promesses, accomplir ses devoirs, et à respecter les possessions et valeurs d'autrui.

Autonomie: L'autonomie est la capacité et le désir d'assumer nos propres besoins.

Travail: Aussi connu comme esprit Industrieux, le travail acharné est la volonté de pourvoir à soi-même, et à sa famille, par le labeur et par l'effort.

Persévérance: La persévérance est la volonté d'accomplir un but ou une entreprise sans se laisser arrêter par les obstacles ou les échecs.

Discipline: La discipline la motivation autonome d'un individu à accomplir des buts.

Ces Neuf Vertus sont inspirées de la mythologie nordique, par l'intermédiaire de divers auteurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Scénario, dessins, couleurs, réalisation: Richard Trigaux.

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